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III. Greffage par œil ou bourgeon

L'œil ou bourgeon accompagné d’une certaine portion d’écorce, détaché d'un rameau, est le greffon de cette troisième division du greffage.

Le lambeau d’écorce qui supporte l’œil doit comprendre toute l'épaisseur de la couche corticale jusqu’à l’aubier exclusivement. Si Le greffeur ne peut y arriver d’une façon rigoureuse, il vaudrait mieux entamer un peu de bois que d'oublier le moindre feuillet du liber. Le fragment cortical représente un écusson d’armoirie ou prend une forme tubulaire. De là, deux groupes; le greffage par écusson d’abord, puis le greffage en flûte.

Le sujet est un arbre en végétation, alors son écorce doit s’isoler facilement de l’aubier pour y permettre l'introduction du greffon. Les rameaux qui auraient pu gêner le travail de l’application du greffon ont été retranchés assez de temps à l'avance. Le fluide séveux doit être en pleine activité plutôt qu’en décroissance.

Greffage par écusson inoculé. (Fig. 441.) — Le mot écusson provient, disons-nous, de la forme du lambeau d’écorce qui accompagne l'œil; cependant le dessin en est variable: elliptique, carré, triangulaire, obtus. La désignation héraldique, écusson, n’en persiste pas moins.

En général, les greffons sont pris sur des rameaux de l’année courante, si le greffage est fait en été, et de l’année précédente, s’il est fait au printemps. Un rameau-greffon de grosseur moyenne est préférable aux rameaux trop forts ou trop faibles; les yeux doivent être bien formés.

Le sujet doit se trouver en sève pour recevoir le greffon. On s’en assure en soulevant l'écorce avec le greffoir; l'écorce s'isolera de

s # CORAN ER Por QAR TT ji 2 Re +": ” -

GREFFE. l’aubier, sans déchirure, et laissera voir une légère humidité qui facilitera la soudure de l’'écusson.

Il est assez important que les deux parties soient à un degré analogue de végétation; s’il y avait inégalité, il vaudrait mieux que le sujet fût plus avancé en sève que le greffon.

Les rameanx à greffer, qui ne sont ici que des porte-greffons, ont quitté leur phase herbacée et sont déjà ligneux. Leur état de sève

est à point, si, avec l’outil ou l’ongle, on isole

facilement l’écorce de l’aubier; on en reconnaît encore l’aoûtement à la nuance bien accusée de l’épiderme, à la formation de l’œil terminal, à la fermeté des tissus sous la pression des doigts.

Fig, 441. — Greffe en écusson.

De tous les systèmes de greffage, l’Ecussonnage ordinaire est le plus répandu dans les pépinières et les jardins.

Les rameaux-greffons étant choisis fd’après les recommandations précédentes, on les prépare en rejetant ce qui est inutile à l’écussonnage. Disons d’abord que les yeux situés au

milieu du rameau sont généralement conve- |

nables au greffage en écusson; ceux de la base et du sommet ont souvent le défaut d'être incomplets, mous, herbacés, éteints ou trop disposés <à fleur». Ici, un greffon de choix serait un œil bien constitué, ni latent, ni fructifère, ni avarié en aucune façon; les rameaux anticipés, les rameaux trop florifères seraient au contraire de mauvais porte-greffons.

Toutefois quand on n’est. pas suffisamment approvisionné d'éléments de choix, on peut employer les yeux douteux en les doublant sur le sujet, Il y a des bourgeons qui paraissent incertains, mais qui fournissent une bonne vé- gétation, les soins de l’'ébourgeonnage aidant. Les bourgeons saillants, éperonnés, ne sont pas à dédaigner, ni ceux qui se trouvent accompagnés de plusieurs feuilles ; l'œil bruni par l’insolation est mieux aoûté que l’œil verdâtre privé de soleil.

Le rameau étant choisi, on retranche les extrémités impropres au greffage, et l’on coupe les feuilles sur leur pétiole, à 1 em. de l’œil ou gemme de la partie conservée, de façon qu'il en résulte le rameau-greffon multiple.

Les scions ainsi préparés devront être immé-

’ PAT EU TRE RER TE ou à

“+ Us

= GREFFE

diatement placés à l'ombre et au frais, leur extrémité inférieure plongée dans un vase d’eau ou plutôt dans la mousse humide. Dans l’eau, « le rameau ne doit pas rester au delà de cing à six heures, à moins qu'il ne soit ridé ou desséché; alors on pourrait le laisser pendant une. journée le pied dans l’eau, à l’ombre, et une nuit dans la mousse ou un sol frais, pour lui. rendre l'humidité naturelle qu’il aurait perdue. k

Le pépiniériste qui prépare dès la veille les « greffons pour le lendemain, leur fait passera ; nuit entourés d'herbe fraiche ou d’un linge mouillé. Si l'on manquait d’eau dans la pépinière, on enterrerait les rameaux de toute leur. longueur, en attendant qu’ils soient employés. | Cet état transitoire ne saurait durer plus de vingt-quatre heures. D

Les greffons d'arbres à feuillage persistants ne seront pas effeuillés ; généralement on coupe“ les feuilles à la moitié du limbe. |

Chez certains arbres, tels que le Bouleau,, l'Erable, le Hêtre, le Marronnier, le Févier, l'0-* ranger, on peut utiliser pour l'écussonnage, d'été des yeux saillants, assez courts, que lon rencontre sur des rameaux de l’année précédente. 1

Pour lever l’écusson, nous prenons le rameaur d’une main et le greffoir de l’autre; nous mar quons les bords supérieur et inférieur de lé“ cusson: par un coup de greffoir à 10 ou 15 cms au dessus de l’œil qui tranche les couches de l'écorce, et par un trait semblable à 15 à 20 em au dessous de l'œil sur le fragment du rameaus

Maintenant nous plaçons la lame de l'outil. au dessus du trait supérieur et, l’inclinant, nous la faisons pénétrer jusqu’à l’aubier; puis, en la, faisant glisser sous l'écorce, nous arrivons au! trait inférieur, après avoir observé l’inflexion coudée du rameau sous l'œil. |

Au revers, il reste un peu de bois sous bourgeon; ce fragment ligneux est son germe, pour ainsi dire; sans lui, pas de végétation possible. S'il était accompagné d’une esquilll d’aubier, en haut et en bas, nous pourriom l'enlever en la détachant vivement par la som» mité; car, en la soulevant par la base, il } aurait à craindre d’arracher ce germe, e l’œil ainsi vidé serait impropre à la végétation Toutefois, quand le sujet est en grande sève; M n'y aurait aucun inconvénient à laisser MM mince parcelle de bois sous l’écorce'; là JONC.X “ tion serait tout aussi intime. Dans la plupai} des cas, un greffeur retranche rarement ce m0} ceau d’aubier; s’il n’a pu l'éviter, il craindrail par cette extraction, de fatiguer: Pœil ou & l’exposer trop longtemps à l'air.

L’écusson étant détaché du rameau, mou ouvrons l'écorce du sujet avec le greffoir, ef pratiquant, sur toute son épaisseur, deux 1! | sions représentant T; avec la spatule en ivoi nous soulevons les bords du trait longitudin! à son point de jonction sur le trait transvers | En même temps, la main qui tient l'écuss | par le pétiole, le glisse dans l’incision, asst} vivement pour que les parties internes 1 souffrent point de l'action de l'air. On au) donc soin de lever l’écusson juste au momey où il doit être inoculé. Il faut éviter qu’auct|

em

torps étranger ne vienne s’introduire en même temps dans l’incision, et ligaturer im- Mmédiatement.

1 Les meilleures ligatures pour l’écussonnage ‘ont la laine, le raphia, la feuille de massette vu de spargaine, le coton filé.

| Avec la ligature, on fait plusieurs tours rs en spirale autour du sujet. En com- Hençant par le haut, il n’y a pas à craindre de pire remonter l’écusson et de le faire sortir Le l'incision, ce qui pourrait arriver avec des treffons gros et larges. On placera un bout de k ligature sur le trait du T, et on le croisera vec deux ou trois tours du lien, en continuant |le rouler autour de la partie greffée par des pires rapprochées, jusqu’à la pointe du trait pngitudinal. Le second bout de la ligature sera assé sous l’avant-dernière spire, et serré nvenablement.

Les points à brider plus ferme sont le somlet et la base de l’incision, la gorge de l’œil ; son coussinet. Cette tension du lien a des mites ; elle ne doit pas aller jusqu’à écailler greffe. Une ligature bien faite ne bouge pas and on passe le doigt dessus.

| Si l’on rencontrait sur le greffon de trop gros eux pour le diamètre du sujet, par exemple ux du Sorbier, du Marronnier d'Inde, on ne Lurait les faire tenir dans l’incision qu’en donant à celle-ci une forme cruciale. Les deux pups de greffoir trancheront alors l'écorce Hau lieu de T), et le sommet de l’écusson sera

On applique la ligature, soit en commencant di le milieu de l’incision pour finir aux deux trémités, soit d’après la méthode ordinaire; à le soin de bien fermer les écorces.

Quand la sève du sujet est trop abondante, mme chez les Erables dans les pays froids, -, chez les Orangers dans les pays chauds, |ÿ aurait à craindre que l'exubérance de liide séveux ne vint enoyer» l’écusson, On y t alors obstacle en ouvrant en sens renversé “haision Sur le sujet (1 au lieu de T).

Dans l’incision, l’inoculation du bourgeonusson se fera donc de bas en haut. Le gref- 1, taillé en pointe au sommet, pénétrera eux dans lincision et s’y maintiendra par sa se coupée carrément et s’adaptant au trait nsversal du’...

est bien entendu que l'incision du sujet sera ‘1e en sens inverse, l’œil-greffon aura tou- Jirs Sa position habituelle.

tn ligature en commençant au bas de la plaie uit finir à la tête. En agissant autrement, on "larrait faire sortir l’écusson de sa loge.

" | 2CUSSOnnage par placage. — Un sujet d’un f Le relativement petit, ou d'une écorce lisse et difficile à soulever, un greffon bossu, \'ourgeons rapprochés, suffisent pour motiver “placage de l'œil.

HeeuSson à été levé par le procédé ordi- 416 OU par un moyen plus primitif. Les 1itre côtés du lambeau d’écorce attenant au AH8e0n sont d’abord cernés avec une lame Steffoir ; on saisit ensuite le bourgeon à

p" ‘a Le

— GREFFE

la base du pétiole et, par un mouvement de la main imprimé habilement, on le détache de son rameau. Si l’on craignait de vider l’œil, on s’aiderait de la spatule simple que l’on ferait glisser entre l’écorce et l’aubier.

Nous plaçons le greffon sur le sujet, à l’endroit qui doit le recevoir. Avec l'outil greffoir ou métro-greffe, nou; y tracons la silhouette de la plaque d’écorce; il reste à enlever les couches corticales, et à y plaquer le greffon, On ligature avec précaution.

Au lieu d’enlever la plaquette d’écorce sur le sujet, on peut se contenter de l’abaisser pour le relever ensuite sur l’écusson, avant la ligature,

Laissant un peu d’aubier sous l’écorce du greffon, on obtient l’écusson boisé qui sert à la multiplication sous verre de divers végétaux Azalea, Camellia, Rhododendron, Aucuba, etc,

Epoque de l’'Écussonnage. — Toutes les fois qu'un sujet est en sève, son écussonnage est possible ; mais deux époques distinctes caractérisent le greffage en écusson : 1° au printemps, à la montée de la sève, et lorsque l’on désire que la greffe entre immédiatement en végétation, c’est l’écussonnage à œil poussant ; 20 dans le cours de l'été, et lorsque la greffe ne doit végéter qu’au printemps suivant, c’est l’écussonnage à œil dormant.

Incontestablement, le second système est préférable ; il est d’ailleurs le plus employé. Nous reviendrons sur les soins généraux réclamés par ces deux méthodes.

En tout cas, il serait imprudent d’écussonner à œil dormant quand le fluide séveux est trop abondant, l'œil serait noyé. L’insuccès est encore à redouter, si l’on attend que la-sève soit moins active, alors que l'écorce des rameéaux ne s'isole plus de l'aubier et que les matinées deviennent fraiches.

En écussonnant de la mi-août à la mi-septembre les espèces à végétation prolongée, on prendra ses précautions pour favoriser la soudure de la greffe. Au moment d'écussonner, on réunira les branches du sauvageon en les liant. Aussitôt le greffage terminé, on coupera l’extrémité de ces branches aux trois quarts de leur longueur ; le mouvement de la sève éprouvera un temps d'arrêt et l’agglutination de la greffe en sera la conséquence. |

Deux ou trois semaines après le vreffage, on passe en revue les écussons, et l’on recommence à greffer les sujets quand l’écusson a manqué, ou s'il est resté avec une écorce noire ou ridée. Mais la circulation de la sève est déjà ralentie ; il faut, pour ainsi dire, en chercher les derniers courants à la gorge d’une branche latérale ou sous l’empâtement d'une branche vigoureuse.

Greffage en flûte. (Fig. 442.) — Le nom de sreffage en flûte ou en sifflet a été donné à ce système en raison de la ressemblance que l’on trouve, quant au mode de détacher le greffon, avec la manière d'obtenir des flûtes rustiques, des chalumeaux, au moyen de tubes ou de tuyaux d'écorce enlevés sur une branche en sève.

Quoiqu’on ait remplacé cette greffe dans les

pépinières par des systèmes plus expéditifs, il est cependant des personnes qui l’emploient encore pour multiplier le Châtaignier, le Noyer, le Mûrier, le Figuier, le Cerisier, l'Amandier, le Saule, le Peuplier, etc.

L'époque de greffer en flûte est au printemps, dès la première évolution de la sève.

On pourrait encore opérer vers la fin de l'été, avant que les nouvelles zones génératrices fussent séchées par le ralentissement de la végétation.

Fig. 442. — Greffe en flute, ordinaire.

Il y a deux modes principaux d'opérer ; ils se ressemblent quant à la préparation du greffon ; la greffe en flûte ordinaire est la plus répandue.

Le greffon est une portion d'écorce de forme tubulaire, portant au moins un œil. On l’isole du rameau-greffon en pratiquant d'abord avec le greffoir une incision circulaire à 3 cm. au dessus de l'œil, et une autre au dessous. Ces deux traits limitent la hauteur du greffon, on les relie par une incision longitudinale ; alors on prend le greffon par le coussinet, et, avec dextérité, on détache la partie d’écorce comprise entre les incisions Si l’on craignait d’arracher les fibres des bourgeons, on s’aiderait de la spatule du greffoir.

Le greffon sera rapporté sur le sujet, à la place d’un cylindre d’écorce semblable en hauteur, que l’on détache au même instant.

Il convient de fonctionner avec habileté, par un temps calme, pour éviter de fatiguer les couches internes mises à nu.

L’étêtage préalable du sujet, pour faciliter l’'emmanchure du greffon, donne souvent de bons résultats, mais il est plus rationnel de greffer sur le corps de la tige et de l’étêter plus tard, quand la soudure sera un fait accompli.

Un sujet jeune et vivace se prêtera mieux au greffage en flûte que s’il était vieux ou endurci. Un sujet trop gros sera greffé sur ses branches plutôt que sur le corps de la tige.

En ménageant des lanières d’écorce sur les parties non. recouvertes par le greffon, il est rare que l’on ait besoin d'employer la cire à greffer. On peut même conserver toutes les lanières et les relever sur le greffon, fût-il d'égal calibre ; c'est la greffe en flûte avec lanières.

Travaux complémentaires du greffage. — Surveillance des ligatures. — Au moins huit jours

LE | h

— GREFFE

apr ès le greffage, on veille à ce que la ligature è | n'étrangle pas la plante. Si elle pénètre dans l'écorce par l'effet de la croissance du sujet, l on se hâtera de donner un coup de greffoir | en travers de la ligature, à l'opposé du bour- : geon inoculé ou des jointures d'écorce ; le lien, ainsi coupé, tombe sans qu'on y prête la main.

Il vaut mieux enlever le lien à l'automne, avant l'hiver, les épidermes et les points de“ jonction Ss ‘acclimater ont graduellement. On« laissera jusqu’au printemps la ligature dés È greffes sensibles au froid, sauf dans les situa-4 tions exposées au verglas. La tille, la laïne,4 le raphia enlevés assez tôt, permettront à lé corce de supporter la température et aux replis de disparaitre.

Dans les premiers jours qui suivent le greffage, on pourra rencontrer plus fréquemment:

des liens qui se relâchent; il faudra les renouveler. En même temps. on rafraichira le mastic des engluements gercés ou tombés. |

On profitera de cette première surveillance pour recommencer les greffes non réussies et pour enlever les cornets de papier, feuilles et autres écrans, placés sur le greffon pour Le préserver de l’action du hâle et de la sécheresse.

Etêtage du sujet. — Il s’agit ici des greffages en approche et de côté.

Les arbres greffés par approche seront sou:

mis au sevrage. Ainsi que nous l’avons indiqué. cette opération comprend l’étêtage du sujet eis la séparation de la mère;son but est de localisen la sève dans le sujet et dans le greffon réunif| et soudés.

Les sujets greffés latéralement, soit par écus son, soit par rameau, — en placage, Sous écorce. dans l’aubier, en flûte, — seront écimés de suiti, ou après l'hiver, suivant le mode de greffage : œil poussant ou à œil dormant : |

19 Si le greffage est à œil poussant, c'est: à dire pratiqué assez tôt en saison pour per mettre au greffon de végéter avant l’hiver, lé cimage du sujet sera commencé plusieurs jour après le greffage ; on coupera les sommités de branches et de la flèche; huit Jours après, 0 les taillera encore plus court, et ainsi de suitt à mesure que le greffon se développera. jusqu 10 em. au dessus de la greffe. On ménagera de rameaux sur l'onglet pour aider le greffonàa tirer la sève; enfin. l’onglet sera enlevé aura de la greffe vers la fin de la végétation. Désox mais l’arbre est complet.

20 Si le greffage, au contraire, est à œil do. mant, c'est-à-dire sile greffon ne doit pas poussé avant le printemps suivant, on attendra qu l'hiver soit passé, et l'on étêtera le sujet| 10 cm. au dessus de la greffe.

Lorsqu'il y aura des greffes sur plusieul branches, chaque branche sera tronçomn comme les tiges greffées.

Le moignon conservé au dessus de la gret prend le nom d’onglet, de chicot. On le tiend} plus court, si le greffon est douteux où mu d'yeux peu saillants : si, au contraire, l’ongl est ramifié, on l’élague : il suffira de deux : trois bourgeons pour attirer la sève vers greffe. :

GREFFE

Ébourgeonnement du sujet. — Quand la végéation commence, il faut ébourgeonner sévèement; plus tard, on agit avec plus de précautions. Nous abattons avec la serpette ou avec la main les bourgeons du sujet situés entre le sol et la greffe; on pourrait conserver quelquesuns de ces derniers, sur les tiges chétives et on pincer les jeunes pousses, elles y attireraient le fluide nourricier.

“Les bourgeons quise développent sur l'onglet, | utour de la greffe, seront littéralement suprimés ; toutefois, au dessus de ce point, et afin le ne pas diminuer l'aspiration de la sève in- Mispensable à la soudure, on conserve un ou

Fig. 443. — Dressage du rameau de l’écusson, contre l’onglet,

mce. On les conservera plus longtemps sur les - tpèces dont l'onglet se dessèche vite; ils sent élagués lorsque le jeune scion pourra se rsser d’auxiliaire.

Des sujets greffés en tête, sur tige ou sur janches préalablement tronquées, seront ourgeonnés jusqu'au sol, sur la tige et sur V5 branches greffées. Ça et là, on ménagera ovisoirement quelques petites ramifications ! des bourgeons, dans le but d'appeler le fluide veux vers la greffe ou vers les parties faibles. En tout temps, on extirpera soigneusement, squ’à leur naissance, les drageons et les rejets luterrains qui affameraient 1a greffe.

Westruction des insectes. — En même temps 1e lébourgeonnement, aura lieu la surveil- 1e à l'égard des insectes, des escargots, li- Les, etc. et leur destruction. Ce sera d’ail- « LS un soin continuel, attendu que le mal est JEmanent; la greffe s’y trouve généralement 11S exposée que le sujet.

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A ALERTE uxb à titre d’appelle-sè >ux bourgeons à titre d’appelle-sève, et on les

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GREFFE

Palissage de la greffe. — (Fig. 444 et 445). Sur les arbres écimés avec onglet, dès que les rameaux de la greffe atteignent 10 cm., nous commençons à les palisser en les accolant contre l’onglet.

Pour les espèces d'arbres où l’onglet ne suffirait pas, on ajouterait un tuteur qui serait d’abord lié au collet du sujet, puis à la greffe. Les arbres susceptibles de se «décoller» à la greffe, ceux qui donnent des tiges fortes et tourmentées, ont besoin d’un tuteur dès leur début.

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Fig. 444. — Palissage Fig. 445. — Palissage d’une greffe latérale de la greffe sur une contre le tuteur. jeune tige.

Pour un jeune arbre greffé en tête, sans onglet, une baguette flexible réunie par les deux bouts sur la tige servira au palissage des rameaux de la greffe. |

Si la tige porte plusieurs greffons, il faudra un support à chacun d'eux, soit une latte ou un petit bâton plus ou moins ramifié attaché au tronc par deux liens.

Les sujets greffés en basse tige seront accompagnés d’un tuteur ayant une dimension calculée sur la végétation de la greffe en première année.

Dans les pépinières, on conserve sur les arbres greffés Les lattes et les baguettes pendant au moins une année.

Les jeunes scions de la greffe sont palissés avec du jonc. Les baguettes et les tuteurs sont attachés au sujet avec deux osiers, au moins; un seul osier ou plusieurs liens en jonc ou en paille ne seraient pas assez solides. Quand le rameau de la greffe devient ligneux, on peut l’accoler avec du gros jonc, de l’osier, avec de

GREFFE

la tille, du raphia, de la spargaine, de la paille mouillée, avec des lanières d’écorce ou de jeunes tiges de lin ou de chanvre résultant d’un semis dru.

On palisse avec soin en évitant de trop comprimer le rameau, d’en froisser l’épiderme ou d’en tourmenter les feuilles.

Les tuteurs sont en bois arrondi plutôt qu’en brin fendu, le sulfatage en augmente la durée.

On place l’échalas de préférence à la face nord du sujet; de cette façon, il ne gênera point l’action des rayons solaires sur les tissus de l’arbre.

Un tuteur placé contre un arbre à haute tige doit toujours être assez élevé pour dépasser le point greffé. Trop court et attaché à la tige sans soutenir la greffe, il exposerait davantage cette dernière à être brisée par le vent; il serait préférable alors de ne pas mettre de tuteur, mais disons encore que le sujet et la greffe résisteront mieux aux bourrasques avec l'appui d’un support commun.

Au moment des orages, on redoublera de vigilance et, si des greffes étaient trop agitées par le vent, on chercherait à y remédier par de nouveaux supports et même par l’écimage ou l’effeuillage des rameaux les plus allongés.

Suppression de l'onglet. — Après une année ou une saison de végétation, on retranche l’onglet de la greffe; en le laissant plus longtemps, il meurt et la carie attaque le sujet. Si on le coupe à l’époque du déclin de la sève, la plaie se cicatrise, et le coude formé au point de jonction ne tarde pas à disparaître. Cependant, il n’y aurait aucun danger à conserver pendant deux ans l’onglet d’une greffe faible en végétation.

L'application de boue, d’onguent sur la plaie, est favorable à la cicatrisation.

En même temps qu’on supprime l'onglet, on retranche les scions complémentaires résultant d'un greffage multiple. La solidité de la greffe y gagnera; et l’on peut inciser en long les bourrelets trop saillants, de manière à y faciliter le cdurs de la sève et rétablir l'équilibre entre le sujet et la greffe.

Greffage sous verre. — Tous les procédés du greffage sont applicables au plein air, à la pépinière, au jardin, au verger, à la roseraie, à tous les arbres et arbustes fruitiers, forestiers ou d'ornement; quelques-uns ont même leur entrée au jardin fleuriste et au potager, pour les plantes herbacées.

Nous passons sous silence les Cactées et autres végétaux dits charnus, dont le rapprochement et la vie commune constituent plutôt une juxtaposition cellulaire de tissus plus ou moins succulents.

Toutefois,nous parlerons deces divers systèmes de greffage pratiqués sous verre, c’est-à-dire avec le concours de cloches, de serres et bâches vitrées, tenues à froid ou chauffées, lorsqu'il s’agit de braver les saisons inclémentes, et de multiplier rapidement les végétaux délicats ou nouveaux, les Conifères, les arbustes verts, d'appartement ou d’orangerie.

Dans les pays chauds, aux colonies, c’est ainsi que l’on propage les Quinquinas et autres

GREFFE

espèces dont les variétés ne se reproduisent ni par le semis ni par le bouturage. 1

L'égalité dans l’état de végétation et dans lé degré de température, la privation d'air du sujet greffé — situation que l’on nomme étouffée w — et l'absence des influences contraires faci- « litent singulièrement la soudure de la greffe, - «."

Le sujet est un jeune plant que l’on met en pot à l’air libre, où il végète pendant une sai- * son environ. On le rentre à l’abri lorsqu'il sa " git de le greffer. On rencontre cependant un certain nombre d’arbrisseaux qui peuvent être greffés lors de la mise en pot du sujet: les Houx, les Rhododendrons, les Biotas et la majorité des arbustes verts, dont les racines 8e! groupent volontiers pour former une motte, = «

Nous aurons également à signaler les circonstances où le plant servant de sujet reste à racines-nues. Parfois aussi il est greffé dans cet état et rempoté après reprise de la greffe. s

En outre du plant enraciné, le sujet pourrait | être une racine munie de son collet ou un.

simple fragment radiculaire et souvent un ra-! meau-bouture non raciné. Comme le plant, complet, la racine-sujet pourrait être nue, ou mise en pot, et légèrement chauffée pour ex-, citer son fluide séveux au moment du greffage. |

Quant au mode de greffage, l'opérateur décide s’il appliquera la greffe en fente, dans. l’aubier, en placage, à l'anglaise ou en face! d’un œil. On opère sur une partie semi-lig-!

neuse, au dessous ou en face d’un œil. Si le! sujet est à racihe nue, la greffe en placage! conviendra parce que le plant conserve des!

bourgeons appelle-sève, Avec un sujet élevé:

en pot, ou greffé sur tige, l'absence du bourgeon d'appel a moins d’inconvénient. Un sujet! trop allongé ou effilé serait écimé de suite, à 15 cm. au dessus de la greffe de côté.

Le greffon est généralement un petit rameau muni de deux ou trois yeux, déjà visibles,ses tissus étant demi-ligneux, demi-herbacés. S'il était d'espèce à feuillage persistant, on cou: perait les grandes feuilles à moitié du limbey et l’on ne toucherait pas aux autres.

Avec les Conifères, la réussite est plus cer# taine lorsque le greffon a une longueur de 10 à 15 cm, son œil terminal étant conservé. .

Deux saisons conviennent au greffage SOU“ verre: de janvier en mars, de juillet en sep: tembre. Les espèces à feuilles caduques Serony greffées assez tôt en juillet pour qu’elles pus, sent se souder avant l'automne, la feuille ayant été conservée au greffon, ou faiblemen, tronquée. 2e 4 À

Les espèces à feuillage persistant seronterel, fées en août-septembre, ou de janvier en mar” La ligature de la greffe est la laine cu | raphia ; l’engluement n’a pas sa raison d'être

La multiplication se fait à froid, sans l concours d'aucune chaleur forcée ; il suffira dy l'abri concentré du verre. Quelques espèce}, comme le Camellia et l’Azalée, peuvent êtih creffées plus tard et réclament un peu de che leur à ce moment. |

Pendant les grandes chaleurs, 0n bad geonne le vitrage extérieurement awecde couleur verte, dite vert anglais, à la colle a

Va

ee

GREFFE

ditionnée de blanc d'Espagne délayé dans de l'eau et du lait ou un peu d'huile. On pourrait l'ombrager encore avec des paillassons, des nattes, des toiles ou des claies en ramilles léwères ou de bruyères; les accessoires imprégnés de sulfate de cuivre se détériorent moins vite let ne sont pas attaqués par les insectes et es rongeurs. ;

* Nous n’entrerons pas dans les détails comblémentaires. Après la période d’étouffée, les “eunes plants greffés sont insensiblement amehés à l’aération, mais toujours abrités, succesfivement rempotés, soumis à une nourriture

de plus en plus substantielle, avec des allures

les tablettes de la serre; puis transportés de- 1ors, protégés par des rideaux de verdure ; enfin, acclimatés graduellement jusqu'à ce qu’ils soient assez forts et robustes pour être onduits à leur situation définitive, <livrables vu commerce», à l’air libre ou au jardin Fu | Ch. B.

| Fig. 446.

- ireffoir ordinaire, Greftoir anglais. Greffoir à vigne. |

Fig. 448,

| GREFFOIRS. Petits couteaux employés à multiplication des végétaux par la greffe.

- «es outils sont de différentes formes, trois artout sont en usage journalier; ce sont: Le reffoir ordinaire, le greffoir anglais et le ar Kunde de Dresde, pour le greffage de À Vigne. .

Le greffoir ordinaire (Fig. 446) se compose trois pièces: d’une lame étroite, ventrue 218 le sommet et à pointe recourbée en arrière, ‘un manche léger généralement en corne, et une spatule mobile en os ou en ivoire.

Rite forme particulière de l’outil permet de | éparer les greffons pour les différentes gref- $ par rameaux et de lever les écussons avec \cilité. IL faut éviter que la spatule, dont le inCipal rôle est de soulever les écorces, soit

1 métal, celui-ci pouvant s'oxyder et nuire à pération.

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