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ACCLIMATATION

cela, par exemple, que la gelée surprenne les végétaux par un temps humide ou pendant leur pleine végétation, que le dégel se fasse brusquement ou que les plantes soient trop jeunes ou trop peu vigoureuses pour résister.

Cependant, par une culture prolongée les plantes exotiques qui résistent tout d’abord plus ou moins au froid, finissent par produire à force de semis ou par les divers procédés de multiplication, des variétés ou des races plus résistantes, parfaitement adaptées à leur nouveau climat et par conséquent complètement acclimatées. Tel est le cas de toutes nos plantes de pleine terre introduites d’une région plus chaude depuis un temps plus ou moins reculé. Parmi ces plantes la plupart sont annuelles; dans ce cas, en effet, leur acclimatation est plusfacile, puisque,vu leur courte durée, elles n’ont pas à subir le froid de l'hiver. A ce propos faisons remarquer qu’il faut ranger dans cette catégorie un certain nombre d'espèces, naturellement vivaces dans les régions chaudes, mais qui, une fois cultivées sous un climat plus froid, deviennent annuelles pour mieux s'adapter aux nouvelles conditions climatériques; tels sont aux environs de Paris les Capucines, les Belles-de-Nuïit, les Pétunias, le Réséda, etc. Après les plantes annuelles, les plantes herbacées vivaces acclimatées sont les plus nombreuses ; leurs rhizomes, en effet, sont facilement protégés contre la gelée par la terre qui les recouvre. Enfin les arbres et les arbustes, dont les tiges ont à supporter toute la rigueur des frimas, sont les moins nombreux ; ajoutons néanmoins que ces derniers, quand ils résistent parfaitement, doivent être considérés comme les mieux acclimatés.

Malgré les effets si désastreux du froid sur les végétaux provenant de contrées plus chaudes, leur acclimatation est encore moins difficile que celle des plantes des pays froids ou des hautes altitudes dans un pays relativement chaud. La chose se comprend d'elle-même, car si l’on peut toujours trouver le moyen de protéger une plante contre le froid jusqu’à ce qu’elle soit complétement adaptée à un climat nouveau, il est autrement difficile de fournir aux plantes dont nous parlons des conditions d’existence se rapprochant de celles qu’elles trouvent dans leur pays d’origine. A l’appui de ceci nous ne citerons comme exemple que ce fait bien connu:

la grande difficulté de cultiver avec succès les plantes alpines, dont quelques-unes, cependant, produiraient de très jolis effets sur Les rocailles ou les rochers artificiels de nos parcs et de nos jardins.

Il faut bien se garder de confondré l’acclimatation avec la naturalisation. Une plante simplement acclimatée, même quand elle mürit parfaitement ses graines, ne peut se reproduire indéfiniment sans le secours de l’homme ; que l’on cesse de la cultiver et elle ne tardera pas à disparaître. Au contraire, une plante est dite naturalisée dans un pays où elle à été introduite, quand, après y avoir vécu de nombreuses années et y avoir subi tous les écarts possibles de température, elle s'y comporte comme les plantes indigènes ordinaires, de telle facon qu’on pourrait la confondre avec elles si les docu-

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