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leur donne du bouillon, des potages, delà bouillie, des tartines de confiture, en général, bien préparés.
M I^endant le jour et selon le temps, on les expose à Pair et au soleil. Pendant Thivcr, la crèche est chauflfée convenablement, Pair y est souvent renouvelé. Pendant la nuit, les croisées demeurent ouvertes, en sorte que, chaque matin, les enfants sont introduits et maintenus dans un air pur. Le soir, on les rendu leur mère, protégés contre lo froid et la pluie, par un capuchon ; n'ayant souffert de rien pendant leur absence et initiés, de jour en jour ù la pratique de ces habitudes régulières, qui sont en général le principe et la base de toutes les bonnes pensées, di^ toutes les fortes constitutions à venir.
» Est-ce ù dire qu'il n'ait pas échappé aux fondateurs dos crèches quelques bonnes pensées, quelque inspiration utile 7 Non, sans doute, il y a encore beau* coup de choses ù faire. Mais on peut avancer qu'aujourd'hui ce qui existe est, à la rigueur, sulTisant. Il y a bien certains défauts ù corriger, et ils peuvent l'être, car la plupart du temps ils dépendent de la négligence des berceuses, plutôt que de l'insuffisance et de l'impuissance de la Société des crèches. Ainsi jl faut, avant tout, exiger que chaque enfant, comme cela est -prescrit, ait son éponge, son peigne, sa timbale, etc., etc. Gela n'est pas partout observé. 11 faut que les vases ou les linges contaminés de matières ne séjournent jamais dans les salles; qu'ils soient aussitôt lavés (la ville de Paris a partout donné des concessions d'eau sulDsantes). Il faut, avec les précautions convenables, et dans toutes les saisons, renouveler et rafraîchir l'air. Il faut éloigner des salles, les odeurs de la cuisine et du charlx)nde terre, etc., etc. Tout cela peut se faire et il appartient h l'autorité d'y veiller, si les conseils et les prescriptions des directeurs des crèches n'étaient pas suivis et exécutés.
i> En somme, les soins de propreté et les précautions hygiéniques sont généralement suffisants. »
7° Le chiffre de mortalité est-il plus élevé dans les crèches que dans les autres établissements particuliers où sont placés les enfants, tels que garderies et maisons de sevrage ? — « La commission n'est pas en mesure, monsieur le préfet, de pouvoir répondre ù cette question. En voici les motifs : il n'y a pas de malades dans les crèches. Il n'y a donc point de mortalité. Mais, dira-t-on, ne peut-on pas connaître l'influence de la crèche .sur les enfants qui la fréquentent, en recherchant à domicile ce que devient la mortalité chez ceux qui y sont admis et ceux du même âge et du mémo quartier qui n'y sont point reçus? 11 pourrait peut être y avoir de l'intérêt ù être renseigné à ce sujet; mais jusqu'ici, pour y parvenir, les éléments manquent tout à fait. Ce n'est pas que certains médecins (dans le huitième arrondissement) n'aient tenté quelques essais de ce genre : les résultats de leurs recherches sont favorables ù la crèche ; mais on ne peut les considérer comme concluants. En eiïet, peu d'enfants encore fréquentent les crèches, d'où il suit qu'il est tués difficile, sinon impossible, d'établir, dans ce cas, an rapport de nombre logique, avec ceux qui ne les fréquentent pas ; d'autre part, les\enfants qui y sont admis appartiennent habituellement à des familles très pauvres, chez lesquelles le défaut de nourriture convenable, le manque de soins journaliers ont pu placer les enfants dans des conditions inférieures à celles où se trouvent la plupart des enfants du même quartier.
p Ajoutez à cela qu'on peut rarement suivre l'enf-tnt de l'ouvrier qui est
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admis à }a crèche, et savoir ce qu'il devient. Il Taudrail suivre les |)areiils eiumêmes. Dans beaucoup de crèches, on donne un très grand nombre de journées par an, mais elles ne s'appliquent guère que pendant un mois au même individD; en eiïet, Tenfant suit la famille, et quelles familles plus noipades que celles des ouvriers ! Ceci ne peut amoindrir en rien le bienfait rendu par les crèches : c*est un bonheur très divisé qu'elles distribuent, mais on bonheor tM et bien apprécié.
» Toutes ces circonstances expliquent pourquoi le conseil ne peut répondre ï la question qui loi a été posée. »
8° Quelle est la proportion de mortalité entre les crèches^ le b^treau de$ nourricfs et l'hospice des Enfants trouvés? « Ahisi que la précédente, celle question échappe à toute espèce de solution. Le premier .terme de comparaison, la mortalité, n*existant pas dans les crèches. Il devient inotile de s*occoper de détails proportionnels.
» Si Ton ne considère que le côté pratique de la question, on peut répondre immédiatement qu'aujourd'hui, dans le département de la Seine, il n'y a pas d'établissement qui soit plus utile que les crèches, aux enfants des mères qaioe peuvent vivre que par leurs propres bras. La commission n'a pas dû se demander si l'on pourrait créer quelque chose de plus parfait. Elle n^a tu qoe ce qui est aujourd'hni, ce qui était hier, et n'a pas hésité à se prononcer. En effet, jusqn'id les mères dont le temps était absorbé par le travail, n'avaient d*autres moyens qoe d'abandonner leurs enfants aux hospices, on de les livrer à la merci de la misère ou de la pitié publique.
» Depuis Pouverture des crèches, pour une rétribution ti^^s minime, 10, 39 ou 25 centimes par jour, souvent même, sans qu'il en coûte rien, Tenfont qu'elle» viennent allaiter, quand elles le peuvent, ne manque ni de soins, ni d'aliments ni de vêlements; la commission doit ajouter que l'institution, en dehors de ces bienfaits matériels et qui tombent sous le sens des gens les moins éclairés, ou même les moins bienveillants, produit encore des résultats moraux de la pins grande importance. Dans presque tous les arrondissements, les filles-mères qui, sous l'influence des direclrlces, sont revenues à une conduite régulière et ont légitimé leur union, est considérable. De plus, le contact répété des mères arec les surveillantes, avpc les religieuses, là où il en existe (faubourg Saint-Antoiite; rue rÉ[jée-de -Bois, rue Vanneau), est la cause des plus heureuses transformations.
» La mère qui peut travailler sans crainte et sans préoccupation, deTient plas soigneuse d'elle-même et de son enfant, quand, chaque jour, elle le retrouve ai retour delà crèche, propre et dans de meilleures conditions ; une Iouat)]e émaUtion s'éveille en elle ; elle s'exerce et se plaît à répéter les dimanches et les jours de fête, les coutumes auxquelles, pendant la semaine, on a si souvent habitué son enfant. Sa conduite enfin, et parfois aussi celle de son mari, deviennent plus régulières. L'économie entre dans son ménage, où jusque-là elle était tout à fait inconnue; l'enfant cesse de fréquenter la crèche : la mère peut le garder, et vient remercier la directrice d'avoir été la cause d'un bonheur qn'dle ignorait et qui était si facile h acquérir. — Peut-on et doit-on maintenant conparer les crèches aux garderies et aux maisons de sevrage ? Mais dans ce cas, presque tous les avantages sont du côté de la crèche : des soins éclairés, vœ
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surveillance de tous les instants, un médecin qui visite cliaque joui* l'établissement, écarte les malades, favorise et développe toutes les conditions utiles à la suite; économie pécuniaire ( 10 à 20 cent, par jour, au lieu de 70 à 80 cent); soins presque maternels, car ils sont désintéressés, tels sont en général les avantages que les enfants et les mères en retirent. En est-il ailleurs de la même Ciçon ? L'expérience et toutes les enquêtes les plus récentes ont appris le contraire. Inspectées de loin en loin, quand elles n'échappent pas à Taclion de Pautorité, les maisons de sevrage ou les garderies sont le plus souvent un asile faneste et trompeur ; Tenfant presque constamment y dépérit, et Pautorité récemment encore a constaté les graves accidents causés par le défaut de surveillance. En eflfet, rien ne lui assure les conditions liygiéniques nécessaires à son développemenu Ce n'est vraiment que par hasard, b'il les rencontre. Une bonne nature, un bon air, un soleil bienfaisant, se trouvent parfois sur la route, mais combien cela est rare ! On a prétendu que les mères y trouvaient plus d'avantages, en ce qu'elles n'étaient pas obligées d'aller chaque soir chercher leurs enfants ; triste avantage 1 si les pauvres mères savaient à quel prix elles l'achètent 1 II faut cependant qu'il y ait quelques garderies et quelques maisons de sevrage, car il existe bien des mères qui ne peuvent conserver avec elles leurs enfants : ainsi, toutes les femmes en place, ou dans certains commerces. Mais alors, c'est à l'autorité à en diminuer le nombre, et à les surveiller d'une façon toute particulière ; ceci devient une question administrative, et la commission pense qu'elle est encore facile à résoudre. »
9* De quelles améliorcUions les crèches sont-elles susceptibles? — v I\>ar les déterminer d'une manière absolue, il faudrait commencer par donner le plan d'une crèche-modèle, mais ce travail entraînerait la commission hors des limites dans lesquelles elle a cru devoir se renfermer.
» Elle se bornera à vous rappeler, monsieur le préfet, les améliorations à introduire en général dans ces établissements, améliorations dont la plupart vous ont déjà été indiquées dans le cours de ce rapport.
» Ce qu'il faudrait à toutes les crèches du département de la Seine, c'est un local plus grand, et, autant que possible, à chacune un petit jardin. I^ séparation absolue des poupons d'avec les en&nts qui marchent est indispensable. Cette mesure assainirait le local, faciliterait le service en le divisant et contribuerait certainement au repos des plus jeunes enfants, troublés souvent parles cris et les jeux de ceux d'un âge plus avancé. Le linge, en général, n'est pas assez alx>ndant.
» Les soins donnés par les l)erceuses ne sont pas assez multipliés; leur nombre est souvent insuffisant. Peu à peu toutes ces conditions devraient être accomplies. Elles le sont en partie dans les crèches les plus favorisées, et la commission sait les louables eflfortsque fait la Société qui les dirige pour arriver à généraliser ces heureux rt^sultats.
n S'il fallait maintenant vous signaler les besoins de chaque crèche en particulier, la commission serait en mesure de vous satisfaire; mais ce travail, fastidieux par •es détails, n'apporterait aucun élément particulier de jugement qui fAt nouveau et digne d'importance. Là commission vous rappellera seulement, monsieur le préfet, que les crèches de Belleville, de Passy, de la rue Saint-Sauveur, du faubourg Saint- Antoine, de la rue du Puits, de la rue Geoffroy-Lasnier ont liesoin.