AIR
d'analyse les plus récents et les plus pratiques, à ceux surtout qui sont le plus applicables à l'objet spécial de nos études, c'est-à-dire aux recherches qui intéressent Thygiène publique.
1° Moyen de recueillir l'air à analyser, — Le premier point est de savoir recueillir avec les précautions convenables l'air d'une localité donnée. Le moyen le plus simple consiste à nder dans les endroits voulus des flacons remplis d'e^iu saturée d'acide carbonique, ou de mercure, en ayant soin d'y laisser une petite quantité d'eau ou de mercure ; de graisser, décacheter les bouchons, et de maintenir les flacons renversés jusqu'au moment de l'examen. M. F. Leblanc, durant les recherches auxquelles il s'est livré dans les mines, portait sur lui, à l'aide d'une courroie, une botte à comparliments dans laquelle ses flacons renversés plongeaient invariablement dans le mercure.
Pour procéder à l'abri de toute variation, MM. Dumas et Boussingaull, Martins et Bravais, ont employé de grands ballons dans lesquels le vide avait été fait, et qui étaient fermés avec les plus minutieuses précautions. On sait à quel degré de perfection sont arrivés ces savants, dans des analyses qui ont porté sur des masses d'air recueillies et transportées à de très grandes distances.
On ne saurait passer sous silence les procédés fort ingénieux dont s'est seni M. C. Brunner (de Berne). L'apptireil très simple qu'il a fait connaître consiste en un vase d'une forme et d'une dimension indéterminées rempli d'un liquide convenable, l'huile de préférence à l'eau, qui, à mesure qu'il s'écoule par un orifice situé à la partie inférieure du vase, est remplacé par un volume égal d'air entrant dans le vase par un orifice supérieur, après tivoir traversé des tubes oïl il est soumis à divers réactifs. Cet appareil attirant l'air comme jKir aspiration est désigné sous le nom d'aspirateur. On conçoit ([u'en mesurant le liquide écoulé, on évalue par là le volume d'air aspiré. Pour opérer en grand et parvenir à avoir des notions plus exactes sur la composition de l'air dans les lieux où il est chaîné de subsl^mces délétères et de miasmes, il suffirait d'établir im grand tonneau ou aspirateur , au moyen duquel on produirait un courant d'air continu pendant des journées entières, mOme sans la présence d'un opérateur.
2" Procédés cudiomètriques, — La détermination des éléments de Pair est arrivée aujourd'hqi à un degré d'exactitude presque absolu, grâce aux méthodes proposées par Dumas et Boussingault, Regnault, Doyère, etc. On doit aux premiers de ces illustres savants un principe d'analyse qui a beaucoup simplifié, en les rendant plus précis, les procédés eudiométriques. C'est la substitution de la pesée à la tnrsure des gaz en volume.
Dans les belles recherche > de Duuiuî? et Boussingault sur la vcri-
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tahlr consliiiition do raii* atmosphérique, un ballon vido (rair ost mis en rapport avec un tube plein de rui\Te métallique réduit par l'hydrogène et armé de robinets qui permettent d'y faire éjçalemenl le vide, dont on a d'ailleurs exactement déterminé le poids. Le eui\r<' étant ehauffé au rouge, on ouvre celui des robinets par où doit arriver l'air, qui se précipite alors dans le tube où il cède à l'instant son oxygène au métal. Au bout de quelques minutes, on ouvre le second robinet ainsi que celui du ballon, et le gaz azote se rend dans le ballon vide. Les robinets demeurés ouverts, l'air afflue, et, à mesure qu'il passe dans le tube, il y abandonne son oxygène ; c'est donc de l'azote pur que le ballon reçoit. Quand il en est plein ou à peu près, on ferme tous les robinets. On pèse ensuite séparément le ballon et le tube pleins d'azote, puis on les pèse de nouveau après y avoir fait le vide. La différence de ces pesées donne le poids du ♦^^az azote. Quant au poids de l'oxygène, il est fourni par l'excès de [Kiids que le tube qui contient le cuivre a «acquis pendant la durée (le Texpérience. Avant d'arriver sur le cuivre qui devait lui enlever >on oxygène, l'air se dépouillait d'abord d'acide carbonique en passant dans des appareils remplis de potasse liquide très concentrée; puis d'eau, en traversant des tubes garnis d'cicidc sulfurique concentré et pur. — La nécessité de maintenir une température et une pression constantes et certaines sera facilement comprise, et est remplie à l'aide de moyens qu'il serait hors de propos de consigner ici. M. F. Leblanc, dans ses recherches sur la composition de l'air confiné, ajoute à l'appareil de Dumas et Boussingault des tubes pesés pour le dosage de l'acide carbonique; ou, pour plus de simplicité, il opère l'aspiration au moyen de deux grands ballons d'une capacité connue et préalablement vidés d'air. Ces ballons sont munis de thermomètres intérieurs et mis en relation avec un tube vertical plongeant dans le mercure. L'évaluation exacte de la hauteur de la colonne de mercure soulevée et l'obsenation de la température fournissent les données nécessaires pour calculer le poids de la masse d'air qui a cédé tout son acide carbonique à la potasse. Lors de chaque prise d'air confiné à analyser, on doit avoir soin de noter toutes les circonstances, telles que la capacité de l'enceinte, le nombre des individus, la durée de la clôture, la température, le mode de rhaufilage, enfin l'absence ou l'existence et la nature des moyens de ventilation.
M. Regnault emploie pour l'analyse de l'air un eudîomètre per- Tectionné dans lequel, outre la détermination exacte de la température et de la pression, il combine la mesure du volume des gaz avec l'emploi des réactifs absorbants, et où l'oxygène s'unit à l'hydrogène au moyen de l'étincelle électrique. Cette méthode^ d'une