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précision presque iTiathémalique, est d'une exéculion beaucoup pluN rapide que celle de MM. Dumas et Boussingault, quoiqu'elle exige des calculs assez compliqués et l'emploi d'un instrument fort coûteux.
M. Doyôre a, presque à la môme époque, fait connaître un procédé eudiométrique très propre à indiquer les variations de la composition atmosphérique. Nous nous bornerons à dire que sa méthode d'analyse diffère de celle de M. Regnault en ce que, au lieu de mesurer toujours les gaz ramenés à une pression identique, on agit directement sur les volumes. Les artifices ingénieux au moyen desquels ce savant arrive à déterminer les corrections naissant de la température, de la pression, et de l'état hygrométrique, ne peuvent être bien appréciés qu'en prenant connaissance des mémoires très étendus de rautem\
M. Brunner, dont nous avons décrit l'appareil aspirateur, a. indiqué quelques procédés particuliers pour l'analyse de l'atmosphère. Sa méthode ne diffère pas d'ailleurs de celle de MM. Dumas et Boussingault. C'est au moment de l'entrée de l'air dans le vase aspirant qu'il le soumet au contact des réactifs propres à déceler sa nature en le faisant passer soit par des flacons de Woolf, soit par des tubes qui contiennent les substances absorbantes ; de telle sorte qu'il n'arrive dans le récipient aspirateur que l'azote. Pour déterminer la quantité d'eau, Brunner se sert d'acide sulfurique concentré, de préférence au chlorure de calcium. Il a constaté qu'un tube de 37 pouces de long sur un demi-pouce de diamètre, rempli de chlorure de calcium, dessèche moins complètement un courant d'air saturé de vapeur d'eau qu'un tube de 8 pouces contenant de l'amiante humecté de 40 gouttes d'acide sulfurique. Pour obtenir le poids de l'acide carbonique, l'air est amené h travers deux tubes, l'un contenant de l'amiante humecté d'acide sulfurique pour dessécher le gaz, l'autre contenant de la chaux éteinte humectée légèrement. Pour l'oxygène, c'est un tube de verre contenant de la tournure et de la poudre de fer ou de cuivre métallique réduit par l'hydrogène chauffée au rouge. L'augmentation de poids du tube indique la quantité d'oxygène fixé.
Lassaigne a proposé un moyen facile de doser l'oxygène d'une manière assez rapide et assez exacte pour que l'on puisse rappliquer aux recherches que nécessite l'hygiène ou la médecine légale. Ce procédé consiste à introduire dans un petit flacon 3 à 4 grammes de tournure de cuivre rouge, à verser ensuite de l'eau distillée jusqu'à la moitié du flacon, puis à le remplir (ivec une solution concentrée de gaz ammoniac. Ce flacon, ainsi rempli exactement, est fermé et renversé dans la cuve à eau. On mesure ensuite dans un tube gradué, rempli d'eau, un volume d'air qu'on fait passer dans
le flacon; on le ferme alors, et on Tagite sans interruption pendant quelques minutes. En peu d'instants on voit Tammoniaque prendre une teinte bleuâtre, qui se fonee de plus en plus par suite de la formation de Tammoniure de deulox)'de de cuivre. Cette teinte arrive bientôt h son maximum, en opérant sur 15 à 20 centimètres cubes d'air. Alors elle s'affaiblit peu à peu, lorsque tout l'oxygène du volume d'air sur lequel on opère a été absorbé. Cette décoloration progressive, qui devient un indice de la fin de l'opération, est due à la réaction du cuivre en excès surl'ammoniure dedeutoxyde, lequel se transforme en ammoniure de protoxyde incolore. Quand on est arrivé à ce point de l'expérience, on fôiit passer le résidu gazeux dans le tube gradué pour le mesurer, en prenant les précautions convenables.
Nous avons dit qu'au point de vue de la salubrité, l'analyse de l'air se réduisait au dosage de l'acide carbonique, et les développements dans lesquels nous sommes entré ont confirmé cette proposition. Aussi comprendra- t-on l'intérêt qui s'attache au nouveau procédé eudiométrique de Liebig. Cette méthode, comme le dit justement l'auteur, « réalise les conditions de précision et de simplicité nécessaires pour un physiologiste qui, dans une série d'analyses faites tous les jours, pendant quelque temps, aurait à déterminer les proportions d'acide carbonique et d'oxygène contenues dans Tair; pour un industriel qui voudrait analyser les gaz qui se dégagent d un foyer; pour un médecin qui voudrait connaître la composition de l'air d'une salle d'hôpital, ou vérifier l'efficacité d'un moyen de fenUlation. » Elle est fondée sur la propriété qu'a la potasse concentrée d'îibsorber l'acide carbonique, et l'acide pyrogallique d'absorber l'oxygène (Chevrcul et Dœbereiner). On opère de la manière suivante. L'air dont on doit absorber l'acide carbonique et l'oxygène est mesuré dans des tubes gradués de la capacité de 30 centimètres cubes, chaque centimètre cube étant divisé en cinq parties. Après avoir rempli les tubes aux deux tiers avec de l'air, on y introduit à l'aide d'une pipette recourbée une quantité s'élevant à 1/40* ou l/SO»d'une solution d'une partie d'hydrate dépotasse dans 2 parties d'eau. En agitant de bas en haut, dans la cuve Ix mercure, le tube gradué, on étend la solution alcaline sur les parois du tube, et l'absorption terminée, on lit le volume restant. Quand l'air analysé est desséché préalablement, le volume du gaz disparu donne exactement la proportion d'acide carbonique. Lorsqu'on l'a ainsi déterminée, on introduit dans le môme tube, à l'aide d'une seconde pipette, une solution d'une partie d'acide pyrogallique, dont 5 à 6 parties d'eau,'et l'on en ajoute assez pom* que le volume de la solution acide soit égal à la moitié du volume de la solution de potasse. On étend par quelques
dO AIR.
secousses les liquides mélangés sur les parois du luhe, et Ton mesure, quand Tabsorpliou est eomplèle, le volume du résidu d'azote. Avec 30 grammes d'acide pyrogallique, on peut faire cent cinquante analyses. Nous n'avons pas besoin d'insister sur rimporlance pratique de ce procédé eudiométrique.
Nous ne nous sommes occupé, dans celle étude des procédés d'analyse de l'air, que de la recherche des éléments constitutifs de l'atmosphère. Il faut reconnaître cependant qu'il serait extrômemenl utile de déterminer la présence et la nature , soit de gaz délétères qui peuvent s'y mêler accidentellement, tels que l'hydrogène carboné ou sulfuré, l'acide sulfureux, diverses vapeurs, soit des principes organiques miasmatiques ou autres. Pour les premiers, leur mélange au résidu d'azote serait facilement décelé, et leurs propriétés caractéristiques reconnues. Pour les seconds, leur quantité ne pourrait être déterminée qu'en agissant sur des masses d'air extrêmement considérables et par des procédés spéciaux, puisque l'acide sulfurique et la potasse employés à débarrasser l'air de l'eau et de l'acide carbonique pourraient altérer les substances miasmatiques.
Nous aurons à examiner ailleurs les elTets de l'air comprimé, récemment étudiés par MM. Pol et Watelle, Guérard, François et Willemin, à l'occasion des travaux d'art. (Voj^. Mines, Puits.)
Bibliographie. — Reekerckes tur la véritable constitution de Cair atmotpkériqMe^ par MM. Dumas et Boussingault (^iiii. de ckim, et de pky$,^ 3* série, t. III, p. 257, Paris, ^851. — Aib, par M. Gavarret {Dictionnaire det dietionnairet^ Supplément, Paris, 4851). -^ Cours élémentaire deckimie, par M. V. Regnault, 4858 1860, L I, p. iU.
— Procédé nouveau d'analyse de Tatr, par M. Lassaigne {Comptes rendus de VAeaL des se», 13 octobre 1845). — Description de quelques procédéspour l'analyse de l'atnuh fpkère, par M. Brunner, de Berne {Ann, de ekim, et de pkys.. Se série, t. III, p. 305).
— Nouveau procédé eudiométrique, par J. Liebig [Journ, de pkarm, et de ckim. , 3* série, t. XIX, p. 155). — Reekerckes $ur la composition de Cair confiné, par M. Félix Leblanc {Ibid., 3* série, t. V). — Reekerckes sur la composition de l'air dans quelques mines, par M. Félix Leblanc {Comptes rendus de VAcad. des se, 14 juillet 1845;.^ Extrait d*un rapport adressé à M» le ministre de la guerre relativement au volume d'air à assurer aux kommes de troupe dans les ckambres des casernes, par M. Félix Leblanc {Ann, de ckim, et de pkys»,^» série, t. XXVII, p. 373). — Analyse de l'atmos* pkire de quelques mines du ducké de Cornouailles, par M. P. Moyie {Ibid,, S* série, t. III, p. 318). — Coneidérations sur l'insalubrité de l'air dans les Maremmeê, par M. P. Savi, de Pise {Ibid., 3' série, t. III, p. 344}. — Du dégagement spontané de l'kydrogène sulfuré dans les eaux de la côte occidentale d'Afrique et d'autres localités, par Kr. Daniell {Pkilosopkical Magatine, 5* série, n* 121, et Ann. de ckim. et de pkys,, 8* série, t. III, p. 331). — Reekerckes sur la rubéfaction des eaux et leur oaygénation par les animalcules et les algues, par A. et Ch. Morren, 4841. — Mémoire sur la possibilité de constater la présence des miasmes, et sur la préunee d'un principe kydrogéné dans l'air, par M. Boussingault {Gaz. méd, de Paris, 1884, p. 523). — Cours complet dêniétéorologief de L.-F. Kaemix, Uad. par Ch. Marlins, Paris, 4853. — Peekerchee sur
ALCOOLS. tii
ta composition que préâ^nie l'air reeueUU à Hiféreniet hauteurs où ont respiré un grand nombre de personnes, pur Lassaigne {Ann, d'hyg, et de méd, Ug.^ t. XXXVI, p. 207). — Hetsarfues sur l'état de l'air atmosphérique à Londres (Journal des connaissances umeUts^ jiiDTier 4832). — Recherches sur la quantité d'aeidc. carbonique txpirée par fkemma d*uM Us vingt-quatre heures^ parScharling (i4iiii. de chim, et dephys,^ S* série, I. ?III, p. â78). — Recherches sur la quantité d'acide carbonique eaohalée par le pou- Vespéet humaine, par MM. Andral et Ga?arret [Ibid,^ 3* série, t. VIII, p. 129).
AliBIJlllMB. — L'albumine extraite du sérum du sang est employée à la clarification des vins et des sirops, à Tapprét et à Timpression des étoffes, à la préparation des gants, au vernissage, etc. L'extraction de cette substance se fait dans les abattoirs par la séparation du caillot et du sérum du sang et par la dessiccation de cette dernière partie étendue en couches minces et exposée soit à l'air, soit dans une étuve chauffée à /!i5 degrés.
Cette opération nécessite quelques soins destinés à éviter la putréfaction des débris de sang ; l'enlèvement de ceux-ci, le lavage h grande eau des salles et ustensiles employés, et la ventilation des ateliers. ( Voy. Abattoirs.)
ALCAIil €A1JSTIf|I]E. — La fabrication de l'alcali caustique en dissolution est rangée dans la troisième classe des établissements incommodes, comme offrant très peu d'inconvénients.
AMjCAIjI \01sATMWm. — Voy, AMMONIAQUE.
AliOOOIJi. — AIiC;OOU!iMB. — On donne le nom d^nlcoois aux liqueurs qiii se forment pendant la fermentation des principes sucrés contenus dans les fruits, les tiges ou les racines de certaines plantes, notamment dans le raisin, la canne à sucre ou la betterave, OQ extraits des céréales, de la pomme de terre et des substances amylacées qui ont subi la transformation saccharine. La séparation de ralcool contenu dans les divers liquides fermentes s'opère par la distillation.
Les liqueurs qui renferment de 50 à 55 pour 100 d'alcool sont appelées ^awx-rfe-w>; celles qui en renferment davantage s'appellent npritê ; Valcool entièrement privé d'eau est é\i absolu.
Les esprits sont désignés sous les dénominations trois-sept^ trois- . nx et trois-cinq. Le premier, qui est presque anhydre, doit son nom à ce que 3 volumes mêlés à k volumes d'eau donnent 7 volumes à 19 degrés Cartier ; 3 volumes du deuxième et 3 volumes d'eau donnent 6 volumes également à 19 degrés ; enfin, 3 volumes du troisième et 2 volumes d'eau produisent 5 volumes au même degré.
Les eaux-de-\'ie à49%l, 58',7 et 61^,5 centésimaux sont, aux trois titres commerciaux, appelées preuve de Holiande, double cognac et preuve de Londres,
h2 ALCOOLS.
Los alcools et eaux-de-vie sont encore d/^signés par des noms parliculiers qui rappellent en général la substance d'où ils sont tirés: alcool ou enu-de-vie de vin, de grnin^ de poinme de /«ve, de fécule; rhurriy produit de la fermentation de la mélasse de canne ; tafia^ pitK duit de la fermentation du jus de canne ou vcsou ; kirsch, ou eau-devie de cerises ; rack, produit de la fermentation du riz, fabriqué aux Indes et mêlé au cachou ; genièvre ou gin^ obtenu par la distillation de Feau-de-vie de grain sur du genièvre ; whisky, produit de la fermentation de la drèche ; marasquin^ eau-de-vie de prunes et de pèches ; absinthe, obtenue par la distillation de l'eau-de-vie sur les sommités d'absinthe.
Nous devons mentionner encoi^e une nouvelle espèce d'alcool, précieux produit de Tindustrie algérienne. Après de nombreuses expériences, un colon de Damrémont, dans la prorince de Gonstantine, est panenu à retirer d'une plante bulbeuse, appelée asphodèle, et qui se rencontre en très grande abondance sur tous les points de la colonie, où elle croît à l'état spontané, un alcool qui, au dire des personnes les plus compétentes, ne le cède en rien aux meilleures alcools de raisin. La fabrique qu'il a établie, en vue d'utiliser sa découverte, distille aujourd'hui 600 litres d'alcool en vingt-quatre heures, et alimente en partie la consommation locale. Ce succès a éveillé l'attenlion des spéculateurs ; une seconde fabrique, pouvant produire 10 hectolitres d'alcool par Jour, a été récennnent inst^iUée dans la province d'Oran, et une autre s'organise en ce moment dans la province d'Alger. L'Algérie se trouvera donc bientôt en mesure de fournir de notables quantités d'alcool au commerce de la métropole.
Un échantillon de l'alcool d'asphodèle fabriqué à Damrémont a été soumis à l'examen du comité des arts et manufactures et à l'appréciation de M. Dumas, et l'avis qui a été émis ne laisse rien à désirer sur le mérite du nouveau produit. Voici, du reste, le rapport par lequel l'éniinent chimiste a fait connaître au ministre de la guen-e le résultat des expériences auxquelles il s'est livré :
« Monsieur le ministre, vous avez voulu avoir mon avis sur un nouveau produit de l'Algérie, Valcool d'asphodèle ; vous m'en avez fait remettre, dans ce but, un échantillon accompagné d'une notice relative à sa fabrication. Je dois vous faire ix^marquer d'abord, monsieur le maréchal, que cette notice ne fournit aucun détail qui soit propre ù iixer mon attention au sujet de cet alcool. Il est impossible, après l'avoir lue, d'affirmer : !• que la fabrication de l'alcool d'asphodèle puisse s'établir sur une grande échelle ; 2" qu'elle soit susceptible de s'effectuer avec profit ; 3» que le procédé suivi pour l'extraction de cet alcool soit le meilleur qu'il y ait à employer. Je réserve donc mon opinion sur tous ces points.