ALCOOLISME
fait aiilhentiquc n*est venu confirmer ces rumeurs populaires trop facilement répandues.
De la cwisommation des boissons spi ri tueuses et de leur abus. — Le vrai danger qu'offrent les liqueurs spiritueuses au point de vue de rhvgiéne publique, c'est leur consommation immodérée et la dégénérescence physique et morale qu'elle entraine. L'abus de l'eau-devie tend à s'accroître dans des proportions effrayantes chez certains peuples, en raison surtout de la fabrication et du bas prix des eauxde-vic de grain et de pomme de terre. C'est surtout dans les pays septentrionaux que l'usage des liqueurs fortes est répandu, tant à cause du climat que de l'absence du vin. Berlin comptait eu 1822, au rapport de M. le docteur Roesch, 1520 débitants d''eau-de-vie ; la statistique de H. Casper y signale 6540 maisons , d'où il suit qu'on vend de l'eau-de-vie dans près d'un quart des habitations particulières. A la môme époque, un recensement officiel, comprenant les militaires, portait la population de cette capitale à 199 283; le seul rapprochement de ces chiffres montre quel petit nombre de runsommateurs suifit pour entretenir et faire prospérer un débit il'eau-de-\*ie.
On trouve, dans les Recherches statistiques sur la ville de Paris pour 1821 et 1822, qu'il existait dans la ^îUe un débit de liqueurs alcooliques pour 9 maisons ; et pour chacun de ces établissements lui public double de celles de Berlin. M. Benoiston de Châteaunei^f a montré, il y a déjà longtemps, que la consommation en eau-derie va croissant à Paris d'année en année.
Nous empruntons les chiffres suivants à l'important ouvrage de M. Husson que nous aurons tant d'occasion de citer. La quantité de liquides spiritueux consommés dans la ville de Paris a été, en moyenne :
De 1825 à 1830 69,071 hcctol. d*alcool pur ù /i5^
Ce qui donne comme consommation moyenne i)our chaque habitant :
Lit.
I>e 1825 à 1830 8,96 par an, 0,026 par jour.
1851 ik 1856. 16,25 — 0,039 —