n est défendu d'étendre du linge sur les berges
Les pierres, tréteaux, ptancties, perches et autres ustensiles qui seraient placés sur les bords de la rivière pour laver, étendre ou sécher le linge, seront caleYés.
6. U sera pris envers les contrevenants aux dispositions ci-dessus telle mesure et police administrative qu'il appartiendra, sans préjudice des poursuites à exercer contre eux par devant les tribunaux, conformément aux lois et aux règlements qui leur sont applicables!
EXTRAIT DE L'ORDONNANCE DU 25 OCTOBRE iSliO.
Aru 184. Les propriétaires de bateaux à lessive, seront tenus d'établir des chemins solides et bordés de garde-fous à hauteur d'appui, pour faciliter l'accès de ces bateaux.
Les embarcations ou bateaux destini^s à supporter les chemins devront ifoir au moins trois mètres de longueur sur deux mètres de largeur.
Art. 185. Les bateaux à lessive devront en tout temps être solidement amarrés et munis de cordes, crocs, perches, etc., pour porter secours en cas de besoin.
Dans le même but, un bachot muni de ses agrès devra toujours être attaché ï chacun de ces établissements. Les propriétaires desdits hateani sont, en outre, tenus d'avoir constamment à bord de leurs établissements un gardien bon nageur, agréé par Tadminist ration, et une t)olte de secours en bon élat«
Art. 186. Les bateaux à lessive ne pourront être modifiés dans leur constroction sans une autorisation spéciale.
Ajoutons que ces bateaux doivent être couverts pendant Thiver et oonvenaUement ventilés en été. Ils ne sont autorisés que sur le rapport de Tingéniear chargé de rinspection de la navigation.
BATTAGE, BATTEBIEM MÉCAMI^VES , BATTES, BATTEVBS. — Parmi les travaux agricoles et industriels, il en est qui nécessitent un battage plus ou moins fort, qui s'opère tantôt à bras d'homme, tantôt à Taidc de moyens mécaniques.
Cette pratique, quels que soient le mode suin et l'objet auquel elle s'applique, présente des inconvénients communs qui sont le dégagement d'une poussière épaisse, le bruit souvent fort incommode et la fatigue musculaire des hommes qui s'y emploient. Nous allons examiner rapidement ces influences diverses dans le battage des grains, les batteries de fil, chez les batteurs d'or et dans le battage des tapis.
A. Batteffe de« crains. — Ce battage, qui a pour objet de sépir rer le grain de l'épi, se fait soit au fléau par les batteurs en grange, soit à l'aide de batteries mécaniques (le dépiquage parle piétinement des chevaux, peu usité et dans le Midi seulement, n'offrirait ici rien d'intéressant k noter) . Le battage au fléau est de tous les travaux de h ferme le plus rude et le plus nuisible à la santé des hommes qui s^ livrent, et enmème temps le moins lucratif. Ajoutons]que ce moyenne donne, au point de vue du rendement des grains, que des résultats très imparfaits. Ramazzini signalait chez les batteurs en grange Ums les accidents qui résultent de l'inspiration d'une grande quantité de poussière irritante ; on peut y joindre l'excessive fatigue qui résoite d'un ouvrage si pénible, et auquel conviennent seulement lea homiDes les plus robustes. On doit donc attacher un double avantage k remploi des batteries mécaniques, auxquelles peut se joindre un itrtfe pour vanner le grain, et qui n'exige que la suneillance d'un petit nombre d'ouvriers.
11 existe un moyen des plus simples et peu dispendieux de se soustraire à l'action délétère de la poussière des granges. Les vanneun^ les batteurs de grains, employés aux machines nouvelles que le prO*
BA1TEUR8. iW
grès et la civilisalion ne tarderont pas à introduire dans toutes nos fermes, n'auraient qu'à se comTirle visage d'un voile pareil .à celui dont font déjà usage les scieurs de long.
B. Buttaffe des fils et des laluen na mojeii de« battes ■técanl^nes* — Le battage qui a pour objet do lisser le fil, après s'être opéré à la main dans des ateliers annexes des établissements de filerie, constitue aujourd'hui une industrie spéciale, qui s'exerce au moyen de battes mécaniques mues par la vapeur, dans des usines actuellement très répandues dans le département du Nord. Cette modification dans les procédés industriels a soulevé plusieurs questions de salubrité très graves, qui ont pendant plusieurs années fixé l'attention du Conseil central de salubrité du département du Nord, et ont donné lieu dans son sein à des travaux extrêmement remarquables, qui ont eu pour résultat le classement des usines dans lesquelles on fait usage de battes mécaniques mues par la vapeur dans la deuxième ' classe des établissements dangereux, insalubres ou incommodes. Nous ne pouvons mieux faire, pour éclairer cette question impor^ tante et neuve, que de reproduire un extrait étendu d'un rapport excellent fait sur ce siyet le 3 juin 18/i/i, par M. Trachez, au nom d'one commission composée, outre le rapporteur, de MM. Barrois, Delezenne et Duhamel, rapport qui résume non-seulement ceux qui i'oDt précédé, mais encore les discussions qui ont eu lieu à leur occasion dans le Conseil.
« Le Conseil central de salubrité a été appelé plusieurs fois par l'autorité supérieure à donner son avis sur l'établissement d'ateliers, très répandus à Lille, où s'opère le battage du fil. Soit que ce genre d'industrie ait été inconnu au législateur, soit qu'il ait laissé aux autorités locales le soin de faire remédier h Tincommodité du bruiti on ne trouve dans la législation et la jurisprudence des ateliers insalubres ou incommodes aucune classification dans laquelle on puisse le ranger.
» Le conseil a pensé que, dans le but d'en obtenir le classement, il était utile de faire ressortir les inconvénients plus ou moins graves qui y sont attachés.
» Pour faire connaître ces inconvénients, nous indiquerons : 1** les procédés employés et leur but; 2^* l'incommodité sous le triple rapport du bruit, de Tébranlement et du dégagement de la poussière. Nous terminerons notre rapport en vous rappelant rapidement le travail fait par différentes commissions prises dans votre sein, et, en particulier, par plusieurs membres du Conseil, sur les moyens à proposer peut amoindrir le bruit assourdissant des battes et Tébrànl^ent qu'elles produisent par leur action continue; enfin nous ferons *tiitir la nécessité du classement de cette industrie. .
)> Le fil soumis à l'action des battes est ordinairement tors; il est teint ou écru ; mais, arrivé à ce point, il lui manque de la souplesse, du moelleux, du lustre et du poli, ce qu'on obtient au moyen du battage. Voici comment on Texécute.
» Le travail s'opère le plus ordinairement soit dans des caves, soit au rez-de-chaussée. Une forte table ou un gros tronc d'arbre, revêtu supérieurement d'une pierre lisse et d'un grand poids, est assis sur le sol, et le fil sec, disposé en écheveaux, y est placé à plat. Les ouvriers, en plus ou moins grand nombre, sont munis chacun d'iue batte, de bois épais et solide, du poids de 2 kilogrammes environ; ils la soulèvent à une hauteur de IxO à 50 centimètres et la font tomber sur le (il, la relèvent aussitôt pour recommencer incontinent. O mouvement alternatif n'aplatit point le fil; il lui laisse le temps de reprendre sa forme ronde, lui 6te sa roideur, lui donne du lustre et le débarrasse de la poussière,
)) Cette opération produit trois effets nuisibles, surtout quand elle est pratiquée au rez-de-chaussée, sur la voie publique et entre des maisons attenantes : c'est l'incommodité de la poussière, le bruit assourdissant et l'ébranlement des murs voisins. Cet ébranlement est bien plus considérable encore, lorsque les battes sont mues par une machine à vapeur, parce que leur nombre s'élève quelquefois à 40, 60 ou même 80, et que leur poids est décuple; dans ce cas, le bruit est intolérable, et l'ébranlement va jusqu'à crevasser les murs mitoyens ; des pendules ou d'autres meubles, placés sur les tablettes de cheminées voisines, changent de place par l'efl'et seul de TébraDlement. Quelques maisons ont été abandonnées, et l'on n'a trouvé à les louer qu'à des prix très bas. Des m<'dades ont été dans l'obligation de changer de demeure.
» l^endant l'opération du battage, il s'élève dans l'atelier une grande quantité de poussière qui nuit beaucoup aux oi^anes de 11 respiration, surtout lorsque les fils sont teints. Quand les atelien donnent sur des rues très étroites, que les croisées s'y ouvrent, l'air semble contenir un nuage épais, et la poussière pénètre dans les habitations voisines, souille les meubles, entre dans la poitrine et gône la respiration. Cette grande incommodité oblige les habitantsà tenir leurs croisées fermées une grande partie de la journée, ce qui rend les habitations malsaines; de plus, il est impossible, à moios qu'on n'y soit habitué, de soutenir longtemps le bniit assourdissaat du battage du fil. 11 serait possible d'amoindrir le bruit, par suite l'ébranlement, et de diminuer l'eff'et nuisible de la poussière, et plusieurs commissions se sont occupées de cet objet. M. Th. Barrois, un des membres du Conseil qui a été chargé de faire plusieurs rapports sur l'industne en question, dans le but d'amoindrir le bruit des
battes ctrébranienient, a proposé : 1** d'entourer les ateliers de tentures flottantes, qui, en arrêtant les vibrations de l'air, diminueraient le bniit; mais il faudrait que Ton prit de grandes précautions contre rincendie ; 2» de prendre, pour recevoir les coups do la batte, des blocs de pierre beaucoup plus lourds que ceux actuels, et de les établir au milieu d'une grande pièce de bois qui ne poserait sur le sol qu'à ses deux extrémités : le bois, faisant alors ressort, rendrait le choc moins sensible. M. Barrois donne à Tappui de ce moyen ce qui se passe à Lyon : on met quelquefois au troisième ou au qua* trième étage une enclume sur une longue pièce de bois posant près des maîtres murs, et Ton y bat le fer sans donner d'ébranlement Uen sensible. 3"* 11 propose encore un mécanisme de deux cylindres entre lesquels passeraient les fils. Ces cylindres, que M. Barrois a loi-même perfectionnés, et qu'il emploie dans sa filature de coton, remplaceraient quelques-uns des effets du battage; mais on lui fit l'observation, dont il reconnut l'exactitude, que l'efTet continu des cylindres aplatirait le fil, tandis que l'intermittence du mouvement des battes permet au fil de réagir, de présenter au choc diverses Dm^cs, de manière à sortir du travail avec sa forme arrondie en même temps qu'il se trouve lissé. H pense cependant qu'en ajoutant un troisième moyen qui ferait exécuter un mouvement de droite et de giuche, on consen'erait au fil sa forme ronde : c'est ce que l'expérience seule pourrait confirmer; d'ailleurs, par ces procédés, on n'enlèverait pas la poussière au fil, ce qui nécessiterait une autre opération.
» On a encore proposé, comme moyen palliatif, de revêtir les blocs et les battes d'un cuir peu élastique qui pourrait amoindrir le bruit; mais il faudrait s'assurer que ce moyen ne nuisit point au but du travail. On a proposé, dans l'intention d'atténuer le bruit et l'ébranlement, d'exiger que les ateliers fussent établis au rez-de-chaussée, diDs un appartement dont les murs auraient une brique et demie d'épaisseur, et qui, de toutes parts, serait séparé des maisons attenantes par un appartement excavé et voûté, ayant U mètres au moins de largeur; toutes les ouvertures de l'atelier devraient en outre avoir lieu dans l'établissement même, les autres faces étant exactement murées.
B Enfin, dans l'intention de remédier au bruit et à l'incommodité (le la poussière, un membre du Conseil a pensé qu'il y a quelques nK)yens qui peuvent être considérés comme des palliatifs susceptibles (l'être mis en pratique. De ce nombre on pourrait ranger les dispositions du local de l'atelier de batterie, de manière à le priver d'ouvertures sur la voie publique, et de faire diriger les colonnes d'air en vibration, et la poussière, dans le haut du M^iment, par une
ouverture pratiquée au plafond ou à la voûte du local : telle est U proposition de M. Demesmay.
» Voilà les principaux moyens qui ont été proposés ; cependant, soit qu'on les emploie isolément ou qu'on les coordonne, on ne pourra en reconnaître Tefficacité que lorsque Texpérience raun constatée : jusque-là le problème ne sera pas résolu. Néanmoins il y a ici une distinction à faire parmi les établissements où s'opère le battage du fil. Il en existe à Lille de très bruyants sans doute; mais d'autres, par leur mécanisme et leurs positions, incommodent tréi peu ou point au dehors. Ces ateliers sont placés dans des souterrains entourés de murs épais, ou au rez-de-chaussée, mais au fond do local et presque isolés de toute habitation par des cours ou des ja^ dins. Voici comment ils sont disposés.
» Une grosse pièce de bois, très volumineuse et recouverte d'une lourde pierre unie, repose sur quelques traverses de bois assises sur le sol et n'ayant aucun contact avec les murs, de sorte que l'air, entourant cette masse de toutes parts, contribue beaucoup à amoin* drir l'ébranlement. Le fil, disposé en écheveaux, est étendu à plit au-dessus de la table sans y toucher, étant retenu à une hauteur de 27 à 35 millimètres par deux petits cylindres tournant sur leurs axes et tenant tendu l'écheveaude fil par ses deux anses; le moaremeot continu du fil, joint à l'action alternative des béliers, bat le fil con* venablement, lui donne de la souplesse et le débarrasse de la poussière. Les béliers, à tète plate et large, tombent verticalement sur les écheveaux élargis, les appliquent sur le bloc, sans bniit bien remâ^ quablc et sans ébranlement bien sensible soit du sol, soit des murs. Le rapporteur a visité les établissements de MM. Saint-Léger et De» Icsalle-Desmedt, filateurs en cette ville, où le battage a lieu comoi nous venons de le faire connaître. De grandes croisées ouvertes sur un jardin, ou une grande et large ouverture à l'entrée de Tateliet donnant sur une vaste cour, procurent à la poussière une libre vMt au dehors, et l'on pourrait, à la rigueur, rendre la stagnation de h poussière presque nulle, en employant de temps en temps un mono de ventilation.
» Munie de toutes ces données, la commission pense que Ion* qu'un classement sera ordonné, il vous sera facile d'indiquer Itf conditions qu'il conviendra d'imposer à ce genre d'industrie.
» Lecture faite de ce rapport, le Conseil, après une discussioo approfondie à laquelle presque tous ses membres ont prit pirt^ considérant :
» Que si, jusqu'à présent, cette industrie, très ancienne dans 11 fabrique de Lille, n'a soulevé aucune plainte, cela était dû à la IDI- Bîére dont elle était exercée;
BArrEURS. 208
» Que le battage des fils, ayant lieu précédemment dans chaque iabrique, le plus ordinairement dans des caves voûtées n'ayant que de petites ouvertures sur la voie publique, et par le moyen de battes légères, en petit nombre dans chaque établissement, tenues à la audn, ne présentait réellement pas d'incommodité sensible pour le voisinage ;
M Que cette industrie, au lieu de rester disséminée comme autrefois, se cfincentre dans des filatures, s'exerce plus en grand, par suite du développement des établissements spéciaux, et change de caractère en ce qu'elle ne s'exerce plus avec des battes légères de 2k S kilogrammes, mues à la main, mais à l'aide de béliers ou étampes, eo nombre toujours considérable, mus par la vapeur, du poids de 20 kilogrammes au moins, et placés le plus souvent au rez-dechaussée, en face d'ouvertures plus ou moins larges donnant sur des mes souvent étroites ;
M Que le résui^t inévitable du mode actuel est un bruit continu, retentissant au loin, et tellement assourdissant, que les maisons voisines deviennent réellement inhabitables ;
» Qu'indépendamment du bruit, cette industrie entraine un autre inconvénient grave par la production d'une énorme quantité de poussière, quelquefois chargée de matière colorante, poussière qui se répand assez loin et s'introduit dans les habitations voisines, ce qui oblige de les tenir closes ;
• Que la législation des établissements insalubres ou incommodes a prévu les cas où le bruit pourrait être une cause suffisante pour autoriser l'administration à ne permettre l'établissement de quelques industries que sous certaines réserves ; que c'est ainsi qu'elle a choisi celle de batteur d'or et d'argent, la fabrication des boutons métalliques, les moulins à farine dans les villes, etc.;
» Qu'aucune de ces industries classées ne peut entrer en comparaison sous le rapport des inconvénients qu'elles produisent avec le battage des fils :
i) Pense qu'il y a lieu à solliciter de nouveau une ordonnance de classement, et que les inconvénients reconnus sont d'une telle gravité, qu'ils doivent fiiire ranger ces établissements, sinon dans la première classe, au moins dans la seconde ;
» Que relativement aux moyens d'atténuer l'incommodité résultant soit du bruit, soit de la poussière, qui est toujours très abondante ^'l nuisible tant aux ouvriers qu'au voisinage, ils doivent varier suivant diverses circonstances de disposition intérieure des locaux, (i'éloignement, etc., et ne peuvent être indiqués d'une manière générale. »
C'est k la suite de ce lumineux rapliort qu'est intervenu, tu mois
d*a\Til i8i!i5, l'arrêté préfectoral suivant, portant classement des batteries mécaniques de fils dans la deuxième catégorie des établissements dangereux ou incommodes.
« Nous, conseiller d*État, préfet du Nord : Va les rédamatiaiis d*iiii gnod nombre d'habitants de la ville de Lille, dans lesquelles ils signalent les gnTCs inconvénients que leur fait éprouver rétablissement de battes mécaniques mocs par la vapeur ;
» Vu Tavis du Conseil central de salubrité ;
» Vu la lettre de M. le ministre de Tagriculture et du commerce, en date <1q 29 mars dernier ;
1^ Vu le décret du 15 octobre 1810 ;
» Vu Tarticle 5 de Tordonnance royale du iU Janvier 1815, portant que les préfets sont autorisés à faire suspendre la formation ou Texerdce des étabUas^ ments nouveaux, dangereux, insalubres ou incommodes, qui, n^étant polat compris dans les nomenclatures publiées par le gouvernement, seraient cepea* dant de nature à y être placés ; qu'ils pourront accorder raatorisation d'établissement pour tous ceux qu'ils jugeront devoir appartenir aux deux demièrei classes de cette nomenclature, en remplissant les formalités prescrites par le décret du 15 octobre 1810 ;
» Considérant que l'établissement de battes mécaniques mues par la vapeur donne lieu à un bruit continu, retentissant au loin et tellement assourdissant, qae les quartiers dans lesquels elles sont établies deviennent réellement inhabitables; qu'indépendamment de ce bruit, cette industrie entraîne un autre inconvénient grave, par la production d'une énorme quantité de poussière, très souvent cbaN gée de matières colorantes, poussière qui se répand fort loin et sMntroddt àua les habitations, ce qui oblige à les tenir closes, et par conséquent nuit à kv salubrité ; qu'à ces inconvénients se joint encore le danger d'incendiepar le graad approvisionnement de Gis en magasin ;
» Considérant qu*en présence d'un état de choses si contraire à la sûreté et 1 la salubrité publiques, il convient, jusqu'à ce qu'il ait été statué par une ordoinance royale sur le classement défmitif de cette nouvelle industrie, de faire osige de la faculté qui nous est accordée par l'article 5 de l'ordonnance royale précitée du ili janvier 1815, d'en opérer le classement provisoire,
» Arrêtons :
» Art. 1^'. Les usines dans lesquelles on fait usage de battes mécaniqses mues par la vapeur sont rangées dans la deuxième classe des établissemcols dangereux, insalubres ou incommodes. En conséquence, les usines de cette nature ne pourront être établies qu'après l'accomplissement des formalités prescrites par le décret du 15 octobre 1810, et l'ordonnance réglementaire du 1/i janvier 1815 pour les établissements appartenant à cette classe.
» ArL 2. Le présent arrêté sera inséré dans le recueil des actes de la préfecture. '^
» Art« 3. Les sous-préfets et les maires sont chargés d'en assurer l'exécutioo et de lui donner la plus grande publicité. >
Depuis cet arrêté, le Conseil d'hygiène publique et de salubritt
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u pluHc'urs t'ois à examiiior des delIlande^ d'autorisalion jxnir l'élalissemeiit de batteries de fil, et a fait une sage application des prinipes exposés dans le rapport de M. Trachez, en posant des condions qui atténuent autant que possible les inconvénients de ces sortes /usines.
G. Battage des métaa^K. — L'argent, le cuivre et Tor surtout ont réduits en feuilles très ténues au moyen du battage par le marteau, ^s ateliers où se pratique cette opération sont, en raison du bruit rès incommode qu'elle occasionne, rangés dans la troisième catégorie des établissements classés. Les batteurs d'or et d'argent ne <onl exposés à aucune cause pai'ticulière d'insalubrité; ils sont, selon l'expression de Turner Thackrah, bien portants et robustes.
[). Batteffe des tapis. — Il nous reste à parler du battage des tapis, qui a donné lieu à un examen particulier du Conseil de salubrité du département de la Seine.
On n»proche à cette opération deux sortes d'inconvénients, lesun^) relatifs à Tinsalubrité, les autres à l'incommodité que déterminerait cette industrie, et pour les individus qu'elle emploie, et pour les habitants des demeures environnantes.
n parait naturel, en effet, de supposer que la poussière et les détritus laineux que développe le battage des tapis agissent d'une manière fâcheuse sur les poumons de ceux qui les respirent; rtnémie, la bronchite, l'hémoptysie, et, par suite, la phthisie pulmonaire, ont été considérées comme le résultat possible de la respiration d'une atmosphère chargée d'une pareille poussière. Les recherches faites par Parent -Duchàtelet tendraient à rassurer sur ce point.
Ces recherches ont eu lieu à l'occasion d'une plainte soulevée par un certain nombre de propriétaires contre un batteur de tapis qui ivait obtenu l'autorisation d'exercer son industrie dans la rue Marbœuf, à Chaillot. Les motifs d'opposition allégués contre cette autorisation étaient relatifs à l'insalubrité, à l'inconunodité et à la déprédation des habitations et des terrains voisins. Parent-Duchâtelet visita les ateliers où étaient battus les matelas de tous les hôpitaux et hospices de Paris; et, des questions adressées aux ouvriers qui y étaient nnployés, il résulta pour lui que tout indindu bien portant pouvait rirre impunément dans cette atmosphère infecte et tellement chargée ie poussière, qu'à peine pouvait-on y voir ; mais que tout individu déjà phthisique ou disposé à la phthisie ne pourrait y résister. Les mêmes recherches faites dans les ateliers où se confectionnent les matelas des différents corps de la garnison de Paris eurent le même résultat.
Parent-Duchàtelet visita à Saint-Oueu, dans les ateliers de M. Ter-