A EAU
Monsieur le préfet, on emploie quelquefois maintenant, poar le chaaffage et la ventilation des édifices ou des habitations particulières, une espèce de caloritèie à eau, dont Tusagc exige certaines précautions pour éviter les accidents.
L'appareil, envisagé dans ce qu'il a d'essentiel, présente les dispositions suivanles. Une chaudière remplie d'eau, et qui reçoit la chaleur d'un foyer ordi* naiie, est située dans les caves de l'édifice ou dans l'une des pièces de l'haintatioii que l'on veut chauffer ou ventiler.
Cette chambre communique par un tuyau ascendant avec un réservoir égale* ment rempli d'eau, construit dans un des étages supérieurs ou dans les comiiles du bâtiment. Du fond du réservoir partent plusieurs autres tuyaux qui se ramifient dans les salles qui doivent être chauffées, et fournissent l'eau à des cylindres que l'on y a placés, et qui font l'office de poêles ou de cheminées. Ces tuyaux se réunissent de nouveau dans la partie inférieure du trajet en un tuyau de retour qui ramène l'eau dans la partie la plus basse de la chaudière.
Ainsi, quand le système fonctionne, il s'étabiit un courant continu: l'eau s'élèfe de la chaudière dans le tuyau ascensionnel par l'effet de la diminution survenoe dans son poids spécifique sous l'influence du calorique; elle circule dans les canaux qui lui sont oflerts, y dépose sa chaleur, et revient ensuite à son point de départ pour chaufler et cii'culer de nouveau.
Le résenroir sopérieur est muni d'une soupape chargée d*mi poMs, La tension de la vapeor d*eao dans ce réservoir peut dès iors atteindre le nombre d*atmofphères représenté par ce poids, plus la pression atmosphérique, et sa température acquiert le nombre de degrés correspondant à cette pression.
Quant à la tension dans Tintérieur des tuyaux des poêles et de la chaudière, on conçoit qu^elle varie suivant la position de ces parties de Pappareil. Elle est égale, pour chacune d'elles, à la pression dans le réservoir, augmentée du poids de la colonne d'eau qui a pour hauteur la distance comprise entre ce réservoir et le point que Ton considère. Cette pression est à son maximum dans la chaudière» pois elle décroît jusqu'au réservoir,
A regard de la température dans les poêles et tuyaux de descente, elle est inférieure à celle de Peau du réservoir, et d'autant plus basse que ces parties se trouvent à des étages plus éloignés du réservoir. Elle est au contraire, dans la chaudière et dans la colonne ascendante, supérieure au degré de l'eau du réservoir.
Ces appareils pourraient occasionner de très fâcheux accidents s'Ib étaient mal exécutés.
La rupture d'un poêle, d'un des tuyaux, ou seulement une fuite qui viendrait ^ se déclarer, présenterait de graves dangers pour les personnes qui se trouveraient dans les salles où cette rupture aurait lien, et où se répandrait toute l'eaa coDienue dans le réservoir supérieur et dans les parties situées entre ce réservoir et le point de rupture.
La chaudière pourrait aussi se déchirer sous la pression qu'elle supporte, et qai dépend de la hauteur où est placé le réservoir et de l'activité du feu.
Il pourrait même y avoir explosion dans le cas où le tuyau qui met la chaudière en communication avec le réservoir serait obstrué par quelque cause ^ciden telle.
EnGn, le foyer de la chaudière, lorsqu'il s'agit d'un appareil de grandes dimensions, consommant une quantité notable de combustible, peut incommoder les Voisins par la fumée.
Ces systèmes de calorifères sont donc semblables, sous ces divers rapports, à Une chaudière à vapeur fermée, dpnt les ramifications s'étendraient dans les diflérenls points où sont placés les tuyaux de conduite.
Ils rentrent en conséquence dans les dispositions de l'ordonnance royale du ^ mai 1863, relative aux chaudières et machines à vapeur, et il y a lieu de leur appliquer l'article 67, lequel a prévu le cas où, à raison du mode de construction de certains appareils, des conditions spéciales seraient à prendre.
Il impone qu'on ne les établisse pas sans une autorisation donnée suivant les formes indiquées au titre I[ de ladite ordonnance ; Qoe le réservoir supérieur soit toujours muni de soupapes de sûreté ; Que toutes les parties de l'appareil soient soumises à une pression d'épreuve triple de la pression effective maximum qu'elle aura à supporter ; cette dernière pression étant celle qui correspond à la charge des soupapes du réservoir supérieor, augmentée d'autant d'atmosphères qu'il y a de fois dix mèlres de dislance verticale jusqu'à ce réservoir.
L'épreuve devra être faite sur place, après la pose et avant que les pièces du calorifère soient masquées par les parquets, boiseries, ou murs du bâtiment.
S9fc CHAUFFAOE.
Elle pourra être opérée par parties succesuTes oa mr reniemble, mis toujours de roanière que les joints et les tuyaux aient été foamls à k pression d^épreuve.
Les dimensions des soupapes de sûreté seront fixées dans chaque cas par k préfet, sur le rapport des ingénieurs.
Il en sera de même des conditions du local de la chaudière.
MM. les ingénieurs s'assureront, lors de la pose de Tappareil, ai Ton a prit toutes les précautions propres à éviter toutes les ruptures ou les fuites qui pourraient être occasionnées par des variations de température» et si les joints soat disposés de manière à résister à une longue durée et à présenter mie insperméibilité complète.
L^mploi de la fonte pouvant augmenter beaucoup les chances de rupture d d'accidents, Tusage de ce métal devra, en général, être ici interdit.
L'acte d^autorisation reposera d*ailleurs sur diverses ohligaliou qui seroM reconnues devoir être exigi^es selon cliaque espèce.
Je vous invite, monsieur le préfet, à prendre un arrêté régleipentaire rappelant les dispositions qui précèdent, et à lui donner toute la publicité nécessaire, loU par des affiches, »oit par finsertion dans le recueil des actes administratifs de TOtre département, soit par ces deux moyens à la fois.
Je vous prie aussi de m'adresser, conformément à l'article 67 précité de ^s^ donnance, une exposition des permis par lesquels vous autoriserez l'établissencst de ces calorifères.
Veuillez m'accuser réception de la présente circulaire, dont Je transmets aie ampliation à MM. les ingénieurs. Signé Legrasd.
ORDORlIAîfCE DE POLICE DU 15 JLILLET 18i)6, COHCERlfANT LES CTLI!t9l0 SÉCHEDIIS, CHAUDIÈRES A DOUBLE FOND OU AUTRES VASES CLOS RECETAffT DE LA VAPEUR, ET LES CALORIFÈRES A EAU CHAUDE.
Nous, pair de France, préfet de police, vu l'ordonnance royale do 92 mai iSASt l'instiuction ministérielle du T2 juillet suivant, et les instructions dt M. le sinistre des travaux publics des 11 février et 3(1 janvier 1845;
Vu les avis de M. l'ingénieur en chef des mines, chargé du service spécial 4» appareils à vapeur dans le ressort de notre préfecture ;
Considérant : 1° Qu'il est fait usage, dans un grand nombre d^ateliers, de eylindreg sécheurs^ de chaudières à double fond, ou autres vases dos qsi reçoivent de la vapeur d'eau à une tension plus ou moins élevée; que la ropttN de ces vases peut être déterminée par la tension de la vapeur contenue diss leur intérieur, et donner lieu à des accidents graves dont il y a en déjà plmicoii exemples ;
T Que tous les appareils clos on susceptibles d'être clos qui sont mis, soit i demeure, soit temporairement, en communication avec des chaudières à vaptir* doivent être, comme le sont ces chaudières mêmes, assujettis à la turveMaoc* administrative et aux dispositions de l'ordonnance royale précitée du Tï mai iSII;
3^ Qu'on fait usage pour le cliauiïage et la ventilation des édifices oa dv habitations pa meulières, de calorifères à eau chaude, qui se xompooeit de pièces contenant dans leur intérieur de l'eau à une tempéfiture élevée* il M
GSAUFFAGB. * iH
Ici parois sopporttiit pif coDiéqaent «ne pressioD égale I celle (p^eiereeràlt la fapeard^eaa 4 celle température, augmentée de celle ^oi est due h la hauteur de la co1oBDed*eau dont elles sont chargées;
à^ Que les foyers de ces calorifères consomment souvent une quantité de combustible assez considérable pour que la fumée puisse, dans certains cas, être iBCommode pour les habitants du voisinage ;
5* Que, sons ces deux rapports, les calorifères à eau chaude, soit qu'ils consistent en une série continue de vases remplis d'eau, ou en vases Isolés, placés dans les diverses pièces d'un édifice et contenant de l'eau échauffée par la vapeur émanant d'une chaudière ordinaire, rentrent d^ns la catégorie des chaudières fermées dans lesquelles on doit produire de la vapeur, et doivent être, en conséquence, soumis aux règles prescrites pour ces dernières par l'ordonnance royale da3i mbiH^W^;
$0 Qu'en vertu de l'article 67 de l'ordonnance précitée il nous appartient de prescrire les conditions propres à prévenir les dangers ou les inconvénients que loorralt présenter l'usage des appareils ci-dessus dénommés ;
Ordonnons ce qui suit :
1. Nul ne pourra, à l'avenir, faire usage de cylindres sécheurs, chaudières i dooble fond pour évaporatlons on chauffage, ou autres vases clos de forme quelconque qui seraient mis, soit temporairement, soit à demeure, en communication ivec une chaudière à vapeur, ni établir de calorifères à eau chaude, sans une aatorisation préalable délivrée par nous, conformément aux dispositions de l'ordonnance royale précitée du 22 mai 18/i3.
2. La demande qui nous sera adressée devra indiquer la forme, les dimensions des vases recevant la vapeur, le mode d'introduction de la vapeur dans leur iutérieor et le mode d'émission, et l'usage auquel ces appareils seront destinés. S'il >*agit de calorifères, la demande fera connaître i i<* les dimensions de la chaudière et autres parties composant le calorifère ; 2<^ la hauteur de la colonne d'eau distante an-dessus des parties les plus basses de l'appareil, et la pres<loh maxirnsm qu*auront à supporter les parois de l'appareil, exprimées en atmosphères effractions décimales d'atmosphère;] d"* la nature du combustible qui sera enployé et la quantité approximative de ce combustible qui sera consommée par heure de chauflage. La demande sera, en outre, accompagnée d'un plan en double expédition, sur lequel seront indiquées les dispositions des diverses parties du calorifère et leur relation entre elles.
Les pièces des calorifères seront soumises, sur place, après la pose et avant qu^elles soient masquées parles boiseries ou parquets, à une pression d'épreuve triple de la pression maximum qu'elles auront à supporter lorsque l'appareil fonctionnera. Ces épreuves seront indépendantes des conditions que nous nous réservons de prescrire pour chaque cas particulier, en vue de prévenir les dangers qui pourraient résulter de l'établissenient des calorifères, ainsi que les inoonvéolaiis de la fumée pour le voisinage.
2k Les propriétaires d'établissements actuellement existants, dans lesquels il y a des appareils du genre de ceux qui sont désignés dans l'article i^'de la présente ordonnance, nous adresseront, dans le délai de trois mois, une déclaration contenant les renseignements énoncés en l'arLicle 2 ci-dessus.
Signé G. Dei^ESSERT.
396 CHAULAGE.
Bibliographie. — Traité de la chaleur contidérie dans «es appiicatUmi, pir
E. Péclet, 3* édit. Paris, 1860. — Collection des mémoires de d'Areet, Paris, i8&3, ft
Note dans Ips Annales d' hygiène ^ t. XXIX. — Dictionnaire de l'industrie^ art. Ceâip-
PAGE. — Bulletin de la Société d'encouragement^ t. V. — Essai sur l'art de chamferet
de ventiler les édifices publics, les habitations particulières et Us ateliers^ par Ph. tiroa-
vcllf*. Pans, 18^4. — Dictionnaire des arts et manufactures^ art. CALoaipItus, ptrk
même. — Description des appareils montés pour chauffer f hôtel des Monutriesde Purii
par la chaleur perdue d'un four d coke, par le même, dans la Collection dts mémoira
de d'Areet, Paris, 18Â3. — Observations sur la ventilation et le chauffage des idifica
publics^ et en particulier des hôpitaux^ par M. A. Guérard {Annales d*hygicne^ eU^
t. XXXII). — Études sur le chauffage, la réfrigération et la ventilation des éiifcei
publies^ pr Ch. Boudin. Paris, 4850. — Traité de lasoUbrité^ par MM. Moofalcood
de Polinière. Paris, 1850. — Dissertation sur Us habitations, par M. Piorry (Ibèse à
concours, Paris, 1838). — On the heating and ventilation of buildings bg meanstf
apertures situated in the upper and lower portion of a /fnf , by J. Noirsain, ciTÎi eiifi*
neer {Mtdical Times, 12 July 1851. — The principles ofuarming and ventHating bai^
dings, by Trr(!gold. LondoD, 1825. — Recherches et observations relatiees d uneée^Ut
asphyxie par la vapeur du coke, pur Ollivier, d'Ani^ers {Annales d'hygiène, etc.^ t XIVi
p. 290). — Rapport sur une double asphyxie par la carbonisation des poutres, la
MM. H. Eayard cl A. Tarditu (Annales d'hygiène, etc., t. XXXIV, p. 569). — ConsMUt-
tion médico-légale à l'occasion d'un cas remarquable d'asphyxie par la earbonisatias
des poutres^^iHT M. A. Devergic {Annales d'hygiène, etc, t. XIII, p. kkt). — Stsrl»
explosions des appareils à eau employés pour chauffer les édifices publics ou partietr
liers, par Guérard {Ann. d'hyg., 2* série, t. IX, p. 380). — On complétera ces indiei-
lions bibliographiques par celles qui seront consignées à l'article Veiitilatioic.
CHAUFFA CT. — T oy. SÉcnERiE de morues. CHAlJFFElJRi^. — Voy. Chemins de fer.
CHAlJIiAGE. — Nous avons fait connaître à rarlicle Blé l'ulililc du chaulage, spécialement pour détruire la carie, cette production . paras! tique, émineniinenl contagieuse, qui exerce de si grands ravages ■ sur nos récoltes. Nous avons ditque le problème à résoudre était de trouver une substance propre à détruire la carie adhérente au graw de blé sans attaquer le grain lui-môme.
Diverses méthodes sont employées : tantôt on procède par précipitation, en laissant tremper le froment pendant vingt-quatre heures; tantôt par wimersion, en se contentant de le plonger dans la lessive préparée; ou bien encore par aspersion ou par arrosement.
Les premiers essais de chaulage ont été faits en 1756 par Tillel de l'Académie des sciences. Ce savant conseilla Tusage de la lessite suivante : 100 litres de cendre et 200 pintes d'eau réduites à 120 pintes de lessive, qve l'on blanchit au moyen de 15 livres de chain, pour 60 boisseaux de froment. Lorsque la carie est considérable, le chaulage ne suffit pas toujours. 11 faut alors trier les épis cariés ouIp^ soumettre à un battage particulier; des lavages réitérés avant le chaulage peuvent avoir une grande efficacité. On a ajouté encore à la
<5ttAULA(ÎÉ. JÔt
laux âù sel marin, de Peau des fumiers, l*cau de lessive des buan^ mes, etc.
On emploie dans différents pays, soit le sulfate de soude, 15 kilogammes, avec la chaux, 20 kilogrammes : on fait dissoudre le sel ms suftisante quantité d'eau; on humecte le tas avec la solution, iiis on y mêle exactement la chaux réduite en poudre au moyen de eau; soit le sulfate d'alumine et de potasse, 100 grammes par hec- ►lilre de blé à chauler.
Mathieu de Dombasie a indiqué le procédé suivant, qui est généilenient suivi. Dissoudre du sulfate de soude dans de l'eau, dans la roportion de 8 kilogrammes par hectolitre; faire l'opération la eille de la semaille. Le grain étant en tas sur le carrelage, on l'arose îivec la solution, en se ser^•ant d'un arrosoir à fraise ; on reourne vivement le grain en l'arrosant jusqu'à ce que tous les grains oient bien humectés, et jusqu'à ce que le liquide commence à i'écouler du tas, ce qui indique que le grain n'absorbe plus. 1 est superflu, par conséquent, de mesurer le liquide. On ré- ^nd immédiatement après de la chaux en poudre , en contimanl de brass(»r fortement le mélange, et l'on ajoute jusqu'à la proportion de 2 kilogrammes par hectolitre de grain. Lorsque le mélange est bien complet, l'opération est terminée, et l'on peut semer ce grain tout de suite ou le conserver pendant plusieurs jours. Comme il n'est pas imprégné d'une aussi grande quantité d'eau qu'à l'opération du bain, on peut le laisser en tas sans craindre qu'il s'échaufl'e ; cependant on peut le retourner tous les trois ou quatre jours.
L'administration supérieure a coutume de faire publier, sous forme d'instruction aux cultivateurs, et de recommander les mesures de précautions suivantes, indiquées comme étant des préservatifs eflictces contre la carie du froment :
Faire fondre 2 kilogrammes de sulfate de soude dans 20 litres d'eau, ou bien faire bouillir pendant une heure 10 litres de cendres de bois dans 30 litres d'eau. Tremper la semence dans la lessive ou dans la dissolution du sulfate de soude, et l'étendre ensuite sur un terrain uni, répandre dessus immédiatement de la chaux vive, et retourner promptement avec une pelle, de telle sorte que tous les grains soient bien couverts de chaux. Semer dans la journée le grain linsi préparé le matin. Les grains qui surnagent en les plongeant dans la lessive doivent être enlevés.
Malgré la simplicité de ces procédés, les cultivateurs ont souvent recours à d'autres substances réputées, peut-être à tort, plus actives, et qui, dans tous les cas, ont le grave inconvénient de pouvoir communiquer au blé des qualités malfaisantes, de rendre rop^«*
S9S CHAULAOB,
ration du semage dangereuse, et de répandre enfin, à la diacrélion
du public, des matières éminemment toxiques : nous voulons parier de l'acide arscnieux et du sulfate de cuivre.
Nous trouvons ainsi décrit le chaulage au sulfate de cuivrCi ou sulfatage. On met dans une cuve autant de fois 14 litres d'eau qu'il y a d'hectolitres à préparer, et Ton y bit dissoudre autant de foii 90 grains de sulfate de cuivre ; il y a deux autres vases de la capaciti de 2 à 3 hectolitres, dans lesquels on met du blé, et où Ton vene la dissolution de manière à le recouvrir de la hauteur de la main; on le remue, on enlève les grains qui surnagent, on verse le blé dau un second vase où on le traite de môme, puis sur une corbeille m un filtre quelconque, où on le débarrasse de Teau saturée du vitrioL
Une loi rendue en 1786 avait défendu l'emploi des composés de cuivre et d'arsenic dans la préparation des grains pour semenco. En effet, on a vu de nombreux accidents résulter du chaulage à ^l^ senic. Les semeurs ont souvent présenté des phénomènes d'intoxici* lion arsenicale, surtout lorsque le blé avait eu le temps de se sédur après l'opération, et la préparation arsenicale de se convertir m poussière. Des accidents plus graves ont encore été observés chei des personnes qui avaient fait usage de blé ainsi préparé, ou enfermé dans des sacs imprégnés de matière arsenicale ; des volailles soot mortes souvent après avoir mangé de ce grain, le gibier a été empoisonné dans les champs, et a pu acquérir ainsi des qualités nuisibles; enfin, des crimes ont été commis au moyen de la facilité avec laquelle on se procure de l'arsenic dans les pays où il entre ainsi dan» la : usages agricoles. Le sulfate de cuivre, moins dangereux que l'ai'seoiet et beaucoup plus eflitace quand il est pur, ainsi que Ta établi M. Chapoteaut fils, pharmacien distingué à Decize (Nièvre), n'en doit pas moins être proscrit aussi sévèrement.
M. Audouard dit avoir retrouvé de l'arsenic dans la paille et daûi les épis provenant de blés chaulés avec l'arsenic; mais d'autres expé* rimentateurs, MM. Orfila, Chevallier et Hegnault, MM. Loiseleu^ Deslongchanips etSoubeiran, n'ont obtenu que dés résultats négatik de recherches semblables. 11 n'en est pas de même du sulfate de cuivre, que M. Girardin a retrouvé dans les blés qu'il a seni à chitt* 1er. Du reste, l'arsenic ne doit pas être proscrit du chaulage, seulf* ment à cause des accidents que peut entraîner son emploi ; il pantt certain qu'il ne jouit pas des propriétés favorables qui lui avaient éU attribuées. M. Boutigny 'd'Kvreuxj avait depuis longtemps prociamé V inutilité de l'arsenic dans le chaulage. Des expériences commooiquées à TAcadémie des sciences (séance du 2^ novembre 1866) pir MM. Girardin, Dubreuil, Pauchet et B.dard, ont permis d'établir oê qui suit : u Les blés les moins productifs en grain sont ceux qui ool