AFFINAGE
insalubres, et une ordonnance du ïk janvier 1815 plaçait dans la
première classe, comme donnant lieu à une fumée et à des vapeurs insalubres et nuisibles à la végétation, l'affinage des métaux au fourneau à coupelle ou au fourneau à réverbère.
Mais le mot d'affinage bu d'affinage des métaux précieux est plus particulièrement réservé à un art qui a pour objet la séparation de l'or et de l'argent. Cette opération, qui se fait aujourd'hui en traitant l'alliage dans des chaudières de platine, par l'acide sulfurique concentré à 66 degrés et bouillant, donne lieu à un dégagement considérable de gaz acide sulfureux et à la formation de vapeurs d'acide sulfurique extrêmement nuisibles, si elles se répandaient librement dans l'atmosphère.
C'est par cette raison que des plaintes se sont élevées plus d'une l'ois à l'occasion des inconvénients causés par le voisinage d'ateliers de cette nature, et que les conseils de salubrité, notamment ceux de Paris et de Marseille, ont eu à plusieurs reprises à s'en occuper. Une ordonnance de classement, du 9 février 1825, a même placé dans la première classe les établissements d'affinage de l'or ou de l'argent par l'acide sulfurique, quand les gaz dégagés pendant cette opération, et réputés nuisibles, sont versés dans l'atmosphère.
Mais il faut reconnaître que ces inconvénients sont aujourd'hui en grande partie, sinon complètement, neutralisés à l'aide de moyens fort simples qui ont été indiqués par d'Arcet dans une instruction spéciale. Les gaz qui se dégagent des vases dans lesquels on opère l'affinage d'or et d'argent peuvent être lavés dans un courant d'eau où on les fait plonger. On peut en séparer les acides en agitant ces gaz avec de la chaux hydratée. On peut encore mélanger de la vapeur d'eau aux gaz et vapeur acides, puis condenser cette eau dans des appareils convenables; on peut enfin recueillir l'acide sulfureux dans des chambres de plomb, où il est converti en acide sulfurique liquide, suivant le procédé de fabrication ordinaire. A ces indications spéciales on doit joindre les moyens généraux d'assai- Jiissement, tels que les cheminées d'appel, dont le tuyau serait proportionné au volume du gaz sulfureux et des vapeurs d'acide sulfurique qui se dégagent. Il est bon, dans le moment où l'on verse le sulfate d'argent des chaudières de platine, et où il se dégage beaucoup de vapeurs acides, de placer les vases sous une petite hotte communiquant avec la grande cheminée, et fermée à volonté au moyen de rideaux de cuir.
L'appareil imaginé par d'Arcet, et approuvé par le Conseil de salubrité du département de la Seine, remplit heureusement ces différentes conditions. Les chaudières communiquent avec un conduit rempli d'eau qui retient et condense les vapeurs d'acide sul-