BOIS DORÉS
Les fabriques de bleu de Prusse sont rangées dans la première classe, lorsque l'on n'y brûle pas' la fumée et le gaz hydrogène sulfuré, à cause de leur insalubrité et de leur odeur désagréable; et seulement dans la deuxième classe, lorsque la fumée et le gaz sont brûlés : les inconvénients, en effet, sont peu considérables si les appareils sont parfaits.
Les Conseils de salubrité n'autoriseront les fabriques de bleu de Prusse qu'autant que toutes les cheminées partielles des chaudières viendront aboutir à la cheminée, haute de 15 pieds, du fourneau de calcination, et que les eaux de lessive de la fabrique ne séjourneront ni dans les rigoles ni sur la voie publique.
Bibliographie. — D'Arcet, Deswiption de L'appareil salubre pour fabriquer le bleu de Prusse (Annales de chimie, t. LXXXII, p. 1653. — Dictionnaire de l'industrie, etc., 1834, t. II, p. 334. — Traité de la salubrité dans les grandes villes, par Monfalcon et de Polinière, 1846, p. 251.
BLUTAGE, BE/UTER1E, BLUTOIR. — La bluterie est une partie très importante de l'art du meunier. Son objet est de mettre à part la farine et l'écorce, ou le son.
On appelle blutoirs, des espèces de cribles'ou machines qui servent : 1° à séparer le bon grain du mauvais grain, des ordures et de la poussière qui s'y trouvent mêlés après qu'il a subi, sur l'aire de la grange, la première épuration du son ; à séparer le son de la farine, et les diverses qualités de farines entre elles. Il y a donc le blutoir à blé et le blutoir à farine.
Dans les moulins ordinaires, il y a un blutoir qui ne sert qu'à séparer la farine d'avec le son ; mais, dans les moulins économiques, les blutoirs sont beaucoup plus compliqués, et ils sont composés de plusieurs lés de diverses grosseurs, pour tirer à part, spécialement du froment, la farine, les gruaux blancs, les gruaux bis, le son et même les rougeurs, c'est-à-dire la pellicule interne du son qui ternit la blancheur des gruaux quand elle y reste mêlée.
On comprendra l'importance hygiénique du blutage, si l'on considère que de cette opération et du degré auquel elle est portée dépend la pureté des diverses qualités de farine. Il a, au point de vue de la salubrité, l'inconvénient de dégager une grande quantité de poussière contre laquelle il importerait que les meuniers prissent des précautions. [Voy. Blé, Farine, Pain.)
BOG-HGA». — Voy. Goudron.
BOIS. — Voy. Chantiers, Charbon.
BOIS BORES. — Les brûleries de bois dorés ont très peu d'in-
convénients, l'opération se faisant très en petit : ces ateliers sont rangés clans la troisième classe des établissements incommodes.
BOISSONS. — On désigne en hygiène, sous le nom de boissons, tout liquide introduit dans les voies digestives, soit pour calmer la sensation de la soif, soit pour aider à l'accomplissement de la digestion, soit enfin pour flatter le goût et stimuler les organes. Les boissons dans lesquelles réside, soit la propriété alimentaire, soit l'action médicamenteuse, rentrent dans les aliments ou dans les médicaments.
Si l'on prend pour base de la division des boissons, leur composition et leur mode d'action sur l'organisme, on distinguera : les boissons aqueuses, les boissons fermentées, les boissons alcooliques et les boissons aromatiques.
Les premières sont constituées par l'eau d'abord, et par les solutions ou infusions légères dont la partie aqueuse fait la base. Les boissons aqueuses ont surtout pour objet de satisfaire la soif, d'aider à la digestion en étendant les principes alimentaires; quelquefois elles sont employées dans un but thérapeutique. [Voy. Eau.)
Les boissons fermentées, comme le vin, la bière, le cidre, etc., agissent non-seulement comme désaltérants, mais encore comme toniques ou légèrement stimulants, quand elles sont prises à une dose modérée. Généralement favorables à la santé et même nécessaires dans certaines conditions de constitution ou d'habitude, elles peuvent devenir, par l'abus qu'on en fait, la source d'altérations profondes et irrémédiables dans la santé et dans les facultés morales ou intellectuelles. [Voy. Bière, Cidre, Poiré, Vin.)
Les boissons alcooliques n'agissent que comme stimulants, et sont presque uniquement recherchées pour flatter des goûts qui deviennent souvent de funestes passions. En effet, ce que l'on peut dire des effets nuisibles des boissons fermentées s'applique au plus haut degré aux boissons alcooliques; cependant l'usage de ces dernières peut être utile dans certaines conditions de climat ou de genre de vie. [Voy. Alcools.)
Les boissons aromatiques sont pareillement stimulantes ; mais la stimulation modérée, agréable et souvent médicamenteuse qu'elles produisent, ne saurait exercer d'effets comparables à ceux des boissons précédentes. L'usage des boissons aromatiques est surtout un résultat de la mode et de l'habitude : elles sont quelquefois nuisibles et rarement nécessaires. [Voy. Café, Thé.)
Les boissons intéressent l'hygiène publique sous plus d'un rapport. Leurs conditions de salubrité touchent de près à la santé publique par l'usage universel qu'on en fait : branches importantes de
l'agriculture, de l'industrie et du revenu public, l'Etat n'est pas moins
intéressé que les particuliers dans ce qui a rapport à elles.
La nature des boissons peut être modifiée, soit quant à leur action physiologique seulement, soit quant à leurs qualités salutaires ou nuisibles, par les vases ou les conduits où elles auront séjourné, ou par les corps avec lesquels elles se seront trouvées naturellement ou artificiellement en contact. C'est ainsi que l'action de l'eau sur la santé est différente, suivant qu'elle aura coulé sur un sol calcaire ou siliceux ; qu'elle contiendra des sels de chaux, de magnésie, de fer, ou qu'elle se rapproche davantage de l'état de pureté ; qu'elle sera puisée dans une rivière, dans un puits, ou recueillie quand elle tombe sous forme de pluie; l'action du vin, suivant que ce dernier viendra de telle ou telle contrée. La conservation des boissons dans des vases aux parois desquels elles peuvent emprunter quelques principes étrangers, le séjour de l'eau de pluie sur des gouttières de plomb, ajoutent à ces boissons des propriétés nouvelles et généralement malfaisantes.
Les boissons peuvent éprouver des altérations spontanées: ainsi par une conservation trop longtemps prolongée, et par la réaction des principes qu'elles renferment, les uns sur les autres.
Le mode de préparation des boissons fabriquées exerce une action considérable sur leurs propriétés, ainsi que les sophistications ou altérations qu'on leur fait subir dans un but coupable et frauduleux.
Il n'est pas sans intérêt pour l'hygiène publique de comparer les consommations en boissons de Londres et de Paris, ainsi que l'a fait M. E. Danin, d'après les ouvrages de MM. A. Husson et G. Dodd.
Londres est plus vaste, plus peuplé que Paris ; la consommation des deux villes ne saurait donc être égale, et il serait bien difficile d'en faire la comparaison exacte, car la boisson usuelle de l'une n'est pas celle de l'autre. A Paris c'est le vin, à Londres c'est la bière que l'on consomme en plus grande quantité : aussi M. Husson nous donnet-il des renseignements précieux sur l'état et la production de nos vignes, tandis que M. Dodd s'étend longuement sur la prospérité, l'importance des brasseries et sur la fabrication de la bière : il est vrai qu'elle est l'objet d'un commerce immense en Angleterre, où le houblon donne lieu à de nombreuses spéculations, et est la source d'un revenu annuel de 5 à 6 millions de livres sterling pour l'État.
Il nous reste à parler d'un dernier point qui doit compléter l'étude des boissons au point de vue de l'hygiène publique, et qui a occupé à plusieurs reprises le Comité consultatif de France et le Conseil d'hygiène et de salubrité du département de la Seine.
La cherté du vin a donné lieu, il y a quelques années, à de nom-
breuses demandes pour la vente de boissons artificielles. — L'autorité s'est toujours prêtée à cette fabrication, toutes les fois que ces boissons ne contenaient rien d'insalubre. Il faut donc pour cela qu'elles soient toutes soumises au contrôle des conseils d'hygiène. M. le docteur Vernois a donné les formules d'un assez grand nombre de ces boissons que nous indiquons d'après lui :
Eau 25 litres.
Raisins secs. ... 5 kilogr.
Gomme 50 grammes.
Genièvre 20 —
Sel marin. .... 50 —
Quatre fleurs. .. . 20 —
Feurs de sureau. . 5 —
Vinaigre d'Orléans. l/10e
Sucre 30 kilogr.
Crème de tartre. . Zi00 grammes.
Acide tarlrique. . . 200 — Sciure de chêne. . 1 kilogr.
Noix de galle. ... 80 grammes.
Iris, sureau, coriandre, de chaque. 600 — Levure de bière. .400 — Eau 200 litres.
3° Clairette bordelaise.
Raisins secs. ... h kilogr.
Sucre 3 —
Acide tartrique. . . 100 grammes.
Coriandre 100 —
Alcool 1 litre.
Roses trémières.. . 250 grammes.
Eau. 100 litres.
Houblon 3
Sucorée 5
Chicorée 5
Acide tartrique. . . 30
Cassonade 1
Esprit-de-vin ... 1
Caramel 20 grammes.
Eau 20 litres.
grammes.
kilogr.
décilitre.
Eau de Seine. . . . 100 litres.
Mélasse de canne. lx kil. 500 gr.
Son fin 15 litres.
Pommes sèches concassées 7 kil. 500 gr.
Raisins secs broyés. 1 kilogr.
Acide tartrique. . . 10 grammes.
Tannin 6 —
Fleurs de tilleul. . 300 — Fleurs de mauve. . 500 — Levure de bière, q. s.
6° SOMBRICO MOUSSEUX.
Sucre 40 grammes.
Acide tartrique. . 25 — Fleurs de sureau. . 5 —
Coriandre 5 —
Pour 10 litres de liquide rosé, on ajoute, raisins secs, 30 à 50 gram. Fleurs de rose trémièrë, 5 gram.
7° OEnomale.
Sucre brut 1 kil. 876 gr.
Vinaigre 750 grammes.
Fleurs de sureau. . 1k —
Eau 30 litres.
8° Hymodgème.
Eau 100 litres.
Baies de genièvre.. 325 grammes.
Sucre l\ kilogr.
Raisins secs .... 2 —
Houblon 60 grammes.
Coriandre 500 —
Acide tartrique . . 50 —
9° MlRTHILÈNE.
Eau 100 litres.
Baies de mirthilène. 250 grammes.
Sucre 2 kilogr.
Raisins secs. ... 1 kil. 5 OOgr.
Acide tartrique. . 50 grammes.
Vin du Midi. ... 15 litres.
10° Cidre de sucre mousseux.
Eau 250 litres.
Sucre 12 à 15 kilogr.
Fleurs de rose . . 30 grammes.
Fleurs de violette. 30 — Fleurs de sureau. . 15 — Levure de bière. . 1 kilogr.
Colorer avec du jus de réglisse.
Les principes qui doivent diriger l'administration en ce qui touche cet objet consistent à soumettre toutes ces boissons à l'examen de l'autorité, avant de les mettre en vente publique ; à déclarer que l'autorité ne s'oppose pas à la vente, et à ne point donner une approbation dont on pourrait abuser. C'est donc une simple tolérance, susceptible d'être retirée au gré de l'administration. Défendre de vendre ces boissons sous le nom de vin, de bière, de cidre, ou autres liquides dont la composition est bien connue; rappeler aux exploitants qu'ils devront se soumettre aux lois, règlements et dispositions fiscales relatives à la vente des boissons contenant de l'alcool; enfin prohiber dans ces boissons toute substance nuisible ou incommode [alun, acétate de plomb , buis, sels minéraux toxiques, acide sulfurique, etc.).
Bibliographie. — Dictionnaire d'administration. Paris, 1846. — Collection officielle des ordonnances de police. — Dictionnaire de l'industrie, etc., 1834, t. II. — Encyclopédie nouvelle, art. Boissons, par M. Requin. Paris, 1836. — De l'usage et de l'abus des boissons fermenlées et des boissons fermentées et distillées, par Hippolyte Royer-Coilard (thèse de concours). Paris, 1838. — Causes qui peuvent rendre insalubres les boissons ; moyens de reconnaître cette insalubrité et d'y remédier, par J.-A. Rochoux (Ihèse de concours). Paris, 1838. — The food of London, par E. Dodd. — Les consommations de Paris, par A. Husson. Paris, 1856. — Traité pratique d'hygiène industrielle, par M. Vernois. Paris, 1860.
BOITES DE SECOURS. — Voy. Asphyxie.