CHAPELLERIE
CHANTIERS. — Les chantiers de bois à brûler dans les villes, en raison du danger d'incendie, sont rangés dans la troisième classe des établissements soumis à la surveillance de l'autorité.
CHANVRE. — Voy. Rouissage.
CHAPELLERIE, CHAPELIERS. — La préparation des chapeaux de feutre comprend plusieurs opérations successives. On emploie tous les poils d'animaux susceptibles d'arriver à se feutrer, c'est-à-dire à s'accrocher si bien les uns dans les autres, quand on en presse une certaine quantité, que de cette pression il résulte l'espèce d'étoffe appelée feutre. Les poils les plus propres au feutrage sont ceux de castor, de loutre, de chameau, de lièvre, de lapin, et les laines de cachemire, de vigogne et des agneaux de deux ans.
On procède d'abord au dégalage, qui consiste à nettoyer les toisons en les peignant avec une petite carde et en les battant. L'ébarbage et Vèjarrage ont pour objet de couper ou d'arracher de longs poils appelés jarres, qui ne sont pas susceptibles de se feutrer. Le travail du sécrétage prépare les poils au feutrage; pour cela on brosse les peaux avec une brosse trempée dans une solution étendue de nitrate de mercure (7 à 8 de mercure pour 60 parties d'acide nitrique), à laquelle on ajoute 3 à h parties d'acide arsénieux et 1 à 3 de deutochlorure de mercure. L'emploi de ce liquide ayant souvent donné lieu à des accidents, on a cherché à le remplacer par l'acide sulfurique ou par un mélange de soude d'Alicante et de chaux vive, mais sans succès, à ce qu'il paraît. On sépare ensuite les poils, soit en les arrachant, soit en les coupant à la main ou à l'aide d'une machine; puis on les livre à Yarçonneur qui les fait passer sur les cordes d'un instrument appela violon, ce qui divise le tissu de manière à en former un tas nuageux qu'on appelle étoffe.
Pour arriver à opérer le feutrage proprement dit, on bastie les pièces ou plaques de poils qui résultent du travail de l'arçonneur, c'est-à-dire qu'on roule et comprime ces plaques comprises entre des pièces de linge et des feuilles épaisses de papier ; puis ces pièces, suffisamment feutrées, sont portées à la foule. Là, après avoir été trempée dans un bain de lie de vin, que l'on peut remplacer .par de l'eau aiguisée d'acide sulfurique, ce qui prévient une odeur de buée insupportable, l'étoffe feutrée est pressée et foulée en tous sens, pendant trois ou quatre heures, avec un rouleau de bois, puis avec les mains.
Cela fait, on procède au dressage, en plaçant le feutre sur une forme ; à la teinture, en le plongeant dans une matière colorante