TITRE HT. — MATÉRIEL DO SERVICE MÉDICAL
§ I. — Médicaments, instruments, appareils et bandages.
Art. 38. Pour devenir fournisseurs de la compagnie du chemin de fer de Lyon, les pharmaciens, droguistes fabricants d'instruments, doivent accepier le tarif qui leur est présenté, et sont tenus de s'y conformer.
Un exemplaire de ce tarif est remis tant aux fournisseurs qu'aux médecins.
Art. 39. La fourniture des médicaments est faite par un pharmacien choisi dans chaque localité par le médecin de la section, et sur les bons écrits et signés par ce médecin lui-même, au moment de sa visite au malade.
Art ZtO. Les bons pour bains de toute espèce ne doivent être délivrés que dans le cas d'urgence absolue.
Art. àl. Tons les trois mois, les fournisseurs adressent au médecin de leur section les mémoires détaillés et faits en double de leurs fournitures, et envoient à l'appui les bons de médicaments, d'instruments ou d'appareils qu'ils ont dû recevoir.
Art. &2. Ces mémoires sont vérifiés 'et signés par chaque médecin, qui les adresse dans le plus bref délai au médecin principal.
Art. Zi3. Le payement des mémoires qui parviennent à l'administration après le délai fixé ci-dessus est renvoyé au trimestre suivant.
Art. hl\. Une boîte de secours avec caisse à amputation, un brancard, et, si on le juge convenable, un approvisionnement de médicaments, sont placés dans les gares où existe en même temps un dépôt de locomotives ou des ateliers. ■ Art. Z|5. Des boîtes de secours ordinaires sont déposées dans les autres gares, ou dans les établissements où elles sont jugées nécessaires.
Art. l\6. Ces divers objets sont mis sous la garde et la responsabilité deschefs de gare, et les clefs des boîtes leur sont confiées.
Art. hl. Lorsqu'une boîte de secours est incomplète ou a besoin d'être réparée, elle est, sur la demande du médecin, renvoyée à Paris, en échange d'une boîte complète, qui lui est immédiatement substituée.
Art. Z|8. Cependant le renouvellement de plusieurs des objets qu'elle contient, tels que médicaments, linge, charpie, bandes, sparadrap, etc., de même que la réparation des instruments les plus usuels, peuvent être faits, sur bons signés du médecin, par les pharmaciens ou fabricants de chaque localité, si cela est possible, et en se conformant au tarif adopté.
§ IL — Imprimés concernant le service médical.
Art. 49. Les imprimés dont l'usage a été indiqué plus haut se composent de : 1° Registres à souche pour bulletins d'avertissement, de 100 à 200 pages; 2° Registres à souche pour certificats de maladie, de 100a 2 ■(> pages: Un exemplaire de chacune de ces deux espèces de registresest déposé entre les mains de chaque chef de service et de chaque médecin.
3° Registres de consultations, qui restent déposés à la gare de chaque chef-lieu de section médicale ;
k° Bans de médicaments pouvant aussi servir de bons pour les autres fournitures ;
5° Feuilles de rapport pour le service médical.
Ces deux dernières espèces d'imprimés sont livrées aux médecins seuls.
6° Feuilles pour les mémoires des fournisseurs.
Art. 50. Personne ne doit faire usage, pour le service médical, d'imprimés autres que ceux qui sont autorisés et fournis par l'administration du chemin de fer de Paris à Lyon.
Bibliographie. — Documents statistiques sur tes chemins de fer, publiés par l'ordre du minisire de l'agriculture, du commerce et des travaux publics. Par s, 1856. - En* quêie sur les moyens d'assurer la régularité et la sûreté de l'exploitation des chemins de fer, id. Paris, 4 858. — Des chemins de fer et de leur influence sur la santé des ■mécaniciens et des chauffeurs, par E.-A. Dutiiesne. Paris, 1857. — Les accidents sur tes chemins de fer, par M. Witli, 185A- — Influence des chemins de fer sur la santé des voyageur/., par le docteur Wum (London sanitary Reoiew). — Note du docteur H. de Martinet (Comptes rendus de l'Académie des sciences, février 4857). — Recherches statistiques et scientifiques sur les maladies des diverses professions du chemin de fer de Lyon. — Essai de topographie et de géologiemédicales des chemins de fer, par le docteur Devilliers. Paris, 1857. - Rapport a l'administration deschemins de fer du Nord, parle docteur Cahen (Union médicale, avril 1857).— Guide médical a l'usage des employés des chemins de fer. par le docteur Bsson. Paris, 1858. — Comptes rendus du service médical du chemin ele fer d'Orléans, par les docteurs Bi>son et T. Gallard. Paris, 1859, 1860, 1861. — Note sur l'influence exercée par les chemins de fer sur la santé des employés, par le docteur Oulmout. Paris, 1859. — Les voyageurs et tes chemins de fer en France, par M. E. Lamé-Fleury (Revue des deux mondes, octobre 1858). — Etude médica-hygiénique sur l'influence qu'exercent tes chemins de fer sur la santé publique, par le docteur P. de Pietra-Santa (An», d'hyg., 1859, 2e série, t. XII, p. 5). — Dangers que courent les voyageurs en chemin de fer. Ntceosilé de prendre des mesures à ce sujet (Ibid., I. XV, 2e série, p. 224).
CHERCHE- FUITES. — Voy. Gaz de l'éclairage.
CHEVAL (Chair de). — La chair de cheval intéresse l'hygiène publique au point de vue du parti que l'on en peut tirer pour la nourriture de l'homme et pour celle des animaux.
Il y a longtemps qu'il est acquis, pour la médecine, que la chair de cheval peut fournir un aliment sain, nourrissant, et dont l'usage ne saurait entraîner aucun inconvénient pour la santé. L'établissement à Paris d'une boucherie particulière pour la vente publique du cheval a toujours été l'objet des désirs du Conseil de salubrité; mais la môme conviction n'est pas répandue dans le public, où une pareille nourriture est l'objet non-seulement d'une vive répugnance, mais encore de préjugés difficiles à surmonter.
Parent-Duchàlelet a joint à son remarquable mémoire, publié en
1832 sur les chantiers d'équarrissage, un résumé fort curieux d'un grand nombre de circonstances où la chair de cheval, et même la chair de chevaux malades, ont fourni un aliment précieux.
Il paraît que la vente publique de chair de cheval est autorisée, en Danemark, dans les mômes boucheries où se vend celle des autres animaux. On n'y pouvait servir que les quatre quartiers, et pour qu'on eût l'assurance que la bote était saine, on laissait adhérer au quartier le sabot sur lequel la police, du vivant de l'animal, avait fait une marque à l'aide d'un fer rouge. L'élévation du prix des chevaux est la seule cause qui ait aujourd'hui fort amoindri ce commerce. Le docteur Berthollet, neveu du célèbre chimiste de ce nom, et qui a exercé pendant longtemps la médecine à Tarente (royaume de Naples), a dit à Parent-Duchàtelet que le peuple de cette ville mangeait avec plaisir la chair de cheval, et qu'on l'y vendait publiquement à la livre. Le foie était considéré comme un morceau délicat. La chair de cheval fait encore aujourd'hui la principale nourriture des peuples de la Tartarie asiatique. Chez nous, il n'a guère été fait usage d'une telle nourriture que dans certaines circonstances désastreuses; mais aussi chacune de ces dernières a reproduit une vaste expérience dont les résultats n'ont que plus de certitude. Larrey a vu en Egypte, dans les campagnes du Rhin, de la Catalogne, cette chair fournir aux soldats, dépourvus de vivres, de précieuses ressources; on en a fait également un grand usage pendant la retraite de Russie. La chair musculaire du cheval, dit cet illustre chirurgien, surtout celle du train de derrière, peut servir à la confection de la soupe, surtout si l'on y joint une certaine quantité de lard ; elle peut encore être employée en grillades et en bœuf à la mode, avec l'assaisonnement convenable. Le foie peut aussi être employé et préparé de la môme manière que celui des bêtes à cornes; il est même, à ce qu'il parait, plus délicat que celui qui provient de celles-ci. Les blessés ne se trouvaient pas moins bien que les autres de cette nourriture, et pendant le siège d'Alexandrie, en Egypte, son usage a puissamment contribué à faire disparaître une épidémie scorbutique qui s'était emparée de toute l'armée. M. Huzard a fait connaître qu'à l'époque de la révolution. Paris-ne fut nourri en grande partie, pendant trois mois, qu'avec de la viande de cheval, sans que personne s'en soit aperçu, et sans qu'il en soit résulté le moindre accident.
Il ne paraît pas que la chair des chevaux malades possède des qualités différentes de celle des chevaux sains. Vers la môme époque, trois cents chevaux de l'armée, affectés de morve, furent amenés à Saint-Germain, près Paris, et abattus; ils servirent pendant plusieurs jours à la nourriture des pauvres de la ville, sans que ceux-ci en
éprouvassent aucune indisposition. La même chose arriva, quelques années après, dans le bois de Vincennes, où les professeurs de l'école d'Alfort firent conduire et abattre un grand nombre de chevaux attaqués de la morve ou du farcin. Les habitants des villages voisins les mangeaient tous à mesure qu'ils y étaient conduits : aucune maladie ne s'est déclarée parmi eux.
M. Coze, doyen de la Faculté de médecine de Strasbourg, a publié un mémoire sur l'usage des viandes provenant de bœufs attaqués d'une maladie qu'il désigne sous le nom de typhus, fait en 1815 par la population tout entière de Strasbourg et des environs, sans qu'il en résultât aucun inconvénient apparent. On peut en d re autant des troupeaux que les armées coalisées traînaient après elles, lorsqu'elles vinrent entourer Paris, et que ravageait une épizootie contagieuse d'une extrême intensité. Il n'y a, du reste, aucune raison pour que la chair de chevaux malades soit plus nuisible à la santé que celle des bestiaux qui servent à notre alimentation habituelle, et qui, même dans les circonstances ordinaires, sont si souvent atteints de maladies diverses lorsqu'ils sont abattus pour notre usage. On sait, du reste, que les maladies les plus contagieuses, la pustule maligne même, ne communiquent pas à la viande prise comme aliment de qualités fâcheuses. La cuisson et la digestion suffisent pour décomposer les principes nuisibles et en détruire ainsi tous les effets. Qu'on ne croie pas , ajoute Parent-Duchâtelet , qu'en accumulant ces exemples et ces autorités, nous voulions persuader qu'il faille faire servir à la nourriture des hommes les cadavres des chevaux malades. Nous citons ces faits pour les faire connaître, et pour rassurer le public et l'administration sur les craintes que pourrait faire naître la chair d'un animal dont la santé paraîtrait suspecte. Nous devons rappeler que le Conseil central d'hygiène de salubrité du département du Nord, consulté en 1847 par M. le maire de Lille, a demandé par l'organe de son rapporteur, M. Bailly, que la vente de la viande de cheval, qui a lieu depuis plusieurs années à Lille, au prix de 12 centimes le kilogramme, soit officiellement autorisée, sauf à être soumise à l'inspection, comme cela se pratique en Danemark, où cette viande se débite dans les boucheries.
Cette question offrait une trop haute gravité pour ne pas éveiller la sollicitude de l'administration, et, en 1856, sur la demande de M. le ministre de l'agriculture et du commerce, M. le préfet de police a relevé sur ce sujet l'avis du Conseil d'hygiène et de salubrité du département de la Seine. Le rapport rédigé à cette occasion par M. Vernois est un document d'une extrême importance, et nous le reproduisons en entier, ainsi que quelques autres pièces qu'il y a jointes dans son utile ouvrage.