SAUVETAGE
Ritzler, qui rend possible le sauvetage toujours si difficile et si périlleux des malheureux qui ont disparu sous la glace. Nous ne décrirons pas cet appareil dont l'application ne peut être généralisée que dans les pays du Nord, et qui ne se trouverait certainement pas à la disposition de ceux qui dans notre climat auraient de rares occasions de s'en servir. On peut en dire autant des traîneaux de Larsen et de Brizé-Fradin.
Les accidents de mer exigent des moyens de sauvetage spéciaux ; et le génie de l'homme a essayé de lutter quelquefois avec succès contre la fureur des éléments. Dans presque tous les ports des nations civilisées, des sociétés se sont organisées pour diriger, régulariser et perfectionner le sauvetage maritime. Les désastres des naufrages sur la côte peuvent donc être, jusqu'à un certain point et dans quelques cas, atténués. En pleine mer, les ressources, on le comprend, sont bien moindres; le courage et la présence d'esprit des chefs sont là les plus sûrs sauveteurs.
Les bouées de sauvetage rendues lumineuses la nuit, les cordages lancés, à l'aide d'appareils divers, tels que le mortier de Manby, la flèche de iohn Murray, ou l'arbalète de sauvetage du capitaine Lemélayer (du Havre), enfin le cerf-volant de Spierlin, peuvent être d'un grand secours pour établir des communications entre le navire et la terre, ou pour offrir un moyen de salut aux hommes tombés à la mer.
Enfin, le moyen le plus efficace, et le plus répandu aujourd'hui, consiste dans l'emploi des bateaux de sauvetage insubmersibles. Ces embarcations, dont le mode de construction peut varier à l'infini, ont toutes pour principe de présenter un poids spécifique extr.:mement faible, condition qui est obtenue au moyen de caisses à air disposées dans les différentes parties du bateau. Voy, Asphyxie, Ingendik, Mines.
Bâblîo(r«pbîe. — Traité de la eoHMlruetioH théorique et pratiqie dm ieapkamitt, p«r de la Chapelle. Paris, 1775. — Rapport jitp mu appareil proposé pour reep'.rt* dam iee lieujD remplie de gaz déiéièreê^ par Parenl-Ducbfttelet {Ann. d'hyg, et de wkéd, lég*t i** >^rie, t. I, p. A30;. — Deê mtogene de prévenir U danger d'être aephyxié «f de retirer promptetment du milieu oâpkgsiaut les pereùnaeê qui $g troupent pt^mg^e»^ par Marc (/^itf., t. XIII, p. 353). — Plan d'une asêoeiation pkilantkropiqm pomr diminuer U$ pertee d'hommee eau*ée$ par tee naufragée, par Cvsléra {Annatee uemnihuêê^ 1850, 1** part, !• 1, p. SiS). » Dee mogene de êulut d préparer aux mmrinM uamfragéê Mur Ui eàteê de France^ par Casiéra Ukid., IS3i, r part., t. I, p. bkk). — ColUction du anmalêê maritimes^ patiim. «- Deteription et reneeigntmtnts eut l'appareil Paulin, par M. Cbcvallier (Ann. d'kggiéne, U XY, p. 68). — Sur Uê seecmn d porter aux naufragée {AnnnUe d'kgg. et de méd. lig., t. XXI V, p. S9i). — 0« eem- Wkatdre et de êon empltri, par U <lu Temple. Paris, 1863, in.8 avec t plaocbes.
SAVON. fl7
9AWMI (PABRiQrES de). — La fabrication du savon n'est pas par elle-ffléme très insalubre. Si elle est rangée parmi les établissements classés, elle l'est seulement dans la troisième classe, en raison des buées et de la fumée désagréables qu'elle exbale. Cependant il est on point beaucoup plus important au point de vue de la salubrité des savonneries, c'est la nature des résidus solides et liquides qui eo proviennent, et qui, très fiicilement décomposables , peuvent donner lieu à un dégagement considérable de vapeur infecte et de gaz sulfbydriqiie. Ces différentes circonstances donnent, on le voit, on certain intérêt à l'étude hygiénique des savonneries, et justifient les détails dans lesquels nous allons entrer. Les Conseils d'hygiène des départements des Bouches-du -Rhône et du Nord, dans lesquek cette industrie est très répandue, ont recueilli en plusieurs occasions des éléments précieux pour cette étude.
Une bbrique de savon comprend trois parties distinctes : la pre^ mrére consiste en fossés ou bassins désignés, dans le Midi, sous le nom de àarquieuXy où l'on place le carbonate de soude, la chaux^ et l'eau destinée à former la dissolution. La deuxième comprend les chaudières de 5 à 6 mètres de profondeur, consthiites en pierres de taille, au fond desquelles se trouve le foyer. La troisième con* siste en des chambres appelées mises, destinées au refroidissement de la pftte.
Voici, maintenant, quelles sont les fonctions de ces trois parties. La soude, mêlée avec de l'eau et de la chaux dans les barquieux, donne lieu à une dissolution qui, au moyen d'une conduite, est menée dans les chaudières placées vis-à-vis. Dans les chaudières, se trouve l'huile qui, par son mélange avec la soude, doit donner le savon au moyen d'une cuisson convenable. Lorsque la matière est ^vée au degré voulu, on la retire de la chaudière, et on la place dans les chambres ou mises où elle se refroidit. Les mises sont formées par des compartiments séparés, au moyen de cloisons de 0,75 au-dessus du sol des chambres. C'est l'épaisseur de la masse de savon que l'on débite ensuite sous la forme des pains de savon connus dans le commerce, en la coupant avec des fils de cuivre. Pour les savons blancs, les compartiments n'ont que 0",10.de hauteur. Enfin, il existe une annexe aux trois divisions précédentes, qui, au point de vue de la salubrité publique, est celle sur laquelle l'attention doit plus particulièrement se fixer. Lorsque la matière placée dans la chaudière a subi une première cuisson, on retire de la surface la portion qui est déjà au point convenable pour fournir le savon, et on la porte dans les mises où elle doit se refroidir. Le résidu de cette matière dans lequel se trouvent les éléments du savon non encore isolés est soumis à une nouvelle cuisson, au moyen de laquelle ces
118 SECHAGE.
éléments sont extraits. Cette seconde opération donne iteii à un dernier résidu qui porte le nom de lessive recuite^ et n'est plus d'aucune utilité. Cette lessive a une odeur désagréable, sinon nuisible ; à Marseille, on la conduit dans la mer par des canaux souterrains, et ce n'est pas, sans aucun doute, une des moindres causes de l'infection du port. Ailleurs, cette lessive est renfermée dans des fosses de pierre de taille, placées à la profondeur de 5 à 6 mètres au-dessous du sol. Ces bassins doivent être recouverts bermétiquement, et la maçonnerie formant les parois ne doit permettre aucune infiltration de nature à vicier les sources ou les eaux du voisinage.
Dans tous les cas, les résidus solides provenant de la saponification doivent toujours être provisoirement placés sous des baugars, afin que les eau:it pluviales ne puissent les délayer et les répandre sur la voie publique, et les résidus liquides doivent être recueillis avec soin dans une fosse ou dans un récipient parfaitement élancbe, pour être avec les résidus solides enlevés ultérieurement.
Quant à la fumée et aux buées épaisses et nauséabondes qui se dé* gagent pendant la saponification et la cuisson de la pâte, il importe d'éviter leur dissémination aux environs des usines, soit par la com* bustion des vapeurs, soit par leur expulsion au moyen de cheminées d'appel très élevées.
Il est une dernière particularité qui ne doit pas être passée sous .silence, puisqu'elle intéresse la vie des ouvriers employés à agiter la pAte dans les chaudières. On a pu, dans quelques fabriques, avoir à craindre que les ouvriers fussent précipités dans les chaudières de lessive bouillante où s'opère la cuisson. D'Arcet a proposé l'emploi d'une sangle et d'une corde de suspension fixées à une barre de fer solide, qui retiendraient l'ouvrier. C'est là une précaution qui, à l'occasion, ne devra pas être négligée.
BibUe|er«phte. — Traité sur Um MOBonê êolidt$t ou Manuêt iu êavonnitr tt eu parfumeur, pir C,-G. Decroos. Paris, 182i, iii-8. — DtêeriptiQu de Cappartil a employer danê le» grandes savonneries^ par M. d*Arcet (AnnaUê d'hygiène^ 1839, I.XXI, p. 428).
SAirONWEUttES (Eaux). — Voy. Eau, (jUAisses. ACAPHANlIRBit. — Voy. Sauvetage.
MCHISTKS. — Voy. BrruMB, Houille, Noia. M)OKHIJT. -- Voy. Navalk (llYiiiÉNE).
MÉCIlACilS. — Voy. Baims, ÉroNutiJ, LAvoms.
SÉCUKHiE8 DE MORUES. 110
«BClIBKIi» ne MORUeiL — Noas avons à parler ici d'^l|^ iadaslrie nouvelle et circonscrite k certaines localités de notre pays,. sur le littoral de la Méditerrannée et de TOcéan, industrie qui,, toajours incommode, peut» suivant les conditions dans lesquelles, ^Ue s'exerce, acquérir une véritable ins^alubrité. Favorisée par le Conseil de salubrité de Marseille, elle soulève à Bordeaux, où elle s'est in^ Irodaite seulement en 1832, de justes résistances, dont il importe de rechercher et de faire apprécier les motifs. A tous ces titres, elle se recommande k l'attention des hygiénistes.
La morue dont les pôcheura 'français rapportent^ annuellement /i4 millions de kilogrammes, sur lesquels 27 sont consommés dans notre pays, même, sa présente sous trois formes distinctes : 1" La monie desséchée, durcie et roulée en bftton, désignée sous le nom ée Sioekfiêeà^ qui se consomme dans le Nord, en Norvège. 2*" La morue sècke^ préparée à terre dans des baraques provisoires, au prin^ temps et dans l'été. Elle est mise en contact avec le sel pendant huit à dix jours, puis lavée et étendue sur le sable à l'air libse, où elle sèche et prend de la couleur. Cette opération demande une dose de sel et une chaleur modérée. La morue, ainsi préparée, est emmaga** sinée dans le bâtiment et recouverte de feuilles sèches. Elle trouve peu de débouchés en France, si ce n'est dans quelques départements méridionaux, et est expédiée, sous bénéfice de primes, dans nos colonies et sur les marchés étrangers. S*^ La morue verie^ qui, transportée sur le bâtiment au moment même où elle vient d'être péohée, y subit une préparation rapide qui consiste à enlever la tète et l'arête, et à saler. Sn deux mois, rie février en avril, on prépare ainsi de 50 à 35 Oœ morues. C'est cette espèce qui défraye la oon^ sommation de presque toute la France; mais comme elle courrait risque de se gâter assez vite, elle est soumise. à des manipulationa diverses qui s'opèrent dans les établissements dont nous voolMl^ parler, dans les sécheries de morues;
Mais auparavant on lira avec intérêt le récit des opérations préliminaires que subit la morue dans les pêcheries mêmes, et qu'a décrites d'ime maaièris saisissante M. le comte de Gobineau dans la relation animée de la mission diplomatique qu'il remplit à Terre-- Neuve en 1S60.
« Un chauffaut, expression normtmde qui répond au mot éehafmai^ est une grande cabane sur pilotis établie moitié dan« Teau, moitié k terre ; construite en planches et en rondins, on a cherché à ce que Pair pût y circuler aisément. Quelques grandes toiles de navire^ la recouvrent.
» Une partie du plancher, celle qui est au-dessus de l'eau notam^ ment, est à claire-voie ; et dans cette partie sont rangés des espèces
120 SKCHERIES DE MOKUES.
d'établis où Ton déc^olle la morue. Hien ne peut donner une idée de l'odeur infecte du chauif:iut. C'est ie charnier le plus horrible à voir. Une atmosphère chargée de vapeurs ammoniacales y règne constamment. Les débris de poissons à moitié pourris ou en décomposition complète, accumulés dans l'eau, finissent par gagner l'intérieur du lieu, et comme les graviers (manœuvres chargés du travail des morues; ne sont pas gens délicats, ils ne songent guère à se débarrasser de ces horribles immondices.
» Us sont là, le couteau à la main, dépeçant leurs cadavres, tranchant les chairs, arrachant les intestins, déchirant les vertèbres, et prenant soin de ne pas se piquer eux-mêmes ; car c'est le plus réel danger qu'ils aient à courir. La moindre lésion de leur épiderme suffit pour donner entrée dans le sang au virus dans lequel ils se plongent toute la journée et poor empoisonner leurs veines. Les maux d'aventure sont fi*équents parmi eux, et entraînent de graves conséquences qui aboutissent quelquefois à la nécessité de l'amputation. Mais ceci mis à part et l'habitude contractée, le gravier vit sans le moindre dommage pour sa santé , ni même pour son bienêtre, au milieu d'une odeur propre à asphyxier les gens qui n'y sont pas faits de longue main.
>i Puisque j'en suis sur ce genre de description, je ferai aussi bien de l'épuiser tout d'un coup en pariant des cageots.
i> Un cageot est une installation en planches qui peut avoir 3 à 3 mètres de côté et la forme d'un cône renversé. Le fond est à claire-voie et domine une large cuve enfoncée dans la terre. On monte au cageot par un sentier tournant. C'est là qu'on verse les foies de morue afin de les faire fermenter. L'huile découle par la claire-voie dans la cuve où on la recueille ensuite afin de l'enfermer dans des barils. Pour un esprit observateur il y a lieu de se demander ce qui est le plus repoussant de l'aspect du chauffaut ou de celui du cageot. Je laisse la solution de ce point à de plus habiles, et me sens heureux de pouvoir désormais éloigner précipitamment jusqu'à ma pensée de l'un aussi bien que de l'autre.
» Jusqu'à ces dernières années, la manière dont nos gens s'y prenaient pour saler la morue donnait lieu à des critiques universelles; bien que dans plusieurs pays on la prérérftt pour certains motifs et surtout à cause de son bon marché à la morue anglaise, il est certain toutefois qu'elle était préparée avec moins de soins, qu'on y prodiguait trop le sel et qu'elle se conservait moins bien. Ce qu'on ne sait pas en général, c'est qu'au xvn* siècle et un peu plus tard, la façon appelée aujourd'hui anglaise était la nôtre. Nos concurrents usaient de celle que nous avons depuis adoptée pour aller plus vite.
SËCHËHŒS DE MORUES. I2i
» Mais parini nos capitaines, il se trouve des gens actifs et de bon sens ^i commencent, non pas à imiter les Anglais, mais à revenir inosancieRs as. Au lieu de couvrir au hasard le poisson de pelletées de sel, ils exigent de leurs hommes cpie ce préservatif soit appliqué en plus petite quantité et avec plus de soin, principalement le long de l'épine dorsale. Us soumettent le poisson à une dessiccation plus longue; ils remballent dans des caisses plus petites, où, à Taide de presses, ils en font entrer davantage, et ils obtiennent ainsi des résultats que l'expérience des dernières années a fait reconnaître très !»upérieursà ceux que Ton avait atteints jusqu'ici.
» Il est. très désirable, dans l'intérêt français, que ce retour aux bonnes méthodes continue, et que de pareilles habitudes s'éten* dent
n Tout établissement de pèche, à Tlle Rouge comme ailleurs, a surtout besoin, outre les chauffants et les cageots, de ce qu'on appelle les graves^ puisque c'est là qu on sèche le poisson. Sans les graves^ il n'y aurait point d'exploitation possible, et c'est pour ce motif que nous jouissons du droit d'occuper la côte pendant la saison de la pêche.
n Les graves n'étaient dans l'origine que les grèves mêmes, dont lé nom est ici prononcé à la normande. Les pécheurs étendaient leurs captures sur les galets et n'en savaient pas plus long. Avec le temps, on a perfectionné et l'opération et les moyens de l'accomplir, de sorte que, ne se contentant plus de ce que pouvait offrir la nature, on copstruît maintenant en pierres et dans tous les lieux bien découverts/particulièrement exposés À l'action du soleil et surtout du vent, des graves artificielles. Le soleil, dit-on, ne sèche pas, il brûle ; le vent^ au contraire, remplit merveilleusement l'ofRce, et afin d'éviter Tiin et de favoriser l'autre, on a aussi inventé ce qui s'appelle des vigneaux* Ce sont 'de longues tables de branchages mobiles que l'on peut incUner dans tous les sens, suivant que l'on veut soumettre directement la morue à l'influence du vent ou la soustraire à celle des rayons solaires, ce qui, du reste, est rarement redoutable. »
Lorsque la mcMrue ainsi préparée arrive dans les ports de notre littoral déjà altérée à la surface et menaçant de se pourrir, pour la dessécher on enlève d'abord par plusieurs lavages le sel et la couche extérieure putréfiée. On la fait égoutter et on la suspend à l'air Hfore. Au bout de peu de jours, la morue, ainsi séchée, a repris sa fermeté et sa blancheur. Après trois lavages successifs, on frotte la surface avec un balai. On étend par couches, et l'on soumet la morue à l'action d'une presse pendant plusieurs jours. On la suspend ensuite à des échalas, la queue en haut, à l'ombre, quand il fait trop chaud; au soleil, quand la chaleur est modérée. En quatre ou huit jours, la
i22 SÉGUEKIES DE MORUES.
morue est sèche. On la met eu tas, en couches encore sous la presse. Un industriel de Bordeaux a établi un système ventilateur aiû par une machine à vapeur, à l'aide duquel il est parvenu à sécher ^0 quintaux de morue à la fois. L'eau de lavage et d'égoiittage est très» chargée, ot pour peu qu'elle stagne, elle se corrompt. Les ouvriers ne paraissent pas se plus mal porter. Les voisins se plaignent de Todeur de la morue qui sèche. Cette odeur n'a rien d'insalubre, elle n'est que désagréable ; mais ce sont les eaux de lavage qui pré^en*> tent les plus graves inconvénients, et auxquelles il importe de procurer une voie d'écoulement facile ou d'une prompte absorption. Le voisinage de la mer ou des cours d'eaux acquiert à ce point de vue une importance capitale. En effet, là où les eaux sont reçues simplement dans des citernes où elles séjournent pendant un temps plus ou moins long, il se forme de véritables foyers d'infection, qui viennent aggraver singulièrement les inconvénients inhérents au simple lavage.
Il n'est pas sans intérêt de jeter un coup d'œil rétrospectif sur les conditions dans lesquelles s'est établie et exercée jusqu'ici cette in* (lustrie. Nous empruntons quelques détails très curieux sur ce sujet à un excellent rapport fait par M. Faure au Conseil d'hygiène et de salubrité de Bordeaux.
<i Lorsque les sécheries de morues furent établies à Bordeaux, cette industrie n'était pas classée : l'autorité municipale, désireuse de voir créer des établissements qui assureraient du travail à une nombreuse population et qui approvisiouueraient la ville d'un aliment sain et peu coûteux, facilita, autant qu'il dépendit d'elle, Tin* stallation de ces ateliers. Elle était loin de supposer alors les inconvénients qui y étaient attachés et l'extension qu'ils devaient prendre; mais bientôt des plaintes nombreuses et incessantes vinrent lui faire sentir le besoin de réglementer une industrie qui avait envahi plusieurs communes limitrophes, et qui menaçait de s'étendre encore, semant partout l'odeur infecte qui lui est propre, et dépréciant de plus de moitié la valeur locative des nombreuses propriétés d'agrt^ment qui avaient le malheur de se trouver dans leur rayon.
» Une ordonnance royale, rendue sur l'avis du Comité consultatif des arts et manufactures en date du 8 juillet 183&, vint placer les sécheries de morues dans la deuxième classe des établissement» in* salubres ou incommodes, et les soumit aux exigences des règlements qui les régissent.
n Les Conseils de salubrité qui vous ont précédés, ont bien cherché à diminuer autant que possible les inconvénients inhérents à cette industrie, en leur imposant quelques obligations sanitaires; mais il y avait des droits acquis qu'il fallait respecter, et tout en ré^lc-