‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubritéChapitre 18 sur 67 · SÉCRÉTAGE DES POILS DE LIÈVRE ET DE LAPIN. 12S · texte numérisé non relu

SÉCRÉTAGE DES POILS DE LIÈVRE ET DE LAPIN. 12S

mentant les sëcberies existantes, il fallait les tolérer- là où elles étaient, quelle que fût d'ailleurs rincommodité permanente qu'en éprouvaient les voisins.

» Dans les nombreuses réunions que vous avez eues pour obvier aux plaintes constantes et justes qui arrivaient de toutes parts, et pour arrêter aussi les altérations qu'éprouvaient les eaux de» puits situés dans un rayon même éloigné de ces sécheries , vous Mtes prescrire des mesures préservatrices, afin d'éviter que des masses considérables d'eau salée ne fussent absorbées par le sol, si perméa* hle sur les Houx où ces ateliers étaient établis, et \ous proposâtes alors comme mesure d'hygiène générale, de ramener, à l'aide des extinctions, tous ces établissements sur le bord des fleuves, en n'en autorisant plus dans l'intérieur des terres, à moins de ciioonstancei tout à tait favorables. »

Par ces motifs, et malgré les oppositions que ses décisions onl soulevées, le Conseil d'hygiène de Bordeaux a adopté une jurispra* dence que nous ne pouvons qu'approuver sans restriction, en demandant : que les sécheries de morues situées sur le bord d«s fleuves ou des rivières, et y versant leurs eaux de lavage, fussent main* tenues dans la deuxième classe, comme n'étant qu'incommodes; mais que celles qui sont éloignées des grands cours d'eau, et qui recueillent leurs eaux de lavage dans des citernes, Mssent regardées comme insalubres au premier chef, en raison de la prompte putré* faction de ces eaux saumàtres animalisées, et qu'elles fassent dé«< cbssées et rangées désormais dans les établissements de la premièro catégorie.

Dans le département des Bouches-du-Rhône, à Cassis notamment, où les conditions d'établissement et d'exploitation de ces ateliers sont toutes différentes, le lavage des morues se faisant sur le bord de la mer, à l'entrée du port, sur une rive escarpée formée de caU caire compacte, dépourvue de toute terre végétale, et les résidus étant jetés et entratnés au loin dans la mer, il n'y a pas à craindre la formation de foyers d'infection, et l'on peut se borner à prescrire une facile aération des séchoirs, et la propreté soigneusement entrer tenue des auges où se fait le lavage et des canaux d'écoulement des eaux, n ne paraît pas non plus que les eaux du port aient été oor* rompues par le mélange des résidus liquides de la sécberie.

SBCOUBS PUBIilCS. -* Voy. AsPHTXus, Assistance, Burkau DE bienfaisance, ChoiJka, Epidémies, Hôpitaux, Maisons d'aggou-

CHBMfNT, SOCliTÉS 0£ SEGOUBS,

$iécbktac:k mm voimaH dk liiÈi^RE et be liAPinr.

— Vat/, Chapellerie.

in SliL.

âieiGIils. — Voy. Blk, Épiphttiss, HunAis (HYaisNS), Subsis-

TAHGBS.

HEIi. — - Le sel, chlorure de sodium, existe en qufiatité coDsidérable daas les eaux de la mer, et c'est de celles-ci qu'on extrait la plus grande partie de celui que Ton consomme dans la vie domestique et dans les arts. Le chlorure de sodium forme aussi des masses considérables dans le sein de la terre : on lui donne alors le nom de sel gemme.

Le chlorure de sodium est celui de tous les sels solubles qui se trouve le plus abondamment répandu dans la nature minérale et organique ; il fait partie des substances dissoutes dans les liquides des plantes et des animaux. La plupart des eaux naturelles en renferment plus ou moins; aussi comprend-on aisément que dans le plus immense de leurs réservoirs, les eaux de la mer en offrent d'inépuisables quantités à l'industrie humaine.

L'exploitation du sel occupe, en France, \m grand nombre de bras, et cette industrie intéresse environ 27 départements, qui sont ainsi répartis : 76 marais salants, 12 sources salées et 1 mine de sel gemme. Il y a, en outre, 21 laveries de sables salés qui en fomnissent de petites quantités.

VftlirlcAttoM ûm sel. — La fabrication du sel intéresse l'hygiène publique, principalement en ce qui concerne les marais sakats ; aussi ne ferons-nous que mentionner seulement Vextraction du $ei gemme^ qui s'opère,, soit en faisant une exploitation à ciel ouvert, si le sel se trouve très près de la surface, soit en exploitant par puits et galeries comme pour les mines de houille; et Vexploiiation des êourcea salines^ dont les eaux, comme celles qui proviennent du traitement du sel gemme, sont concentrées par leur chute à travers des fascines et par l'évaporation u feu nu.

Vextraction du sel marin des eaux de la mer a lieu par deux pro« cédés différents : 1^ par l'évaporation spontanée de l'eau dans des bassins peu profonds et très étendus ; 2* en soumettant l'eau de la mer à une très basse température, une partie se sépare alors à l'état de glace qu'on enlève, et la liqueur restante renferme la totalité du sel, dissous dans une quantité d'eau plus petite. Ce dernier procédé n'est employé que dans les contrées septentrionales, sur les bords de la mer Blanche : il donne des eaux assez concentrées, pour qu'on puisse les évaporer avec avantage par le feu. Le premier moyen est usité dans les pays chauds, et même dans les pays tempérés. En France, on évapore ainsi l'eau de la mer sur les côtes de l'Océan et sur celles de la Méditerranée.

Cette exploitation, par les eO'ets qu'elle produit sur la sauté de^

popiilâlioDs, constitue un des sujets les plus inléressanis pour Thygiéne publique. Mais, grftce à la belle étude qui en a été faite par M. Mélier, et plus récemment par M. le professeur Wûrtz, il n'est pas de question qui soit mieux connue dans tous ses détails, et. qui ait plus Tîvement excité la sollicitude de Tadministration. Notre r6le doit se borner à analyser les importantes recherches que nous venons de rappeler.

De» marais mlanU, — Un marais salant, appelé aussi quelquefois un M/tfi» consiste essentiellement en une vaste surface destinée à l'éTaporation spontanée de Teau de mer. Cette surface d'évaporation est divisée en une série de compartiments que Teau parcourt successivemcol avec une très petite vitesse, qu'on peut d'ailleurs régler àvoloBté. Lorsque Teau est arrivée au terme de sa course, et qu'elle a séjourné pendant quelque temps dans les derniers compartiments, elle a abandonné la plus grande partie du sel qu'elle renfermait en dissolution. Le salin est établi près de la mer, ou auprès d'un lac salé : on le place au niveau le plus bas possible, inférieur même à celui de la mer, si cela est possible. lorsque cette condition est réalisée, l'eau arrive naturellement de la mer dans le salin, par reffet des pentes ou des marées ; et, à l'aide d'une écluse établie sur le canal de communicatiou, on peut en régler la quantité k volonté. Le plus souvent, cependant, les marais salants se trouvent au-dessus du niveau de la mer et Ton est obligé d'élever l'eau avec des machines hydrauliques. On comprend facilement que ces masses d'eau salée, plus ou moins étendues, qui sont soumises sans cesse à une évapo* ration active, joignant à cela des alternatives fréquemment répétées d'accumulation et de dessèchement pour recueillir le sel déposé, doivent apporter des éléments nuisibles pour les populations environnantes. Il est facile de voir l'importance de la question des salines au point de vue de l'hygiène publique, surtout en songeant qu'une partie des habitants du littoral de nos départements de l'Ouest et du Midi vit de l'exploitation des marais, et que cette exploitation, qui est une nécessité de son existence, devient trop souvent, pour elle, la cause indirecte de maladies graves, d'une caducité précoce. On a pu voir, en parcourant les côtes de l'Océan, des plages autrefois couvertes d'une population nombreuse et en possession de fournir du sel pour l'Sipprovisionnement de la France et de l'étranger, con* verlies en marais infects, près desquels on rencontrait à peine quelques rares habitants dévorés par les fièvres intermittentes : les yeux étaient frappés du contraste que présentaient ces marais lorsqu'ils étaient abandonnés, ou lorsqu'ils étaient cultivés avec intelligence. M. Méliera parfaitement démontré que l'industrie des marais salants n'a rien en soi d'essentiellement insalubre, et qu'un salin bien

établi, bien exploité, bien entretenu, peut tuémeélre considéré, dans beaucoup de cas, comme un moyen (l'assainissemeat ; mais il est loin d*en être ainsi, quand on ne prend pas toutes les dispositions que commande l'iatérôt de la santé publique^ et l'abandon des marais salants, sans précautions préalables, constitue une cause puissante d'insalubrité. En fait, il n'y a peut-être pas un seul marais salant qui réunisse toutes les conditions désirables : création première, exploitation, entretien, présentent souvent de grandes imperfections, et les contrées où sont établis ces marais sont presque toutes plus ou moins désolées par les fièvres.

Si Ton se reporte à l'état de la législation avant 48/i8, on voit que les conditions auxquelles est soumise la création d'un nouveau marais salant ont pour objet de garantir les intérêts du domaine et du fisc, mais qu'elles sont loin de satisfaire à tout ce que réclamerait l'hygiène. NuUe mesure n'est prescrite pour que le marais soit établi de façon à atteindre, sans inconvénients, le but qu'on se propose. i)n ne s'informe pas si l'eau y arrivera en suffisante quantité, et si elle pourra s'écouler facilement^ si les eaux mères, dont le séjour parait avoir surtout de si graves inconvénients, pourront en être évacuées ; si les niveaux ont été bien pris, et si l'on s'est suffisamment prémuni contre le mélange toujours si fâcheux des eaux douces et des eaux salées, etc. Il y a plus : l'administration des douanes exige que toute saline de quelque importance soit entourée d'un fossé d'enceinte, qui offre, il est vrai, une garantie réelle contre la fraude, mais qui ne parait pas être sans danger pour la santé publique. Ce fossé plein d'eau, tantôt douce, tantôt salée, et plus souvent saumÂtre, est gênéralement très mal tenu : M. Métier le considère comme une des principales causes de l'insalubrité de certains salins du Midi.

S'il faut en croire un ancien sous-préfet de Marennes, M. Leterme, dont l'opinion fait autorité en cette matière, il n'y a peut-être pas, dans cet arrondissement, un seul maître de marais au fait du nivellement et du cubage des terres, et les marais salants sont construits aujourd'hui comme on les construisait dans les temps d'ignorance et d'essais des vni* et ix** siècles.

L'exploitation journalière et l'entretien des marais salants laissent aussi beaucoup à désirer au point de vue de l'hygiène, et, dans le rapport où il a consigné le résultat de ses recherches, M. l'inspecteur général Mêlier déclare que Tintervention de l'administration serait nécessaire pour écarter une foule de causes d'insalubrité, et prescrire des moyens d'assainissement et de conservation que l'ignorance néglige, parce qu'elle n'en comprend pas l'utilité.

L'abandon des marais salants paraît surtout avoir besoin d'être réglementé d'une manière toute spéciale. Aujourd'hui, aucune con*

ditioii n'est imposée au propriétuire qui veut abandonner un marais; il esl aussi libre que s1l s'agissait d'un champ ou d'un jardin; on quitte un marais salant comme on met un terrain en jachère, a Ce n qui arrive alors, dit M. Mélier, est aisé à deviner : les canaux qui » amenaient l'eau et oeux qui devaient servir à la faire écouler, lea n pièces où on la conserve, et celles où elle s'évapore, les rigolea 9 destinées à la distribution et les tables de cristallisation, tout cela, » fossés, jas, conches, aiguilles, voies de circulation et d'écoulement, » laissé à l'abandon, se dégrade, s'envase, s'encombre ; les eaux n douces et les eaux salées, n'étant plus séparées, se mêlent, et réa- » gissent les unes sur les autres et sur les corps organisés qu'elles » contiennent. La fermentation s'établit partout; tout ce qui avait vie » meurt et se décompose, l'infection devient générale.

» Ce n'est pas tout; comme en certains endroits, dans l'Ouest, du il moins, plusieurs marais salants sont ordinairement dans la dépenn dance les uns des antres, et en quelque façon solidaires, en ce sens » qu'ils sont alimentés par une prise d'eau commune, il arrive néces- » sairement que l'abandon de l'un amène bientôt la ruine et l'abann don de l'autre, et c'est ainsi que se détruisent et se perdent des i» établissements importants, qnelquefois même tous ceux d'une con- » trée. »

n faut lire, dans le rapport de M. Mélier. le récit de la ruine et de la dépopulation de ^ancienne ville de Brouage (Gharen(e-Inférieure), pour se faire une idée de l'effrayante mortalité que peut occasionner l'abandon des marais salants.

Dams certaines communes qui avoisinent les anciens marais de Brouage, dont les sels étaient autrefois si renommés, la mortalité s'est élevée à la proportion de 1 habitant sur 13, et la moyenne du canton auquel appartient Brouage, calculée pour une période de seise ans, de 1817 à 1832, a donné 1 décès snr 21 habitants, tandis que la mortalité de la France, prise en masse, était de 1 sur 40 environ.

Les salines de l'Bst et les salins dû Midi font déjà une redoutable concurrence à nos sels de l'Ouest; mais cette concurrence ne semble pas avoir atteint sa dernière limite. La belle découverte de M. Baiard, sur l'emploi des eaux m^es, a commencé dans l'industrie salifère une révolution d'autant plus fevorable aux salins du Midi, que le cli«> mat ne parait pas permettre de l'utiliser sur les marais salants de rOuesl. Avec le procède de M. Bâtard, la production du sel pourrait n'être plus qu'un accessoire, et la fabrication du sulfate de soude rnstalllsé devenir l'objet principal. En créant un salin pour faire du sulfate de soude, on obtiendrait, pour ainsi dire, le sel par-dessus 1p marché. Dans cette industrie nouvelle, le sel ne serait plus qu'un résidu presque sans vaieitr vénale, et déjà même, dit M. Mélier, il

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