‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubritéChapitre 34 sur 67 · SERVICE · texte numérisé non relu

SERVICE

de

SaUs

N* DU LIT

Service de Mm le docteur

Ho

Nom et prénoms du malade :

Domicile :

Profession :

Durée du séjour à Paris :

an

mou

jours

l Alimentation bonne

— mauvaise

GEiiRE DE VIE I Hj5it„d„ régulières

HABITBEL. 1 p^^ ^^ profossiou

\ Excès, débauche

Étage

Exposition

Salubre

par humidité

par défaut d'air ou de lumière.

Insalubre { par encombrement

par malpropreté

par la nature du travail

Séjour a la crèche . .'

Séjour à la salle d*asile

Kfi

Nature du travail

[ En plein air

Lieu où \ En chambre

il s'exerce. ) En atelier

\Sous terre

Manière dont j^^/jlJ-^^ Il s exerce. | ^^^^ ^^^^^ ^^^^^

Froid

Haute température

Humidité

Poussières (leur nature). . . .

Émanations (leur nature) . . .

Sa durée quotidienne

Influences auxquelles il expose.

^ / Gain par jour

•| \ Aisance apparente

Il Misère

X\ Inscription au bureau de bienfiiisance.

Nulles

Femme

Î Nombre Sexe . . , Age.... .Ascendants ,

ObtervalUmi parléculièras.

Le viftiTEvt,

CiacOLAIR£ D£ M. LK DIRECTEUR A HH. LES M<^.0KCINS ET CHIRURGIENS DES HÔPITAUX ET DES HOSPICES, SUR L'ORGARISATION D^UNE STATISTIQUE MÉDI- CALE DES HÔPITAUX DE PARIS. (15 DÉGEMBRE 1860.)

Monsieur le docteur, cent mille malades des deux sexes et de tout flge, atteints d'aflectioDs les plus variées, viennent, chaque année, dans les hôpitaux de Paris, réclamer les secours de Tart et les soulagements non moins précieux qu*une administration humaine et une charité éclairée savent prodiguer à ceux qui souffrent (1).

Nos hôpitaux, indépendamment de Tutile mission qu'ils remplissent avec succès au sein d^une immense population, grâce au x lumières et au dévouement du corps médical, offrent donc aux investigations de la science i*iiDe des plus riches collections de faits qui existent au monde.

Ces faits cependant ne sont pas recueillis, car on ne saurait tenir compte des renseignements abrégés et souvent peu sûrs consignés aujourd'hui, pour cliaque individu, tant au registre d'entrée deThôpilal que sur la pancarte attachée au lit du malade.

En prenant la direction des services iiospltaliers, fai été vivement frappé de Texistence de cette lacune, et il m'a semblé que l'intérêt de l'humanité^ aussi bien que celui de la science, exigeait qu'elle fût comblée au plus tôt.

N'est-il pas regrettable, en effet, que l'administration, avec tous les moyens dont elle dispose, que les hommes les plus instruits du corps médical, ne sachent pas, d'une manière exacte et synoptiquement pour l'ensemble des services, le nombre et la nature des maladies qui sévissent plus particulièrement chaque

(1) Il existe aujourd'hui, tant dans les hôpitaux que les Inflnneries des hospices, 7B77 Uts affratés au trailement des malades, savoir :

Total égal 7877

Les Kts deshôpiUui se subdivisent comme il suit :

Médecine proprement dite 8250

Chirurgie proprement dite. 1706

Accouchements ^77

Maladies de la peau 9S3

Maladies vénérienDes. <^1'

En 1859, on a traité, dans les hôpitaui et dans les hospices, 96 082 malades, savoir :

Dans Icshôpilaux 00^96

Dans les hospices 5086

Totul égal • 96083

année dans la population considérable qui alinœnte les hôpilïiui, Tinfluence qu^exercent snr le développement des affectfons morbides les conditions d^habitaiion et de nourriture, le mode et la nature du travail, la conduite, la propreté, et, en général, les habitudes qui constituent Thygiène i>faysique et morale des individus 7

Sauf les indications sommaires que nous fournissent quelques relevés faits autrefois sons les yeux de Dupuytren, et depuis par des praticiens qui se sont occupés de certains points spéciaux, nous n'avons pas une connaissance plus complète de tout ce qui concerne les maladies chirurgicales ; le nombre, la nature, le siège des opérations, ies cas où Ton a recours à Tanesthésie, les accidents et les complications, les résultats du traitement, etc., nous sont également inconnus.

Quelle que soit Timportance qu'individuellement on attache aux données numériques, il est certain pour tous les liommes éclairés qu'elles peuvent acquérir ime grande valeur, si elles sont bien recueillies, soumises à des classiûcatlons rationnelles, ingénieusement comparées et ramenées an double but que nous devons nous proposer, Tamélioration du sort des hommes et l'avancement de la science médicale.

Ceux d'entre vous qui tiennent habilement la plume et qui notis ont donné ces ouvrages généraux ou ces monographies qui sont l'honneur de l'école des hôpitaux de Paris, n'ont-ils pas regretté souvent de n'avoir à leur disposition que des observations péniblement rassemblées sur un théâtre nécessairement restreint 7 Quel parti n'auraient-ils {)as su tirer de résultats nombreux et coordonnés que leur oifriralt une statistique bien faite, embrassant l'ensemble de nos établissements hospitaliers ! Il faut bien le reconnaître : c'est à l'ordre positif que les esprits chercheurs et sérieux vont en général demander des lumières, à la faveur desquelles ils réalisent des progrès nouveaux dans les diverses branches des codnaissances humaines. Le génie peut, sans nul doute, par la seule puissance de l'intuition, enrichir la science de découvertes inattendues que l'expérience vient plus tard vérlûer; mais l'obser ration attentive et rigoureuse des faits sera loujoon la vole la plus sdre pour conduire aux théories et aux méthodes qui forment le» matériaux usuels de l'édifice scientifique.

Constater ces faits et les réunir pour les mettre a la disposition de tous est i coup sûr une œuvre essentiellement utile à la science et à l'économie 80ciale«

Tout conviait donc Tadministration à tenter de jeter les fondemenls d'une véritable statistique médicale. Mais avant d'aix>rder cette entreprise, j'ai tenu k m'assurer du concours des hommes éminents qui composent le corps médical, et je dois dire que les communications individuelles que je leur ai faites à ce sujet ont rencontré près d'eux le meilleur accueil.

Il ne me suffisait point pourtant d'obtenir tout d'abord une sympathie qui, en présence d'une expérimentation incomplète et d'Intentions peut-être mal comprises, eût pu être stérile ; bien que j'eusse en ma possession des données qui me permissent de diriger de premiers essais, j'ai voulu entrer sans aacm leUrd en communication avec MM. les médecins et chirurgiens des hôpitaux pour leur demander, non-seulement d'examiner et de reconnaître eux-inèmes l'utiUté de la mesure que je méditais, mais encore de rechercher avec moi les moyens de la réaliser au plus grand profit de la science et sans aucun domtnage pbtif personne.

Une conmimon composée de douze médecins et chirurgien», pris dans les difers éUbltaemenU de l'administration, indépendamment des deux praticiens émiaentsqul représentent le corps au sein du conseil de surveillance, a été chargée de iimporianie mission d*étadier les questions qui se ratuclient à la statistique médicsJe, et de Oxer les bai^ sar lesquelles il conTiendrait de rétablir.

Celle commission s*est mise aussitôt à TœuTre ; elle s*est réunie fréquemment, et, après des dlacoasions lumineuses et approfondies, elle n'a pas hésité à s'associer aux Tues de Tadmlnistration, et à proclamer la hante utilité de reeuvre qoli s*agit de fonder.

Le rapport qa>Ue a bien voulu m'adresser, et dont elle avait confié la rédaction an talent distingué de M. le docteur Tàrdieu, constate Taçcord t\panime de SCS membres sur le fond même de la question^et sur les moyens proposés par elle.

Vous lires ce remarquable rapport, empreint tout à la fois du vif désir de seconder loyalement Padministration dans la tentative qu'elle aborde et d'une grande réserve aor le choix des moyens les plus pratiques d'atteindre le but proposé, sans imposer au corps médiod un travail qui pût Je détourner de sesautrea devoirs. Je ne reproduirai pas id les considérations importantes et les intérêt* sanis délaJia qui ont été développés dans le rapport de la commission» et qui attestent tout le soin et tontes les lumières qu'elle a apportés dans l'accomplissement de la tâche qui lui était confiée ; je me bornerai à énoncer ici le résultat de ses propositions.

Après abêtie arrêtée tout d'abord à l'idée dHm bulletin hidividuel pour chaque malade, elle a pensé que, pour faciliter le travail des chefii de service et pour donner aux renseignements recueillis toute la précision possible, ii était nécessaire de prescrire quatre eapèces de bulletins, savoir :

Un pour les services de médecine, un pour les services de chirurgie, un pour les services d'aeoonchement, un antre enfin qui serait spécial aux maladies véoériennes.

Ces bulletins, pour être plus facilement distingués, seraient imprimés sur papier de couleurs dillérentes.

L'inspection de ces formules qui sont annexées & mon arrêté d'organisation vous convaincra, monsieur le docteur, que la commission s'est attachée à ne demander pour les matériaux de la statistique que les renseignements nécessaires à i'cBuvre ; mais elle les a voulus assez complets pour qu'elle fût sérieuseï aswi spéciaux pour qu*elle fût scientifique, assex simples enfin pour n'exiger que peu de lumps et de travail.

Pouvais-je mieux faire que d'adopter, sans aucune modification, des propos!* tiotts aussi sages et aussi bien conçues 7

La commission n'a pas cru devoir réserver, dans la formule du iniUetin individuel, une place pour des indications, même sommaires, sur la thérapeutique ; «Ue s'est arrêtée sûrement devant la pensée de demander aux chefs de service on travail qui eût été peut-être à lui seul une diificulté, et dont l\itilitê d'ailleurs o*eût pas été bien démontrée à tous. J'apprécie ce sentiment de réserve, mais jindine à croire que, quand la statistique aura fourni de premiers résultats et révélé elle-même tout le profit qu'on en peut lirer« on reconnaîtra la nécessité d'ajouter à la formule quciquei» renseignements brefs et simples à ce sujet. On ne saurait sans doute attribaer à de telles indications la portée d'une sorte d'en-

seignement ; mais ea constaiant la diversité même des mélliodes de traÉtemeot, elles seraient comme ua indice des procédés domin«iuts et provoqueraient les praticiens instraits à la recherche, à Tétude des meliieures méthodes. Le temps dira s*il peut être utile d'ajouter à notre siaiistique des renseignements sur cette branche de la science médicale, et 'dans quelle mesure il conviendrait de Iç faire.

Je ne saurais trop appeler votre attention sur Tlmporiance que Tadminisuration doit attacher à ce que, personnellement, vous vouliez bien donner les soins les plus attentifs à la tâche qui va vous incomber. Si j'en crois les impressions que je reçois de toutes parts, les chefs de service voudront, j*en suis sûr, Taccomplir cux-mftmes. Un de vos anciens collègues, qui porte un nom illustre et vénéré, en m'exprimant toute sa sympathie pour l'œuvre que nous entreprenons, m'assurait que, s'il eût été encore en service actif dans les hôpitaux, il n'aurait pas manqué d'y coopérer avec un intérêt réel et soutenu, et de rédiger avec exactitude les bulletins statistiques. Ce sentiment sera partagé certainement par la plupart d'entre vous. J'espère du moins que, lorsque les bulletins ne seront pas remplis par les chefs de service eux-mêmes, ils le seront par les élèves internes, sous leur dictée ou sous leur étrolRî direction. Les lumières et le dévouement de ces jeunes gens me sont bien connus, et j'ai compté aussi sur leur concours pour mener à bien une œuvre qui peut être pour eux la source d'une utile instruction. L'administration leur saura gré de leur zèle et de leurs efforts, dans une collaboraiion qui les rattachera mieux encore à elle.

Ai- je besoin d'ajouter que, selon le vœu de hi commission, vous obtiendrez le;» plus grandes facilités pour tii-er personnellement de votre travail toute l'utilité possible : des formules vous seront remises, si vous le désirez, pour que vous puissiez, non-seulement garder le dotibie des bulleifais qui auraient à vos yeux un intérêt particulier, mais encore y ajouter, sous forme d'observatiou développée, telles indicalions que vous jugerez convenables. Vous aurez encore la fiicolté de consulter, dans les archives de Tadminisiration, tous les bulletins qui s'y trouveront méthodiquement réunis. Ije mode de leur dépouillement, ceUii de leur classement, seront ultérieurement déterminés ; j'ai l'hitention de consulter, à cet égard, ceux de MM. les membres du corps médical qui viennent de me doa* ner un concours si éclairé et si efficace.

Enûn^'ai le dessein d'annexer, chaque année, au compte moral que Je dob rendre, une série de tableaux qui reprodohront, sous les formes les plus propres à les rendre clairs et précis, les résultats obtenus. Ges tableaux, qui viendront s'ajouter aux documents pleins d'intérêt que nous publions déjà, seront lires à part et distribués à tous les membres titulaires ou honoraires du corps médical des hôpitaux et hospices, amsi qu'aux internes qui auront coopéré aux travaux de la statistique.

Nous allons commencer ensemble une entreprise qui a sans doute ses diificultes, mais qui, à raison de son importance, doit exciter la sollicitude de ton» ceux qui sont appelés à y prendre part. Vos confrères de la commission, dans un esprit de solidarité si vivace parmi vous, ont bien voulu me promettre le con* cours loyal et actif du corps médical tout entier ; j'y compte, et je aérai satisfait de partager avec lui Thonneur qui doit revenir aux créateurs d'une œuvre qui portera dans l'avenir de si utiles fruits.

Notre exemple sera suivi, soyez-en certain. Déjà M. le mmistrede l'agricultuic,

du commerGc el des travaux puMics, a spontaBément lëlicUé mon admiiiistraUoii de rioitiative qu^elIc vient de prendre, el, appréciant toute la portée des mesures qa*elle prépare, il m*aprié de lut en faire connaître Péconomie, afln de les étendre bientôt à toi» les hôpitaux de Pempirc. Je puis ajouter que des témoignages sympathiques nous sont venus de l*étranger, où dans peu nous trouverons des imitateurs. Si nous avons été, comme j*en ai Tespoir, assez heureux pour trouver le meilleur mode de constatation de tant de faits intéressants ; si nous pouvons bientôt présenter au monde savant des résultats instructifs, nui doute que nous ne soyons suivis dans la voie que nous aurons ouverte, et qu'à Londres, à Bruxelles, à Berlin, à Vienne et dans toutes les grandes villes, on ne sente, comme à Paris, la nécessité de tirer parti d'une richesse abandonnée ou incomplètement exploitée, en y faisant participer les praticiens de tous les pays.

Les nombres sur lesquels nous allons opérer sont grands; mais quelle ne serait pas leur puissance, s'ils venaient s'ajouter à des nombres bien plus considérables, recueillis à de longues distances, sous des climats divers, et cependant réunis comme les feuillets d'un même ouvrage, pour procurer aux hommes laborieux un vaste champ d'observations fécondes. Si mes prévisions se réalisent, le corps médical de Paris possédera, dans peu d'années, au chef- lieu de l'administration, la statistique des principaux hôpitaux de l'Europe, et les savants praticiens de rétraoger pourront, à leur tour, par un échange confraternel, consulter avec fruit les faits recueillis par nos soins et par les hommes qui nous suivront dans la vole où nous nous engageons avec confiance.

La perspective de pareils résuKats est bien propre à faire cesser les hésitations de ceux qui doutent encore ; elle doit encourager nos eflbrls, stimuler notre lèle.

Aussi je pense que, quelle que soit la chaleur des convictions individuelles sur la portée sclentiûque des dépouillements statistiques qui vont être opérés, il n'y aura parmi les médecias et chirurgiens des hôpitaux qu'une seule opinion, lorsqu'il s'agira de coopérer à une œuvre dont les hommes les plus instruits et les plus consciencieux proclament la haute utilité. Il est de l'honneur du corps médical, comme de l'administration, d'en assurer l'exécution la plus parfaite, et de prouver encore tme fois que notre pays sait concevoir fortement et poursuivre avec persévérance les entreprises qui ont pour but l'avancement de la science et le bien de rhumanlté.

Voy. AD.MIN1STRATI0N , CONSEILS D'HYGIÈNE , POPULATION, SUBSIS- TANCES.

Bililic»graphi«. — Nous ne pauvoiis citer ici tous les ouTrnges oa recueils statistiques qai peufeot fournir quelques renseignements à l'hygiène. Nous nous bornerons à iodi4|Dcr quelques document» officiels et ouTrages récents français et étrangers : Les Reekereheê êUtiêtitfueê sur la vUU de Paris el le département de la Seine; les Rapports 9ur les kdpitaux et Us hospices de la ville de Paris ; les Comptes généraux de la justice criadnétte en France ; les Comptes rendus sur le recrutement de Varmée de 1823 à 4859. — Eêêoi d€ statistique morale de la France, par A. -M. Guerry. Paiis, 1839. — Notices historique» et statiêtiques sur les colonies frnnçains, publiées par ordre du gouvernef8S7«i839,4 vol. in -8. — « Taèleûumdes ctabUêsementê français en Mgérie^ —

StatiiiiquM du mou»em9Ht d$ la poptUathn en Frmnoi^ dam les Annuaim du Bunmu d€i longiludu. ^ D'AagevUl«i Esêoi êur la êtatUtique de U fwpulëtvm de la Fraute, Paris, 1836, io-à. — Lpgojtt La France êlatiêtiçuef d'aprèê Uê docmminl$ lu plu$ ricenU, Paris, i8A9, io-S. — Patria^ on la France aneUnnc et moiUrjM, nwraU «i matérielle, etc. Paris, 1846, 2 gros vol. io-18, — Traité de géofrapkieet de «t«|Mlif«e médicale, par le docteur Boudio, 3 toI. io-8« Paris, i856. •— Annual Heport çf tkt regiitrar gênerai ofhirtht, deàtki and marriaget in England, Reporta i-xvi. Londoo, 1830-1861, 1o-8. — Heport of tke comminionere for inquiry into tke state of large towns and populous diitricti, Londoo, iSMk, S fol. in-fol. — Statiêtical Report an tkc »ickneê$ and mortality amongtke troapi, London, 18Â1-18&8. — Report from tke poor law commUiionerê on an inquiry into tke eanitary condition of tke labouring popnlalioN of Great'Britain, London, 18&S. — Informazioni etatinicke raccolte délia reat eommietione êuperiori de gli stali di 5. M. in terra flrma, Toriao, 1839-1899. — Les nombreux mémoires de MM. Vlllermé, Quetelet, Benoiston de Cbàteauoeur, Morean de Jonoès et BottdÎD i les Reckerckec ctatiêtifueê §mr la mortaiité dan$ la ville àc Paru, par M. Ad. Trébuchel, dans les ^nalff d'kffgièna puHique.

STÉJLBI^IJE (Acide). •— Voy, Bougies, Suif.

fiHJBMdTAWCES. — Sous le nom de subsistances^ et dans la plu^ grande généralité du mot, on comprend toutes les substances nécessaires k Talimentation des hommes. Cette simple définition suffit pour montrer à quels objets variés elle s'applique suivant les différenreb des climats, les habitudes et les ressources diverses des peuples, et les degrés de civilisation auxquels ils sont parvenus ; elle peut en môme temps faire prévoir l'importance capitale qu'offre un tel suj»»! parmi les plus graves questions de réconomie politique, et nou> n'aurons pas besoin d'insister longuement pour prouver par queN liens étroits il se rattache à l'hygiène publique. Le développement, la santé, la vie des hommes, considérés dans leur principe» dépendent, avant tout, d'une alimentation suffisante, convenable et assurée. Les économistes de tous les temps, les statisticiens» les philosophes, les médecins hygiénistes, ont unanimement reconnu l'influence constante, fatale, dominante, qu'exercent sur le mouvement des populations, sur la mortalité, l'équilibre des subsistances, la cherté de> vivres, l'abondance ou la disette. Notre tftche se bornera à résumer ici à ce point de vue les documents les plus exacts et les j)lus récents sur la production et la consommation de la France, et plus spécialement sur les effets, tant de la surabondance et de ravilisaemenl que de l'insufHsance et du prix excessif des denrées alimentaires.

Nous n'avons pas à énumérer ici toutes les substances qui entrent dans l'alimentation de l'homme; et ce que nous avons à dire doit s'entendre uniquement des produits de la nature, qui, dans no:» régions tempérées et dans les habitudes de notre civilisatioo tm^ deme, formeyit la base de la consommation des peuples. A et*!

égard, il est une distinction principale à faire entre les subsistances tirées du régne végétal et celles qui sont fournies par les animaux ; et un premier fait à signaler, Tinégalité extrême de la proportion pour laquelle chacune d'elles concourt à la consommation générale, ainsi que la prédominance dans le régime alimentaire de notre pays des produits végétaux compris sous le nom de céréales, prédominance telle, qu'elles constituent presque à elles seules les subsistances proprement dites, et forment le plus considérable des problèmes qui s'y rattachent.

StilMilstaMces vésétales. — En laissant de côté les fruits et les légumes verts, et en ne comprenant parmi les subsistances végétales que les céréales et les légumes secs, nous dirons que l'on déigne le plus ordinairement sous ce nom, pour les premières, le roment, le méteil, le seigle, Torge, le sarrasin, le riz, le mais, le millet et l'avoine, et pour les secondes, les graines des légumineuses et autres menus grains, auxquels il convient d'ajouter la pomme de terre : ce sont là les principaux fruits de la production agricole, dont le plus grand nombre sert à composer l'aliment par excellence, l'aliment trop exclusif de notre pays, le pain.

Rappelons d'abord quelques principes d'un haut intérêt, qui paraîtront, nous n'en doutons pas, bien propres à donner une idée de la grandeur d'un tel sujet.

M. le baron Charles Dupin a établi dans uqe circonstance solennelle, qu'il faut que le territoire présente deux fois ou seulement une fois et demie autant d'hectares qu'il y ù, d'habitants, pour que les nations agricoles subsistent sans éprouver de difficultés pour leur alimentation. Lorsque la population est près d'offrir un habitant par hectare, il en résulte une perturbation qui amène forcément l'émigration. £n 1831, TAngleterre (royaumes unis) donnait par habitant 1 hectare et 29 centièmes pour une population de 2U 350 000 habitants. Ea 1841, 1 hectare et 13 centièmes; en 18&6, 1 hectare et S centièmes; en 1850, 1 hectare. Aiyourd'hui, les trois royaumes unis achètent à l'étranger, année moyenne, pour 5 000 000 de produits alimentaires; en 18&8, 17147 000 hectolitres de grains; en iH49, 51039000; en 1848, 750 000 quintaux métriques de fhrine ; en 1849, 2 058 000. Et malgré cela, la misère expulse du territoire, à partir de 1847, .près de 300 000 habitants par année. En France, en 1850, la population est de 36 000 000 d'habitants; il y a par habitant 1 hectare 26 centièmes* En y ajoutant l'Algérie, on a par habitant 1 hectare 92 centièmes, etc. Tous les six ans, il faut nourrir on nouveau million d'habitants.

Ces chiffres sont de uature à frapper vivement les esprits et ap^ pellent la méditation*

204 SUBSISTA iNCES.

Du reste, la diseUe est un fait aussi ualurel que l'abondance ; c'est-à-dire qu'il y a, dans le cours régulier des choses, une succession de circonstances climatériques qui sont, dans une mesure périodique et constante, favorables et nuisibles à la production des récoltes. La (erre a donc tour à tour ses époques d'abondance et ses époques de stérilité. Comme les disettes ont toutes exigé du gouvernement des mesures de nature à régler le commerce des graios ou à soulager les populations, il y a, dans les lois relatives à cette matière, une histoire des disettes toute faite. Un publiciste a relevé quatre-vingt-quatre disettes en quatre cent quarante et un ans ; ce qui fait, en moyenne, dix-huit par siècle, plus à'une tous les six ans. Voilà des faits irrécusables, dont il serait aussi puéril qu'inutile de décliner la signification. Ils prouvent jusqu'à l'évidence que la production d'un siècle se compose de quatre-vingt-deux récoltes abondantes et de dix-huit récoltes médiocres ou mauvaises, car il n'arrive heureusement presque jamais qu'une récolte soit complètement nulle. La disette est donc, comme nous disions, un fléau normal ou plutôt elle est un |des caractères réguliers de la production générale.

D'un autre côté, dès qu'il est reconnu que les disettes sont une intermittence naturelle et régulière dans la production générale, il doit l'être aussi qu'un tel fléau veut être suivi avec sollicitude e( combattu avec énergie, à l'aide de tous les moyens que la prudence peut suggérer.

La meilleure solution du problème de la disette sera toujours celle qui combattra le fléau avec le plus grand nombre de moyens possible. Abaissement des tarifs des chemins de fer sur les denrées alimentaires, amélioration de la culture, drainage, mouture et panification mieux entendues, production plus étendue de la viande, qui diminue la consommation du pain, introduction des tubercules des tropiques qui peuvent être acclimatés en France, usage plus général du vin naturel qui maintient les forces, rien ne doit être négligé. Gomme couronnement de tous ces moyens, le système de la compensation entre les prix d'abondance et les prix de disette, pratiqué à Paris depuis 1853, est évidemment destiné à rendre d'immenses services aux villes populeuses, en prévenant les mouvements brusques dans le prix du pain.

Du rapport des subsistances avec le mouveinentg de la popuiation, -* 11 est très intéressant de montrer le rapport qui existe entre les \a« riations d'équilibre de la production et de la consommation et le> mouvements de la population; c'est là, pour l'hygiène publique, le côté le plus élevé de cette grande question. U n'a pas échap[>t aux grands esprits qui l'ont abordé et a été mis d^ns tout .son jour

par Tun des premiers et des plus beaux traTaux de notre éminent colièpie M. Môlier. Les graves conséquences du rapport que nous signalons seront plus frappantes si nous en indiquons avant tout la portée, en empruntant au mémoire que nous venons de rappeler ses importantes conclusions, a On peut considérer comme démontré que la mortalité dans les populations de l'Europe moderne est soumise à l'influence du prix du blé et du pain. Cette influence, très marquée autrefois, l'est moins aujourd'hui et a diminué progressivement par suite de plusieurs causes, en tête desquelles il convient de citer l'introduction de la pomme de terre dans l'alimenta* (ion. n

Quelques exemples choisis dans l'histoire des époques qui nous ont précédés et des peuples nos voisins serviront de preuve à ces jm-opositions capitales.

D'après des recherches statistiques extrêmement intéressantes dues à l'on des administrateurs les plus éclairés de l'assistance publique, M. de Cambray, on compte en général une année de disette sur dix pour les régions centrales de l'Europe. Mais depuis un siècle^ les disettes sont devenues beaucoup moins désastreuses, elles dégénè* rent plus rarement en famines.

Quant aux effets, des disettes et à leur influence sur la mortalité, CD peut en juger par les faits suivants qui concordent si bien avec les tables dressées par M. Mêlier.

Pendant la dernière moitié du siècle précédent, au témoigpage da savant Bernouilli, l'année 1771 fut signalée par une récolte généralement mauvaise (surtout dans le nord de l'Europe). Or les tables de mortalité dressées par Baumann prouvent que la mortalité, en 1772, dans, la plupart des paysoii se fit sentir la disette, dépassa d'un quart et souvent d'un tiers la moyenne des années qui précédèrent et suivirent, comme on en jugera par le tableau suivant :

Nombre des décès avant ^ pendant et après les années de disette.

LIBUX.

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