VERNIS
TOIiKfil. — Les fabriques de tôle vernie, en raison de la mauvaise odeur et du danger d'incendie, sont placées dans la deuxième classe des établissements insalubres.
TOVRBE. — Voy, Combustibles.
TOURiNEURS. 257
TOIJRBIÈBE8. -> Vof/, Marais.
ItMJUIVElJRSi. — Le travail des tours donne lieu à des déformations nombreuses et persistantes. Chez le tourneur en bois, la main gauche, qui tient le ciseau fortement pressé entre Tindex et le pouce, présente sur le bord cubital de l'index un durillon semilunaire, au niveau de la première phalange. Dans le point correspondant, on trouve sur le pouce, au niveau de Tarticulation metaearpo-phalangienne, un calus très gros, dur et saillant. Un autre calus existe sur le bord cubital de la main, au niveau et à Textrémilé du grand pli transversal, et sur le petit doigt, aii niveau du pli de flexion de la dernière phalange. £n même temps tous les doigts fortement serrés, el comme entrant Tun dans Tautre, présentent une disposition tout à fait analogue à celle des doigts du pied, c'est-à-dire une saillie assez dure et tranchante de leur bord cubital.
Le tourneur en cuivre, mécanicien ou ajusteur d'instruments de précision, etc., etc., travaille debout, devant un tour dit tour en Tair, el contre une barre qui le soutient de côté et en arrière, et lui donne un point d'appui. La pièce étant fixée sur le tour,, l'outil qui exécute Pouvrage porte fortement sur la partie antérieure de la poitriae» où il est maintenu par la main gauche, tandis que la main droite le dirige. C^esl le pied gauche qui fait mouvoir la pédale. Il résulte pour l'ouvrier livré à ce tnivail, non-seulement une grande fatigue de poitrine, mais encore certaines déformations que nous devons indiquer. A la partie antérieure de la poitrine, au niveau de la deuxième côte, on remarque une saillie considérable, qui comprend à la fois le point de réunion de la première avec la deuxième pièce du sternum et les deux secondes côtes, qui, à partir de leur tiers antérieur, proéminent fortement En avant, au-dessous de cette espèce de crête saillante, se trouve un méplat large, uni, formé par le sternum et l'extrémité antérieure des eûtes, et servant de surface d'appui à l'outil. Tout le côté droit du thorax est porté en avant et rétréci par la flexion des côtes, qui proéminent fortement et sont comme incurvées en avant, comme tout ce côté du squelette. Les pieds sont tous deux très larges à leur extrémité phalangienne, mais le gauche beaucoup plus que le droit. li*^sttout à fait en spatule. Le coussinet graisseux qui forme la plante du pied, est beaucoup plus volumineux et recouvert d'un édiderme dur et corné que l'on ne voit point de l'autre côté.
Cette conformation est d'ailleurs commune aux divers genres d'ouvriers tourneurs. C'est à elle que fait allusion M. Guéi-ard, lorsqu'il si^uale chez les artisans de cette profession une diU'érence considé-
TAimni. — DICT. O^HTG. T. IV* 17 •
rable dans les proportions des extrémités inférieures, duot U ivoiie est toujours occupée à mouvoir la pédale du tour, tandis que la gauche, immobile, supporte le poids du corps. Nous feroos remarquer seulement que cette observation de M. Guérard diffère de ia nôtre, relativement au côté qui prédomine. Nous avons constamment trouvé l'excès de volume à gauche. Cette différence a, en réalité, peu d'importance. Elle tient certainement aux habitudes particulières de l'ouvrier. Ce qui reste bien établi, c'est que le pied qui fait mouvoir le tour présente im développement particulier et une conformation toute spéciale.
Nous devons encore appeler l'attention sur une particularité^ qui n'appartient pas i^eulement à la profession de tourneur, et qui, considérée d'une manière générale, pourrait faire l'objet de recherches intéressantes au point de vue médico-légal. Nous voulons parler de l'usure que Ton remarque sur les vôtements à certaines places déterminées, et qui résultent manifestement des procédés de travail. Chez le tourneur, par exemple, conformément à ce qjue nous avons dit de la position de l'ouvrier, le pantalon est extrêmement usé à la hanche droite et en arrière, dans les endroits sur lesquels frottent les barres d'appui.
TOURS. — Voy. Enfants TROtn'És.
TRAVAlli Dm KIW ABîTil. — Les conditions physiques» H morales des enfants, qui, malgré leur jeune âge, sont assujettis à la dure loi du travail, et dont l'industrie utilise de mille aianières les forces encore mal assui*ées, constituent l'un des sujets les plus intéressants et les plus élevés qui aient jamais fixé l'attention des pouvoirs publics et des hommes de bien voués à l'étude et an soulagement des souffrances de l'humanité. Mais il faut le dire, ces questions on perdu de leur importance depuis que, grâce à la généreuse initiative de quelques grands manubcturiers, à la tôte desquels il convient de citer le nom de MM. Kmchlin (de Mulhouse), grâce à l 'infatigable per^ sévérance et à la haute autorité de savants économistes et de médecins dont pas un n*a fait plus que notre illustre hygiéniste, M. Vitlermé, le travail des enfants dans les manufactures a été réglé par la loi d'une manière plus conforme aux exigences de la nature et de l'humanité. Nous ne voulons pas, cependant, passer sous silence le» phases diverses qu'a traversées cette question, qui touche à tou« le$ principes de l'économie politique et de l 'hygiène publique; nous voulons» surtout montrera la fois le point de départ et le but qui a été atteint, afin de faire mieux comprendre les pix>grès déjà réalisés, et ceux qui pourraient encore être obtenus.
Nous n'avons pas h retracer Ivn misères qui ont été si éinquem*
TRAVAIL DES KiNFANlS. 259
nuMit peintes par les commissaires de Tenquéte entreprise en Angleterre, et par M. Villermé. Mais on sait à quels abus avait donné lieu l'emploi d'enfants âgés de moins de huit ans dans les manufactures et dans les mines, et quels effets désastreux produisaient sur ces pauvres êtres les fatigues excessives auxquelles ils étaient condamnés, sans souci de leur faiblesse et des conditions qu'exige le développement de la constitution. Les détails officiellement constatés, dans la Grande-Bretagne, dépassent tout ce que l'imagination peut imaginer de plus désolant.
Aussi, à plusieurs reprises depuis vingt ans, le sort des enfnnts employés dans les ateliers, comme, du reste, les conditions générales du travail industriel, a été l'objet de la sollicitude du gouvernement anglais; et les actes législatifs des 29 août 1833, 6 juin IMft et 5 août 1850, témoignent de cet intérêt, auquel se sont associées, dans des discussions mémorables, lés deux chambres du parlement. Nous résumerons rapidement les principales dispositions de ces actes, qui pourroat être utilement rapprochées de la législation française que nous exposerons bientôt complètement. Les enfants peuvent être employés à huit cms pas plus de six heures et demie, sans compter le temps du dîner. En ne les faisant travailler que trois fois par semaine, on peut leur demander dix heures par jour. Aucune jeune fille ou femme ne peut être employée avant six heures du matin on après six heures du soir, ou le dimanche après deux heures. Le temps des repas doit être pris entre sept heures et demie du matin et six heures du soir. Les jeunes filles et femmes ne doivent pas être employées pour réparer le temps perdu après sept heures du soir. Les jeunes filles peuvent être employées de sept heures du matin à sept heures du soir, depuis le 30 septembre jusqu'au 1^' avril. Les enfants ne peuvent être employés qu'au-dessus de onze ans à dévider et à tordre la soie crue. On ne doit pas employer d'enfants dans les fabriques où l'on mouille le fil, sans employer des moyens sufflsantspour les préserver «le rhumidité ou de l'échappement de la vapeur.
C'est en 18&1 seulement que la loi vint en France donner satisfaction aux justes réclamations que suscitait l'état moral et physique des enfants décimésou abâtardis par un labeur excessif et prématuré. Depuis cette époque, les principes tutélaires de la loi ont pénétré, non sans quelque difficulté, dans les moBursi et l'on verra ce qu'ont produit les efforts soutenus de l'administration secondée par les honorables inspeeteurs qu'elle a choisis^ Les documents que nous réunissons ici permettront de suivre et de comprendre dans leur ensemble les diflférentes phases qu'a traversées cette grande question. Les considéralions que nous pourrions y ajouter seraient d'ailleurs aujourd'hui tout ^ fait superflues^
LOI RELATIVE AU TRAVAIL DES ENFANTS DANS LES MAiMJFACTORES, DSlNLS ET