PARMI LES OUVRIERS DBS TRA<VAUX PUBLICS
Monsieur le préfet, aux termes de Tarrété de Pun de mes prédécesseurs, do 15 décembre I8/18, relatif aux secours à accorder aux ouvriers des iravaoi publics en cas d'accidents ou de maladies, MM. les iDgénieurs des ponts et chaussées et architectes des bâtiments civils doivent adresser chaque année à l'administration un relevé des accidents de toute nature qui seront arrivés dans les travaux, soit en régie, soit adjugés à des entrepreneurs ou à des associatioiu : ce relevé doit faire connaître les causes auxquelles les accidents peuvent être attribués.
Je crois devoir vous prier, monsieur le préfet, de vouloir bien rappeler la disposition de l'article 12 de l'arrêté du 15 décembre 18/i8 à M. l'ingénieur en chef des ponts et chaussées, ainsi qu'à MM. les architectes qui peuvent être chairs, dans votre département, de travaux dépendant du ministère des travaux publics. 11 est à désirer que les relevés concernant l'année 18^9 vous soient remis assex tôt pour qu'ils puissent parvenir à l'administration centrale avant le 15 féTrier prochain.
Je vous prie de m'accuser réception de la présente circulaire, dont j'adresse des ampllatlons à MM. les ingénieurs en chef des ponts et chaussées et architectes des bâtiments civils.
Recevez, monsieur le préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
BiNCAV.
TYPHUS. 28d
Noos rappellerons que les ouvriers des chantiers des travaux pu^ biics ont droit à être admis, dans la convalescence de leurs maladies, àTasile impérial de Vincennes sur le simple certificat deTingénieur qui dirige les travaux.
TRKniiBBlfiH. — Les tréfileries de métaux qui exigent Remploi de forges, de laminoirs et de machines à vapeur, sans parbr des opérations accessoires, telles que le découpage, le dérochage, l'étamage et la galvanisation, sont rangées dans la troisième classe des élablissemeuts insalubres.
TRIPiiB, TRiPfiRlB. — Voy. ABATTDiaS, BOUCHERIE.
TCERIKS. — Voy. Abattoirs.
TOlliERlEti. — Les tuileries et briquetterics, d'où s'échappe une fumée épaisse, appartiennent à la deuxième classe des établissements incommodes.
TWAVIL. — Voy. Bitume, Cuivre, Étamage, Plomb et Zinc.
T VPIIVS* — Le typhus (typhus ou fièvre des camps, des hôpitaux, des prisons, fièvre pestilentielle, etc.) est une maladie épidémique et contagieuse qui s'observe en Europe, et prend naissance dans les grands rassemblements d'hommes sains ou malades. Elle est caractérisée par une grande stupeur, par une éruption particulière, et moins essentiellement par un gonflement inflammatoire de la région parotidienne.
L'invasion du typhus est le plus souvent brusque; elle s'annonce par un dégoût particulier, de la céphalalgie, une insomnie quelquefois produite par la terreur dont l'imagination est frappée, une ha*, leine fétide, des douleurs musculaires, et plus rarement par un gonflement passager des parotides. Dès les premiers jours, la physionomie prend un air d'hébétude et de stupeur ; de courts frissons traversent les membres et sont parfois suivis de tremblements; la face est turgescente, la tète lourde; quelques vertiges se joignent à un accablement général qui peut aller jusqu'à la syncope ; la peau est chaude, nais humide ; le pouls large et souple, mais sans beaucoup de fréquence; la langue est à peu près normale, la soif vive et la déglutition ordinairement assez pénible; on remarque quelques nausées, et quelquefois au début des vomissements; la constipation persiste pendant un temps assez long. Il est assez ordinaire qu'il y ait le soir un redoublement dans les principaux symptômes, et particulièrement dans le mouvement fébrile. Vers le quatriènic ou le cinquièire jour,
TAkDIEII. — DICT. D*HTG* T. IV. 1 \)
quelquefois beaucoup plus tard, on voit paraître sur la poitrine, le ventre et la partie postérieure du tronc, des taches d'un rouge pâle ou brillant, quelquefois livides, non saillantes, n'ayant pas plus de ^ k U millimètres, et se montrant généralement en si grand nombre qu'à une petite distance la peau paraît seulement un peu plus rouge qu'à l'ordinaire, mais uniformément colorée. Ces taches durent cinq ou six jours et disparaissent peu à peu. Tous ces symptômes vont en augmentant pendant quelques jours; la stupeur devient de plus en plus profonde; aux tremblements succèdent des mouvements convulsifs, des soubresauts; les sens sont obtus, Tintelligence s'obscurcit de plus en plus, la parole est difficile et embarrassée; les parotides et le tissu cellulaire qui les environne se gonflent et sont douloureusement tendus; très rarement il survient en même temps des bubons axillaires ou inguinaux ; la constipation cesse souvent à cette époque pour faire place à des évacuations félidés ; des sudamina, des marbrures violacées se montrent encore sur la peau; la respiration esl pénible et s'accompagne de toux. La maladie prend alors une marche différente, selon qu'elle doit se terminer par la mort ou par la guérison. Dans le premier cas, la langue devient sèche et fuligineuse, le» narines et les lèvres se couvrent de croûtes noirâtres; les parotides suppurent ou se gangrènent, quelquefois elles disparaissent tout à coup; la dysphagie esl extrême, la peau sèche ou visqueuse; la voix s'éteint; des hémorrbagies intestinales, des péléchies, des épislaxis, des convulsions tétaniques ou une prostration complote, du délire, annoncent la mort, qui survient dans le cours du second septénaire. Lorsque la terminaison est favorable, on voit, vers le deuxième jour, la peau se couvrir de sueur, les sécrétions reprendre leur cours, la physionomie revenir à son expression naturelle, rinteiligence et les Sens s'éclaircir; les forces reviennent lentement; la convalescence est longue ; le gonflement parotidien se dissipe peu à peu par résolution, et presque toujours les cheveux tombent et Tépiderme se renouvelle.
Le typhus ne suit pas toujours cette marche régulière ; il peut, dans certains cas, revêtir dès le début une forme ataxique des plus graves et se terminer par la mort dans un temps très court, et même en vingt-quatre heures. D'autres fois, au contraire, il se montre avec un caractère d'extrême bénignité et constitue une maladie \\rs légère caractérisée par un peu de stupeur et par une éruption particulière, et qui se termine par la guérison en un ou deux septénaire*:. Enfin le typhus peut se compliquer de diverses phlegmasies^ telles que rcncéphalite* lo catarrhe pulmonaire, la pneumonie, une stomatite aphlheuse, la dysenterie, et, dans quelques cas, des gangrêne> partielles.
TYPHUS. Mi
Le typhus est uBe maladie pestilentielle qui parall appartenir exclusivement au climai de TBurope. il se développe dans les lieux où se trouvent réunis et enfermés un grand nombre d'hommes, dans les eamps, dans les hi^pitaux, dans les prisons, «ur les vaisseaux, où il parait du reste ne se développer spontanément que chez les individus déjà malades; mais il peut se propager aux sujets sains par la coatagion médiate ou immédiate, qui est favorisée elle-môme par l'encombrementy le contact répété» les fatigues de toutes Bortes* les pri* valions, la famine, la crainte, le découragement; il attaque à pau près également tous les âges. Les matières organiques en putréfaction ne jouent pas un rôle bien déterminé dans la production du typhus; mais le défaut d'espace, d'air et de lumière suffit à lui seul pour reogendrer, môme chez Ses sujets isolés. L'habitude parait rendre la contagion moins facile.
Ce simple énoncé des causes du typhus en indique la prophylaxie, c'est-à-dire la nécessité de l'évacuation des lieux encombrés où naît le typhus, et des mesures sanitaires propres à combattre la coûtagion. Nous n'aurions donc qu*à rappeler que le tjfphus est du nombre des maladies pestilentielles auxquelles s'appliquent temporairement les règlements quarantainaires, si une occasion assez récente n'avait moDtré quelles mesures spéciales peuvent réclamer les épidémies de typbuB»
AKBÈjé lfUilST£RI£L« DU 29 MAAS 1656, SOR LBS MBSQRBS SAIIITAIRBS A PREIIDRB POUR Ll RRTOOB DBS TROUPES INPBCTiBS PAR LB TYPHUS.
Le ministre secrétaire d'État au département de Tagricullure, du commerce et des travaux publics;
Considérant que le retour eu l'rance des malades de l'armée d'Orient nécessite Vadoption de mesures spéciales et temporaires ayant pour but de préserver la santé publique ;
Vu la loi du 3 mars 1822 ;
Vu la convenUon sanitaire internationale et te règlement qui l'a suivie;
Va, notamment, l'article 1^^ de la convention, portant • . • •
< Tout port sain aura le droit de se prémunir contre un l)âlimeat
» ayant à bord ime maladie réputée imporlabic, telle que le typhus^ etc. ; »
Vu l'article 72 du règlement annexé à ladiie couvcnUon, lequel est ainsi conçu : « Outre les quarantaines prévues et les mesures spécifiées tant par la convention M (lu 19 décembre que par le présent règlement, les autorités sanitaires de cba* » que pays auront le droit, en présence d'un danger imminent et en dehors de
* toute prévision, de prescrire, sous leur responsabilité, devant qui de droit* > lelies mesures qu'elles jugeront indispensables pour le maintien de la santé
• publique ; »
Vu les propositions concertées entre les autorités locales compétentes des ports de Marseille, Toulon et Cette, M. l'inspecteur général des services sanitaires et M, Tinspecteur du service de santé de la guerre ;
Va TadhësioD donnée par S. Exe M. le maréchal mlnislre de la guerre lax propositions précitées sous le rapport du serflœ mllitalret sur le rapport du chef de la division du commerce intérieur, arrête : i
Dispositions générales, — Article l<'^ Les bAtiments de toute nature affectés au transport des troupes évacuées de Tarmée d'Orient, seront arraisonnés en dehors des ports et préalablement à toute communication.
Art. 2. Des dispositions seront concertées avec qui de droit pour que les dépêches soient remises sur-le-champ aux agents chargés de les recevoir. Les coar« riers seront admis à suivre leurs dépêches toutes les fois que les conditions sanitaires de Tarrivage le permettront.
Art. 3. Tout bâtiment exempt de typhus ou d^affection de nature suspecte sera, aux termes de Tarticle 26 du règlement sanitaire Internationa], admis immédia* tement à la libre pratique.
Ari. il» Les bâtiments ayant à bord des malades atteints de typhus ou présentant des symptômes de nature à faire craindre le développement de cette affection, seront Pobjet des mesures suivantes :
Le médecin attaché au service sanitaire fera, en présence du capltabie da lazaret, et de concert avec le médecin du bord, une visite générale de Téquipage et des passagers.
Toute personne atteinte de typhus ou présentant des symptômes de nature ï inspirer quelques soupçons, sera immédiatement débarquée au lazaret.
ArL 5. En cas de dissentiment, Tavis du médecin attaché au service sanitaire prévaudra et devra être suivi. Conformément à Tarticle Ui du règlement sanitaire international, le doute sera toujours interprété dans le sens de la plus grande prudence.
Art 6. Les hommes de Téquipage et les passagers reconnus, après ce triage, exempts de toute affection suspecte, seront déclarés en libre pratique.
Art. 7. Les blessés et les militaires atteints d'affections autres que le typhus et ne présentant aucune apparence de cette dernière affection, seront conduits daas les hôpitaux destinés à les recevoir, lesquels devront être, autant que possible, éloignés de la population agglomérée et placés dans de bonnes conditions de salubrité.
Art. 8. Les militaires évacués ne seront mis en route qu'après un temps de repos, dont la durée, réglée sur les possibilités du service, est laissée à Pappréciation de l'intendance militaire.
Art. .9. Ce temps de repos sera employé à nettoyer les hommes et à les laver.
Un bain chaud d'eau douce ou d'eau de mer, additionné d'une suffisante quaotilé de sous-carbonate de soude (1) ou de savon commun, sera donné i tous ceux qui seront jugés en état de le prendre, et l'on veillera & ce que cbaqoe homme ait ensuite du linge blanc
Art. 10. Le départ des militaires se fera en évitant, autant que possible, toot rapport avec la ville.
Art. 11. Si des cas de typhus ou d'affection suspecte, développés après coap.
(i) 350 grammet pour un hain frûinairr.
leDaieDl à se déclarer pendant ce repos, les malades seraient immédiatement séparés des antres, et isolés.
Art 12. Tons les malades (yphiques« les civils aussi bien que les militaires, seront nourris et traités par les soins de la guerre, sous la surveillance réglementaire du service sanitaire.
Un compte sera établi, d'administration à administration, pour les frais de toale sorte occasionnés à la guerre par les malades civils.
Art. 13« Les médecins militaires auront seuls la direction du traitement médical, et nul autre médecin ne pourra s^y immiscer.
Art lA. Les malades seront divisés en trois catégories :
Dans la première, seront placés les malades positivement atteints de typhus; dans la deuxième, ceux qui en seront simplement menacés ou n*en seront aueiols qu'à un Cadhle degré ; dans la troisième, les convalescents destinés à être ]>rocliainement évacués.
Le médecin militaire traitant a, dans ses attributions, la détermination des catégories et le passage de Tune dans Pautre.
Art 15. Il désigne les malades qui lui paraissent en état de sortir.
Toutefois, les sorties n*ont lien qu'après une décision du médecin attaché au service sanitaire, et approuvée par le directeur de la santé.
Art 16. Un état de situation et de mouvement des malades sera remis, chaque jour, au capitaine du lazaret, pour être adressé au directeur de la santé. Cet état sera fait suivant un modèle arrêté entre les services Intéressés.
Art. 17. Les bAtiments qui auront servi au transport des troupes évacuées de Tannée d'Orient seront Tobjec d'une surveillance sanitaire spéciale. Ils seront, araot toute communication, nettoyés et assainis avec le plus grand soin.
Art 18. Toutes les fois que le directeur de la santé l'aura jugé nécessaire, ce aenoiement et cet assainissement seront effectués an lazaret
Art 19. Si un iiâtiment se présentait dans des conditions manifestement compromettantes pour la santé publique et avec un liombre de malades tel que tout Tarrivage dût être considéré comme suspect, le directeur de la santé, usant de Tantorité qui lui est conférée par les règlements en vigueur, aurait le droit de prononcer la mise en quarantaine proprement dite de ce bâtiment, et de prendre, soQs sa responsabilité, telles mesures qu'il jugerait nécessaires, sauf à en donner avis immédiatement au ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, qoi fixerait la durée de la quarantaine.
Art 20. Le service sanitaire restant investi de la surveillance qui lui est attriboée par les lois et règlements en vigueur, nulle personne attachée à l'hôpital milliaire du lazaret ne pourra se rendre en ville qu'avec le consentement du Bédedn sanitaire et du capitaine du lazaret, et sur une pennisskm écrite et motivée de l'intendance.
Diifositions particulières à Marseille.-^ Art. 21. Les arraisonnements auront iiea au Frioul.
Art. 22. Quand les bâtiments seront retenus, les dépêches et les courriers seront apportés an moyen d'embarcations disposées â cet eifel, ou» s'il y a lieu» par on bateau â vapeur.
Art. 23. Les malades atteints ou suspects de typhus seront débarqués au
2W TYPHOS.
Frioiil et |iUcés daas les salles du petit hangar, ôo dans tonte autre partie de rdlablissement qui pourra leur élre assignée.
Art. ^ Us blessés et les malades simples reconnus exempts de typhus seront coiMkrits à riiùpital militaire de Marseille.
Art. 25. Pour le repos et les soins corporels prt^vus par l'article 9, les mlll<^ laires ôTamiés seront planés dau les bàtlmeots de l^anelen laaareC continental, disposés à cet effet.
Art. 26. Las cas de typhus oa d*afieclion auspeclequi vtendralent à se déclarer parmi eux seront mis dans Tiiôpilal spédai préparé pour les reœvoh-, dans ht galerie dite des Princes.
An. 27. Les militaires partant par le chenulii de fer 8*y rendront sans entrer dauA ia ville.
Dispositùms parUetUières à Toulon, — Art. 38. Lae kâliUeots arrivant avec des troupes évacuées de l'armée d'Orient et se présentant poor être arraisonnés, mouilleront dans la grande rade ou dans la rade do lacaret.
Art. 29. Les malades atteints ou suspects de typiins seront placés dans le grand et le petit enclos du lazaret.
Art. 30. Les hommes déclarés en libre pratique seront, pour le rt^pos et les soins prévus par l'article 9, placés dans Tenclos neuf.
Arl. 31. SI dee cas de typhus on d'afieetlon suspecte venaient k se déclarer parmi eux*, les malades seraient révnis anx antres typMqnes et placés avec eot dans le petit et le grand endoa.
Art 32. Un médecin spéelal sera attaché as aer? lee saohalre pour tonte la darée des évacnations d'Orient. Il aura le titre de médecin de la dirn-tion du lazaret,
Ge médecin sera, comme tons les agents du service sanHatre, sous rautorité immédiate du direcienr de la santé.
Outre les ficmctlons générales atttrîboées parles règlements aux médecios attachés an service sanitaire, W anra pour mission spéciale de velNer an triage des typhiqnes et à leur séparatloii, ainsi qu'aux évacuathms.
Il sera tenu de résider au lauret tentes les fois que sa présence y sera jugée nécessaire.
Art 33. Les mMlaires qni feront roule de Tonlon pour se rendre à leur destination, devront être dirigés de manière à éviter, autant que possible, tont rapport avec la ville.
ùispositions particulières au port de Cette, — Art. 34. Les bâtiments seront monftilés et arraisonnés k l'extrémlié du qnal appelé le Môle, à Pooest du fort Saint-liOuis.
Art 35. Les matades. tant civils qne militaires, seront débarqués immédiatement Tous seront conduits ù l'hôpital baraqué établi au bord de la mer.
Les malades atteints de typhus propremenl dit seront placés dans la hiraque la plus rapprochée du rivage, les cas légers ou simplement sufpect^ dans la seesttde et an besoi» dans la troisième, les malades simpies dans les suivantes.
art 36. Uoe baraque disposée et installée à cet effet sera spédalenienf affectfe aux soins corporels et au rcpjs prescrit par l'article 9 ; dos bainn y seront t^tabH^ eu oonséqMeace.
Art. 37. Afirès ces soins et )a séparation des cas de typhus qui viendraieiit h m dédarari les malades siaiples, blessés ou convalesceuts, seront» selon les dreonstances, ou laissés dans les baraquest on conduits à rhôpital de la ville pour y être traités.
Art. 38. Ceux qui seront reconnus en état de faire route, seront évacués le plus promptement possible.
Art 39. Les malades arrivant à Cette après avoir stationné à Marseille ou ailleurs seront mis, selon qu*il y aura de la place, à Thôpital de la ville ou à Phôpifal provisoire, les deux établissements étant destinés à se èuppléer Ton Tautre; toutefois en évllant, autant que possible, de recevoir les cas dfi typhus dans ]*h6« pilai de la ville.
Art. 60. Suivant leur degré de malpropreté et dMnfection, les bAtiments seront nettoyés et purifiés* soit au lieu même du mouillage^ soit an lien dit la Quarantaine, soit même près du brise-lame.
Art Ai. S^il en est besoin, un médecin sera attaché au service sanitaire, pour la durée des évacuations d*Orient, afin de seconder le directeur de la santé dans ses opérations et de veiller à Texécntion des mesures prescrites psr le présent règlement.
Art A2. Le présent arrêté sera publié et afllché, ainsi qu'il est prescrit par rartide i«', { B, de la loi du 3 mars 1832.
Tome infraction aux disposillons qui précèdent sera jioursnivift et réprimée conrormément aux lois et règlements, notamment à Tartide 16 de la loi précitée*
Art A3. Les préfets des départemenu des Booches-du«Rhê«e, ^u Var et de ruérault, et les directeurs de la santé à Marseille, Toulon et Cette, sont clMifés, chacun eo ce qui k concerne, de Texécntion du présent arrêté*
Signé E. RoOHta.
Voy, Contagion, Épidémies, Sanitaire (Régime.)
nMiTJBli. -p- La fabrication des urates par le mélange de l'urine avec la chaia, le plâtre et les terres, répand une odeur infeela qui en a motivé le classement dans la première classe des établissements iusalubres.
UEllWB. — Voy. Engrais, Fosses d'aisances, Orseille, Voiries.
ramollis. -^ Parmi les conditions de salubrité et de propreté les plus essentielles dans les lieux habités, il importe de ne pas négliger celles qui se rapportent à Técoulement des urines sur la voie publique. Il nous sera permis, bien que ce ne soit pas tout à fait de notre domaine, de rappeler quel sérieux intérêt il y aurait au point de vue de Téconomie agricole et industrielle, à recueillir les urines humaines et celles des animaux domestiques; car il j aurait là en, même temps un moyen d'éviter Tinsalabrité parfois si considérable qui résulte de la décomposition de Turine autour des habitations. M. Chevallier, dans un mémoire sur les usages de ce produit de séoré-
lion, a indiqué comment, dans certaines contrées oix l'agriculture est en honneur, on ne laisse pas perdre Turine; et comment on pourrait la désinfecter au moment où elle est rendue, en y mélangeant de rhuile de goudron, ainsi que Tavait indiqué H. Bayard. Tant qu'on n'aura pas réussi à faire pénétrer ces idées dans l'opinion et dans les habitudes des populations, il faudra.se contenter d'assurer un écoulement facile à Turine. C'est là l'objet des urinoirs disposés sur la voie publique et dont la construction doit être formellement prescrite par les autorités municipales. Nous citons en exemple l'arrêté suivant émané du préfet de la Seine :
ARRÊTÉ RéGLBMERTAIRE DU 26 MARS 1850 POUR LA CONSTRUCTIOir DES
Noos, représentant du peuple, préfet.
Va les lois et règlements sar la voirie de Paris et sur les travaux d'assainisse* ment des rues ;
Vu nos instructions sur les inconvénients du grillage des cuvettes d*urinoirs ;
Vu les rapports des ingénieurs du service municipal, et notamment celui de ringénieur en chef directeur, du 10 janvier dernier, sur la constractioa des urinoirs ;
Considérant que le grand nombre des lieux inieclés par ia projection des urines esi une cause grave d*insalabrilé, et qu*en attendant la création, daas toute la ville, d*urinoirs définitifs qui puissent changer les habitudes du poUic, il convient d*assainir par des travaux appropriés k chaque localité les pohils insalubres et de régler les voies et moyens d^exécution par rapport aux propriétés privées :
Arrêtons :
Art i". Des urinoirs contre les murs des établissements publics ou des maisons particulières ne pourront être établis qu*après l'autorisation des administrations spéciales pour les premiers, et le consentement par écrit des propriétaires pour les maisons.
ArL 2. A moins de dispositions particulières, dont les ingénieurs nous soumettront les projets, les urinoirs seront formés de la^es émaillées appliquées contre les murs et formant dans les encoignures le même angle que ceux-cL
La cuvette sera établie à ciel ouvert et sans grille, an moyen d'une simple dépression qui ramène les liquides dans la gargouille.
Une rainure d'un demi-centimètre de profondeur à 0",50 au moins de l'angle sera creusée pour ramener pareillement les eaux qui sortiraient de la cuvette.
I^s gargouilles de fonte des urinoirs devront être posées un peu au-dessous des dalles voisines, et avoir dans les bords de leur rainure des entailles pour recevoir les eaux latérales et éviter leur écoulement sur Paire des trottoirs.
Art. 3. lies gargouilles particulières des malsons seront fondues et posées avec les mêmes dispositions.
Au hà% des tuyaux 4e d|uçei|le des chéoeaux. la pente de iliire, sur environ
30 ccutimèlres de cliaque côté, sera légèiiiinciit inclinés vci*9 la gargouille pour y ramener les eaux.
Art. &. Les anciens travaux qui n*auront pas les dispositions ci-dessus indiquées les recevront sncce:isivemcnt au fur et à mesure des reconstructions.
Berger.
Voy. Fosses d*aisances, Vidanges.
VSTElVUIiCSS. — Voy, Cuivre, Plomb, Zinc.
VACGKVATlOli. — Entre toutes les questions importantes qui constituent Thygiène publique, la vaccine est sans contredit une de celles qui méritent le plus l<attention en raison de la révolution qu'a opérée dans les conditions de la santé et de la ne des peuples mO'demes la bienfaisante et intimortelle découverte de Jenner. Et cependant, quoiqu'un deoii-siècle d'expériences pratiquées sur des millions d'individus atteste sa puissance merveilleuse, il est utile, dans l'intérêt de la vaccine elle-même, d'en contrôler de temps en temps les résultats, afin de conserver au vaccin ses propriétés natives, et aux générations nouvelles la confiance dans ses bienfaits.
Avant la découverte de la vaccine, la variole se manifestait presque toujours d'une manière épidémique, et alors ses ravages étaient si grands, qu'ils glaçaient d'effroi les populations sur lesquelles ils sévissaient. En présence d'un fléau si redoutable, la médecine alla au-devant de la variole, en pratiquant l'inoculation. Elle espérait, par ce procédé hardi, éteindre les épidémies de .variole, en ramenant cette maladie à l'état sporadique. De plus, choisissant la variole discrète, toujours si bénigne, pour en introduire le produit dans l'écooomie, elle espérait encore prévenir les varioles confluentes presque toujours mortelles. Elle s'attendait ainsi à réaliser par cette méthode une des grandes vues contenues dan^ les belles pages de Sydenham sur la variole. Si les prévisions de la médecine ne furent pas toujours réalisées, si la malignité inhérente au virus varioleux trompa souvent son attente, les résultats de l'inoculation furent néanmoins assez avantageux pour convertir à cette méthode les médecins instruits du lîiu* siècle.
Jenner était un de ses partisans. Depuis bien longtemps, sans doute, les personnes occupées à traire les vaches atteintes de cowpox étaient exemptes du tribut varioleux, mais Jenner eut seul le génie de féconder les faits que l'observation révélait, en remontant à leur principe et d'en déduire les conséquences. En effet, il vit dans le cowpox le préservatif, l'antidote de la petite vérole de l'homme; dans l'action de traire, le mode d'inoculation, et ses effets dans l'immunité varioleuse des personnes occupées à ce genre de travail.
Transporté de la vache à l'homme, le cowpox dépassa toutes les espérances que la médecine avait en vain attendues de Tinoculation môme de la variole à l'homme. Le vaccin, en un mot, si innocent, si bénin, fut substitué à la variole qui décimait notre espèce. Le cowpox n*est pas, à proprement parler, une maladie de Thomme, ce n'est pas une semence humaine, c'est une semence bovine que l'on transporte sur l'homme, c'est-à-dire sur un terrain qui n'est pas le sien ; aussi il lui arrive ce qu'on voit arriver aux plantes qui ne sont pas $ur leur sol naturel, il dégénère.
Pour pratiquer la vaccination, il suffit de prendre du virug-Taccîn. soit au bras d'un en&nt, soit sur la plaque ou dans le tube de verre où il est conservé, et de le transporter, à l'aide de la lancette, sur le bras de l'individu qu'on veut vacciner. On pratique ainsi trois, quatre, cinq, six piqûres à chaque bras. Si la vaccination a lieu sur un enfant nouveau- né, ce qui peut se faire sans danger, il vaut mieux ne pas multiplier et surtout ne pas trop rapprocher les piqûres. Pen<lant les trois premiers jours qui suivent, lorsque les conditions sont )>onhes du côté du virus et du sujet, rien ne se manifeste, sauf vme petite rougeur, qui se montre le premier jour au lieu de la piqûre, et s'efface le jour même. Au quatrième jour seulement, on voit apparaître une petite papule rouge, qui, le cinquième jour, devient un peu plus ucuminée, s'élargit le sixième sans s'entourer d'une aréole, s'élargit encore, et s'ombilique au septième jour. C'est le huitième seulement que commence à se dessiner l'aréole inflammatoire, qui va s'agrandissant le neuvième jour, acquiert 2, S, 6 et 5 centimètres d'étendue. Au dixième jour, elle commence à décroître, la pustule se sèche vers le onzième jour, et, du quinzième au vingtième, la croûte tombe, laissant à sa place une cicatrice semblable k celle d'une pustule d'ecthyma. Voilà la vaccine telle qu'on la voit tous les jours, déterminant des symptômes locaux que nous venons d Indiquer; mais le cowpox inoculé, lorsqu'il n'a rien perdu de sa violence, après trois, quatre, cinq générations par exemple, agit d'une manière plus énergique. La pustule est plus large, le liquide plus opalin, l'aréole plus étendue; la chute de la croûte n'arrive que du vingtième au vingt-deuxième jour, en sorte qu'il existe une très grande difTérence entre le cowpox de la troisième génération, ou de la centième par exemple.
Dès le cinquième jour de l'inoculation vaccinale, lorsqu'on fait une attention sérieuse à l'enfant, on remarque quelques troubles dans sa santé, troubles caractérisés tantôt par de la diarrhée et de rabattement, tantôt seulement par de la mauvaise humeur; ils darent une demi-journée à une journée tout au plus. Pendant les sixième, septième et huitième jours, on n'aperçoit rien de notable, maïs vers la
lin du huitième, lorsque les ganglions de Taisselle commencent à s'engorger et que l'aréole se dessine et s'étend, éclate un mouTement fébrile^ que les vaccinatenrs ont appelé fièvre vaccinale^ et auquel ils attachent une très grande importance; cette fièvre dure deux ou trois jours, plus intense chez les enfants inoculés avec le vaccin régé" néré que chez ceux qui l'ont été avec le vieux vaccin; elle eslpropoiv lionnée à l'âge du vaccin et au nombre des pustules. Elle est en raison inverse de l'ftge du vaccin et en raison directe du nombre ûd^ pustules. Lorsqu'il n'existe qu'une seule pustule, le mouvement fébrile est nul ou à peu près nul; s'il y en a six, sept, huit, dix, la fièvre devient de plus en plus intense. Il survient dans le cours de la vaccine on accident qui acquiert quelquefois une certaine impor* lance. C'est une éruption générale, appelée exanthème vaccinât^ rare l'hiver, commune au contraire l'été. Cette éruption sunient de môme du neuvième an onzième jour de la vaccine; elle est morbillifornie, quelquefois scarlatiniforme, quelquefois, mais très rarement, pustuleuse. Il est probable que cette dernière forme n'est que le résultat d'inoculations opérées par l'enftmt lui-même en.se grattant.
Lei cicatrices qui succèdent aux pustules d'inoculation ont sou-' levé bien des discussions. En Angleterre^ on avait établi que, pour que le virn^vacein fût bon, il devait laisser une cicatrice étroite, d'un centimètre au plus, ronde, régulière, représentant une plaque gaufrée, analogue à une plaque de Peyer normale. Quaiid, au contraire, on trouvait une cicatrice vaccinale irrégulière dans sa forme, allongée, au lieu d*ôtre ronde, ou à peine marquée, comme la cicatrice d'une bulle de pompholix ou de pemphigus, on disait que le TÎrus qui avait produit une pareille cicatrice était mauvais, que c'était un vaccin non préservatif. Toutefois, pendant les épidémies de variole, observées tant en France qu'à l'étranger, dans les revaccî- Dations qui furent faites en Allemagne sur les troupes wurtembergeoises les médecins portèrent toute leur attention sur cette question des eicalrices vaccinales. On croyait qu'il ne fallait revacciner que les individus portant des cicatrices irréguHères, et Ton agissait en conséquence. Les épidémies de variole démontrèrent que la maladie ne respectait pas plus les individus à cicatrices régulières que les autres, et comme contre-épreuve, dans les vaccinations, il fut prouvé que le vaccin prenait tout aussi bien sur les premiers que sur les seconds. Dès lors la question des cicatrices vaccinales perdit de son importance.
Les épidémies de variole ayant presque disparu pendant un quart de siècle en Europe, après la propagation de la découverte de Jenner, on Ibt tenté de nier la merveilleuse puissance de ce moyeu prophylactique, lorsqu'on vit de toutes parts de nouvelles épidémies
varioliques se monlrer ; et quoiqu'elles fussenl moins meurlHères qu'avant la découverte de la vaccine, néanmoins, comme un très grand nombre de personnes vaccinées en étaient atteintes, on a dû se demander quelle était la limite de préservation du vaccin. On comprend quelle importance, pour les populations, une pareille question pouvait avoir.
De 1799 à 1816, la préservation de la variole par la vaccine ne pouvait pas même être mise en doute un seul instant. De l'avis de tous, la vaccine préservait aussi sûrement que la variole elle-même. En 1816, on reconnut que les cas de variole, après le vaccin, n'étaient pas des cas rares, exceptionnels, mais qu'ils se multipliaient en assez grand nombre. Puis vinrent les épidémies de 1819 h 1824, qui firent de si nombreuses victimes. A Marseille seulement, on compta jusqu'à 30000 varioleux. Alors on fût obligé de reconnaître que la vaccine ne préservait plus d'une manière absolue, mais seulement d'une manière relative. La Société Jennérienne elle-même dut accepter cette conclusion déduite de l'observation des faits. On se demanda même si cette immunité relative existait réellement. Cette question fut résolue affirmativement par les épidémies qui éclatèrent en Fhince, en Angleterre et en Allemagne. On croyait que, lorsque la variole venait à sévir sur une population, elle frappait en variolofde les individus vaccinés, et en variole ceux qui ne l'étaient pas. On rit alors des vaccinés pris de variole, mais en nombre beaucoup moins considérable que les individus non vaccinés. Ceux-ci furent frappés en masse, et, tandis que l'épidémie faisait parmi eux d'effroyables ravages, elle se montrait bénigne aux premiers. Du côté des vaccinés, on comptait un mort sur cinquante, tandis que du côté des autres, on en comptait un sur quatre ou cinq. Il résultait de là évidemment que la vaccine donnait une immunité relative.
On avait voulu établir que l'immunité apportée par la vaccine était la même que celle qui était acquise par une variole antérieure ; mais on vit dans l'épidémie de Marseille que les anciens varioles n'entraient que pour 1/69' dans le nombre des malades, tandis que les vaccinés entraient pour 1/7* : d'où il résultait que la vaccine avait un pouvoir préservatif beaucoup moindre que celui de la variole.
Si nous considérons quelles sont les causes de cette moindre préservation, nous devons voir ce qui se passe dans l'inoculation du faux vaccin; nous trouvons que l'individu ainsi inoculé n'est pas plus préservé que si on lui avait inoculé une simple pustule d'ecthyma. U production de la fausse vaccine tient, soit à une altération du vaccin, soit à une mauvaise disposition du sujet Déjà Jenner, Gregory et d'autres vaccinateurs avaient été frappés des anomalies que le vaccin présentait chez certains individus, et ils avaient attribué ce phé-
Domène i une mauvaise disposition des sujets. Voilà déjà une cause de noo-préservation inhérente à l'individu et dépendante d'une dis* position anonnale et inconnue de l'économie. Anssi Tobservation parait avoir démontré d'une façon péremptoire, que l'intensité de la verto préservatrice du vaccin dépend de deux conditions principales, qui sont : l"" l'âge du vaccin employé; 2* le temps écoulé depuis la vaccination. On a observé, en Angleterre, que les individus vaccinés les premiers dans la période de 1799 à 1802, 1803, 180&, alors que leTaccin n'avait pas encore passé par de trop nombreuses générations, avaient été généralement à l'abri des atteintes de la variole. De môme, en France, les personnes qui furent vaccinées vers la même époque, ont été, dans les épidémies subséquentes, plus à l'abri de l'influence varioliqae que les vaccinés de 1815, 1816, 1820, etc. On a remarqué aussi que les individus vaccinés avec le cowpox nouveau avaient été beaucoup mieux préservés que les personnes vaccinées avec le vieux cowpox déjà transmis par plusieurs centaines de générations successives d'enfants à enfants. L'&ge du vaccin est donc une cause réelle de dégénéraUon qui diminue sa vertu préservatrice. Le temps écoulé depuis la vaccination est une condition encore de moindre préservation du vaccin. Dans les expériences faites en Angleterre, au moment où Ton parlait beaucoup de la non-immunité de la vaccine, on inocula un certain nombre d'enfants vaccinés depuis quelques années seulement, et l'on ne put leur donner la variole, Tinoculation ne prit pas. Pendant les épidémies de variole qui ont désolé l'Europe, des médecins instruits ont remarqué que des enfants vaccinés depuis deux, trois, quatre, six, buit, dix ans, prenaient la varioloïde, mais ils ont noté aussi que le nombi*e des enfants atteints était d'autant plus considérable que la date de la vaccination était plus éloignée.
Ils en ont conclu avec raison que plus il y avait de temps qu'on était vacciné, moins on ressentait les bienfaits de l'immunité; si bien qu'il y a plus de cbance de contracter la variole après quinze ans qu'après dix, plus après dix qu'après cinq, et ainsi de suite, toutes choses égales d'ailleurs, c'est-à-dire le nombre de pustules d'inoculation et les autres circonstances ayant été les mêmes. Ces faits conduisent naturellement à la question de la dégénéraiion du vaccin, question très grave pour la médecine et l'bygiène publique. Jenner ne s'était jamais laissé aveugler par sa brillante découverte. Sans doute ilen comprit bien toute l'importance, mais longtemps avant sa mort, ii pressentit qu'autant par la faute des vaccinateurs que par le vaccin lui-même, il se produirait des altérations considérables dans l'énergie préservatrice de la vaccine ; il ne se trompait pas. Si l'on compare l'ancien cowpox au nouveag, le vaccin de 1824 à celui de 1801 ou à celui que Steinbauer a régénéré en Alsace en iSk5, nous les
voyons produire des effeta bien diiférents. Si l'on compare, en cffeU sur les dessins qui nous ont été conservés, les inoculations vaccinales de 1799, 1801, 1802 à celles de 182^, ce n'est plus la môme chose. Ces dernières ont moins de largeur, Taréole inflammatoire eat moins étendue, la dessiccation s'opère plus rapidement; tandis que les pustules des inoculations de 1824 se sont séchées et sont déjà tombées au bout de qualorse ou quinze jours, celles de 1799, de 1801, 1802 persistent encore après trois semaines. D'autre part, les résultats produits avec le vaccin régénéré ^ont conformes à ceux obtemis avec le vaccin primitif, alors qu'il n'avait encore passé que par un très petit nombre de générations. Mois il est d'autres causes de l'affaiblissement du virus, et qui semblent tenir à leur transmission même. Jenner disait : C'est au sixième ou au septième jour que le vaccin a le plus d'énergie. Si vous prenez de la sérosité vaccinale au sixième jour, vous en aurez peu, mais elle sera très énergique. Celte sérosité aura moins d'énergie au huitième jour, quoiqu'elle en conserve beaucoup. Puis la virulence ira en diminuant les jours sui* vanls, de telle sorte^qu'au dixième jour elle sera complètement perdue. Voilà donc un virus qui, probablement, à cause de sa dilution, perd en vieillissant sa propriété virulente. Aussi Jenner recommandait de prendre le vaccin au sixième jour, ou au plus tard le septième, afin d'avoir un vaccin de première viruleiu;e. Mais il est ariivé, ce qui avait été prévu par cet illustre observateur, c'est que, par suite d'une habitude invétérée non-seulement dans la pratique privée, mais dans les établissements publics, nous ne pt*enons le vaccin que le huitième jour, à une époque oii sa virulence est affaiblie.
En présence de ces faits, qui montrent avec évidence l'affaiblissement du pouvoir prophylactique du vaccin, à mesure qu'il vieillit et à mesure qu'on s'éloigne du moment de l'inoculation de ce vini<, l'idée dut venir aux médecins de chercher à placer les individus dans les conditions où l'influence d'une vaccination récente met TécomM mie humaine. C'est ce qui fut fait dans plusieurs pays. Le gouvernement wurtembergeois ordonna dans ses armées de nombreuses vaccinations, dans lesquelles on vit le vaccin réussir d'autant mieux que la date de la première vaccination était plus éloignée. Le dm^teur Heim, médecin des armées wurtembergeoises, recueillit ikOOOO cas de revaccination. Sur ce nombre, il se trouva 20 OOd \*accincs régulières. Les individus de celte catégorie étaient des jeunes recrues de vingt à vingt et un ans, qui, par conséquent, dans un pays où la vaccine es offlciellement organisée, avaient* été vaccinés à peu près vingt ans auparavant. Ces recrues prirent une vaccine légitime dans sa uiurchc et dans ses formes, et Ccipable d'étro transmise avec sut** ces à des enfants non vaccinés. Sur ces &0 000 cas, il y eut encore
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5000 vacciooîdes ou fausses vaccines, ce qui indiquait une perte près* que absolue, mais aon complète, de Timmunité. Enfin, oh trouva 15000 individus eomplétem^ot réfractaires 4 la vaccination^ ayant par conséquent conservé leur immunité. 11 y eut donc, sur un nombre de 40 000 hommes déjà vaccinés, 20000 individus aptes à reprendre la vaccine, et par conséquent la variole.
Du moment que le gouvernement wurlembergeois eut ordonné la vaccination, on vit diminuer considérablement parmi les troupes le chiffre des varioleux. Ainsi en 1824, on comptait dans Tarmée 619 varioleux; en 4835, il y en avait 250; 150 en 1836, et 04 en 1837. Ainsi, en quelques années, le chiffre des varioleux était descendu de (19 à 04, c'est-à-dire que la revaccination avait épargné la variole à plus de 500 individus sur 600.
Dans une épidémie de variole qui régna en Bretagne, M. le doc-* teur Guiilot parvint, dans les localités de son ressort, à éteindre l'épidémie par la revaccination générale de la population.
En Prusse, en Bavière, dans le duché de Bade, des épidémies fti«» renl arrêtées par des revaccinations pratiquées en masse sur les populations ; tandis que dans les pays voisins, où les médecins, se fiant à rimmunilé de la vaccination première, crurent devoir négliger cette précaution, la mortalité fut considérable, ou du moins un grand nombre d'individus prirent la variole. La revaccination est donc, dansées épidémies, d'une immense utilité, puisqu'elle empêche la maladie de s'étendre, en donnant aux populations une immunité nouvelle.
Mais si l'immunité concédée par le vaccin se perd au bout d'un certain temps, après combien de temps se perd-elle? En d'autres termes, à quels intervalles faut-il revacciner? C'est là une question de la plus haute importance. Or, nous avons déjà vu que, dans les revaccinations pratiquées sur 40 000 hommes de l'armée wurtembergeoise^ 20 000 reprirent la vaccine légitime après vingt ans écoulés depuis une première vaccination. Nous pouvons raisonnablement conclure de ce fait qu'après vingt ans la moitié d'une population a complètement perdu l'immunité vaccinale. Mais si ta moitié des individus qui composent une population a certainement perdu cette immunité au bout de vingt ans, il est extrêmement probable que beaucoup d'entre eux l'avaient déjà perdue plus ou moins longtemps auparavant : au bout de quinze, dix, huit, cinq ans, etc.
Si Ton étudie attentivement ce qui se passe dans les épidémies de variole, on voit un grand nombre d'individus prendre la varioloîde, après cinq, huit, dix ans écoulés depuis la première vaccination. Il semble donc utile de revacciner au bout de cinq ans, puisque l'expérience démontre qu'après ce laps de temps l'immunité peut être
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complètement perdue. Or, comme on ne peut prévoir à priori où en est l'immunité, il vaut mieux pratiquer des revaccinations un certain nombre de fois pendant la vie, que de laisser les individus exposés aux dangers plus ou moins sérieux d'une varioloîde ou d'une variole. On doit, pour ces vaccinations nouvelles, comme pour la première lois, avoir la même attention eu égard au nombre des piqûres. Il est important, en effet, quand on inocule le vaccin, quel que soit le nombre des vaccinations antérieures, de multiplier les piqûres. Dans le relevé des vaccinations faites par Eichom, il est démontré que plus le nombre des pustules développées dans la première vaccination avait été grand, moins la revaccination avait de chance de réussir. De son travail statistique, il résulte que les indi* vidus vaccinés chez lesquels on détermine la formation d'un grand nombre de pustules, reprennent moins facilement la vaccine que ceux dont les pustules vaccinales ont été moins nombreuses.
Malgré les bienfaits éclatants du vaccin, ce moyen prophylactique par excellence a été attaqué avec persistance par M. Hector Caroot, ancien officier d'artillerie. Ce mathématicien croit pouvoir prouver par des chiffres que la mort prélève aujourd'hui sur la jeunesse, sous des noms inconnus auxviii* siècle, le tribut que la petite vérole imposait alors à l'enfance, et que la découverte de la vaccine n'a pas été étrangère à ce résultat déplorable. M. le baron Ch. Dupin, et après lui M. le docteur Bertillon, ont fait justice de l'erreur évidente de raisonnement commise à cei égard par M. Carnot. Mais cette opinion presque absolument isolée, et en opposition avec tout ce que l'étude et l'observation démontrent, n'a eu aucun retentissement, et de toutes parts les gouvernements persévèrent avec raison dans les encouragements qui assurent la diffusion de la vaccine ; car ce précieux moyen prophylactique, indépendamment du nombre considérable de vies qu'il a épargnées, a rendu aux populations l'immense service de diminuer la proportion des aveugles, des sourds et des infirmes de toute espèce que la variole produisait chaque année.
Il nous reste à faire connaître le rôle actif qu'a joué l'administration supérieure, et la bienfaisante initiative dont elle a fait preu\tr pour encourager et propager dans notre pays les progrès de la vaccination. Depuis cinquante ans, le gouvernement n'a pas cessé d'exercer sur ce point une action tutélaire, qui, confiée successivement au Comité central de vaccine, à la Société centrale de vaccine, et enfin à V Académie de médecine, a tant contribué à répandre les bienfaits de l'utile découverte. Nous allons donc citer ici quelques documents officiels, qui n'ont pas seulement un intérêt historique, mais qui contiennent l'exposé des règles à siuivre encore actuellement, tant par les autorités locales que par les honorables médecins qui continuent
avec tant de zèle et de louable persévérance Tœavre des premiers propagateurs de la vaccine.
CmCULAIBC lUmSTÉRiettE D0 26 MAI i803 KBUTIVI A LA PROPAGATION DE
LA VAGGIlie.
De tooles les maladies qui affligent l'espèce homaine, il n'en est peut-élre point de pins meoririère que la petite v^ole ; des eakuls eerialQs preuveot qu'elle eniève, année commune, le sixième ou le septième des sujets qui en sont attaqués, et que dans les épidémies elle en moissonne souvent le tiers, f/inocula* tioo éuit la seule ressource que la médecine pût opposer k ce redoutable fléau. Cène méthode, introduite en France depuis plus de cinquante ans, était avec raison, considérée comme un bienfait pour l*bufflanité, puisqu'elle diminuait de beaucoup la mortalité ; mats comme elle est encore accompagnée de quelques dangers) on ne la pratiquait avec une certaine étendue que dans les villes, et Ton ne serait parvenu qu'avec une peine extrême à la faire adopter générale'* menL
Une découverte bien supérieure k l'inoculation est oflerte aujourd'hui k la aodélé, je veux parier de la vaccine. Les grandes espérances que ses partisans foodèrenl sur ce nouveau préservatif fixèrent l'attention du gouvernement, et l'engagèrent à encourager les expériences propres k en constater les avantages oa les inconvénients, il devait, dans une affaire d'un si haut intérêt, se tenir également en garde contre l'enthousiasme qui accueille avidement toutes les découvertes nouvelles, et contre les déclamations passionnées des hommes qui regardent généralement avec délaveur tout ce qui d'écarté de la routine et qui i»rte avec soi l'idée d'une innovation. Il fallait à cet égard s'en rapporter ualqoement aux faits et à l'observation.
C'est dans ces circonstances, et pour favoriser les vues du gouvernement, qn'ii se forma à Paris, sous ses auspices, un comité centrai de vaccine. Cette association, .composée dliommes instruits et dégagés de toute espèce de préjugés, »'est occupée sans relâche, et avec un sèle digne des plus grands éloges, de i'aamen de cette précieuse découverte. Elle vient euGui après trois années de travaux et d'observations, de publier le résultat de ses recherches et de ses expérieoccs. Le rapport dont elle a fait hommage au gouvernement prouve de la manière la phis convaincante que la vaccine réunit tous les avantages de la petite vérole faiocolée, sans présenter aucun de tes inconvénients; qu'on peut la pratiqoer sans courir le risque de la répandre, en multipliant les foyers de contagion ; CD on mot, que c'est une maladie extrêmement bénigne, exempte de toute antre éroption que celle des piqAres, sans danger pour celui qui en est atteint, et qui le préserve pour toujours de prendre la petite vérole.
Depuis trois ans que le comité pratique l'Inoculation de la vaccine, eUe lui a coDsuimment offert des résoltau aaiisiaisants, et jamais aucun accident n'a déposé contre cette méthode, ii a reconnu,d'ailleurs, qu'elle n'avait aucune suite Achense qoi lui fût propre, et qu*elie ne pouvait exciter aucune autre maladie.
Des avantages aussi précieux, constatés avec la jilus grande authenticité par des hommes de l'art investis de la conIJance publique, fixent irrévocablemeot TofiiQion sur la vaccine.
TAKDIIU. — DICT. D*HTC. T. IV. SO
Je m'empresse, en conséquence, de vous recommander de foire jouir le département qui ?ous est con6é, du bienfait de ce nouveau systètne qui est d^j4 adopté avec succès dans tous les États de PEurope. Je vous adresse d- joints deux exemplaires du rapport du comité^ auquel rinstitut national a donné ses suffrages, dans la séance du 28 ventôse dernier (19 mars 1803). Ce rapport ne laisse plas de doute sur Tuiilité réelle de la vaccine, et indique en même temps les moyens de la propager.
Vous introduirez d*abord cette pratique dans les bospiœs d'enfenU et dans les autres établissements publics placés sous votre surveillance ; vous iérei ensoite disposer, dans Tuii des bospices de cbaque chef-lieu de sous-préfeeiare et de chaque viUe qui vous en paraîtra susceptible, une salle particulière, et séparée de celles qui sont affectées au service ordinaire, où les familles pauvres pourraient (aire vacciner gratuitement leurs enfonts. Vous pourvoirez au i^mboursemeat des dépenses extraoïxlinaires qui en résulteront. pour les hospices, sur les fonds affectés aux dépenses variables, si ceux des bospices ou de la commune sont insuffisants.
11 n'importe pas seulement que la vaccine soit adoptée dans les classes aisées de la société, il faut surtout qo^elle devienne une pratique générale parmi le peuple, où la petite vérole est plus à craindre et plus dangereuse,, pour diverses raisons. C'est donc le peuple qu'il faut principalement eo gat*antir, parce qoe c'est U qu*est toujours le foyer de cette ooniagion.
Quoique la nouvelle méthode soft d'une application facile et simple, elle exige cependant quelques précautions et un certain exercice, pour assurer entièreoMBt son efficacité et prévenir tous les accidents.
il faut donc, pour éviter au moins la répétition d'essais iafroctiieos, que la vaccine soit pratiquée ou dirigée par des personnes qui l'aient observée, et qui la connaissent assez bien, pour ne pas confondre la vraie vaecine avec la fsusie vaccine, on bien avec la petite vérole, erreurs dans lesquelles on est tombé quelquefois. Vous pourrez en garantir vos administrés, en répandani le plus possible le rapport ci-joint, et en invilapt les médecins qui voudraient fi^ire usage de cette pratique, de se concerter avec le comité central de Paris, qui leur pro» eurera tous les renseignements nécessaires, et les facilités qui seront à ta disposition.
Vous engagerex aussi, pour le perfieciionnement de la nouvelle méthode, k» comités de vaccine, les sociétés savantes de votre département, et tous les médecins et chirurgiens qui s'en sont occupés, à entretenir une correspondance suivie avec le comité de Paris, et à lui faire connaître les résultats des vactinatious qu'ils auraient pratiquées.
Enfin, votis recommanderez aux ministres du culte, aux comités <k bieofu* sance et aux membres des autorités publiques, d'user de toute rinflueiice qae leur donnent leurs fonctions, pour faire connaître dans le sein des familles les avantages de fai vaccine, et éclairer les ioceitiludes de ceux qui balaBcealeneare à l'adopter.
Je vous serai obligé de me rendre compte du résuKat de vus soins i cet égard.
Votre annour pour l'humanilé me fait espérer que vous ne négli^nrex rien pour les rendre efficaces. Il me suffirait, pour exciter tout votre lèle et diriger tous *os sentiments vers cet objet, de vojis rappeler que, si la vaccination est eolm
généralement pralignée en Fniice, on purviemira bientôi à faire eompléltinf ot difiMfBltre la ptilu vérole, été étaladre ud des fléaux les plus cruels i]oi pèsent sar rhiiiiKinité.
Un arrêté du 31 octobre 181^ avait fondé des prix destinés à encourager la propagation de la vaccine. Ils consistaient pn un preipier prix de 3000 francs, deux seconds prix de 2000 francs, et trois autres prix de 1000 francs, à décerner à ceux qui auraient fait le plus de vaccinations et obtenu le plus de succès dans la propagation de la vaccine. Le principe a stirvécu, mais le système a été modifié par les dispositions que Ton va lire, et qui régissent encore l'état actuel des choses.
CttCQUlU OU 24 UnVIER 183/1 SUR LB8 ÉTATS AMIfCKLS DES VACCINATfOlfS