‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubritéChapitre 54 sur 67 · SUBSTANCES DANGEREUSES PAU LES ÉPICIERS · texte numérisé non relu

SUBSTANCES DANGEREUSES PAU LES ÉPICIERS

Momieor le préfet, par one imprévoyance que ceruins jurys médicaux ont eu roccasioo df constater, des droguiste^n et des épiciers ont coutume de renfermer dans des tiroirs mal clos, placés an-dessus de ceux où se trouvent des den* rées médicinales ou alimentaires, des sutotances dangereuses, en particulier du sulfate de cuivre, dont il se fait un commerce assez considérable pour le chaulage des blés. Je n*ai pas besoin d'insister sur les graves inconvénients que cet usage peut entraîner.

Le salfote de cuivre notant pas compris dans la nomenclature formulée dans le décret du 8 juillet 1850, on ne peut appliquer à ce produit chimique les dispositions de la loi du 19 juillet 18â5 et de Tordonnance du 29 octobre 1846, qui régissent le commerce des substances vénéneuses. Itfais Tadministratlon ne doit pas pour cela fermer les yeux sur un état de choses compromettant pour la sécurité publique, il est, au contraire, de son devoir d'user de son influence et de ses conseils pour prévenir des accidents que les marchands eux-mêmes ont le plus grand intérêt à éviter.

Je pense donc, monsieur le préfet, qu'il y aurait Heu d'appeler Tattention des commerçants dont il s'agit sur les accidents que peut occasionner le manqué de soin signalé, sur les peines correctionnelles et les réparations civiles auxquelles ils s'exposeraient, dès lors, s*ils mettaient en vente le sulfate de cuivre, ou toute autre sabstance notoirement dangereuse, bien que non soumise au régime spécial de l^ordonnance du 29 octobre 1866, sans prendre toutes les précautions nécessaires, et notamnkent sans employer des vases hermétiquement fermés, parfaitement distincts et suffisamment éloignés des récipients où sont renfermées, dans les lalioratoires, boutiques et magasins, les denrées alimentaires ou médicinales.

En vous invitant, monsieur le préfet, à prendre, en ce sens les dispositions convenables, je laisse à votre appréciation le choix des moyens, qui peuvent consister en avertissements personnels, en avis par voie d'afGche, ou même en un arrêté de police municipale, suivant que les habitudes du commerce vous paraîtront compromettre plus ou moins gravement la santé des consommateurs, dans le département que vous administrez.

Je vous serai obligé de m'accuser réception de la présente circulaire et de me rendre compte, tant des mesures que vous aurez adoptées pour son exécution, que des motifs qni vous auront porté à leur donner la préférence.

Signé Rouhbr,

Voy. Pharmacie.

BiUîoKrapbM. — Haiiporf eut ia vente des êukêîuneeê pémimusee^ par 11. Bnssy {BmtUtim de t/UaiémU de médedme, 184(8, t. XUI, p. âS95). -^ Maimel légal det pkanmaeienB et des ilhee en pkarmaciet par GuibourU Paris, 1852.

ve:VTIIi.%TIOIV. -* Si l'on veut bien se reporter à Tétude que nous avons faite des causes et des effets de la viciation de TaLr con-

fine, non-seulement on aura une juste idée de l'importance hygiénique du renouvellement de l'air dans les lieux habités, mais encore on verra sur quels principes doivent s'appuyer tous les systèmes destinés à opérer ce renoutellement, ou en d'autres termes, toutes les méthodes et tous les procédés de ventilation.

Ces principes se résument en quelques mots : procurer aux ^tres vivants, d'une manière non interrompue, une suffisante quantité d'air respirabie, c'est-à-dire d'air assez riche en oxygène, assez pur, a^n'i chargé de vapeur d'eau, et à une température assez modérée pour entretenir librement les fonctions vitales, expulser l'air vicié par le< causes naturelles ou accidentelles que nous avons énumérées ailleurs, chasser enfin ou purifier les produits nuisibles des divers travaux industriels, et, pour tout dire en un seul mot, assainir les lieux occupés par les hommes sains ou malades, par les animaux domestiques ou captifs.

Mais si la physiologie et Thygiène nous enseignent les funestes ciïefs du défaut d'aération, si la science nous indique les principes sur lesquels repose une bonne ventilation, c'est à l'art de l'ingénieur qu'il appartient de rechercher et d'apprécier les différents syslème> à l'aide desquels peuvent être obtenues les conditions si essentielle> ii la santé et à la vie. Nous ne méconnaîtrons pas cependant l'immense intérêt qui, môme pour nous, s'attache à cette partie de la techaologie. Les travaux importants d'un grand nombre de savants et de médeciris sont là d'ailleurs pour témoigner de la place qu'elle occupe en hygiène. Aussi, sans prétendre les juger, nous nous effbrceron^ de donner un aperçu des principales méthodes de ventilation usitér< aujourd'hui, en insistant principalement sur celles qui s'appliquent aux établissements publics dans lesquels vivent agglomérés un grand nombre d'individus, tels que hôpitaux, prisons » casernes ateliers, etc.

Il n'est pas hors de propos de faire remarquer que Tioiporlancti d'une bonne ventilation est chaque jour mieux appréciée, et quun mouvement très digtie d'être encouragé s'est manifesté à cet é^Mrd parmi les constructeurs auxquels ont fait appel les grandes adminis* trations publiques ou privées. L'assainissement d'une foule d'indutries insalubres est dû exclusivement à cette condition, qui forme, m l'on peut ainsi dire, aujourd'hui, la base de la jurisprudence des conseils de salubrité dans les grands centres de population.

Les résultats déjà obtenus sont considérables, et pourtant il ne semble pas que l'on soîl encore généralement fixé sur la supériorité de tel ou tel système.

Anémomètre. — Avant de parler des appareils de ventilati«'M et de leurs diverses applications, il faut entrer dans quelques dé-

VENTILATION. 33i

iails sur riiisirument qui sert à en mesurer et à en comparer les résultats.

L'anémomètre de M. Combes, le seul qui soit employé partout pour mesurer là vitesse des courabts d'air, parce que seul il est exact et facile à manœuvrer, consiste en un moulinet métallique avec quatre ailettes de mica, inclinées sur le sens du raouveitient, comme les aiies d'un moulin à vent. Ce moulinet tourne avec un arbre d'acier porté par les deux bouts sur deux supports verticaux de Cuivre, comme sur des poupée^ de tour, et muni d'une vis sans fin, qui fait tourner une première roue dentée. Celle-ci s'engrène par un petit pignon ajusté sur son axe, avec une seconde roue. Chacune de ces roues a cent dents, et leurs pignons sont calculés de manière que la première roue avance d'une dent quand le moulinet fait un tour, ce qui donne cent tours de moulinet pour un tour de cette roue, la seconde roue avance d'Une dent quand là première a. fait un tour entier , ou quand le moulitiet a fait cent tours, en sorte que le moulinet a fait dix mille tours quand la seconde rolie en fait un entier. Ces deux roués portent sur lellr llttibe extérieur des chiffres, indiquant de dix à dix le nombre des dents de roue. De plus, le support intérieur de Taxe du moulinet porte utie petite aiguille horizontale qui sert de zéro h tdUt le système, et de point de départ à la première roue, et devant laquelle, au commencemetit de chaque expérience, on ramène le zéro de \A première roue. Ce môme support présente plus bas une autre aiguille qui correspond au zéro de la seconde roue. Ces deux aiguilles servent à lire les résultats des observations, c'està-dire le nombre de tours dont le moulinet a marché pendant une expérience. Pour opérer avec certitude et facilité, il faut pouvoir mettre l'appareil en marche ou l'arrêter à tolonté, à instants fixes, même dans une capacité close. Un appareil de débrayage el d'embrayage, agissant au moyen de deux fils tenus par l'observateur, permet cette manœuvre.

Pour faire une observation anémométrique, on amène à zéro les deux roues en soufflant sur le moulinet dans un sens ou dans l'autre. Souvent, pour rendre les opérations plus promptes^ l'anémomètre porte un moyen de débrayer Taxe du moulinet, ce qui permet d'amener instantanément les roues à zéro. Pour que les observations soient exactes, il faut que l*anémomètre soit engagé à quelque profondeur dans l'orifice où l'on veut mesurer la vitesse d'un courant d'air, et que cet orifice Èoit parfaitement régulier sur une assez grande longueur; sans cette précaution, le courant d'air éprouverait des contractions et de^ irrégularités qui s'opposeraient à toute certitude dans les résultats. Souvent môme, quand on a un grand nombre d'observations semblables à faire, comme dans une prison ou un hôpital, et qu'il est

difficile d'engager l'instrument dans les canaux de maçonnerie où Ton veut mesurer la vitesse des courants, on fait préparer un tuyau de tôle de section précise, qui s'ajuste par un de ses bouts sur les bords du canal où l'observation doit avoir lieu» en ayant soin de garnir le joint pour que Tair appelé du dehors ne pénètre pas à l'intérieur sans passer sur l'anémomètre; celui-ci se place exactement au centre du tuyau au moyen d'une platine qu'on engage dans une ouverture ménagée à la paroi du tuyau où elle est tenue par une vis. Les deui fils doivent toujours sortir du tuyau et être libres dans leurs mouvements. Un des observateurs prend un de ces fils dans chacune de ses mains, le moulinet étant arrêté ; un second observateur tient à la main une montre; si c'est une montre qui ne marque que les minutes» il observe le moment précis où l'aiguille des minutes pa5se exactement sur une des divisions, et il donne vivement le signal de débrayer le moulinet en tirant un des fils. Il prolonge l'obsenation trois ou quatre minutes pour compenser les incertitudes des fractions de temps du commencement et de la fin. Puis, à l'instant précis où l'aiguille marque le nombre de minutes voulu, il donne le signal d'arrêter l'anémomètre en tirant l'autre fil. On sort ranémomètre du tuyau, et on lit facilement le nombre de tours qu'a faits le moulinet, en comptant, à partir du zéro, de combien les roues ont marché. Si la seconde roue a avancé de trois dents et la première de 12 divisions, cela donne 312 tours d'anémomètre. Une expérience doit toujours être recommencée, et l'on prend la moyenne des deux observations. Si l'on a une montre à secondes variables, c'est-à-dire dont l'aiguille des secondes s'arrête à volonté par un ressort, l'observateur met cette aiguille sur 12, et au moment où il lâche la détente, il commande de débrayer l'anémomètre, et à la fin de la minute ou des deux minutes, il commande l'arrêt. Pour déduire la vitesse réelle des courants d'air du nombre de tours observés, on se sert d'une formule spéciale à l'instrument môme qu'on emploie, et qui se tix)uve écrite sur le couvercle de sa botte; dans cette formule très simple H représente toujours le nombre de tours observés, et v la vitesse réelle du courant.

M, le général Morin a fait de nombreuses observations avec un anémomètre qu'il a fait construire sur le principe de celui de M. Combes, mais en y ajoutant deux cadrans émaillés, des aiguille^ doubles à godets, une troisième roue à minutes, et un appareil de pointage, de manière à pouvoir observer jusqu'à 500 000 tours, et prendre le nombre des tours du moulinet à des intervalles de temps déterminés. Cette disposition donne des observations prolongées, et surtout fractionnées par intervalles égaux, condition souvent importante à remplir, et rend nulle la légère erreur résultant, avec l'autre

VfiNTFLATION. 833

anémomètre, du temps nécessaire au moulinet pour prendre une vitesse régulière.

Dem qualités et du ▼•laitt« de l-air de ircntllatlou.

— Nous n'avons pas l'intention de revenir sur les altérations dans la composition de Tair auxquelles doit remédier la ventilation, ni sur les qualités que doit offrir Tair rcspirable ; mais il est un point qui mérite de nous arrêter, et sur lequel a très judicieusement insisté M. Ph, Grouvelle.

TABLKAU DONNÂIIT Eli GRAMMES LE POIDS DE L'BAU CONTENUE DANS UN MÈTRE CUBE D^AIR A 15 DEGRÉS, POUR GOACUN DES DEGRÉS DE L'EnTGROMÈTRE.

POIDS

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Il est important, dans les salles de spectacle ventilées, et encore pins dans les hôpitaux, quand on veut régler leur ventilation avec leur chauffage, de savoir exactement quelle est la proportion d'eau

que Tair doit contenir pour Être dans les conditions les plus parfaites de salubrité. On ne trouve nulle part des chiffres certains sur ce point important. d'Arcet dit, dan$ son travail sur la ventHatioa des salles de spectacle, que, pour être tout à fait salubre, Tair doitôtre moitié saturé d'eau à la température de 15 oq 16 degrés centigrades, qu'il adopte pour les théâtres ; ce qui correspond environ à 7 grammes d'eau par mètre cube d'air. Divers médecins pensent que Tair doit marquer 72 degrés à l'hygromètre dans une maison habitée, soit 6«%63 d'eau par mètre cube d'air, ce qui est complètement d'accord avec d'Arcet.

L'emploi de l'hygromètre doit, avec celui de l'anémomètre, se propager partout, et servir de règle aux médecins, aux ingénieurs et aux architectes, afin de déterminer les conditions les plus favorables de salubrité pour chaque nature d'établissement. C'est dans ce but que M. Grouvellc a dressé la table ci-dessus k l'usage de ceux qui auront à déterminer le degré hygrométrique le plus convenable dans chaque espèce 4'établissement à chauffer et à ventiler.

Quant k la quantité d'air nécessaire au renouvellement de l'atmosphère des espaces confinés, elle varie suivant les conditions dans k^ quels se trouvent placés les individus qui occupent chaque localité. Nous adoptons complètement les proportions suivantes çl'aïr neuf à fournir par heure et par individu, indiquées par M. le général Moriu comme nécessaires pour assurer complètement la salubrité des lieux auquels elles se rapportent :

Hôpitaux , 80 mètres cubes le jour et la nuit; 120n\ètre9 cube» pour les salles de chirurgie aux heures de pansement; ateliers, 60 mètres cubes; casernes, 30 mètres cubes le jour et 60 mètres cubes la nuit, avec facilité de doubler en cas de besoin; prisons, 60 mètres cubes ; théâtres, amphithéâtres, salles d'assemblée, etc., 60 mètres cubes; écoles, 30 mètres cubes. Il y a loin de ces chiifres, ajoute M. Morin, et la remarque est bien faite pour frapper les esprits, aux 6 mètres cubes réclamés par Péclet pour les salles d'écoles, et aux 10 mètres cubes que proposait Arago pour les cellules de \à prison Mazas.

Be la ▼entllallon en général. — I^ ventilation est généralement divisée en vefiiilatiori natvrelle^ et ventilation arfificieiieow forcée.

La première consiste simplement dans le renouvellement de lair par les ouvertures naturelles des habitations à travers lesqueii<*i» s'établissent des courants plus ou moins actifs, suivant les difTérenn ^ qui existent entre la température extérieure et celle de l'intérieur. On comprend, sans qu'il soit besoin de longs développements, qu'elle soit lo plus souvent insuffisante et ne puisse s'appliquer qu'à des lieux

où ne se renconlrent ni un grand nombre d'individus, ni un grand nombre de causes de viciation réunies. Certaines règles très simples de construction peuvent, du reste, donner à la ventilation naturelle une direction qui en augmente et en assure la puissance. Nous nous bornerons, sur ce point, à renvoyer aux principes très nettement formulés dans la délibération du congrès de Bruxelles.

La ventilation forcée exige des méthodes et des procédés plus compliqués que nous ne pouvons ici passer tous en revue, mais qui peuvent être rapporté3^ deux groupes très distincts. Dans l'un, l'appel (l'air neuf a lieu par la chaleur d'un foyer; dans l'autre, par différents appareils mécaniques agissant, soit par aspiration, soit par refoulement.

Le premier groupe est divisé, par M. Grouvelle, en quatre systèmes principaux, dont les applications sont trop nombreuses et trop variées pour que nous puissions même les énumérer.

l"" Appel par un combustible brûlé directement dans le bas de la cheminée; 2'' appel par un combustible brûlé directement à la partie supérieure, ou prèi^ de la partie supérieure de la cheminée ; 3'' appel par des appareils intermédiaires de transmission de chaleur, recevant leur chauffage d'un foyer placé à distance ; U° appel par la vapeur envoyée directement dans la cheminée.

Dans le second groupe se confondent : 1*" les machines aspirantes ; 2"* les diverses espèces de ventilateurs; 3' les moteurs mécaniques agissant par refoulement.

Nous n'insisterons ici que sur les procédés les plus pratiques en disant quelques mots : t° des ventilateurs ; 2^ des systèmes d'appel par les appareils de chauffage ; 3** des machines h propulsion d'air. Mais nous voulons préalablement rappeler un principe posé pard'Arcet, et qui doit dominer tout système de ventilation destiné à l'assainis-sèment. C'est que, lorsqu'il s'agit de purifier une atmosphère viciée par des gaz ou des vapeurs, il convient de faire l'appet d'air par la partie supérieure de la pièce ; tandis qu'il faut, au contraire, diriger le courant par la partie inférieure quand il s'agit d'entraîner, par le renouvellement de l'air, des poussières plus ou moins lourdes. Ce principe trouvera dans l'hygiène des diverses industries de très nombreuses applications.

I" Ventilateurs, — Il y a depx systèmes principaux de ventila^ teurSj le ventilateur à palettes droites, et celui k ailes courbées de M. Combes. Le ventilateur est composé d'un axe tournant sur des supports, et recevant par une poulie le mouvement d'un moteur : sur cet axe sont ajustées un certain nombre de palettes à air. Le système tourne dans un tambour percé à son centre d'une ou de deux ouvertures, et ayant k la circonférence un tuyau de départ établi

suiirant la tangente au tambour, et à tfavers lequel s'échappe, à la circonférence, Taîr qui a été aspiré par les ouvertures des centres, sous l'action du mouvement centrifuge de l'appareil qui tourne. En effet, pour bien fonctionner, cet appareil doit avoir une très grande vitesse.

Pour aspirer l'air contenu dans une capacité, on met le centre du tambour en communication avec cette capacité par un tuyau d'an diamètre au moins égal à celui de l'ouverture du tambour. Le mouvement de rotation que reçoivent l'axe et les palettes du ventilateur imprime à l'air contenu dans le tambour une vitesse et par suite une force centrifuge très grande qui le forcent à s'échapper par l'ouverture tangentielle pratiquée à sa circonférence ^extérieure ; il se fait ainsi un vide dans le système, et pour remplir ce vide, l'air à enlever s'y précipite à travers les ouvertures pratiquées au centre.

Les ventilateurs ont depuis longtemps les emplois les plus importants, tantôt comme machines aspirantes, tantôt comme machines soufflantes. C'est avec ces ventilateurs de 0,25 de largeur et de 1,20 de diamètre, et faisant 1000 à 1200 tours, que l'on souffle les cubilots à fondre la fonte destinée aux pièces mécaniques ou à d'autres objets. Les tarares à nettoyer les blés sont munis de ventilateurs; on les emploie dans les poudreries pour faire traverser aux couches de poudre l'air chaud qui doit les dessécher. Us ont été beaucoup employés dans les magnaneries, soit comme aspiration, soit comme refoulement, pour renouveler l'air vicié.

Les ventilateurs ont un avantage : ils sont simples et économiques d'établissement, coûtent peu d'entretien ; mais leurs conditions normales de construction, leurs produits, la puissance qu'ils exigent, et surtout le rapport du volume théorique au volume réel d'air débité à diverses vitesses, ne sont pas encore bien constatés. M. Morin a commencé des séries d'expériences sur cette question importante. On doit désirer vivement qu'il les complète.

2** Les grands systèmes de ventilation, quel que soit le principe sur lequel ils reposent, sont désormais reconnus indispensables dans les édifices, les palais, et dans tous les établissements publics, tels que les hôpitaux, les prisons, les casernes. Et l'on peut considérer comme un des progrès les plus importants qui se soient opérés dans l'hygiène publique l'importance que l'on attache actuellement à une large et bienfaisante aération.

Pour choisir un exemple, qui peut en même tempe être proposé comme un modèle, nous citerons un extrait du programme du nouvel Hôtel-Dieu, rédigé, avec autant de sagacité que de précision, par M. Blondel, inspecteur général de l'assistance publique. Ce pa$sage,. qui s'applique particulièrement ù un établissement hospitâ-

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lier, fera cependanl bien compreudre le but que, dans tous les cas, on doit se proposer d'atteindre dans la pratique, en laissant aux hommes spéciaux le soin d'apprécier les meilleurs modes d'exécution, et de les approprier aux diverses espèces de localités,

a L'application d'une ventilation forcée n'est point encore générale dans les établissements de l'administration de l'assistance publique, et, comme pour le chauffage, l'administration ne saurait indiquer quel est le meilleur système à employer. Une ventilation forcée demande une force motrice qui est utilisée, ou à aspirer l'air vicié des salles, ou h le chasser, eu faisant entrer de l'air pur qui pousse l'autre au dehors; c'est la ventilation par aspiration et la ventilation par propulsion. Dans la première, on peut employer la différence de température entre l'air ambiant des salles et le conduit par lequel on veut l'aspirer; ou bien recourir à un moyen mécanique d'aspiration. Dans la seconde, les moyens mécaniques seuls sont applicables; on les utilise sous toutes les formes, machines hydrauliques ou à vapeur, machines à bras, à manège, et contre-poids, etc.

i> La ventilation doif, en tous les cas, renouveler l'air d'une localité, sans établir de courant d'air sensible, et sans laisser aucune partie de l'air en stagnation. Le renouvellement de l'air dans les salles de malades, à en juger d'après les résultats obtenus jusqu'ici, doit être de UO mètres cubes par personne et par heure. En été, elle est inutile; les malades préfèrent ouvrir les fenêtres plutôt que de voir renouveler l'air par un moyen accidentel. Elle doit s'appliquer spécialement aux salles de malades, aux cabinets d'aisances; elle peut s'étendre aux salles d'attente et aux amphithéâtres. Elle ne doit nécessiter aucun appareil d'un entretien ou d'une direction difficile, et doit s'obtenir à un prix modéré,

» La ventilation par aspiration a l'inconvénient de provoquer rentrée de l'air extérieur par toutes les ouvertures et Assures des portes et des fenêtres. Il faut que les bouches d'aération fournissent largement l'air nécessaire. Celle par propulsion, au contraire, fait obstacle à l'arrivée de l'air du dehors.

» Les moyens mécaniques semblent préférables aux appels qu'on obtient par les différences de température, parce qu'on en régie plus facilement l'action, et qu'on peut en étendre ou en diminuer l'efTet à volonté, suivant les besoins de chaque moment. »

Ces principes généraux une fois posés, nous allons exposer les systèmes qui, en ce moment, se disputent la préférence des hommes les plus compétents : d'une part, la ventilation liée au système de chauffage; de l'autre, la ventilation mécanique, et dans l'un et l'autre ordre des procédés divers. En ce moment même, un vaste et double spécimen existe, h Paris, dans le magnifique hôpital LariboisièrCi lAM'UK — Dicr. n'iiYC. T. IV. 22

dont la moitié est ventilée par le système d'aspiration, au moyen des appareils de chauffage à circulation d*eau chaude, et l'autre moitié par un moteur mécanique à propulsion se reliant à la machine à vapeur destinée au chauffage. Médecin de ce grand établissement, nous avons été 2i môme de suivre cette expérience si digne d*intérél| dont nous nous efforcerons de faire connaître ici les principaux résultats.

Les deux systèmes dont nous voulons donner un aperçu, et qui ont été d'une manière trop systématique, et, disons-le, trop passionnée, mis en opposition, sont ceux de Léon Duvoir et de Ph. Grouvelle» Nous avons pu en Juger par nous-môme les effets, et sans vouloir contester le mérite du premier ni la puissance de lit ventilation qu'il peut atteindre, nous devons dire cependant que nous ne lui avons pas toujours trouvé cette supériorité que préconisent si haut quelques hygiénistes. Au Palais de justice notamment, où nos fonctions de médecin légiste nous appellent chaque jour, la température excessive d'une part, et, d'autre part, le défaut d'aération des latrines, ainsi que l'odeur trop souvent détestable des cellules du dépôt, que M. Boudin signale comme ventilées à 80 mètres cubes d'air par heure, sont de nature à faire douter, sinon de la réalité, du moin^ de la constance des résultats attribués à ce système. Ajoutons que nous avons pu, par les mêmes raisons, et non moins souvent, comparer ces résultats à ceux qui sont actuellement obtenus à Maïas, et que, introduit à toute heure dans les cellules de cette vaste prison, nous avons constaté que leur aération ne laisse rien à désirer, et que rien n'est fondé dans les plaintes intéressées qui ont pu être formulées contre ce système de ventilation.

Nous allons succinctement faire connaître chacun de ces procédés, d'après la description, en quelque sorte officielle, qui en a été faite.

Ventilation par le procédé de Léon Duvoif*. — Considéré dans son ensemble, l'appareil de M. Léon Duvoir se composé d'une cloche à doubles parois, communiquant au moyen d'un tube vertical a%*ec un rései*voir supérieur, de la partie inférieure duquel partent autant éf tubes descendants qu'il y a d'étages à chauffer. Les tubes aboutissent & des poêles, et de la partie inférieure de ces derniers partent de< tubes de retour qui rejoignent la cloche. Tout cet appareil est rempli d'eau plus ou moins saturée d'un sel destiné à augmenter la capacitr de l'eau pour le calorique; en d'autres termes, à retarder son ébullilion, à ralentir son refroidissement, et si prévenir l'encrasseme::! des tuyaux de conduite. Dans diverses circonslances, M. Léon Ihiw/ a substitué Thuilo à l'oau, ce qui lui a permis de diminuer le calil'ic des tubes. La cloche, ayant la forme d'une bouteille, est placée à W cave et entourée d'une construrlion <\c briques pour prévenir V^nw

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déperdition du calorique. Elle surmonte le foyer. Le réservoir supé^ ri«ur est placé dans le comble. L'eau de la cloche échauffée s'élève en vertu de sa moindre densité, et se trouve immédiatement rempla-^ cée par de Teau froide arrivant par le tube de retour^

Vdilà pour la ciltnilation de l'eau. Passons à la ventilation qui, dans le système de M. Léon Duvoir, devient un puissant adjuvant du chauffage en hiver, de la réfrigération en été. Le réservoir supérieur est placé dans le comble, dans une espèce de chambre chaude, & laquelle aboutissent des tubes horiKontaut, communiquant eux** mêmes avec d'autres tubes verticaux, ayant dans chaque |)ièce qu'il s'agit de ventiler: l'' une ouverture inférieure au niveau du sol, opérant en hiver l'extraction de l'air froid; T une ouverture supé-^ Heure près du plafond, opérant, en été, l'extraction de Tair le plus chaud. L'extraction de l'air froid en hiver offre l'avantage, non-seu*^ lement de diminuer les éléments de réfrigération, mais encore d'obliger l'air chaud à descendre d*une manière non interrompue pour se placer au niveau ^des organes respirateurs. L'extraction de J'air froid opérée, il ne reste qu'à introduire de l'air neuf an degré de température exigé. A cette fin, des prirtes d'air sont pratiquées à l'extérieur du bâtiment; ces prises d'air constituent Torifice extérieur des gaines enveloppant les tuyaux d'eau chaude, et destinées à intro*daire dans l'intérieur Tair neuf, échauffé au contact des tuyaux d'eau chaude. L'air chaud pénètre dans l'intérieur, d'une part par des ouvertures pratiquées au niveau du sol, de l'autre par la partie supérieure et centrale des poôles.

Aiasi, circulation d'eau chaude ^ extraction de l'air fh>id et vicié au niveau du sol; introduction de l'air chaud dans des canaux qui enveloppent les tuyaux d'eau chaude et qui débouchent, soit k la partie supérieure des poêles, soit au niveau du soi, mais toiiyours à une certaine distance des boutées itextraciion : tel est, en résumé, le systëaie en hiver. Veut-on chauffer un seul étage, les tubes qui, par» tant du réservoir supérieur, communiquent avec les autres étages» sont fermés au moyen de clapets. De la sorte, tout le calorique est utilÎBé en faveur des seuls locaux qu'il s'agit de chauffer.

Bn été, on doit se proposer d'extraire des locaux l'air le plus chaud et de le remplacer par de l'air frais. A cette fin, on chauffe l'eau du réservoir supérieur^ mais en ayant soin de fermer les tubes qui conduisent aux poêles à eau. L'eau du réservoir revient alors à la cloche au moyen d'un tube spécial, établi pour les besoins de l'été. On ferme les bouches d 'extrac tion^ situées au niveau du sol et servant en hiver à aspirer l'air froid, et l'on ouvre d'autres bouches pratiquées au niveau du plafond, afin d'extraire l'air le plus chaud. Lorsque la température n'est pns trop élevée, la portion d'air neuf qui

pénètre dans Tintéricur, après avoir été en contact avec les lubes el les poêles remplis d'eau froide, suffit ordinairement pour produire la réfrigération désirée. Mais, dans les temps très chauds et dans divers pays, ce moyen serait insuffisant ; ûans ces circonstances, M. Léon Duvoir se sert d'un grand cylindre tubulaire rempli d^eau sortant du puits, et communiquant supérieurement avec l'air extérieur, et inférieurement avec le local qu'il s'agit de rafraîchir. L'air extérieur s'engouffre dans l'ouverture supérieure, se refroidit au con* tact du cylindre, et se précipite dans l'appartement, sous la double pression de son poids et de l'appel pro^'oqué par l'extraction de l'air intérieur. Ainsi, extraction de l'air chaud et introduction d'air frais, ce dernier pénétrant à la partie inférieure du sol, après avoir par* couru de haut en bas un cylindi^e tubulaire rempli d'eau de puits; tel est, en résumé, le procédé de ventilation d'été employé par M. Léon Duvoir.

Ventilation par le procédé de Ph. Grouvelle. — Nous empnintons en partie, et sauf quelques rectifications, la description des procédés de M. Grouvelle au rapport rédigé par M. le docteur Guérard, au nom d'une commission chargée par M. le préfet de police d'étudier toutes les questions relatives à la situation physique et morale ries détenus de la prison Mazas.

Voici en quels termes le système adopté pour le renouvellement de l'air était décrit dans notre rapport du 20 juillet 1850, époque à laquelle les fenêtres des cellules restaient constamment closes :

(( L'air neuf s'introduit dans chaque cellule par trois orifices garnis d'une grille, et placés l^^des hauteurs diffërentes. Ces trois orifices communiquent avec une seule et même prise d'air ouverte dans le mur extérieur. L'air vicié s'engouffre dans le tuyau de la chute du siège d'ai&ances, dont le couvercle, lors même qu'il est abaissé, est laaintenu à une distance convenable de la lunette, afin de ne pas gêner le passage de l'air qui doit s'y engager. Tous les tuyaux de chute, correspondant chacun à un tonneau distinct, sont placés sur une même ligne des deux côtés d'une cave, qui règne dans toute la longueur du bÀliment qu'elle dessert. Les six caves, comme les six corps de bâtiment, convergent vers un centre commun : elles sont fermées à leur bout de ce côté par un mur plein, si ce n'est dans la partie supérieure où l'on a réservé une ouverture qu'on peut rétrécir à volonté, au moyen de registres, qu'il est facile de manœuvrer du dehors. A l'autre bout, chaque cave est fermée par une double porte, soigneusement calfeutrée, dont la dernière s'ouvre sur le chemin de ronde. Enfin, les ouvertures de l'extrémité centrale dos caves longitudinales viennent aboutir dans une cave en forme de portion d'anneau, creusée sous la rotonde de la prison» Cette dernière

cave est murée à Tun de ses bouts, et elle communique vers sa partie mojenDe avec une petite galerie touchant à la grande cheminée d'appel. 0

Nous passons sous silence diverses dispositions ayant pour but de régler l'arrivée de Pair dans chaque cellule en particulier, et nous venons k Texposé du mécanisme de la ventilation.

A la partie inférieure de la grande cheminée d'appel est placé un fourneau constamment allumé et destiné à élever la température de Tair. La colonne d'air chaud qui monte dans cette cheminée, par soite de cette élévation de température, Ikit appel à l'air de la cave : à mesure que celui-ci s'écoule vers la cheminée, il est remplacé par l'air des caves longitudinales, qui, lui-même, ne peut se rarétier sans que l'air des celhiles, passant par les sièges d'aisances, vienne aussitôt pour rétablir l'équilibre de pression : mais, en môme temps et par le même mécanisme, Tair neuf afflue dans les cellules.

Dans ses premières expériences, la commission avait reconnu que l'action du soleil ou du vent pouvait troubler cette circulation d'air. L'action du soleil pourrai t» dans certains cas, donner lieu à une marche en sens contraire, c'est-à-dire h l'ascension par le tuyau de chute du siège d'aisances de l'air contenu dans les caves. L'action du veut activait outre mesure la ventilation dans les cellules soumises à fion influence, en diminuant d'autant la ventilation dans les cellules situées sur la face opposée. C'est pour obvier à ces inconvénients que les prises d'air des cellules ont dû être pratiquées dans Tintérieur môme des galeries. En sorte qu'aujourd'hui celte modification ayant été exécutée, [l'influence perturbatrice du soleil et du vent se trouve complètement neutralisée.

L'air arrive donc, à présent, de Textérieur dans les galeries, par des conduits ttiis à l'abri de Faction du soleil et du vent, et passe de celles-ci dans les cellules pour se rendre ensuite par le siège d'aisances dans les caves longitudinales, puis dans la cave annulaire, et enfin dans la cheminée d'appel. Mais, pour qu'il n'y ait aucune perturbation, les fenêtres des cellules doivent être closes, sans quoi elles pourraient, sous les conditions précitées du soleil et de certains vents, reproduire les inconvénients inhérents aux prises d'air extérieures. I^rs donc que» par des causes sur lesquelles nous reviendrons plus loin, il a été établi que chaque détenu aurait la fliculté d'ouvrir ou de clore à volonté la fenêtre de sa cellule, la commission a dû se préoccuperdes moyens d'obvier à Tinfluence perturbatrice que cette ouverture pourrait exercer, du moins accidentellement, tant sur la ventilation des cellules où elle serait pratiquée que sur celle des galeries elles-mêmes. Il a été reconnu que le plus simple consistait à soustraire au système général de la ventilation de l'établissement

3/iSI VENTILATION.

les cellules dont les fenêtres seraient ouvertes et pendant toute la durée de cette ouverture. Pour cela, le détenu doil^ au moment d'ouvrir sa fenôtrc, fermer le siège d'aisances par un tampon disposé à ceteftel; au contraire, il le retire après avoir fermé sa fenêtre.

Dans la nouvelle condition de fenêtres ouvertes, la ventilation se fait ainsi qu'il suit : en été, l'air frais venant de la galerie entre dans la cellule par les orifloes grillés et les joints de la porte, l'air vicié s'échappe par la fenêtre. I^ diflérence de densité est plus que suf* ftsante pour donner lieu à cette ventilation. Comme Taîr neuf ne tarde pas à s'écbauifer par le contact des parois de la cellule, eo même temps qu'il se trouve vicié par son mélange aveo les produits de la respiration et des émanations du détenu, il gagne promptemeot le plafond et s'échappe de manière à produire un tirage naturel asses puissant pour déterminer l'appel de l'air neuf. En hiver, la fenêtre reste fermée pendant les grands froids et durant les nuits, auxquels cas la ventilation est forcée, et l'appel de l'air vicié se fait par le siège d'aisances, suivant le mécanisme exposé plus haut. Mais lorsqu'elle est ouverte, un double courant d'air s'y établit : l'air neuf descend par les parties inférieures et latérales; l'air, vicié en raison de sa moindre densité, sort par la partie supérieure en rasant le plafond. Une autre portion d'air neuf vient directement de la galerie par le» orifices grillés et les fentes de la porte.

ITenlilAllon naéeaalqpe. ~- Les procédés de ventilation mécanique ont été dans ces derniers temps singulièrement perfectionnés; ils ont reçu, notamment au point de vue de la salubrité, de^ applications extrêmement heureuses que nous ne pouvons nous dispenser de faire connaître. Ils varient d'ailleurs beaucoup eu égard au moteur employé.

Le principe de ventilation à adopter, quand on peut utiliser la vapeur perdue des machines à vapeur pour chauffer des bains, fourneaux d'office, buanderie, salles de service, et par conséquent, avoir presque gratuitement le moteur nécessaire, c'est la ventilation meca* nique par insufflation.

Ce procédé est appliqué sur la plus grande échelle à la ventila* tion de l'office des postes à Londres; aucun autre procédé ne pouvait être adopté là. M. Dumas, membre de l'Institut, l'a iait établir avec un plein succès à la chambre des représentants. En 1845, M. Peugnot a appliqué ce procédé à son aiguiserie d'Hérimoocourt, en y ajoutant des armatures sur les meules et chassant la poussière hors des ateliers par la ventilation. De 1836 à 18A5, sur 10 ouvriers, 4 avaient été blessés par des éclats de meules, et 7 étaient devenu» phthisiqucs. Depuis l'application de la ventilation à ce travail, sur 26 ouvriers, pas un n'a été blessé et un seul est mort phthisique. M. !e

général Morin a appliqué le môqie procédé à la manufacture d'armes de Ghâtelleraull. MM. Thomas et Laurens, ingénieurs civils, Tont employé pour assainir les ateliers de taillerie de cristaux de Baccarat, ateliers qui ont ^00 mètres de développement, et sont occupés par dem files de tours k tailler et par UU ouvriers envirpn. Ce taillage se fait à l'eau, les ouvriers ont donc les bras constamment mouillés, et sont plongés dans une atmosphère toi^oups humide et malsaine. Il a fallu envoyer dans chaque salle de Tair pur et sec en été et chaud en hiver. Cet air est pris sur les toits par deux ventilateurs mus par les deux turbines de rétablissement; en hiver, il se chauffe dan^ une salle que traverse un système de tuyaux de vapeur, et il est envoyé dans chaque atelier par un coffre de bois placé dans le grenier, et par des conduits descendants. L'air vicié est chassé au dehors par la pression de l'air neuf refoulé dans chaque salle, à raison de 12 mètres cubes par ouvrier.

A l'hôpital Lariboisière le même procédé est appliqué par MM. Thomas et Laurens à la ventilation de trois pavillons qui sont chauffés par le procédé de l'eau et de la vapeur de M. Ph. Grouvelle. L'air pur est pris au sommet du clocher par un canal vertical qui existe dans l'un des piliers, puis aspiré par un ventilateur que conduit une machine à vapeur horizontale. Il est enfin refoulé dans les bâtiments et les salles par un ventilateur qui agit alors comme machine soufflante, et au moyen d'une conduite de vent de tôle, montée dans le corridor souterrain des bâtiments et au moyen de canaux de maçonnerie réservés dans les murs; l'air est ainsi distribué à volonté dans toutes les salles, Des clefs ou des registres placés à chaque branchement servent à régler la quantité d'air injecté sur chaque point.

Avec ce procédé, l'air est toujours pur et frais, la quantité injectée est toujours rigoureusement définie et réglée, les salles sont assainies avec certitude. On n'est pas exposé à aspirer parles fenêtres, et sous l'action des vents, l'air vicié des bâtiments voisins. La ventilation est continue, môme les fenêtres ouvertes, et en été on peut arrôr 1er à volonté la ventilation d'une salle ou d'un bâtiment, ou arrêter la ventilation de l'établissement entier, lorsque, toutes les fenêtres étant ouvertes, cette ventilation devient inutile.

L'air est distribué à chaque étage par des canaux de maçonnerie recouverts de plaques de fonte, et dans lesquels passent les tuyaux de vapeur qui vont chauffer des poêles à eau placés dans chaque salle, et il est versé dans les salles par des grilles réservées dans des plaques de fonte et par les canaux inférieurs des poêles, canaux munis d'appendice de fonte pour briser les courants d'air et chauffer en hiver cet air avant qu'il débouche dans les salles avec de petites.

3!i4 VENTILATION.

vitesses, comme nous Tavons dit. L'air vicié est évacué par des ouvertures d'appel placées en haut et en bas des murs de la salle et montant jusque sous le comble, d'où il est conduit par des gaines dans une grande cheminée qui le porte à Textérieur; une partie de l'air sort aussi par les joints des fenêtres et des portes. Le volume d'air demandé est de 60 mètres cubes par lit et par heure.

Le ventilateur qui doit fournir l'air aux trois pavillons de droite est conduit par une machine à vapeur horizontale de huit à dix chevaux, qui prend la vapeur sur les chaudières destinées h chauffer ces trois pavillons, au moyen de poêles à eau et à vapeur placés dans chaque salle. La vapeur perdue de la machine est employée en hiver, avec celle des chaudières, au chauffage des salles, des fourneaux d'ofSce, des bains et de la buanderie; en été, elle sert à chauffer les bains, les fourneaux d'office et la buanderie : il en résulte que le moteur et par conséquent la ventilation sont obtenus gratuitement. Pour rafraîchir pendant l'été, on peut faire tomber une pluie légère qui s'évapore rapidement au contact du ventilateur en abaissant la température du courant d'air insufflé.

Les lieux d'aisances placés près de chaque salle sont énergiquemenl ventilés par un appel établi au moyen d'un canal souterrain qui se rend dans une cheminée d'appel qui monte des caves jusque sur les combles, et dans laquelle débouche le tuyau de fumée d'un fourneau à feu nu qui sert à tout le bâtiment.

Il convient de rapprocher de ce système le procédé-dc distribution d'air chaud et froid par un moteur hydraulique mis en usage avec un succès complet h l'hôpital du comté d'York, et dû au docteur ArnolL

Ventilatmi par le procédé Van Hecke, — Le docteur Van Hecke s*est fait connaître d'abord par des appareils établis en Belgique, et notamment à la prison des femmes de Bruxelles, appareils à contre-poids dont l'extrême simplicité et les excellents résultats ont reçu l'entière approbation d'une commission des plus compétentes dont faisaient partie les savants MM. Vleminckx et Ducpétiaiix. Le docteur Van Hecke avait fait établir, sur les combles de la prison des Petits-Carmes, une soric de large cheminée de métal, contenant un appareil ventilateur, une hélice. Cette cheminée était mise en rapport par des conduits avec toutes les cellules ; de plus, on amenait dans celles-ci d'autres tuyaux de descente communiquant avec le calorifère placé dans les caves. Le ventilateur est mis en mouvement au moyen d'un simple contre-poids qu'on remonte tous les matins à l'aide d'une manivelle, et pour chaque révolution qu'on fait faire à celte manivelle, l'appareil accomplit 1550 révolutions. Dans ce mouvement rapide, Thélice attire et expulse l'air vicié des cellules.

VEiNTILATION. 3Ù5

aussitôt remplacé par l'air pur qu'amène les couduils en communication avec le calorifère. Lorsque le calorifère est chauffé, c'est de Tair chaud qui arrÎTC dans chaque cellule; en été, c'est l'air frais des caves. Ajoutons qu'une aiguille marque sur un cadran la quantité métrique d'air exti-aît et renouvelé.

Depuis ces premiers essais, M. Van Hecke, accueilli en France avec une grande faveur, y a fait plusieurs applications de son système qui, sans être tout à fait nouveau, donne cependant de très bons résultats pratiques. Le dernier appareil qu'il ait construit, celui qui peut être donné comme réalisant les principaux perfectionnements de l'idée de l'auteur, a été établi à l'hôpital Neckcr. C'est celui-là que nous croyons devoir indiquer en empruntant la description d'un des médecins de -ce grand hôpital, M. le docteur Vernois.

Cet appareil est destiné essentiellement à la ventilation, accessoirement au chauffage en hiver, au refroidissement en été, et au service de bains liquides et bains de vapeur, sous la direction de Pinvenleur, M. le docteur Van Hecke.

Une machine à vapeur de la force de deux chevaux et munie dune roue à palettes, est située dans les caves et projette Tair dans trois chambres destinées à réchauffement, et de là dans les divers étages.

Cet aîr, devenu impropre à l'hygiène, s'échappe ensuite par des cheminées qui aboutissent sur les toits.

La description de cet appareil, complexe dans ses détails, mais simple au fond, offre à considérer : !• la prise d'air, le souterrain et S'Cs trois embranchements ; 2* les trois chambres correspondantes, leur mode de chauffage et les cheihînées qui en partent pour s'ouvrir dans les salles ; y les salles elles-mêmes, les bouches afférentes et efférentes de l'air en circulation ; h* la machine, sa fournaise et s.es annexes; 5" la répartition du calorique et de la vapeur pour les bains.

La prise d'air a lieu à l'extrémité sud du bâtiment par une cheminée élevée de 3 mètres au-dessus du sol, et dont la cavité a h mètres de hauteur sur un de largeur. A son sommet, se voient deux ouvertures regardant l'ouest et l'est, parallélogrammes d'environ un mètre dans chaque sens; elles établissent une communication directe et continue avec l'atmosphère. Cette cheminée aboutit à un conduit voûté dirigé longitudinalement vers l'autre bout du bâtiment et abandonnant aux extrémités et à sa partie moyenne un embranchement pour chaque chambre. Le souterrain, d'abord d'une %aste circonférence, décroît à chaque embranchement qui conserve 1 mètre de hauteur sur 50 centimètres de largeur. Dans sa première

porlioii se trouvent deux tambours ou cyliadres de tôle, renferinanl, Tun une roue à deux palettes opérant le refoulement de Tair, l'autre uu systèn^e indicateur du volume d'air introduit en un temps donné.

Le3 chambres de chauffage, au nombre de trois, sont placées, Tune au milieu, les autres aux extrémités des caves : leurs parois de maçonnerie sont de k mètres earrés environ en surface chacune; elles offrent le sommet ou dôme d'un vaste fourneau dont la porte à charbon répond à câté dans la loge du chauffeur. De ce dôme part un tuyau de huit pouces de diamètre enviroa qui se coude un cer^ tain nombre de fois et donne naissance au milieu de la chambre à quatre séries de tuyaux superposés en carré. Le dernier se continue avec un conduit vertical qui s'engage dfins le plafond, traverse les salles et gagne les toits en ligne directe. Cette masse de tuyaux occupe le centre : des orifices nombreux s'observent sur les parois; leur nombre diffère un peu dans chaque chambre. Dans la chambre du milieu il y en a trois : l'un, situé à la paroi inférieure, est la terminaison de l'un des embranchements du souterrain déjà décrit ; le second, sans intérêt pour le but et le jeu de l'appareil, communique avec la log^ du chauffeur, se ferme hermétiquement à volonté et a pour but de favoriser la surveillance; le troisième répond à la paroi supérieure et en môme temps au centre exact de la salle Saint^Pierre ou du rez-de-chaussée. Ce dernier orifice est occupé au centre par le tuyau précèdent, destiné à emporter la chaleur non épuisée et la fumée de la fournaise autour de l'orifice annulaire d'un cylindre par lequel s'engage la m^^eure partie de l'air chaud ; enfin tout à fait en dehors, l'ouverture, annulaire aussi, d'un autre cylindre plus grand qui enveloppe le précédent et reçoit le reste de l'air chaud.

L'air injecté dans le souterrain séjourne donc plus ou moins de temps dans cette chambre où les surfaces d'échauffement ont été ^i multipliées, s'élève vers le trou complexe du plafond par légèreté spécifique, et s'engage en partie dans le cylindre périphérique, en partie dans l'autre concentrique à celui-ci, mais excentrique au trou h fumée. Le premier, après un trajet de quelques centimètres, se termine aussitôt dans 1^ isalle Saint-Pierre; le deuxième, d'abord simple, se dédouble tout près du plancher du prenûer étage, en une portion périphérique qui finit annulairement dans la salle Saint- Jean, et une portion centrale (excentrique cependant au tube k fumée), qui continue son trajet vertical et s'ouvre dans la salle Saint* Ferdinapd.

Les chambres des extrémités diffèrent de celle du milieu par le nombre de cheminées efférentes ; elles sont au nombre de quatre. L'une, analogue à la cheminée complexe plus haut décrite, se con>pose du tube à fumée et d'un seul cylindre dédoublé au niveau du

VBNTIUTION. $47

deuxiètnc étage, dc«liaé par cooséquent exclusiv^meut aux salles Saint-Jean et 3aini-Ferdinand ; deux autres» s'ouvrant aux angles du plafond, sont si courtes, que d'en bas on voit la salle Saint-Pierre e( ses malades à travers la grille qui les ferme, lia quatriènao «nfini S9 subdivisant deux fois, fournit de l'air aux salles SaintrJean ^i Saiat-Fer<> dinand et aux lieux d'aisances du troisième étag^

Chaque salle reçoit Tair par cinq bpucbes, La principale^ placée au milieu, est annulaire, de 6 centimètres environ de largeur. £Ua occupe la périphérie du tuyau ou cjdiçdre qui emporte plqs haut l'air et la fumée ; une plaque de tôle à coulisse permet de régulariser ses dimensions. Elle est cachée. aux regards par un^ sorte de boite de fer recouverte de marbre et dans laquelle on fait sécher le linge. Les autres bouches sont situées, pour la salle Saint-Pierre, dans le plancher, sur la limite de la. grande §a|le e^ du vestibule qui la limitent aux extrémités^ mais pour les sallesSaint-Jiean et Saint-Ferdinand, sur le relief que forment les cheminées vers deux angles du vestibule. Elles sont quadrangulaires, mesurant 40 centimètres sur chaque côté et sont fermées par une grille. Les lieux d'Aisances sont aérés par une bouche spéciale circulaire de 20 centimètres de diamètre, placée sur champ dans le mur.*

L'itinéraire de Tair impur est très simple : il y a douae cheminées dans la salle, six de chaque côté ; chacune renferme trois conduits, indépendants mv tout leur parcours et correspondant ^ chaque étage. Chaque conduit présente une ouverture de sortie sur les toits et deux ouvertures- d'entrée, dont l'une, placée » i centimètre du plancher, reste béante, sans porte ni grillage, tandis que l'autre, éle* vée de li mètres environ, 'reste habituellement fbrmée par une porte de tôle. La bouche béante inférieure est destinée à la ventilation permanente, la deuxième à un renouvellement Intermittent et plus rapide de l'air des salles.

L'appareil projette de 90 à 420 mètres cubes d'air pur par heure et par lit, tandis que le chiffre demandé par le cahier des charges n'est que de 70 mètres. Il exécute le service des bains avec une célérité et une abondance àe calorique supérieures à l'ancien système. A l'aide des registres, c'est-à-dire de ces plaques de tôle qui agrandissent ou diminuent le diamètre des bouches afférentes des sall?s, on régularise à volonté la proportion d'air.

Le système que nous venons de décrire a été appliqué déjà par M. Van Hecke dans des conditions trè^ variées qui ont permis déjuger par expérience des bons effets qu'on peut en attendre. L'hôpital Beaiyon, l'hôpital Necker, l'asile impérial du Vésinet, l'hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, le vaisseau transport VAdour^ et d'autres na«> vires en Belgique, un grand nombre d'établissements publics, écoles,

asiles, cercles, la salle des représentants à la Haye, et enfin des magnaneries, notaniinent celle de madame veuve Griolet, à Sommiéres (Gard), sont aujourd'hui pourvus de ventilateurs Van Hecke, Tonciionnent de manière à satisfaire aux exigences les plus diverses et les plus complexes.

II n*est certainement pas sans intérêt de comparer entre eux, an point de vue de la dépense, les trois systèmse, que nous venons de faire connaître. Nous empruntons les chiffres que Ton va lire aux rapports officiels de l'administration de Tassistance publique.

1^ Quantité d'air renouvelé par heure et par malade.

Duvoir (en ne tenant compte que de Tait vena

par les carreaux). * 30 mètres cubes.

Thomas et Laarens. • 90

VaD Hecke « 97

2® Dépense dé première insUUkUion par i«l.

Dovoir. Â80 francs.

Thomas et Laorens. 808

Van Hecke * 236

3* Dépense annuelle par lit {entretien et fonctionnement).

Davdr, • • 51 francs*

Thomas et Laurens. iOl

Van Hecke 28

A® Prix de revient de l'unité de ventilation*

(8760 mètres cubes d'air une fois donnés, on i mètre cube fourni par

heare toute TanBée.)

Duvolr. 3 fr. 36 cent.

Thomas et Lanrens 1 76

Van Hecke 0 61

Nous avons terminé l'exposé des divers systèmes de ventilation. Mais il nous parait utile de résumer les principes et les règles qui doivent présider à leur application. Et dans ce but nous ne croyons pouvoir mieux faire que de rapporter textuellement les conclasion> votées, sur le rapport de M. Boudin, par rassemblée générale du congrès d'hygiène de Bruxelles en 1852, sur la question sut\anl<> : Quelles sont les règles essentielles qui doivent présider à la ventilation des édifices publics et des habitations particulières^ et quels sont lespro-

VENTILATION. Sà9

cédés qui paraissent susceptibles d'être spécialement recommandés à cet effet ?

Des couses multipliées conlribueDl à raltéralion de Tair confiné. Ce sont : i"* la respiration, la transpiration cutanée et pulmonaire, e4 les matières animales qu'elle entraine avec elle; 2"* les émanations qui résultent de Tévaporation des surfaces liquides ou mouillées des différents objets ou meubles, instruments ou appareils affectés h, Tu* sage de Tbomme sain ou malade^ des produits excrémentiliels, gazeux, liquides ou solides, normaux ou morbides; et 3"* les foyers de combustion et les appareils d'éclairage. Toutes ces causes altèrent l'air intérieur en absorbant Toxygène qu'elles remplacent par l'acide carbonique, l'bydrogène carboné et autres gaz contraires à l'hématose, ainsi qu'en produisant de la chaleur et de ta vapeur .d'eau, sources 'de. putréfaction dçs matières animales.

Remplacer l'air vicié par une atmosphère réunissant les conditions essentielles de respirabilité, tel est le moyen qu'il faut employer pour satisfaire aux prescriptions de l'hygiène; tel est aussi le but de la ventilation.

Les règles essentielles qui doivent présider à la ventilation peuvent se résumer dans les propositions suivantes :

a. L*air destiné à l'assainissement doit être normal.

b. Il doit être sufQsant pour remplacer l'air vicié à mesure de sa production.

c. Le remplacement doit être insensible, c'est-à*dire s'opérer sans produire de courants nuisibles.

La chaleur animale, la chaleur artificielle, les machines, constituent les forces motrices de la ventilation. La puissance ou force motrice doit être : 1** continue; T indépendante, autant que possible, du con« cours actif de Thomme; V en raison directe des causes de viciation des lieux habités.

On peut ranger les différents systèmes de ventilation dans les deux catégories suivantes : ventilation spontanée ou naturelle^ ventilation artificielle.

VenlUatim naturelle, — Elle est fondée sur la diffusion des gaz et sur la différence de densité et d'élasticité entre l'air extérieur et Pair intérieur, différence produite par l'action de la chaleur solaire et par celle que dégage Je cprps de l'homme, ainsi que les appareils d'éclairage et de chauffage.

Elle est ordinairement insuffisante même dans les habitations privées, dans les locaux habités où il n'existe qu'un petit nombre de sources de viciation. Néanmoins les ouvertures naturelles, les portes» les fenêtres, les conduits de cheminées et certains moyens bien connus, comme carreaux mobiles, vasistas, cadre de toile métallique,

Î46 VENTiLATTON.

plaques de zinc perforé, etc., peuvent suffire pour empêcher que Pair vicié ne séjourne dans la place et ne devienne nuisible.

Mais la circulation de l'air peut être empêchée par l'occlusion intermittente ou continue de ces ouvertures, et lors de certaines perturbations atmosphériques, telles q\ie le refroidissement subit de la tetkipérature extérieure, etc.

On a recours, dans ces cas, à certains moyens peu coûteux et très avantageux pour l'assainissement et l'aération des habitations privées, de môme que des écoles, salles d'asile, dortoirs des casernes, et en général d'espaces clos occupés pendant une partie du Jour on de la nuit.

Un certain nombre de tuyaux coudés de 1"*,D0 à 2 mètres de haut sont verticalement établis dans l'épaisseur des murs extérieurs. L'orifice inférieur, légèrement évasé, gartii de toile métallique, aspire l'air extérieur. L'orifice supérieur ou interne, également revêtu d'un cadre métallique et poun-u d'un registre modérateur, répand l'air neuf dans le lien confiné. Enfin l'air altéré dont l'élasticité est augmentée s'échappe par une ouverture en entonnoir, établie au milieu du plafond et communiquant avec un tuyau légèrement conique qui s'élève à 1 mètre ou l'",50 au-dessus du felte du toit. Au lieu de tubes verticaux, on peut pratiquer dans le plancher un certain nombre de petites ouvertures disposées en rosaces, qui, communiquant avec l'extérieur par des conduits d'aspiration placés sous le parquet, déversent l'air de renouvellement, extrêmement divisé, dans la place.

Dans tous les cas, il faut :

Que l'entrée et la sortie de l'air soient aussi libres que ponsible ;

Qu'il y ait deux orifices, dont l 'un, situé le plus haut possible, serve k l'élimination de l'air vicié, et l'autre, près du sol, à la prise d'air neuf;

Que ce dernier, à l'abri de l'action directe des vents impétueux, s'ouvre au milieu de l'air le plus pur possible;

Que le volume des voies d'entrée et de sortie, ventilateurs, conduits aflférenls et eff'érents, soit subordonné à la quantité d'air à introduire en un temps donné ;

Que le nombre des orifices soit suffisamment multiplié pour répandre et disséminer la masse d'air sans nuire à son renouvellement convenablement réglé;

Que la surfoce de section du tuyau d'évacuation soit équivalente à la somme des surfaces de section des tuyaux d'entrée;

Que les tuyaux de prise d'air soient ouverts à la même hauteur;

Que le trajet horizontal des tuyaux t«int afférents qu'elférents siM le plus court possible.

Ventilation artificielle, — Elle s'obtient soit par la chaleur artificielle, soit par des moyens mécaniques.

Elle se combine très utilement et le plus fréquemment avec le chauffage, et devrait également être combiné^ avec la réfrigération.

Ell^ est indispensable dans tous les espaces clos renfermant une popfulation plus ou moins considérable, et pour lesquels les moyens de ventilation spontanée sont instiMsants.

Elle s'obtient feciiement dt très convenablement par le moyen suivant, dans tous les cas où il ne faut pas chauffe^ et ventiler toûl à la fois«

Des ouvertures d'air étant convenablement m^sagées» Tair vicié est évacué ou par la cheminée d'un foyer de etiisine, ou d'one roa« chine h vapeur en activité, ou bien encore en allumant un grand feu même pendant les chaleurs. Au premier abord, il semblerait que la chaleur du foyer serait à craindre, mais la grande quantité d'air qui s'échappe par la cheminée, abaisse bien plus la température du local que la chaleur rayonnante du combustible ne Télève.

Les moyens de venlilation mécanique sont très nombreux; ce sont ceux qui portent plus spécialement le nom de ventilateurs» Leurs formes et leur mode d'action dépendent des lieux et des industries auxquels ils sont appliqués.

En présence des expériences qui se poursuivent encore aujourd'hui en France, en Angleterre, en Belgique et dans d'antres pays, le con« grés a été d'avia d'en attendre les résultats avant de se prononcer sur la valeur relative des principaux systèmes.

Mais, dès à présent, et comme conclusion pratique, il est impossible de ne pas faire de graves réserves au point de vue de l'influence hygiénique ée la ventilation artificielle» L'assainissement des lieux habités réclame d'autres conditions. Dans les bôpitatix notamment, où Ton a réalisé à si grands fhiis le \n%e de l'aération la plus riche que Ton puisse souhaiter, on n'a pas vu changer les lois ordinaires de la mortalité. La ventilation forcée n'assure pas toujours la dispersion des miasmes et ne préserve pas avec certitude des fÂcheux effets de Tagglomératioa. De récentes expériences de MM* Réveil, Con«stantin Peut et Charvet donnent à craindre que les émanations qui vicient l'air des salles de maîlades ne résistent aux courants de l'air insuflQé par les plus puissants ventilateurs.

y'ojf. Aie, AsaiiNisssiixNT, CuAUFFAaE, Fosses d'aisances, HABitA- Tions, Mines.

BmbHographie* — Traiii de la chaleur eonsiééHe dânè set épjjHkûfhne^ par B. PècJet, S* édUiOD. Poris, 1860. -- Dictionnaire dei art$ et manufa€turc$f article VniTii.ATiOH, par GrouTeile, 2* ^dillon. Paris, 4S5&. — Collection àes mémoiree de d'Areef^ rccueiltle par Pli. Groutetle. — Obiervatiom on tke wetittlatipn and •« tà€ éep€Hâe%ee$ ûf keat ok thé puritf of tke air tthicà w rMpl»v, par A* l(«yler. LoadcMi* 48ia« --* Êtapport wmr U eura§e dfâ é§omtt^ par Pafcnt^DucMclet {Ann.

352 verw:ries,

d'hyg. fuhl et de méd* Ug^t t. 11, p. 30]. — AppUcntwn du iynème des fasMa inodorti au renouvellement de Cair dane la cale de» vaieseaux, par M. Keraudren {Ibid , t. XII, p. 90). — Note Mur la néeeenté d'augmenter le diamètre de» pHee» d'air et dti bouehe» de chaleur dt» poêle» et des calorifère»^ par d*Aroet (/HJ., t XXIX, p. 8S2). --- Notetur la ventilation de» filature», par M. A. Guérard {Ibid,^ U XXX, p. il2J.

— Obtervation» »ur la ventilation et U chauffage de» édifleee publie», et eu particuUef de» kâpitaux, de» pri»on», par A. Guérard {Ibid., t. XXXII, p. 52, L XXXVIII, p. 3A8, et t. XLIX, p. I&). — Mémoire »ur la ventilation dan» tes hâpitanœ^ par PouiDcC(/iHJ., LXXXtl, p. i). — Coneidérationê »ur la théorie admiae da certain» appareil» de ventilation^ par M. Lassaigne {Ibid,, U XXXVI, p. 297). — De la vemiilotion appliquée à f hygiène mUitaire^ par ledocteor Papillon (lbid.j t. XLI,p. 971. et XUI, p. 1). •* /)« chauffage et de la ventilation de» édifice^ publie», par M. H. Gaolller ée Claubry et M. Deschamps (d'A vallon) [Wd., U XLVIII, p. 302, et t XLIX, p. 823). — Nouvelle» étude» »ur le chauffage, la réfrigération et la ventilation de» édifice» jmblic», de» hôpitaux, de» igliee», par M. Boudin (Ibid., t. XLVII, p. 2i0, t. XLVIII.p. 32, L XLIX, p. 5&6; 2« série, i851, t. I, p. 280). — Notice sur le* appareil» de chauffage et de ventilation à circulation, de L. DoToir-Leblanc. — Or the htating and ventilation of building» bg maan» of aperturee eituated in tka mpptr and hwer portion of a flue, by J. Noirsain, civil engioeer (Médical Timu»^ juljr iSM).

— Compte rendu du Congre» général d*hygiène de Bruxelle» (session de 1852). Bmielles, i852y p. ih9, — Rapport êur le» deux $y»tème» de ventilation établi» e titre d'e»»ai dan» la pri»on cellulaire de» femme», à Bruxelle» {Ànn. d'hyg, pmkL et de méd, lég,, U L, p.l&59). — In»truetion »ur l'a»»aînit»ement dt» école» primaùree et de» »alU» d'aeile, par M. E. Péclet. -^ Rapport» et note» »ur U» travaux de Pk. Grouveilc {Chauffage et ventilation), in-8. Pari$, 1855. -* Rapport emr le »y»tèate de uautilation de Van Heehe {Ann,, t. L, p. Â59). — Boudin, Chauffage et ventOatiotà des hôpitaux. Examen de quelque» propo»ition» renfermée» dan» la thhe de M. Grossi (A an., 2* série, t. VI, p. &65). — fir^isi. Étude comparative de» deux eystèmes de chauffage et de ventilation établi» dV hôpital Lariboieière (llièse de Paris, 1856). — Béponte aux objection» critiqua» de M Boudin (Afin., 8* série, t. VI, p. &72). — Étude du 9y»témê de chauffage et dé ventilation étMi par le docteur Van Hecke d VhàfU^ Beavjon^ par H» Grasai (Ami., 2* série, I. VII, p. 67). ^ Ventilation des novirvc, par M* Grossi (Armm 2« série, t. VIII, p. 113). ^ 5ar la ventilation de» »elte» de speetaeie^ par A. Tripier (Aan., 2' série, l. X, p. 67). — Note »ur le nouvel appareil de vemtffmtio* et de chauffage établi à l'hôpital Necker, d'aprè» le »ystéme du docteur Van Hecke^ par le docteur Vernois (An R., 2* série, t. XI, p. 80). — Étude de» appareil» de chauffage et de ventilation établi» à VhÔpital Necker, pw C.Grassi (i4fiii., 2- série, t. XI, p. 89). — Réctauuition» relative» alla ventilation de» hôpitaux, par 11 M. Grassi et Groovellf (Ann., 2« série, t. XII, p. 158). — Rapport »ur U»y»lhne de chauffage et da vemtU^ tion de M. le docteur Van Hecke, par M. E. Husspo. Bruielles, 1860. — Rapport dâ la commi»»ion »ur le chauffage et la ventilation de» bdtiment» du palai» de Justice, par le général Mono, io-A. Paris, 1861. — Voyei aussi dans le Bulletin de l'Àcadémùe impériale de vsédeeine (!• XX VU, 1862). h discussion très Inféressanle qui a eu lie* mit Y Hygiène de» hôpitaux,

VKRIVlfil. — Voy. Plomb.

vemiEIlIEily VEBRIKR.S, ^ Les verreries, placées dans la première classe des établissements insalubres en raison de la grandi* fumée qu'elles dégagent et du danger d'incendie qu'elles présenteot, it'oflVent véritablement pas d'autres causes générales d'insalabrité.

Quant au travail même de la fabrication du verre,, il rentre dans les opérations qui, exigeant une très haute température, placent l'ouvrier dans des conditions spéciales auxquelles d'ailleurs Thabi* tude fait plier la santé sans trop de dilQciiltés. hes verriers n'offrent pas d'affections professionnelles qui leur soient propres et ne sont pas soumis à une mortalité exceptionnelle. Les variations de tempé* rature qu'ils ont à supporter sont le principal incoavénient de leur travail qu'ils interrompent d'ailleurs, par suite du système des relais, de six en six heures. Ils ont seulement à résister à la soif, parfois très ardente, qu'ils endurent et qu'ils satisfont trop souvent avec (l'abondantes quantités d'eau tiède fort malsaine. Quelques précautions et le choix d'une boisson acidulée ou légèrement alcoolisée remédient à ce danger.

Il convient de noter encore que l'action de la chaleur des fours se fait parfois sentir sur les yeux, et semble favoriser la production de j'amaurose. On a signalé aussi, mais sans preuves suffisantes, que les souflQeurs de verre étaient exposés à des morts subites. Enfin, dans les cristalleries où l'on fait usage d'arsenic, les ouvriers se trouvent exposés aux graves inconvénients des vapeurs arsenicales.

¥ERS {DÉPÔTS de), — Voy. Asticots.

¥fiRS A SOIE. — Voy. Soi£.

V£RT AlVGIiAIS. — Voy. ARSENIC.

VERT-BE-CÏRIS9 VfillBET. — La fabrication du verdet ou vert-de-gris, qui n'offre que très peu d'inconvénients, est classée maintenant dans la troisième classe des établissements insalubres. — Voy. CciviiE, Poisons.

VERT Bfi SCHl^EIIWniRT. — Voy. ARSENIC.

VÉTi:RII«AIRB. — Voy. CONSEILS d'hygiène, Épizootiss,

Rurale (Hygiène).

VlAlHAiC. — Voy. Boucherie, Cheval, Salaisons, Subsistances.

VIRAIVCI».— La vidange des fosses d'aisances, l'un des objets les plus importants de la salubrité et jusqu'à ces derniers temps l'un des plus négligés, est loin encore d'être sortie de la voie de transformation dans laquelle elle commençait à s'engager lorsqu'à paru la première édition de ce livre; et sur cette question pendante nous devons encore nous borner à rassembler les documents les plus

TAftDlEU. — DICT. O'hTO, T. lY. 23

854 VIDANTrES.

récents et les plus pratiques, qui formeront d'ailleurs le complémenl des détails contenus dans les articles Fosses d'aisances et VoniiEs. Une double tendance se manifeste dans les systèmes de vidanges actuellement à l'étude : l'utilisation des matières propres à servir d'engrais; la désinfection des matières préalablement séparées en liquides et en solides.

Véslnfeetton des matières eontenves dans les isssss d'alsanees. —Nous nous occuperons d'abord de ce second point, n serait inutile de faire connaître les différents procédés qui, depais celui de Ghaunoétte, employé pour la première fois en 1815, ont été mis en pratique, soit pour la séparation des liquides et des solides, soit pour la désinfection deces matières. Nous nous bornerons à dire, d'une manière générale, que tous les moyens de désinfection réellement efficaces ont été puisés parmi les agents solfdes ou liquide^ capables, tantôt d'absorber par un phénomène purement physique les gaz développés dans le cours de la fermentation putride, tantôt de décomposer chimiquement quelques-unes des matières dissoutes en formant des composés insolubles et fixes, partant inodores, aver la portion non utilisable de ces combinaisons, tandis que l'ammoniaque était engagée dans une combinaison saline soluble, susceptible d'être mise en usage parles agriculteurs. C'est de cette manière que nous classerons les différents composés que nous ferons connaître, et dont il nous serait facile d'étendre la liste en reproduisant rénumération contenue dans le travail intéressant do M. Ernest Vincent.

Nous verrons aussi ajouter souvent aux matières fécales des agent> dits antiseptiques, presque toujours odorants par eux-mômes : acidt pyroligneux très chargé de goudron, huile de pétrole, huile emp}* reumatique, essence do romarin, etc. Le rôle assez mal déGni de ces matières nous semble être multiple; elles paraissent devoir relarder la putréfaction des substances non encore décomposées que les agents désinfectants proprement dits ne pourraient pas atteindre, et dans quelques cas il nous parait probable que leur odeur forte, n)ai> peu expansible, sert à masquer les dernières traces de celle que Tod a intérêt à dissimuler.

Voici la liste de quelques-unes des substances propoftée.s coniDie désinfectantes :

Cliarbofl pulTéri>0 Giraud 1b(>^

Cendres de buuillc, de bois, niAcliefcr CliaiiimUe (Mo

Sable Dupiot IM^

Noir ;iiiiinal Frigerio |s?-

Churlion animal et vé((C>lal déroJoranl vl df«iiircc-

«•l^« Serboi |na#

ToorbenoD calcinée. . . • • Cuibourt et Sabtob. ..».•. i89t

Cendres de tourbe. . . . •• D^Arcet i8A0

Matières charbonneuses et noir auimalisé .... Maie. . . • • iStki

Lignite en poudre Jourdain. ibâS

icétDie de plomb, dissolution 'de fer dans les

addes minérauK. • . • Deboiissfeu 4762

Chlore Cîuyton-Morveau elDupuytren. 1805

Prolosuirate de fer impur. Miaui 182il

Chlorure de manganèse résidu de fabrication du

cklore Payen et CfaefaHier 1816

Chlorure de soude. Labarraque. , • 182&

Salfate de chaux Siret. 1827

Alao, sulfate d'alumine impur, i Sirel 18&8

Sel» cl oijdes métalliquci. • . Krafft el Suoqoel. • • . ^ . • • 1889

Sulfate de «ne ,,...••.,... Gagnage et RegvaiiU» . ^ » • . i8M

Sallate de peroxyde de fer Baronnet • » r » • i%h^

Protochlorure de fer, perchlorure de fer, chlorure

de zinc, pyrolignite de zinr » . • • Dubois 18A6

Dans beaucoup de cas, la chaux a été employée comme un moyen de désinfection, mais toujours associée à des absorbants physique? propres à fixer Tammoniaque qu'elle dégage des matières fécales.

Vue remarque qui s'applique à tous les moyens de désinfection que nous venons d'énoncer ci'des;>us, c'est que leur efficacité plus ou moins grande nait généralement de leur mélange plus ou moin» intime avec les masses considérables des nuttières peu bomogèoag sur lesquelles on a à opérer. Dans l'appréciation des procédés de désinfection, il ne faudra jamais conclure de Texpérience de laboratoire à l'application en grand; cette fausse manière de voir peut expliquer ce nombre infini de procédés appliqués à la solution d'un problème fort simple au point de vue chimique, et qui, après avoir été préconisés quelquefois avec tant de fracas, ont ensuite échoué misérablement. En effet, celte multitude de moyens se réduit aujourd'hui dans la pratique à un très petit nombre et presque exclusivement aux deux suivants.

L'opération de la désinfection des matière» fécales, devMiye désormais usuelle et rendue obligatoire, peut se décomposer en deux parties: Tune, qui précède l'apport à la voirie, et qui a lieu dans la fosse même ou dans les tonnes mobilc^s ; l'autre, qui se continue à la voirie. La première a lieu, soit au moyen du sulfate de fer et de l'acide pyroligneux impur, h la dose d'un kilogramme de chaque par tonne mobile; soit, lorsque l'on doit couler sur la voie publique ol qu'il est nécessaire d'éviter la coloration noire du sulfate de fer, k l'aide du sulfate de zinc parfumé avec r(!bsence de rumaiii), qui remplit ici le rôle nécessaire que nous avons indiqué précédemment.

Une ordonnance de police du 2ë décembre 1850 (est venue rendre

obligatoire la désinfection des matières contenues dans les fosses d'aisances, et autoriser l'écoulement des matières liquides sur la voie publique et le dépôt des matières solides dans les locaux privés. Cette ordonnance a été confirmée dans ses principales dispositions par celle du 29 novembre 185(i, dont nous croyons utile de donner le texte.

ORDONNANCE CONCERNANT LA DÉSINFECTION DES MATIÈRES CONTENUES DANS LES FOSSES D*AISANCBS ET L'ÉCOULEMENT DES EAUX VANNES AUX ÉGOUTS»

Nous, préfet de police.

Va : 1" Les ordonnances de police des 12 décembre 18à9 et 8 novembre 1851, conceroant la désinfection des matières contenues dans les fosses d'aisances de la ville de Paris ;

2° Le décret du 10 mars 1852;

3^ La loi des 16-2^ août 1790 et les arrêtés du gouvernement des 13 messidor an VIII et 3 brumaire an IX;

/4° Les rapports du Conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, et notamment ceux du 19 mai 185/i ;

Ck)nsidérant que, par suite d'expériences déjà anciennes'et suffisamment répétées, il est reconnu qu'on peut désinfecter rapidement et économiquement les matières contenues dans les fosses d'aisances; qu'en outre, il est aujourd'hui démontré que ceue désinfection peut être assez complète pour que les matières liquides, extraites des fosses, soient écoulées dans les égonts sans aacan inconvénient; que la division des matières dans les fosses fixes ou mobiles est peu coûteuse à établir, qu'elle est tout entière dans l'intérêt du propriétaire, et qa^elle permet d'obtenir une désinfection plus prompte et plus complète ;

Considérant enfm qu'il importe d'encourager les systèmes qui tendent, d'une part, à prévenir toutes causes d'insalubrité sur la voie publique, et, d'autre paît, à faire disparaître les inconvénients que présente la vidange des fosses ;

Qu'à CCS différents points de vue, l'écoulement direct et souterrain des eaux vannes dans les égouts complétera les améliorations apportées déjà dans œtle partie du service ;

Vu la délibération de la commission municipale, de Paris, en date du 20 décembre 1850, approuvée par M. le ministre de l'intérieur,

Ordonnons ce qui suit :

Art 1*'. 11 est expressément défendu de procéder à l'extraction et ao trans* port des matières contenues dans les fosses d'aisances, avant que la déainfectioo en ait été complètement opérée.

Il devra être procédé h cette désinfection, autant que possible, dans la nuit qui précédera l'extraciion des matières, et toujours dans les limites de temps fixées par les règlements pour la vidange des fosses, sauf les exceptions que nous jugerons convenable d'autoriser.

Arl. 2. Tout entrepreneur de vidange devra nous faire connaître son procéJ^ de désinfection, et ne pourra l'employer qu'après que ce procédé aura été approuvé par nous, sur l'avis du Conseil de salubrité.

Atl 3. Les malières liquides désiafecufes profenanl des fasses à proxiaHé des égoiUs ne pourroot ^tre écoulées dans ces égouts» lors deAi vidange, qu^an moyen d'une conduite souterraine préalablement autorisée par M, le préfet de la Seine.

Tadministration déterminera les conditions dans lesquelles cette conduite dena être éuii)lie pour prévenir tout écoulement qui ne serait point autorisé par ia préfecture de police*

Ces dispositions seront ol)ligatoires après la première vidange qui suivra la publication de la présente ordonnance,

i'artoot où li serait impossible d*établir une conduite souterraine, les matières liquides désinfectées pourront être écoulées au moyen d'un tuyau aboutissant à Ja hooche de Tégout le plus voisin.

SiTéloIgnement de Fégout, ou toute autre circonstance, ne permet pas ce mode d'écoaleinent, les liquides .seront transportés au dépotoir.

Les liquides des ibsses pourront encore, à mesure 4e leur production^ être écoulés directement et d'une manière permanente dans les égouts, an moyen d^une conduite souterraine, à la charge par les propriétaires de se pourvoir des amorlsations nécessaires et de se conformer à toutes les conditions qui leur seront prescrites pour que ce mode d'écoulement n'ait aucun inconvénient, soit pour la salubrité, soit pour le service des égouts.

Art /il. Tout entrepreneur qui voudra faire écouler les liquides dans les égouts, devra préalablement nous en faire la déclaration, en prenant rengagement de payer à la ville, conformément à la délibération ci-dessus visée, 1 fr. 25 c par iDètre cube de matières solides ou liquides, extraites des fosses ; il devra se soutnetlre» en outre, à toutes les conditions qui lui seront imposées pour l'opératioa dont il s'agit.

I Art. 5. Les entrepreneurs qui feront écouler les liquides dans les égouts pourroot transporter les matières solides dans des locaux autorisas, où elles seront de nouveau désinfectées, s'il est nécessaire, de manière que la désinfection soit permanente ; à défaut de quoi les matières seront enlevées et portées à Dondy, à la diligence de l'autorité et aux frais du contrevenant.

Art. 6. Quand les liquides ne seront point écoulés dans les égouts, ils devront, aiosi que les matières solides extraites de la même fosse, être transportés au dépotoir ou an port d*embarquement de la Vlllette, jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, et sauf d'ailleurs les exceptions que nous jugerions convenable d'autoriser dans l'intérêt de l'agriculture ou de l'industrie.

Art. 7. Les fosses mobiles continueront à être disposées de telle sorte, que la séparation des -matières solides et liquides s^opère dans ces fosses, ainsi qu'il a été prescrit par l'ordonnance précitée du 8 novembre 1851.

Les fosses de maçonnerie devront également, lors de la première vidange, recevoir les dispositions ou appareils nécessaires pour y assurer Ja séparation prescrite pour les fosses mobiles.

Ces mêmes dispositions devront être immédiatement observées lors de la constraction des fosses neuves.

Art. 8. Il est expressément interdit d'attendre que la fosse soit pleine pour en opérer la vidange ; on devra toujours laisser au moins le vide nécessaire pour llotrodnctîon et le brassage des matières désinfectantes.

358 ViDAiNGES.

L^OHterttire d*extracliôn de toute fosse, après la vidange, devra, jusqu^à fermeture définitive, êlre tenue couverte de manière i prévenir les accidents, et ce, par les soins du propriétaire.

Art. 9. Les ordonnances et arrêtés des ô et 6 juin 183à, 23 septembre 18i^3, 26 janvier 1846, 3A mai et 12 décembre 1860, conlintteront de recevoir leur exécution en tout ce qui n*est pas contraire aux dispositions qui précèdent.

Art. 10. f/ordonnance de police du S novembre 1851 esc rapportée.

Art. 11. Les contra vendons k la présente ordonnance seront constatées par des procès- vei1>aux ou rapports, conformément aux lois et règlements, sans préjudice des mesures administratives qui pourront être prises contre tes contre venants, notamment le retrait temporaire on définitif de l'autorisation des entrepreneurs.

Art. 12. La présente ordonnance sera publiée et notifiée aux entrepreneurs de vidange.

i^echef de la police municipale, ieii commissaires de police de Paris, IMospec-

teur général de l.i salubrité et les oficiersde paix en surveilleront et assnreront

Texécutlon, chacun en ce qui le concerne.

Signé Pietri.

Pour réaliser les prescriptions énoncées à rartirle 8 de Tordonnance qui précède, divers appareils ont élé inventés parmi lesquels nous devons signaler celui qu'a imaginé M. Sauvé, et qu'il désigna sous le titre de contrôleur des vidanges, construit »ur le modèle de l'aréomètre de Baume. H se compose d'un flotteur de terre cuite à tige de fonte recouverte de gulta-porcha, qui peut être maintenu d'une manière fixe dans la fosse de manière que rextrémilé laisser libre et visible indique toujours le niveau des matières, et prévient ainsi cet excès de plénitude qui cmpOche, lors de la vidange, Tintrodurtion et le passage des matières dèsinrcclantcs et qu'inlerdisen sévèrement les ordonnances de police. Cet appareil a clé depuis cinq ans expérimenté avec succès,

Bc» •pér»tl«Bi» de vidanjfc — Quant aux opérations de la vidange en elle-même, elles ont élé réglées avec une admirable précision dant< une ordonnance toute récente, destinée aux communes rurales du département de la Seine, et qui par cette raison est encore mieux applicable aux diverses localités des départements oi^i ce service ne serait pas encore régulièrement organisé. Ce document remarquable, dans lequel, sont reproduites les principales dispositions des ordonnantes de 1831 cl 183^, nous dispense de tout autre développement.

EXTKAIT DB L*ORDO?iN A!fCE DE POLICE Un !<'*' DECEMBRE 1853, COXCERXA^ir LES FOSSES d'aisances ET LE SERVICE DE LA VIDANGE DAKS LES C0ll1ir:fC5 RORALRS DO RESSORT DE LA PREFECTURE DE POLICE.

Nous» préfet de police, vu les renseigne inentH transmise notre adminîsi ration par les maires des communes rurales du ressort de la préfecture de police, tou-

chant les divers systèmes de fosses d'aisances et les procédés de vidange en usage dans ieurs communes respectives ; •

Ensemi^le ies observations de plusiears de ces fotctionnaires sar I» nécessité d*un règlement général concernant la construction des Tosses d'aisances, et le service de la vidange dans toutes les communes soumises à notre jaridiction ;

Considérant quMl importe de 'prescrire les mesures nécessaires pour prévenir les causes d'insalubrité résuliantd'une mauvaise construction des fosses d'aisances daos lesdiies communes, et les dangers de la vidange de ces fosses opérée par des personnes étrangères à ce genre d'industrie ou dépourvues des moyens d'eiploi* lation suffisants ;

En vertu de» arrêtés du goavernemeot des IS messidor an YiU et '6 brumaire an IX (!'' juillet et 25 octobre 1800), Ordonnons ce qui suit :

f ITRE IV. — De la vidange des fosses d'aisances.

Art. û8. Il est enjoint à tons propriétaires de maisons de faire procéder sans retard à la vidange des fosses d'aisances, lorsqu'elles seront pleines.

Aucune vidange ne pourra être faite que par un entrepreneur dûment autorisé.

Art« /|9. Nul ne pourra exercer la profession d*enirepreneiir de vidange dans uoe des communes rurales du ressort de la préfecture de police, sans être pourvu d'une permission du maire de celte commune.

Cette permission ne sera délivrée qu'après qu^il aura été justifié par le demandeur : 1* qu'il possède les voilures, chevaux, tinettes, tonneaux, seaux et autres ustensiles nécessaires an service des vidanges ; 2^ qu'il est muni des appareils de désinfection dont l'administration aura prescrit l'emploi ; 3^ et qu'il a, pour déposer ses voitures, appareils et ustensiles pen<fant le temps où lis ne sont point employés aux opérations de la vidange, un emplacement convenable, situé dans une localité où l'administration aura reconnu que Ce dépôt peut avoir lieu sans inconvénient.

Art. 50. La vidange ne pourra avoir lieu que pendant la nuit.

Les voitures employées à ce service, chargées ou non chargées, ne pourront circuler dans l'intérieur des communes que pendant le temps qui aura été déter-^ miné par les miiires de ces communes.

Toutefois Textraction des matières ne pourra commencer, du !•' octobre an 31 mars, avant neuf heures du soir, et du f*^ avril au 30 septembre, avant dix heures du soir, ni se prolonger, du 1'' octobre au 31 mars, au delà de huit heures da matin, et du i*"' avril au 30 septembre, au delà de sept heures du matin.

Art 51. Toute voiture employée au transport des matières fécales portera devant et derrière an numéro d'ordre, et sera munie, sur le devant, d*une lanterne, qui devra être allumée pendant la nuit, et porter, sur le verre le plus apparent, le numéro d^ordre de la voiture.

Chaque voiture portera, en outre, une plaque indiquant le nom et la demeirre du propriétaire.

Les maires assigneront à chaque entrepreneur de vidange la série des numéros d'ordre affectés à ses voitures, et détermineront les dimensions que devront avoir les numéros tant sur les voitures que sur les lanternes.

Art. 52. Les entrepreneurs faisant usage de tonnes seront tenus d^en fermer les bondes de déchargement au moyen d*une bande de fer transversale fixée à demeure à la tonne par Tune de ses extrémités, et fermée à Tautre avec an cadenas.

Les écrous et rondelles soutenant la ferrure seront rivés à Tiotérleor des tonnes.

L^entonnoir de décharge sera fermé de manière & prévenir toute éclabooaMre.

Il est interdit d'employer au service de la vidange et défaire circuler des toDoes dont les bondes de déchargement ne seraient point fermées delà manière prescrite par le présent article.

Les cadenas apposés aux tonnes ne pourront être ouverts et refermés qa^à la voirie, par la personne préposée à cet effeu

En conséquence, Il est interdit aux entrepreneurs de confier la clef desdits cadenas à aucune autre personne. ^

Art. 53. Il sera placé une lanterne allumée en saillie snr la voie publique, & la porte de la maison où devra s*opérer une vidange, et ce, préalablement h tout travail et à tout dépôt d'appareils sur la voie publique.

Art. 5^. On ne pourra ouvrir aucune fos.se d'aisances sans prendre les précautions nécessaires pour prévenir lès accidents qui pourraient résulter du dégagement ou de rinflammation des gaz qui y seraient renfermés.

liOrsque Touverture sera nécessitée par un motif autre que celui de la vidange, Tentrepreneur en donnera avis dans le jour à la mairie.

Art. 55. La vidange d'ime fosse d'aisances ne pourra avoir lieu sans que préalablement il en ait été fait, par écrit, une déclaration ù la mairie, la veille ou le jour même de la vidange, avant midi.

Cette déclaration énoncera le nom de la rue et le numéro delà maison, les non» et demeure du propriétaire et de l'entrepreneur de vidange ; enfin, le nombre des fosses à vider dans la même maison.

Art. 56. Lorsque Tenti-epreneur n'aura pas pu trouver l'ouverture de la fo&se, il ne pourra eu faire rompre la voûte qu'en vertu d'une permission du maire. ,

L'ouverture pratiquée devra avoir des dimensions prescrites par l'article 12 de la présente ordonnance.

Art. 57. Les propriétaires et locataires ne devront pas s'opposer au dégorgement des tuyaux.

En cas de refus de leur part, la déclaration en sera faite'par l'entrepreneur i la mairie.

Art. 58. L'entrepreneur fournira chaque atelier d'au moins deux bridages et d'un flacon de chlorure de chaux concentré, dont il sera fait usage au besoia poiur prévenir les dangers d'asphyxie.

Art. 59. 11 ne pourra être employé [à chaque atelier moins de quatre ouvriers, dont un chef.

Art. 60. Il est défendu aux ouvriers de se présenter sur les ateliers en état d'ivresse. Il leur est également défendu de travailler à l'extraction des matière^, même des eaux vannes, et de descendre dans les fosses, pour quelque cause que ce soit, sans être ceints d'un bridage.

La corde du bridage sera tenue par un ouvrier placé à l'extérieur de la fo^^c. Nul ouvrier ne pourra se refuser à ce service.

VIDAiNGES. 361

II est défendu aux eutrepreneurs et chefs d'ateliers de conserver sur leurs iraraux des ouvriers qui seraient en contravention aux dispositions ci-dessus.

Art. 61. Pendant le temps du service, les vaisseaux, appareils et voitures doivent être placés dans l^ntérieur des maisons, toutes les fois qu*il y aura un emplacement suffisant pour les recevoir.. Dans le cas contraire, ils seront rangés et disposés au devant des maisons où se feront les vidanges, de manière k nuire Je oioins possible à la liberté de la circulation.

Art. 62. Les matières provenant de la vidange des fosses seront immédiatement déposées dans les récipients qui doivent servir à les transporter aux voiries. Ces vaisseaux seront, en conséquence, remplis auprès de Touverture des fosses, fermés, lûtes et nettoyés ensuite avec soin, à Textérleur avant d*ètre portés aux voitures ; toutefois les eaux vannes seront extraites au moyen d*une pompe.

Il est expressément interdit de faire couler des eaux vannes oti de jeter des matières solides sur la voie publique ou dans les égonts.

Art. 63. Après le travail de chaque nuit et avant de quitter Tatelier, les vidangeurs seront tenus de laver et nettoyer les emplacements quMls auront occupés.

11 leur est défendu de puiser de Teau avec les seaux employée aux vidanges.

Art. 6/ii. Le travail de la vidange de chaque fosse sera continué à nuits consécotives,en sorte que la vidange interrompue a la fin d'une nuit devra être reprise au commencement de la nuit suivante.

Lorsque les ouvriers auront été frappés du plomb ^asphyxiés), le chef d'atelier suspendra la vidange, et Tentrepreneur sera tenu de faire, dans le jour» & la mairie, sa déclaration de suspension de travail.

il ne pourra reprendre le travail qu'avec les précautions et mesures qui lui seront indiquées selon les circonstances.

Art 65. Aucune fosse ne pourra être allégée sans une autorisation du maire.

Il est défendu aux entrepreneurs de laisser des matières au fond des fosses et de les masquer de quelque manière que ce soit.

Art. 66. Les fosses doivent être entièrement vidées, balayées et netioyéeSé

Les ouvriers vidangeurs qui trouveront dans les fosses des effets quelconques, et notamment des objets pouvant indiquer !ou faire supposer quelque crime ou délit, en feront la dédaration, dans le jour, soit au maire, soit au commissaire de police.

Art 67. Il est défendu de laisser dans les maisons, au delà des heures fixées pour le travail, des vaisseaux ou appareils quelconques servant à la vidange des fosses d^aisances.

Les vaisseaux ou appareils contenant des matières, qui y seraient trouvés ao del2i desdites heures, seront aux frais de l'entrepreneur immédiatement enlevés d*office, et transportés à la voh*ie.

Art. 68. Néanmoins, toutes les fois que, dans l'impossibilité momentanée de se servir d'une fosse d'aisances, il sera reconnu nécessaire de placer dans la maison des tinettes ou tonneaux, le dépôt provisoire de ces vaisseaux pourra, sur la demande écrite du propriétaire ou principal locataire, être autorisé par le maire OQ le commissaire de police.

Ces appareils devront être enlevés aussitôt qu'ils serout pleins oo que la cause qai aura nécessité leur placement aura cessé.

Art. 69. Hors le temps du service, les tonnes, voiiores, tinettes et tonneaux ne pourront être disposés ailleurs que dans des emplacements agréés à cet eflet par le maire.

Art. 70. Ld repérage d*une fosse devra être déclaré de la même manière que sa vidange. Il sera efTeciné d'après le mêmcfmode et en observant les mêmes mesures de précaution.

Art. 71. Les eaux qui reviendraient dans toute fosse vidée et en cours de réparation devront être enlevées comme les matières de vidange.

Toutefois, lorsque la nature de ces eaux le permettra, et en vertu d'une auto* rlsation spéciale du maire ou du commissaire de police, elles pourront être versées au ruisseau de la rue, pendant la nuit.

Art. T2. Aucune fosse ne pourra être refermée après la vidange, qu'en verta d'une autorisation écrite qui sera délivrée par le maire ou la personne qu'il aora déléguée à cet elTeu

Le propriétaire devra avoir sur place, jusqu'à ce qu'il ait reçu l'autorisation de fermer la fosse, une échelle convenable pour en faciliter la visite.

Art. 7^. Dans le cas où la fosse aurait été fermée en contravention à l'article précédent, le propriétaire sera tenu de l.t faire rouvrir et laisser ouverte aux joor et heure indiqués par la aoinmaiion qui lui sera adressée à cet effet, pour que U visite en puisse être faite par qui de droit.

Art. 7 h* Aucune fosse précédemment comblée ne pourra être déblayée qu'en prenant, pour cette opération, les mêmes précautions que pour la vidange.

TITRE V, — Dispositions communes aux entrepreneurs de vidange et aux

entrepreneurit de fosses mobiles.

Aft. 86. Les voitures servant au transport des matières lécalea ne pourroot passer que par les rues qui auront été désignées dans la déclaratioB et vidaage.

Si le maire a fixé un itinéraire, elles devront le suivre.

Tout slationnebient intermédiaire de ces voilures, du lieu du cbnrgeqMnt à U voirie, est expressément interdit.

Art. 87. L.es voitures de transport de vidanges devront être coostniim avec solidité, entretenues en bon état et chargées de manière que les vaisseaux reposeat toujours iur la partie opposée à leur ouverture.

Art. 88. Les vaisseaux ou appareils contenant des matières seront cQodniis directement aux voiries Indiquées dans les déclarations de vidange ; ils scroat constamment entretenus en bon état, de telle sorte que rien ne puisse s'en échapper ou se répandre.

Art. 89. Rn cas de versement de matières sur la voie publique, l'entrepreneur fera procéder immédiatement i leur enlèvement et au lavage du sol. Faute par lui de se conformer aux dispositions du présent article, il y sera pourvu d'office et à ses frais.

Art. 90. Dana le cas où un entrepreneur cesserait de satisfaire aux conditions imposées par les articles 50 et 78, sa permission lui sera retirée.

VIDANGES. des

Nous devons mentionner des procédés nouveaux de vidange doni quelques-uns sont actuellement expérimentés sur une grande échelle et dans des conditions industrielles. Nous voulons parler des procédés de vidange atmosphérique qui, en principe, consistent ft amener sur le bord de la fosse une tonne où Ton a fait et maintenu le vide, et où, dès que la communication est établie, les matières préalablement désinfectées se précipitent par la seule pression atmosphérique.

Dans l'un de ces procédés, on employait une voiture de vidange atmosphérique dans laquelle le vide était fait au moyen d'une pompe adaptée sur Tessieu de derrière, et manœuvrant par la force seule des chevaux pendant la marche du véhicule.

La construction de cette voiture répond à deux conditions essentielles de la salubrité des vidanges dans les grands centres de popu*^ iation : la rapidité et Tinodorilé de l'opération. L'invention du sys^ tème appartient à M. Datichy. Le grand avantage qu'il présente, c'est de maintenir le vide d'une manière assurée, et de rendre ainsi presque instantanée l'aspiration des matières, et la vidange sans dissémination de gaz méphitiques.

I^ société qui s'était fondée pour exploiter le système de M. Datichy n'a fHi continuer ses opérations.

11 s'est fondé plus récemment une nouvelle société qui fonctionne à Paris, et qui applique le vide hydrù-baramétrique an curage des fosses d'aisances. Dans une usine placée aux portes de Paris, le vide est fait préalablement dans les tonnes exactement comme on le fait dans le baromètre que l'on vent remplir; et il est maintenu par un système de robinetterie très perfectionné qui permet une fermeture hermétique.

L<es avantages de xe dernier système sont l'extrême rapidité de l'aspiration, qui permet la vidange d'une fosse de 20 mètres en quarante minutes et l'absence de mauvaise odeur, l'extraction pouvant a\oir lieu sans que la fosse soit ouverte.

|]tillMi|i«ii «le» predvltii et s/stèmes de Tidant^* RA' l« dralnaffe des habltuttons. — Nous avons déjà fait près* sentir et nous montrerons plus tard, en parlant des voiries, que la suppression de la vidange des fosses d'aisances est lé dernier terme de la question d'hygiène si grave qui nous occupe. Mais elle est liée à celle de la distribution de l'eau dans les habitations, et nous en donnerons une idée juste et complète, en citant un passage remarquable de l'un des grands rapports de M. le préfet fle la Seine, sur les eaux de Paris.

Les modifications profondes qu'une large distribution d'es^u à domicile doit faire apporter inévitablement au système employé

pour les vidanges sont de nouvelles causes de chungemenis radicaux dans le régime des égouts de Paris.

Les règlements veulent que les fosses d'aisances soient étanches ; elles ne perdent donc rien des liquides qu'on y jette. Il est facile de prévoir que, du jour oii Teau sera fournie abondamment à tous les étages des maisons, les fpsses d'aisances se rempliront avec une extrême rapidité.

Déjà la vidange est une grave incommodité pour les habitants de Paris. Les procédés de désinfection qu'on emploie n'empêchent pas une odeur fétide de se répandre dans les rues; les liquides, plus ou moins saturés de substances neutralisantes, dont on croit pouvoir tolérer l'écoulement dans les ruisseaux, sous la foi de cette opéra* tion préliminaire, promènent au loin leurs émanations nauséabondes, et vont ensuite exciter, par leur mélange, avec les résidus de toute espèce qu'entraînent les égouts souterrains, une fermentation dont l'effet est de rendre plus intenses et plus délétères les vapeurs qui s'en échappent. L'arrivée de 200 voitures descendant chaque nuit dans la ville pour enlever le surplus des matières extraites des fosse> le travail nocturne des vidangeurs, le chargement des tonneaux, le retour de ces foyers ambulants de miasmes insalubi*es à la Villette, où se trouve le dépotoir, emplissent Paris de bruit et vicient l'air qu'on y respire. Si le service devient plus fréquent, sans se modilier, les inconvénients en seront bientôt intolérables.

A cette objection, tirée de l'intérêt public, contre l'élévation de l'eau à tous les étages, les propriétaires en ajoutent une, tirée de leur propre intérêt. Chaque mètre cube de matières que contiennent les fosses d'aisances coûte environs francs de vidange. Le volume*.toUl à extraire n'est pas moindre, en ce moment, de 200 000 mètres cubes par an, et il augmente suivant une progression constante. La cause principale de ce rapide et onéreux accroissement est l'habitude, qui se répand de plus en plus, de jeter dans les fosses de notables quantités d'eau. On conçoit que les propriétaires soient peu disposés à des dépenses quelconques pour faire parvenir l'eau à chaque étage de leurs maisons, lorsqu'ils prévoient qu'ils auront ensuite de grosses sommes à payer pour la faire sortir des fosses par des roachine:> d'épuisement et à bras d'ouvriers.

Aussi, sur 6229 maisons d'habitation abonnées aux eaux de la ville, n'en est-li que iûO les recevant aux étages supérieurs. Beaucoup de propriétaires, qui se déterminent d'abord à faire monter l'eau dans tous les appartements de leurs maisons, y renoncent ordinairement, après quelques années d'expérience, pour se contenter d'un service à rez-de-chaussée.

On voit combien la question de la distribution des eaux à domicile

se lie éiroitemeni à celle des vidanges. On ne saurait aborder la première sans résoudre la seconde, c'est-à-dire sans ménager aux fosses d'aisances un écoulement naturel et h peu près gratuit.

Deux systèmes sont proposés.

Le premier consiste à projeter directement toutes les matières dans les égouts, en transformant les fosses en simples conduites. C'est le système anglais dans sa simplicité, avec les inconvénients qu'on y reconnaît aujourd'hui.

On pourrait sans doute y apporter une notable amélioration dans l'intérêt des populations riveraines de la Seine au-dessous de Paris. A la sortie de chaque égout collecteur, les eaux chargées de la boue des ruisseaux et des matières provenant des fosses d'aisances seraient poussées par des pompes foulantes vers des points divers de la campagne, comme le sont les vidanges, du dépotoir de la Villette aux bassins de la forêt de Bondy, pour y êlre transformées en engrais. Des essais de ce genre ont lieu en Angleterre sur une grande échelle.

Même ainsi corrigé, ce système aurait encore pour résultai inévitable l'infection des galeries d'égout, dont la pente ne peut être que très faible» d'après le relief du sol de Paris, et qu'aucune chasse d'eau, si forte qu'elle soit, ne lave et n'assainit jamais complètement.

Suivant le second système, on placerait dans chaque fosse un appareil séparateur, conservant les matières denses et laissant couler les liquides dans l'égout. L'extraction des matières denses se ferait par un moyen quelconque.

Une double considérsftion doit faire repousser cette combinaison, qui paraît tout d'abord très ingénieuse. C'est précisément dans la partie liquide des vidanges que se trouvent, en plus grande proportion, des causes de fermentation putride, et en même temps les éléments ammoniacaux qui fertilisent les champs. D'ailleurs, les matières denses équivalent à peine au \îngtième de la masse totale, et si, par cela même, l'extraction, réduite à leur enlèvement, devenait une opération très simplifiée, il faut reconnaître que son produit, au point de vue de la fabrication des engrais, serait tout à fait insignifiant.

J'avais pensé à une combinaison radicale, qui supprimerait toutes les fosses et ferait aboutir les tuyaux de descente à des conduites spéciales de dimension assez forte pour qu'elles ne fussent jamais engorgées. Ces conduites trouveraient place dans les galeries d'égout, et leur réseau serait soumis à l'action de machines aspirantes et foulantes qui rassembleraient les matières dans des réservoirs lointains, comme celui de Bondy, pour qu'elles y fussent traitées par les procédés en usage.

Ainsi, la crainte d'infecter les égouls el la Seine serait absolument écartée; mais on aurait à faire une énorme dépense pour le premier établissement des conduites spéciales. Le produit de l*engmis fabriqué répondrait-il à une si grande mise de fonds? C'est douteux. Dès aujourd'hui, en effet, quoique l'eau n'arrive qu'à bras dans la plupart des maisons, la quantité qu'on en projette dans les fosses est déjà tellement considérable, que l'exploitation des dépôts de Bondy n'est plus aussi avantageuse que par le passé. Si l'eau est amenée en abondance dans chaque demeure, les vidanges n'en seront-elles pas étendues au point de rendre encore moins favorables les résultats de leur transformation en engrais? C'est à craindre^

Le problème serait bien simplrfié, si l'on pouvait faire opérer cette transformation dans les fosses mêmes, par des appareils ou filtres qui ne se borneraient pas à séparer les liquides des matières denses, mais qui retiendraient avec celles-ci toutes les substances chargée» de miasmes, tous les principes fertilisants de ceux-là, et ne verseraient dans l'égout qu'une eau désormais inoffensive et inutile. Le départ des résidus s'opérerait au moyen de tinettes amenées souterrainement par la communication ouverte entre la fosse et l'égout, placées, une fois remplies, dans des waggon^ spéciaux, et transportées sur des rails adhérant aux banquettes de la galerie, comme dans l'égout collecteur de la rue de Rivoli, jusqu'à l'extrémité de la ville, où elles seraient dirigées vers des fabriques d'engrais.

L'invention de tels appareils, d'une application facile et d'une dé-pense modérée, ne parait pas improbable dans l'état actuel de la science. Il suffira peut-être d'avoir précisé les tei*mes du programme pour qu'elle se produise et vienne concilier les résultats, inconci* liables en apparence, qu'il faut atteindre, et que je résume ainsi : procurer l'écoulement libre des eaux vannes sans infecter les égouls; retenir dans les fosses, sans aucun déchet, et y concentrer, sous un faible volume d'un facile transport, l'engrais puissant qu'elles renferment.

Quoi qu'il en soit, il importe de faire une étude complète des divers systèmes, afin de se prononcer, en pleine assurance, entre tous ceux qui seront reconnus praticables ; et après avoir remédié, autant que possible, aux inconvénients de la combinaison jugée la moins défectueuse, de la prendre pour base des projets ultérieurs. Mais, dès à présent, deux points me semblent évidents :

i"* La distribution de l'eau à domicile, exclusive des pix>cédés de vidange, aussi onéreux que barbares, auxquels on a recours aujourd'hui, commande une évacuation économique et immédiate du con* tenu des fosses.

2" Pour atteindre ce but, ([iielqne système qu'on adopte, il c>l

rigoureusement nécessaire de donner aux galeries d'égout de Paris le développement et les dimensions convenables pour substituer partout la vidange souterraine à la vidange à ciel ouvert.

La question reprise plus (ard donnait lieu aux remarques suivantes que nous citons encore.

Enfin, diverses dispositions permettront d'effectuer souterraine* ment les vidanges, selon le système recommandé par la délibération du conseil municipal, du 12 février 1856, et de délivrer ainsi la ville des bruits incon\niodes et des énianations fétides que le procédé aujourd'hui en usage y répand chaque nuit.

Pour l'application complète de ce système, il est d'abord nécessaire que loute maison soit mise en communication facile avec un égout voisin. Mais, aui termes du décret du '26 mars 1852, art. 6, « toute construction nouvelle dans une rue pourvue d'égout doit être disposée de manière à y conduire les eaux pluviales et ménagères, n La même disposition est applicable à toute maison ancienne, en cas de grosses réparations, et^ en tout cas, dans un délai qui^expirera en 1862.

£a conséquence de ces prescriptions, les propriétaires des maisons construites ou réparées depuis six ans, ont établi, du pied de la fâçade de leurs bâtiments à Tégout voisin, des galeries transversales de 2 mètres 30 centimètres de haut sur 1 mètre 30 centimètres de large, pour y déverser les eaux pluviales et ménagères. Rien de plus facile que de prolonger ces galeries sous les maisons mêmes, et de les utiliser pour le départ des matières des fosses d'aisances. Quelque parti qu'on adopte pour le régime de ces fosses, il est hors de doute que la vidange souterraine en sera moins coûteuse pour les propriétaires que la méthode d'extraction actuellement suivie, et qu'elle affranchira la population d'une sujétion véritablement odieuse : l32/i maisons de Paris sont déjà pounues de semblables galeries, dont la eonstructioD sera universellement obligatoire avant quatre ans. Chaque ouverture dans l'égout municipal sera marquée du numéro de la maison et fermée d'une grille de fer, à deux clefs dissemblables, dont l'une restera entre les mains du propriétaire, et l'autre sera remise aux agents du service.

Depuis 185/i, la recherche du meilleur système de vidange a été poursuivie par l'administration, comme par la science et l'industrie, et de grands pas ont été faits vers une bonne solution. L'une des rombioaisons indiquées alors consistait dans la suppression des fosses et la mise en communication directe des tuyaux de descente avec des conduites spéciales posées dans les égouls. Des pompes à vapeur, agissant par aspiration sur Tensemble de ces conduites, devaient refouler les matières débitées par elles dans des réservoirs éloi-

gnés, pour qu'elles y fussent traitées et offertes à l'agriculture.

Deux objections s'élevaient

La première était la dépense, supposée très considérable, des conduites spéciales à poser; mais les ingénieurs savent aujourd'hui pratiquer, sous les banquettes des égouts, dans Tépaisseur môme de la maçonnerie, des tubes en ciment d'un assez grand diamètre, très solides, imperméables^ et dont les frais, ajoutés à ceux qu'entraîne la construction de l'égout n>ème, sont très peu élevés.

La seconde objection était la quantité d'eau jetée dans les fosses, quantité déjà très grande, qui le sera bien plus encore, lorsque chaque maison et chaque étage seront approvisionnés avec abondance par les nouvelles eaux de distribution. Les vidanges, disait-on, en seront trop étendues pour être transformées en engrais utile et productif. Or, les expériences faites au nom d'une compagnie que la ville a subventionnée, dans la ferme de Yaujours, sur l'usage de l'engrais liquide, par M. l'ingénieur en chef Mille, et par M. Moll, professeur au Conservatoire des arts et métiers, ont constaté que, pour féconder le sol, cette sorte d'engrais doit être très largement étendu d'eau; qu'employé sans cette précaution, il brûle, en quelque sorte, les récoltes; qu'un arrosage fréquent, abondant, à la lance, comme celui qu'on emploie pour l'eau pure au bois de Boulogne, constitue le procédé le plus efûcace en même temps que le moins incommode.

S'il en est ainsi, plus la propreté domestique mêlera d'eau aux vidanges, plus la préparation de l'engrais sera économique et rapide. Dans un rayon assez prolongé autour de Paris, les agriculteurs corn* prendront bien vite le parti qu'ils peuvent tirer de ce guano^ beaucoup moins cher et tout aussi précieux que celui qu'on va chercher à travers l'Océan, et le problème sera bien près d'être résolu.

Mais une sérieuse difficulté subsiste encore : on doute que l'emploi des engrais liquides que débiteront quotidiennement les tuyaux d*é vacuation des fosses de Paris, puisse avoir lieu avec une suffisante régularité; on craint que les intermittences de l'arrosage des prés et des champs, forcément suspendu pendant les froids et pendant les récoltes, ne rende nécessaire la construction de bassins de résene bien autrement grands et tout aussi désagréables pour le voisinage que ceux de fiondy.

Une autre combinaison de vidange souterraine, celle qui me paraissait la plus désirable, reposait sur la conviction que l'on découvriniit un moyen de séparer, à peu de frais, dans les fosses mêmes, les éléments constitutifs de l'engrais, qui sont des causes d'infection pour ces réceptacles, des liquides qui les tiennent en suspension ou en dissolution, cl que ceux-ci, devenus aussi inoffensifs qu'inutiles, pourraient être rejetés, soit dans des conduites spéciales, soit même dans

VroAXGES. S69

les cuneUes des égou(s, sans qu'on eût à s'en préoccuper autrement, tandis que les principes fertilisanls, concentrés sous un faible volume, seraient aisément recueillis dans les appareils séparateurs et transportés au loin pour recevoir une destination profitable.

Des essais ont été pratiqués. L'eau de chaux, dont l'emploi avait tout d'abord fait naître beaucoup d'espoir, parait n'avoir qu'une efKicacité incomplète pour précipiter les matières dont on veut se saisir. Les vidanges des Halles sont traitées depuis quelque temps par une dissolution de sels de magnésie. Les frais sont très peu considérables. Il semble jusqu'ici que la désinfection s'opère constam*ment, et que les liquides peuvent impunément s'écouler dans l'égoul. Le résidu de l'opération est enlevé par des tinettes. La condensation des éléments d'infection utilisables comme engrais est-^lle complète et satisfaisante? C'est ce qu'il y a lieu d'examiner avec beaucoup de soin. Mais je crois que nous sommes sur la bonne voie, et que les prévisions que m'inspirait, en i8ô/i, ma confiance dans les progrès de ia science et de l'industrie, finiront par être pleinement justifiées. » Pour résumer cette longue étude de la difficile question de la vidange des fosses d'aisances, et pour lui donner le véritable caractère qu'elle a encore, au moment oii nous écrivons, nous croyons tout à fait opportun et convenable de citer le résumé des avis dont elle a été l'objet au sein du Conseil d'hygiène et de salubrité de Paris, qui a été si activement mêlé à tous les projets agités, à toutes les réformes réalisées dans ces derniers temps. Nous empruntons ce résumé au rapj[)ort général du savant secrétaire M. Trébuchet :

(t Le Conseil n'a pas hésité à déclarer que les vidanges telles qu'elles se pratiquent, en suivant les prescriptions des ordonnances actuellement en vigueur, ont apporté toutes les améliorations compatibles avec l'état de choses existant; qu'en conséquence, ce mode d opérer, envisagé comme système transitoire, devait être maintenu. « Nous croyons inutile d'insister sur ces améliorations, elles sont évidentes. Sans parler de la suppression de la voirie de Montfaucon ei de récoulement de toutes les eaux vannes en amont de Paris, au pont d'Austerlitz, on ne peut nier que la vidange des fosses d'aisances ne s^opère aujourd'hui dans des conditions beaucoup plus satisfaisantes que par le passé. On ne peut avoir oublié ces nombreuses et lourdes voitures qui, la nuit, parcouraient Paris dans tous les sens, et jetant partout l'infection sur leur passage, encombraient la voie publique, causaient au sol une trépidation fatigante j[)onr les habita* lions, et présentaient, réunies, toutes les causes d'insalubrité, d'encombrement et d'ennui pour la population ; ce matériel a presque entièrement disparu aujourd'hui. Ces progrès accomplis déjà permettent d'espérer ia réalisation duprogramme vers lequel tendent tout

TAUDieU. — OICT. 0*IIYG. T. IV. 24

les efforts du Conseil, et qui consiste à exonérer entièrement la ville de lourds, bruyants et infects transports; à délivrer la population de la capitale et de sa banlieue des amas de matières abandonnées à la putréfaction; à mettre à la disposition des agriculteurs l'énorme masse d'engrais que représentent les vidanges de Paris, et conséquemment ne plus mélanger aux eaux de la Seine les liquides extraits des fosses d'aisances.

)> Depuis l'époque où le Conseil a exprimé cet avis (27 novembre 1857), aucun fait important n'est venu démontrer la nécessité de nouvelles modifications.dans le service des vidanges. Du moins il n'en est pas parvenu à la connaissance du Conseil. 11 persiste d'autant plus dans son opinion, qu'elle a été partagée par les hommes les plus compétents dans la question, que des principes, en tout point semblables aux nôtres, ont été développés dans deux rapports fort remarquables : le premier, rédigé à l'occasion d*uD projet de traité entre la ville de Paris et M. William Scott, pour la concession de la voirie de Bondy et d'un service général des vidanges dans Paris, par une commission spéciale que présidait M. Dumas, président du conseil municipal de Paris et dont M. Vernois a été W rapporteur; le second, adressé à M. le ministre de rintérieur, sur la construction et l'assainissement des latrines et fosses d'aisances dans les établissements dépendant de son département, et notamment dans l'Asile impérial de Yincennes, et où l'on trouve les renseignements les plus circonstanciés sur les différents systèmes de séparateurs et sur leur utilité.

» Mais, nous ne saurions trop le répéter, si le Conseil insiste sur le maintien provisoire de l'état de choses actuel, c'est que la pratique, ici d'accord avec la théorie, lui donne raison, et que les critiques dont il a pu être l'objet n'ont apporté, pour le remplacer, que des systèmes plus ou moins irréalisables.

» Sans doute le Conseil n'ignore pas que le système actuel <le> vidanges n'est pas ce qu'il y a de mieux au point de vue, non-seulement de la salubrité et de l'hygiène publique, mais encore au point de vue de l'agriculture. Le premier, il a fait observer ce qu'il y a de fâcheux dans cet écoulement à la Seine d'une masse aussi considë^ rable de liquides infects, et nous parlons ici des liquides do toute nature que reçoit le fleuve, non- seulement par les égouts do Parts, mais encore par ses affluents supérieurs. Il ne peut méconnaître que la conservation de la pureté des eaux qui alimentent les populations ne soit un des principes les plus élémentaires de l'hygiène publique: or, tout en reconnaissant que, telles qu'elles sont aujourd'hui, les eaux de la Seine sont salubres, que la santé de Paris s'est ronslamment améliorée; qu'il ne faut pas perdre de vue que la collision de

VIDANGES. m

l'eau dans son parcours et son mélange à l'air y produit des modifications salutaires qui aUénueni de beaucoup le& effets qu'on pourrait redouter de la présence de liquides infects, le Conseil n'en fait pas moins les vœux les plus ardents pour que toutes les eaux dont nous venons de parler soient dirigées par des égouts latéraux en aval de Paris, DDiéme, si c'était possible, des communes placées sur la Seine. On pourrait ainsi ménager les moyens de faire des prises sur le ti'a^ jet de la conduite, pour les casi>À les agriculteurs voisins du par* eoars demanderaient des concessions. Nous espérons que les admirables travaux d^ canalisation exécutés dans Paris permettront d'obtenir ces heureux résultats, dans un avenir peu éloigné.

» Mais, en attendant, il restera toujours la question de la perte de ces liquides qui pourraient être utilisés pour l'agriculture. Ici l'administration ne peut seule résoudre la question. Elle tient d'ailleurs à la disposition des agriculteurs toutes les matières spUdes et liquides qu'ils jugeraient convenable d'employer; si elle perd les liquides, c'est que, dans le département de la Seine, peu de personnes en demandent pour l'agriculture,... Est-ce par suite de la cherté des transports? Est-ce par suite de la grande quantité d'eau mêlée aux urines, que ces liquides ne sont pas recherchés? Faut-il enfin attribuer cet état de choses aux préjugés des cultivateurs ^es environs de Paris, qui n'ont généralement confiance que dans les boues sortant de cette viUe?Ge qui est certain, c'est qu'ils ne font aucun emploi des eaux vannes, et, ce qui le prouve, c'est cette grande accumula* lion de liquides qui se trouvaient à Montfaucon, qui se trouvent aujourd'hui à Bondy, et qui sont jetés en parti.e à la Seine.

» Quoi qu'il en soit, le Conseil ne peut que faire des vœux pour que ks eaux vannes trouvent un emploi utile à l'agriculture, et pour que Tadministration facilite, par tous les moyens qui sont en son pourvoir, la solution d'un problème qui jusqu'à ce jour, nous parlons de Paris, eat constamment resté à l'état de discussion, et qui ne cessera pas d'être l'objet de nos plus constantes études.

» Déjà les préjugés des cultivateurs contre les engrais désinfectés s'effacent de plus en plus; les nombreuses expériences faites dans différentes localités, à Reims, au Jardin des plantes, etc., sur les engrais désinfectés avec les sulfates de fer, ne laissent rien à désirer; tout le inonde sait aujourd'hui que la désinfection des solides par les poudres charbonneuses, les plus énergiques et les plus durables de toutes, u'altère en rien la qualité des engrais. Nous devons donc espérer que l'on arrivera à utiliser, pour l'agriculture, toutes ou presque toutes les matières extraites des fosses d'aisances; d'ailleurs, la science appliquée à l'agriculture ne peut-elle trouver, un jour, le moyen de transformer, peut-être dans le lieu même, toutes ces

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