MO ZINC
ches pleines de conscience el de sagacité de MM. Pélry et Labaye.
Ces deux honorables savants ont examiné plus de quarante bêtes à cornes que Ton disait malades par suite des émanations de zinc, el n'ont pas eu de peine à se convaincre que les plaintes n'étaient, pour la plupart, rien moins que fondées. Deux animaux, seulement, ont été trouvés malades, bien que mangeant encore. L'autopsie cadavérique n*a montré que des lésions très vaguement caractérisées, qui paraissent dues principalement à un appauvrissement du sang et à un état anémique. La seule altération qui mérite d*ôtre noté, parce qu'elle se rapproche de celles que déterminent les poisons absorbés, c'est la formation d'ecchymoses disséminées à la surface interne de l'estomac et du cœur et dans les poumons. Nous ne pouvons omettre pourtant une particularité qui n'est certes pas à négliger, et qui suffirait certainement à expliquer les symptômes attribués à l'actiun du zinc : nous vouions parler de la présence dans l'estomac d'une des vaches abattues de trois morceaux de cuivre assez volumineux.
Les experts ont voulu apprécier d'une manière exacte la nature des vapeurs et des poussières répandues autour des fours à zinc, ainsi que la composition des eaux environnantes. M. Chandelon s'est livré dans ce but à une série d'analyses, dont les résultats, très dignes d'attention, méritent d'être consignés ici.
Ces recherches ont porté sur les matières suivantes : a. un écbao* tillon de la poussière qui se dépose sur le sol aux environs des fours et qu'il recueillit sur le toit qui recouvre les fours à réduction; b, un échantillon de la terre des environs de la maison H...: e. un échantilion de l'eau provenant de l'abreuvoir dudit H...; d. un échantillon de celle provenant de la rivière dite la Gueule^ à l'endroit où vont boire les vaches; e. un échantillon de l'eau puisée dans la môme riiière en amont du lavoir de l'établissement de la Vieille-Montagne ; f. un échantillon de In même eau puisée en aval des lavoirs et du même établissement.
Voici quels furent les prodoits fournis par l'analyse :
a. La plus grande partie de la poussière se compose de matières insolubles, qui sont : du zinc métallique, de l'oxyde zincique et ferrique, et du charbon, plus une très minime quantité de sulfate de zinc.
b. La terre ramassée à la superflcie du sol près de la maison H... a donné une forte proportion de fer, de zinc, de chaux, d'alumine et de silice.
tf. L'eau de l'abreuvoir de H... du sulfate calcique et magnésique.
d. L'eau de la Gueule, que boit le bétail, contenait du sulfate et du carbonate calcique, et du chlorure magnésique.
e. L'eau de la même rivière, en amont du lavoir de rétablisse*
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ment, contenait du chlorure magnésique, sulfate calcique, sulfate zincique, sulfate aluminique, et carbonate calcique.
/l Enfin, l'eau en aval du lavoir contenait les mômes sels, sauf le sulfate aluminique.
D'après M. le professeur Dclvaux, un gros du résidu qui se trouve dans les tuyaux où s'opère la réduction du zinc, contiendrait en sels solubles :
Sulfate caldqae. 0,00213
Sulfate zincique 0,00336
Sulfate magaésique « • 0,00061
Sulfate sodique et potassique. 0,00059
Chlorure sodjqne 0,00009
Perte 0,00021
L'expérience ayant constaté que les condensateurs adaptés depuis quelque temps aux fourneaux diminuent au moins de moitié la quantité de poussière que chaque four répand; que chaque condensateur retient par jour environ 16 kilogr. de matière pulvéru-» lente, on pourra, par le calcul suivant, déterminer d'une manière approximative la quantité de poussière que les fourneatix d'un établissement répandent par jour sur un mètre carré de surface, la proportion de sels solubles que cette poussière renferme.
Dans l'hypothèse que la supposition ci-dessus soit exacte, et que chaque four lance chaque jour '62 kilogr. de poussière, il est clair que les dix fours de la Vieille-Montagne en donneront 320 kilogr. parjour. En supposant aussi que cette poussière se répande sur une étendue de 125 600 mètres cannés, on aura pour chaque mètre carré 2 grammes 54 centigrammes de poussière par vingt-quatre heures. Or, 1 gramme contient 0,007 de matières solubles ; donc les 2ffr,54 de matière répandue en vingt-quatre heures sur un mètre carré de surface contiendront en sels solubles 0,0175.
Il nous parait que c'est se montrer fort large en admettant que ces 0,0175 de sulfate de zinc soient avalés par les animaux pâturant» car il nous semble qu'on pourrait encui*e considérablement les réduire, par les motifs que le bétail ne pâture que sept à huit mois au plus dans l'année; qu'au bout de peu de jours il change de pAta* rages; qu'on ne peut admettre que l'herbe seule recueille toute la poussière lancée par les fours, et dont une partie se dépose nécessairement sur le sol; enfin, que la rosée, comme la pluie, dissolvant le sulfate de zinc, hivela plante et la débarrasse ainsi d'une grande partie de ce sel.