‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 105 sur 130 · Y KM IL VT ION · texte numérisé non relu

Y KM IL VT ION

registres, 411 il est lacile de manœuvrer du dehors. A l’autre bout, chaque cave est fermée par une double porte , soigneusement calfeutrée, dont la dernière s’ouvre sur le chemin de ronde. Enfin, les ouvertures de l’extrémité centrale des caves longitudinales viennent aboutir dans une cave en forme de portion d’anneau, creusée sous la rotonde de la prison. Cette dernière cave est murée a l’un de ses bouts, et elle communique vers sa partie moyenne avec une petite galerie touchant à la grande cheminée d’appel. »

Nous passons sous silence diverses dispositions ayant pour but de régler l’arrivée de l’air dans chaque cellule en particulier , et nous venons à l’exposé du mécanisme de la ventilation.

A la partie inférieure de la grande cheminée d’appel est placé un fourneau constamment allumé et destiné à élever la température de l’air. La colonne d’air chaud qui monte dans cette cheminée, par suite de cette élévation de température, fait appel à l’air de la cave : à mesure que celui-ci s’écoule vers la cheminée, il est remplacé par l’air des caves longitudinales , qui, lui-même, ne peut se raréfier sans que l’air des cellules, passant par les sièges d’aisances, vienne aussitôt pour rétablir l’équilibre de pression : mais, en même temps et par le même mécanisme, l’air neuf afflue dans les cellules.

Dans ses premières expériences, la commission avait reconnu que l’action du soleil ou du vent pouvait troubler cette circulation d’air. L’action du soleil pourrait, dans certains cas, donner lieu à une marche en sens contraire, c’est-à-dire à l’ascension par le tuyau de chute du siège d’aisance de l’air contenu dans les caves. L’action du vent activait outre mesure la ventilation dans les cellules soumises à son influence, en diminuant d’autant la ventilation dans les cellules situées sur la face opposée. C’est pour obvier à ces inconvénients que les prises d’air des cellules ont dû être pratiquées dans l’intérieur même des galeries. En sorte qu’aujourd’hui cette modification ayant été exécutée, l’influence perturbatrice du soleil et du vent se trouve complètement neutralisée.

L’air arrive donc, à présent, de l’extérieur dans les galeries, par des conduits mis à l’abri de l’action du soleil et du vent, et passe de celles-ci dans les cellules pour se rendre ensuite par le siège d’aisances dans les caves longitudinales, puis dans la cave annulaire, et enfin dans la cheminée d’appel. Niais , pour qu’il

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n’y ait aucune perturbation , les fenêtres des cellules doivent être closes, sans quoi elles pourraient, sous les conditions précitées du soleil et de certains vents , reproduire les inconvénients inhérents aux prises d’air extérieures. Lors donc que, par des causes sur lesquelles nous reviendrons plus loin, il a été établi que chaque détenu aurait la faculté d’ouvrir ou de clore à volonté la fenêtre

de sa cellule, la commission a dû se préoccuper des moyens d’obvier à l’influence perturbatrice que cette ouverture pourrait exercer, du moins accidentellement, tant sur la ventilation des cellules où elle serait pratiquée que sur celle des galeries elles-mêmes. Il a été reconnu que le plus simple consistait à soustraire au système général de la ventilation de l’établissement les cellules dont les fenêtres seraient ouvertes et pendant toute la durée de cette ouverture. Pour cela, le détenu doit, au moment d’ouvrir sa fenêtre , fermer le siège d’aisance par un tampon disposé à cet effet ; au contraire, il le retire après avoir fermé sa fenêtre.

Dans la nouvelle condition de fenêtres ouvertes , la ventilation , se fait ainsi qu’il suit : en été, l’air frais venant de la galerie entre dans la cellule par les orilices grillés et les joints de la porte, l’air vicié s’échappe par la fenêtre. La différence de densité est plus que suffisante pour donner lieu à cette ventilation. Comme l’air neuf ne tarde pas à s’échauffer par le contact des parois de la cellule, en même temps qu’il se trouve vicié par son mélange avec les produits de la respiration et des émanations du détenu, il gagne promptement le plafond et s’échappe de manière à produire un tirage naturel assez puissant pour déterminer l’appel de l’air neuf. En hiver, la fenêtre reste fermée pendant les grands froids et durant les nuits, auxquels cas la ventilation est forcée, et l’appel de l’air vicié se fait par le siège d’aisance, suivant le mécanisme exposé plus haut. Mais, lorsqu’elle est ouverte, un double courant d’air s’y établit : l’air neuf descend par les parties inférieures et latérales ; l’air, vicié en raison de sa moindre densité, sort par la partie supérieure en rasant le plafond. Une autre portion d’air neuf vient directement de la galerie par les orifices grillés et les fentes de la porte.

Ventilation mécanique — Les procédés de ventilation mécanique ont été dans ces derniers temps singulièrement perfectionnés ; ils ont reçu , notamment au point de vue de la salubrité , des applications extrêmement heureuses que nous ne pouvons nous

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dispenser de faire connaître. Ils varient d’ailleurs beaucoup eu égard au moteur employé.

Le principe de ventilation à adopter, quand on peut utiliser la vapeur perdue des machines à vapeur pour chauller des bains, fourneaux d’office, buanderie, salles de service, et par conséquent, avoir presque gratuitement le moteur nécessaire, c’est la ventilation mécanique par insufflation.

Ce procédé est appliqué sur la plus grande échelle à la ventilation de l'office des postes à Londres ; aucun autre procédé ne pouvait être adopté là. M. Dumas, membre de l’Institut, l’a fait établir avec un plein succès à la chambre des représentants. En 1845 , M. Peugnot a appliqué ce procédé à son aiguiserie d’Hérimoncourt, en y ajoutant des armatures sur les meules et chassant la poussière hors des ateliers par la ventilation. De 1836 à 18â5, sur 10 ouvriers , h avaient été blessés par des éclats de meules , et 7 étaient devenus phthisiques. Depuis l’application de la ventilation à ce travail, sur 26 ouvriers, pas un n’a été blessé et 1 seul est mort phthisique. M. le général Morin a appliqué le même procédé à la manufacture d’armes de Châtellerault. MM. Thomas et Laurents , ingénieurs civils , l’ont employé pour assainir les ateliers de taillerie de cristaux de Baccarat, ateliers qui ont 200 mètres de ; développement, et sont occupés par deux files de tours à tailler et par hh ouvriers environ. Ce taillage se fait à l’eau , les ouvriers ont donc les bras constamment mouillés , et sont plongés dans une atmosphère toujours humide et malsaine. 11 a fallu envoyer dans chaque salle de l’air pur et sec en été et chaud en hiver. Cet air, est pris sur les toits par deux ventilateurs mus par les deux turbines de l’établissement ; en hiver, il se chauffe dans une salle que traverse un système de tuyaux de vapeur, et il est envoyé dans chaque atelier par un coffre en bois placé dans le grenier , et par des conduits descendants. L’air vicié est chassé au dehors par la pression de l’air neuf refoulé dans chaque salle , à raison de 12 mètres cubes par ouvrier.

A l’hôpital Lariboisière le même procédé est appliqué par MM. Thomas et Laurents à la ventilation de trois pavillons qui sont chauffés par le procédé de l’eau et de la vapeur de M. Ph. Grouvelle. L’air pur est pris au sommet du clocher par un canal vertical qui existe dans l’un des piliers , puis aspiré par un ventilateur que conduit une machine à vapeur horizontale. 11 est enfin refoulé dans les bâtiments et les salles par un ventilateur qui agit

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alors comme machine souillante, et au moyen d’une conduite de vent en tôle, montée dans le corridor souterrain des bâtiments et au moyen de canaux de maçonnerie réservés dans les murs ; l’air est ainsi distribué à volonté dans toutes les salles. Des clefs ou des régistres placés à chaque branchement servent à régler la quantité d’air injecté sur chaque point.

Avec ce procédé , l’air est toujours pur et frais, la quantité injectée est toujours rigoureusement définie et réglée , les salles sont assainies avec certitude. On n’est pas exposé à aspirer par les fenêtres, et sous l’action des vents, l’air vicié des bâtiments voisins. La ventilation est continue, même les fenêtres ouvertes, et en été on peut arrêter à volonté la ventilation d’une salle ou d’un bâtiment, ou arrêter la ventilation de l’établissement entier lorsque, toutes les fenêtres étant ouvertes, cette ventilation devient inutile.

L’air est distribué à chaque étage par des canaux en maçonnerie recouverts de plaques de fonte , et dans lesquels passent les tuyaux de vapeur qui vont chauffer des poêles à eau placés dans chaque salle, et il est versé dans les salles par des grilles réservées dans des plaques de fonte et par les canaux intérieurs des poêles , canaux munis d’appendice en fonte pour briser les courants d’air et chauffer en hiver cet air avant qu’il débouche dans les salles avec de petites vitesses , comme nous l’avons dit. L’air vicié est évacué par des ouvertures d’appel placées en haut et en bas des murs de la salle et montant jusque sous le comble, d’où il est conduit par des gaines dans une grande cheminée qui le porte à l’extérieur ; une partie de l’air sort aussi par les joints des fenêtres et des portes. Le volume d’air demandé est de 60 mètres cubes par lit et par heure.

Le ventilateur qui doit fournir l’air aux trois pavillons de droite est conduit par une machine à vapeur horizontale de 8 à 10 chevaux, qui prend la vapeur sur les chaudières destinées à chauffer ces trois pavillons , au moyen de poêles à eau et à vapeur placés dans chaque salle. La vapeur perdue de la machine est employée en hiver, avec celle des chaudières, au chauffage des salles des fourneaux d’ofïice, des bains et de la buanderie ; en été, elle sert à chauffer les bains, les fourneaux d’office et la buanderie, il en résulte que le moteur et par conséquent la ventilation sont obtenus gratuitement. Pour rafraîchir l’air pendant l’été, on peut faire tomber une pluie légère qui s’évapore rapidement au contact du ven-

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Lilateur on abaissant la température du courant d’air insulllé.

Les lieux d’aisances placés près de chaque salle sont énergiquement ventilés par un appel établi au moyen d’un canal souterrain qui se rend dans une cheminée d’appel qui monte des caves jusque sur les combles , et dans laquelle débouche le tuyau de fumée d’un fourneau à feu nu qui sert à tout le bâtiment.

Il convient de rapprocher de ce système le procédé de distribution d’air chaud et froid par un moteur hydraulique mis en usage avec un succès complet à l’hôpital du comté d’York et dû au docteur Arnolt.

Enfin, nous mentionnerons les appareils récemment établis en Belgique, et notamment à la prison des femmes de Bruxelles par le docteur Van-Heck, appareils à contre-poids dont l’extrême simplicité et les excellents résultats ont reçu l’entière approbation d’une commission des plus compétentes dont faisaient partie les savants MM. Vleminckx et Ducpétiaux. Le docteur Van-Iieck fit établir, sur les combles de la prison des Petits-Carmes, une sorte de large cheminée en métal, contenant un appareil ventilateur, une hélice. Cette cheminée fut mise en rapport par des conduits avec toutes les cellules; de plus, on amena dans celles-ci d’autres tuyaux de descente communiquant avec le calorifère placé dans les caves. Le ventilateur est mis en mouvement au moyen d’un simple contre-poids qu’on remonte tous les matins à l’aide d’une manivelle, et pour chaque révolution qu’on fait faire à cette manivelle, l’appareil accomplit 1550 révolutions. Dans ce mouvement rapide, l’hélice attire et expulse l’air vicié des cellules, aussitôt remplacé par l’air pur qu’amène les conduits en communication avec le calorifère. Lorsque le calorifère est chauffé, c’est de l’air chaud qui arrive dans chaque cellule; en été, c’est l’air frais des caves. Ajoutons qu’une aiguille marque sur un cadran la quantité métrique d’air extrait et renouvelé. La commission a constaté tout d’abord que l’appareil accomplit 170 révolutions par minute, et qu’à chacune de ces révolutions il passe une colonne de 1,0565 mètres cubes dans l’appareil ; ce qui donne (en négligeant les fractions) 3,/i00 mètres cubes d’air par heure, et, par conséquent, /i8 mètres par cellule ou par personne dans le même temps. On ne demandait que 20 mètres cubes par heure et par personne, l’appareil en donne à8 et il peut donner davantage. La commission déclare en effet que « les apppareils ne fonctionnaient qu’avec modération , puisque l’action du moteur a

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contre-poids aurait pu être augmentée par l’emploi de 150 kilogrammes de poids disponible. » Elle ajoute que la crainte de déterminer des courants d’air nuisibles aux détenues a dû déterminer le docteur Van-Heck à ne pas développer au delà de /18 mètres cubes l’activité de la ventilation, mesure de précaution à laquelle la commission donne son approbation. En ce qui concerne le second article du programme, la commission constata « la salutaire influence delà ventilation mécanique établie. » Ellereconnutégalement qu’il suffît de remonter le moteur à contre-poids, le soir et le matin, pour en rendre l’action constante, et que cette opération peut être faite facilement par une femme en moins de cinq minutes. A l’égard du troisième point, la commission s’est assurée qu'il est facile de régler l’action des appareils au moyen des poids et des registres. Une expérience a montré qu’on peut à volonté faire varier de un à plusieurs degrés, et d’une manière instantanée, l’aiguille du cadran qui, la nuit comme le jour, indique la force réelle de la ventilation. Enfin, par l’application du nouveau système à la prison cellulaire, la dépense de ventilation pendant toute l’année est réduite à zéro, tandis que par le procédé antérieurement établi, etqui nécessitait l’entretien d’un foyer continuel dans les combles de la prison, l’administration avait à supporter d’assez notables dépenses et cela sans effet utile, ainsi que l’expérience l’a sullisamment démontré.

Nous avons terminé l’exposé des divers systèmes de ventilation. Mais il nous paraît utile de résumer les principes et les règles qui doivent présider à leur application. Et dans ce but nous ne croyons pouvoir mieux faire que de rapporter textuellement les conclusions votées, sur le rapport de M. Boudin, par l’assemblée générale du congrès d’hygiène de Bruxelles en 1852, sur la question suivante : Quelles sont les règles essentielles qui doivent présider à la ventilation des édifices publics et des habitations particulières , et quels sont les procédés qui paraissent susceptibles d’être spécialement recommandés à cet effet?

« Des causes multipliées contribuent à l’altération de l’air confiné. Ce sont : 1° la respiration, la transpiration cutanée et pulmonaire et les matières animales qu’elle entraîne avec elle; 2° les émanations qui résultent de l’évaporation des surfaces liquides ou mouillées des différents objets ou meubles, instruments ou appareils alfectés à l’usage de l’homme sain ou malade; des produits excrémentitiels, gazeux, liquides ou solides, normaux ou morbides, Iu- 36

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et 3° les foyers (Je combustion et les appareils d’éclairage. Toutes ces causes altèrent l’air intérieur en absorbant l’oxygène qu’elles remplacent par l’acide carbonique, l’hydrogène carboné et autres gaz contraires à l’hématose, ainsi qu’en produisant de la chaleur et delà vapeur d’eau, sources de putréfaction des matières animales.

Remplacer l’air vicié par une atmosphère réunissant les conditions essentielles de respirabilité, tel est le moyen qu’il faut employer pour satisfaire aux prescriptions de l’hygiène; tel est aussi le but de la ventilation.

Les règles essentielles qui doivent présider à la ventilation peuvent se résumer dans les propositions suivantes :

a. L’air destiné à l’assainissement doit être normal ;

b. Il doit être suffisant pour remplacer l’air vicié à mesure de sa production ;

c. Le remplacement doit être insensible, c’est-à-dire s’opérer sans produire de courants nuisibles.

La chaleur animale, la chaleur artificielle, les machines constituent les forces motrices de la ventilation.

La puissance ou force motrice doit être :

1° Continue;

2° Indépendante, autant que possible, du concours actif de l’homme ;

3" En raison directe des causes de viciation des lieux habités.

On peut ranger les différents systèmes de ventilation dans les deux catégories suivantes :

A. Ventilation spontanée ou naturelle;

B. Ventilation artificielle.

A. Ventilation naturelle. — Elle est basée sur la diffusion des gaz et sur la différence de densité et d’élasticité entre l’air extérieur et l’air intérieur, différence produite par l’action de la chaleur solaire et par celle que dégage le corps de l’homme ainsi que les appareils d’éclairage et de chauffage.

Elle est ordinairement insuffisante même dans les habitations privées, dans les locaux habités où il n’existe qu’un petit nombre de sources de viciation. Néanmoins les ouvertures naturelles, les portes, les fenêtres, les conduits de cheminées et certains moyens bien connus, comme carreaux mobiles, vasistas, cadre de toile métallique, plaques eu zinc perforé, etc., peuvent suffire pour empêcher que l’air vicié ne séjourne dans la place et ne devienne nuisible.

Mais la circulation de l’air petit être empêchée par l'occlusion

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intermittente ou continue de ces ouvertures, et lors de certaines perturbations atmosphériques, telles que le refroidissement subit de la température extérieure, etc.

On a recours, dans ces cas, à certains moyens peu Coûteux, très avantageux pour l’assainissement et l’aération des habitations privées, de même que des écoles, salles d’asile, dortoirs des casernes, et en général d’espaces clos occupés pendant une partie du jour ou de la nuit.

Un certain nombre de tuyaux coudés de dm,80 à 2 mètres de haut sont verticalement établis dans l’épaisseur des murs extérieurs. L’orifice inférieur, légèrement évasé, garni de toile métallique, aspire l’air extérieur. L’orifice supérieur ou interne, également revêtu d’un cadre métallique et pourvu d’un registre modérateur, répand l’air neuf dans le lieu confiné. Enfin l’air altéré dont l’élasticité est augmentée s’échappe par une ouverture Cn entonnoir, établie au milieu du plafond et communiquant aVec un tuyau légèrement conique qui s’élève à 1 mètre ou lm,50 au-dessus du faîte du toit. Au lieu de tubes verticaux , ou peut pratiquer dans le plancher un certain nombre de petites ouvertures disposées en rosaces, qui, communiquant aVec l’extérieur par des conduits d’aspiration placés sous le parquet, déversent l’air de renouvellement , extrêmement divisé, dans la place.

Dans tous les cas, il faut :

Que l’entrée et la sortie de l’air soient aussi libres que possible;

Qu’il y ait deux orifices dont l’un, situé le plus haut possible, serve à l’élimination de l’air vicié, et l’autre, près du sol, à la prise d’air neuf;

Que ce dernier, à l’abri de l’action directe des vents impétueux, s’ouvre au milieu de l’air le plus pur possible;

Que le volume des voies d’entrée et de sortie, ventilateurs, conduits afférents et efférents, soit subordonné à la quantité d’air à introduire en un temps donné ;

Que le nombre des orifices soit suffisamment multiplié pour répandre et disséminer la masse d’air sans nuire à son renouvellement convenablement réglé ;

Que la surface de section du tuyau d’évacuation soit équivalente à la somme des surfaces de section des tuyaux d’entrée;

Que les tuyaux de prise d’air soient ouverts à la même hauteur;

Que le trajet horizontal des tuyaux tant afférents qu’efférents soit le plus court possible.

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B. Ventilation artificielle. — Elle s’obtient soit par la chaleur artificielle, soit par des moyens mécaniques.

Elle se combine très utilement et le plus fréquemment avec le chauffage, et devrait également être combinée avec la réfrigération.

Elle est indispensable dans tous les espaces clos renfermant une population plus ou moins considérable, et pour lesquels les moyens de ventilation spontanée sont insuffisants.

Elle s’obtient facilement et très convenablement par le moyen suivant, dans tous les cas où il ne faut pas chauffer et ventiler tout à la fois :

Des ouvertures d’air étant convenablement ménagées, l’air vicié est évacué ou par la cheminée d’un foyer de cuisine, ou d’une machine à vapeur en activité, ou bien encore en allumant un grand feu même pendant les chaleurs. Au premier abord, il semblerait que la chaleur du foyer serait à craindre, mais la grande quantité d’air qui s’échappe par la cheminée, abaisse bien plus la température du local que la chaleur rayonnante du combustible ne l’élève.

Les moyens de ventilation mécanique sont très nombreux ; ce sont ceux qui portent plus spécialement le nom de ventilateurs . Leurs formes et leur mode d’action dépendent des lieux et des industries auxquels ils sont appliqués.

En présence des expériences qui se poursuivent aujourd’hui en France, en Angleterre, en Belgique et dans d’autres pays, le congrès est d’avis d’en attendre les résultats avant de se prononcer sur la valeur relative des principaux systèmes.

Voy. Air , Assainissement , Chauffage, Habitations , Mines.

Bibliographie. — Traité de ta chaleur considérée dans ses applications , par E. Péclet, 2* édition. Paris, 1843. — Dictionnaire des arts et manufactures , article Ventilation, par Grouvelle, 2* édition. Paris, 1854. — Collection des mémoires de Darcet , recueillie par Pli. Grouvelle. Paris. — Observations on the ventilation and on t.he dependences of heat on ilie purily of the air which roc respire , par A. Meyler. London, 1818. — Rapport sur le curage des égouts , par Parent-Duchâtelet [Ann. d’hyg. publ. et de méd. lég ., t. II , p. 30). — Application du système des fosses inodores au renouvellement de l’air dans la cale des vaisseaux , par M. Keraudren (Ibid., t. XII, p. 90). — Note sur la nécessité d' augmenter le diamètre des prises d’air et des bouches de chaleur des poêles et des calorifères, par Darcet (Ibid., t. XXIX, p. 332).

— Note sur la ventilation des filatures , par M. A. Guérard (Ibid., t. XXX, p. 112).

— Observations sur la ventilation et le chauffage des édifices publics et en particulier des hôpitaux, des prisons, par A. Guérard (Ibid., t. XXXII, p. 52, t. XXXVIII, p. 348, et t. XLIX, p. 14). — Mémoire sur la ventilation dans les hôpitaux, par Poumet (Ibid., I. XXXII , p. 1). — Considérations sur ta théorie admise de certains appareils de ventilation , par M. Lassaigne (Ibid., t. XXXVI , p. 297). — De la ventilation appliquée d l’hygiène militaire, par le docteur Papillon (Ibid., I. XLI , p 371 , et XLII , p, 1), — Du chauffage et de la ventilation des édifices publics, par M. IL

VIANDE. JUJ

Ciaullier do Claubry et M. Descliamps d’Avallon (Ibid., t. XLVIII , p. .‘302 , cl t. XLIX, p. 323). — Nouvelles éludes sur le chauffage , la réfrigération et la ventilation des édifices publics, des hôpitaux, des églises , par M. Boudin (Ibid., t. XLVII, p. 240, t. XLVIII, p. 32, t. XLIX, p. 346; 2* série, 1854 , t. I, p. 280). — Notice sur les appareils de chauffage et de ventilation d circulation , de L. Duvoir-Leblanc. On the heating and ventilation of buildings by tneans of apertures situated in the upper and lower portion of a (lue, by J. Noirsain civil enginer (Medical limes , july 1851). — Compte rendu du Congrès général d’hygiène de Bruxelles (session de 1852). Bruxelles , 1852, p. 149. — Rapport sur les deux systèmes de ventilation établis d titre d’essai dans la prison cellulaire des femmes , d Bruxelles (Ann. d’hyg. publ. et de mèd. leg., t. L, p. 459). — Instruction sur l’assainissement des écoles primaires et des salles d’asile, par M, E. Péclet.

VERRERIES, VERRIERS. — Les verreries placées dans la première classe des établissements insalubres en raison de la grande fumée qu’elles dégagent et du danger d’incendie qu’elles présentent, n’offrent véritablement pas d’autres causes générales d’insalubrité.

Quant au travail même de la fabrication du verre , il rentre dans les opérations qui , exigeant une très haute température, placent l’ouvrier dans des conditions spéciales auxquelles d’ailleurs l’habitude fait plier la santé sans trop de difficultés. Les verriers n’offrent pas d’alfeclions professionnelles qui leur soient propres et ne sont pas soumis .à une mortalité exceptionnelle. Les variations de température qu’ils ont à supporter sont le principal inconvénient de leur travail qu’ils interrompent d’ailleurs, par suite du système des relais, de six en six heures. Us ont seulement à résister à la soif, parfois très ardente, qu’ils endurent et qu’ils satisfont trop souvent avec d’abondantes quantités d’eau tiède fort malsaine. Quelques précautions et le choix d’une boisson acidulée ou légèrement alcoolisée remédient à ce danger.

Il convient de noter encore que l’action de la chaleur des fours se fait parfois sentir sur les yeux et semble favoriser la production de l’amaurose. On a signalé aussi, mais sans preuves suffisantes, que les souffleurs de verre étaient exposés à des morts subites. Enfin, dans les cristalleries où l’on fait usage d’arsenic, les ouvriers se trouvent exposés aux graves inconvénients des vapeurs arsenicales.

VERT-DE-GRIS» — Foy. CüIVRE, POISONS.

VÉTÉRINAIRE. — Voy. Conseils d’hygiène, Maladies épizootiques.

VIANDE, — Voy. BOUCHERIE, SUBSISTANCES.

VI DANCES

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\ril»/ti\'(pil<:s. — La vidange des fosses d’aisances, l’un des objets les plus importants de la salubrité et jusqu’à ces derniers temps l’un des plus négligés, peut être considérée aujourd'hui comme en voie de réforme, et s’il peut y avoir quelque intérêt historique à rechercher les phases que cette question a traversées , il est infiniment plus utile de rassembler ici les documents les plus récents et les plus pratiques qui s’y rapportent et qui formeront d’ailleurs le complément des détails contenus dans les articles Fosses d’aisances et Voiries. La tendance qui se manifeste dans les principales villes de France fera mieux apprécier les règlements de la Ville de Paris qui constituent le système le plus parfait et le meilleur exemple à imiter.

Nous nous bornerons à quelques considérations préliminaires. Le principe qui domine actuellement tous les systèmes de vidanges est la désinfection préalable des matières. 11 serait inutile de faire connaître les différents procédés qui, depuis celui deChaumette, employé pour la première fois en 1815, ont été mis en pratique, soit pour la séparation des liquides et des solides, soit pour la désinfection de ces matières. Nous nous bornerons à dire , d’une manière générale, que tous les moyens de désinfection réellement efficaces ont été puisés parmi des agents solides ou liquides capables , tantôt d’absorber par un phénomène purement physique les gaz développés dans le cours de la fermentation putride , tantôt de décomposer chimiquement quelques unes des matières dissoutes en formant des composés insolubles et fixes, partant inodores, avec la portion non utilisable de ces combinaisons, tandis que l’ammoniaque était engagée dans une combinaison saline soluble , susceptible d’être mise en usage par les agriculteurs. C’est de cette manière que nous classerons les différents composés que nous ferons connaître et dont il nous serait facile d’étendre la liste en reproduisant l’énumération contenue dans le travail intéressant de M. Ernest Vincent.

Nous verrons aussi ajouter souvent aux matières fécales des agents dits antiseptiques, presque toujours odorants par euxmêmes, acide pyroligneux très chargé de goudron, huile de pétrole, huile empyreumatique , essence de romarin , etc. Le rôle assez mal défini de ces matières nous semble être multiple ; elles paraissent devoir retarder la putréfaction des substances non cncoi e décomposées que les agents désinfectants proprement dits ne pourraient pas atteindre, et dans quelques cas il nous paraît probable

V1DANG1ÎS.

que leur odeur lorte, niais peu expansible, sert à masquer les dernières traces de celle que l’on a intérêt à dissimuler.

Voici la liste de quelques unes des substances proposées comme désinfectantes :

Charbon pulvérisé Giraud

Cendres de houille, de bois, mâchefer Chaumette

Sable DuPra;

Noir animal Frigerio

Charbon animal et végétal décolorant et désinfectant. Serbat

Tourbe non calcinée Guibourt et Sanson.

Cendres de tourbe Darcet

Matières charbonneuses et noir animalisé Maze

Lignite en poudre Jourdain

Acétate de plomb, dissolution de fer dans

les acides minéraux Deboissieu * • •

Chlore Guyton-Morveau et Dupuytren.

Protosulfate de fer impur Miaut

Chlorure de manganèse résidu de fabrication du chlore Payen et Chevallier

Chlorure de soude Labarraque

Sulfate de chaux Siret

Alun , sulfate d’alumine impur Siret

Sels et oxydes métalliques Kraft et Suquet

Sulfate de zinc Gagnage et Régnault

Sulfate de peroxyde de fer Baronnet

Protochlorure de fer, perchlorure de fer, chlorure de zinc, pyrolignite de zinc. . Dubois

Dans beaucoup de cas, la chaux a été employée comme un moyen de désinfection, mais toujours associée à des absorbants physiques propres à fixer l’ammoniaque quelle dégage des matières fécales.

Une remarque qui s’applique à tous les moyens de désinfection que nous venons d’énoncer ci-dessus , c’est que leur efficacité plus ou moins grande naît généralement de leur mélange plus ou moins intime avec les masses considérables des matières peu homogènes sur lesquelles on a à opérer. Dans l’appréciation des procédés de désinfection, il ne faudra jamais conclure de l’expérience de laboratoire à l’application en grand ; cette fausse manière devoir peut expliquer ce nombre infini de procédés appliqués à la solution d’un problème fort simple au point de vue chimique, et qui , après avoir été préconisés quelquefois avec tant de fracas , ont ensuite échoué misérablement. En effet, cette multitude de moyens se réduit aujourd’hui dans la pratique à un très petit nombre et presque exclusivement aux deux suivants,

VIDANGES

L’opération de la désinfection des matières fécales, devenue désormais usuelle et rendue obligatoire, peut se décomposer en deux parties : l’une, rjui précède l’apport à la voirie , et qui a lieu dans la fosse môme ou dans les tonnes mobiles; l’autre, qui se continue à la voirie. La première a lieu, soit au moyen du sulfate de fer et de l’acide pyroligneux impur, à la dose de 1 kilogr. de chaque par tonne mobile ; soit , lorsque l’on doit couler sur la voie publique et qu’il est nécessaire d’éviter la coloration noire du sulfate de fer , à l’aide du sulfate de zinc parfumé avec l’essence de romarin , qui remplit ici le rôle nécessaire que nous avons indiqué précédemment.

Une ordonnance de police du 28 décembre 1850 est venue rendre obligatoire la désinfection des matières contenues dans les fosses d’aisances, et autoriser l’écoulement des matières liquides sur la voie publique et le dépôt des matières solides dans les locaux privés. Cette ordonnance a été confirmée dans ses principales dispositions par celle du 8 novembre 1851, dont nous croyons utile de donner le texte.

ORDONNANCE CONCERNANT LA DÉSINFECTION DES MATIÈRES CONTENUES DANS LES FOSSES ü’aISANCES.

Nous, préfet de police,

Vu : 1° les ordonnances de police des 12 décembre 1869 et 28 décembre 1850, concernant la désinfection des matières contenues dans les fosses d’aisances de la ville de Paris ;

2° La loi des 16 et 26 août 1790 et les arrêtés du gouvernement des 12 messidor an VIII et 3 brumaire an IX;

3° Les rapports du conseil de salubrité ;

Considérant que, par suite d’expériences déjà anciennes et sufffisammcnt répétées, il est reconnu qu’on peut désinfecter rapidement et économiquement les matières contenues dans les fosses d’aisances ; qu’en outre, il est aujourd’hui démontré que celle désinfection peut être assez complète pour que les matières liquides extraites des fosses soient écoulées sur la voie publique et dans les égouts, sans aucun inconvénient;

Vu la délibération de la commission municipale de Paris, en date du 20 décembre 1850, approuvée par M. le ministre de l’intérieur,

Ordonnons ce qui suit :

Article 1er. Il est expressément défendu de procéder à l’extraction et au transport des matières contenues dans les fosses d’aisances, fixes ou mobiles, avant d’en avoir opéré complètement la désinfection.

Il devra être procédé à cette désinfection dans la nuit qui précédera l'extraction des matières, et aux mêmes heures que celles qui sont fixées pour la vidange des fosses.

Art. 2. Aussitôt après la promulgation de la présente ordonnance, tout en-

VIDANGES

t repreneur de vidange devra nous faire connaître son procédé de désinfection, et ne l’employer qu’après que ce procédé aura été approuvé par nous, sur 1 avis du conseil de salubrité.

Art. 3. Les matières liquides désinfectées pourront être, lors de la vidange, écoulées sur la voie publique.

Art. U- Tout entrepreneur qui voudra user de cette faculté devra, préalablement, nous en faire la déclaration, en prenant rengagement de payer à la ville, conformément à la délibération ci-dessus visée, 1 fr. 25 c. par mètre cube de matières solides ou liquides extraites des fosses; il devra se soumettre, en outre, à toutes les conditions qui lui seront imposées pour l’opération dont il s’agit.

Art. 5. Les entrepreneurs pourront transporter les matières solides dans des locaux autorisés, où elles seront de nouveau désinfectées, s’il est nécessaire, de manière que la désinfection soit permanente, à défaut de quoi, les matières seront enlevées et portées 5 Bondy, à la diligence de l’autorité, et aux frais du contrevenant.

Art. 6. Les liquides qui ne seront point écoulés sur la voie publique, et les matières solides dont les entrepreneurs de vidange ne voudront pas disposer, ainsi qu’il est dit en l’article précédent, continueront à être transportés au dépotoir ou au port d’embarquement de la Villette, jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné, et sauf d’ailleurs les exceptions que nous jugerions convenable d’autoriser, dans l’intérêt de l’agriculture ou de l’industrie.

Art. 7. A l’avenir, les appareils de fosses mobiles devront être disposés de telle sorte que la séparation des matières solides et liquides s’opère dans les fosses.

Art. 8. Il est expressément interdit d’attendre que la fosse soit pleine pour en opérer la vidange ; on devra toujours laisser au moins le vide nécessaire pour l’introduction et le brassage des matières désinfectantes.

A cet effet, dans le délai de trois mois, à partir de la publication de la présente ordonnance, chaque fosse, fixe ou mobile, devra être munie d’un indicateur qui fasse connaître qu’elle est arrivée au degré de plénitude qui rend la vidange nécessaire; dans ce cas, le propriétaire devra faire procéder immédiatement à la désinfection et au curage de la fosse. De Maupas.

Quant aux opérations de la vidange en elle-même, elles ont etc réglées avec une admirable précision dans une ordonnance toute récente destinée aux communes rurales du département de la Seine, et qui par cette raison est encore mieux applicable aux diverses localités des départements où ce service ne serait pas encore régulièrement organisé. Ce document remarquable nous dispense de tout autre développement.

ORDONNANCE DE POLICE DU 1er DÉCEMBRE 1853, CONCERNANT LES

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