‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 112 sur 130 · MORTS · texte numérisé non relu

MORTS

Diarrhée. . .

Cholérine . .

Choléra . . .

L’inscription des accidents observés sera faite sûr les feuilles imprimées destinées à cet usage. (Voyez ci-dessus les modèles de ces feuilles, pages 609 et 610.)

Elles sont de deux sortes : 1° bulletins, 2° relevés.

Les bulletins sont individuels, chaque malade a le sien. Outre le nom du visiteur, les bulletins indiquent d’abord la circonscription, la rue, le numéro de la maison et l’étage de l’appartement ; le nom, le sexe, l’âge et la profession du malade ; depuis quand il est dans le pays ou la localité; les conditions hygiéniques, dans lesquelles il se trouve; l’invasion des accidents, et depuis combien d’heures ou de jours ils existent. Puis, dans un tableau, l’ordre et le nombre des visites, le degré delà maladie, le passage d’un degré à un autre, les prescriptions, etc.

Toutes ces indications ayant leur importance, les visiteurs devront remplir avec exactitude les blancs qui leur sont réservés, mentionnant à chaque visite 'es changements survenus et le passage de la maladie d’un degré à un autre »

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VOIRIES

de la diarrhée à la cholérine, de la cholérine au choléra, la guérison ou la mort.

Il est expressément recommandé aux visiteurs de s’enquérir, îi l’occasion de chaque cas de choléra découvert, s’il a été précédé d’accidents précurseurs, et, en particulier, de diarrhées.

Les cas d’emblée seraient mentionnés 5 la colonne d’observation.

Cette recommandation est faite dans le double intérêt de la science et de la thérapeutique que ce renseignement est destiné à éclairer.

Les relevés soulignés résument les faits, et permettent d’en saisir l’ensemble d’un coup d’œil. Les malades y sont distingués en malades nouveaux découverts à la visite du jour, et en malades anciens restants des jours précédents. Les relevés doivent être remplis par le visiteur à la fin de sa tournée , et remis avec régularité à l’autorité ou à la personne chargée de les réunir et de les conserver. Conformément à l’article 23 du règlement général relatif aux visites préventives, les visiteurs sont tenus de se rendre, chaque fois qu’ils y sont appelés, aux réunions prévues par ledit article, et d’y fournir les explications et renseignements qui leur seront demandés sur l’épidémie et sa marche, et sur le résultat des mesures employées.

Ces réunions, en mettant les visiteurs en rapport entre eux et l’autorité, sont le meilleur moyen de s’éclairer mutuellement et de tirer des visites tout le bien qu’il est permis d’en attendre ; on ne saurait trop recommander aux médecins et élèves de s’y montrer assidus.

Voij. Choléra, t. Ier, p. 29/j.

VOIRIES. — Le mot de voirie ou voierie , dans les anciennes coutumes, ne signifie pas autre chose que voie , chemin , rue commune, et d’une façon plus restreinte la charge et la juridiction de l’officier de police ou édile appelé voyer , viarius, ou l’ensemble des règles de droit applicables à cet objet. C’est en ce sens que le langage administratif a consacré la division de grande et petite voirie , suivant l’importance des voies de communication. Mais il est un autre sens, et c’est précisément celui dans lequel nous avons à employer ce mot, dont l’origine est difficile à démêler. Chacun sait, en effet, qu’on appelle encore du nom de voirie une place publique vaine et vague , située dans le voisinage des grands chemins, où l’on porte les boues, charognes et autres immondices des villes et bourgs. Or, y a-t-il lieu de chercher, pour ce sens particulier du mot voirie , une étymologie particulière et différente de celle de viarius ou viaria ? L’honorable directeur général de l’administration de l’assistance publique, M. Davenne, auteur de l’excellent Traité de la voirie urbaine , regarde comme assez probable que, par une assimilation qui remonte à des temps assez reculés de notre histoire, on a pu confondre les gémonies de la haute justice seigneuriale auxquelles étaient réunies les dépôts de tous les objets immondes avec les grands

VOIRIES

chemins au bord desquels les gibets étaient assez généralement situes pour effrayer les voleurs qui en faisaient le théâtre de leurs rapines. Faut-il accepter de préférence l’étymologie un peu trop poétique et recherchée de Ménage, qui fait dériver de vulluria le nom des lieux où les vautours trouvaient leur pâture? Ou enfin faut-il ne voir là qu’une extension de sens du mot maria , un détail de la charge du voyer , qui devait veiller à tenir la voie nette et assigner la place où seraient portées les ordures et immondices ? Cette dernière explication , adoptée par Trévoux, nous paraît la plus simple et la plus plausible ; c’est à elle que nous nous rangerons.

Au point de vue de la salubrité et de l’hygiène publique, la question des voiries doit être ramenée aux termes suivants : Quels sont les moyens en usage pour évacuer hors des villes , décomposer ou transformer de la manière à la fois la moins insalubre, la plus utile et la plus décente, les masses de débris organiques putréfiés ou putrescibles qui résultent de la vie animale dans les grands centres de population?

Ces débris peuvent être distribués en trois classes :

I. Immondices. — a. Débris des halles et marchés, de l’économie domestique, boues, etc.

IL Excréments. — b. Excréments humains, c. Excréments des animaux domestiques.

III. Cadavres d’animaux. — d. Cadavres des animaux domestiques non comestibles, e. Cadavres humains.

D’où la division des voiries en : 1° voiries d'immondices ; 2° voiries de matières fécales ; 3° voiries d’animaux morts ; qui doivent être successivement étudiées , eu égard à la nature des matières , à leur origine, et aux conditions à remplir pour les rassembler, les décomposer, ou les transformer. Il est bien entendu que le dernier groupe, celui des cadavres humains, doit être mis à part.

Considérations générales. Historique. Mais avant d’entrer dans les développements que comporte l’étude des diverses voiries, il importe de présenter quelques remarques générales qui sont indispensables pour faire bien comprendre l’état actuel de la question et en déterminer exactement les limites.

Dans toute agglomération d’hommes, les besoins les plus impérieux de la vie donnent naissance à une quantité de produits de décomposition , immondes ou excrémentitiels, dont toute société policée doit chercher à se débarrasser, non seulement dans l’in-

VOIRIES

térètde la propreté et de la salubrité dos villes, mais certainement aussi par une sorte de respect de soi-même qui porte l’homme à éloigner de lui les corps privés de vie et les objets immondes ou infects, qui sont de nature à offenser les sens ou la pensée. Aussi ce qu’il y aurait en apparence de plus souhaitable serait d’arriver à faire disparaître complètement ces différentes matières. C’est là en effet ce qui a lieu, ainsi que nous le verrons dans un grand nombre de localités. Mais si l’on considère que ces débris recèlent en eux une foule de principes que l’agriculture et les arts peuvent utiliser, soit directement, soit indirectement, et savent rendre éminemment féconds, on comprendra qu’un intérêt nouveau s’attache à ces matières confondues sous le nom d’immondices, et que leur conservation et leur emploi présentent une haute importance. Les voiries n’ont donc pas seulement pour but d’en débarrasser la voie publique ou les habitations, elles forment de véritables entrepôts où l’industrie va puiser les matériaux quelle saura appliquer de mille façons utiles. Mais ce n’est pas là encore le dernier progrès à accomplir. S’il était possible de donner à ces matières immondes un emploi immédiat, et de ne plus les laisser attendre dans des dépôts la destination qu’elles doivent recevoir, on aurait certainement réalisé avec la suppression des voiries une des améliorations les plus incontestables, dans les conditions de la salubrité.

Nous pouvons donc, dès à présent, faire pressentir quelles seront les phases que doit traverser l’histoire des voiries. Ou les matières immondes disparaîtront plus ou moins complètement, ou elles seront conservées, tantôt sans précautions et sans triage préalable, tantôt dans des dépôts séparés et disposés avec plus ou moins d’art ; ou enfin elles subiront certaines métamorphoses artificielles qui les mettront en état d’être employées au moment même où elles seront enlevées. Le dernier terme ne sera sans doute pas atteint; par des raisons que nous développerons bientôt, la suppression absolue des voiries dans les localités où l’on voudra ne pas perdre les matières utilisables ne paraît pas pouvoir

!être jamais possible; mais il y aura dans ces établissements des transformations successives qui, suivant les progrès de l’industrie, modifieront d’une manière plus ou moins profonde les conditions d’insalubrité quelles présentent. Il est facile de voir combien cette

I question s’agrandit, puisque désormais l’assainissement des voiries dépend de l’emploi qui sera fait des produits quelles renfer-

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