PHOSPHORE, PATE PHOSPHORÉE
Ce rapport de iVl. le prélet a été motivé sur une communication du docteur Ernoul qui fait connaître qu'un homme, François Detonquedu, du village de 1 Orme, voulant empoisonner des rats, étala de la pale pliospliorée sur un morceau de galette et la déposa dans son grenier, à quelques centimètres de la toiture de paille qui le recouvre. Comme il descendait, il fut surpris de voir une grande flamme à l’endroit où il avait déposé sa pommade ; il remonta précipitamment et eut beaucoup de peine à arrêter ce commencement d’incendie. C’est en raison des brûlures qu’il s’était faites dans celte circonstance, que le docteur Ernoul fut appelé à lui donner des soins. La pâte pliospliorée employée par le sieur Detonquedu est un produit anglais importé en France, et dont un échantillon se trouve joint au rapport de M. le préfet.
A l’occasion de cet accident, M. le préfet a désiré que la pâte pliospliorée. et pai ticulici enicnt le pioduit cité plus haut, fussent examinés. Cet examen a été conlié à M. Destouches, professeur à la Faculté secondaire de médecine et de pharmacie de Rennes. La conclusion de cet examen est :
r Que la pâte pliospliorée employée pour la destruction des rats n’est pas dans les circonstances ordinaires, capable de produire d’incendie lorsqu’elle a été convenablement préparée, c’est-à-dire lorsqu’elle ne contient que la quantité voulue de phosphore, et qu’il se trouve convenablement divisé dans la masse des substances qui lui sont ajoutées ;
2“ Que l’échantillon qui avait mis le feu n’avait pas la composition ordinaire des pâtes phosphorées ; qu’il ne contenait pas de farine, comme ces dernières et qu’il paraissait n’être que du phosphore divisé dans une matière grasse que la division du phosphore y était très imparfaite ; qu’on doit attribuer surtout à cette dernière circonstance l’accident produit.
Le comité se rappellera, sans doute, qu’à l’occasion de plusieurs empoisonnements produits par la pâte pliospliorée, nous avons signalé les dangers ou’elle pou'ait présenter, au point de vue des incendies
Le fait signalé par M. le préfet d’Ille-et-Vilainè, l’examen fait par M. Destouches, et les conclusions auxquelles il est parvenu, confirment de tout point l’om-
mon (ïu® noi,s av°ns émise dans le rapport qui a été présenté à ce sujet et approuve par le comité. J 1 Cl
A l’égard des mesures à prendre, nous croyons qu’il ,,’y a pas autre chose à faire que de mettre à exécution les conclusions du rapport déjà cité
M.Tmin™"re C°”Séq"CnCe’ l'lu,"neur de Pl0P»^r ™ comité de répondre à
f" Que la pâte pliospliorée employée pour la destruction des rats étant une substance doublement dangereuse, soi, comme poison, soi, Imsqu’ellè es, ma pi cpai ce, comme pouvant occasionner des incendies, il y a lieu tic la sou mettre aux conditions qui régissent la vente des substances dangereuses et Dar
Z amorisés;” a“ cüll>ortc“ra « autres débitamà
2» Que l’ordonnance du 29 octobre 1846, qui récit auionrd’hni i ayant dassé nominativement le phosphore parmi les substances dangereuses "à Phospliorée, qui n’est qu’une simple division de phosphore d m, ’ b«e inerte, doit être assimilée à ce produit toxique “et Z 1^^“ .™' tée lui est rigoureusement applicable sans qu’il soit indisnensahle *l pour cela le tableau réformé annexé à ladimordoZanceT mod,"e''
l'UOSPHOHE , PATE PHOSPHORÉE.
<>' Qu *1 y a lieu de donner des instructions aux jurys médicaux et aux écoles de pharmacie pour qu ils veillent à ce que la vente de ce produit se fasse conformément aux prescriptions des règlements ;
U" Qu il serait convenable que l’autorité indiquât une ou plusieurs formules auxquelles les pharmaciens devraient se conformer pour la préparation de la pâte phosphoréc comme pour la préparation de la pâte arsenicale. Ges formules pourraient être prises parmi celles dont un long usage a établi l’efficacité, comme mort-aux-rats , et qui ne présentent point d’inconvénient au point de vue de l’incendie. Nous avons donné ces formules dans un précédent rapport: ce sont la formule officielle adoptée en Prusse, la formule de Roth, celle de Duboys.
5° 11 y a lieu d’interdire la vente du produit imparfaitement fabriqué, importé d’Angleterre, qui a produit l’accident signalé par M. le préfet du Finistère.
Ce produit, en raison de sa préparation et de son action très énergique sur l’économie animale , est entièrement assimilable à un médicament composé, et, à ce litre , il ne pourrait être introduit qu’après l’avis de l’école de pharmacie.