‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 125 sur 130 · VOLAILLES · texte numérisé non relu

VOLAILLES

ce sujet. Mais la manière dont on s’y prend pour les amener à cet état ayant été souvent l’occasion de labiés ridicules , il est intéressant d’indiquer les véritables procédés qui sont suivis, atin de

faire disparaître les erreurs et les préjugés.

Voici à cet égard les renseignements curieux qu on tiouve dans les Mémoires de la Société impériale et centrale de médecine vétérinaire : Les sujets qui produisent les poulardes et les chapons de la Bresse sont de race indigène, et les bonnes menageres les conservent précieusement sans aucun mélangé. L obscivation des laits les a amenées à prendre le soin de renouveler les coqs tous les deux ans, car les poussins qui proviennent de jeunes reproducteurs ont plus de dispositions à prendre la graisse, et sont plus délicats. On a quelquefois cherché à grandir la taille de ces volailles par l’introduction de coqs dits russes ou anglais, très hauts sur jambes ; mais ces essais n’ont pas été couronnés de succès. Les métis qui provenaient de ces croisements coûtaient plus a nourrir, et il manquait à leur chair cet aspect blanc et brillant qui est un des caractères les plus distinctifs des poulardes de Bresse.

Le chaponnage, qui se pratique en grand dans le pays, a lieu ordinairement sur les coqs de trois mois. Si quelquefois on cherche à rendre les poulettes (pilletes) infécondes aussi, c’est par l’extraction ou l’écrasement des ovaires; mais le plus souvent, il n’y a que les coqs qui subissent cette mutilation.

Quant à l’engraissement, il commence aux mois de juillet et d’août sur les sujets précoces; mais les moments les plus favorables sont les mois d’octobre , de novembre et de décembre. On se sert principalement, pour engraisser ces volailles, d’un mélange de farine de sarrasin et de maïs blanc ; on en lait des boulettes qu’on fait avaler matin et soir, puis on fait boire un peu de lait étendu d’eau qu’on introduit dans le bec. Quelquefois les boulettes sont trempées dans du lait afin qu’elles puissent couler plus facilement. Tous les engraissements de poulardes ou de chapons ont lieu dans des cages disposées de telle façon que les animaux restent dans une obscurité et une immobilité complètes ; parfois même on leur crève les yeux , mais toujours on les entretient dans un grand état de propreté. Ces derniers soins sont indispensables à la réussite de l’entreprise. Quant au terme de l’engraissement, c’est l’habitude qui le fait reconnaître.

Les fermières de la Bresse mettent un soin extrême à tuer la volaille proprement, en la saignant au palais, afin qu’elle ne porte

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aucune marque. Elles les plument eu ayant grand soin de ne leur faire aucune écorchure, car la moindre blessure leur ôterait de la valeur. Quand elles sont ainsi tuées et plumées, on les enveloppe, toutes chaudes encore, dans un linge fin trempé dans du lait; on coud aussitôt en serrant un peu, de façon à donner à la volaille une forme ovale allongée flatteuse à l’œil, avantageuse à la vente, et qui sert de guide aux amateurs qui tiennent à être sûrs des provenances.

Le poids d’un chapon gras varie de 2 à 6 et même 7 kilog. ; les prix vont de 5 fr. jusqu’à 18 fr. Le poids d’une poularde est de 1 kilog. 500 à h kilog.; les prix de vente varient de 2 fr. 50 cent, jusqu’à 11 et 12 fr.

Parmi les volailles qui entrent à Paris pour une somme qui, jointe à celle du gibier, s’est élevée en 1852, à plus de là millions, la Bresse et le Mans ont certainement fourni une des plus larges parts. Depuis que ces observations ont été consignées dans les mémoires qui viennent d’être cités, la race cochinchinoise s’est considérablement répandue en France, et il est probable que la Bresse l’adoptera, car elle n’a pas les inconvénients des rousses et des anglaises, et elle en a, au contraire, tous les avantages pour la taille et la précocité surtout.

Bibliographie. — Renault (d’Alfort) , Notice sur une épizootie qui régne sitr les oiseaux de basse-cour (Bulletin de l’Académie de médecine , t. XVI, 1851, p. 764 et suiv.).

*I3VTC. — L’extension chaque jour croissante que prend l’exploitation du zinc et de quelques uns de ses composés n’intéresse pas moins l’hygiène que l’industrie; et l’on peut compter parmi les plus éminents services rendus à la santé publique, les applications neuves et nombreuses qui en ont été faites dans ces derniers temps. En effet et pour donner d’un seul mot la mesure de leur ' importance, le zinc et l’oxyde de zinc sont de toutes les substances métalliques, celles qui peuvent le mieux et le plus complètement remplacer dans le plus grand nombre de leurs usages, le plomb et les préparations qui en dérivent; substitution salutaire qui met à la disposition de l’homme, sans faire défaut à aucun de ses besoins, une matière exempte de tout danger, au lieu d’un poison d’autant plus redoutable, qu’il est plus subtil et plus lent dans son action.

C’est a ce double point de vue qu’il convient d’étudier la question dont nous allons nous occuper, en ayant soin d’avoir' toujours présents à la pensée les usages des composés de plomb et leurtinfluence

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sur la santé. Ce n’est pas cependant, disons-le dès le début, (jue toutes les préparations de zinc soient également innocentes , il en est de nuisibles, de vénéneuses même; mais leui emploi limité, leurs propriétés bien connues, ne diminuent en lien 1 application si étendue et si utile que 1 on peut taire des autres et principalement de l’oxyde ou blanc de zinc, dont 1 innocuité est complète et absolue.

Aussi serait-il sans objet de rechercher ici, quelle est l’action physiologique qu’exercent sur la santé les composés de zinc employés comme médicaments ou absorbés comme poisons. Cette étude si nécessaire pour le plomb n’aurait pas seulement pour le zinc l’inconvénient d’ètre inutile, elle donnerait encore, ce qui est plus grave, l’idée la plus fausse de ses etlèls hygiéniques. Il suffit pour poser les limites de ses applications, de signalei les cas ou de son contact avec certaines substances peuvent résulter des combinaisons vénéneuses telles que les chlorures, sulfates et autres sels de zinc. La question à cet egard nous paraît très nettement tranchée, aujourd’hui que l’expérience singulièrement agrandie des dernières années est venue dissiper les obscurités qui avaient arrêté les premiers observateurs ; on peut dire hautement et sans crainte d’ètre démenti par les faits, que s’il y a des empoisonnements produits par l’ingestion accidentelle ou volontaire de certains sels de zinc, il n’y a pas, comme pour le plomb, d’empoisonnement professionnel produit par la fabrication et 1 emploi du zinc et de ses principaux composés.

Nous suivrons dans cette étude l’ordre que nous avons précédemment adopté, en passant successivement en revue les faits qui touchent à l’influence hygiénique : 1° de la fabrication ; 2° de l’emploi dans les arts, dans l’industrie et dans l’économie domestique du zinc et de ses composés.

I. Fabrication. — L’extraction du zinc, les préparations qu’on lui fait subir pour le rendre propre aux divers usages, la fabrication de l’oxyde et des principaux sels, constituent actuellement des industries immenses concentrées dans les mains d’une compagnie qui, sous la direction éclairée d’un ingénieur habile, M. Guynemer fils, consacre à leur progrès autant d’intelligence que de richesses. Nous croyons utile d’en donner un aperçu et de montrer dans quelles conditions hygiéniques elles s’exercent. Qu’il nous soit permis d’ajouter que nous avons puisé nos renseignements aux sources mêmes, et que nous pouvons les donner comme tout

tiü/l ZINC.

à fait conformes à l’état actuel des choses. C’est là le seul mérite auquel nous pouvons prétendre.

t° ]Vf ctftliui'gie «lu zinc. — Le principal minerai de zinc est la calamine; on l’extrait aussi mais moins abondant et moins pur de la blende, où il est mélangé avec le plomb et le soufre. La calamine est disséminée principalement en Prusse, en Belgique et sur quelques points de l’Angleterre ; elle est exploitée dans les deux premiers pays, où sont établies les magnifiques mines de la Vieille- Montagne, Moresnet qui date de 1835, Rabotraedt, Vallcenraedt, Angleur fondée en 1838, Saint-Léonard existant déjà du temps de l’Empire, Tilff, Valentin Cocq, etc. Le minerai que l’on y traite est composé, d’après le savant professeur Dumont qui a étudié la constitution géologique de la province de Liège, d’oxyde et de carbonate de zinc silicifère mélangé d’argile, de chaux carbonatée, d’oxyde de fer et de manganèse. La mine colorée par le fer est dite mine rouge, par opposition à la mine blanche, plus riche en zinc. Le minerai reste exposé à l’air pendant plusieurs mois pour laisser déliter l’argile, il est ensuite lavé et calciné dans des fours coniques analogues aux fours à chaux, de manière à perdre son acide carbonique et son eau et à devenir friable ; puis, réduit en poudre sous des meules verticales, tamisé, mélangé avec moitié de son poids de houille sèche préalablement pulvérisée, et introduit dans des espèces de cornues en terre, qui sont chauffées à blanc dans des fours de réduction.

Ces fours, dits fours à zinc , constituent les principales usines, comme les opérations de la réduction forment le travail le plus important de la métallurgie de zinc. Nous ne chercherons pas à en donner une description détaillée ; nous dirons seulement qu’ils consistent en un vaste fourneau voûté, divisé en compartiments dans lesquels sont engagés de grands tuyaux cylindriques ou cornues en terre, fermés à une extrémité, et recevant par l’autre un double ajutage conique construit en fonte et en tôle, faisant l’office de condenseurs.

Les fours doivent être préalablement et graduellement chauffés pendant quatre jours avant l’introduction des cornues que l’on a fait rougir séparément. Lorsque celles-ci sont convenablement disposées et lavées, on les charge du mélange et l’opération de la réduction commence : le chauffage des fours a lieu d’une manière continue pendant deux mois, au bout desquels on est ordinairement obligé d'arrêter pour réparer les fours.

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Le travail des fours à zinc, outre la direction du leu, sc compose de trois opérations distinctes, qui exposent toutes egalement ouvriers à l'action d’une très haute température, mais qui exigent " part plus ou moins d'attention : le chargement des creusas f. a raide d’une longue pelle demi-cylindrique en tôle,

?e tirage du métal pour lequel l’ouvrier détache d’abord les allonges de tôle les secoue pour en faire sortir une poussière de zinc et d’oxyde de zinc appelée cadmie ; puis recueille dans une grande cuiller en tôle appelée poêlon, le zinc distillé qu’il fait sortir des condenseurs de fon te, à l’aide d’un long ràcloir en fer ; enfin le nettoyage des creusets et le remplacement de ceux qui sont detei 101 es, et que l’on rajuste tout rougis au feu, au moyen de longues pinces de 1er.

Etat des ouvriers des jours a zinc. — Ces differents ti avaux, quelque pénibles qu’ils puissent paraître, n ont sur la santé des ouvriers aucune inlluence fâcheuse. Us travaillen t pour a plupart demi-nus, et malgré l’état de transpiration dans lequel ils se trouvent, ils ne craignent pas de sortir dans les cours et de se soumettre à des ablutions d’eau froide, rendus moins sensibles al aclion de l’air extérieur, précisément par l’excès de chaleur auxquels ils sont habitués. Us partagent du reste ce privilège avec tous les ouvriers qui sont exposés à de hautes températures, comme dans les forges, les raffineries, les verreries. Quant aux effets que pouiraient produire sur eux les vapeurs propres de zinc, ils sont abso-

lument nuis.

Les renseignements que nous avons recueillis sont, en tous points, d’accord avec ceux qu’avait déjà cités M. Chevallier, lorsqu’il consignait dans son excellent rapport qu’à laVieille-Montagne-et à Angleur les accidents, attribués aux émanations de zinc, étaient entièrement inconnus. Nous pouvons affirmer que dans les grands établissements belges et prussiens, hommes, femmes, enfants sont dans les meilleures conditions de santé, bien que leur corps soit entièrement recouvert de la même poussière de zinc, que celle qui s’échappe des cheminées et se dépose au dehors. Plusieurs ouvriers, entrés à l’âge de dix ans dans ces usines , sont aujourd’hui des hommes faits et bien portants; bon nombre d’autres y travaillent depuis I8OZ1 ; quelques uns, enfin, ont atteint l’àge de soixante-dix à quatre-vingts ans. En résume, il n’existe pas pour eux d’affection professionnelle. M. Pétry, dans un travail présenté à l’Académie des sciences de Belgique, et que nous aurons plus d’une occasion de citer, lait seulement remar-

/INC.

quer que quelques ouvriers, des plus âgés, et ou petit nombre, sont atteints d’asthme.

De l’état du bétail et de la végétation dans les localités voisines des fours à zinc. — Des plaintes, plus intéressées que justes, ont été élevées à plusieurs reprises par les voisins des usines de zinc, qui se sont fait allouer des indemnités pour le préjudice que causaient, à leur bétail et aux arbres de leurs jardins, les émanations et les poussières provenant des fours à zinc. En ce moment même une enquête est ouverte et une expertise vient d’avoir lieu en Belgique pour de prétendues pertes d’arbres, aux environs de Moresnet. Il n’est pas sans intérêt de rechercher sur quels laits peuvent s’appuyer ces prétentions, qu’a peut-être encouragées la libéralité trop facile de l’administration des usines à zinc. C’est une opinion tellement répandue dans le vulgaire, que le gros bétail peut souffrir du voisinage de ces établissements, qu’on a donné le nom de maladie calaminaire aux accidents, d’ailleurs fort mal définis, qu’on dit avoir observés dans cette circonstance : L’Académie royale de médecine belge a été saisie de la question par les recherches pleines de conscience et de sagacité de MM. Pétry et Labaye.

Ces deux honorables savants ont examiné plus de quarante bêtes à cornes que l’on disait malades, par suite des émanations de zinc, et n’ont pas eu de peine à se convaincre que les plaintes n’étaient, pour la plupart, rien moins que fondées. Deux animaux, seulement, ont été trouvés malades, bien que mangeant encore. L’autopsie cadavérique n’a montré que des lésions très vaguement caractérisées, qui paraissent dues principalement à un appauvrissement du sang et à un état anémique. La seule altération qui mérite d’être notée, parce qu’elle se rapproche de celles que déterminent les poisons absorbés, c’est la formation d’ecchymoses disséminées à la surface interne de l’estomac et du cœur et dans les poumons. Nous ne pouvons omettre pourtant une particularité qui n’est certes pas à négliger, et qui suffirait certainement à expliquer les symptômes attribués à l’action du zinc ; nous voulons parler de la présence dans l’estomac d’une des vaches abattues, de trois morceaux de cuivre assez volumineux.

Les experts ont voulu apprécier d’une manière exacte la nature des vapeurs et des poussières répandues autour des fours à zinc, ainsi que la composition des eaux environnantes. M. Chandelon

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s’est livré dans ce but à une série d’analyses, dont les résultats, très dignes d’attention, méritent d’être consignés ici.

Ces recherches ont porté sur les matières suivantes . a. Un échantillon de la poussière qui se dépose sur le sol aux environs des fours et qu’il recueillit sur le toit qui recouvre les fours a réduction. 6. Un échantillon de la terre des environs de la maison H. c. Un échantillon de l’eau provenant de l’abreuvoir dudit H. d. Un échantillon de celle provenant delà rivière dite la Gueule à l’endroit où vont boire les vaches, e. Un échantillon de l’eau puisée dans la même rivière en amont du lavoir de 1 établissement de la Vieille-Montagne, f. Un échantillon de la même eau puisée en aval des lavoirs et du même etablissement.

Voici quels furent les produits fournis par 1 analyse :

a. La plus grande partie de la poussière se compose de matières insolubles, qui sont : du zinc métallique, de 1 oxyde zineique et ferrique, et du charbon, plus une très minime quantité de sulfate de zinc.

b. La terre ramassée à la superficie du sol près de la maison H. a donné une forte proportion de fer, de zinc, de chaux, d’alumine et de silice.

c. L’eau de l’abreuvoir de H... du sulfate calcique et magnésique.

d. L’eau de la Gueule , que boit le bétail , contenait du sulfate et du carbonate calcique, et du chlorure magnésique.

e. L’eau de la même rivière, en amont du lavoir de l’établissement, contenait du chlorure magnésique, sulfate calcique, sulfate zineique, sulfate aluminique, du carbonate calcique.

f. Enfin , l’eau en aval du lavoir contenait les mêmes sels , sauf le sulfate aluminique.

D’après M. le professeur Ilelvaux un gros du résidu, qui se trouve dans les tuyaux où s’opère la réduction du zinc, contiendrait en sel soluble :

Sulfate calcique 0,00213

Sulfate zineique 0,00330

Sulfate manganeux 0,000Z|/ï

Sulfate magnésique 0,00017

Sulfate sodique et potassique 0,00059

Chlorure sodique 0,00009

Perte 0,00021

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L’expcrience ayant constaté : 1° que les condensateurs adaptés depuis quelque temps aux fourneaux diminuent, au moins, de moitié la quantité de poussière que chaque four répand ; 2° que chaque condensateur retient par jour, environ lôkilog. de matière pulvérulente, on pourra, par le calcul suivant, déterminer d’une manière approximative : la quantité de poussière que les fourneaux d’un établissement répandent par jour sur un mètre carré de surface; la proportion de sels solubles que cette poussière renferme.

Dans l’hypothèse que la supposition ci-dessus soit exacte, et que chaque four lance chaque jour' 32 kilog. de poussière, il est clair que les dix fours de la Vieille-Montagne en donneront 320 kilogr. par jour. En supposant aussi que cette poussière se répande sur une étendue de 125,600 mètres carrés, on aura pour chaque mètre carré 2 grammes 54 centigrammes de poussière par vingtquatre heures. Or, 1 gramme contient 0,007 de matières solubles, donc les 2,54 de matière répandue en vingt-quatre heures, sur 1 mètre carré de surface, contiendront en sels solubles 0,0175.

Il nous paraît que c’est se montrer fort large en admettant que ces 0,0175 de sulfate de zinc soient avalés par les animaux pâturant, car il nous semble qu’on pourrait encore considérablement les réduire, par les motifs : que le bétail ne pâture que sept à huit mois au plus dans l’année; qu’qu bout de peu de jours il change de pâturages ; qu’on ne peut admettre que l’herbe seule recueille toute la poussière lancée par les fours, et dont une partie se dépose nécessairement sur le sol. Enfin, que la rosée, comme la pluie, dissolvant le sulfate de zinc lave la plante et la débarrasse ainsi d’une grande partie de ce sel.

En résumé, il n’est pas possible de ne pas conclure comme l’ont fait les savants chargés de cette enquête :

Que la quantité de couperose blanche qui seule doive apparemment être nuisible à raison de sa grande solubilité, est tellement minime et dans la poussière et dans l’eau, qu’elle laisse difïicilement croire à un empoisonnement chez le gros bétail. L’insensibilité bien connue des animaux ruminants à faction de la plupart des poisons est telle, qu’il faudrait, ce nous semble, user de quantités autrement considérables pour réaliser chez lui un véritable empoisonnement.

Que jamais on n’a vu dans le bétail d’Angleur ni de Liège de maladies attribuées aux fours à zinc.

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Que de quarante vaches qu’on disait malades à Moresnet, deux

ont été trouvées l’ètre réellement.

Que cette maladie n’est ni continue, ni persistante dans cette localité, mais apparaît, au contraire, à des périodes plus ou moins éloignées, ce qui, selon nous, n’aurait pas lieu si elle était due aux émanations du zinc.

Que les matières de zinc et autres formant la poussière doivent, en raison de leur pesanteur spécifique et du peu d’élévation des cheminées (15 mètres), se déposer à peu de distance des fours à réduction.

Que du linge blanc placé le matin à 100 mètres environ des fours n’offrait pas la moindre trace de dépôt de poussière à trois heures de relevée.

Qu’une foule de cultivateurs réclament des indemnités, bien que leurs habitations ou leurs pâturages soient éloignes de 500, 600 et même 900 mètres des fours.

Que d’autres laboureurs situés à des distances beaucoup plus rapprochés ne se sont jamais plaints, ni d’avarie de denrées, ni d’indisposition dans leur bétail.

Qu’enlin, en aucun cas, on ne peut admettre gratuitement l’intoxication par le zinc, et qu’il conviendrait, pour s assurer de la présence de celui-ci, dans le sang des animaux, d’analyser ce liquide comme cela se pratique dans les cas d’intoxication par les poisons métalliques absorbés.

Quant à l’action spéciale de ces diverses poussières sur la végétation , si elle s’exerce réellement, comme paraissent disposés à l’admettre les directeurs mêmes des usines belges , il ne nous paraît nullement démontré qu’elle soit particulièrement due aux émanations du zinc.

Les commissions chargées de s’en assurer, et qui se sont rendues sur les lieux, l’ont constaté, notamment pour l’herbe des prairies, pour certains légumes et arbres à fruits. Nous pensons d’ailleurs que toute substance pulvérulente , de quelque nature qu’elle puisse être, doit nuire à la végétation en obstruant les orifices des vaisseaux exhalants et absorbants des jeunes plantes. C’est ce qui se voit dans les champs que borde une grande route, dont la poussière recouvre les vergers et les blés qui sont d’ordinaire chétifs et mourants. C’est ce qu’on remarque encore dans les champs qui avoisinent des hauts fourneaux , mais ce n’est là qu’une action toute mécanique qui ilétrit et fait périr le végétal.

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