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A cette action mécanique vient se joindre l’action chimique des matières de zinc, dont les propriétés styptiques et irritantes doivent puissamment contribuer à lutter la mort du végétal, ou tout au moins ne lui permettent qu’une vie languissante.
L’observation a démontré que les feuilles les pi lis jeunes et les plus velues périssaient plutôt que les feuilles adultes et que celles dont la surface est lisse, polie; que de cette manière le poirier, par exemple, résistait très bien aux émanations ; qu’il en est de même des asperges et des arbres résineux en général, tandis que le pêcher, le pommier, le cerisier, etc., se ressentaient les premiers de l’influence des exhalaisons.
La société ne cherche pas, paraît-il, à nier cette action délétère de ses fours sur quelques végétaux, du moins dans un certain rayon de ceux-ci, c’est le motif qui de tout temps l’a engagée à s’entendre à priori avec plusieurs propriétaires, et pour lequel aussi les tribunaux ont admis des dommages-intérêts.
Il n’est pas inutile de faire remarquer en outre que la nature des terrains métallifères où se fait l’exploitation du zinc , est par elle-même si peu propre à la végétation, qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que les arbres et les plantes y restent chétifs, rabougris, et y meurent en grand nombre. Cette circonstance ellemême n’est probablement pas sans influence sur la santé du bétail, qui ne trouve sur ce sol ingrat qu’une nourriture maigre et insuffisante.
En résumé , il est permis de conclure que les établissements consacrés à la métallurgie du zinc ne présentent, par eux-mêmes, soit à l’intérieur, soit au dehors et pour les environs, aucune cause spéciale reconnue d’insalubrité.
laminoirs et fonderies aie zinc. — Une grande partie du zinc fabriqué est employé à l’état de zinc laminé. Ce travail qui occupe, en France, un certain nombre d’usines, notamment dans le département de Seine-ef-Oise , à Bray et Saint-Louis et dans le département du Pas-de-Calais près d’Arras , est ordinairement réuni à celui de la fonte du zinc. Le laminage exige d’ailleurs lui-même la refonte des lingots obtenus dans le traitement du minerai. Les plaques de métal, préalablement chauffées à une température de 100 degrés environ, sont ensuite introduites entre des laminoirs en fonte mis en mouvement par la vapeur ou par un moteur hydraulique.
Il est à peine nécessaire de dire que les ouvriers employés au
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laminai* du zinc n’offrent absolument aucune affection morbide spéciale. M. Chevallier a constaté que dans les principales usines que nous avons citées, sur un nombre de plus de deux cents ouvriers, il n’y avait jamais eu d’interruption de travail déterminée parle maniement du zinc. Tout au plus observerai t-on chez eux des brûlures inévitables dans le travail d’un métal en lusion, ou des accidents traumatiques produits par les appareils mécaniques.
Les fonderies de zinc, et surtout les fondeiies d alliage, de cuivre et de zinc, ont été regardées comme beaucoup plus insalubres. On a décrit des symptômes tout particuliers, un délire spécial, de la céphalalgie, une prostration des forces, etc., que 1 on prétendait attribuer aux vapeurs du zinc en fusion. M. Guerard a déjà très judicieusement lait observer que la chaleui seule et 1 ingestion de l’eau pendant le travail pouvaient paifaitement tendre compte de ces faits. Ajoutons que les conditions dans lesquelles se trouvent les fondeurs, et surtout les londeurs de cuivie, sont d’ailleurs extrêmement complexes , et que si la question avait pu paraître indécise à quelques auteurs disposés à admettre 1 influence des vapeurs métalliques soit du cuivre soit du zinc dans les fonderies , elle doit être complètement résolue par l’innocuité absolue de la fonte du zinc dans les fabriques d oxyde de zinc dont nous allons parler, et où ce métal seul est employé.
Fabrication tin blanc tic zinc» — La labrication de 1 oxyde ou blanc de zinc est, si l’on peut ainsi dire, le point culminant de la question hygiénique qui nous occupe. C’est par la belle découverte des procédés industriels, aujourd’hui perfectionnés, qui permettent d’obtenir cet oxyde à peu de frais, que M. Leclaire a pu réaliser la bienfaisante réforme à laquelle son nom restera glorieusement attaché.
Production de l’oxyde. — Il n’est pas de fabrication plus simple et dont les résultats soient plus nets que celle du blanc de zinc. Le métal des plaques introduites dans des cornues demi-cylindriques , soumis dans un four à l’action d’une haute température, entre en fusion et se vaporise ; les vapeurs, au moment où elles partent par la bouche delà cornue, sont saisies par un courant d’air froid qui les transforme immédiatement en fumée blanche d’oxyde de zinc. Chassées dans une série de tuyaux et de chambres, celles-ci se condensent dans ce long parcours et retombenten tlocons neigeux contre les parois de ces chambres disposées en entonnoirs fermés par des trémies. En ouvrant ces trémies on
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recueille le blanc de zinc. Pour le livrer au commerce il ne reste qu’a le fouler et à fermer les tonneaux qui le contiennent.
Selon les qualités de zinc que l’on emploie et le moment de l’opération où on le recueille, les produits se divisent en blanc de neige impalpable ; blanc de zinc proprement dit ; gris-pierre résidu de la fabrication des précédents, lavé et pulvérisé avec soin ; et enfin , Y oxyde gris ou gris ardoisé qui se forme directement dans la fabrication du zinc brut, et se recueille soit dans les tubes de condensation du métal , soit autour des fours où il tombe en assez grande quantité. Il n’entre d’ailleurs dans ces produits de qualités différentes, aucune matière étrangère. La fabrication est arrivée aujourd’hui à un remarquable degré de perfection, tant par l’extension très grande donnée aux condensateurs que par les soins apportés à perdre la moindre quantité possible d’oxyde. Aussi obtient-on de 100 kilog. de zinc brut 120 kilog. de blanc , dont 95 pur et 25 mélangé de parcelles métalliques. Il en résulte que le zinc entré brut sort de l’usine sous forme de blanc et au même prix , sans avoir rien coûté pour la transformation, l’augmentation du rendement couvrant les frais de fabrication. Aussi, chaque année voit-elle s’étendre cette utile industrie. Elle est concentrée, pour la plus grande partie, dans l’usine d’Asnières près Paris. Deux autres fabriques existent encore, l’une dans la banlieue, à Grenelle, et l’autre à Portillon près Tours. On aura une idée de l’importance de cette fabrication en apprenant que l’usine d’Asnières a produit, en 1853, 2,289,360 kilog. de blanc, plus de 7000 kilog. par jour pour 1,953,432 kilog. de zinc brut employé.
Travail du blanc de zinc. État des ouvriers. — Le travail du blanc de zinc comprend plusieurs opérations principales, le changement des cornues et la. surveillance du four, l’ouverture des trémies et la récolte du blanc, le triage et le blutage des parties mélangées et l’embarillage.
La première expose les ouvriers à une température très élevée en même temps qu’à la vapeur du zinc qui s’oxyde à la gueule des cornues, et qui après avoir échappé à l’appel des tuyaux de condensation , se répand au dehors. Le reste des opérations s’accomplit au milieu de la poussière de blanc de zinc, qui remplit les ateliers. Celle-ci est si épaisse qu’elle recouvre en un instant les personnes qui entrent et que les ouvriers en sont imprégnés de la tête aux pieds. C’est dire que si elle était le moins du monde
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nuisible, rien ne s’opposerait à ce que son action se fit sentir de la manière la plus complète et la plus rapide. Or, c’est le contraire qui a lieu. f
L’influence de cette poussière de blanc de zinc sur la santé est absolument nulle. Les acccidents très légers qu avaient notés, il y ;i plusieurs années, M. le docteur Bouchut, qui a eu le mérite d étudier le premier les conditions hygiéniques de la nouvelle industrie et la commission académique chargée d’examiner son intéressant travail, ces accidents eux-mômes ont complètement disparu aujourd’hui. Une ventilation mieux entendue a suffi pour affranchir les ouvriers du mal de gorge passager et de la toux que quelques uns éprouvaient au début; et l’habitude, prescrite par la direction de l’usine, de porter pendant le travail un pantalon à pied, et une blouse fermée les a mis à l’abri de ces démangeaisons et de ces éruptions superficielles qui se montraient parfois aux aines, au scrotum et aux aisselles. Quant aux phénomènes plus sérieux qui ont été qualifiés de phénomènes cadmiques, et, qui consisteraient en courbature, fièvre nocturne, céphalalgie, agitation nerveuse, ivresse passagère , une expérience plus prolongée et que 1 on peut considérer aujourd’hui comme définitive, permet de les rejeter comme tout à fait chimériques ou du moins comme mal interprétés et fondés sur une fausse analogie. Us n’existent pas en tant qu affection professionnelle des ouvriers des usines de blanc de zinc. La vérité est dans cette observation consignée avec tant d’autorité dans le rapport de MM. Rayer, Grisolle et Chevallier :
« En visitant l’usine d’Asnières, on ne voit au milieu de la poussière et des vapeurs de zinc et d’oxyde de zinc , que des hommes généralement forts et vigoureux, qui, lorsqu’ils sont questionnés, répondent individuellement d’une manière satisfaisante sur leur santé. »
C’est là ce que trois ans plus tard nous avons invariablement constaté par nous-môme. Il y a quarante ouvriers employés actuellement à Asnières, et depuis deux ans, il n’y a pas entre tous une seule journée d’hôpital. Nous avons compulsé les registres mensuels de la Société de prévoyance établie depuis le môme temps ; parmi les employés de l’usine, jamais il n’y a eu plus d’un, deux, trois malades au plus dans un mois, et ceux-ci fournis par quelques anciens ouvriers et non par les novices. Les affections dont ils étaient atteints n’avaient d’ailleurs absolument rien de spécial. Nous trouvons mentionnées dans le plus grand nombre des cas, les
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suivantes : gastrite chronique, colite, hépatite, gastro-entérite, sciatique, bronchite capillaire, pleurésie, blessures diverses. Des exemples uniques d’angine inflammatoire grave, d’herpès et de courbature, ne peuvent servir de preuve aux prétendus phénomènes cadmiques.
La fabrication de l’oxyde de zinc n’offre donc aucune insalubrité, et ne peut donner lieu à aucune plainte de la part du voisinage des usines.
Fabrication île» sels «le zinc. — - Le sulfate de zinc ou vitriol blanc est, à vrai dire, le seul parmi les sels de zinc qui soit préparé en grand et utilisé dans l’industrie. Cette fabrication s’opère par le grillage de la blende. Une partie du soufre se. dégage à l’état d’acide sulfureux ; mais une grande partie de la blende se change en sulfate de zinc, si la température ne s’élève pas au delà d’un certain point. La matière grillée est traitée par l’eau et la dissolution évaporée jusqu’à cristallisation. Pour rendre le sel d’un transport plus facile, on a coutume de le fondre dans son eau de cristallisation et de verser la liqueur dans des moules qui lui donnent la forme de briques carrées. Il n’y a dans ces dernières opérations rien qui intéresse particulièrement l'hygiène.
II. Emploi du zinc et de ses composés dans les arts, dans l’industrie et dans l’économie domestique. — Le zinc au point de vue de ses usages tient à la fois des propriétés du fer, du cuivre et du plomb. Mais, ainsi que nous l’avons dit en commençant, c’est surtout comme matière première substituée au plomb et aux préparations saturnines, que le zinc et l’oxyde de zinc méritent toute l’attention des hygiénistes.
Les dangers que présente pour la santé l’emploi des métaux considéré d’une manière très générale, tiennent, non seulement à leur facile oxydation, mais encore à la dissolution des oxydes formés dans les acides et aux sels toxiques qui en résultent. Or, si le zinc s’oxyde rapidement, l’oxyde formé est par lui-même tout à fait innocent et offre, en raison de son insolubilité relative, une garantie très réelle contre la formation des composés vénéneux.
C’est à ce titre qu’il est désirable de voir s’étendre les usages déjà si nombreux du zinc, et qu’on ne saurait trop approuver la pensée libérale et féconde, qui en ce moment même vient d inspirer la fondation d’un prix, qui devra être décerné par la Société d’encouragement, à l’inventeur de toute nouvelle application in-
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diistriclle ou économique des composés de zinc. Qu’il nous suffise de signaler cctle voie ouverte à un progrès qui intéresse si directement la sauté publique, et contentons-nous d’exposer les principaux avantages déjà réalisés dans ce sens, par quelques uns des usages du zinc métallique ou oxydé.
Emploi «lu zinc métnlli«|iie. — Le zinc métallique trouve uu emploi aussi étendu que varié dans les constructions et dans les usages domestiques; mais nous n’avons à nous préoccuper que des cas où l’industrie applique ce métal de manière à le mettre en contact avec quelques unes des substances qui servent à l’alimentation ou aux besoins personnels de l’homme. C’est dans cette pensée que nous dirons quelques mots des toitures et gouttières en zinc, des citernes et réservoirs, tuyaux, conduites d’eau et pompes; des plaques liydrofuges, des doublages, chevillages et clouages des navires ; des baignoires, vases et ustensiles d’économie domestique ; enveloppes de conserves et munitions; zinc perforé; fil de fer galvanisé, grains métalliques, caractères typographiques, etc.
1° Les couvertures et toitures en zinc sont aujourd’hui répandues partout; on estime à plus des trois cinquièmes des constructions neuves celles où ce système est employé. Sans parler des avantages de solidité, de durée et d’économie qu’il peut offrir, il importe de rechercher s’il présente les garanties de salubrité capables de justifier la préférence qu’on lui accorde généralement. Or, à cet égard, deux reproches graves avaient été anciennement dirigés contre les toitures en zinc. D’une part on avait paru redouter la combustibilité de ce métal et voir dans son emploi un danger d’incendie. D’une autre part quelques observations, isolées il est vrai, auraient pu inspirer des doutes sur la bonne qualité des eaux pluviales recueillies à la surface des toitures en zinc.
Sur le premier point, le Conseil de salubrité de la Seine, saisi de la question, avait hésité à la résoudre; l’expérience est venue heureusement dissiper toutes les craintes. Un ancien chef des sapeurs pompiers de la ville de Paris, M. le baron de Plazanet de concert avec M.Cagniart de Latour, a soumis à des épreuves décisives les couvertures en zinc. Ayant fait mettrele feuà une barraque en bois recouverte de ce métal et qui avait été remplie de fagots afin de produire une forte chaleur, ces juges si compétents n’ont l ien remarqué qui pût être nuisible en cas d’incendie. Des sinistres considérables sont venus à plusieurs reprises donner à ces expé- “• k 5
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riences la plus éclatante confirmation. En lHhh à la Guadeloupe, dans la ville de la Basse-Terre, après avoir dévasté une longue ligne de maisons, le feu s’était communiqué à un chantier de bois, contigu à une maison couverte eu zinc qui fut la seule préservée des flammes; en 18/19, dans l’incendie du Bazar Bonne-Nouvelle, le commandant Terchou ayant fait découvrir plusieurs parties de la toiture pour éteindre les pièces de bois enflammées, eut lieu de constater que les lames de zinc formant la couverture n’étaient pas entrées en fusion, malgré la chaleur intense du foyer de l’incendie, et que des propriétés voisines également couvertes en zinc avaient été complètement préservées. Enfin des expériences faites il y a plusieurs années, à Liège, ont donné exactement les mômes résultats. Il est donc permis de conclure que le zinc n’offre aucun danger particulier pour le cas d’incendie.
Quant aux propriétés nuisibles qu’acquerraient les eaux pluviales recueillies à la surface des toitures de zinc, les faits cités à cet égard par un ingénieux observateur, M. Boutignv, ne se sont pas confirmés et doivent être considérés comme absolument exceptionnels, et dus, sans doute, à quelque circonstance particulière et fortuite. L’expérience, si répandue aujourd’hui des couvertures de zinc, a surabondamment démontré ce que la théorie permettait de prévoir, c’est-à-dire l’innocuité des eaux qui ont coulé à leur surface et dont on fait usage, sans aucun inconvénient, dans une foule de localités. Bien n’est, d’ailleurs, plus facile à comprendre, si Ton considère qu’il se forme très rapidement, sur le zinc exposé à l’air, une couche de sous-oxyde tout à fait insoluble qui, suivant la remarque de Berzelius, ne se dissoudrait qu’avec une lenteur extrême dans les acides, et seulement à la chaleur de l’ébullition. Cette espèce de patine, déposée à la surface des lames de zinc et qui, comme l’ont constaté Darcet et Berthier, acquiert une densité considérable et donne au métal une inaltérabilité presque complète, s’oppose d’une manière absolue à ce que l’eau qui est en contact avec lui s’y charge de quelques principes nuisibles. Ce que nous venons de dire des toitures s’applique en tout aux gouttières pour lesquelles le zinc est exclusivement adopté aujourd’hui et a définitivement remplacé le plomb.
2° Les mêmes considérations doivent faire considérer comme d’un très bon emploi hygiénique les citernes et réservoirs en zinc. Déjà leur usage est extrêmement répandu en Angleterre, et les bons effets qu’on en a obtenus, comparés aux accidents auxquels
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ont trop souvent donné lieu les réservoirs en plomb, ne permettent pas d’hésiter à leur donner la préférence. Nous tenons de M. Barreswil, qui consacre aux développements et aux progrès de l’industrie une si rare sagacité et une science si profonde, que pendant tout un été il a habité une maison de campagne des environs de Paris, où l’on faisait usage d'une eau puisée dans un réservoir en zinc, et apportée dans des vases également en zinc. Cette application doit amener inévitablement la substitution du zinc au plomb pour les tuyaux et les conduites d'eau. Quelques difficultés pratiques dans la pose et la soudure ont pu seules les retarder. Cependant, les nouvelles recherches de Palmer et l’étude à laquelle se livre M. Mille, l’habile ingénieur des eaux de la ville de Paris, doivent hâter la solution de cette question ; et il est permis de penser que le zinc qui est employé pour emporter l’eau hors des habitations servira bientôt aussi à l’y conduire. On sait qu’il sert utilement dans la construction des pompes et qu’aucun métal n’est préférable pour celle des baignoires .
3° L’un des usages les plus considérables et les plus importants du zinc qui intéresse au plus haut degré l’hygiène navale est l’emploi qui en a été fait depuis plusieurs années déjà pour le doublage des navires. Des expériences entreprises sur la plus grande échelle dans les principaux ports, et suivies avec la plus scrupuleuse attention par les hommes les plus compétents, ont montré que ce métal offrait toutes les conditions de solidité, de durée et d’inaltérabilité désirables. Le perfectionnement de la fabrication des clous et des chevilles en zinc a rendu plus facile cette application, qui est destinée à faire disparaître les inconvénients du doublage en cuivre, si défectueux et si facilement attaquable, comme on sait, dans certaines stations navales.
k° Le zinc paraît avoir moins d’avantages pour la confection des vases et ustensiles d’économie domestique. Ce n’est pas que pour cet emploi il ne puisse être utilisé, et qu’on n’en ait singulièrement exagéré les inconvénients.
S’il n’est pas, plus que les autres métaux, exempt de dangers, lorsqu’il est en contact avec des acides ou des substances grasses, surtout à une température élevée, comme dans les opérations culinaires, il s’en faut qu’il expose à des accidents aussi graves que les autres (1). Mais, dans un très grand nombre de cas, il peut être,
(1) Nous devons réparer ici une erreur de fait qui s’est glissée dans notre article
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el il «a été employé avec une entière sécurité. Aussi doit-on , aujourd’hui , se garder également d’un engouement absolu et d’une répulsion systématique à l’égard de cet emploi du zinc, qui peut rendre tant de services. En rejetant ce métal, pour la confection des casseroles, des brocs, ou tonneaux à vin, à cidre, à vinaigre, des récipients d’eau minérale, on peut l’admettre pour transporter l’eau ou le lait. Pour ce dernier emploi, en particulier, il est général en Angleterre, et s’est répandu, depuis quelques années, avec un plein succès, dans quelques unes des plus grandes exploitations agricoles de la Belgique et de la Normandie, où les ustensiles et barattes destinés à la conservation du lait et à la fabrication du beurre et du fromage sont exclusivement en zinc.
Pour ne laisser sur ce point aucune obscurité et ne pas compromettre, par des assertions téméraires, l’emploi bien entendu du métal dont nous parlons, nous croyons utile de donner ici les résultats d’expériences poursuivies avec une grande persévérance par M. Sehauefèle, et qui ont été confirmés dans plusieurs circonstances, par des faits dus aux observateurs les plus dignes de foi, et notamment à M. Payen et à M. Chevallier. Dans le travail dont nous voulons parler, on a soumis le zinc à l’action de l’eau-devie, du vin, de l’eau de Heurs d’oranger, du vinaigre, de l’huile d’olive, du bouillon maigre, du bouillon gras, du lait, de l’eau commune, de l’eau distillée, de l’eau de Sellz, de l’eau salée.
Ces expériences ont démontré : Que l’eau-de-vie en contact avec le zinc contient des traces de ce métal dès le premier jour, et que vers le septième elle en contenait une quantité asseznotable ;
Que le même liquide tenu dans un vase de fer galvanisé renfermait des traces de zinc vers le deuxième jour, et que la quantité de ce métal était très appréciable vers le huitième jour ;
Que le vin placé dans des vases de zinc et de fer galvanisé attaque ces vases, et qu’il contient après vingt-quatre heures des quantités notables de zinc;
Qu’il en est de même pour l’eau de fleurs d’oranger ;
Que le vinaigre est de tous les liquides celui dans lequel la présence du zinc a été la plus forte dans les deux sexes, même au bout de vingt-quatre heures ;
Que dans l’huile d’olive fraîche on n’a pu constater la pré-
Pi-omb, p. 151. En parlant d’un empoisonnement produit par des tuyaux destinés à pomper du vin, nous avons signalé un cas de mort qui heureusement n’a pas eu lieu. Les individus malades par suite de cel accident ont tous guéri.
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sence du zinc, même après quinze jours de contact, soit qu’on eut employé des vases de zinc, soit qu’on eût fait usage de vases de
fer galvanisé;
Qu’après vingt-quatre heures de contact, le bouillon maigre qui avait été placé dans des vases de zinc et de fer galvanisé renfermait du zinc;
Que le troisième jour le bouillon maigre contenu dans le vase en fer galvanisé donnait par les réactifs une plus grande quantité
de zinc;
Que vers le quatrième jour, le bouillon gras renfermé dans les vases de zinc et de fer galvanisé contenait du zinc en proportion sensible ;
Que quarante-huit heures après le commencementde l’opération on a accusé, dans du lait contenu dans les vases de zinc e't de fer galvanisé, une quantité appréciable de zinc ;
Que l’eau commune contenue dans le vase de fer galvanisé n’a présenté que des traces bien faibles de zinc au bout de treize jours ;
Qu’il y avait absence totale de ce métal dans l’eau mise dans le vase de zinc, ce qui est en opposition avec les expériences de M. Boutigny ;
Que l’eau distillée renfermée dans les deux vases de zinc et de fer galvanisé contenait des traces de zinc dès le cinquième jour;
Que l’eau de Seltz renfermée dans le vase de zinc contenait, vingt-quatre heures après l’opération, du zinc dont la quantité devint notable deux jours plus tard;
Que l’eau de Seltz en contact avec le fer galvanisé contenait, dès le premier, une assez forte quantité de zinc ;
Que l’eau salée contenue dans les vases de zinc et de fer galvanisé a fourni une quantité notable de zinc après vingt-quatre heures de contact.
Après quinze jours de contact, M. Scbauefèle a cherché à déterminer les quantités d’oxyde de zinc contenues dans un litre de chacun de ces liquides filtrés et clairs. Voici les résultats qu’il a obtenus :
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Liquide retiré
Liquide retiré
Noms «les liquides.
du vase de zinc.
du vase de 1er gulv.
Eau-(lc-vie
Vin
Eau de Heurs d’oranger. . .
Vinaigre
Bouillon gras
Bouillon maigre
Lait
Eau salée
Eau de Seltz
Eau distillée
des traces.
Eau commune
des traces.
Huile d’olive
rien.
Ces données méritent une très sérieuse attention, mais ne doi-
9 ' ’ * vent pas détourner de l’emploi des vases et ustensiles de zinc dans
les cas spéciaux que nous avons signalés.
Il faut ajouter à ceux-ci la mention d’un petit appareil très usité aujourd’hui et qui n’a jamais produit le moindre accident; nous voulons parler du fausset hydraulique de Bélicard, qui sert «à empêcher l’entrée de l’air dans les fûts entamés et qui est construit en zinc.
5° On a attribué aux fils de fer zingué qui servent à ficeler les bouchons de vin de Champagne, des accidents observés chez les ouvriers employés à ce travail ; et qui, suivant MM. Landouzy et Maumené de Reims , auraient été produits par de la poussière d’oxyde ou de carbonate de zinc formé à la surface de ces fils. Ces faits, purement accidentels et dont toutes les circonstances sont loin d’être éclaircies, ne se sont pas reproduits dans les mêmes localités lorsque les ouvriers ont fait usage des fils zingués non altérés. Aussi ne peut-on admettre que l’usage de ficeler les bouteilles de cette mauière puisse offrir des dangers pour les consommateurs.
6° Mais sans attacher à ces faits plus d’importance qu’il ne convient, nous devons signaler d’une manière générale les inconvénients du fer dit galvanisé , qui n’est autre chose que du fer trempé dans un bain de zinc. Le contact des deux métaux, leur inégale dilatabilité amènent une altération plus facile des surfaces, et en rendent les applications beaucoup moins avantageuses à tous égards que celles du zinc pur.
7° Les feuilles de ce métal employées dans les constructions
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pour prévenir l’humidité, servent encore tout spécialement a faire des enveloppes tout à la fois très légères, très solides etd une inaltérabilité très précieuse pour les substances alimentaires à bord des navires ou dans les convois militaires, telles que boîtes à calé, à sucre, à thé et à conserves de diverses natures, formes pour le sucre raffiné, etc.
La perforation des plaques de zinc très usitée en Angleterre en étend singulièrement les applications. Elles servent en effet sous cette forme à faire soit des carreaux de ventilation et des espèces d’écran contre la trop vive lumière et la chaleur, soit des tamis,
des fdtres et des garde-manger.
8° Enfin les objets de fonte se prêtent parfaitement pour la plupart à l’emploi du zinc; et il y a à cette application plus d’un avantage au point de vue de l’hygiène. Ainsi, d’une part, ce métal peut remplacer les alliages de plomb avec l’étain et l’antimoine. Déjà on a pu produire des clichés et des caractères d’imprimerie en zinc d’une grande netteté : et si l’on songe aux accidents qui ont été observés chez les fondeurs en caractères et chez les imprimeurs typographes, on comprendra l’intérêt qu’il peut y avoir à cette substitution. D une autre part, la tonte de zinc se lait dans des matrices de métal, et dispense par là de l’emploi des moules de sable dont la confection ajoute de si puissantes causes d insalubrité à la fonderie de cuivre et de bronze. Déjà des objets d’art et de luxe fabriqués en zinc ont montré ce que l’on pouvait espérer de cette industrie encore si neuve.
Emploi de l’oxyde de zinc. — Si des usages du zinc métallique nous passsons à ceux de l’oxyde de zinc, nous trouvons de bien plus graves raisons pour considérer l’emploi de cette substance comme l’une des plus précieuses conquêtes que l’industrie ait faites dans l’intérêt de la santé et de la vie des hommes. En effet, il n’est pas un seul cas où le blanc de zinc ne puisse remplacer la céruse. Tout est dans ce mot ; puisque c’est le contrepoison mis partout à la place du poison le plus dangereux. Nous nous contenterons d’en citer les principales applications :
1° En première ligne, il convient de placer le système de peinture dont le blanc de zinc forme la base et que l’hygiène ne saurait trop préconiser. La question industrielle et artistique peut être considérée comme définitivement jugée; et l’expérience non moins que les plus hautes approbations en a assez montré l’excellence pour (jue l’on puisse, sans arrière-pensée, faire ressortir
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dans toute sa grandeur l’importance du progrès hygiénique qu’a réalisé l’introduction de la peinture au blanc de zinc. Nous ne pouvons nous dispenser de citer la lettre ministérielle qui en a consacré l’emploi.