‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 14 sur 130 · PLANTATIONS · texte numérisé non relu

PLANTATIONS

de leur progéniture. Cette progéniture, retenue ensuite pendant un certain temps dans ces ruisseaux propagateurs, ne serait admise à en franchir les grilles que lorsqu'elle pourrait suffire aux besoins de sa propre conservation.

Quant aux crustacés marins, la France possède, sur le littoral de la Méditerranée, d’immenses lagunes salées où les femelles de ces animaux pourront aussi être parquées jusqu’au moment de l’éclosion de leurs œufs, qu’elles portent sous la queue comme les écrevisses. Si l’expérience réussit, et que les jeunes provenant de ces éclosions prennent sur place un accroissement suffisant, on les engraissera dans ces vastes parcs. Si, au contraire, les conditions ne leur sont pas favorables, on leur laissera la liberté d’aller au large chercher un autre milieu et peupler nos côtes.

Mais cet usage ne sera pas le seul auquel les lagunes puissent être consacrées. Les poissons de mer s’y plaisent trop pour qu’on ne se préoccupe pas des moyens de les y multiplier, soit par les fécondations artificielles, soit par le transport de 1 alevin de certaines espèces. En favorisant la réalisation d’une semblable entreprise, 1 État aura créé, au bout de peu d’années, des viviers de beaucoup plus îiches que les piscines artificielles que creusèrent à si grands frais les Romains dans le golfe de Naples ; piscines parmi lesquelles cependant celle de Lucullus ne produisit pas moins de Zi, 000, 000 de sesterces, dans une vente à laquelle présida Caton d t tique, en qualité de tuteur du fils de cet épicurien fameux. Le soin et la garde de ces immenses réserves seront confiés aux douaniers qui font le sei\ice de nos côtes, et n’entraîneront, par conséquent, aucune dépense nouvelle que celle qu’exigera l’empoissonnement des eaux.

Pendant qu’on prendra les mesures qui doivent assurer la multiplication des poissons marins, on sera naturellement conduit a chercher les moyens de les livrer à la consommation à un prix assez modéré pour qu’ils puissent aller, même dans les contrées les plus éloignées du lieu de production, concourir à améliorer 1 alimentation des classes laborieuses. Vous trouverez sur cette question, monsieur le ministre, des documents d’une grande importance dans les piatiques auxquelles on se livre, de temps immémorial, sur les bords de la lagune de Comacchio , dont les eaux sont sans cesse rafraîchies par le flux et le reflux de I Adriatique. Là, une population de près de quatre cents hommes, enîégimentés et soumis à une sorte de discipline comme sur un vaisseau, est occupée, durant toute l’année, aux soins de la pêche, à faire subir aux poissons certaines préparations qui permettent de les conserver assez pour les transporter dans toutes les parties de l’Italie, où ils deviennent l’objet d’un grand commerce.

U serait donc utile de connaître les procédés à l’aide desquels on y obtient ce dernier résultat.

Veuillez agréer, monsieur le ministre, l’assurance de ma considération la plus distinguée. *

Coste, membre de l’Institut , professeur au collège de France.

PISCWES. — Voy. Eaux minérales.

PLANTATians. — Parmi les moyens d’assainissement des leux habiles par de grandes agglomérations d’hommes , il n’en °st. [){ls <1(î P,uf généralement admis que les plantations d’arbres qm occupent à ce titre une place considérable dans la salubrité!

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