‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 15 sur 130 · PLANTATIONS · texte numérisé non relu

PLANTATIONS

W,iis (Mi même temps il est bon d’ajouter que l’on s’est fait à l’égard e lem mode d action les idées les plus fausses, et que les erreurs ( s plus gi aves ont été accréditées sur ce point par les hygiénistes eux-mêmes; à tel point que, par la fausseté des explications , on a ete conduit a contester le fait lui-même, ou tout au moins à en amoindrir 1 importance. Il n’est pas inutile de rétablir ici les choses sous leur vrai jour. Nous l’avons déjà tenté en parlant des plantations dans les lieux d’inhumation. Nous pouvons le faire ici avec une bien autre autorité en reproduisant quelques passages du beau travail de M. Chevreul sur l’hygiène des cités populeuses, ou le rôle des arbres plantés dans les villes est si largement et si justement apprécié.

L illustre chimiste considère comme le moyen le plus efficace de prévenir l’infection du sol des villes et d’assainir un terrain infecté par 1 infiltration des matières organiques, les plantations d’arbres faites avec intelligence quant à leur nombre, à leur distribution dans I intérieur de la ville, au choix des espèces relativement aux lieux, et aux dispositions à prendre pour que les racines puissent, en s etendant dans la terre , y puiser la nourriture nécessaire aux besoins de la végétation , sans être jamais exposées à trouver des principes délétères ou des couches absolument privées d’oxygène atmosphérique.

«Avant de faire une plantation d’arbres d’une espèce déterminée, dans un lieu donné , il faudra être sur que l’exposition leur conviendra , que leurs racines auront l’espace convenable en superficie et en profondeur, pour s’étendre sans nuire aux fondations des maisons et aux murs des égouts. D’après ces considérations , on est conduit à ne point planter d’arbres trop près des maisons, ainsi qu’on l’a fait sur des boulevards de Paris.

» Enfin , d’après ce qu’on sait de l’influence des arbres pourvus de leurs feuilles et frappés par le soleil pour restituer à l’atmosphère l’oxygène qu’elle a perdu, je dois dire la part que j’attribue aux plantations d’une ville sur la purification de l’air de cette ville: à mon sens, elle est excessivement faible, par la raison que, lorsque l’oxygène se dégage sous l’influence de la lumière , il doit s’élever dans l’atmosphère, et non en gagner la région inférieure.

» Si l’utilité des arbres pour prévenir la dénudation des terrains en pente , atténuer les effets des pluies d’orage ou des pluies nuisibles par leur continuité, est incontestable, elle ne 1 est pas moins

PLOMB

dans les cites populeuses, pour combattre incessamment l’insalubrité produite ou sur le point de se produire par les matières organiques et la trop grande humidité du sol. Les racines ramifiées a l'infini , enlevant à la terre qui les touche l’eau avec des matières organiques et des sels que ce liquide tient en solution, rompent l’équilibre d’humidité des couches terrestres; dès lors, en vertu de la capillarité , l’eau se porte des parties terreuses les plus humides à celles qui le sont le moins en raison de leur contact avec les racines, et ces organes deviennent ainsi la cause occasionnelle d un mouvement incessant de l’eau souterraine, extrêmement favorable à la salubrité du sol. Pour apprécier toute l’intensité de 1 effet que les végétaux sont alors capables de produire, je rappellerai que Haies , dans une de ses expériences, observa qu’un soleil ( hchanthus cinnuus) transpira en douze heures une livre quatorze onces d eau ; et j’ajouterai que, dans une expérience que je lis au Muséum d histoire naturelle, en juillet 1811, conjointement avec MM. Desfontaines et Mirbel, sur une plante de la même espèce, de ln,,80 de hauteur, dont les racines plongeaient dans un pot vernissé et couvert d’une feuille de plomb qui donnait passage à la tige, 1 eau dissipée par une transpiration de douze heures s éleva à 15 kilogr. Il est vrai que, d’heure en heure, on avait soin de ramener la terre du pot au maximum de saturation d’eau.

, * v0^ fl°nc comment les eaux qui pénètrent de l’extérieur

à I intérieur du sol avec les matières organiques altérables et des matières salines , se trouvent dans la belle saison sans cesse souluccs par les végétaux, qui en répandent la plus grande partie dans l’atmosphère, après en avoir fixé une portion comme aliment avec les matières organiques et les sels quelles tenaient en solution. »

Loy. Assainissement, Habitations, Inhumation.

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