‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 29 sur 130 · VII. Morts-nés · texte numérisé non relu

VII. Morts-nés

Une dernière question qui se rattache à celles que nous venons d’exposer, et qui intéresse, quoique moins directement, l’hygiène publique, est celle des tables de mortalité. JM. Villermé, dans un

récent ti avait, a posé les vrais principes qui doivent présider à leur rédaction.

Les tables de mortalité doivent faire connaître combien sur un nombre donné de personnes dont l’époque de la naissance est certaine, il en est mort, et il en existe encore à chacun des différents âges. Par conséquent, les tables de mortalité sont aussi des tables des probabilités de la vie.

En effet lorsqu elles s’appuient sur des quantités assez considérables d observations exactement recueillies, on en peut déduire, pour les individus de chaque âge, la probabilité de vivre encore un an, dix ans, plus ou moins, comme celle de mourir clans les mêmes espaces de temps. Ainsi, d’après la nouvelle ta- Ide que M. Quetelet a rédigée pour l'époque présente, sur 1 000 entants nés vivants en Belgique, 150 meurent dans le cours de la première année, 212 avant l’âge de 2 ans révolus, 242 avant

, ans;,da0,l ’’ resulte 1ue 850 arrivent à l’âge de 1 an, 788 à 2 ans, /o8 a 3 ans etc. Il y a donc 17 chances contre 3 que I eniant qui vient de naître en Belgique, vivra au moins 1 an • et 3 contre 17, qu ,1 cessera de vivre avant 1 an révolu ; un peu morns de lo contre 4, qu'il atteindra l’âge de 2 ans ; ou 4 contre un peu moins de lo, qu’il mourra auparavant, etc. Il résulte de

lable, ,la M’ '^lelet que, en Belgique, le quart de en Lis succombent avant l’âge de 4 ans; le tiers, à 14 ans; la moitié entre 41 et 42 ans ; les trois quarts, entre 67 et 68 ans.

i ne s agissait pas d enfants qui viennent de naître l’esné rance ou la probabilité de vivre encore serait trouvée plus granl:

car la moitié des individus de 5 ans, âge où celte probabilité est à son maximum, parvient à 58 ou 59 ans. Il s’ensuit qu'ils peuvent espérer de vivre encore 63 ou 5/i ans, au lieu de U\ à /j2, comme pour les nouveaux-nés.

Ajoutons que la vie probable s’accroît continuellement de la naissance a 5 ans, pour devenir ensuite de plus en plus courte, à mesure qu’on s’éloigne de cet âge ; et que le danger de mourir dans le cours d’une année diminue delà naissance à 13 ans, puis s’accroît jusqu’au terme de la vie. Enfin ce danger est le même ou à peu près, pour l’enfant de 0 d’âge à 1 an que pour le vieillard de 80 ans.

Telle est, selon M. Quételet, la loi actuelle de la mortalité en Belgique. Nous devons l’admettre pour la population entière, mais on ne saurait jamais la faire servir à calculer l’époque de la mort d’une personne considérée isolément. Tout ce qui est possible, c’est, comme nous venons de le voir, de dire, pour un très grand nombre d’individus de chaque âge, dans quelle proportion ce nombre sera probablement diminué d’ici à 1 an, à 2 ans, à 3 ans, etc.

Mais, quels que soient, à un moment donné, les résultats d’une table de mortalité, dans tous les pays, les privations, les fatigues, augmentent le nombre des décès, et l’abondance des choses nécessaires à la vie, la facilité de se les procurer, le diminue. 11 est aussi dès causes éventuelles, comme une intempérie des saisons, un fléau naturel ou politique, qui non seulement accroissent beaucoup la proportion des morts, mais encore celle des mariages et des naissances. Enfin, parmi toutes ces causes, il en est qui frappent plus particulièrement certains âges, et changent ainsi, durant une période plus ou moins longue, les rapports ordinaires de ces âges avec les autres âges, et par conséquent avec la population totale.

En résumé, il ne suffit pas que ces tables donnent exactement la loi de la mortalité à l’époque de leur rédaction, il faut aussi qu’elles conviennent au temps pour lequel on les adopte plus tard. Or des variations successives et très notables, observées à d’assez courts intervalles dans la mortalité d’un grand nombre de villes ou pays, ne permettent pas de se servir, comme on le fait chez nous pour des opérations financières, de tables dont tous les éléments datent de soixante ans. On devrait du moins se bien assurer auparavant qu’elles expriment, ou à peu près, la

mortalité actuelle. A plus forte raison , quand une révolution comme celle do 1780, a profondément modifié le corps entier des

institutions, et changé l'état matériel, moral et politique de toute la nation. J

Ajoutons que certaines conditions particulières viennent encore compliquer les calculs que l'on peut faire sur ces tables de mord île Nous citerons, comme offrant à cet égard des difficultés toutes spéciales, les problèmes relatifs à la mortalité proportionnelle des differentes professions, notions jusqu'ici négligées et

cependant fondamentales pour établir toute association ouvrière ou de secours mutuels. ue

Nous bornerons ici cet aperçu très succinct sur les lois de la population, le mouvement des naissances et des décès et 1 s causes de la mortalité, en répétant que nous n’avons pas eu la n, ton lion d aborder les problèmes économiques et sociaux que celle grande question soulève, et qui ont été étudiés Dir f-„u ,r

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cherches sur la population de la France Le C°mplete* Paris- — Re-

deux sexes dans les naissances, par le professeur fh'V l i . ^ ^ Vapport dcs

of sciences, july 1829) De VelT-i i 1 Bakl,age(7^c Edmburq journal

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~ Notice sur le rapport des deux sexes dans (es Unwerselle> octobre 1829).

{Zeüung fur das gcsàmmte Medicinatwesen, février mn™ ’n*/ l°/Capituine Bickes duetton et la mortalité de l’homme aux d /Térèl \ ReCherclles sur repro-

Belgique , par MM. Quetelet et Éd. Smits. Bn.xelles 183^ “J ** V°pul('lio" * la dent ouvrage a l’Académie de médecine Inr ~,iapporl le précc ,

t. VIII, p. 459). - Sur la mortalité 1' ‘ * ^ et (le rnéd. Ira

peuples européens, considérée coZm^ cher la plupart &

par M: F;a,,cis (imiioth, de VZe s * , ^ "**«■ -

Grande-Bretagne, considérée principalement et rn '~ " populali°>' de la

agricoles , dans les districts manufacturiers et daZZ^T' ï™' ^ dütrie“ [Ann. d’hyg. et de méd. lég„ X,I p 217) dans le\Orandes villes , par ViHcrmé

royaume de Naples, par le docteur SaLore ' dT ReZ! mT' «r le

Recherches historiques et statisiinc, , L z (Ibid., (. XIII p 298)

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192 POTASSE, POTASSBUIKS.

naissances île l'homme, par \ iilermé (Ibid., t. V, p. 55), — Mémoire sur la mortalité en France dans la classe aisée et dans la classe indigente , par Villermé ( Mémoires de l'Académie royale de médecine. Paris, 1828, I. 1). — Essai d’arithmétique politique , par le c.oinle P. Balbo. J m in , 1829. — De la durée de la vie chez le riche et chez le pauvre, par M. Benoiston de Chateaunouf (Ann. d'hyg. cl de méd lég., t. 111, p.l).

De la mortalité dans les divers quartiers de la ville de Paris, et des causes qui la rendent très différente dans plusieurs d’entre eux , ainsi que dans les divers quartiers de beaucoup de grandes villes, par Villermé (Ibid., t. III, p. 294).— De la mortalité des enfants en llussie , par M. Herrmann (Ibid., p. 317). — De l’influence des saisons sur la mortalité à différents âges, par le docteur Lombard (Ibid., I. X, p. 93).

— De l’in fluence du mariage sur la durée de la vie humaine, par le docteur Casper (Ibid., t. XI V, p. 227). — De V influence des conditions physiques et morales sur la longévité, par le docteur Smith (Ibid., t. XV, p. 87). — Sur la durée probable de la vie de l’homme, par le docteur Casper, de Berlin. Berlin , 1835. — Essai statistique sur la mortalité du canton de Genève pendant l’année 1838, par le docteur Marc d’Espine (Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. XXIII , p. 1). — De la durée de la vie humaine dans plusieurs des principaux Etats de l’Europe, et du plus ou moins de longévité de leurs habitants , par M. Benoiston de Chateauneuf (Ibid., t. XXXVI , p. 241).

— Influence de l'aisance et de la misère sur la mortalité; recherches critiques et statistiques , par le docteur Marc d’Espine (Ibid., t. XXXVII, p. 323). — Notice statistique sur les lois de mortalité et de survivance aux divers âges de la vie humaine; sur la vie moyenne et la vie probable, par M. Marc d’Espine (Ibid., t. XXXVIII, p. 289). — Recherches statistiques sur la ville de Paris et le département de la Seine , publiées par ordre du préfet de la Seine. Paris, 1823 1844, 5 vol. in-4°. — Statistique des décès dans la ville de Paris (1809 à 1851), par Trébuchet (Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. XLII , p. 350, t. XLV, p. 336 , t. XLVI, p. 5 et 295, t. L, p. 336). — Statistique de la jiopulation de la France et de ses colonies, d’après les derniers recensements, par M. Boudin (Ibid., t. XLVIII, p. 241). — Statistique de la population de l'Europe, par M. Boudin (Ibid., t. XL1X, p. 126). — Observations sur leprincipe de population (Journal des économistes, juin 1853. Paris). — Comptes rendus des travaux des conseils d’hygiène et de salubrité , de la Seine, delà Seine-Inférieure, de la Gironde, des Bouches-du-Rhône, d’Indre-et-Loire, etc. — Considérations sur les tables de mortalité, par M. Villermé (Ann. d’hyg. et de méd. lég., 1854, 2' série, t. I).

PORCS, PORCHERIES. — Voy. Abattoirs, Charcuterie, Cheval, Équarrissage, Nourp.isseurs, Viande.

PORTEURS D’EAI!. — Voy. Eau.

POTASSE, POTASSER! ES. — Les fabriques de potasse ont été primitivement rangées dans la troisième classe des établissements incommodes, comme offrant très peu d’inconvénients, et cependant depuis une vingtaine d’années, de nombreuses réclamations ont appelé sur elles l’attention de l’autorité administrative et des conseils de salubrité. C’est qu’en effet, aux premiers procédés d’extraction qui consistaient simplement à lessiver une matière contenant la potasse mêlée à d’autres substances insolubles et concentrer ensuite la lessive, sont venus s’ajouter d’autres

POUDHE-COTON. 193

modes de fabrication , dont les effets pouvaient être considérés comme insalubres ou tout au moins comme très incommodes. Nous voulons parler de la calcination des résidus de la distillation de la mélasse, industrie qui constitue avec les distilleries d’alcool une annexe importante de la fabrication du sucre indigène.

Aussi est-ce surtout dans le département du Nord que ces potasseriesse sont multipliées, et ont fourni au savant conseil d’hvgiéne de Lille un nouveau sujet d’observations persévérantes et d’ingénieuses prescriptions.

Dans les résidus de la distillation de la mélasse, la potasse existe combinée a beaucoup de substances organiques qu’il faut détruire par la calcination. Ce mode d’opérer offre beaucoup d’analogie a\ec la fabrication des cendres gravelées qui figurent dans la première ou dans la seconde classe, selon que les gaz produits par la calcination se dégagent de la cheminée avant ou après leur combustion. C est aussi contre le dégagement de ces gaz dans les potasseries que doivent être dirigées les prescriptions qui forment la base des autorisations. On doit en conséquence recommander expressément la calcination à vases clos ; les ouvreaux pratiqués dans le four de calcination pour faciliter la combustion et prévenir les explosions; la conduite des vapeurs oxygénées par des tuyaux souterrains qui arriveraient à JO centimètres environ audessus de la grille , soit dans un fourneau , soit mieux encore dans le générateur de la distillerie ; enfin l’élévation de la cheminée «à 33 mètres au moins au-dessus du sol.

1 oij. Cendres gravelées, Produits chimiques.

poudre, La fabrication de la poudre de guerre, concentrée dans les mains de l’État, et sous la direction du corps de 1 artillerie, n’intéresse la salubrité qu’en raison des dangers d’ex, plosion qu’elle peut présenter. La disposition des poudreries et les précautions du même ordre que celles qui ont été indiquées oi sque nous avons parle des matières fulminantes, peuvent seules prévenir ces dangers. Les magasins à poudre doivent être soumis »'x mêmes formalités que les fabriques. Le conseil de salubrité lu Nord a eu à réclamer ce classement.

POUDRE-COTON. --Le coton-poudre ou fulmi-coton, d’in- ^en ion recenle, n’a pas reçu les applications que semblait prom ie cette découverte. Les inconvénients moins peut-être en- J11 * ( s dangeis de la fabrication et de la conservation de 111 ' 13

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