PRODUITS CHIMIQUES (FABRIQUES DE
cette substance spontanément inflammable , l’ont fait justement abandonner. Il est bon cependant de ne pas perdre le souvenir des graves accidents auxquels, durant sa courte existence, a donné lieu la poudre-coton. C’est en Angleterre surtout que l’on a eu il déplorer des explosions partielles, et la destruction même de manufactures entières. A Vincennes, du chanvre traité par l’acide nitrique et enfermé dans des tonneaux s’est enflammé spontanément et avec explosion.
FOIDKIS FULMINANTES. - Voy. FULMINATES.
POUDBETIE. — Voy. Voiries.
PRlSOJAS. — Voy. Pénitentiaire ( régime ) .
PRODUITS CHIMIQUES (FABRIQUES DE). — Sous j le nom de fabriques de produits chimiques, qui n’est pas textuelle- j ment mentionné parmi les établissements insalubres et incommo- J des, on comprend un grand nombre d’usines dans lesquelles sont ' préparés les produits les plus divers, et par conséquent des industries variées dont les unes sont classées et dont les autres, ne l’étant pas encore, sont souvent l’objet des délibérations des con- i seils d’hygiène et des décisions des autorités locales. On comprend qu’il soit impossible d’indiquer, même d’une manière générale, et, J à plus forte raison , de catégoriser tous les produits chimiques, i mais il est des principes qui peuvent être rappelés ici et guider les membres des conseils et les administrateurs, dans les cas I nouveaux qui pourraient se présenter. Parmi les produits chimiques, les uns sont déjà classés, et pour les autres il sera le plus! ordinairement facile de trouver des analogies, plus ou moins directes, qui serviront de bases à un classement rationnel.
Sans prétendre à une énumération complète, nous signalerons comme plus particulièrement comprises parmi les fabriques de produits chimiques , les fabriques d’acides minéraux , acides sulfurique, chlorhydrique, nitrique, eau régale, potasse, soude, sels alcalins, sulfate de soude, crème de tartre, prussiale rouge et ] jaune de potasse , chlorure de chaux , eau de javelle , phosphates calcinés, sels ammoniacaux, sulfate et acétate de fer, chlorure d’étain, corps simples et composés, préparations de laboratoire, corps gras, acide stéarique, huiles et corps gras extraits des eaux savonneuses des fabriques, couleurs à l’huile, mortier métallique,
huiles
pyrogonees
rj.0 , ‘iidnits métalliques à l’huile de lin , au gou-
dron et aux huiles pyrogénées, huile éthérée pour l’horlogerie et les armes, soude métallique pour peinture et mastic, diverses préparations onctueuses servant à lubrifier les machines, wagons locomotives, préparation pour empêcher les incrustations des machines à vapeur, matières tinctoriales, etc.
Quelques unes de ces désignations essentiellement incomplètes mais employées par certains industriels, exigent des éclaircissements que la sagacité des conseils ne manquera pas de rechercher , et des appréciations que leur suggérera chaque cas particulier. Ce que l’on peut dire seulement d’une manière très générale, c’est que dans les fabriques de produits chimiques, c’est «à la dispersion des vapeurs toxiques irritantes eu simplement fétides qu’il importe de s’opposer, condition principale qui sera obtenue, tantôt par l’emploi des vases clos et la fermeture hermétique des appareils, l’élévation des cheminées de dégageant; la combustion des vapeurs et des gaz nuisibles que l’on ramène dans les générateurs, l’écoulement des eaux ou leur absorption dans des puisards souterrains, enfin l’enlèvement rapide des résidus susceptibles de décomposition.
Nous ajouterons une dernière considération très importante non seulement au point de vue industriel, mais encore au point de vue de la salubrité : nous voulons parler de l’utilisation des produits C’est là une règle capitale dans les fabrications dont nous parlons’ et l’on peut, citer en exemple à cet égard le magnifique établis ’ sement du savant M. Kuhlmann, de Lille, où toutes les vapeurs qui se dégagent de la fabrique d’acide sulfurique servent à former de nouveaux produits, en passant à travers des appareils exactement fermes: il ne s’exhale aucun gaz nuisible, aucune odeur insalubre ou incommode. Du reste, un grand nombre de fabriques de produits chimiques ne sont que des annexes d’autres usines les fabriques de sels ammoniacaux près des voiries celles d acides sulfurique, chlorhydrique, de soude, sulfate de soude, chlore, chlorure, près des salines ; l’extraction des corns
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PHOsmuxiojv. - En étudii
•ml la prostitution au point
de vue de l’hygiène* publique , nous n’adopterons pas le sens restreint du mot prostitution tel qu’il a été accepté par Parent-Duchâtelet. Cet auteur, en effet, s’occupant des prostituées de la ville de Paris, n’a entendu parler que de ces femmes qui, par un concours de circonstances et par des habitudes scandaleuses hardiment et constamment publiques , forment cette classe particulière de la société, que l’administration suit et surveille avec le plus grand soin. Le mot prostitution sera employé, ici , dans son sens le plus large, le plus étendu : il doit s’appliquer à l’état de ces débauchées qui , placées sous l’action de la police, tolérées par elle, ne se livrent point à d’autre métier, ainsi qu’à l’état de ces femmes qui, tombées moins bas dans l’opinion publique, entretiennent, en dehors du mariage, des rapports sexuels qu’elles changent à chaque instant, suivant leur caprice et leur intérêt. Ces deux conditions ne sont point aussi différentes qu’ elles le paraissent à la première vue, leurs conséquences pour la santé publique ont, d’ailleurs, exactement les mêmes résultats fâcheux; et, pour ne donner qu’une preuve que ce sujet doit être ainsi envisagé, nous nous bornerons à rappeler que tous les auteurs qui l’ont traité complètement ont divisé en deux espèces la prostitution en général, c’est-à-dire celle qui est autorisée, et cette autre, tout aussi funeste, qu’on a appelée clandestine.
Lorsqu’on cherche à évaluer, d’une façon approximative, le nombre des prostituées dans Paris ou dans les principales villes d’Europe, on est frappé de la tendance générale des auteurs à exagérer le chiffre de ces femmes.
line vieille tradition de la préfecture de police, qui était encore en vigueur au commencement de ce siècle, voulait que l’on portât •i 15 000 et même à 30,000 la quantité des prostituées avant la révolution; dans ce dernier nombre de 30,000, on comptait les femmes galantes de tout genre, les ouvrières faisant ressource de leur corps et les femmes de théâtre; les femmes publiques, notoirement connues pour telles, faisaient plus de la moitié de ce nombre , et de cette dernière classe, il y en avait de 9 à 10,000 qui trafiquaient dans les rues. 11 est lacile de voir, au premiei aperçu , qu’il règne beaucoup de vague et d’incertitude dans cette évaluation du nombre des prostituées avant la révolution. Cette tendance à exagérer le nombre des filles publiques se retrouu* également à Londres. Parent-Ducliàtelet rapporte que son ami
Guerry, dans un voyage qu’il lit en Angleterre, en 1834, recueillit pour lui quelques renseignements sur ce sujet. Un magistrat de police lui assure gravement qu’il n’y avait pas moins de 70,000 prostituées dans Londres, un autre magistrat réduisit ce nombre à 50,000, ce qui est, au reste, l’avis de l’illustre Colquhoun, autorité très compétente. A Paris, depuis que l’inscription à la police est devenue obligatoire pour toutes les prostituées, on a un docunu nt authentique qui iournit des données très précises. En 1832 on pouvait relever déjà, sur les registres de la préfecture de police’ 42,699 inscriptions. On a remarqué des oscillations considérables dans le nombre de ces malheureuses créatures : il s’accroît avec e bien-être et la tranquillité et subit une diminution considérable dans les temps de calamités publiques, de trouble ou d’épidémies. Par contre dans les mêmes temps de désastres, si la prostitution autorisée diminue, la misère fait accroître la prostitution clandestine. Entre les causes principales qui agissent sur les femmes pour les jeter dans le honteux métier de prostituées, il faut signacr la paresse, le désir de se procurer des jouissances sans travailer, qui fait que beaucoup de filles ne restent pas dans les places qn elles avaien t ou ne cherchent pas à en trouver ; la paresse et la nonchalance des femmes publiques sont devenues proverbiales La misere, poussée souvent au plus haut degré, est encore une des auses les plus actives de la prostitution. On rapporte ce fait, qui a du se renouveler assez souvent, qu’une de ces malheureuse" susceptible encore de sentiments honorables, lutta jusqu a la dernière extrémité avant de prendre un parti quille reoarda t comme extrême, et lorsqu’elle vint se faire inscrire, on acquit la preuve, que en avait pas mangé depuis trois jours. La vanité et d f1 de br,Her sous des habits somptueux, est, avec la paresse une des causes les plus actives de la prostitution, notamment à ai is. Ceux qui connaissent jusqu a quel point l’amour de la parure
peut-être chel el^rTiTT ’ apprécier0nt quelle
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attachent , puis le besoin de se cacher les amène a Parifr f 1“
j i o s s ib i 1 i fé 'de * * re^? tre r" d î i rTs ^eu^'p^yT'et^^
aune, elles sont promptement descendues à un tel degré
(I abaissement <|ue la prostitution devient pour elles, toutàla fois, une ressource et une nécessité.
loiile> les filles de province ne sont pas amenées à Paris de la même manière: beaucoup y viennent spontanément après une séduction ; la capitale est pour elles un refuge pour dérober leur déshonneur aux yeux de leurs proches et de leurs compatriotes, ainsi qu une ressource contre la misère. Des chagrins domestiques et les mauvais traitements que quelques filles éprouvent de la part de parents inhumains, sont, pour elles, le motif de leur détermination. Le [il us souvent, elles ont été chassées de la maison paternelle à cause de leur inconduite. Un long séjour dans un hôpital ou dans ces mauvais garnis qui reçoivent et logent les domestiques sans place, est encore, pour beaucoup de filles, la cause déterminante; c’est, en effet, dans ces lieux que rôdent sans cesse ces femmes odieuses qu’on appelle proxénètes , ou bien elles y entretiennent des agents qui les avertissent de tout ce qui s’y fait, et leur font passer des notes sur toutes les filles qui peuvent leur convenir. Il y a peu de différence entre ces dernières et celles que leurs amants délaissent dans Paris; mais, comme le font remarquer ceux qui sont au courant de tout ce qui concerne la prostitution, ces deux causes n’ont d’action que sur les filles dont la conduite est déjà plus que suspecte; car, pour celles qui sont véritablement honnêtes, elles trouvent toujours des personnes qui s’intéressent à elles, et qui leur procurent des places ou les moyens de retourner au pays. L’inconduite des parents et les mauvais exemples de toute espèce qu’ils donnent aux enfants doivent être considérés pour beaucoup de filles, et en particulier pour celles de Paris, comme une des causes premières de leur détermination. Les dossiers de chaque fille font sans cesse mention de désordre dans les ménages, de pères veufs vivant avec des concubines, des amants, de pères et de mères séparés, etc. Ainsi, la dépravation, l’insouciance, la position nécessiteuse de beaucoup de gens de la dernière classe, provoquent, ne préviennent pas ou ne peuvent empêcher la corruption des enfants; on peut dire, en général, pour un bon nombre de prostituées, ce que l’observation de tous les jours apprend à l’égard des autres malfaiteurs, c’est qu’elles ont, pour la plupart, une origine ignoble. On aura peine à croire que la prostitution ait été embrassée par certaines femmes comme moyen de remplir les devoirs que leur impose le titre de fille ou de mère : rien cependant n’est plus vrai, au dire de Parenl-Duchà-
telet. Enfin il est des filles qui se livrent à ce métier par suite d’un dévergondage insatiable qu’on ne peut expliquer chez elles que par l’action d’une maladie mentale; mais, en général, ces faits sont très rares.
Après rénumération de ces causes si nombreuses et si tristes, il vient une pensée consolante , c’est que la société, ne pousse personne dans ce monde de dépravation, les chutes y sont, à peu d exceptions près, volontaires ; elles ne doivent , en général , être imputées qu’aux mauvais penchants des victimes ou aux séductions de ces odieuses créatures qui spéculent sur le déshonneur et contre lesquelles on ne saurait trop sévir.
Les prostituées, une fois enrégimentées, sont liées par un contrat de fer; les victimes se débattent en vain sous son horrible étreinte : elles doivent à l’entreprise, leur santé, leur temps et leur corps. L’entreprise ne donne en échange que le vêtement et la nourriture. Les traits principaux du caractère des femmes publiques sont une mobilité d’esprit vraiment extraordinaire: rien ne peut les fixer, la moindre chose les distrait et les emporte; elles ont un amour exagéré de ce qu’elles appellent la liberté, ne voulant souffrir aucune contrainte, sans cesse voulant changer de résidence En général, elles ont très bien le sentiment de leur dégradation profonde et le mépris qu’elles ont parfois pour ellesmêmes dépasse celui que leur portent des personnes honnêtes. Elles font des projets et même des efforts pour sortir de leur état* mais le plus souvent tous ces efforts sont infructueux leur paresse les maintient dans la débauche. Si dans l’exercice de leur metier elles affichent la hardiesse et l’impudeur, il en est beaucoup qui, dans d’autres circonstances, mettent tous leurs soins à ne point paraître ce qu’elles sont. Les filles du plus bas étage ont habitude , de même que les soldats qu’elles fréquentent , de se tatouer. Jamais elles ne présentent ces dessins sur les parties du corps habituellement découvertes : c’est le plus souvent sur le haut des bras, au-dessous des mamelles et sur toute la poitrine quon les rencontre. Depuis un certain nombre d’années leur adreSSe sous le rapport de ce tatouage s’est singulièrement perfectionnée; elles ont trouvé le moyen de l’effacer, de sorte rm’en inscrivant un nouvel amant on efface le nom de celui qui aVé- ^erK ,eS f‘m!,loiei>t pour cela le bleu en liqueur, qui , ’est r„ T':?!^!!?.US.dfnS ,Je l'-i‘^ull'un,|ue. A l'aidé d’an pi„-
« ^nt '» Pe- maculée, l'épiderme s'eniéve e" !
avec
lui lu pai lie dechoriop sur laquelle avait été fixé le corps étranger colorant. Il ne résulte de celle petite opération (ju’une cicatrice légère, nullement difforme, un peu moins colorée que la peau environnante et légèrement ridée. Parent-Duchâtelet a pu constater, dans la prison des Madelonnettes, l'existence de quinze cicatrices sur les bras, la gorge et la poitrine d'une fille qui n’avait pas vingt-cinq ans. La gourmandise et le goût des liqueurs fortes peuvent être considérés comme une des habitudescaractéristiques chez ces femmes. Elles contractent de bonne heure l’usage des liqueurs pour s’étourdir, disent-elles, puis ce goût finit par les plonger le plus souvent dans le dernier degré de l’abrutissement.
On a expliqué par les abus alcooliques, les chants et les cris auxquels elles se livrent si fréquemment, le timbre de voix tout particulier que présentent tant de prostituées.
L’embonpoint de beaucoup de femmes publiques et leur brillante santé frappent tous ceux qui les regardent et qui les voient réunies en assez grand nombre. Cet embonpoint, en général, ne se montre guère chez elles qu’à l’àge de vingt-cinq à trente ans: on a cru pouvoir l’attribuer aux préparations mercurielles dont les prostituées font presque nécessairement usage dans le cours de leur existence, mais cette opinion ne mérite aucune croyance: il faut attribuer l’embonpoint souvent remarquable de ces femmes à la vie inactive qu’elles sont obligées d’avoir le plus souvent, ainsi qu’à leur nourriture abondante. Indifférentes pour l’avenir, mangeant sans cesse, et beaucoup plus que toutes les autres femmes du peuple qui travaillent péniblement, ne se levant qu’à dix ou onze heures du matin, comment, avec une vie aussi animale, n’engraisseraient-elles pas? S’il en est quelques unes qui restent maigres , c’est qu’il est des constitutions qui résistent à tous les moyens les plus propres à donner de l’embonpoint, et enfin, c est aussi que toutes les prostituées ne sont pas capables d’avoir tous les jours même le strict nécessaire. Ce sont ces dernières qui , lorsqu’elles sont soumises au traitement mercuriel dans les hôpitaux, sortent moins maigres qu’elles n’y sont entrées. D ailleurs, comme on l’a fait remarquer souvent, presque tous les prisonniers engraissent, par le seul fait de leur détention et de la régularité du nouveau genre de vie qu ils sont forcés de mener : on fait également cette remarque, même chez les condamnes à mort. La stérilité des femmes de mauvaise vie est passée en proverbe depuis bien longtemps, et c’est, en effet, une chose digne de remarque, la
prostitution diminue, chez celles (|iii s’y livrent, l'aptitude à mener à bonne tin une grossesse; cependant il semble démontré, par Pareil (-Duchâtelet , que les prostituées sont fécondées assez fréquemment , mais que leur genre de vie les dispose singulièrement aux avortements. Cette opinion est également celle de M. Serres, qui 1 a signalée après avoir observe, a la Pitié, un grand nombre d’avortements chez des tilles de dix-huit à vingt-cinq ans.
I) ailleurs, la menstruation chez ces femmes est fréquemment ii i egulièi e maigre leur bonne santé, attendu que bon nombre d’entre elles emploient divers moyens pour arrêter l’écoulement menstruel. Cependant il est de ces femmes qui se soutraient aux régies générales, et chez lesquelles, au contraire, la fécondité est i emarquable ; on pourrait en citer un assez grand nombre qui, tout en faisant leur métier, ont eu sept, huit ou dix enfants. En général, lorsqu’elles quittent leur profession, qu’elles se marient ou s attachent a un seul homme, dans ce cas, les grossesses se succèdent et les enfants qui en proviennent sont vivaces, tandis qu’il régné une mortalité considérable parmi les enfants des femmes qui vivent en prostituées.
Si nous envisageons la prostitution dans son ensemble et qu’on cherche a etudier les diverses espèces de femmes qui la pratiquent, on voit deux grandes' classes distinctes et qu’on désigne comme nous l’avons dit au commencement de ce travail - la prostitution autorisée et la prostitution clandestine. La prostitution autorisée comprend : 1= les lilles publiques qui sont renfermées dans les maisons de tolérance et sous la direction et la surveillance d une lemme a laquelle elles sont assujetties; 2" celles qui
mmn nTi'et #lwn,d°nnées * elles-mêmes, et qui ne rendent
pte de leur conduite qu’a l'autorité administrative et à ladministration sanitaire.
Comme on délivre aux lilles de la seconde catégorie une carte spéciale portant I indication des visites sanitaires quelles ont subies, elles se sont donné a elles-mêmes un nom particulier elcs s appellent filles en curies, par opposition aux autres qui’
" ,,fnt 1“ ,u" ,u'muro d’°rdre d»ns les maisons où elles se liouven , sont dites filles à numéro. Les maisons dites de tolérance
“r 1 CS fcmTS ,luxt'uelles >“ H‘ce accorde l’auto- ■ un necessaire pour 1 ouverture de pareils établissements Les femmes sont tenues de faire enregistrer dans les vingt-qu^o ares, au bureau de t’ollicier de paix attaché à l’attribution des
mœurs, toute prostituée qui se présenterait chez elles pour y être a demeure ou pour être logée séparément dans une dépendance de la maison. De même, lorsqu’une prostituée vient à quitter la maîtresse de maison, cette dernière est tenue d’en taire également la déclaration a 1’oflicier de paix dans les vingt-quatre heures. Ces obligations sont de rigueur.
Les dames de maison ont un livret divisé en deux parties: 1 une destinée à l’inscription des prostituées qui sont sous sa surveillance ou sa responsabilité; l’autre partie est destinée à 1 inscription des pensionnaires ou lilles libres qui ne viennent dans la maison qu’à certaines heures. Chaque page de la première partie est divisée en quatre colonnes : la première contient le nom et l’àge de la fille ; la deuxième la date de son entrée dans la maison ; la troisième est destinée à indiquer le jour auquel a été faite la visite sanitaire; la dernière est réservée pour constater le jour de son départ.
Les maîtresses de maison sont pour la plupart d’anciennes prostituées qui, vieillies dans le métier, s.ont souvent l’objet d’une violente haine de la part des lilles qu’elles dirigent, et qui leur servent souvent à faire des bénéfices considérables. Les prostituées ne reçoivent de la part de ces maîtresses aucun salaire, elles sont logées, vêtues et nourries; en quittant la maison elles restituent leur vêtement. Par des cajoleries astucieuses, les dames de maison mettent un soin tout particulier à faire contracter quelques dettes aux prostituées, afin de les mieux tenir sous leur dépendance et exiger d’elles toute la rigueur de leur service. En effet, jamais elles ne ménagent leurs femmes, il faut que ces créatures travaillent chez elles, suivant l’expression du métier, ou qu’elles aillent à l’hôpital. Jamais de repos, il ne leur est jamais permis de refuser une pratique. On a vu des dames de maison emplover des manœuvres indignes pour faire avorter des filles dont elles tiraient grand parti, et leur donner, pour cela, des drogues qui ont pu faire croire à des empoisonnements.
Pour connaître toutes les principales sources des maladies syphilitiques, il faut connaître les diverses classes de prostituées. Ainsi, en outre des filles placées dans les maisons de tolérance, il existe des femmes auxquelles on a donné le nom de marcheuses, de filles à soldats, pierreuses ou femmes de terrain. On entend par marcheuses, des femmes surannées qui, ne pouvant plus faire leur métier, s’établissent dans les lieux de débauche et y
favorisent la prostitution: véritables proxénètes, elles sont des complaisantes dangereuses, qui indiquent le plus souvent des personnes 1res jeunes qu’elles logent ou font venir accidentellement chez elles, et qui, n’étant pas connues de la police, ne sont pas surveillées. *
On désigne sous le nom de filles à soldat et de barrière , un genre particulier de prostituées qui n’ont pas de demeure fixe, mais que l’on trouve plus particulièrement aux environs des barrières fréquentées par les soldats. Ces femmes, ordinairement d une laideur repoussante, ont une allure qui leur est particulière; leur mise n’est pas celle des prostituées ordinaires, et, sous ce i apport, elles se confondent avec les ouvrières de la classe subalterne. Ces odieuses créatures, repoussées de toute part, ne sont reçues que dans les maisons à grabats où on les entasse la nuit : en été elles couchent dans les granges, dans les fours à plàties et tous les autres lieux ouverts. L’impudeur, le cynisme de cette classe de prostituées est porté au delà de tout ce qu’on peut imaginer. C est le long des sentiers et des chemins, à toutes es heu les du jour et sans être retenues par la présence des passants, qu elles se livrent aux actes de la plus crapuleuse débauc ie. Chaque lois qu’on parvient à s’emparer de quelques unes
d entre elles, on en a presque toujours trouvé dix d’infectées sur douze.
On appelle pie/ rcuses ou femmes de terrain , un genre particulier de femmes qui ont vieilli dans l’exercice de fa prostitution e bas etage, qui sont trop paresseuses pour chercher aucun travail, et trop repoussantes pour être accueillies nulle part. Le jour on ne les voit pas, elles sortent la nuit et vont rôder dans les endroits retires où elles espèrent échapper à la surveillance de a u ton te. Rien de plus dangereux que ces sortes de femmes qui son assez nombreuses; elles s’entendent avec les malfaiteurs et sont souvent de connivence avec les pédérastes. Les lieux quelles habitent sont des garnis ignobles, situés pour la plupart dans
f S. rues imr“ondes’ ou dans des appentis et des remises des
IntTT, el r bam7S- C’est touj°uls ««• des points éloi- - demeures qu elles exercent leur hideuse industrie;
nées au mme,?d rement, '• ï,des Plafes vaSlles abandon- ’ au milieu des pierres de taille et des bois et des matém.ix
5 car a r- ce ,|ui ™ «on„r tz
I désigné. Ces femmes sont pour la plupart tellement re-
PHOSTITUTION.
poussantes, qu’elles diraient les hommes par leur laideur; aussi recherchent-elles tous les lieux sombres et retirés, les marchés et les colonnes de vieux édifices, les bords de la rivière, les escaliers des quais : on dirait q u’elles fuient la lumière. C’est dans cette classe de prostituées que se rencontrent des. femmes de quarante, cinquante et cinquante-neuf ans.
Le besoin de régulariser tout ce qui a rapport à la prostitution autorisée a fait sentir, dans tous les temps, la nécessité de placer les prostituées sous la surveillance immédiate de la police. Aussi ne trouve-t-on dans les auteurs que des règlements et des mesures répressives: il faut arriver jusqu’à la lin du siècle dernier pour voir surgir la préoccupation d’une surveillance sanitaire. Il existait déjà, depuis un assez long temps, des habitudes administratives par lesquelles on prenait le soin d’inscrire chaque femme qui voulait se destiner à la prostitution; mais actuellement, en outre de l’inscription régulière qui comprend l’enregistrement de l’acte de naissance de chacune d’elles, en constituant pour ainsi dire un dossier spécial pour chaque prostituée, il existe un service particulier admirablement organisé dont le but est de surveiller l’état sanitaire de toutes celles qui ce livrent à ce honteux métier, sans qu’il soit fait aucune exception. Ce service se fait dans un dispensaire qui est une institution exclusivement municipale, où les mêmes médecins sont chargés de visiter les prostituées autorisées et de les diriger dans un hôpital spécial consacré à ces seules femmes. Cette organisation, qui comprend l’unité d’action et d’impulsion administrative , l’unité du personnel médical et l’unité du local pour les visites et pour les soins à donner aux malades, a produit les plus grandes améliorations. La création du dispensaire a donné les résultats les plus heureux ; ces effets se manifestent d’une manière frappante, par une diminution considérable dans le nombre des femmes infectées. Ainsi, dans un espace de temps assez court, la proportion de 1/9 de malades qui s’observait quelques années avant les observations de Parent-Duchâtelet, était descendue a 1/16 au moment où cet écrivain faisait son laborieux ouvrage.
Peut-être pourrait-on demander à 1 organisation actuelle des visites sanitaires plus rapprochées, en même temps d accroître le personnel médical pour éviter que les médecins inspecteurs ne soient obligés d’apporter une trop grande célérité dans lems examens. Grâce à ces soins constants et a cette prophylaxie, (h-
mandée depuis longtemps par les hygiénistes, on peut affirmer que, dans la capitale et dans nos grandes villes de France, la syphilis s est réellement amendée sous le rapport de la fréquence et de 1 intensité. De l’avis de tous les hommes compétents, les victimes de ce fléau sont moins fréquentes, par le fait de femmes exerçant leur métier dans la catégorie des prostituées autorisées, que parmi cette classe beaucoup plus dangereuse, qui forme la prostitution clandestine, dont nous dirons quelques mots. On entend par prostitution clandestine celle qui s’exerce dans l’omlire et qui se caelie sous les formes les plus variées. Cette sorte île prostitution, dont beaucoup de personnes ne soupçonnent même pas l'existence, est, sous le rapport des mœurs et de l’hvgiene publique, bien autrement grave que la prostitution autorisée ; c’est elle qui corrompt et entraîne dans l’infamie des filles mineures, qui, revêtant les apparences les plus honnêtes, sait paralyser l’autorité, tout en propageant avec impunité la contagion syphilitique la plus affreuse et l’immoralité la plus grande.
La prostitution clandestine ne se cache surtout que pour soustraire a l’administration de la police des jeunes filles li peine sorties de 1 enfance, et qui, pour celle raison même, sont vendues chèrement a des gens capables de tels marchés. Quand on conna,t la sevente de nos lois contre ceux qui abusent d’une fille qui n a pas l’âge de discernement, et la gravité des punitions qu elles indigent a ceux qui favorisent cette débauche prématurée ,0n comPrend aiséme"t due le secret étant aussi essentiel poules uns que pour les autres, la difficulté de constater le délit et de le rendre assez évident pour qu’il soit déféré aux tribunaux devient pour ainsi dire impossible. En dehors de ces cas les’ plus graves, cette prostitution sait revêtir mille formes pour éviter les visites sanitaires et l’action directe de la police, qui ne manque d enregistrer d office , comme prostituée , toute femme qui se ivre a la débauché et qui récidive malgré les avertissements qui 01,1 ete adresses- Certaines femmes qui, en dehors du ma nage, vivent en ménage, ou sont censées n’avoir de rapport |ii avec un seul homme, doivent être souvent rangées parmi celles pu se livrent a cette espèce de prostitution. Leur conduite est oi" de présenter des garanties pour la santé publique. Parmi ces ennnes filles entretenues, quelques unes ont la prétention de se ■anger parmi les artistes; elles propagent alors la maladie , té! .enne dans les rangs les plus élevés de la société. Il en esl d’autres
l'HOSTlTUTION.
qui, ayant ! habitude du vice, ne voulant pas ou ne pouvant pas en accepter les conséquences vis-à-vis du monde, moitié par liesoin ou vanité, moitié par libertinage, se rendent chez des femmes
joignant, d une manière occulte, à l’exercice d’une profession quelconque , le trafic de la débauche. En général, les femmes qui favorisent la prostitution clandestine ont l’habitude, pour tromper plus facilement la police, de prendre une profession, telle que sage-femme, dame de charité, etc., quelques unes affichent un certain luxe, mais c’est surtout en prenant des patentes de divers états, comme le titre de lingère, couturière, blanchisseuse, modiste, etc., que la plupart de ces odieuses créatures échappent à la surveillance. Beaucoup ne reçoivent pas d’hommes chez elles, mais envoient à domicile, sous un prétexte quelconque, les jeunes lilles qu’on leur demande. Les marchandes à la toilette fournissent un nombreux contingent à cette classe de proxénètes, la prostitution clandestine n’a pas de courtiers plus actifs. Une foule de vieilles maîtresses de maisons les imitent et déploient dans cette industrie les ressources que peut fournir la pratique ancienne de tous les vices. Sous le rapport sanitaire , les conséquences de cette prostitution sont déplorables, c’est par elle que la syphilis se perpétue et propage ses ravages ; par elle encore sont rendues inefficaces beaucoup de mesures les plus sages et les plus salutaires au point de vue de l’hygiène publique. Cette propagation de la syphilis, par le moyen de la prostitution clandestine, est tellement réelle , que les femmes qui tiennent ces maisons en sont elles-mêmes frappées, et elles emploient tous les moyens possibles pour faire opérer la guérison de leurs prostituées en cachette, en s’adressant tantôt à un médecin, tantôt à un autre.
Cette espèce de prostitution se voit surtout à son maximum dans les grandes villes manufacturières, et où il existe des populations très pauvres réunies en grand nombre. Le travail dans les usines, dans les manufactures, lorsqu’il se fait les sexes étant confondus, a été signalé, avec juste raison, comme une des causes les plus puissantes pour favoriser le développement de ce genre de prostitution. L’entrée trop jeune des enfants des deux sexes dans ces ateliers manque rarement d’avoir une influence fâcheuse sur la constitution physique et sur la moralité de ces ouvriers précoces. La misère , le peu d’élévation des salaires destinés à rétribuer le travail des femmes, sont des causes mal*
heureusement trop fréquentes et trop connues, pour que nous insistions davantage; elles sont si nombreuses et si complexes
et elles se lient presque toutes à l'état de la civilisation et de l'orgamsalion des grandes villes.
Entre toutes les maladies auxquelles sont exposées les prostiuces, i n en est pas de plus fréquentes que la syphilis et la gale • luîtes deux surtout la syphilis , sont le résultat nécessaire et pour ainsi dire inévitable de leur métier. Mais avant de nous occuper de la syphilis, nous allons jeter un coup d'œil suiTs pimcipales affections qui atteignent le plus généralement toutes ces femmes. Nous avons déjà parlé des troubles considérables tqoentsqm s observent dans leur menstruation; il faut ajouter ega ement des perles abondantes sans lésions organiques Ces pertes paraissent liées à l’exercice même du méüëi elL se mon rent de préférence chez les débutantes au sortir de la nu h rte, et ce qui semblerait encore confirmer l’in portance ‘de' exercice du métier comme cause, c’est que, pcnda'iH l^ sémi^
s ï z Sn t: *
Chez toutes les femmes qui v sont exnosée II ' me
amincie chez es prostituées- ;ic il - « valeurs, est très
difficiles à guérir «Tue ^'ls *>uvent e» *Mes
'es portent; f
tenl pas d’obstacle à l’exercice du méfie r e SS,ent et ne meL" le résultat de chancres qui ont été négl <ïs ellni ^ ^ mais dans ce cas la perforation -i nJ, ® i 1 (IU1 sont aggravés,
sphincter. D’après l« observations^' d7ns"e: :"iëfi ï™ ^ d“ prisons, les fistules recto-van-inal»- ' ln("meries des
avec la phthisie; on v a vu aussi I ' '"Culfnt f>res<llle toujours vent d’un engorgement des grandes lèm* mahZÏ “e8"3'6"1 S°U*
>' est pas une infiltration ou un œdème ordinaire ; gOI'^ment
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fession, et que, devenues à charge à elles-mêmes, elles cherchent un asile pour y terminer leur existence; c’est ordinairement l’infirmerie de la prison qu’elles choisissent de préférence, et dans laquelle elles se font enfermer ; il n’est pas d’année qu’on n’évacue quelques unes de ces misérables sur le dépôt de Saint-Denis ou sur celui de Villers-Cotlerets.
L’état de l’anus chez les prostituées offre une certaine importance , pour s’assurer de leur état sanitaire , et comme question de médecine légale. Ces malheureuses, livrées à la brutalité d’une foule d’hommes, ne refusent presque jamais les rapports illicites qui, bien que, pour avoir lieu entre des individus de sexe différent, n’en sont pas moins révoltants. Les désordres locaux qui en sont quelquefois le résultat se présentent ordinairement sous un tel aspect, qu’on ne peut se méprendre sur leur origine. On a donné comme un signe de l’habitude qu’avait un individu à se prêter à ce honteux penchant, une disposition particulière de l’ouverture du rectum , qui se présente alors comme au fond d’une sorte d'infundibtilum.
Les organes sexuels chez les prostituées, contrairement à l’opinion vulgaire et contrairement à ce qu’on pourrait supposer à priori, ne portent pas habituellement des traces évidentes du métier auquel ces femmes se livrent. On rencontre, tous les jours, dans les hôpitaux et dans les infirmeries des jeunes filles nouvellement prostituées et n’ayant jamais eu d’enfants, dont le vagin est plus dilaté que ne l’est quelquefois celui d’une femme mariée après cinq ou six accouchements, et par opposition, on y voit d’autres femmes ayant vécu dix ou douze ans dans la prostitution qui portent sur leur visage les caractères de la décrépitude, et dont les parties génitales, le vagin en particulier, n’offrent aucune trace d’altération. Il est un autre caractère négatif chez les prostituées, qui mérite d’être signalé. La plupart de ces misérables créatures, en vieillissant dans le métier, deviennent presque constamment Iribades. C’est ainsi qu’on désigne ces femmes qui , par un goût dépravé et contre nature , choisissent des amants parmi les personnes de leur sexe. Ces monstrueux mariages, plus communs qu’on ne pense, sont souvent l’occasion d’amours et de haines furieuses de la part de ces femmes. Cependant, malgré les passions impétueuses cl la lasciveté effrénée qui se voient chez les prostituées dans de telles unions, le clitoris n’offre chez elles aucun développement anormal , et l’on peut dire que, sous ce rapport,
des différences aussi tranchées dans l’exercice ou plutôt l’abus des organes génitaux, ne répondent nullement aux légères différences qui peuvent exister dans le volume et la conformation du clitoris chez telle ou telle femme.
On a cru, pendant quelque temps, que les femmes publiques étaient plus souvent atteintes de cancer de l’utérus que les autres; Lisfranc, lui-même, défendait cette opinion ; mais on peut dire que généralement elle est peu acceptée : les prostituées ne sont pas à l’abri des affections utérines; mais à part celles qui sont sous la dépendance delà syphilis, on peut dire qu’elles n’en sont pas plus alïectees que toute autre classe de femmes.
De la syphilis. — La maladie qui est liée intimement à la prostitution et qui constitue l’un des fléaux les plus terribles de l’humanité est, sans contredit, la syphilis. Cette maladie contagieuse , jadis plus terrible encore que nous ne la voyons aujourd’hui , est un des exemples frappants des améliorations que l’hvgiène publique peut apporter au milieu des sociétés.
La syphilis est une maladie constitutionnelle, contagieuse, transmise par les rapports sexuels ou par hérédité, et caractérisée j)iii une ii i itation locale, spécifique, des organes génitaux, et par des phénomènes consécutifs de forme et de siège très divers successifs ou simultanés, dont l’évolution naturelle est régulière et déterminée. Nous ne pouvons faire ici l’histoire de la syphilis, ni même indiquer ses principaux traits, devant nous borner à l’ envisager dans son ensemble, au point de vue de ses rapports avec l’hygiène publique.
Avant tout, il faut séparer de la syphilis certaines affections qui ont e te confondues longtemps avec elle sous lenom commun de maades vénériennes. Ces affections, bien qu’elles aient leur cause habituelle dans les rapports sexuels, doivent être rigoureusement distinguées d avec la syphilis : ainsi les diverses espèces de blennorrhagies et les nombreuses maladies qui en dérivent, arthrite, ophthalmie blennorrhagique, bubons non virulents, constituent des maladies essentiellement différentes de la syphilis et qui ne peuvent en être rapprochées que par leur commune origine. Cette maladie virulente doit être divisée en trois formes distinctes : 1" La syphilis commune ; 2° la syphilis phagédénique ou cachectique ; 3° la syphilis
“T;, U'!° ai!tre division dans l’étude de la syphilis
svm tel' ■ ;°rdre Je *uceess,on des symptômes et des affections symptomatiques qui la caractérisent, A ce point de vue, qui est
c(‘lui do I observation traditionnelle la plus saine, celte maladie se divise en primitive et constitutionnelle.
Lorsque la syphilis succède à un coït impur, elle se déclare, en général, du troisième au huitième jour, rarement plus tard; son début est marqué par l’apparition d’un ou de plusieurs chancres qui peuvent se montrer sur toutes les parties du corps, mais qui se développent de préférence sur les organes génitaux, non par une tendance spécifique de ces parties, mais en raison de la manière dont la maladie est contractée,. Les narines, les gencives, la langue, les lèvres, le menton, les mains, l’hypogaslre, le scrotum, la cuisse, l’anus et l’urèthre peuvent en être affectés.
Le chancre commence par une démangeaison parfois à peine sensible allant d’autres fois jusqu’à la douleur, par une rougeur, en général, peu marquée, et par la formation d’une petite vésicule remplie de pus, sans induration notable, ou d’un abcès muqueux très circonscrit, qui ne tarde pas à s’ulcérer. Dans quelques cas, c’est une simple excoriation de la muqueuse qui s’ulcère directement. Mais toujours on voit apparaître une ulcération arrondie plus ou moins profonde, d’étendue variable, dont les bords sont taillés à pic, le fond grisâtre et entouré d’une aréole violacée. Si le chancre siège dans l’urèthre, il existe ordinairement un écoulement qu’il est souvent fort difficile de ne pas confondre avec celui de la blennorrhagie non syphilitique. Si l’ulcération passe à l’induration, dans le second septénaire, jamais avant le cinquième jour, il se forme à la base un épaississement très circonscrit qui ne se perd point graduellement et d’une manière insensible dans les parties environnantes, mais brusquement. Le chancre ainsi induré (chancre huntérien) constitue le signe spécifique de la vérole confirmée. Chez la femme, où les symptômes primitifs sont d’une étude plus difficile, le chancre est presque toujours accompagné d’inflammation du vagin, avec écoulement très probablement contagieux. On peut dire aussi que l’induration du chancre est beaucoup plus rare que chez l’homme. Le chancre persiste pendant un temps qui varie de trois à quatre septénaires au bout desquels il se cicatrise spontanément à la manière des plaies ordinaires et en perdant ses propriétés inoculables.
La syphilis phagédénique ou cachectique offre ce caractère spécial et singulier qu’elle reste toujours bornée aux phénomènes primitifs. Mais le chancre, au lieu de s’indurer, se change en un ulcère rongeant serpigineux avec décollement des bords, qui
s’étend d’un côlé pendant qu'il guérit de l’autre et persiste ainsi de dix mois à deux ou trois ans, en conservant toujours la propriété d’étre inoculé. L’état général, souvent, dans ces cas, se prend, le malade tombe dans un état cachectique et la mort survient.
Dans la syphilis héréditaire, le mal est transmis aux enfants par voie de génération, soit du côté de la mère, soit du coté du père. Rien n'est plus obscur encore que les conditions de ces transmissions ; il semble pourtant démontré que la transmission provient plus souvent du père que de la mère et qu’elle peut avoir lieu sans que la mère ait été atteinte; qu’il n’est pas nécessaire, non plus, que les parents soient actuellement alîectés d’accidents syphilitiques, et qu’il sulïit que des symptômes primitifs aient existé et aient été suivis d’infection et qu’il y ait, pour ainsi dire, imminence de syphilis constitutionnelle pour que cette transmission s’opère. La S) philis héréditaire du côté de la mère est plus à craindre, lorsque celle-ci est infectée au commencement qu’à la lin de la grossesse.
Cette maladie virulente est une de celles qui pourraient être le plus facilement bornées; car, à part la syphilis héréditaire le
mode de contagion directe des autres formes de la syphilis la rend, nom- «insi film fno.'iü a i , , J
. i ~ ^ cl n n en est guère ne
plus dangereuses , car si elle ne lue pas immédiatement ses ravages n ont pas d'interruption , elle frappe de préférence cette parue de la population qui, par son âge, fait la force aussi bien que la richesse des nations. Elle porte atteinte à cette population , soit en la diminuant, soit en la frappant de maladies hideuses plus ou moins curables. L’influence délétère de ce virus se prolonge sur plusieurs générations sans que les individus imprégné, ,t d un nouveau germe. Chacun connaît l 'énorme
d fl , ‘ohé qU‘ r Sl"' 'eS .enfa,lls dcs syphilitiques et sur la
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battre les accidents syphilitiques, dans les conditions qui subsistaient jadis, ils auraient la même intensité. Le virus est resté ce qu’il était. Les améliorations introduites dans la thérapeutique ont rendu moins fréquentes les altérations profondes que ce fléau laissait après lui. Mais, cependant, on rencontre encore, de temps à autre, des lésions incurables et assez promptement mortelles. On voit par intervalles, dans les hôpitaux et dans la pratique civile, des malades chez lesquels le mal, dès son invasion, marche avec une rapidité effrayante; l’économie entière est frappée par le virus d’une telle façon qu’on retrouve presque les descriptions des xve et xvr siècles. On peut affirmer que le virus s’est moins affaibli par lui-même que parce que les conditions hygiéniques sont meilleures. Si l’affection est moins dangereuse, elle est plus multipliée ; si elle n’attente pas brusquement à la vie des individus, elle détériore la santé des races par une action lente et continue. Si la maladie vénérienne sévit moins qu’autrefôis, à Londres et surtout à Paris, ainsi que dans les autres grandes villes d’Europe, cela tient exclusivement à ce que les malades indigents ont des hôpitaux, des dispensaires, des maisons de charité où ils reçoivent gratuitement, dès le début, les soins nécessaires à leur état pathologique. L’action du traitement, du régime, des influences extérieures, clans les affections syphilitiques, se révèle surtout par l’étude des faits dans les hôpitaux. Les symptômes les plus graves se présentent toujours chez les malheureux qui ne viennent réclamer des secours qu’ après avoir souffert longtemps sans soins convenables, ou qui sont privés des objets de première nécessité. Il en est exactement de même de ceux qui se confient à des empiriques. Les filles publiques sont, en général, moins sérieusement atteintes que les femmes qui se livrentà la prostitution clandestine, qui ont hésité longtemps, soit par ignorance, soit par honte, à déclarer leur mal. Les soldats sont, en général, affectés d’une façon moins grave, par le même motif: aussitôt qu’ils sont reconnus malades, ils obtiennent l’autorisation d’interrompre leur service, ils sont soumis à une prompte médication, qui souvent arrive assez tôt, même pour arrêter les accidents primitifs ; aussi leur séjour dans les infirmeries est, proportion gardée, plus court que celui des malades dont nous venons de parler.
Tout se réunit pour montrer quels avantages il y a dans les soins médicaux donnés à temps, et combien est . terrible le fléau de là syphilis. Il ne faut pas croire, cependant, qu'il y ait du
bénéfice à exagérer, comme on l’a fait souvent, les dangers de la syphilis . I erreur et moins encore le mensonge ne sauraient avoir de bons 1 esultals. La crainte de dangers imaginaires ou réels n’a pas poui effet habituel d arrêter la jeunesse ardente et inexpérimentée.
Pour résumer les principaux dangers de la syphilis, nous pouvons dire, avec M. Potton , de Lyon : La syphilis agit sur la santé publique par son caractère spécial.
Cette maladie nuit au bien-être des populations : Par les accidents qui lui sont propres; par les phénomènes qui en résultent; par les altérations, les dégénérescences quelle amène dans l’organisme; par les désordres moraux qui l’accompagnent ou qui la suivent dans la classe ouvrière ; par la suspension des travaux; par 1 accroissement des dépenses qu’elle nécessite; enfin, paies. c larges énormes qu’elle fait peser sur la société tout entière.
Les moyens prophylactiques propres à arrêter la propagation de la syphilis se déduisent naturellement de la connaissance complète de la prostitution et du mal qu’on veut éviter. Il est évident aujourd'hui, que les mesures coercitives sont rarement suivies de succès. Assez longtemps on a cru devoir user, à l’égard des syphilitiques, d mm prétendue pudeur qui a eu des résultats déplorables. La société n’a que trop souffert de ce sentiment peu sensé
qui, pour ne pas montrer les ravages du vice, lui laissait atteindre des proportions plus considérables.
Il faut au contraire, multiplier, autour des vénériens les secours de toute espèce, et les attirer dans les hôpitaux par de bons traitements. Il faut essayer de combattre l’ignoble préjugé | qui e.\is e dans le bas peuple, savoir qu’un homme affecté de blennorrhagie sera guéri en la communiquant à une jeune fille mpubere . Le pareil préjugé se retrouve en Afrique, où les Arabes des douars de inteneur croient qu’en cohabitant avec une né-
nfonrd Se, relT'e dU ma' V'™ 1,11 —nique. Comme le dit • Iticord, ,1 faudrait pouvoir indiquer tout ce qui peut faire éviter
a contagion et partant la propagation de la syphilis, non pour
aïonser le libertinage, mais pour en garantir la vertu cl. In ,1ms-
e qui en deviennent trop souvent les victimes. Mais il faut aussi
reuse1 d’une' nroi'l^0 •* P«pWW«o« «langc-
s-ifinn N >pb;laMe decevante comme la prétendue svnliili
- >• Nous ne pouvons mieux faire que d’adopW les conclusions
pnüsîmrnoN.
du docteur Sandouville qui oui eu la sanction et l’appui de l'Acatlcmio de médecine. Cet hygiéniste réclame :
1 L inscription, dans toutes les localités de France, des tilles se livrant a la prostitution de notoriété publique;
2° Leur visite faite, tous les quatre jours, par des médecins et 1 emploi du spéculum pour les visiter;
•F La visite hebdomadaire dans toutes lés villes de garnison , faite par les soins de leurs chirurgiens respectifs, des hommes appartenant aux troupes de terre et de mer, et l’envoi des hommes malades à l’hôpital ;
ha L’admission des vénériens dans les hôpitaux généraux , sans pour cela supprimer les services spéciaux;
5° L’amélioration du régime de certains hôpitaux spéciaux;
6° La multiplication des consultations publiques avec distribution gratuite de médicaments;
7° L’interdiction absolue de toute provocation sur la voie publique.
Bibliographie. — Pornographe , ou idée d'un honnête homme sur un projet de règlement pour les prostituées , par N.-E. Reslif de la Bretonne. Londres, 1769, in-8. — Démonstration pratique de la prophylaxie syphilitique authentiquement démontrée , par I.una Calderone. Paris, 1820. — Histoire de ta législation sur les femmes publiques, par M. Sabatier. Paris, 4828, in-8. — De la prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l'hygiène publique , de la morale et de l’administration , par le docteur Parent-Duchâtelet. Paris, 1807. — Les filles publiques de Paris et ta police qui les régit, par F. -F. Béraud. Paris, 1839, 2 vol. in-8. — De la prostitution et de ses conséquences dans les grandes villes, dans la ville de Lyon en particulier, par le docteur Potion. Lyon, 1842. — Rapport cm conseil de salubrité de la ville de Marseille sur l'état et les besoins du service du dispensaire des filles publiques de cette ville, par M. Pelacy (Ann. d’hyg. et de méd. lêg., t. XXV, p 297). — Mémoire en réponse à celte question : « Quelles sont les mesures de police médicale les plus propres » à arrêter la propagation de la maladie vénérienne »? par F. -S. Ratier (Ibid., t. XVI, p. 262). — Notice sur quelques uns des établissements du nord de l' Allemagne et de Saint-Pétersbourg , par Leuret (Ibid., t. XX, p. 360). — Topographie médicale des IVe, xc, xie et xne arrondissements de Paris, par H. Bayard (Ibid., t. XXVIII, p. 286, et t. XXXII , p. 291). — Recherches sur l’étendue , les causes et tes effets de la prostitution à Edimbourg, par W. Fait, 1843 , in-8. — The prostitution of London , by Ryan. London, 1839, in-12. — Die prostitution in Berlin und ihre opfer, 1846, in-8. — Die prostitution in Hambourg, von Lippcrt, 1848.— -De l’influence que l’industrie exerce sur la santé des ouvriers, par M. Thouvenin (Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. XXXVII. p. 85). — De la prostitution considérée au point de vue de l’hygiène publique , par William Acton ; traduit (Ibid., t. XLVI , p. 39). Des mesures administratives à prendre dans le but d’cmpèchcr la propagation des maladies vénériennes, par le docteur Sandouville (Ibid., p. 72). — De la police des filles publiques (Rapport général sur les travaux du conseil central de salubrité du dépaiicment de la Gironde, pour 1837-1838 , par L. Marchant. Bordeaux). — De la suppression de la syphilis ; pétition â la chambre des députés, par A. Guépin , de Nantes.
— De l'extinction de la maladie vénérienne, par J.- P. Troiicin. — The miscries uf prostitution , by James Beard Talbot. — De la fréquence des maladies vénériennes à Lyon , 1822, par le docteur Chapeau. — Mémoire sur les moyens de s’opposer aux ravages de ta syphilis , par le docteur Venot. Bordeaux , 1846. — Rapport au conseil de salubrité de Lyon , par le docteur Luslerbourg; mai 1835. — Essai sur la prophylaxie de la syphilis , par M. Worbe ( Bulletin de l’Académie de médecine, 1847, t. XII , p. 715). — Rapport au préfet de police sur lu syphilisation , par le docteur Marchai de Calvi. Paris, 1853. — De la prostitution en Algérie depuis la conquête, par le docteur Duchesue. Paris, 1853. — Histoire de ta prostitution chez tous les peuples du monde, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, parP. Dufour. Paris, 1851-1 853, 6 vol. in-8.
PUMHÆUU. — Votj. Affinage, Fer.
PUISARDS, PUITS. — Nous avons assez longuement parlé des qualités de 1 eau potable, et de la distribution des eaux dans i les villes, pour ne pas revenir ici sur les particularités que peut ollrir l’eau de puits. Nous voulons seulement signaler, comme intéressant à un haut degré la salubrité, le rôle que jouent les puits et puisards dans l’assainissement du sol des lieux habités, en absorbant les eaux ménagères ou celles qui proviennent de •certaines opérations industriellès, et en leur ouvrant une issue et un écoulement facile. Nous indiquerons également ici les conditions dans lesquelles doit avoir lieu le Curage des puits.
Si 1 on veut se reporter aux explications que nous avons données touchant le drainage, on comprendra le mécanisme suivant lequel les puits forés ou artésiens ont pu être employés à l’assainissement des localités, en conduisant les eaux impures répandues a la surface du sol dans les nappes d’eaux souterraines plus ou moins profondes. Mais la condition essentielle de ce procédé est de dépasser les dernières couches d’eaux qui alimentent les puits les plus profonds du voisinage, condition sans laquelle on risquerait d infecter ceux-ci, et qui exige une connaissance exacte de la constitution géologique du sol. C’est là, en effet, un point capital dans I etablissement des puits, e( la composition de leurs eaux en dépend etroitement. Ce n’est pas ici le lieu de tracer à
te SUJ(il des [’egleS I), (!Clses 5 mais on peut dire, d’une manière generale, que les puits pour donner une eau passable et à l’abri
j mc,an£e des eaux répandues sur le sol, doivent pénétrer audessous de la couche du terrain imperméable.
ans bien des circonstances, les eaux des puits peuvent être
à IraverVl’e' * ,."l,llrulions ,le malièr<* organiques qui se font fe l supérieures du sol, ou à travers les parois
d aisances non eWnches. Mais par un effet du renouvel-
lement incessant de l’ean de puits, aux. dépens des courants souterrains et en raison des puisements répétés, ces causes d’insalubrité disparaissent à la longue. D’où il résulte qu’un sol limité peut être desinfecté par les eaux qui arrivent dans les puits qu’on y a creusés. Ceux-ci diminuent la quantité de matières organiques qui pénètrent dans le sol et la durée de leur séjour; ils contribuent ainsi directement à l’assainissement du sol, surtout si 1 on a soin de les vider et de les curer de temps en temps.
Cette opération , très malsaine par elle-même, exige des précautions toutes particulières, qui ont été l’objet de prescriptions très sages de la part de l’autorité. Nous donnons ici le texte de l’ordonnance du préfet de police et les instructions du conseil de salubrité de la Seine qui concernent cet objet important.
ORDONNANCE DE POLICE DU 20 JUILLET 1838, CONCERNANT LES PUITS, PUISARDS , PUITS D’ABSORPTION ET ÉGOUTS A LA CHARGE DES PAR- TICULIERS.
Titre Ier. — Dispositions communes aux puits, puisards, puits d'absorption
et égouts particuliers.
Article 1er. Aucun puits, soit ordinaire, soit d’absorption, ne sera percé, aucune opération d’approfondissement, de sondage et autres, ne sera entreprise, aucun puisard ni égout particulier ne sera établi sans une déclaration préalable faite par écrit, à Paris, à la préfecture de police, et à la mairie, dans les communes rurales ; celte déclaration indiquera l’endroit où l’on a le projet de faire les travaux.
Art. ‘2. Il ne pourra être procédé à aucun curage de puits, puisard et égout particulier, sans une déclaration préalable qui sera faite par écrit, quarantehuit heures à l’avance, à Paris, à la préfecture de police, et dans les communes rurales, à la mairie ; les mesures nécessaires dans l’intérêt de la salubrité publique et de la sûreté des ouvriers seront prescrites par suite de celte déclaration.
Art. 3. Nul ne pourra exercer la profession de cureur de puits , puisard et égout particulier, sans être pourvu d’une permission du préfet de police ; cette permission ne sera délivrée qu’après qu’il aura été justiüé de la possession du matériel nécessaire au curage.
Art. ù. Les ouvriers ne pourront descendre dans les puits, puisards et égouts particuliers, pour quelque cause que ce soit, sans être ceints d’un bridage, à la partie supérieure duquel un anneau sera fixé.
En ce qui concerne les puits et puisards, une corde sera attachée à cet anneau, pendant tout le temps que les ouvriers travailleront dans l’intérieur, et l’extrémité de cette corde sera tenue, par d’autres ouvriers en nombre suffisant placés à l’extérieur, afin de pouvoir, au besoin, retirer ceux qui sont dans l’intérieur et les secourir.
Les ouvriers employés dans l’intérieur des égouts particuliers ne seront pas attachés, mais des ouvriers en nombre suffisant et pourvus de cordes se tiendront
extérieurement auprès de l'ouverture la plus rapprochée de la partie de l'égout où travaillent ceux de l’intérieur, afin de pouvoir, au besoin, les attacher poulies retirer et les secourir.
Les ouvriers qui resteront à l’extérieur des puits, puisards et égouts particuliers , devront aussi avoir la ceinture avec l’anneau.
Art. 5. Les puits, puisards et égouts particuliers, abandonnés, ou qui, sans être abandonnés, seraient soupçonnés de méphitisme, ne seront curés qu’avec les précautions prescrites par l’instruction annexée à la présente ordonnance.
On prendra les mêmes précautions lorsque les travaux auront été suspendus pendant vingt-quatre heures.
Art. 6. Si, nonobstant les précautions indiquées par l’instruction, un ouvrier est frappé du plomb, c’est-à-dire s’il est asphyxié, des secours lui seront immédiatement portés, ainsi qu’il est dit dans l’instruction ci-annexée, et les travaux seront suspendus.
Il est, en outre, enjoint aux propriétaires, principaux locataires et entrepreneurs de faire sur-le-champ la déclaration de cet accident, à Paris, au commissaire de police du quartier, et, dans les communes rurales, au maire.
Art. 7. Les matières extraites des puits, puisards et égouts particuliers, qui auront été reconnus méphitisés, devront être versées immédiatement dans des tonneaux hermétiquement fermés et lutés à l’instant même, et de là, sans pouvoir être déposées sur la voie publique, portées directement à la voirie ou autres lieux autorisés par l’administration.
Le curage des puits, puisards et égouts particuliers devra toujours être fait intégralement et sans interruption, à moins d’accident; généralement, le travail devra être opéré de telle sorte qu’aucun déversement de matières ou d’eau infectes n’ait lieu dans les habitations ni sur la voie publique.
Après le curage des puits, puisards et égouts particuliers, qui auront été îeconnus méphitisés. les ustensiles devront être lavés, et le produit du lavage versé dans les appareils, pour être emporté aux lieux indiqués ci-dessus.
Art. 8. Les dispositions des articles 2, l\, 5 et 6 sont applicables à la réparation des puits, puisards et égouts particuliers.
Dans les cas piévus par 1 article 6, la démolition ou réparation ne pourra être reprise qu’avec les précautions qui seront prescrites par l’autorité locale sur l’avis des gens de l’art.
Ait. 9. Les ouvriers qui trouveraient dans les puits, puisards et égouts par licuüeis des objets de quelque valeur ou pouvant faire soupçonner un délit, en feiont la déclaiation, à Paris, au commissaire de police du quartier, et, dans les communes rurales, au maire.
Il leur sera donné une récompense s’il y a lieu.
Iitre il. Dispositions spéciales aux puits.
Art. 10. L’ouverture des puits, quel que soit leur genre de construction, sera défendue dans tout son pourtour, par un garde-fou de maçonnerie ou de fer d une hauteur de 70 centimètres au moins.
Les puits situés dans les marais pourront être seulement défendus par une enceime furjnéc par un mur de terre solidement établi ; ce mur aura au moins m» tie de hauteur et sera à 1 mètre au moins de distance du puits Art. il. H est enjoint aux propriétaires ou principaux locataires des maisons
puisa it us , pu/ts.
où il y il (les poils, (le les enlreteftfr en état de salubrité, de les garnir de cordes, poulies et seaux, et d’avoir soin (pie les pompes et autres machines hydraull* ques qui y seraient établies soient constamment maintenues en bon état, de manicie que les puits, pompes et machines puissent servir en cas d’incendie, ainsi que pour l’arrosement de la voie publique.
Ai l. 1 2. Il est défendu de faire écouler dans les ruisseaux les eaux infectes extraites des puits; ces eaux seront portées aux lieux autorisés par l’administration dans des tonnes de vidanges fermées avec cadenas, ou dans des tonneaux
hermétiquement fermés et lutés, tels qu’ils sont adoptés pour les fosses d’aisances.
Titre m. — Dispositions spéciales aux puisards.
Art. 13. Les puisards devront être couverts en maçonnerie et fermés par une cuvette à siphon.
L’ouverture d’extraction des puisards, correspondante à une cheminée de 1 \50 au plus (1e hauteur, ne pourra avoir moins de 1 mètre en longueur sur 65 centimètres de largeur; lorsque cette ouverture correspondra à une cheminée excédant l'",50 de hauteur, les dimensions ci-dessus spécifiées seront augmentées de manière que l’une de ces dimensions soit égale aux deux tiers de la hauteur de la cheminée.
La disposition de l’article 12, concernant l’écoulement des eaux, est applicable aux puisards.
Titre iv. — Dispositions particulières aux puisards , puits d’absorption et
égouts particuliers.
Art. l/i. Aucun puits d’absorption ne sera établi sans une autorisation spéciale, qui sera accordée, s'il y a lieu, par la suite de la déclaration prescrite par l’article 1er.
La profondeur du puits d’absorption sera déterminée dans la permission qui sera délivrée, s’il y a lieu.
Toutes les dispositions relatives aux puisards proprement dits seront applicables aux puisards pratiqués au-dessus ou aux approches des puits d’absorption.
Art. 15. Il est enjoint aux propriétaires et principaux locataires des maisons où il existe des puisards et des égouts particuliers de les entretenir dans un état tel qu’ils ne puissent compromettre la sûreté et la salubrité publiques.
Il est expressément défendu de jeter dans les égouts particuliers des boues et immondices solides, des eaux vannes, des matières fécales et généralement tout corps ou matières pouvant obstruer et infecter lesdits égouts.
Titre v. — Dispositions générales.
Art. 16. Les contraventions à la présente ordonnance seront constatées patprocès-verbaux ou rapports qui nous seront transmis pour être déférés aux tribunaux compétents.
Art. 17. La présente ordonnance sera imprimée et affichée.
Les sous-préfets des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis, les maires des communes rurales du ressort de 1 a préfecture de police, les commissaires de police, l’inspecteur général des carrières, le chef de la police municipale, le directeur de la salubrité, l’architecte commissaire de la petite voirie, les officiers
de paix ci autres préposés de l’administratidfi en sur veilleront et assureront l’exécution, chacun en ce qui le concerne.
Le conseiller d’ Et nt , préfet, de polick, G. De'Léss'ért.
INSTRUCTIONS RELATIVES AU CURAGE ET A LA RÉPARATION DES PUITS , PUISARDS ET ÉGOUTS PARTICULIERS.
$ 1er» Puits et puisards. — Lorsqu’il est nécessaire de curer un puits ou puisard, ou d’y descendre pour y faire quelque réparation, le premier soin que l’on doit avoir est de s’assurer de l’état de l’air qu’il renferme ; cet air peut être vicié par différentes causes, et donner lieu à des accidents très graves. Il faut donc descendre une lanterne allumée jusqu’à la surface de l’eau : si elle ne s’éteint pas, après avoir brûlé un quart d’heure, on la retire, et, par le moyen d'un poids attaché à une corde, on agite fortement l’eau jusqu’à son fond; on redescend la lanterne, et si, à celte seconde épreuve, la lumière ne s’éteint pas api ès dix minutes a un quart d’heure, les ouvriers peuvent commencer leurs travaux; mais il est important que les travailleurs soient ceints d’un brûlage.
Si la lumière s’éteint, on remarquera la profondeur à laquelle elle cesse de brûler; on ne descendra pas dans le puits, parce qu’on y serait asphyxié ; le gaz ou aii méphitique qui ne permet ni la combustion ni la respiration, peut être du gaz azote, du gaz acide carbonique, de l’hydrogène sulfuré ou un mélange de plusieurs de ces gaz. Dans l’incertitude où l’on est sur la nature du gaz, il faut, quel qu’il soit, renouveler l’air du puits, et pour cela il n’est pas de moyen plus prompt et plus certain que la ventilation.
Pour l’établir, il faut, avec des planches, du plâtre et de la glaise, boucher hermétiquement l’ouverture du puits; au milieu de cette espèce de couvercle, ou près de son bord, si le puits est trop large, ménager un trou d’un décimètre environ de large, sur lequel on placera un fourneau ou réchaud de terre qui ne Pourra recevoir d’air que celui du puits : on ajoutera près de la marclelle un tuyau fait comme les tuyaux à incendie, garni en dedans d’une spirale en fil de fer pour le tenir ouvert en plein diamètre, et qui descendra dans le puits jusqu à 1 décimètre de la surface de l’eau.
Cel apPareil lllie fois établi, on remplira le fourneau de braise ou de charbon allumé, et on le couvrira d’un dôme de terre cuite ou de tôle surmonté d’un bout de tuyau de poêle, afin de donner au fourneau la propriété d’activer la combustion et de déplacer ainsi beaucoup d’air.
(Juand le fourneau a été en activité pendant une heure ou deux, suivant la pio ondeur du puits, on l’enlève et l’on descend dans le puits la lanterne ; si elle
s cteint encore à peu de distance de la surface de l’eau, c’est que le gaz méphitique s y renouvelle. 1
Alors, il faut mettre le puits à sec, attendre quelques jours, l’épuiser de nouveau et recommencer l’application du fourneau ventilateur, ou si l’on ne peut < tabhr cet appareil, y substituer un tarare ou tout autre ventilateur dont le tuyau "a piendie 1 air an fond du puits, pour le jeter en dehors.
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Il scia donné, a cet égard, soit à la préfecture de police, pour Paris, soit à
la mairie, pour les communes rurales, les indications qui pourraient être nécessaires.
Après quatre heures de ventilation, on descendra la lanterne, et, si (die s’éteint, il faut renoncer à l’usage du puits et le condamner.
Si, par un essai préliminaire fait par un homme de l’art, on a reconnu la nature du gaz délétère que l’on veut détruire, on peut employer les réactifs suivants :
Pour neutraliser l’acide carbonique, on verse dans le puits, avec des arrosoirs, plusieurs seaux de lait de chaux, et l’on agite ensuite l’eau fortement.
Pour détruire le gaz hydrogène sulfuré ou carboné, on fait descendre au fond du puits un vase de fonte, ouvert, contenant un mélange de quatre onces d’oxyde noir de manganèse et de douze onces de sel marin sur lequel on verse, à différentes reprises, huit onces d’acide sulfurique du commerce cencentré, marquant 66 degrés, acide connu sous le nom d’huile de vitriol.
A défaut d’acide sulfurique, on emploierait quatre onces d’oxyde noir de manganèse et seize onces d’acide chlorhydrique du commerce, qui est aussi connu sous le nom d’acide muriatique.
On pourra aussi jeter dans le puits de l’eau dans laquelle on aura délayé du chlorure de chaux (une once de chlorure sec par litre) ; cette dernière opération est même plus facile à exécuter que l’autre, et les effets n’en sont pas moins certains.
Dans tous les cas, si le puits exhalait une odeur d’œufs pourris, et alors même que la chandelle ne s’éteindrait pas, il faudrait, avant d’y descendre, y jeter plusieurs seaux d’eau chlorurée.
Lorsque le gaz est de l’azote, il faut avoir recours à la ventilation, et en vérifier l’effet par l’épreuve delà lanterne allumée.
Lorsque les gaz déplacés par le ventilateur ou par le fourneau d’aspiration sont remplacés par des gaz qui ne permettent pas à la lumière de brûler, on doit alors faire agir continuellement le ventilateur de manière que les ouvriers soient constamment sous un courant d’air qui vient du dehors, et que. les gaz, qui ne peuvent servir d’aliment a la combustion et à la respiration, soient sans
cesse jetés au dehors par le ventilateur.
§ 2. Égouts particuliers . — On ne doit pénétrer dans un égout que lorsqu’une lampe peut y brûler, que la flamme de cette lampe ne diminue pas de volume, et que la clarté ne diminue pas d’intensité d’une manière marquée.
On emploiera, lorsque la lampe ne brûlera pas bien, soit la ventilation forcée, à l’aide du feu, soit cette ventilation produite par un tarare, en ayant soin, si l’égout a plusieurs regards, de faire des barrages pour que l’air tiré du dehors passe sur l’ouvrier et entraîne les gaz qui se dégagent, par suite du travail auquel il se livre.
Si l’égout est assez long et que les matières accumulées soient en assez grande quantité, il faut opérer le curage de façon que, sans changer de place, les égoutiers puissent se passer les seaux de main en main, et qu’ils ne soient pas forces de passer clans les boues liquides, ce qui, donnant lieu à de l’agitation, facilite le dégagement des gaz méphitiques.
Il faudra toujours que les ouvriers parlent de la partie la plus basse de 1 égout, qu’ils attaquent la masse devant eux, prenant la partie supérieure de cette masse, puis la partie inférieure; qu’ils ne montent jamais sur cette masse.