PUTRIDES (ÉMANATIONS
stitue la première phase des phénomènes de décomposition des matières organisées, est immédiatement suivie, et en quelque sorte mêlée de phénomènes d’oxygénation considérable ou de combustion lente. Cette deuxième phase peut s’effectuer presque directement si les corps organisés se trouvent placés à l’abri de l’humidité ou exposés à une température élevée et desséchante. Alors la fermentation est, pour ainsi dire, supprimée, ou du moins réduite à une faible durée, qui en modifie profondément les manifestations et les effets. On dit alors que le corps organisé se détruit par voie de pourriture sèche. C’est ainsi que les animaux se réduisent en poussière dans les déserts de l’Egypte.
La fermentation est aussi complètement, nous ne dirons pas supprimée, mais suspendue, par un froid persistant. On peut citer, à cet égard , l’exemple frappant des mastodontes antédiluviens enfouis dans les alluvions glacées de la Sibérie, et conservés jusqu'à nos jours à l’état comestible.
Mais, dans les conditions atmosphériques moyennes, c’est-àdire à des températures comprises entre + 15° et +35°, et avec le concours de l’humidité, la fermentation occupe toujours une place importante dans la décomposition complète des débris organisés.
La fermentation putride , c’est-à-dire celle qui s’exerce sur les matières organisées, dont les éléments, outre l’oxygène, l’hydrogène et le carbone, sont encore l’azote toujours et le plus ordinairement le soufre et le phosphore, et qui donne, entre autres produits, des composés très complexes, mal définis, mais parfaitement caractérisés par l’odeur ou plutôt les odeurs putrides; cette fermentation, en se combinant avec les phénomènes d’oxygénation secondaire, constitue la putréfaction, dont nous devons chercher à reconnaître les caractères particuliers dans les différentes espèces de matières putrescibles, et les variations suivant les diverses circonstances naturelles ou artificielles.
Quant à la nature des matières putrescibles, il y a lieu de faire une distinction capitale de ces matières en deux catégories. La première est celle des matières organisées, azotées, sulfurées et phosphorées, comprenant la plupart des produits ou débris animaux et une partie de débris végétaux. La seconde est formée es matières organisées peu azotées, comprenant la majeure partie des débris végétaux.
Les matières de la première catégorie entrent très facilement ni.
putrides (émanations).
on leimonliition putride, el cette fermentation joue le plus grand iôle dans la putréfaction. Les produits sont en partie alcalins, et d autant plus inlects que les proportions du soufre et du phosphore sont plus grandes.
Les matières de la deuxième catégorie, au contraire, entrent difficilement en fermentation; et la fermentation joue un faihle rôle dans leur putréfaction. Ses produits sont plutôt acides et beaucoup moins inlects que ceux de la première catégorie.
Nous joignons ici, d’après le Traité de c/iimie de M. Gjrardin, le tableau comparatif des produits de la putréfaction des deux catégories constatés ou admis par la chimie.