‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 34 sur 130 · PUTRIDES (ÉMANATIONS · texte numérisé non relu

PUTRIDES (ÉMANATIONS

3° Enfin, la décomposition par la chaux vive , qui n’est employée qu’acciden tellement, et dont on ne parait pas avoir utilisé les produits, mais qui mérite d’être examinée, car ces produits formeraient, sans doute, d’excellents engrdis, et elle a l’avantage de supprimer aussi complètement la putréfaction.

On le voit, le caractère général de ces différents procédés est de fournir, indépendamment de certains produits utiles à diverses industries spéciales, des engrais qui, répandus sur le sol et repris i par la végétation, font rentrer immédiatement dans le cercle de la vie universelle la plus grande partie des matières que la mort en avait momentanément fait sortir.

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Voij. Amphithéâtres, Cimetières, Equarrissage, Inhumation, ï Voiries.

Bibliographie. — Mémoire sur les différents états des cadavres trouvés dans les fouilles du cimetière des Innocents, par Fourcroy. Paris, 1786-1787. — Traité de chimie, par Bcrzelius, t. VII, p. 696. — De l’influence des émanations putrides sur la santé de l’homme, et des cimetières au point de vue d», la police médicale , par le docteur Riecke. Slultgard , 1840 , in-8 (en allemand). — Mémoire sur l'introduction des matières putrides dans le système circulatoire, par Gaspard ( Journal de physiologie expérimentale, de Magendie, t. II). — Dictionnaire de médecine, art. Pus, par P. Bërard , 1842, t. XXII. — Anatomie générale , par Bicliat. Paris, 1821. — Essai d'hématologie pathologique , par G. Andra!. Paris, 1843. — Observations sui' les maladies des armées, et mémoire sur les substances septiques et antiseptiques, par Pringle. Paris, 1793. Dissert, de oplimo sepeliendi usu, par Habbermann. Vindoh. , 1772. — Observations de physique, par l’abbé Rosier, année 1773 , vol. I , p. 109. — Journal des opérations, de M. Hecquet, sur les exhumations dans l’église Saint-Éloi , à Dunkerque , 1783. — Relation d’une épidémie de fièvre maligne , par de Lassone {Mémoires de la Société royale de médecine, année 1776, t. I). — De l’influence et de l’assainissement des sulles de dissection, par Parent-Duchâtelet ( Ann.cl’hyg.et de méd. Icg., t. V, p. 243). — Hygiène de l’étudiant en médecine et du médecin , par Requin (thèse de concours).. Paris, 1837. Des obstacles que les préjuges médicaux apportent dans quelques circonstances ci l’assainissement des villes et à l’établissement de certaines manufactures , par Parent-Duchâtelet {Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XIII, p. 245). — Mémoire sur la nature des émanations putrides , par Warren {Journal du orogrès, Paris, 1830, t. IX , p. 66). — Collection complète des mémoires sur l’hygiène oublique, par Parent-Duchâtelet. Paris, 1835, passim. - Mémoire sur les cimetières, oar Wurzer (Annales de chimie, 1794, t. II, cahier 8, n» 1). — Mémoire sur les cime- ’urcs, les abattoirs et les voiries, par Eisenmann {Annalcn der staals Arzneikunde, 1840). — Recherches pour déterminer jusqu'à quel point les émanations putrides promettant de la décomposition des matières animales peuvent contribuer à l’altération des substances alimentaires, par Parent-Duchâtelet {Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. V, p. 1, 1831 . — Rapport sur les émanations putrides, par Villermé ; et Discussion à V Âca- < mie royale de médecine ( Archives générales de médecine, 6e année, t. XVIII n 459 1 an., IMS). - Mémoire ,ur U, delà pe„c, par Pari, et d’hyl cld'e

pari', X’,λV y* P-f*7°)— Ves fermentations, par Ch. Robin (thèse de concours.

, .’ >: üe 1(1 Recomposition putride, par Robinet (thèse de concours à l’école

ie püarinacie, Paris, 1853).

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PIUOGÉKÉE (HUILE), — Voy. Gaz, Huile, Os.

QUARANTAINES. — Voy. Régime SANITAIRE.

RAFFINERIE. — Voy. Sucre.

RAGE. — Nous avons à parler d’un des maux les plus horribles qui affligent l’humanité, et qui à ce titre est du domaine de l’hygiène publique. Cette question d’ailleurs a pris un intérêt nouveau depuis que, sur l’initiative de M. Dumas, alors ministre de l’agriculture et du commerce, une enquête générale et permanente a été instituée dans toute la France, sur tous les cas de rage qui s’y produisent chaque année. Spécialement chargé au sein du comité consultatif d’hygiène publique de résumer les résultats de cette enquête, nous les avons consignés dans deux rapports où se trouvent aussi posés les problèmes pratiques qui se rapportent à ce grave sujet, considéré au point de vue de l’hygiène.

Nous ferons précéder ces deux documents d’un court aperçu de la maladie chez l’homme et chez les animaux.

La rage est une maladie résultant, chez l’homme, de la transmission de la rage des animaux , et notamment du genre Canis , caractérisée spécialement par un désordre général et profond des fonctions nerveuses , une grande exaltation de la sensibilité, l’horreur des liquides ( hydrophobie ), parfois des accès de fureur, et se terminant constamment par la mort.

Chez les animaux , bien que l’on ait révoqué en doute le développement spontané de la rage, il parait cependant bien démontré chez le chien, le loup, le renard, et peut-être le chat ; et les causes qu’on lui a attribuées, d’ailleurs sans fondements bien positifs, sont l’extrême chaleur, la sécheresse , les alternatives de froid et de chaud, une nourriture mauvaise, le manque d’eau, etc. Mais le plus ordinairement la rage est l’effet de la contagion. Par cette voie elle se transmet des animaux, qui peuvent en être primitivement atteints, aux autres mammifères et même aux oiseaux, sans que ceux-ci puissent la communiquer à leur tour. Avant d’éclater, la maladie transmise reste à l’état d’incubation pendant un temps variable de quinze jours à six semaines, quelquefois même plus long, quatre-vingts jours par exemple. Les premieis signes de la rage chez les animaux domestiques, et notamment chez le chien, sont : l’abattement, la tristesse , 1 inquiétude, le re-

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lus de boire et de manger. Plus tard il survient de l’agitation; l’animal est sourd à la voix de son maître, erre sans but, les yeux enflammés et menaçants, l’oreille basse, la queue traînante, l’écume à la bouche , la voix éteinte ou enrouée ; quelquefois poussant des hurlements. Pans sa course tantôt rapide, tantôt incertaine, il fuit les ruisseaux, et se jette, soit de son propre mouvement, soit seulement lorsqu’on l’irrite, sur les animaux ou les hommes qu’il rencontre et qu’il mord avec fureur. Cet état ne persiste pas longtemps ; après quatre, cinq ou six jours, les forces s’épuisent; l’animal enragé est tantôt paralysé des membres postérieurs, tantôt agité de convulsions qui reviennent par accès et au milieu desquelles il ne tarde pas à succomber. La rage ne se présente pas toujours avec les mêmes symptômes ; l’hydrophobie n’est pas constante, non plus que les paroxysmes furieux. Certains chiens enragés sont restés jusqu’à la fin très attachés à leurs maîtres, delà main desquels ils n’ont pas refusé les boissons. Du reste, l’envie de mordre ne s’observe que chez les animaux qui se défendent avec les dents. Dans quelques cas elle est neutralisée par la paralysie de la mâchoire inférieure, qui reste pendante et immobile (rage mue). Aucun signe anatomique constant ne caractérise la rage chez les animaux. On a décrit à tort comme constante l’existence de vésicules sous-linguales, situées sur les côtés du frein de la langue, et suivies de petites ulcérations. Si cette lésion existe quelquefois, on peut affirmer qu’elle est rare , et dans tous les cas la sérosité qu elles contiennent ne peut pas transmettre la maladie.

Chez l’homme, la rage, toujours communiquée, ne se développe qu après une incubation souvent très longue, qui remonte au moment où le virus rabique a été déposé dans les tissus par une ou plusieurs morsures, et qui peut se prolonger de quinze à quarante jours, et, dans quelques cas même, jusqu’à un an, rarement plus. Il est difficile d admettre les cas où l’on dit avoir vu l’incubation dépasser cette limite déjà extrême.

L’invasion de la maladie est marquée par un sentiment de lassitude générale , de la céphalalgie , de l’agitation, de l’insomnie, une exaltation insolite des facultés intellectuelles, ou au contraire une tristesse inaccoutumée, un besoin marqué de solitude, desombres pressentiments, quelquefois des mouvements spasmodiques, des Irissons, des nausées et des vomissements. En même temps il survient non constamment, mais dans quelques cas, des douleurs sourdes ou lancinantes au niveau des plaies d’inocula-

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