‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 41 sur 130 · U AGE · texte numérisé non relu

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cautérisation la plus prompte et la plus complète des plaies virulentes. Combien n’est-il donc pas regrettable de voir se perpétuer, malgré les progrès de la science et les efforts incessants de l’administration, des pratiques absurdes, des superstitions d’un autre âge, qui, remplaçant le seid traitement encore ellicace, livrent de malheureuses victimes à un mal qui ne pardonne pas. Nous ne voulons pas passer en revue les breuvages, les mixtures, les remèdes impuissants par lesquels les empiriques , comme il s’en trouve malheureusement dans presque tous les pays, ne craignent pas d’abuser les populations crédules de nos campagnes. Mais il est des faits qtd ont un caractère plus grave encore , et nous paraissent de nature à appeler toute la sollicitude de l’administration. Dans plusieurs localités, et notamment dans les départements du Nord, de la Marne et du Pasde-Calais, il existe une croyance dans la vertu antirabique des reliques de saint Hubert. Ici c’est un fragment de l’étole du saint que l’on introduit, à l’aide d’une petite incision, sous les téguments du front; là c’est la clef de saint Hubert, qui, rougie à blanc, est également appliquée sur un point du crâne. Les individus exposés à la contagion sont conduits en pèlerinage à la chapelle ; et dans le Nord on joint à la petite opération que nous venons de rappeler une sorte de quarantaine pendant laquelle l’individu exposé à la contagion est séquestré et condamné à un repos physique que doivent sans doute très souvent troubler des préoccupations morales et des appréhensions dont ne peut toujours triompher la plus aveugle confiance. Nous ne pouvons admettre que l’administration soit désarmée en présence de laits semblables ; et bien que nous nous refusions à croire que des ministres du culte se prêtent à des pratiques qui révoltent à la fois le sentiment religieux et la raison, nous pensons qu’il pourrait ne pas être inutile de faire un appel direct à 1 autorité ecclésiastique, dont les conseils et au besoin les pi esci iptions seraient certainement le moyen le plus sûr de détruire des superstitions qui compromettent si tristement la religion et l’humanité.

L’intervention de l’administraüon s’exerce heureusement d’une manière plus directe pai diveis moyens qui sont tout à fait de son ressort, et qui ont été dans quelques dépaitements mis en pratique avec un zèle que nous sommes heureux d’avoir à proclamer comme d’excellents exemples à suivre.

MM. les piéfets ont presque partout rendu public le programme d’enquête qui leur avait été adressé, en y joignant de courtes instructions insérées dans le Recueil des actes administratifs. Cette publicité générale a des avantages incontestables : mais nous croyons utile d’y joindre un appel plus spécial à l’adresse de certains établissements, notamment des infirmeries et écoles vétérinaires et surtout des hôpitaux. Nous avons remarqué, en effet, comme nous l’avons fait déjà dans notre premier rapport, que dans le département de la Seine, qui a été, en 1852, cruellement éprouvé par la rage, les faits recueillis dans les hôpitaux sont les plus incomplets de tous et manquent absolument de détails. On n’en peut accuser l’administration de l’assistance publique, qui apporte tant de soin et d empressement dans toutes les recherches statistiques ou autres qui peuvent éclairer quelque point de science et servir les intérêts de l’humanité. Mais il est liés probable que les cadres à remplir n’ont pas été directement envoyés à cha-

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A côte de celte publicité olliciellc, <jui peul rendre de si grands services eu appelant la lumière et en la répandant par des instructions populaires, il en est une autre qui n est pas toujours exempte d’inconvénients. Nous voulons parler de 1 insertion dans les journaux politiques de récits souvent exagérés, sinon controuvés, de prétendus exemples de transmission de la rage, qui jettent la terreur dans les populations et ne contribuent pas peu à accréditer les préjugés et les erreurs que nous avons combattus, ou même à donner cours aux succès mensongers des empiriques et des charlatans. Plusieurs conseils d’hygiène, et en particulier celui de Lyon, ont insisté avec autant de force que de raison sur la nécessité d’exercer à cet égard une surveillance active sur les journaux. Vous n’hésiterez pas, messieurs, à vous associer à ce vœu et à l’appuyer près de M. le ministre de toute votre autorité.

Les mesures propres à atteindre le développement et la propagation de la rage dans sa source môme sont de celles qui méritent le plus d’ôtre encouragées. Les administrations locales n’ont pas manqué à cette partie de leur mission. La poursuite et l’enlèvement des chiens errants ont été prescrits dans les grandes villes par des règlements de police municipale et ordonnés pas voie d’affiche dans les campagnes. Nous devons rappeler aussi la proposition d’un impôt sur les chiens qui a été renouvelée par plusieurs conseils généraux, et quia été l’objet d’une pétition spéciale émanée du conseil central d’hygiène et de salubrité du département du Rhône.

Tel est, messieurs, le résumé exact de celte enquête, qui ne sera pas l’un des moindres services rendus à la santé publique par l’administration supérieure qui nous a fait l’honneur d’adopter sur ce point nos avis. Presque partout elle a été confiée par MM. les préfets au zèle éclairé des conseils d’hygiène et de salubrité ; garantie assurée de l’intelligence avec laquelle devaient être secondées les vues qui ont dicté le programme émané de votre instruction. Nous ne pourrions trop hautement nous féliciter de ce concours, qui a tourné au profit de la science, et doit, d’année en année, agrandir le champ de ces intéressantes observations, et en tirer plus de fruits. Dès à présent, nous croyons devoir signaler à M. le ministre les rapports si remarquables de M. le docteur Gintrac et de M. Lecoq, directeur de l’école vétérinaire de Lyon ; de MM. les docteurs Coze, Bertrand et Dumoutier, du Pas-de-Calais, et Joly, de Clermont (Oise), en le priant de vouloir bien, par tous les moyens dont il dispose, encourager et favoriser la continuation de cette enquête annuelle sur les faits de rage qui se produisent sur les divers points du territoire de l’empire.

Bibliographie. — Dissertations sur la rage, par Leroux, Baudot, Bouteille, Bonel de la Brageresse, Matthieu, Melzler ( Mémoires de la Société royale de médecine, année 1783, IIe partie, Paris , 1784, în-4<0. — Méthode de traiter les morsures des animaux enragés , par Enaux et Chaussier. Dijon, 1785, in-12. — Dissertation sur la rage , par la Bonnardière. Paris, 1820, in-A°. — Nouveau traité de la rage, par Trolliet. Paris , 1820, ln-8. -- Monographie sur la rage, par Saint-Martin. Paris, 1826. — Rapport général fait à la demande du gouvernement sur divers remèdes proposés pour prévenir ou pour combattre la rage, par M. Bouchardat ( Bulletin de l’Académie impériale de médecine, Paris , 1852 , t. XVIII , p. 6 à 30).

KAMONAGE. — Voy. ClIËMiNÉE.

RECRUTEMENT. — Voy. Hygiène militaire.

RECTIFICATION. — Voy. Alcool.

RÉGIME SANITAIRE. — On donne maintenant les noms de régime on de système sanitaire à l’ensemble des mesures et des règlements qui ont pour objet de prévenir le développement et d’empêcher la propagation des maladies réputées pestilentielles, notamment de la peste d’Orient, de la fièvre jaune et du cliolérainorbus asiatique. Lorsque ces mesures étaient exclusivement fondées sur la croyance que les maladies contre lesquelles elles étaient dirigées se propageaient par contagion, et qu'il s’agissait, avant tout, d’empêcher toute communication entre les lieux sains et les personnes ou les choses infectées, elles constituaient plus particulièrement ce qu’on appelle encore aujourd’hui la police sanitaire.

C’est, en effet, à l’hypothèse de la transmission de la peste et des autres maladies considérées comme pestilentielles, par voie de contagion, que le régime sanitaire qui subsiste encore en Europe doit son origine. Ce n’est pas ici le lieu de discuter cette hypothèse dans son application aux trois maladies que nous avons désignées plus haut. (Voy. dans ce Dictionnaire les mots Contagion, Choléra, Fièvre jaune et Peste.) Le seul but de cet article est de faire connaître les mesures législatives ou administratives qui ont été adoptées, particulièrement en France, pour prévenir 1 introduction de ces maladies ou pour en arrêter les progrès, si elles venaient à pénétrer dans l’intérieur du pays, j ^ La peste d’Orient a été, pendant longtemps, la seule maladie a laquelle les mesures sanitaires proprement dites aient été appliquées. On ne voit pas que chez les peuples de l’antiquité aucune précaution ait jamais été prise pour empêcher l’apparition de ces pestes , si souvent mentionnées par les historiens, et dans lesquelles on a cru reconnaître, avec plus ou moins de raison, les caractères de la peste d’Orient. Un savant ingénieux, le docteur lariset, avait attribué la pratique de l’embaumement, qui s’était continuée, en Egypte, jusque sous la domination romaine, à des mes profondes de salubrité et d’hygiène publique, et c’est à cette iratique qu’était due, selon lui, la rareté relative des pestes dans a terre des Pharaons. Il esta remarquer que la législation mosaïlue, qui entre dans les détails les plus minutieux sur tout ce nui ouche a la salubrité, ne prenait aucune précaution relativement

26N régime sanitaire.

u la pesle que les Israélites avaient dû connaître en Egypte. On peut croire, néanmoins, que les dispositions des lois de Moïse concernant la lèpre n’ont pas été sans influence sur la nature des mesures qui lurent adoptées au moyen âge, pour prévenir l’importation de la peste.

C’est à la république de Venise qu’appartient réellement l’introduction du régime sanitaire en Europe. Ayant vu plusieurs fois son territoire ravagé par la peste, par suite de ses relations commerciales avec le Levant, au xnc, au xv* et au xvi8 siècle, Venise, qui dès l’année 1348 avait déjà des provéditeurs delà santé, établit en 1/|03, dans une île appartenant aux pères Augustins et appelée Sainte-Marie de Nazaretb, un hôpital destiné à isoler les pestiférés. C’est du nom de cet hôpital que plusieurs auteurs et notamment le docteur Frari, dans son ouvrage sur la peste, font dériver le mot de lazaret. Cette institution fut bientôt imitée par les autres Etats qui avaient des relations avec le Levant. Gènes eut son lazaret en 1467, Marseille eut le sien en 1526 ou en 1527. Mais, bien avant cette époque , il existait à Marseille des établissements pour les pestiférés. En 1476, les consuls de la ville reçurent du roi René les instructions pour appliquer à ces établissements le régime des léproseries. C’est de là que date, pour Marseille, le régime du système d’isolement et de séquestration qui constitue, à proprement parler, le régime quarantainaire. Les institutions ainsi formées eurent d’abord un caractère entièrement municipal; mais plus tard, les administrations spéciales qui avaient été chargées de l’application des règlements sanitaires sous les dénominations d’intendants de la santé à Marseille et à Toulon, de magistrats de la santé en Italie, parvinrent à se rendre à peu près indépendantes, et soulevèrent quelquefois les luttes avec les municipalités de qui elles tenaient primitivement leurs pouvoirs. Cette sorte d’indépendance fut successivement consacrée en France par un grand nombre d’actes émanés des souverains, une certaine juridiction fut accordée à l’intendance sanitaire de Marseille. Sur tout le littoral de la France méridionale, Marseille parvint jusqu’à une époque très récente à conserver cette suprématie qui se liait pour elle au monopole du commerce du Levant.

Jusqu’en l’année 1822, la police sanitaire, en France, n avait été régie par aucune loi. Comme d’après les anciens règlements, les bâtiments venant des pays suspects de peste ne pouvaient aboi der que dans les ports de Marseille et de Foulon, il n y avait pas

à s’occuper de régime sanitaire contre la peste sur le littoral de l’Océan et de la Manche. La fièvre jaune n’avait donné lieu, jusquelà, qu’à des mesures temporaires et locales, autorisées, suivant les circonstances, par l’administration; le choléra-morbus de l’Inde était à peine connu de nom.

L’apparition de la fièvre jaune, en Catalogne, sur les frontières delà France, en 1821, répandit l’effroi dans une partie de la population, et comme les idées de contagion dominaient alors parmi les hommes qui exerçaient la plus grande influence sur les déterminations du gouvernement, en matière sanitaire, on fut amené à demander aux chambres une loi qui a été jusqu’à ces derniers temps la base de notre régime sanitaire.

Celle loi , qui porte la date du 3 mars 1822, fut suivie d’une ordonnance, en date du 7 août de la même année, et d’instructions détaillées qui développaient les dispositions de la loi et de l’ordonnance pour en faciliter l’application. Nous ne reproduirons ici ni le texte de cette ordonnance, ni les instructions qui ont été, en grande partie, abrogées de fait par des actes et des I règlements ultérieurs.

Vers l’époque même de sa promulgation, la loi du 3 mars 1822 fut vivement attaquée par le docteur Chervin dans l’application qu’on voulait en faire à la fièvre jaune. Quoique les pétitions adressées aux chambres, les mémoires publiés par ce médecin, pour empêcher la construction de lazarets sur les côtes de l’Océan et de la Manche, n’aient point eu de résultat immédiat, les discussions qu’ils suscitèrent n’en eurent pas moins pour effet d’affaiblir considérablement parmi les médecins, et, par suite, dans l’administration elle-même, la croyance à la contagion de la fièvre jaune et à l’efficacité des mesures sanitaires pour combattre cetle maladie.

Lorsqu’en 1831 , le choléra, parti de l’Inde, pénétra en Europe après avoir traversé tout le continent asiatique, tous les gouvernements essayèrent tour à tour d’arrêter sa marche par des quarantaines et des cordons sanitaires. On sait assez comment le fléau se joua de ces vains obstacles. Ici encore, le régime sanitaire fondé par la loi du 3 mars 1822 reçut un nouvel échec et le gouvernement français reconnut hautement, dans des publi- > cations officielles, l’inutilité des quarantaines contre le choléra.

Le système quarantainaire ne conservait plus guère d’autorité dans 1 opinion publique qu’en ce qui concerne la peste. Mais là

même, il fut bientôt attaqué au moins dans ce qu’il avait d’exagéré et d illogique. La conquête de l’Algérie mit d’abord le gouvernement dans la nécessité de réduire successivement la durée des quarantaines qui avaient été jusque-là imposées aux provenances des Etats barbaresques, même lorsque ces pays étaient exempts delà peste. Une fois entré dans cette voie, on ne s’arrêta plus : l’administration s’attacha pendant plusieurs années à supprimer graduellement toutes les restrictions quaranlainaires qui ne paraissaient pas justifiées par l’intérêt réel ou au moins apparent de la santé publique. On se ferait difficilement une idée des difficultés, des résistances qu’il rencontrait à chaque réforme qu’il voulait opérer, soit de la part de l’intendance sanitaire de Marseille, accoutumée, depuis longtemps, à une sorte d’omnipotence dans la sphère de ses attributions, soit de la part des magistrats de santé de l’Italie, qui accusaient la France d’ouvrir la porte à la peste, et qui faisaient peser sur notre commerce la responsabilité des mesures qu’ils désapprouvaient. Enfin, la lumière se lit. Deux missions confiées à M. de Ségur Dupeyron, alors inspecteur des établissements sanitaires, et qui, quoique contagioniste, signala dans ses rapports les vices et les incohérences du système sanitaire ; les écrits publiés par plusieurs médecins et notamment par M. Aubert-Roche; la concurrence faite à nos paquebots-poste par les paquebots du Lloyd autrichien, à l’aide de la réduction des quarantaines dans le port de Trieste; enfin, le remarquable Rapport de l’Académie de médecine sur la peste et les quarantaines , tels sont les principaux faits qui amenèrent une réforme presque complète dans le régime sanitaire jusque-là en vigueur. Les actes qui ont réalisé cette réforme sont particulièrement une ordonnance royale du 18 août 18Zi7, un décret du 10 août 18 k9 et un décret du 2à décembre 1850.

Ce n’était pas assez de modifier, d’améliorer pour nous notre régime sanitaire, il fallait encore, dans l’intérêt du commerce, faire accepter ces modifications par les pays avec lesquels la France entretient des relations importantes. De là est venue l’idée d’un congrès ou d’une conférence sanitaire formée par les délégués des diverses puissances qui ont des intérêts solidaires dans la Méditerranée. Cette idée, d’abord proposée par 31. de Ségur Dupeyron dans l’un de ses rapports au ministre du commerce, adoptée par le gouvernement, qui avait entamé pour la réaliser des négociations sans résultat, fut reprise, en 1850, avec plus de succès

par M. 1 o docteur Mêlier, membre du comité consultatif d’hygiène publique : un programme rédigé par lui fut agréé par les gouvernements intéressés comme base de discussion ; une conférence formée par les délégués de la France, de l’Autriche, des Deux- Siciles, de l’Espagne, des États romains, de la Grande-Bretagne, de la Grèce, du Portugal, de la Russie, de la Sardaigne, de la Toscane et de la Turquie, s’est réunie à Paris et a arrêté, après de longues discussions, un projet de convention et de règlement sanitaire international.

Nous voulons ici exposer le système sanitaire actuellement établi en France et non le juger, les observations auxquelles il pourrait donner lieu étant plus à leur place dans les articles relatifs aux trois maladies épidémiques que les mesures dites sanitaires tendent à prévenir. Il est assez évident, par l’histoire des institutions sanitaires, que ces institutions ne sont pas l’œuvre de la science, qu’elles se sont formées peu à peu, par suite de cette disposition qui porte l’homme à éloigner de lui tout ce qu’il redoute, disposition fortifiée par le spectacle des épidémies où l’on voit si souvent les habitants d’une même ville, d’une même maison, d’une même famille, successivement frappés, comme si la maladie de l’un s’était communiquée à l’autre; les savants, les théoriciens, sont venus ensuite et ont cherché à ériger en système ce (pii n’était d’abord qu’une pratique, pour ainsi dire, instinctive. Par là, il est aisé de s’expliquer le genre d’obstacles contre lesquels les gouvernements ont eu à lutter, lorsqu’ils ont cherche à adoucir les rigueurs du régime sanitaire. A part même les intérêts quon ne pouvait avouer et qui trouvaient leur compte au maintien des anciens abus, il y avait dans une partie considérable de la population du littoral des préjugés invétérés contre toute innovation qui semblait affaiblir les barrières que la sagesse de nos peres avait su opposer à l’introduction des maladies contagieuses bi des épreuves malheureusement trop répétées ont rendu en ouelque sorte palpable l’inutilité des quarantaines contre le choléra* M la croyance à I’cllicacilé de ce moyen de préservation contré la fievre jaune a perdu une grande partie de son empire en Aîné-’

' "jue et dans les pays européens qui n’ont jamais ressenti les a teintes de ce fléau , la peste n’en est pas moins resté , objet de terreur, et, malgré les doutes qu’on a élevés, surtout

j a"S Ces derniers temPs* SU1' l’utilité des quarantaines même contre •I peste, aucun corps savant, aucun des conseils officiels du gou-

vernement n’a osé demander, en France, l’abolition complète du système cjuaran tain aire en ce qui concerne la peste d’Orient.

Il n en a pas été de même en Angleterre : le General boardof health , conseil supérieur de santé, institué en 1848 par un acte du parlement, n’a pas craint de se prononcer, dans plusieurs rapports adressés à la cour d’Angleterre et présentés au parlement, contre les quarantaines appliquées à la peste comme à la fièvre jaune et au choléra. Suivant lui, soit que l’on considère ces maladies comme ayant, essentiellement un même principe, modifié seulement dans son action par le climat ou d’autres circonstances mal connues, soit qu’on rapporte chacune d’elles à une cause spécifique d’une nature particulière, on doit reconnaître si elles ont des caractères communs, que leur diffusion obéit aux mêmes lois et que le degré de leur intensité dépend des mêmes conditions sociales ou sanitaires. De là cette conséquence que la véritable sauvegarde contre les maladies pestilentielles ne consiste pas dans les règlements quarantainaires, mais dans les mesures réellement sanitaires, c’est-à-dire dans les mesures qui ont pour objet de prévenir ou de supprimer les conditions sans lesquelles les maladies dont il s’agit ici ne paraissent pas pouvoir exister.

Ces mesures sanitaires conseillées par le General boardof health sont la destruction de tous les foyers d’infection dans les villes et dans les campagnes, l’amélioration des habitations, au point de vue de l’hygiène, des règlements rigoureux et sévèrement exécutés pour prévenir l’encombrement et assurer les soins de propreté, la bonne qualité des vivres et de l’eau à bord des navires; enfin, si malgré ces précautions, une épidémie pestilentielle vient à se manifester, l’abandon des localités malsaines et le campement des habitants dans des lieux où ils se trouvent soustraits à l’inlluence des causes d’insalubrité qui ont favorisé le développement de l’épidémie.

ha théorie générale sur laquelle reposent ces conclusions est loin d’être inattaquable; mais l’utilité, l’importance des mesures hygiéniques pour prévenir la naissance ou pour prévenir l’intensité des épidémies pestilentielles, est depuis longtemps reconnue. Ce sont ces moyens que l’autorité a surtout recommandés en France contre le choléra, depuis que l’impuissance des quarantaines pour arrêter la marche de cette épidémie a été démontrée. Quant à la peste elle-même, la France, la première entre toutes les nations de l’Europe, a cherché à la combattre dans son berceau ,

soit en usant d’abord de son influence pour faire adopter en Turquie et en Egypte un système de quarantaines qui était au moins un progrès sur l’ancien état de choses, soit en constituant, d’après l’avis de l’Académie de médecine, des médecins sanitaires dans les principaux ports du Levant. Ces médecins, en effet, n’ont pas seulement pour mission de fournir au gouvernement des informations positives sur la situation sanitaire de leur résidence, ils sont aussi appelés à rechercher, à étudier les causes de la peste sur les lieux où elle règne habituellement, et à porter dans la commission sanitaire dont ils font partie les notions les plus saines sur les meilleurs moyens à employer pour empêcher le développement ou arrêter la propagation de ce fléau.

Les mesures hygiéniques tenaient aussi une grande place dans le programme qui a servi de base aux discussions de la conférence sanitaire, et dans le projet de convention et de règlement sanitaire international elles sont considérées comme la principale condition à laquelle on subordonne la réduction des quarantaines.

Si 1 on compare ce qu’était le régime sanitaire de toutes les nations de l’Europe, il y a trente ans , à ce qu’il est aujourd’hui, on ne pourra méconnaître qu’en ce petit nombre d’années, des progrès importants ont été accomplis ; que des pratiques surannées onéreuses au commerce et à lanavigation, ont été abolies, et que les quarantaines ont été généralement réduites, au moins en France autant qu elles peuvent l’être, si l’on ne renonce pas tout à fait à ce moyen de précaution contre la peste ; que si l’on trouve encore dans les reglements sanitaires bien des incohérences, bien des dispositions que rien ne paraît justifier, il ne faut pas oublier que la science ne préside pas seule à la rédaction de ces règlements i T1 en suiva,lt ses conseils autant qu’il est possible de le faire ’ es gouvernements doivent aussi tenir grand compte des préjugés jopulaires et des intérêts commerciaux qui se trouvent quelqueois aussi lésés par la réduction intempestive des mesures quaan ta mai res que par l’exagération de ces mêmes mesures. La soljicitudc avec laquelle les gouvernements s’occupent maintenant les questions d hygiene publique permet d’espérer de nouvelles .mel locations dans le régime sanitaire; mais c’est à l’expérience nous apprendre dans quelles limites l’homme a le pouvoir de opposer a ces fléaux dévastateurs qui, sous des noms et sous

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