RIZ , RIZIÈRES
rédiger des rapports généraux basés sur les rapports spéciaux des médecins sanitaires de son arrondissement.
Ces rapports généraux seront à leur tour adressés, une fois par mois en Turquie et deux fois par mois en Égypte, au corps consulaire local et au conseil de santé de Constantinople.
Le médecin central d’Alexandrie communiquera, en outre, son rapport général au conseil de santé d’Alexandrie.
Art. 23. Chaque médecin central rédigera, au commencement de chaque année, un rapport détaillé sur l’état de santé de son arrondissement pendant l’année précédente, et sur toutes les conditions sanitaires qui s’y rattachent.
Art. 24. Ces rapports annuels, écrits en français, seront imprimés dans le lieu de la résidence du médecin central , et seront distribués en nombre suffisant d’exemplaires :
1" A tous les représentants des puissances européennes intéressées, qui en feront part à leurs gouvernements respectifs ; 2° à tous lés délégués européens, membres des conseils de santé de Constantinople et d’Alexandrie, qui les communiqueront en entier ou en partie à ces conseils mêmes ; et 3° à tous les médecins sanitaires en Turquie et en Égypte , qui les communiqueront également , en partie ou en entier, aux autorités sanitaires locales.
Bibliographie. — Histoire des principaux lazarets à’ Europe, par J. Howard. Paris, 1801. — Guide sanitaire des gouvernements européens, par L.-J. Robert. Paris, 1826, 2 vol. in-8. — Examen des principes de l'administration en matière sanitaire , par N. Chervin. Paris, 1827. — Pétition aux chambres pour la suppression immédiate des mesures sanitaires , par le même. 1843, in-8. — Rapports au ministre du commerce sur les divers régimes sanitaires, les quarantaines, par M. Ségur- Dopeyron. Paris, 1833-1846. 4 part. in-8. — Essai sur l'acclimatement des Européens dans les pays chauds, par M. Aubert-Roche ( Annales d' hygiène publique, Paris, 1844 et 1845 , t. XXXI , XXXII , XXXIII , XXXIV). — Rapport à l’Académie de médecine sur la peste et les quarantaines , fait au nom d’une commission , par R. Prus , 1846. — Instructions pour les médecins sanitaires envoyés en Orient ( Bulletin de l’Académie de médecine, t. XIII, p. 225, 985).
REï?lÈ»ES SECRETS. — Voy. Pharmacie.
R ÉMOU LEURS . — Voy. Aiguiseurs.
RÉSERVOIRS. — Voy. Eau, Filtre, Fontaine, Plomb.
RIZ, RIZIÈRES. — Il est quelques espèces de cultures qui portent nécessairement avec elles une certaine somme d’insalubrité, et dont cependant on ne peut se passer sans porter atteinte à l’industrie et aux premiers besoins de la société. Telle est la culture du riz. Tous les auteurs qui s’en sont occupés et qui ont cherché à connaître l’influence qu’elle pouvait exercer s’accordent i\ la signaler comme nuisible. En effet, cette culture nécessite l’inondation du terrain où croît cette précieuse substance alimentaire ; elle condamne les paysans à travailler pendant une
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partir de I aimée, les jambes dans l’eau donnante : aussi sur les rizières du Piémont, du Milanais et de la Caroline , la population rurale estétiolée, sujette aux engorgements abdominaux et véritablement décimée par la mort avant Page de quarante ans. On trouve dans les bulletins de 1845 de l’Académie nationale de médecine, à propos de la création d’un prix par l’Académie d’agriculture de Turin, un énoncé qui ne met pas en doute son opinion sur le danger des rizières. Cette Société posait la question en ces termes : « Déterminer par les faits et le raisonnement l’influence que la culture du riz peut avoir sur la santé de l’homme; démontrer l’influence nuisible des rizières ; indiquer les règles hygiéniques les plus efficaces pour concilier cette culture avec la santé des personnes sujettes à cette influence ; enfin , examiner et déterminer si la somme du bien produit par les rizières dépasse la somme du mal qui peut provenir de la même cause. » On voit assez que cette question ainsi posée dans un pays rizicole est de nature à inspirer les gouvernements sur leurs devoirs louchant la surveillance des terrains producteurs du riz. Pendant le siècle dernier, Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne, mû par un sentiment d’humanité, avait résolu d’anéantir la culture du riz dans le Piémont.
Les grands États de l’Église, possesseurs des rizières, s’y opposèrent, et le tiers état ne témoigna aucun désir de voir se réaliser un projet aussi bienfaisant. On comprendra facilement l’insalubrité de la culture du riz. En effet, du sol tenu longtemps sous les eaux, où on l’a semé, s’élèvent, quand on vient à le découvrir, des émanations délétères dont l’influence se lait aussitôt sentir, quelquefois à des distances considérables. La pâleur et la maigreur des habitants, les fièvres intermittentes, les hydropisies, le scorbut, et les autres maladies auxquelles ils succombent avant la vieillesse, sont les effets de cette culture. Ces considérations ont engagé les gouvernements du midi de l’Europe à restreindre par des lois rigoureuses l’étendue des rizières. La substitution du riz de montagne à la variété commune paraît le meilleur moyen de préserver des suites fâcheuses de cette culture d ailleurs si importante.
On a prétendu que les nombreux marais qui existent encore dans toute la France seraient moins nuisibles en les employant à la culture du riz qu’ils ne le sont actuellement, tout en ne produisant que des plantes inutiles. Ces objections ont été victo-