‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 76 sur 130 · SAVON (FABRIQUES DF · texte numérisé non relu

SAVON (FABRIQUES DF

île vapeur infecte et de gaz sulfhydrique. Ces différentes circonstances donnent, on le voit , lin certain intérêt à l’étude hygiénique des savonneries, et justifient les détails dans lesquels nous allons entrer. Les Conseils d’hygiène des départements des Bouches-du-Rhône et du Nord, dans lesquels cette industrie est très répandue, ont recueilli en plusieurs occasions des éléments précieux pour cette étude.

Une fabrique île savon comprend trois parties distinctes : la première consiste en fossés ou bassins désignés, dans le Midi, sous le nom de barquieux , où l’on place le carbonate de soude, la chaux et l’eau destinée à former la dissolution. La deuxième comprend les chaudières de 5 à 6 mètres de profondeur, construites en pierre de taille, au fond desquelles se trouve le foyer. La troisième consiste en des chambres appelées mises , destinées au refroidissement de la pâte.

Voici, maintenant, quelles sont les fonctions de ces trois parties. La soude, mêlée avec de l’eau et de la chaux dans les barquieux, donne lieu à une dissolution qui, au moyen d’une conduite, est menée dans les chaudières placées vis-à-vis. Dans les chaudières se trouve l’huile qui, par son mélange avec la soude, doit donner

le savon au moyen d’une cuisson convenable. Lorsque la matière est arrivée au degré voulu , on la retire de la chaudière, et on la place dans les chambres ou mises où elle se refroidit. Les mises sont formées par des compartiments séparés, au moyen de cloisons de 0,75 au-dessus du sol des chambres. C’est l’épaisseur de la masse de savon que l’on débite ensuite sous la forme des pains de savon connus dans le commerce, en la coupant avec des fils de cuivre. Pour les savons blancs, les compartiments n’ont que 0m,10 de hauteur. Enfin, il existe une annexe aux trois divisions précédentes, qui, au point de vue de la salubrité publique, est celle sur laquelle l’attention doit plus particulièrement se fixer. Lorsque la matière placée dans la chaudière a subi une première cuisson, on retire de la surface la portion qui est déjà au point convenable pour lournir le savon, et on la porte dans les mises où elle doit se refroidir. Le résidu de cette matière dans lequel se trouvent les éléments du savon non encore isolés est soumis à une nouvelle cuisson , au moyen de laquelle ces éléments sont extraits. Cette seconde opération donne lieu à un dernier résidu qui porte le nom de lessive rrruitc, et n’est plus d'aucune utilité. Cette lessive a une odeur désagréable, sinon nuisible; à Marseille, on la conduit dans la mer

SECUEKIES UE MORUES.

par des en mm x souterrains , el ce n’est j)«is , sans aucun doute, une des moindres causes de 1 infection du port. Ailleurs, cette lessive est renfermée dans des fosses de pierre de taille, placées à la profondeur de 5 à 6 mètres au-dessous du sol. Ces bassins doivent être recouverts hermétiquement, et la maçonnerie formant. les parois ne doit permettre aucune inliltration de nature a vicier les sources ou les eaux du voisinage.

Dans tous les cas, les résidus solides provenant de la saponification doivent toujours être provisoirement placés sous des hangars, afin que les eaux pluviales ne puissent les délayer et les répandre sur la voie publique, et les résidus liquides doivent être recueillis avec, soin dans une fosse ou dans un récipient parfaitement étanche, pour être avec les résidus solides enlevés ultérieurement.

Quanta la fumée et aux buées épaisses et nauséabondes qui se dégagent pendant la saponification et la cuisson de la pâte, il importe d’éviter leur dissémination aux environs des usines, soit par la combustion des vapeurs , soit par leur expulsion au moyen de cheminées d’appel très élevées.

Il est une dernière particularité, qui ne doit pas être passée sous silence, puisqu’elle intéresse la vie des ouvriers employés à agiter la pâte dans les chaudières. On a pu, dans quelques fabriques, avoir à craindre que les ouvriers fussent précipités dans les chaudières de lessive bouillante où s’opère la cuisson. D’Arcet à proposé l’emploi d’une sangle et d’une corde de suspension fixées à une barre de fer solide, qui retiendraient l’ouvrier. C’est là une précaution qui, à l’occasion, ne devra pas être négligée.

Bibliographie. — Traité sur les savons solides, ou Manuel du savonnier et du parfumeur, par C. G. Decroos, Paris, 4821, in-8. — Description de l’appareil à employer dans les grandes savonneries, par M. d’Arcet {Ann, d’hyg ., 1839, t. XXI, p. 123).

SAVONNEUSE» (EAUX). — Votj. Graisses.

SCAPHANDRES. — Voy. SAUVETAGE.

SCO is et. — Voy. Hygiène navale.

SÉCHAGE. — Voy. Bains, Lavoirs.

SÉCHER1ES DE UIORCES. — Nous avons à parler ici d’une industrie nouvelle et circonscrite à certaines localités de notre pays, sur le littoral de la Méditerranée et de l’Océan, industrie qui, toujours incommode , peut, suivant les conditions dans lesquelles elle s’exerce, acquérir une véritable insalubrité. Favori-

SBCBKRIES DE MORUES. 379

sè(' par le Conseil de salubrité de Marseille, elle soulève a Bordeaux, où elle s’esl introduite seulement en 1832, de justes résistances, dont il importe de rechercher et de faire apprécier les motifs. A tous ces titres, elle se recommande à l’attention des hygiénistes.

La morue, dont les pécheurs français rapportent annuellement 44, 000,000 de kilogrammes, sur lesquels 27 sont consommés dans notre pays même, se présente sons trois formes distinctes : 1° la morue desséchée, durcie et roulée en bâton, désignée sous le nom de Stockfisch, se consomme dans le Nord, en Nonvégc ; 2° la morue sèche est préparée à terre dans des baraques provisoires, au printemps et dans l’été. Elle est mise en contact avec le sel pendant huit à dix jours, puis lavée et étendue sur le sable à l’air libre, où elle sèche et prend de la couleur. Cette opération demande une dose de sel et une chaleur modérée. La morue, ainsi préparée, est emmagasinée dans le batiment et recouverte de feuilles sèches. Elle trouve peu de débouchés en France, si ce n’est dans quelques départements méridionaux, et est exportée, sous bénéfice de primes, dans nos colonies et sur les marchés étrangers; 3° la morue verte, qui, transportée sur le bâtiment au moment même où elle vient d’être pêchée, y subit une préparation rapide qui consiste à enlever la tête et l’arête, et à saler. En deux mois, de février en avril, on prépare ainsi de 30 à 35,000 morues. C’est cette espèce qui défraie la consommation de presque toute la France ; mais comme elle courrait risque de se gâter assez vite, elle est soumise à des manipulations diverses, qui s’opèrent dans les établissements dont nous voulons parler, dans les sécberies de morues.

Pour dessécher cette morue déjà altérée à la surface et menaçant de se pourrir, on enlève par plusieurs lavages le sel et la couche extérieure putréfiée. On fait égoutter cette morue et on la suspend à l’air libre. Au bout de peu de jours, la morue, ainsi séchée, a repris sa fermeté et sa blancheur. Après trois lavages successifs, on frotte la surface avec un balai. On étend par couches et l’on soumet la morue à faction d’une presse pendant plusieurs jours. On la suspend ensuite à des échalas, la queue en haut, à l’ombre, quand il fait trop chaud; au soleil, quand la chaleur est modérée. En quatre ou huit jours, la morue est sèche. On la met en tas, en couches, encore sous la presse. Un industriel de Bordeaux a établi un système ventilateur um par une machine à vapeur, à

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I aide duquel il esl parvenu à sécher 300 quintaux de morue à la lois. L eau de lavage et d egouttageest très chargée, et pour peu (pi elle stagne , elle se corrompt. Les ouvriers ne paraissent pas se plus mal porter. Les voisins se plaignent de l’odeur de la morue qui sèche. Cette odeur n’a rien d’insalubre, elle n’est que désagréable; mais ce sont les eaux de lavage qui présentent les plus graves inconvénients et auxquelles il importe de procurer une voie d’écoulement facile ou d’une prompte absorption. Le voisinage de la mer ou des cours d’eaux acquiert à ce point de vue une importance capitale. En effet, là où les eaux sont reçues simplement dans des citernes où elles séjournent pendant un temps plus ou moins long, il se forme de véritables loyers d’infection, qui viennent aggraver singulièrement les inconvénients inhérents au simple lavage.

Il n’est pas sans intérêt de jeter un coup d’œil rétrospectif sur les conditions dans lesquelles s’est établie et exercée jusqu’ici cette industrie. Nous empruntons quelques détails très curieux sur ce sujet à un excellent rapport fait par M. Faure au Conseil d’hygiène et de salubrité de Bordeaux.

« Lorsque les sécheries de morues furent établies à Bordeaux, cette industrie n’était pas classée : l’autorité municipale, désireuse de voir créer des établissements qui assureraient du travail à une nombreuse population et qui approvisionneraient la ville d’un aliment sain et peu coûteux, facilita, autant qu’il dépendit d’elle, l’installation de ces ateliers. Elle était loin de supposer alors les inconvénients qui y étaient attachés et l’extension qu’ils devaient prendre; mais bientôt des plaintes nombreuses et incessantes vinrent lui faire sentir le besoin de réglementer une industrie qui avait envahi plusieurs communes limitrophes, et qui menaçait de s'étendre encore, semant partout l’odeur infecte qui lui est propre, et dépréciant de plus de moitié la. valeur locative des nombreuses propriétés d’agrément qui avaient le malheur de se trouver dans leur rayon.

» Une ordonnance royale, rendue sur l’avis du Comité consultatif des arts et manufactures en date du 8 juillet 183/i, vint placer les sécheries de morues dans la deuxième classe des établissements insalubres ou incommodes, et les soumit aux exigences des règlements qui les régissent.

» Les Conseils de salubrité qui vous ont précédés, ont bien cherché à diminuer autant que possible les inconvénients inhérents a

SÉCHERIES DE MORUES.

cotlo industrie, on leur imposant quelques obligations sanitaires;

mais il v avait des droits acquis qu’il fallait respecter, et tout en réglementant les sécheries existantes, il fallait les tolérer là où elles étaient, quelle que fût d’ailleurs l’incommodité permanente qu’en éprouvaient les voisins.

» Dans les nombreuses réunions que vous avez eues pour obvier aux plaintes constantes et justes qui arrivaient de toutes

parts, et pour arrêter aussi les altérations qu’éprouvaient les eaux des puits situés dans un rayon même éloigné de ces sécheries, vous dûtes prescrire des mesures préservatrices, afin d’éviter que des masses considérables d’eau salée ne fussent absorbées par le sol, si perméable sur les lieux où ces ateliers étaient établis, et vous proposâtes alors , comme mesure d’hygiène générale, de ramener, à l’aide des extinctions, tous ces établissements sur le bord des fleuves, en en n’autorisant plus dans l’intérieur des terres, à moins de circonstances tout à fait favorables. «

Par ces motifs, et malgré les oppositions que ses décisions ont soulevées, le Conseil d’hygiène de' Bordeaux a adopté une jurisprudence que nous ne pouvons qu’approuver sans restriction, en demandant : Que les sécheries de morues situées sur le bord des fleuves ou des rivières, et y versant leurs eaux de lavage, fussent maintenues dans la deuxième classe , comme n’étant qu’incommodes ; mais que celles qui sont éloignées des grands cours d’eau, et qui recueillent leurs eaux de lavage dans des citernes, fussent regardées comme insalubres au premier chef, en raison de la prompte putréfaction de ces eaux saumâtres animalisées , et qu’elles fussent déclassées et rangées désormais dans les établissements de la première catégorie.

Dans le département des Bouches-du-Rhône, à Cassis notamment, où les conditions d’établissement et d’exploitation de ces ateliers sont toutes différentes, le lavage des morues se faisant sur le bord de la mer, à l’entrée du port, sur une rive escarpée formée de calcaire compacte, dépourvue de toute terre végétale, et les résidus étant jetés et entraînés au loin dans la mer, il n’v a pas à craindre la formation de foyers d’infection, et l’on peut se borner à prescrire une facile aération des séchoirs, et la propreté soigneusement entretenue des auges où se fait le lavage et les canaux d’écoulement des eaux. Il ne paraît pas non plus que les eaux du port aient été corrompues par le mélange des résidus liquides de la sécherie.

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BIENFAISANCE , 1 1 < ) I* 1 1' A 1 X , MaISON

secours , Visites préventives.

— Voy. Assistance, Bureau de d’accouchement , Sociétés de

sicicii\«.i »i s POiiiS i»i: iiiï:vKi; et i>i; m

Eriiv. — Voy. Chapellerie.

SEIGEE. — Voy. Blé, tiques , Subsistances.

IIygiene rurale, Maladies épiimiy-

SFX. — Le sel, chlorure de sodium, existe en quantité considérable dans les eaux de la mer, et c’est de celles-ci qu’on extrait la plus grande partie de celui que l’on consomme dans la vie domestique et dans les arts. Le chlorure de sodium forme aussi des masses considérables dans le sein de la terre : on lui donne alors le nom de sel yemme.

Le chlorure de sodium est celui de tous les sels solubles qui se trouve le plus abondamment répandu dans la nature minérale et organique; il fait partie des substances dissoutes dans les liquides des plantes et des animaux. La plupart des eaux naturelles en renferment plus ou moins; aussi comprend-on aisément que dans le plus immense de leurs réservoirs, les eaux de la mer en offrent d’inépuisables quantités à l’industrie humaine.

L’exploitation du sel occupe, en France, un grand nombre de bras, et cette industrie intéresse environ 27 départements qui sont ainsi répartis : 76 marais salants, 12 sources salées et 1 mine de sel gemme. Il y a, en outre, 21 laveries de sables salés qui en fournissent de petites quantités.

Altérations et falsifications. — L’énorme quantité de sel qui entre dans l’alimentation des hommes , puisque la France seule en consomme 216 millions de kilogrammes, rend très nécessaire l’étude des nombreuses falsifications du sel. Elle a été faite de la manière la plus complète par Chevallier, à qui nous empruntons les détails suivants. Mais avant d’entrer dans l’étude des falsifications , nous mentionnerons brièvement les altérations que peut subir le sel marin. Ainsi, on l’a vu contenir du cuivre , du plomb , du fer, de Y arsenic. Cette altération accidentelle est très importante à constater, de déplorables événements en ont été quelquefois la suite. On sait qu’en 1827 une prétendue épidémie atteignit, dans le département de la Marrie, plus de ZiOO personnes. La cause de ce mal existait dans la vente d’un sel de cuisine que l’on reconnut contenir des iodures et de V arsenic. Pour s’assurer de la présence

<lt‘ ce poison dans le sel , on doit convertir le chlorure de sodium en sulfate de soude et on l’introduit dans un appareil de Marsh, fonctionnant à blanc : ou bien on traite par l’hydrogène sulfuré et l'on soumet aux réactions ordinaires le sulfure obtenu. Quant au cuivre, au plomb et au fer, ils proviennent des ustensiles, chaudières et appareils servant à l’extraction ou au rallinage du sel. Sa solution aqueuse prendra une coloration bleue par l’ammoniaque , s’il v a du cuivre , et donnera , en outre , un précipité floconneux rougeâtre, s’il y a du fer. Le plomb sera décelé par l’hydrogène sulfuré, le ehromate de potasse, l’iodure de potassium.

Le sol marin est l’objet de fraudes nombreuses qui, malgré toutes les mesures prises par l’autorité municipale, sont à peine réprimées. On le falsifie avec le sulfate de chaux, le plâtre cru en poudre; les sels de varech, qui renferment des iodures et des bromures; la terre, l'argile, le grès en poudre ou le sablon, l'alun, le sulfate de soude, le chlorure de potassium, les sels blancs résultant de l’extraction du salpêtre; les sels provenant des salaisons, dits sels de morue; enfin , il y a des sels qui sont par trop riches en eau. La falsification du sel par le plâtre cru, ou par le sulfate de chaux, est de beaucoup la plus fréquente , ainsi que le démontrent les condamnations auxquelles ce mélange a donné lieu.

Pour la recherche des sels de varech, on mêle une pincée du sel suspect, dans une soucoupe dè porcelaine, avec un peu d’eau amidonnée chlorurée : si le sel est ioduré, il se manifeste, par suite de l’iode que le chlore met à nu, une coloration bleuâtre dont l’intensité est en rapport avec la quantité d’iode. On peut encore traiter le sel par l’alcool, qui dissout les iodures; le liquide alcoolique est évaporé , et le résidu dissous dans l’eau est essayé par l’eau amidonnée chlorée. Pour reconnaître les bromures, on réduit en poudre une partie du sel à essayer; on en fait un cône, qu’on place sur une soucoupe de porcelaine, et l’on verse dessus une petite quantité d’eau chlorée. Ce cône prendra une teinte d’autant plus jaune, que la quantité de bromure sera plus forte. Le sel marin pur ne présente pas cette coloration. L’alun se reconnaîtra par un sel soluble de baryte (nitrate ou chlorure), et par l’ammoniaque, qui donnera lieu à un dépôt gélatineux d’alumine. Le sulfate de soude qui serait mêlé en proportion notable au sel marin le rendrait amer, efflorescent à l’air. Il serait décelé par le précipité blanc, insoluble dans l’acide nitrique, qu’il produirait

S Fl..

avec un sol soluble de baryte. Le chlorure do potassium dans le sel marin sera décelé par le chlorure de platine, qui donnera un précipité jaune-serin de chlorure double de platine et de potassium, insoluble dans l’alcool. Pour retrouver les sels de salpêtre dans le sel de cuisine , on mêle une certaine quantité de ce dernier avec de la limaille de cuivre et un peu d’eau; puis on verse de l’acide sullurique, qui donne lieu à un dégagement de vapeurs nitreuses que l’on rend manifestes en exposant au-dessus un papier imprégné de teinture de gaïac récemment préparée: le papier

prend une couleur bleue plus ou moins intense, suivant qu’il y a plus ou moins de sel de salpêtre dans le mélange. La présence des sels de morue se reconnaît à l’odeur désagréable de poisson et en même temps ammoniacale, que dégage la potasse caustique du sel soumis à l’examen. Le sel ne doit contenir que 8 pour 100 d’eau en moyenne ; si on l’a humecté par fraude, cette proportion peut s’élever jusqu’à 18 pour 100. On s’en assure par la perte de poids qu’éprouveront 100 grammes de sel, après la dessiccation dans une étuve.

Fabrication du sel. — La fabrication du sel intéresse l’hygiène publique, principalement en ce qui concerne les marais salants; aussi ne ferons-nous que mentionner seulement Y extraction du sel gemme qui s’opère, soit en faisant une exploitation à ciel ouvert si le sel se trouve très près de la surface , soit en exploitant par puits et galeries comme pour les mines de bouille.

\Y extraction du sel marin des eaux de la mer a lieu par deux procédés différents : 1° par l’évaporation spontanée de l’eau dans des bassins peu profonds et très étendus ; 2° en soumettant l’eau de la mer à une très basse température, une partie se sépare alors à l’état de glace qu’on enlève ; et la liqueur restante renferme la totalité du sel, dissous dans une quantité d’eau plus petite. Ce dernier procédé n’est employé que dans les contrées septentrionales, sur les bords de la mer Blanche : il donne des eaux assez concentrées, pour qu’on puisse les évaporer avec avantage par le feu. Le premier moyen est usité dans les pays chauds, et même dans les pays tempérés. En France, on évapore ainsi l’eau delà mer sur les côtes de l’Océan et sur celles de la Méditerranée.

Cette exploitation , par les effets qu’elle produit sur la santé des populations , constitue l’un des sujets les plus intéressants pour l’hygiène publique. Mais, grâce à la belle étude qui en a été faite par M. Mêlier, il n’est pas de question qui soit mieux connue

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