‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 87 sur 130 · SUC KK · texte numérisé non relu

SUC KK

de l'agriculture, par Bluirk. Paris. — Des moyens d'augmenter la masse des substances alimentaires destinées à la consommation de l’homme, par M. A. Monnier. Nancy, 4 843. — Rapport sur le concours ouvert par la Société d’économie charitable sur la question des subsistances , par A. île Rnmonet. Paris, 1849.

SUCictf. — Il y a fort peu de chose à dire sur le sucre et sa fabrication sous le rapport de la salubrité. Cependant il est bon de signaler l’inconvénient qui peut résulter de l’emploi du sang de bœuf pour opérer la clarification.

En elïet, pour cette opération, on emploie le noir animal réduit en poudre fine et une matière albumineuse coagulable par la chaleur, telle que le sang de bœuf. Ce sang est battu avec des verges, au moment de la saignée de l’animal, pour en séparer la fibrine; on le conserve dans des tonneaux préalablement soufrés, et contenant, pour 100 litres, un décilitre d’acide sulfureux ou de sulfate de chaux.

La putréfaction de ce sang répand une odeur infecte aux alentours des raffineries. MM. Rabière et Bureau ont récemment proposé de mêler d’avance le sang avec deux fois son poids de noir. Ce mélange séché se conserve et clarifie bien. Toutefois, on sait depuis longtemps que 1 ou 2 millièmes d’acide sulfureux suffisent pour ralentir considérablement la putréfaction redoutée; mais ce retard n’apporte pas une grande diminution dans les inconvénients réels que la putréfaction des matières animales entraîne avec elle. Nous ne croyons pas devoir nous étendre sur les opérations si nombreuses et si variées quexige la fabrication du sucre, attendu que presque toutes ces manœuvres n’offrent que des inconvénients secondaires au point de vue de la salubrité, et qu’ils peuvent, en général , être singulièrement atténués par l’attention et la sollicitude des directeurs d’usines ou des ouvriers : eux-mêmes.

Le sucre peut être accidentellement altéré par la présence du fer, de la chaux, du zinc, du plomb. Cette dernière substance , notamment employée sous forme d’acétate de plomb comme moyen de clarification, a été signalée récemment en Angleterre et à I Marseille. On incinère une certaine quantité de sucre, et Ton traite les cendres par l’acide nitrique étendu ; la liqueur est évaporée à ; siccité, et le résidu, repris par l’eau distillée, donnera une liqueur, dans laquelle on recherchera, au moyen de réactifs connus, les I substances étrangères soupçonnées. Il est encore d’autres fal’sifi- 1 cations, mais qui sont moins dangereuses peut-être; la plus comm. 09

/}5t) SUBITE MII.IAIUE.

munc consistait à introduire dans le sucre, en plus ou moins grande quantité, du glucose ou sucre de fécule. Puis, on v a incorporé, mais plus rarement, du sucre de lait , de la craie /du plâtre, du sable, différentes farines. On doit dire que ces dernières falsifications ont été surtout constatées dans le sucre blanc râpé, et dans les cassonades.

Voy. Cassonade.

SUJETTE JHIIjI.hre. — La suelte (peste anglaise, suette picarde) est une maladie épidémique et contagieuse, caractérisée par des sueurs continues et une éruption vésiculeuse non constante.

La suette débute rarement sans prodromes; elle est en général précédée d’anorexie, de céphalalgie sus-orbitaire, de lassitudes, de douleurs articulaires, surtout dans les genoux et dans les poignets. Le pouls est souvent naturel; le mouvement fébrile n’est jamais très marqué ; dans les cas graves , des vertiges , des nausées, des vomiturilions s’ajoutent à ces symptômes. Une chaleur brûlante llxe ou parcourant tous les membres, une constriction douloureuse à l’épigastre précèdent plus ou moins l’apparition des sueurs. Celles-ci commencent, sans frissons, par une vapeur chaude qui enveloppe le corps et qui ruisselle bientôt avec une grande abondance. Elles sont presque continues, mais elles redoublent par moment et constituent de véritables paroxysmes; leur odeur est aigre et fétide; la bouche est pâteuse ; la langue est chargée d’un enduit blanchâtre ; la constipation opiniâtre, les urines normales. Les sueurs sont souvent accompagnées de crampes, d’étouffement et d’une anxiété très pénible. Du troisième au quatrième jour, après de légers picotements, paraît une éruption de vésicules miliaires perlées et diaphanes, se montrant d’abord sur les côtés du cou, à la nuque, vers les oreilles, sur le tronc et sur les membres, qu’elle envahit surtout dans le sens de la llexion. L’éruption , qui n’est d’ailleurs pas constante, se fait en général d’une manière successive et toujours avec une recrudescence marquée dans tous les symptômes et principalement dans le mouvement fébrile, elle peut se développer rapidement sur toute la surface du corps, ou rester circonscrite à quelque partie ; elle est discrète ou confluente. Des palpitations, des battements â l’épigastre, et ce resserrement qui se propage au cou et aux épaules, et détermine souvent des accès de dyspnée très douloureuse, île

Page 1