SUETTE MILIAIRE
l’agitation, de l’insomnie, dans quelques cas du délire, se montrent à cette période de la maladie ; des aplithes et des fausses membranes se développent quelquefois sur les gencives. On observe aussi rarement un engourdissement et même une paralysie de certains muscles, et des hémorrhagies par différentes membranes muqueuses. Lorsque la suette est bénigne, la durée totale de l’éruption est de six à huit jours ; les vésicules qui contiennent un liquide se dessèchent, et une desquamation s’opère ; la langue se dépouille lorsqu’il y a eu une éruption sur la muqueuse buccale. Les accidents diminuent progressivement et disparaissent complètement du huitième au dixième jour. La suette grave se termine quelquefois par la mort le premier ou le deuxième jour, au milieu d’accidents nerveux variés, le délire, le coma, les convulsions. D'autres fois la mort paraît résulter de la constriction épigastrique et de l’angoisse , et est précédée de syncope. Généralement elle arrive le troisième ou le quatrième jour, précédée de douleurs à l’hypogastre et de dysurie. La terminaison peut être beaucoup plus tardive dans le cas de complication ; on voit alors des inflammations gastro-intestinales plus ou moins intenses, des pneumonies, des désordres du côté de la vessie, qui entraînent, la mort, mais seulement à la fin du premier ou du second septénaire.
La suette existe souvent sans éruption ; il est beaucoup plus douteux qu’il existe une fièvre miliaire sans sueur. Quant aux variétés (pie présente l’éruption, on peut distinguer une miliaire rouge, formée surtout par des papules surmontées de très petites vésicules transparentes, et une miliaire bulleuse, dans laquelle les vésicules prennent un accroissement plus ou moins grand et ont la
forme de bulles.
La suette laisse souvent après elle, dans la convalescence , des palpitations, des inflammations gastro-intestinales plus ou moins intenses, quelquefois des éruptions de furoncles ou de pustules, d’ecthyma, et dans quelques cas seulement un affaiblissement notable. Les écarts de régime amènent des rechutes qui sont le plus souvent sans gravité.
La suette miliaire, le plus souvent épidémique, parait propre à l’Europe septentrionale et centrale; elle s’est montrée un grand nombre de fois en France sur divers points, et principalement en Picardie et en Normandie; elle reste sporadique et endémique dans quelques uns des lieux où elle a sévi épidémiquemenl. Cou-
SDETTE MILIAIRE.
tagieuse, mais non inoculable, elle attaque tous les âges et n’est pas exempte de récidive.
Nous donnons ici le texte d’une instruction populaire émanée du Comité consultatif d’hygiène publique, et répandue par les soins de l’administration dans le cours des dernières épidémies de 1848 et 1849.