‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 89 sur 130 · INSTRUCTION POPULAIRE SUR LA SUETTE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION POPULAIRE SUR LA SUETTE

La suelte règne en ce moment sur différents points de ia France. 13ien que cette maladie soit loin d’inspirer, aujourd’hui, les craintes qu’elle excitait autrefois, certaines populations s’en alarment. La coexistence, dans quelques localités, de la suette et du choléra ajoute encore à l’inquiétude.

Dans cette situation et en présence de préjugés dangereux qu’il importe de détruire, le ministre de l’agriculture et du commerce, qui met au premier rang de ses devoirs de veiller à la santé publique , a chargé le comité d’hygiène de rédiger une instruction sur la suette et la conduite à tenir dans cette maladie.

Certaines contrées y sont plus particulièrement sujettes, l’ancienne Picardie, par exemple ; mais aucune partie de la France n’en est complètement exempte; elle s’est montrée à différentes époques dans le Midi, et il n’y a pas longtemps que des départements du centre en étaient affectés.

Elle sévit dans les campagnes beaucoup plus que dans les villes, cl l’on remarque que les localités humides, marécageuses et ombragées y sont les plus exposées.

Elle apparaît ordinairement sous forme épidémique , comme la grippe, la rougeole, etc.

Le voisinage des eaux corrompues et croupissantes , la malpropreté des maisons et l’altération de l’air en favorisent le développement et en augmentent la gravité, d’où il résulte que la première chose à recommander, dans une épidémie de suette, c’est l’assainissement des lieux, la propreté des maisons et le renouvellement de l’air.

La suette est caractérisée par une sueur continue, plus ou moins abondante, souvent excessive, d’une odeur particulière, et par une éruption.

Tantôt elle se déclare tout à coup; plus fréquemment elle est annoncée par du malaise, des lassitudes, un certain mal de tête, de l’oppression et de la lièvre.

Dans bien des cas, la sueur est toute la maladie, et l’on en est quitte en quelques jours.

A ce premier degré de la suette, il suffirait souvent de quelques jours de repos et des soins les plus simples pour en arrêter le développement.

Le plus ordinairement il survient, vers le troisième ou quatrième jour, une éruption, soit partielle, soit générale, tantôt blanche, transparente et perlée comme des grains de millet, d’autres fois rouge, boutonneuse ou vésiculeuse et accompagnée d’une vive irritation à la peau.

Ainsi que dans les maladies éruptives en général, l’éruption est presque toujours suivie de soulagement.

Celte éruption dure trois ou quatre jours, puis elle s’éteint ; la convalescence se prononce, et la guérison est bientôt complète. La maladie , en tout, a duré de six à huit jours.

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