‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 10 sur 58 · FRUITS · texte numérisé non relu

FRUITS

La lahricalion du lVoiiino(s u(‘ pc'iit avoir (riiiconvéïiiiMils (jiiu pai- son odeur très forte (‘I très |)énétraiile.

Bibliographie. — Art de faire le beurre et les meilleurs fromages. Paris, 1833, iii-8. — Dictionnaire de l’industrie, l. V. -- Dictionnaire des falsifications, de At. Cheval) ier.

TKi’ïTS. — Les fruits fout une partie importante de l’alimeulatiou de l’homme.

Les fruits composés de mucilage, de gélatine végétale, de sucre, d’eau, d’acides végétaux, séjournent peu dans le tube digestif, surtout à l’état frais et cela d’autant moins que le sucre et le mucilage y sont plus étendus d’eau.

Les fruits ne peuvent nuire que par défaut de maturité ou par une consommation immodérée.

La vente de fruits non encore mûrs, sur les marchés, a fixé l’attention de l’administration. Aussi, en 1837, elle consulta le conseil sur la (juestion de savoir si la consommation de fruits encore verts, parvenus à peine au ])remier degré de maturité, est nuisible a la santé des habitants de la capitale et surtout des enlanls, et si le mal, résultant de cette consommation, nécessite que I administration intervienne par une ordonnance pour défendre l’apjwrt et l’exposition sur les marchés de tous les fruits qui ne S('raient pas arrives a leur complète maturité.

Le conseil répoiidit, uiirès examen, qu’il était impossible il’élever le moindre doute suc la qualité nuisible <le l'mits mangés encore verts. L’expérience de tous les tenqis et de tous les^itavs a Ijrouve que l’usage de ces aliments donnait lien à des maladies ( es organes digestifs , les unes passagères et bornées à la saison des Irints, les autres durables et altérant pour un temps pins lon<( nne des lonctions cpii importe le pins à la santé des hommes'' Iles ibarrbees, des dyssenteries, des digestions laborieuses et ac- (■(nnpugnees de llatnosités, des alléctions vermineuses, des irritations <le I estomac et des inb'stins, etc., ont été le plus souveni übsenees a la suite de ce genre d’alimentation.

re^nm """ ' 'fetit'l 'Itt’il y aurait avanlage

. ce que administration pût encore l'i ce siiiel veiller sur la santé publique mais qu’il ne serait pas facile d’exercer en cette malière

i‘,?(^e liiiits dans la capitale. Aussi le rapporteur nensait-il 'Pte I adnninstration devait s’abstenir et s’en r , iporter A l’intérél t' a-slé A pinsienrs repris,!s‘ diverses m';.m!

FULMINATES.

IVuils inùrs, bons oL non (lélecliKMix.

FUlilfIl]*fA.TIîS (PoumiEs ET AMoncEs fulminantes). — Les Fulminates sont des composés éminemment (‘xplosiFs , dont un seul, le Fulminate de mercure, est aujourd’hui employé et sert à la Fabrication des poudres et capsules Fulminantes. Cette industrie, dont l’origine ne remonte guère à plus de trente ans, a pris une extension considérable, dont on peut Facilement se Faire une idée si l’on pense que les armes à piston ont universellement remplacé les armes à silex, et qu’en France le nondjre des capsules Fabricjuées annuellement est de plusieurs milliards.

Déjà en parlant des allumettes chimiques , nous avons signalé les inconvénients et les dangers que présente pour la santé et pour la vie des ouvriers la préparation des mélanges détonants; et nous avons indiqué les mesures particulières et administratives destinées à prévenir ces dangers. Les détails dans lesquels nous sommes entré sont en grande partie applicables au sujet dont nous avons à nous occuper ici ; aussi ne nous arrêterons-nous qu’aux points qui oFFriront quelque chose de spécial, mettant de nouveau à prolit les intéressantes recherches de M. le docleui Roussel.

Mais avant de parler des poudres et des amorces, il est bon de dire quelques mots du corps qui Forme la base de ces préparations Fulminantes.

Le fulminate de mercure est une combinaison de protoxyde de mercure avec l’acide Fulminique Formé lui-même de cyanogène et d’oxvûène.

le ^ —

suite des recherches du docteur lire, laites en 1831 au nom de la

FULMINATES.

prendre 7 parties et demie du second et 10 parties du dernier de ces corps.

On dissout le mercure dans l'acide nitrique; pour cette opération on emploie une cornue en verre, tubulée, dont le col plonge dans un ballon à deux tubulures, ])lacé dans un vase où arrive constamment de l’eau iraîcbe et dans lequel se condensent une grande partie des vapeurs acides qui se dégagent de la cornue.

La liqueur condensée est reversée dans la cornue. Quand tout le mercure est dissous, et lorsque la dissolution a atteint la température de 55 degrés, on la verse lentement, à l’aide d’un entonnoir en verre, dans l’alcool renlérmé dans un matras en vei-re, dont le volume doit être au moins six fois plus considérable que celui de la liqueur qu’il doit contenir. Au bout de quelques minutes, il commence à se former sur le fond du matras un léger dégagement de gaz dont la quantité augmente peu à peu jusqu’à produire un bouillonnement très vif et à donner au liquide une apparence mousseuse. C’est alors qu’il se dégage par le col du matras une vapeur épaisse et blancbàtre, formée en grande partie, comme nous l’avons dit, d’éther nitreux, et très remarquable par sa grande inllammabilité.

On avait essayé de condenser la partie de mercure qui est entraînée mécaniquement sans doute par cette vapeur, en foisant |»asser celle-ci à travers une dissolution de sous-carbonate de soude, mais comme ce procédé avait pour eiïet de rendre la formation du fulminate beaucoup plus difficile, et d’en altérer la qualité par suite du léger excès de pression qui en résultait, on paraît y avoir généralement renoncé.

Quand le bouillonnement et le dégagement des vapeurs blanchâtres ont cessé, on jette le contenu du matras sur un filtre en double papier sans colle et on lave le précipité de fulminate à 1 eau pure et froide, jusqu’à ce que les eaux du lavage n’exercent P us aucune réaction acide sur le papier de tournesol. On enlève alors le filtre de l’entonnoir, et ou l’étend sur une plaque de cuivre lamme ou de faïence chauffée en-dessous à 100“ par un courant de vapeur. On partage ensuite le précipité desséché en porfimis de O a 6 grammes, que l’on renferme chacune dans un papier el que ou introduit ensuite dans une caisse, ou dans un grand bocal en verre fermé par un bouchon.

Les conditions d’exjilosibilité du fulminate de mercure sont très .mp„rl,-tn(es a etu.lie.. a,, point ,1e les , partions ,1e sal„i„'iî’

l'm.MINATKS,

yi

(|iu‘ nous aurons à IraiUT. Ainsi, il laul |■(Mual‘(|U(T (|u(* l’cxjdosion (‘sl (l’autaul plus i'acilc sous l’iulluouco du Hioc, (pi(‘ les corps cho(piés prcscMileuL plus de duiadé; clioc du bois contre* du bois ou inùine du 1er contre du bois no détermine pas l’explosion. Elle n’arrive que très rarement entre le 1er et le plomb; j)lus souvent, (pioique avec dilïiculté, entre le verre et le verre, le marbre et le marbre. Elle se produit toujours entre le fer et le fer, un peu moins facilement entre le fer et le bronze, le fer et le cuivre.

Par le frottement, au contraire, on la détermine aisément entre deux plaques de bois , un peu moins facilement entre fieux plaques de marbre ou de fer, ou entre le fer et le marbre ou le bois.

Toutes ces circonstances doivent être bien connues des fabricants, des contre-maîtres et s’il se peut des ouvriers, et l’on verra qu’elles fournissent d’utiles enseignements pour diminuer les dangers de la fabrication des poudres fulminantes.

De même que le mastic inllammable des allumettes ciiimiques, le fulminate de mercure présente dans sa préparation le double dan ger des émanations nuisibles et des explosions.

En elfet, lorsque l’on ajoute l’alcool à la solution de nitrate acide de mercure, il se produit dans la masse liquide une forte agitation qui s’accompagne d’un dégagement abondant de vapeurs d’éther nitreux. Ce sont ces vapeurs qui, d’une part, en raison de leur inllammabilité extrême, ont donné lieu plusieurs fois à des incendies terribles , et qui , de l’autre , exercent sur ceux qui s’y exposent une action des plus funestes, caractérisée par un mal de tête subit et violent, des vertiges, la perte de connaissance, un engourdissement des membres et un sentiment pénible de constriction tà la poitrine avec cyanose de la face. Quelle que soit la cause de ces accidents, qu’ils soient dus à la présence de l’acide cyanhydrique, dont ces vapeurs exhalent pai-fois l’odeur, ou à l’action hyposthénisante et anesthésique de l’éther, toujours estil qu’elles doivent être considérées comme très nuisibles et (pu* l’on doit se garder de s’y exposer trop directement. Il faut reconnaître toutefois avec M. T. Roussel, que les accidents provenant de l’action des vapeurs sont devenus de plus en j)lus rares à mesure (pie la préparation du fulminate de mercure s’est perfectionnée, et a élé entourée des précautions nécessaires. M. le professeur Cbandelon , de Liège , a imaginé un appareil spécial destiné à empêcher la dilfusion de ces vaiieurs délétères.

Cet appareil, (pii mérite d’être connu , se conqmse ;

FULMINATES.

1° Do doux ballons de ycito, de /jO lilros de capacité, reposant sur un chevalet, ot dans lesquels on introduit les matières propres à ])roduire le fulminate de mercure, (iliacun de ces ballons porto à la partie supérieure du col, qui est dépolie, un collier de bois recouvert d’une feuille de plomb et s’adaptant à frottement. Le collier, par sa rainure circulaire, forme fermeture hydraulique avec les tuyaux ipii relient les ballons à l’appareil de condensation. Ces tubes, pour plus de solidité, sont supportés par des tiges de fer implantées dans le sol de l’atelier. 2» D’une série de

quatre tourilles de grès cérame commun, munies à leur partie inférieure d’un robinet aussi de grès par lequel les produits condensés s’écoulent dans le tuyau, et portant à leur partie supérieure des tubulures à fermeture hydraulique, dans lesquelles viennent s adapter les tubes de grès, qui mettent en communication les diverses bombones dont se compose le système. Chaque bombone a une capacité d environ 90 litres; la première est à trois tubulures, les autres n’en portent que deux. 3“ D’un tuyau de grès cà fermeture hydraulique, encastré dans la muraille de l’atelier, ser- Aant à conduire dans la cheminée les vapeurs délétères non condensées dans les tourilles. Zi» D’un tuyau ou conduit de grès placé dans le sol de l’atelier et recevant de chaque robinet les liqueurs condensées dans les bombones, pour les conduire dans le bac à saturer qui se trouve en jilein air en dehors de l’atelier.

L appareil étant monte pour fonctionner, on commence ])ar verser dans chaque tubulure l’eau nécessaire pour qu’il y ait fernietuie, on eidève le tuyau, et l’on introduit dans un des ballons Zi'“-,2 d’alcool à 3(5“ ; d’autre part, on fait dissoudre à chaud O'^f-,367 de mercure dans Zi, 111 d’acide nitrique à 36«; et aussitôt que cette dissolution est faite et que sa température est à 80 degrés, on la verse au moyen d’un entonnoir à longue tige dans le môme ballon qui contient l’alcool.

Le tuyau étant remis à.sa place, on remplit d’eau la rainure du collier et on laisse l’opération marcher d’elle-môme. Au bout de ({lie que> instants la réaction commence, et la grande masse de \a{)cuis ([U elle jiroduit passe par les diverses bombones qui sunisamment refroidies par le contact de l’air froid, en con- ( entent ,i majeure jiartie : la portion qui leur échapjie se rend ])ar la cliemiiiee ù l’extérieur de l’atelier sans nuire aux ouvriers.

Le lulminate de mercure ainsi préparé exige pour la conser-

1011 ^(s j) us glands soins. Dcjiose dans un baquet de bois blanc

FULMINATES.

aussi poli à l’iiilérieur (pie possible et reeouvert d’une loile cirée bien lenduc, il doil ùlre maintenu eonslaminiMil sous une eoucbe dVau assez épaisse.

La poudre fuhnvnante n’est autre ebosc (pi’un mélange de l'iilrninale de mercure et de nilre opéré par le broyage. On comprend combien il est indispensable de prendre [lour celte opération des précautions non moins minutieuses que celles (jui ont été indiijuées pour le broyage du mastic inllammable des allumettes, et ([u’il serait inutile de décrire de nouveau. La pàteliumide résultant du broyage doit être portée sans délai au séchoir, où elle est divisée et placée sur des étagères.

Lorsque la matière fulminante a été suffisamment ressuyée au séchoir, on la grène sur un tamis de crin posé au-dessus d’une ■ table de bois, en la pressant légèrement avec la main. Cette opération n’est pas moins périlleuse et n’exige pas moins de précautions que la précédente. Un frottement trop fort, surtout s’il se trouvait dans la masse des parties trop desséchées, entraînerait une explosion, et M. H. Gaultier de Claubry assure qu’un accident qui a causé la destruction d’un atelier et la mort de deux ouvriers a été produit par cette cause. Aussi, malgré tous les soins, comme la masse qu’on tamise arrive facilement cà un degré de dessiccation qui la rend dangereuse, il est très important de ne placer sur le tamis qu’une quantité peu considérable de poudre, et de faire passer le tamis lui-même à l’eau après chaque opération, et aussi avant le tamisage lorsqu’un certain laps de temps s’est écoulé entre deux opérations. M. Gaultier de Claubry conseille de garnii d’une lame de plomb le rebord inférieur du tamis, afin d’éviter 'les détonations qui auraient lieu si le tamis, échappant des mains, tombait sur la poudre déjà grenée.

Nous avons dit qu’on grenait sur une table de bois ; cependant M Gaultier de Claubry pense qu’il vaut mieux recouvrir celte table d’une toile cirée noire, bien tendue, qui permet d’apercevoir facilement les plus petites quantités de poudre, et de les enlever facilement avec l’éponge mouillée. On rendrait encore l’opération moins dangereuse en étendant sous la toile cirée deux ou trois -doubles d’étoiïe de laine épaisse. La poudre grenée mêlee de pulvérin est versée dans une boîte de fer-blanc tapissée de leu i es d’étain. Pour sécher la poudre grenée, on la place sur des feuilles

■ de papier gris dans des caisses de bois blanc qu’on porte a

■ l’étuve.

fulminates.

Lorsque la poudre esl sulïisamment sèche, on la rapporte à l’atelier de grenap^e, où elle est versée sur un tamis de crin qui en sépare le pulvérin. *

Loi-s(iiie la séparation de la poudre et du pulvérin est faite on introiluit la poudre, à l’aide d’un entonnoir de carton dans’ dos bouteilles qui ne doivent pas en contenir plus de 5 kilo’.rrammes.

Ces bouteilles doivent être entourées de tresses de jonc recouvertes d’une peau, et placées sur une étagère convenablement disposée.

Lorsqu’, in veut employer la poudre pour la préparation des amorces, dont nous allons maintenant parler, on commence par la transvaser. On la verse, au moyen d’un entonnoir de carton ' Iles bouteilles qui la contenaient dans de petites bouteilles dé cuir vernisse. Celles-ci sont jiortées dans l’atelier de charo-e et placées dans une boite garnie de cuir, l’icôtc de chaque ouvrtéro qm en prend selon les besoins de son travail

La poudre, terminée et bien sèche, est apportée de la poudrière bn l atelier de charge, où se fabriquent les amorces. On com- J ICC. comm,. nous venons de le dire, par transvaser la poud™

« il importe de ne jamais pratiquer cette opération dans la pou’

t ni éér'''' • " n"'" et la porte de la poudr ère

ton<^.e. placée elle-mème sur deux ou Lt^S’Cs^lÏ

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moins aux détonations le I à la plupart des accidents ou du • nations les plus Irequeiitos. au moment où la presse

FCLMINATKS,

lMiisi(*iirs accidi'iils ont appris comhitMi il im|)orl(‘ la jirossc* sons hupiollc on passo les mains chargéos soit dis|)OS(‘(‘ do Udli* sorlo (pi(‘ l’onvri(‘r ne soit pas devant elle lorscjn’il lait agir le levier, alin (jne si nne détonation a lien, il puisse éviter an moins le elioe de la main projetée*.

Les tables destinées à la charge doivent être recouvertes d’une toile cirée tendue, reposant sur plusieurs couches d’étoilé de laine; on pourrait également les couvrir d’une lame de plomh, et l’atelier de charg(‘ Ini-méme, dans la partie au moins qui contient la presse, et les tables, doit être garni de lames de plomh: le nettoyage est ainsi très lacile , et la poudre n otlre j)resque aucum* chance de détonation sur ces lames.

Le nettoyage doit être l’ait avec le plus grand soin après chaque

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