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GÉLATINE

BibHournphîe. — Ihipporl sur l’édnirnfjc au pat (oxtrüil du llapport général tuiles travaux du conseil de salubrité de naris) im'ikIüiiI l’année 1822. — Des inconvénients que peuvent avoir dans quelques circonstances les huiles pyrogniérs et le goudron provenant de la dislillalion de la houille, par Parenl-nnclidlelel {Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. 111, p. 26J. — Asphyxie par le gaz de l’éclairage, par MM. A Dtvcigie cl Paulin (Ibid., p. liôl]. — Helalion médicale des asphyxies occasionnées à .Strasbourg par le gaz de l’éclairage, par (1. Tnurdes. Paris, iS'il. — Hechcrches sur l’éclairage public de Paris, par A. TrébiicU-l (Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. XXX et XXXI,'. — Éclairage par le gaz (Ibid., I. XXXVII, p. 198). - Rup, oris du conseil de salubrité de la ville de Paris, de 18A0 18^5 (Ibid., l. XXXVIII, p. l'il).- Happart du conseil

de salubrité du département du Nord. Lille, 18/i9. — Rapport du conseil de salubrité du département des Rouclies-du-Rhône. Marseille, 18i0. — De l’éclairage par le gaz, au point de vue économique et administratif, spécialement de son action sur le corps de l’homme, par II. Combes, 18i4.

GÉIiATIIlîF. — L’extraction de la gélatine contenue dans les matières animales constitue deux arts industriels , la fabrication de la colle forte et celle de la gélatine ; ces deux produits, quoique ebimiquement les mômes , dilfèrent cependant quant à l’usage auquel ils sont destinés , et leur préparation , sous le rapport de la salubrité, est aussi différemment appréciée.

Nous avons traité, à l'article Colle, de la préparation spéciale de la colle forte; nous avons, à l’article Bouilloîs parlé des propriétés alimentaires de la gélatine. Nous dirons quelques mots ici de la préparation de la gélatine alimentaire, sujet qui, comme on l’a vu , a aujourd’hui singulièrement perdu de son impor-

tîxncG*

' On sait que Papin , vers la fin du xvin' siècle, et Hérissant, vers le milieu du siècle dernier, avaient indiqué le moyen d’extraire la gélatine des os , le premier à l’aide de l’eau portée à une température très élev’ee, le second a 1 aide des acides, et de préparer ainsi une substance cà laquelle on attribuait des propriétés alimentaires , précieuses surtout sous le rapport économique.

Les procédés de d'Arcet, qui a rendu son nom inséparable de rbistoire de la gélatine alimentaire , sont venus singulièrement perfectionner cette fabrication. Voici en quelques mots en quoi consiste cette dernière.

Quand les os sont employés pour obtenir une substance alimentaire, ils doivent être frais ou conservés avec soin, ce qui se fait en les tenant dans l’eau courante et froide , ou dans une dissolution de sel marin. On les concasse en petits morceaux, en ayant soin de ne pas les échautlèr en les brisant, puis on les place dans des cylindres devant avoir une hauteur trois fois plus grande que

(lELATtNE.

leur diamètre. Si l’on veut, par exemple, obtenir 1,000 rations de dissolution o-élatineuse par jour, il faut quatre cylindres de 1 mètre de hauteur sur 0,333 de diamètre, cubant 86 litres, et renfermant 3Zi kilogr. d’os, qui produiront à eux quatre environ 21 litres de dissolution gélatineuse par heure, et exigeant chacun 5 kilogr. de vapeur et 20 litres d’eau froide injectée au centre des cylindres.

Le thermomètre doit marquer constamment 106 deo-rés; les robinets des quatre cylindres doivent laisser s’écouler la dissolution gélatineuse sans qu’il sorte de vapeur; en les ouvrant aux 9/10'* on obtient une dissolution claire.

Si l’on veut se procurer de la gelée, on couvre avec une étoffe de laine le cylindre récemment chargé d’os frais; aussitôt qu’il ne s’écoule plus de graisse, on ferme le robinet qui amène l’eau froide sur le panier, et celui du bas du cylindre que l’on ouvre toutes les heures, de manière à faire couler la dissolution gélatineuse sans perte de vapeur.

La (lissolulioi) gélalirieuse préparée avec des os frais n’a ni saveur ni odeur; elle s’allérerail lacilemenl, surloul pendant la saison oliaude, parce qu’elle est alcaline; on peut la rendre susceptible de se conserver facilement, en l’acidiliant avec de l’acide lactique, lartrique ou acétique : reçue dans un vase non lavé qui en aurait contenu précédemment, elle s’altère facilement • elle doit être employée immédiatement après qu’elle a été retirée de appareil. Les ustensiles de fer-blanc sont les plus commodes et les P us avantageux. On les lave à l’eau bouillante, surtout légère-

L’alimentation par la gélatine n’a pas justifié les espérances que on avait fondées sur elle, au point de vue surtout de l’ali-

r" n f favorable fait par la

182/1 V î ™.' ‘le gélatine, avait décidé, en

nnn!’ . l'es hospices à en essayer l’emploi. Des

. pparcils furent montes a riiôpital Saint-Antoine et a l’Iiôpital Saint-Louis. Mais des plaintes s’élevèrent contre cette alimenta- Oon nouvelle. M. Donné lut à l’Institut, en 1831, l’exposé expériences propres a soulever les doutes les plus sérieux relativement aux piopiictcsalnnentaircsile la gélatine. Depuis, les expériences

question dans le sens du rejet complet do la gélatine comnr substance alimentaire. Et aujourd’hui , après le beau rapport de

GLUCOSE.

fj*)

M, Uêrard à l’Acadùmio do médeciiio, fomine délinitivonuMil traiichéo.

elle poiiL être considérée

Bibliographie. — Recherches statistiques sur l’emploi de la gélatine comme substance alimentaire, par M. Edwards, 1835. — Note sur les appareils qui ont été établis, tant en France qu’à l'étranger, pour extraire la gélatine et la graisse des os, par d’Arccl {Ann. d’hyg, et de méd. lég., 1841 , l. XXV, p. 455). — Dictionnaire de l’industrie, t. V, p. 567. — Rapport à l’Institut du royaume des Pays-Bas, par MM. Vrolik, Swart el Van Breda {Archives de médecine, 4' série, t. IV.— Voy. Bibliographie de l’arlicle Bouillon, t. I, p. 205).

GLACES. — Voy. Nettoiement.

GLUCOSE. — On désigne par le nom de glucose le sucre d’amidon extrait, soit du blé, soit de la pomme de terre. Nous n’aurions pas à nous occuper de cette substance , si dans ces derniers temps elle n’avait pris une place assez importante dans la consommation en se substituant au sucre de canne dans la fabrication des sirops.

Les sirops de glucose (^sii'op de ble , sirop de fécule) jouissent de propriétés édulcorantes très suffisantes et n ont aucune action lâcheuse sur la santé. Le sirop de blé l’emporte sur le sirop de fécule par une saveur plus douce et plus agréable; ce dernier, en effet, retient une certaine àcrete due a 1 action de 1 acide sulfurique sur la fécule de pomme de terre. Il est vrai de dire que les glucoses et les sirops de glucose qui sont livrés au commerce ont beaucoup gagné en raison des perfectionnements récemment introduits dans leur préparation. M. Bouchardat les résume de la manière suivante ; Il laut employer la plus faible piopoition d’acide possible et prolonger l’action plus longtemps, saturer aussitôt que la transformation est complète; préférer la vapeur à l’emploi direct du feu ; apporter les plus grands soins dans la saturation de l’acide et dans la clarification. Si l’on ajoute un peutropde chaux pour la saturation, le principe est altéré ; la plus légère trace d’alcali en excès suffît pour noircir le sirop. Le choix du noir exige aussi le plus grand soin. Ceux qui sont alcalins ou qui renferment des sulfures doivent être absolument proscrits ; le noir des fabricants de bleu de Prusse, lavé avec l’acide chlorbydnque donne des résultats excellents. Le sucre de fécule qu on obtient à l’aide de ces précautions est remarqualile par son bon goût, et la saveur particulière et désagréable qui lui est piopie peut disparaître eu partie.

GLUCOSE.

Quelle (jiie soit leur origine, les glucoses ue (lilïerenL j)as du sucre de canne dans leurs propriétés hygiéniques, et l’on comprend que leur bas prix doive en généraliser l’emploi. C’est ce qui arrive par l’introduction du glucose dans la préparation des sirops d’agrément. Et lorsque l’on voit à Paris ces sirops aromatisés «à la merise , à la groseille , à l’orgeat, à la gomme, remplacer dans les habitudes de l’ouvrier les liqueurs fermentées et se débiter chez les marchands de vin à titre de boissons rafraîchissantes, on ne peut s’empêcher de faire remarquer (ju’il y a là un progrès intéressant pour les mœurs et pour la santé publiques. Cependant il ne faut pas se dissimuler que certaines dilïicultés ont pu surgir de cette introduction d’une substance nouvelle dans la consommation et dans le commerce.

D’une part, en elTet, le glucose peut être frauduleusement substitué au sucre de canne dont il est loin de posséder la valeur, et de l’autre, il peut être employé contrairement aux prescriptions du Codex, dans la préparation des médicaments. A ce double point de vue, la question est assez neuve pour mériter quelques développements.

La présence du glucose est facilement décelée par le procédé très simple qui consiste à faire bouillir une très petite quantité du sirop soupçonné avec deux ou trois fois son volume d’une solution de potasse caustique. La couleur noire et l’odeur caramélisée ne laissent aucun doute sur la presence du sirop de fécule. Mais il est bon d’être prévenu, ainsi que l’a constaté 31. Bouchardat, que du sirop de sucre préparé avec du sucre de canne parlaitement pur et de 1 eau peut, par l’elfet du temps ou d’une préparation vicieuse, contenir duglucose.il convient de recourir

alois aux moyens de distinctions que fournissent les méthodes opti(|ues.

Mais il est une autre dilliculté commerciale qui mérite d’être signalée, en raison de la désignation marchande des sirops d’a- • grement préparés au glucose. Des poursuites correctionnelles ont ete la consé((uence de ces dilïicultés, et il n’est pas sans intént de citer le texte d’un jugement du tribunal de la Seine,

con lime en appel et (|ui [leut servir a fixer sur ce point les principes de la jurisprudence.

« AUeniJu .|ir,iu domicile de i| „ |e d7 iivvil 1851 . trouve deux cutcgorics de sirops, l'uuc porumt letiunette dé • sirop de gomme et de guimauve, avec sucre de glucose ;

ÛLDCOSE.

» Allciidii qu’il esl constaté, par le rapport des experts, que les » sirops de la première catégorie ne contiennent point de glucose » et sont bien préparés;

» Attendu, quant aux sirops de la deuxième catégorie, que » l’étiquette dont ils étaient revêtus, et qui indiquait le glucose » employé pour leur composition, s’oppose à ce qu’il puisse être

» admis que ledit M , en vendant lesdits sirops, ait trompé

» l’acheteur sur la nature de la marchandise vendue;

» Le renvoie de ce chef

» Mais' attendu qu’il a été toujours reconnu que les sirops de » gomme et de guimauve constituaient des préparations médi- » camenteuses, et qu’à ce titre la ibrmule selon laquelle ils doi- 3> vent être préparés est insérée au Codex ; que cette formule ne s prescrit pas l’emp'oi du glucose; que les sirops préparés par

3> M élaient glucoses , et par conséquent non conformes aux

» prescriptions du Codex; que M ne peut invoquer en sa

» faveur le tort qu’il a eu de s’être indûment immiscé dans la vente » de préparations médicamenteuses spécialement réservées aux » pharmaciens , infraction prévue et punie par les articles 32 B et 36 de la loi du 21 germinal an XI, et l’article unique de la » loi du 19 pluviôse an XllI, dont il a été fait lecture par le préi> sident, et qui est ainsi conçu ; « Ceux qui contreviendraient X» aux dispositions de l’article 36 de la loi du 21 germinal an XI , JD' relatif a la police de la pharmacie, seront poursuivis, même par » mesure de police correctionnelle , d’une amende de 25 francs à » 600 francs , et en cas de récidive, d’une détention de trois jours D au moins et de six jours au plus. »

3) Condamne M à 25 fr. d’amende et aux dépens. »

On voit la nature des ddhcultés qui se rattachent à cette question de la vente des sirops de glucose. Elles ne pouvaient échapper à l’administration ; elles ont reçu de 1 autorité supérieure une solution qu’il nous reste à faire connaître.

CIRCLLAIUE M1^’1STÉR1ELLE RELATIVE A LA FABRICATION ET AU DÉBIT DU GLUCOSE (üU 20 OCTOBRE 1851).

• lUonsicnr le préfet, par une circulaire du 10 mai 1850, un de mes prédécesseurs a appelé votre aUen'lion sur la falsilicalion des sirops vendus dans le commerce, el vous avez été invité 5 provoquer sur ce point la surveillance spéciale des écoles de pharmacie et des jurys médicaux.

Depuis celte époque est intervenue la loi du 27 mars 1851, sur la répression des fraudes dans la vente des marchandises, et plusieurs fabricants ont été con-

GLUCOSE.

damnés pour avoir composé des sirops médicamenteux autrement que ne le prescrit le Codex pharmaceutique, o»i des sirops d’agrément , sans y faire, entrer les substances que leur dénomination indique.

L’emploi du glucose au lieu do sucbq a aussi motivé des saisies.

Ces mesures et ces condamnations ont donné lieu ?» des réclamations prés de mon département. Des fabricants m’ont demandé si, en annonçant dans leurs factiu’es et sur leurs étiquettes la composition de leurs sirops, ils n’éviteraient pas l’inculpation de tiompcrie sur la nature de la chose vendue, et comme ils alléguaient l’intérêt des consommateurs , qui profitent de la diminution de prix résultant de l’emploi des nouveaux procédés, leurs observations m’ont paru mériter une attenlion pai'ticuliêre ; mais, avant de m’arrêter ?» aucun parti, j’ai cru devoir prendie, au point de vue sanitaire, l’avis du comité consultatif d'hygiène pi»blique.

Après examen de la question , ce comité vient de déclarer :

1“ Qu’en aucun cas, les sii’ops médicamenteux , tels que ceux de gomme, de guimauve, de capillaii-e, etc., ne doivent êti’e pi’épai'és par d’auti’es moyens que ceux qui sont formulés au Codex , ce qui exclut l’emploi du glucose en remplacement du sucre ;

2“ Qu’il doit être permis aux fabi-icants de vendre, comme sii*ops d’agi-ément, tels jnélanges qu’ils jiigeiont convenables, pourvu que les dénominations sous lesquelles ils les vendent n’indiquent ni une prépai’ation du Codex plus ou moins modifiée, ni une anti’C pi’épai'ation que la véritable;

3“ En ce qui touche particulièrement le glucose, que l’usage n’en doit pas éti’c intei'dit; mais que, pour éviter toute confusion, les sirops qui en contiendi-ont devi’ont porter la dénomination commune de sii’op de glucose , ?» laquelle on ajoutei’a tclL ou telle auli’e dénomination spécifique , po»ir les distinguer entre eux. Aussi les étiquettes et les factui'cs portei'ont : Sirop de glucose à la merise, à la groseille, au limon, à l’orgeat, etc , et de cette manièi'e les fabricants n’auraient pas ?» »-edouter des poui'suiles pour fait de fraude ou de trompeiie sur la naïuie de la chose vendue.

J’ai adopté, sur ces divei’s points, l’avis du comité d’hygiène publique, et je vous prie, monsieur le pi'éfet, de le porter ?» la connaissance des fabricants de sirops, des conseils d’hygiène et de salubrité et du jury médical ou de l’école de phai-macie, s’il en existe une dans voti-e département. Je vous sei’ai , en outie, obligé de m’accuser réception de la présente circulaire.

Signé Buffet.

Les choses uvaicrit donc clé réglées comme on vient de le voir dans la circulaire précédente; mais, depuis lors, des fabricants distillateurs de Paris ont demande 1 autorisation de composer et de débiter une liqueur rafraîcbissanle rpii n’est autre que du sirop de glucose, et pour éviter les erreurs qui |;ourraient résulter de l’analogie des dénominations enlrc cette nouvelle litjuetir et les autres sirops, ils ont proposé d’adopter pour leurs produits cette étiquette :

« Liqueur de fantaisie à V orgeat, la groseille, la gomme et le

nf)

GOliUE ET ClMiTIN’ISME.

Citron (iio |)as conroïKln; ci'tte li(|U(Mii‘ avec les sim|)s d’or^fcal, de groseille, de gomme ou de cilrom.

Le comité consullalir d’IiygièiK' |)ul)!i(iuc , consulté à ce sujet [>ar M. le ministre de riutérieur, de l’agriculture et du commei’ce, a émis l’avis que, du juomeuL (ju’il ne s’agissait pas, dans l’esjKîCe, de sirops médicamenteux , mais seid('meut d’une boisson rat'raîclvissante, il n’y avait ancnn inconvénient à permettre la vente des liqueurs dont il s’agit, à la condition toutefois d’apposer sur chaque bouteille l’étiquette dont le moilèle est indiqué ci-dessus. M. le ministre a adopté l’avis du comité consultatif d’bygiène publique. {Voij. Fécule et Sucke.i

^ Bibliographie. — Diclionnaire des fdlsificaliuus , ^\y<ir Chevallier, — Memuire sur tes glucoses, par Bouchardat {Réperloive de pluirmacie , 1851).

GOITRT: et CKÉXIIïISITIE. — Parmi les maladies endémiques qui font sentir leur pernicieuse influence sur les populations, il n’en est pas qui exerce une action plus prolonde sur la constitution physique et morale de l’homme que le goitre et le crétinisme. L’abâtardissement de générations entières est la conséquence de cette atîection quiformecomme le sceau originel d’une race particulière, et qui, due à des causes locales encore obscures, mérite de lixer au pins haut degré l’attention des pouvoirs publics. Des travaux et des faits récents montrent du reste que la sollicitude de la science et de l’autorité est puissamment éveillée sur cette question , et que ce mal , qui n’est pas seulement isolé sur quelques points reculés du globe, mais étend ses ravages jusque dans nos contrées et au seuil de nos terres les plus riches, est activement poursuivi et combattu dans sa source même. C’est pour nous un devoir de ne pas négliger un sujet si inijiortant a tant de titres, et de réunir, autant (jne le permettent les limites de notre répertoire, les faits (jui peuvent éclairer les recherches (|ue ne’îcessite encore riiistoire du goitre endémique. Les traités de M. Niepee et de U. Ferrus ont rendu cette étude lacile; mais il faut reconnaître que c’est aux recherches très importantes entreprises par ordre du roi de Sardaigne <pie doit être rapportée l’jmj)ulsion (pi’clle a reçue dans ces derniers temps, et (pi ont etc dus 1(!S travaux plus récents d’nn haut intérêt, notamment les investigations ingénieuses et ]»ersevérantes de 31. le docteur Ci ange eUes découvertes si neuves de 31. Chatin. Nous ferons en sorte de donner une idée exacte de ces différents travaux ; mais nous nous

r.OÎTHK ET CRÉTINISME. 57

aüildRM-oiis plus spécialement à ce ipii a Irait li la «iisIrilHilion géüp;raplii(]ue du goitre et du crétinisme, à leurs causes générales et aux moyens les plus propres à en combattre le développement et la propagation.

Enliig pour terminer ces remanpjes préliminaires , disons (jue nous n’avons pas hésité à réunir le goitre et le crétinisme dans cet article, parce que, si l’on ne doit pas les conlondre au point de vue pathologique et statisthpie , il nous a semblé impossible de ne jias les considérer comme îles formes diverses d’une mi^me endemie, dont le siège, l’origine et le traitement, ne peuvent pas iMre utilement distingués. M. Grange alïirme ipie l’on ne rencontie jamais le crétinisme dans une population où le goitre n’est pas endémique , et (|u’en général le crétinisme ne commence à paraître que lorsque les ravages du goitre atteignent un dixième on un cinquième de la population. Il ne craint pas de taxer (Ijuexactitude, en ce qui concerne les goitreux, les tableaux comparatils publiés jiar la commission de Turin. Nous ferons remarquer, d’ailleurs, que la commission elle-même ne dissimule Pj's ce lait; et .pi’eii récapitulant les cbilires qui donnent un peu plus de trois goitreux pour un crétin, et un rapport de 2 à 1 entre les cretms arec goitre et les crétins sans goitre, elle ajoute ' ne le nombre ,1e goitreux existant dans le royaume de Saidaigne est bien supérieur à celui indiqué. On n’a pas tenu

villages ou le cretinisme n est pas endémique, et l’on ii’a noté orétiiit l’<'ys nn «e Iroiivent des

'f Slatistiqiies dues à ill. Grange et

xs siii le recrutement de l'armée, le nombre des goitreux U rance est d’environ i50,üü0; il est très dillicile ,ïc" Uxèl nènie approximativemenl , celui des crétins ; il ne doit ms’

“ées^^ '''T™ -'<'->i<|nn 'lâi,:

les mieux ,..xposées au soleil. Ainsi les ÂlpeV les b^ in , t ' di.xienie ,1e la population atteinte d„ goitre '

-S; SSdinlr " ?■"' ’ ' "-e- .

coItre et crétinisme.

ces ])Iainessi riches el si l'erliles, le goUre complede nombreuses victimes.

Knüii, dans le vaste Jiassin de la Garonne, on trouve celte alîection endémique, et sur les versants exjKJsés au sud, dans les départements de la Dordogne, du Lot, de l’yVveyron, et sur les versants exposés au nord, dans les départements pyrénéens.

Dans les Alpes, le goitre est extrêmement IVéquent , mais il est exclusivement limité à certains terrains déterminés; dans (juelques localités, il atteint la population tout entière, moins les enlants à la mamelle et à de rares exceptions, tandis que dans la même vallée , à quelques lieues au-dessus ou au-dessous, mais sur des terrains dilîérents, ces alVections sont entièrement inconnues. Nous citerons, sous ce rapport, les vallées les ()lus Iréquentées ; celle de l’Arve, dans laquelle la population de Maglans est entièrement préservée ; la vallée de l’Isère, de Grenoble à Contlans, dont la rive gauche, sur une étendue de cinquante lieues, est seule atteinte des maladies endémiques ; tandis que, dans la vallée du Rhône, entre Martigny et Merci, dans la même orientation, elles font les ])lus grands ravages sur les deux^elsanls de la vallée, dans la partie la plus élevée du canton , entre Merci et le glacier du Rhône , sur une étendue considérable, on trouve une population magnifique; enfin , dans la vallée dLntremont, sur la route du Saint-Rernard, le goitre est extrêmement répandu de Martigny à Orcières; il disparaît au-dessus de cette localité, au moment même où l’on cbange de terrain, et se montre plus hideux aussitôt que l’on a franchi le Saint-Rernard, et qu on a atteint de nouveau les formations magnésiennes.

D’après les travaux de statistique des médecins allemands, la grande plaine de la Suisse située entre la chaîne du Jura et les «rrandes Alpes, et qui s’étend sur le versant nord de cette chaîne, sur une étendue de plus de cent lieues, présente presque partout le goitre à l’état endrm que.

Dans le canton de Renie, la statistique ofiicielle a montre que le nombre des goitreux , dans cette partie de la vallee qui a plus de cinquante lieues de largeur, est deux fois plus considérable que celui que l’on rencontre dans les pays montagneux d Lnglestighen, de Frutigen et de l’Oberland bernois.

Le goitre et le crétinisme sont endémiipies dans un grand nombre des provinces de l’Alleniagne, dans celles du ^yurtenl. berg, de la Saxe, de la Silésie, de la Ravière, du lyrol, de la

GOÎTUE ET CRÉTINISME.

Cariiithie, de la Gallicie eUle l’empire d’Autriche. En Angleterre, on le trouve spécialement répandu sur une zone de calcaire magnésien {ma(jnesian Umcstone) qui s’étend de Nottingham à la Tines; dans l’Amérique de Nord, dans les vastes plaines qui entourent la rivière d’Edmonstone ; dans l’Amériijiie du Sud , sur les plateaux de la Nouvelle-Grenade, et, d’après les observations de M. de llumboldt, dans des conditions essentiellement opposées, dans les vallées les plus profondes et les plus humides , sur les plateaux les plus arides et les plus dépouillés de bois. Dans l’Inde, le goitre est fréquent dans quelques vallées de l’Himalaya et dans quelques unes des vastes plaines qui s’étendent à ses pieds.

On trouve enfin ces maladies en Asie, dans la Tartarie chinoise, dans le Thibet, a Ceylan, et en Afrique, dans plusieurs localités importantes.'

Le goitre et le crétinisme sont beaucoup plus répandus en France qu on ne le croit généralement; lorsque l’on consulte nos traités de pathologie , on cite les Alpes, les Pyrénées, quelques localités du Jura ; mais, jusqu’à présent , on ne trouve nulle part une élude géographique complète de cette alïèclion.

M. Grange a essayé de combler cette lacune, et il est parvenu, au moyen des tableaux du recrutement de l’armée, à donner une carte précise de la distribution du goitre en France. Pour atteindre ce résultat, il a compulse tous les cas d’exemptions pour goitre, de 1837 à 18A8 , canton par canton. La France se trouve ainsi étudiée comparativement dans 2,700 cantons. Il se propose, encoie de laii*e, commune par commune, la distribution du goitre

dans les départements les plus gravement frappés par ces maladies.

Irai

On reconnaît , dans la carte géographique du goitre que , con- ^airement a l’opinion généralement reçue, le goitre est très répandu dans les pays de plaine. Nous le trouvons endémique sur le sol des départemenls de l’Oise, de l’Aisne, de la Somme et du JNurd ; dans les contrées où les montagnes sont d’une hauteur moyenne, mais ne sont nullement conqiarables aux grandes masses des Alpes; dans les Vosges, dans le département du Rhône, dans le bassin de la Saône, sur les terrains d’alluvion des départements de rUère et de la Drôme.

Le goilrese inonh-e donc en France dans des conditions lopoaphiques très dillérentes, depuis une hauteur de 20 à 30 mètres

gra

au-dessus du niveau de la mer, aux environs d’Elbeuf, jusqu’aux

60 GOirUIÎ KT CRÉTINISME.

plus gramlcs luiuleiirs où riiomine jmisso lixer son lialiilalioii peiulanl, loiilo rannôo.

Les (lépartemeiils ipii présenUnil le plus grand iioirilire do goitreux sont, (ra])rès les doeuineuts de recrutement, les suivants, (fui ont donné lieu au nombre de réformes indiffuées ci-après ;

MOYENNE DE SIX ANS , DE 18Zl‘i A 18/|7.

Ifaules- Alpes

91 sur 1,000

Pu y

7 sur 1,000

Hautes-Pyrénées. . .

Saône-et-Loir(î. . . .

Hasses-Alpes

AI

Haute-Marne

Isère

Moselle

Ariége

Drôme

Vosges

Allier

Ardèche

Doubs

Loire

Aude

Haut-Rhin

Ardennes

Bas-Rliin

Charente

.tiira

Aube

Aveyron

lA

Somme

Aisne

lA

Eure

Cantal

Gard

Meurthe

Haute-Vienne

Haute-Saône

Haute-Garonne. . . .

Lot

Seine-Inférieure. . .

Oise

Tarn

Haute-Loire

Tarn-et-Garonne. . .

Corrèze

Côte-d’Or

Basses-Pyrénées . . .

Landes

JJyrénées-Orientales .

Seine-et-Marne. . . .

Ain

Quekfues départements en contiennent 1 sur 1,000, dautre>, moins de 1 sur 1,000. Nous citerons enfin les départements qui, pendant une période semblable, n’ont firesenté aucun cas de réforme pour goitre : .

Côtes-du-Nord. — Eure-et-Loir. — Gironde. — llle-et- Vilaine. „ Indre. — Indre-et-Loire. — Loiret. — Mancbe. — Mayenne.

— Morbihan. — Deux-Sèvres. — \ endee.

Les causes du goitre et du crétinisme, ou du moins les influences qui ont été réputées capables de favoriser le développement de CCS alïèctions sont trop nombreuses pour ollVir toutes la mémo importance. Aussi voit-on b^s auteurs s elîorcer de réduire toutes ces circonstances étiologiques à une seule, et a donner une théorie. généralft du goitre. Peut-être la vérité n’esGelle m dans 1 un

(.OÎTHE ET CRÉTINISME. fit

ni dans l’autre de ces extrêmes. Nous ne nous arrêterons pas cependant à ces iniluences générales ilont la banalité atteste l'insuflisance. Il est certain que le goitre et le crétinisme constituent essentiellement des endémies de causes locales, tout à fait spéciales dans leur nature , et qu’il ne faut pas chercher au dehors les véritables causes productrices du goitre. En effet, si l’on se reporte à l’énumération faite par les commissaires sardes et par M. Niepce, configuration du sol, air, vents, température, lumière, phénomènes météorologiques , nature géologique du sol, habitations, exposition des villages , alimentation , habillement, constitution générale et physique de la population, maladies prédominantes, habituelles et continues, aisance et misère, instruction, éducation, état de santé des parents, mariages, grossesses, lésions cérébrales, eaux en général , eaux potables, boissons , oii voit combien la plupart de ces circonstances, considérées d’une manière générale, sont impuissantes à rendre compte de la production de l’endémie' spécifique dont nous nous occupons ici. Il serait hors de propos de les discuter, nous nous contenterons de reproduire quelques remarques empruntées aux principaux travaux dont nous avons parlé.

Le rapport de la commission de Turin , après avoir discuté les nombreuses circonstances qui prédisposent les populations au cretimsme, admet que les plus générales et les plus constantes sont les suivantes : 1» un air humide ou rendu malsain par la mauvaise exposition des habitations et par la construction vicieuse de niaisons privées d’air et de soleil ; 2» des aliments insuffisants ou de mauvaise qualité ; 3» de mauvaises eaux, manquant de sels d iode et de brome. Il ajoute que « toutes les autres causes sont secondaires ou ne sont pas assez répandues pour être considérées sous un point de vue général; c’est tout au plus si elles concourent, par leur nombre, à augmenter en force et en intensité le mal produit par les premières. Quelle que soit , du reste la maniéré dont elles agissent, elles ne peuvent être regardées comme cause directe de créUnisnie. Ce sont les mêmes causes générales insalubrité qui, moins nombreuses, moins permanentes ou moins intenses, produisent dans d'autres pays les écrouelles, le racliilisme et d autres vices organiques; on ne peut d’ailleurs allribiier exclusivement a une seule d’entre elles le crétinisme sans Z mettre en contradiction avec les laits. »

A ces observations dont on ne peut se dissimuler le peu de

GOÎTUK ET CRÉTINISME.

précision, il est bon d’opposer des observations aussi ingénieuses (.pie dignes d’intériH dues à M. le docteur (Irange.

« L’eau de neige et des glaciers, dit-il, ne donne jins le goitre; car cette afléclion est entièrement inconnue dans Uis vall('*es les plus élevées des montagnes, aux sources du l»li(')ne, et dans le liant Valais aux sources de l’Aar, et dans rOberland bernois entre Meringen et leGrimsel, dans la vallée supérieure du Illiin. Toutes ces vallées ensevelies dans la neige pendant la plus grande partie de Tannée, et dans lesquelles on boit véritablement des eaux qui proviennent immédiatement delà fonte des neiges et des glaciers, ne présentent aucun cas de goitre. Cette maladie est inconnue en Norwége et en Suède ; inconnue dans les plaines glacées du Nord , où les peuplades vivent dans des buttes creusées dans la terre, se nourrissent de leurs chasses et ne boivent que de 1 eau de neige; d’autre part, le goitre se rencontre en Afrique et dans Tîle de Sumatra où il ne tombe jamais de neige.

» Quant aux conditions d’aération, dans la Maurienne, laTarentaise, le Valais, des brises continues parcourent la vallée, ascendantes de dix heures du matin à cinq heures du soir, et en sens contraire pendantla nuit, et elles sont assez puissantes pour courber les arbres dans le sens du courant diurne. 11 ne faut pas avoir la moindre connaissance de la circulation des fluides pour admettre que, dans les vallées les plus étroites, les plus ombragées, il n’y ait pas de ventilation. A Saint-Jean-de-Maurienne, la statue de Fodéré, le grand propagateur de cette opinion , est entourée de peupliers qui, tous les jours, courbés jusqu’il terre par la brise ascendante, donnent un démenti formel aux théories écrites dans le livre qu’il montre a la postérité. La plaine de la Suisse, celles de Turin et de la Lombardie, terminées a l’horizon par la silhouette blanche des Alpes , présentent des cas trop multipliés des ravages des maladies endémiques, pour qu on puisse les attribuer aux causes météorologiques que nous citions tout a 1 heure. Je ne dirai rien des diflércnces et des variations de température, de l’action des miasmes marécageux; car les cantons qui, en France, sont le plus gravement atteints par les lièvres de marais

sont exempts de ces aflections.

» Là misère et la malpropreté aggravent toutes les maladies; mais elles ne sont pas la cause de celles qui nous occupent. Quelle est la terre bénie où Ton ne rencontre pasces deux compagnes de l’humanité souffrante ? Si des grossesses multipliées, si Theredite

GOÎTRF. ET CRÉTINISME. O.'l

(iisposoiil an dôvoloppcnuMil du goîlre, il est incoiilestablo que ces circonstances n'onUpi’uno iidluence très sc'condaire.

» Considérer le goitre et le crétinisme comme l’exagération des vices scrornleux, c’est être en contradiction lormelle avec les faits. Dans les Pyrénées, où les scrofules sont rares, les alfections dont nous nous occupons sont extrêmement communes, et dans la iVièvre, où la diathèse sci’ofuleuse fait heaucoup de ravages, le goitre est à peine connu. Ces diverses maladies sévissent quelquefois ensemble, et alors leur intensité s’accroît nécessairement de leur double influence.

» Les eaux potables donnent-elles lieu au développement du goitre, par le défaut d’aération et d’oxygénation? Le savant auteur de cette théorie , qui rendait compte des faits sur les plateaux élevés de l’Amérique méridionale, y a renoncé lui-même, lorsqu’il a vu sur notre continent le goitre fixé sur les hauteurs moyennes et dans les plaines, dans les circonstances où les eaux dissolvent le maximum d’air.

» L’opinion qui attribue le développement de ces affections à l’usage de certaines eaux présente des preuves nombreuses de l’action délétère qui leur est attribuée. On cite dans chaque vallée des jiays à goitre une source ou deux qui ont la propriété de développer cette maladie en peu de temps. Dans la Tarentaise et la Maurienne, M. Grange a vu ces sources qu’on désigne sous le nom de fuffcusfis, et il connaît des hommes qui, aimant mieux porter une dillbrmité que l’habit militaire, ont pris , en quelques niois, un goitre assez volumineux pour se faire réformer.

» En résumé, d’après les recherches de M. Grange, on rencontre le goitre et le crétinisme à toutes les hauteurs, depuis 50 mètres au-dessus du niveau de la mer jusqu’aux dernières limites où l’homme ])uisse lixer sa demeure. On le rencontre dans les pays les plus dilïérents, sous le rapport de leur position géographique, de leurs climats, de leurs mœurs, de leur alimentation ; là où la température ne varie pas de h à 5 degrés par an , là où

elle varie de plus de 60 degrés ; partout, enfin, excepté aux bords de la mer.

» Une seule circonstance est commune à tous les pays à goitre : leur sol t^t formé de roches magnésiennes, ou contient des sels de magnésie, dolomie, sulfate de chaux et de magnésie, etc. fait constaté parM. Ghatin et plusieurs autres observateurs. »

Nous croyons devoir compléter l’exposé de cette théorie en

<>A (JOÎTllE ET CRÉTINISME,

rcprodiilsaiil les conclusions du savaiilrapporl dcM. EliedeHeaniiu)iil. « Sans SC prononcer sur l’oiiinion d(^ M. Granj^e, qui si|^iialc la magnésien comme étant l’agent principal de la jirodnetion dn goitre, opinion ([ni ne jiarait jias élalilie jusqu’ici sur des hases irrécusahles, votre commission n’a pu s'enijii^cher de reconnaître que dans les contrées étudiées jusqu’à présent jiar M. Grange, la magnésie est en elVet très répandue dans les terrains sur lesquels le goitre est endémique et dans les eaux qui en proviennent; reste à savoir si, indépendamment de la magnésie, il n’existe pas dans ces eaux un principe actif, mais en très faible dose, et qui jusqu’ici aurait échappé aux analyses. Dans cette supposition, il serait intéressant de diriger les analyses de manière à découvrir ce principe, quel qu’il pût être et quelque minime que fût sa proportion dans les eaux. »

M. Bouchardat, partant de ce même principe, a cherché à déterminer quelle est l’influence des eaux potables sur la production du goitre et du crétinisme. Après avoir critiqué les opinions delà commission sarde, les analyses de M. Cantù, dans lesquelles on n’a pas tenu compte de la présence de l’iode, et les théories de M. Grange, que contredit l’innocuité de l’usage prolongé de la magnésie à doses médicamenteuses , de celui des eaux du canal de rOurcq et de ses affluents très chargés de sels magnésiens, ou de vins très riches en magnésie, en contenant un décigrainine et plus par litre, M. Bcmchardat admet que « la qualité des eaux, la nature des matières qu’elles contiennent, ou, ce qui revient au même, la constitution géologique, ont une intluence dominante sur la production du goitre et du crétinisme. » Mais il ne semble pas qu’en attribuant au gypse, ou sulfate de chaux, raction qu il refuse à la magnésie, l’auteur que nous venons de citer échappe aux reproches qu’il adresse aux autres.

On sait que M. Ghatin , dans des recherches récentes, s’est etforcé de faire prévaloir une autre idée , celle de 1 absence de l’iode dans le sol, les eaux, voire même dans l’air des localités où régnent le goitre et le crétinisme. Le lait suivant, lappoite dans un de ses derniers mémoires, jieut servir a mesurer 1 importance de cette donnée.

« Fully et Saillou sont deux gros villages situés’presque en face de Martigny, sur la rive droite du Bluhie. Ions deux placés sui la pente inférieure de la montagne, au milieu de beaux vignobles, et formés de maisons à un, deux étages élevés pour la plupart

(.itirUK Kl CKKTl.MSMK.

sur des luingars; tous deux hallus des uu^mes V(*iils cL plonoés dans une atmosphère commune rendue souvent humide jiar les vapeurs du Uhône, des torrents, et jiar les émanations des marécages de la vallée; tous deux exposés au sud; tous deux habités par une population (jui passe pour être des plus aisées du Valais, et (]ue tente souvent (dans une certaine classe) l’excellence du vin ; Fully et Saillou, que sépare seulement une taille du pied de là montagne, se présentent dans des conditions aussi semblables que possible. Et cependant on signale dans tout le Valais Fully comme le pays où le goitre et le crétinisme frappent le plus universellement les habitants, tandis que Saillou est cité comme exempt, de temps immémorial, de ces maladies. Gomme tout semble commun aux deu.yillages, on s’étonne du contraste offert par hmrs habitants, et l’inutilité des tentatives faites pour découvrir les causes de celui-ci le lait rattacber a un problème insoluble.

» M’étant rendu à Fully et à Saillou afin de Vérifier ce qu’on en disait, et recueillir, en tous cas, des produits pour mes analvses je reconnus bien qu’à Fully, où les crétins sont nombreux tout le monde a le goitre, mais je rencontrai aussi un jeune crétin K un certain nombre de goitreux à Saillou. Un liomnie d’une grande sagacité, M. le président Moulin, de Saillou, à qui je fis eonnaitre 1 objet de mes recherches et que je priai de m’aider de ses renseigne.nents, m’apprit que l’on avait changé la prise d’eau c es inee au m âge, que c était seulement depuis cette époque que le go,l,c .vn.t commence à paraître, remarquant qu’il' ni semit pas impossible que la source chaude ou source de fer au-ilessus ,1e aquelle se trouvait maintenant la nouvelle prise , l’eau n’em "ans ancien état de chose, son utilité; et ajoulant que M. liarnvm a. de 1 ambassadeur suisse à Paris, avait, à l’épique ,h', ail™ i.’.

iiu'iiir ''’'r'"'^''‘’ eoncernant rinlluence

qu il pourrait avoir sur la santé des babitaiits.

>. La coïncidence entre le cbaiigemeiU apporté .la.is les eauv

IVa nui m Caillou me

"cippa, et J attachai surtout une grande imnorf’mpp •, i-,

l’p I •/ I’ f'üiivait nécessairement faire partie du torrent I erub-oit ,1 ou nue partie de ses eaux était autielois ,lirigée s.: li

» Aussi m’empressai-je de recueillir :

» 1" Leaii qui alimente aeluellement Saillou ;

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