‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 13 sur 58 · GOÎTRE ET CRÉTINISME · texte numérisé non relu

GOÎTRE ET CRÉTINISME

B 2o L’eau de la Salenlo prise eu aval d(i la source chaude, sur le point iru'me où était rancienne prise d’eau;

» 3'^’ L’eau de la source chaude. Située à ([uchpies rnèti’es audessus du torrent, cette belle source sort en bouillonnant des fissures de la roche calcaire à une température d’environ 28 degrés centigrades, et débite de /|0 à 50 pouces; bien (pi’cà peine ferrugineuse,elle rougit assez le rocher pour Cjue les habitants, (jui 1 emploient contreles fièvres et se baignent parfois dans le bassin qu ils ont taillé autour d’elle, la désignent habituellement sous le nom de source fie fer.

» Voici les résultats, en tout point conformes, des analyses que j’ai faites d’abord cà Martigny, puis à Paris, avec un soin de détails rendu surtout nécessaire par la portée des déductions.

» a. L’eau bue actuellement à Saillou (détournée delà Salente en amont de la source chaude) est privée d’iode comme celle qui alimente Fully et ses hameaux (llrançon, Sacet, Mazimbre), tous

remplis de goitreux et de crétins.

» h. L’eau bue autrefois à Saillou (détournée de la Salente après que celle-ci a reçu la source chaude) contient plus d’iode que les eaux bues cà Paris et dans les autres contrées où le goitre est

inconnu. .

» 0. L’eau de la source chaude contient au moins soixante fois

plus cViocle que les eaux normalement iodurées de Paris et de

Londres : c’est une véritable eau minérale iodurée.

» D’où il ressort : . . . ,

B A. Que le goitre devient commun à Saillou depuis qu on ^

consomme de l’eau privée d iode ;

» B. Que le goitre (et le crétinisme) était inconnu, ou^ du moins fort rare, dans ce pays, lorsqu’on y iaisiut usage d eau

iodurée ; , • • i i

» C. Que c’est à la belle source minérale qui se jette dans la

Scilente qu’est due l’ioduration des eaux de celle-ci à Icndioil

où elles étaient prises de temps immémorial pour les besoins du

village. . . .• ’-i,

» Commenter de tels faits serait inutile; la démonstration qu ils

donnent (sous la réserve d’une vérification que je sollicite), tant

de l’existence d’une cause locale spéciale du goitre et du cre-

linisme que de la possibilité d’utiliser les eaux minérales lodurees

qui iaillissent dans les contrées où ces maladies sont eiidemiques,

oüre toute la netteté (pie doivent (exiger les esprits seNeres. lu

GOÎTHE ET CHÊTIMSMK. > (37

romprondra (jiie jo ino sois empressé de les poil(M> à lu eonnaissanee de M. le président de Saillou. »

(juoi qu’il (Ml soit de ees diverses opinions, il en résulte un fait eapital dont rien ne saurait diminuer la portée, c’est que ces endémies sont dues à une eause locale qui réside très probablement dans la composition particulière du sol, et par suite dans une alteration spéciale des eaux qui le traversent et des produits qui le couvrent. Nous répéterons, en terminant cette étude que de nouvelles recliercbes sont encore nécessaires, mais que le but'est

proebe, grâce aux belles recherches entreprises dans ces derniers temps.

II nous reste à faire connaître quels sont les moyens qui, dans

l etat aelue de la science , paraissent le plus propre à préserver

et a guérir les populations menacées ou atteintes du ffoître endé mique. ^

Si les esprits sont encore partagés sur les causes originelles du goitre, on est plus près de s'entendre sui' le remède à lui opposer Sans contester runportauce qu'il y a à améliorer la condition materielle et morale des populations dégénérées soit par une diiection intelligente des mariages, soit par un assainissement progiessif etsagemeiitpoiirsuivi, soit en conduisant dans des lieux ravages des eaux de meilleure qualité, il n’est pas douteux qu’il aille lecouiir a une sorte de spécifique dont rexpériencc a permis de constater déjà l’cllicacité : nous laissons parler le D'Griln..e dont les reclierclies sur ce point méritent les plus grands élo4 . Pour arriver a guérir les populations rurales, iîl'autde touté nécessite mettre a leur disposition un remède qui ne coûte rien un remede lacile à employer; il ne l'aut leur d'emanderld ô ni dépensés, sans cela tous les eirorts se Iniserunt contre leur

se I Ir^s gr-néralementles moyens de

e fjUeiii du goitre; ils n’y ont recours, cependant nue dLc ri conduire jusque dans leurs fonta ncs et ■'i^enmicn

(.oirUK ET CKETINISMK,

iTMuplira a(lmirabl(Miu‘iit. U* l)ut (jiio l’on <loil alleindrc*. Nos l'abri-

leurs sels du commerce. Nous aurons donc là un remède simple, pratique, et qui ne pèsera en rien sur le Trésor, ou, tout au moins, pour une somme tout à fait insigniüante.

» Aux pei’sonnes qui pourraient craindre que ces sels aient une influence fâcheuse sur l’organisation ou sur certaines fonctions, je répondrai que la dose d’iodure introduite ainsi dans ralimentalion sera encore inférieure à celle que prennent, sans s’en douter, les habitants des bords de la mer, qui vivent de poissons, de mollusques, et à celle que contiennent les sels provenant des sources salines de certaines provinces de la chaîne des Cordillères, et qui sont journellement employés par une population'considérable. Au rapport de M. Boussingault, ces sels sont exportés dans les pays à goitre où ils sont généralement employés pour guérir ces maladies endémiques ou pour s’en préserver, et personne n’a jamais ouï dire que leur usage ait donné lieu à des accidents de quelque nature que ce soit,

» D’autre part, les sels de soude, imparfaitement puritiés, ont été fréquemment mélangés à Paris aux sels ordinaires ; leur introduction a été défendue, non pas parce qu’ils avaient produit des accidents , mais simplement parce que l’on craignait que leur usage pût entraîner des inconvénients. Mais si ces sels étaient de^tinés à l’alimentation et à la guérison des populations qui en auraient besoin, il serait extrêmement facile de les livrer ])urs et de les ramener à une dose ou un titre constant d iodure de jiotas-

SlU'n

sel ordinaire, auciuel j’ai ajouté des quantités determmees a louuie ,1p notassium, cinq dix-millièmes à un millième au plus. Il n est

TrOUDIlUN. 6î)

sarconialeiix , lous ctiIX enlin qui n’oiil pas subi uuo degciKMVs- (Tiice des (issus. »

iNous n’avous pas besoin d’insister de nouveau sur l’intêriH qui s’attaclieà une prompte solution des questions relatives à l’origine et à la destruction du goitre et du crétinisme endémiques. S’il a clé beaucoup lait déjà par les elïbrts individuels des savants, il importe (pie ces études soient reprises de plus haut et avec plus d’ensemble. L’exemple donné avec tant d’éclat par le roi de Sardaigne ne pouvait demeurer stérile, et le gouvernement de notre pays n’a pas hésité à le suivre dans cette voie. Une circulaire ministérielle, du 17 novembre 1851, a prescrit à tous les conseils d’hygiène et de salubrité une enquête dont les résultats, coordonnés par te comité consultatif d’hygiène publique, ne peuvent manquer de répandre une lumière décisive sur les parties encore obscures d’un sujet qui intéresse à un si haut degré la santé publique.

Bibliographie. — Traite hi goitre et du crétinisme, par Fodéré. Paris, un VIII - Mémoire sur le goitre et le crétinisme, par M. Forrus. suivi de la discussion danl le sem de l’Academie impériale de médecine. Paris, 1852, 2 parties in-8. — Traité du goitre et du créiinisine, suivi de la statistique des goitreux et des crétins dans le bassin de l Isère en Savoie, dans les départements de l’Isère, des Hautes Aines et des Basses-Alpes par B. Niepeo. Paris, 1852, 2 vol. iii-S. - liapport de la commisswn neee par S. M. le roi de Sardaigne pour étudier le crétinisme. Turin, 1848 —

ti f- 'T'TrT versonnes atteintes de goitre et de crétinisme dans

le dioa se de Chambéry et de Maurienne, par Mgr. Al. Billiel, archevêque de Cliauily. Nouveau recueil de faits et observations sur les eaux de Challes en Savoie nar le docteur Domenset. ClumilKry , 1845. - De ri,,/l„cn,e de la quaUeceles eaux eu!- 1„

fZ,Z Put "ÎSM "'.■'“f'""';™'’ I’" ”• «“"Cl-t"-'!"! (Amuaiee dee eaux de la rame. Pans, J8ol, in-4). — Quatre rapports sur les causes du goitre et du

TT'T' {Archives des missions scientifiques, décembre 1850)

Recherches sur la came qui produit le goitre dans la cordillère de la Nouvelle-Grenade par . I. Boussmgaull (.daa. de chimie et de phys., l. XLVIII , p. 55). - Recherches sur

. ^XVI, p. A2Ü). — Analyse des eaux de la vallée de l’Isère sur les terrains talL, ’

I. XMV, p. à6ti).— Rapport sur les recherches de M. le docteur Grannl ; ? ’

•^ux causes du crétinisme et du goitre, et aux moyens d’en préserver hspovuùti

avril r8'*ir"''“'r''^ (Comptes rendus des séances de l'Académie des scieiLs ' l X\\î|' avril 18j1). — Programme d’une enquête sur le goitre et le crétin!

adrtac au nom du comilc aonnllaüf d’I.ggUue publique, par le miii Lire de

f-omiKoiv. (In

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