‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 14 sur 58 · GOUDRON · texte numérisé non relu

GOUDRON

complexe rpii est composé, d’après Berzeliiis, d’une liuilc pvrogénre , mêlée à de riiiiile de lércbcnLliiiie, à de la colophane, à de l’acide acéli(jiie el à des résines pyrogénées. On ol)lienlce produit par la distillation élounée des l)ois résineux.

Le goudron a été désigné sous dilîérents noms , tels (jue brai gras, hrai liquide, (are, poix navale, etc.

On a donné par extension le nom de goudron à des produits naturels, au malthe, au pétrole, etc., et ceux de goudron, de houille, goudron et huile de charbon de terre , à ces produits que l’on obtient de la distillation à vase clos du cliarbon de terre.

Le mode de fabrication du goudron et les appareils qu’on emploie ne sont pas les mêmes ; en général, ils sont assez simples, et dans les forêts ils consistent en des fourneaux plus ou moins élevés, construits en briques, et qui sont munis de récipients pour recevoir le goudron. On emploie en Allemagne un cylindre de tôle muni à la partie inférieure d’une gouttière, et fermé hermétiquement par le haut. Après avoir chargé ce cylindre qui se trouve placé au milieu d’un autre cylindre construit en maçonnerie, on fait le feu entre ces deux cylindres; alors on recueille, au commencement de l’opération, un liquide résineux qui a été appelé bile de goudron. Cette matière, laissée en repos, offre à sa surface un liquide peu coloré, qui donne par sa distillation avec l’eau une espèce d’huile de térébenthine infecte , qui dépose dans le vase distiîlatoire un résidu analogue à la poix blanche. Ensuite le goudron s’obtient. Le goudron de bonne qualité doit posséder les caractères suivants : couleur jaune d’or, liquide et visqueux, doux au toucher et conservant longtemps sa mollesse.

Les usages de ce produit sont nombreux: on l’emploie pour enduire les bois, les cordes, les métaux, afin de les préserver de l’humidité ; il sert h recouvrir les carènes de vaisseaux; dans ce cas, on l’applique à chaud et sur des surfaces sèches. Le goudron, mêlé à des substances terreuses ou à de la chaux, sert à faire des mastics, des ciments imperméables à l’eau. On se sert également d’une eau goudronnée dans l’opération du tannage.

Le goudron est employé en médecine et dans l’art vétérinaire. Il existe une autre espèce de goudron appelée goudron de houille, qui s’obtient en France lors de la carbonisation a vase clos pour préparer le coke, ou bien lors de la distillation de la houille pour obtenir le gaz de l’éclairage.

Parmi les nombreux produits qui sont le résultat de la distilla-

r.OÜDRON.

tion (le la houille imiir la labricatioii du gaz hydrogène , il en esl un qui ressemble à de l’huile bitumineuse , ou, pour parler plus exactement, à du goudron, ce qui lui a mérité le nom de goudron minéral, coal lar des Anglais. Ce goudron étant très volatil , il se sépare du charbon en môme temps (pie le gaz, et se condense dans des appareils particuliers immédiatement après sa sortie des cornues; le gaz en entraîne cependant une petite portion qui se dépose, soit dans l’eau de lavage lorsqu’on emploie ce moyen de purilication, soit dans l’eau dans laquelle plonge le gazomètre. L’odeur de cette substance est des plus fortes el des plus pénétrantes; cette odeur se communique à celle du gazomètre, et s’unissant à l’odenr de l’hydrogène sulfuré, autre produit de la distillation, il en résulte des inconvénients considérables pour le voisinage ainsi que pour les eaux d’alentour.

Les établissements qu’on appelle pigouhêi'es, et où l’on opère la fusion du goudron pour le carénage des navires, n’ont pas été, par le conseil du Havre, rangés dans la série des établissements insalubres de première classe, attendu que dans les pigoulières on se sert du goudron tout préparé, qu'on fait fondre seulement pour les besoins de la navigation. Aussi le conseil, ayant été consulté sur rétablissement d’une pigoulière mobile, répondit que les

vapeurs empyreumateuses qui s’élèvent d’un pareil établissement n ont aucun caractère insalubre, et qu’on pourrait atténuer les dangers d incendie en ollrant les conditions suivantes : 1° de construire le bateau complètement en tôle; 2" d’éditier le fourneau en forte maçonnerie et de le disposer de manière que le goudron en ébullition ne {lùt s’épancher dans le foyer; 3" de ne jamais conserver abord du bateau plus de deux barils de goudron en appimisioimement; d’amarrer fortement, et au moyen de chaînes, et au milieu du canal dit de Vauban; 5" d’exhausser la cheminée de 3 mètres au-dessus du pont des navires environnants à marée haute. Le môme conseil du Havre autorisa sans condition l’établissement d’une fabrique de colle marine. Cette colle est le résultat d’un mélange d’huile de goudron , de gomme hufue et de caoutchouc; elle s’obtient à vases clos et au moyen d un géiiérateur a va[)eur. Ce genre d'industrie qui , à cause du dangei d incendie, pourrait ôtre admis dans la catégorie des établissements insalubres de troisième classe, n’oIVre absolument rien de nuisible.

Enfin, nous terminerons en donnant les conditions exigées par

le conseil (riiyp;iène de r<nTOii(lissomeiil du lliivreîi propos rl’une lnl)i’i(pi(‘ de goudron, d(* hrai (d d(‘ v(‘rnis. Cel, élnljlisserrienl fnl, considéré comme insnlnhre de pr(*mière clusse. Tn isolement nbsolii put le faire autoriser dans la conmmne de (jraville, aux conditions suivantes: I" les liàliments devant servir à l’exjjloitalion devront ôtre solidement bâtis et les murailles am ont an moins 33 centimètres d’éj)aissem' ; 2“ les fonrneanx destinés à la fusion olIVironl la même solidité; 3° la fusion des sid)stances employées aura toujours lieu dans des vases clos; A" les bouches des fourneaux par lesquelles on introduira les combustibles seront placées a l’extérieur.

GKAISSKS, CiKAS (Extraction des corcs). — L’extraclion de l’huile et des corps gras contenus dans les eaux savonneuses des fabriijues nécessite des règles ([ui ont été bien tracées par le conseil central de salubrité du département du Nord : ,1° Les eaux savonneuses seront neutralisées par l’acide sulfurique chaijue jour après leur introduction dans l’usine.

2'' Les presses pour l’extraction des matières grasses seront placées sous une hotte en communication avec la cheminée par un conduit olîrant au moins une ouverture d’un quart de mètr« (Xirré.

3“ La cheminée aura au moins 25 mètres de hauteur. '

A" Les eaux formant résidu ne seront pas introduites sur la voie publique, et avant de pénétrer dans la rivière, seront neutralisées par la chaux, attendu que, fortement acides, elles feraient mourir le poisson et seraient impropres à l’irrigation.

Bibliographie. — Rapport, sur les travaux du conseil central de salubrité du departement du Nord, pendant les années 18/i7-18.'i8 et le prenner semestre de I.ille, 18/i<).

— lia gri])pe est une maladie ipii intéresse l’hygiène j)ublique, et par son caractère é[)idemi(pie, et jiarce qu’elle a plusieurs fois , dans des lieux dilVei’ents, ])récedé 1 apparition plus ou moins prochaine du choléra.

De même que ce Iléau ])('stilentiel, la grip[)e s est montrée en Europe sur les points les plus variés sous le rapport de la situation géograpbiipie et de la nature du sol.

Cette maladie (lièvre catarrhale épidémique, inlluenza) est caraclérisée le plus orfliuairemeul par un catarrhe broncbiipie ou

GimM’K.

mie angine, et lonjonrs par des douleurs nmscnlaires et un aflaissement considérable des forces.

La giip[)e, dans sa lornie la plus simple et la plus commune, s’annonce en général , après quelques jours de malaise, par une lassitude excessive et un alfaiblissement musculaire considérable ; de la cepbalalg'ie, des douleurs vagues dans les membi-es, des crampes légères, de l’anorexie, quelquefois des vomissements, de 1 encbili enement , du larnmiement, un mal de gorge un peu intense, une toux sècbe et fatigante, des frissons passagers suivis de chaleur et d’un mouvement félirile très modéré. La toux augmente et devient quelquefois très violente, tandis que dans d’antres circonstances elle est à peine incommode. Elle se renouvelle par quintes accompagnées de dyspnée et assez longues. Une sensation très pénible de constriction s’étend du sternum à la partie postérieure de la poitrine. Le corvza et l’opblbalmie ajoutent souvent A la douleur de tète lorsqu’elle persiste. L’angine s accompagne parfois de douleurs d’oreilles. La bouche est mauvaise, la langue humide et peu chargée ; la constipation est habituelle. Des douleurs musculaires, souvent très vives, se font sentir, soit dans le cou, soit dans les reins, soit dans les parois de la poitrine, où elles ont le caractère d’une véritable pleurodynie Les crampes deviennent quelquefois très fortes, au point de Vappeler celles du choléra. Le pouls est très variable, rarement très lort, .pielqueiois a peine accéléré. L’encliifrènement et l’aiimne donnent a la VOIX un caractère de rancité; elle est même dans certamscascomplelementéteinte. La toux, d’abord sèche, devient

plus humide, et des crachats mu, pieux , de pins en pins épais aimoncent la résolution du mal ; on peut alors entendre à Ihaus-

st i rcunu'? '■ Lus narines

. ii mecli nt e .son souvent le siège d’un écoulement de sang

Dans h. s cas les pins simples, après cin,| on six ioiirs H

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GHIPPE.

La gri|)[)e [)i‘ut(Hre caraclérisôe |»ai’ la prédominance de lel ou tel groupe de symptômes. Les deux iornies j)i'incipales sous les- ({uelles elle se présente sont : la grippe nerveuse etlagri[)[)e inflammatoire ou catarrhale. Dans la première, la céphalalgie persistante et excessive, une altération notable des traits, li ])rostration , la faiblesse musculaire, les douleurs vagues, la dyspnée, la sensation de resserrement à l’épigastre, sont les phénomènes les j)lus saillants. La toux manque souvent ou bien elle est rare et sèche; il y a (piehpiefois des vomissements, surtout chez les femmes; la fièvre est prestpie nulle. Dans la seconde, au contraire, le frisson initial et la chaleur sont très marcpiés, le pouls souvent développé; le coryza, l’angine, l’ophthalmie, l’enrouement, le catarrhe bronchique caractérisent surtout la maladie et atteignent le plusliaut degré d’intensité. Dans des cas les plus rares, un état saburral assez marqué domine les autres symptômes.

Les complications de la grippe sont fréquentes, et c’est à elles qu’est due la mortalité souvent assez élevée de quehjues épidémies. La plus remarquable est la pneumonie qui, dans un grand nombre de cas, succède ou s’ajoute au catarrhe de la grippe. Les pneumonies, dans lesquelles les signes spéciaux manquent, resteraient souvent latentes si l’on ne se tenait en garde contre leur développement. On voit quelquefois les douleurs s exaspérer et prendre le caractère d’un rhumatisme aigu, et la céphalalgie se lier à des congestions cérébrales ])lus ou moins graves. Mais les complications les plus graves de la grippe sont certaines affections chroniques des voies respiratoires, sur lesijuelles son influence se fait sentir d’une manière funeste ; la phthisie, dont elle accélère la marche ou dont elle hâte le développement , le catairhe pulmonaire chroni(jue et l’asthme, quelle exaspèie et qui détermine quelquefois brusquement une suffocation mortelle. Plusieurs maladies anciennes du système nerveux et de la moelle semblent s’aggraver aussi sous l’infliH'uce des épidémies de grippe. La convalescence de la grippe, même en dehors de toute coin

plication, est toujours lente à cause de la persistance delà fai- , blesse générale; elle est (|uehpiefois traversée par des rechutes lIu moins parle retour des douleurs inusculaiies, loisijin on :ie imprudemment à une guérison incomplète.

ou du

se fie impi\...v - o - . , .

Quant aux altérations anatomiques de la gripi>e. , elles se hoi-

nent à une injection et au boursouflement de la meipbrane muqueuse nasale et bronchiiiue , et rarement a la formation de

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