‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 15 sur 58 · GRIPPE · texte numérisé non relu

GRIPPE

fausses membranes , peu épaisses dans I(îs bronelies. Lu pneumonie, que l’on rencontre si souvent chez les sujets qui succombent, offre les caractères ordinaires des pneumonies catarrhales.

La grippe est exclusivement épidémique. Quoique plus spécialement propre au centre et au nord de rLurope,elle paraît avoir pris dans certaines circonstances une extension presque générale, et avoir suivi, dans ces derniers temps, à jieu près exactement la marche du choléra. Les apparitions ont été fréquentes, particulièrement en France et à Paris, et la constitution épidémique sous l’inlluence de laquelle elle a pris naissance a souvent paru liée à une exagération dans les vicissitudes atmosphériques. Les épidémies sont en général de courte durée, et quelquefois seulement accompagnées ou précédées d’épizooties. La grippe n’est pas contagieuse, elle se développe sans 1 intervention de causes prédisposantes bien manifestes

La grippe est suffisamment distincte, soit de la courbature et de la lièvre éphémère par sa durée, soit de la hronchite, de l’angine ou du coryza simple, par les symptômes nerveux particulieis. 31ais c est surtout par le caractère épidémique qu’elle se spécialise tout à fait: or, ce caractère est d’autant plus marqué qu’elle attaciue toujours un très grand nombre d’individus. On remarque aussi que l’épidémie est annoncée par la dilficulté que les convalescents éprouvent à se remettre de toute espèce de maladie aiguë , et surtout de celles (pii atteignent la poitrine. Quant a la gravite de la grippe, elle est nulle pour la forme simple, qui ne peut en acquérir que par la lenteur trop grande du rétablissement des forces. Maisb^s complications sont assez fréquentes et assez graves pour rendre encore trop forte la morlalité qu’entraînent les eindémies de grippe. L’existence d’affections ebroniques (Jes organes respiratoires, la prédisposition à la luberculisation , le développement d’une pneumonie complicante, sont autant de circonstances qui doivent rendre le pronostic fâcheux. Les Ignés qui s y rapportent soit dans la marche, soit dans la forme c^e la grippe, sont nombreux et faciles à saisir. La dyspnée excessive, la Irequence et la persistance de la toux , l’aphonie, les iia-

2 s, léciaux fournis

!le ce rZosUe

U gM|)[)e smiiilc celle facilement au repos du lit, à la diète à I usage des bessous chaudes émollie.des et diaphoi’étiques; u’ne

IIAtnTAlIüNS.

ou j)liisMMii‘s snigiioos j»(’mi(‘I’ciI(‘s suivies d’un voiiiitil ou de leger'< laxatifs, dans la forme iidlammaloin* ; des haitis, des révulsifs, des cataplasmes, des ventouses ou des sangsues pour les cas do douleurs locales vives dans la forme nerveuse, s’opposent avantageusement aux i)rincipaux symptômes. Parmi les corni)licalions, la ])neumonie ])rise dès le début cède au traitement antipblogisti([ue ; la sullbcation duc à l’exaspération d’un catarrhe chronique ou d’un asthme doit être condjattue par les vomitifs ; les autres accidents réclament des traitements sjjéciaux.

Il n’existe, au point de vue de l’hygiène publique et de la salubrité, aucune indication prophylactique, aucune mesure ])articulière à prendre contre la grippe.

CiROIiliES.

Voy. Caillouïelr.

HABITAïTOülfS. — L’hygiène n’a pas seulement à s’occuper des habitations dans l’intérêt de ceux qui y ont établi leur demeure, elle n’a pas seulement à protéger le citoyen contre sa propre inexpérience, le locataire contre l’avidité oul’inintelligence d’un propriétaire, l’ouvrier contre la spéculation d’un logeur; la santé publique est encore gravement intéressée à ce que, dans les villes, une surveillance attentive s’exerce sur la manière dont les maisons sont construites, aménagées et peuplées. Partout où il a existé une police, on n’a jamais contesté à celle-ci le droit de surveiller la construction des maisons, de fixer leur élévation, la largeur des rues, de prescrire ces mêmes pratiques d’assainissement dont les épidémies venaient, au moyen âge surtout, rappeler périodiquement les nécessités, et le temps où nous vivons n’a pas été sans renouveler pour nous de send)lables exenq)les. Mais il est nu point de la ([uestion des habitations, le plus radical sans doute et le plus fertile en résultats, que ces dernières aimées ont vu soulever et mettre en pratique : nous voulons parler de la question des logements insalubres. Le dernier sujetlixeia suitout notre attention. Nous devons commencer, cependant, pai exposer les règles générales qui doivent ])resider au choix ou a la construction des habitations, ainsi ([u’à la police bygiéni([ue qui les concerne.

Ce sont en général des circonstances indépendantes de la volonté qui tixent le choix d’une habitation dans un pays de plaine ou dans un pays d(> montagne; mais on choisira, quand ce

IIABITAIIONS,

sera possilile, un emplacement d’nne élévation moyeime, circonstance aussi avantageuse dans les villes, où l’air circulera j)lns 1 libre et |)lns pur ({ne dans les cam|)agnes’, on l’on sera |)lns snre- ! ment à l’abri de C('s miasmes (jue développe l’Immidilé malsaine 1 entretenue |)ar les cours d’eau, les mares, les chemins creux.

I 31. Odiera trouvé (fue la |)robabilité de la vie était {dus grande cà Genève, dans la [)artie la plus élevée de la ville, (|ue dans la basse i ville; et en Algérie, la plaine de la Mitidja est un foyer d’éj)idémies meurtrières, tandis (jue les contrées élevées qui l’environnent jouissent d’une grande salubrité. Aussi peut-on presque allirmer d’une manière générale, (jue le degré de salubrité des etablissements ou des villes est en rapport avec l’échelle d’élévation des localités.

D’un autre c()té, dans les montagnes proprement dites, la viva- ! cité et peut-être la pureté même de l’air ne peuvent pas toujours êti-e su|)portées par ceux qui n’en ont ])as contracté l’habitude dès ; l enlance, et la nécessité de gravir et de descendre sans cesse des plans lortement inclinés peut avoir, par elle-même, de graves inconvénients.

L’exposition d’une habitation est im|)ortante à considérer. Cependant il est inq)ossihle d’établir à ce sujet des règles absolues, |)resque tout étant relatil ettlé{)endant des circonstances de climat ou de localité. Seulement on doit partout avoir égard aux conditions suivantes : le soleil , les vents ([ui régnent habituellement, et la nature dos localités environnantes.

Ainsi on a remarqué que , dans les pays septentrionaux ou elevés, les ouvertures des habitations regardent, en général, le midi, tandis que les peuples méridionaux, surtout dans les vallées, ont les {lortes de leurs demeures dirigées vers le nord. En général, dans nos climats tempérés, rex{)osition du midi, bien qu’elle rende la chaleur fort incommode à supporter pendant deux ou trois mois de ramiée, est meilleure que celle du nord. Cependant tine exiiosition mixte, telle que le sud-est, sera souvent jiréfé-

^ Iii()|)ocrate avait déjà signalé les inconvénieiits des vents d’ouest qui arrivent en Eurojie, chargés du froid humide ({u’ils ont puisé sur de vastes mers, et qui ex{)Osent les ouvertures des habitations a recevoir le plus directement jiossible les [ihiies (pii les accompagnent ordinairement.

On jirendra en considération, dans les jiays de montagn(‘s ou

Habitations.

simplemcMil accideiilôs, Ii's diroclions locales (jiic doimeiit aux veiils les |i,orges, les vallées; les abris qiu* l’on jxmiI trouver au pencbanl d’une inonlagne ou d’un coteau.

Los conditions do salubrité des pays voisins seront également observées. Ainsi on évitera de se tenir sous le vent de marais, d’étangs, de ruisseaux pro|)res à dévelo[)per des lièvres intermittentes. Les miasmes paludéens sont souvent portés à de grandes distances; il importe, dans ce cas, par la direction des fenêtres de l’habitation, ou seulement en s’abritant à l’aide d’un coteau ou d’un pli de terrain, de se tenir le moins exposé possible aux vents qui pourraient souiller dans une telle direction.

On évitera avec grand soin le voisinage immédiat des canaux, des ruisseaux torrentiels dont le lit se resserre et s’étend alternativement, des rivières à fond plat et parallèlement irrégulier, des prairies soumises aux irrigations. Si les miasmes nuisibles des étangs et des contrées marécageuses s’étendent quelquefois au loin, on remarquera que les miasmes développés par des eaux courantes en suivent presque toujours les bords de très près.

Les conseils de salubrité de Paris et des départements ont insisté souvent sur la nécessité de soumettre la construction des maisons à des règles sanitaires en rapport avec les connaissances acquises sur rinfluence que la santé reçoit des habitations et avec les besoins nés de la condensation d’un grand nombre d’individus sur une surface étroite. Ils ont demandé une loi qui réglât les constructions dans les villes, sous le double rapport de la salubrité publique et privée : tant que le législateur n’interviendra pas plus avant qu’il n’a fait jusqu’ici, la santé des citoyens sera livrée à la cupidité des entrepreneurs.

Il faut que les matériaux d’une maison bien conslruite au point de vue sanitaire aient une grande solidité et soient d’nne qualité excellente. Quelques villes doivent à leur voisinage de carrières estimées un très grand avantage; plusieurs n’ont pas le choix. Les pierres doivent être dans un bon état hygrométrique, et être de mauvais conducteurs du calorique : si les murs sont trop minces, ils n’ont pas une résistance suffisante; s’ils ont une trop grande épaisseur, ils restent longtemps humides. De tous les matériaux avec lesquels on peut les construire, les pierres calcaires sont les meilleures, au moins quant à la solidité. La terre cà pise ne présente pas de conditions d’insalubrité particulière.

On revêt d’im enduit les murailles, soit à l’extérieur, soit cà 1 in-

llAniTATIONS.

üM'ieiir. A roxlérieur ollos sont !)lancliios, tantôt à la clianx, tantôt an plâtre, et (piehinefois eonvertes d’nn (‘ndiiit à riiuilc, le pins ehor, mais le pins propre et le pins durable de ees récrépissages. (Je dernier est employé dans cpielcjnes villes de la Hollande et de la llelgiqne; il résiste beanconp à l’action de l’air et de bà fumée, et les plnies le nettoient au lien de l’altérer. Un bon entretien du récrépissage extérieur des murs est une condition importante, non seulement de bien-être et d’embellissement, mais encore de salubrité. A 1 époque du choléra, la plupaid des maisons, dans les villes que menaçait l’épidémie, ont été blanchies à la chaux. Nous citerons plus bas un décret récent qui contient à cet égard les prescriptions les plus salutaires.

Il est important qu à l’entretien des appartements les murailles soient recouvertes de tentures de papier, d’étoffe ou de boiseries.

L’emploi de la brique et du bois dans la construction des maisons constitue un danger d incendie. Depuis quelques années, les charpentes de fer commencent cà être employées de préférence pour les édifices publics et même pour les habitations privées. L’inondation de 18^0 a montré les inconvénients inhérents aux constructions en pisé dans le voisinage des rivières.

Le sol étant, en général, par lui-même ou par suite des pluies, de la fonte des neiges ou des infiltrations, un foyer d’humidité’ il faut, pour la conservation des édifices et pour la santé de ceux qui les habitent, que les logements en soient le plus isolés possible. Le meilleur moyen est d’employer, pour les fondations, des matériaux secs et non hygrométriques, et de construire sur des caves. Lorsque cette dernière précaution n’aura pas été prise, on devra exhausser le rez-de-chaussée, et établir autour de la maison des moyens d’écoulement aussi complets que possible de reau pluviale. Nous ne [larlerons pas ici de ces habitations souterraines ou vivent les ouvriers dans plusieurs villes industrielles, et dont nous aurons a nous occuper plus loin ; mais dans les campagnes, il est un grand nombre de manouvreries et même de fermes qui sont assises sur le sol à peine battu. Cette circonstance ne devra pas échapper à l’attention des commissions chargées en province de 1 assainissement des logements insalubres. Il est aise au moyen d’un carrelage bien uni, supporté par un lit de cailloux aussi épais que possible, de remédier à iieu de frais à ce vice de construction. Les parties carrelées, dallées ou pavées,

IIAIJITATIÜNS.

so

(loiveiil ùüv, (Ml oiilrc!, lavét^s traiilaiiL plus souvmmiI, ([lu; l’écüuleiiKMil. (li‘s eaux (il, raccès de l’air exU'iieur seront plus lad Uîs ; les |)laueliers et les (isealiers de bois doivent (Hre (issuycis après le lavage. Le lavage, lors(pi’il entraîne à sa suite un (Hat perinanent d’IunnidiUi, est jilus nnisilileijn’avantagenx. Le plus ordinainiineiit l’eau sulïit pour ces lavages; mais, dans les circonstances d’infection et de malpropreté invétérées, il faut ajouter à l’eau environ 1 pour 100 de son volume d’eau de Javelle.

Nous ne saurions passer sous silence les inconvénients ou plutôt les dangers t[ui peuvent résulter de Fliabitation de maisons troj) récemmentconstruites. J.-P. Frank demandait une loi (jui défendît l’habitation des maisons, avant un an, à partir du jour où elles sont achevées. L’épaisseur des murs, la nature des matériaux employés, les saisons traversées, jienvent faire varier le temps nécessaire pour (|u’une maison neuve puisse être habitée sans inconvénient. Dans tous les cas, il serait fort à désirer (jue l’administration prît une certaine initiative sous ce rapport. Cependant la commission des logements insalubi-es, tout en exprimant dans son rapport pour l’année 1851 ce qu’il y a de regrettable dans l’absence de toute règle à cet égard, ne paraît pas croire qu’il soit possible d’établir de règle rigoureuse sur ce sujet.

Il doit exister un rapport déterminé entre la largeur des rues et la hauteur des maisons qui les bordent. Les ordonnances royales et les règlements de voirie qui déterminent la largeur des rues et la hauteur respective des maisons, excellents comme mesures transitoires, sont insuffisants aujourd’hui. Des maisons de 17 mètres 55 centimètres de hauteur dans des rues d’une largeur minimum de 10 mètres, cela parait hors de toute proportion. Ln des inconvénients les plus graves de cet état de choses, c est que les habitants des étages inférieurs de certaines rues, masqués par les maisons qui leur font vis-à-vis , sont encore clans une espèce d’obscurité lorsque le soleil est parvenu au plus haut point de son élévation. Qu’on puisse se passer du soleil dans les pays où ses rayons brûlent au lieu de rechauller, cela se conçoit, mais dans nos climats froids ou tempérés, l’action bienlaisante du soleil augmente trop chez nous l’activité organiiiue pour que personne puisse en être privé.

Plus les maisons ont d’étages, plus le nombre des habitants en est considérable, plus aussi les chances de viciation de l’air sont nombreuses, et plus par conséquent les causes d’insalubrité sont

UAlîlTATIONS.

imillipliécs sur un m(>nie point. Donc, do deux choses rnne : on il laut aufïmontcr la largeur des rues, ou il faut diminuer la hauteur des maisons. Le conseil de salubrité de la Seine a déterminé d’une manière précise le rapport qui doit exister entre les unes et les autres : selon lui, la hauteur de la maison la plus élevée doit être égale à la largeur de la rue; c’est-à-dire que dans une rue de 15 mètres, le maximum de hauteur des maisons qui bordent cette rue doit être également de 15 mètres ; c’est à peu près ce qui est pratiqué a Londres, et tous ceux qui ont visité cette grande ville savent combien l’excellente disposition et les vastes proportions

de ses voies publiques, excitent vivement l’admiration des étrangers.

Avec (les maisons moins élevées, les conrs deviennent velalivement pins vastes, les étages inférieurs moins humides, les habitations en un mot mieux éclairées, mieux ventilées, et par conséipient plus agréables et plus saines.

La disposition des cours aurait besoin d'('lre surveillée sévèrement. l uissant moyen d’aération et de sainhrilé, elles nenvent evenir, au contiaire, de véritables foyers d’infection. Ne pum-lait-on pas lixei-, pour elles, commepour les rues, un rapport entre leurs dimensions et la hauteur des bâtiments? Il faut surtout exio-er <ju elles siiient pavees et oHrent une déclivité sullisanle pour bé-

' nn 1'’'.? lî 1 ehiblissement de

I ai s. serait aussi lort à désirer que les cours de petites

,.l mensions ne pussent être closes supérieurement par des chàssîs

I '!‘ p’ "ï “ convenables ne sont

ipas combines avec ce mode de couverture.

! Les ruisseaux des cours et passages qui reçoivent les eaux mé

nageies et les conduisent à ceux de la rue, doivent être exécutés

n paves pierres ou fonte, suivant les dispositions locales Les

oints doivent être faits avec soin et les pentes réguli res Te' ni .

les eau:

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ïrillequi se trouve au b, ml des n v:tbri:s'''frr™'''7''” rV“

lont raccuniidalion ne tarderait

,, pioduirc 1 cngoi'genuml

HABITATIONS

dos tuyaux. (Juaml les tuyaux sont ('xtorieurs , il oorivieiit d(^ s’abstenir, pendant les gelées, d’y verser les eaux ménagères; rengorgeinent, et (pielijiielois même la rupture de ees tuyaux |)ourraient en être la eonséipienee. Knliri , lorsipie l’orilice de l’un lie ces tuyaux aboutit à une pierre d’éviiT placée dans une ebamlire on dans une cuisine, on doit le tenir soigneusement iermé par un tam[)on ou par un siphon. 11 y a toujours avantage à diriger les (;aux pluviales dans les tuyaux de descente de manière a les laver. Dans tous les cas, lorscjuils exhalent une mauvaise odeur, on doit les désinfecter avec de l’eau contenant au moins 1 pour 100 d’eau de Javelle.

Une des pratiques les plus fâcheuses dans les usages domestiques, c’est celle de vider les urines dans les plombs d’écoulement des eaux ménagères. 11 serait à désirer que cette habitude cessât partout où elle existe.

L’ordonnance de police du 20 novembre 18/|8, dont nous allons l eproduire les dispositions, i-ésumera du reste une partie des préceptes que nous venons d’exposer.

Nous , préfet de police ,

Considérant que la salubrité des habitations est une des conditions les plus essentielles de la santé publique ;

Considérant que les importants travaux exécutés par les soins de l’autorité municipale pour l’assainissement du sol de Paris doivent trouver leur complément dans les mesures de salubrité applicables dans les habitations mêmes;

Qu’il ne suffirait pas, en eltét, d’avoir établi a grands frais un vaste système d’égouts et de distribution d’eau pour le lavage des rues ; d avoir, par de nombreux percements , facilité la circulation de l’air dans les divers quartiers de la ville, si des mesures analogues et non moins importantes pour la .santé publique n’étaient étendues à chaque babilalion et plus spécialement à celles où la population ouvrière est logée en garni.

En vertu des lois des l/i décembre 1789 (art. 50), 16-2Ù août 1790, et de l’arrêté du gouvernement du 12 messidor an VI 11 ;

Vu l’article ù71, § 15, du Code pénal:

•.Sur l’avis du Conseil de salubrité;

Ordonnons ce qui suit :

Article 1". Les maisons doivent être tenues , tant à l’intérieur qu à I extérieur, dans un état constant de propreté sans lequel la salubrité n’en saurait

être assurée. , . ,

Art. 2. Les maisons devront être pourvues de tuyaux et cuvettes en nombic

suffisant pour l’écoulement et la conduite des eaux ménagères. Ces tuyaux et cuvettes devront être constamment en bon état, être lavés et nettoyés assez

fréquemment pour ne jamais donner d’odeur.

Art. 3. Les eaux ménagères devront avoir un écoulement constant et lauic

HABITATIONS

jusqu’à la voie publique, de manière qu’elles ne puissent SL'joumer ni dans les cours, ni dans les alhies; les gargouilles, caniveaux, ruisseaux deslinds à l’écouleinent de ces eaux devront être lavés plusieurs lois par jour et entretenus avec soin Dans le cas où la disposition du terrain ne permettrait pas de donner un écoulement aux eaux sur la rue ou dans un égout, elles devront être reçues dans des puisards pour la construction desquels on se conformera aux dispositions de I oïdonnance de police du ÜO juillet 1838. ^

Alt. (x. Les loges de portiers devront être convenablement ventilées

ne ,v!; À disposés et ventilés de manière à

pas donner d odeur. Le sol devra être imperméable et tenu dan"s un état

et^e fü! ' ^ devront être maintenus en bon étal

et ne donner beu à aucune fuite. ^

Art. 6. 11 est défendu de jeter ou de déposer dans les cours, allées et nas aucune mautie pouvant c.itrMcnl,- ri,„mi<liié ou donner de la mauvaise

sur pourront être conservés dans des trous couverts ou

• 1 des points ou ils ne compromettraient pas la salubrité l’enlèvement ph

de?f " "“r P-'«cHte , a es r ;”me„^

Cl.™i;re;

.le telle sorte qu'il y àra.moiuT^r k'"' <=l'™l>™set

devront en outre être convenablement‘vè“l5ës *

“"tr"""' ^

une aération convenable ne noiirrmit ai P'’"'''ail être détruite par

Att. 9. Iu.lépenta n;,?, d .r, ™ P»'"' "

cèdent , il sera pris à l’én ird des liTT'i '”''’ P'“.^cdcs par les articles qui prételles autres ,n's,n-es ' Si If n, se^ “«'“«té,

la salubrité et de la santé liûbliques de

cembre 1 «'if ifri M5 fv‘ 3“db novembre 18ÙG coiirern ini inc r juillet 1838, 31 mai 18ù2 et

liabitations, les vacheries les nuiis''T^ ‘ ‘^‘evés dans les

faneur des liabitation.rL’ itla l ! dans l’in-

aiitres règlements intéressant la salubrilé^'r publique, et tous ciiiion dans celles de leurs disnosiiinn • de recevoir leur exé-

ordoniiance. dispositions qui ne sont pas contraires à la présenté

tribunaux compétents, san^préb^^^^ qu* précèdent seront déférées aux lieu de prendre suivant les cas. uiesures administratives qu’il y aurall

les oinciers de paix, le direa^^ puüce municipale,.

uuectuu de la salubrité et les autres préposés de la pré-

8/1 IIAIUTATIONS,

reclure de police, soûl charg(5s, chacun eu ce qui le concerne, de l’exécution de la présente ordonnance, (pii sera imprimée cl alTichée dans Paris.

Le préfet de police, Geiivais (de Caen).

11 y a longteinps sans tloule i[ii(i 1 iiisalulirilc des logomenls des ouvriers, cuïlivaLeurs ou inauuracluriers surtout , avait éveillé les préoccujiatious des écououiistes et des ])liilantliropes. Mais la pioportiou des misères auxfjuelles illallait reinedier, et 1 impuissance OLi l’adniinistratiou se trouvait, par elle-même, d y porter remède, avait empêché jusqu’cà ces dernières années d’aller au delà d’enquêtes attristantes et de vœux stériles.

C’est à un honorable représentant, M. de Melun (du Nord), que l'on doit d’avoir vu cette immense question entrer dans les attributions de l’autorité administrative, par les droits législatifs qui lui ont été accordés, et c’est du 8 décembre 18A9, date du rapport fait par M. de Riancey à l’assemblée législative, que Ion devra faire partir la réforme ou l’assainissement des logements insalubres , un des plus grands progrès que la police hygiénique

ait certainement faits depuis bien des années. ^

Avant de faire connaître les mesures qui doivent concourir a ce résultat, il sera bon d’exposer l’état des logements d ouvriers , tels que les ont constatés de nombreuses enquêtes scientihques ou administratives, et tels, à peu près, qu’on les trouverait encore aujourd’hui , car ce n’est qu’avec le temps que let, insti-

tutions mêmes parviennent à changer

Bien que les habitations des ouvriers adonnes a la culUn e soien loin de L présenter toujours dans des conditions de salubri . suffisantes . cependant les bonnes conditions ^

les entourent, en général, Vabsence ^ encombrem nt b

tudes nlus régulières et les travaux plus sains des gens de la •amnine ont dû fixer à peu près exclusivement sur les lahitatîonrdes ouvriers des villes l’atterilion du législateur et les imsures qu’il a prescrites.

On peut diviser ces derniers en trois categories . , i ^

La première est celle des ouvriers manufacturiers (lu. hab.U dnns des centres manufacturiers, ou aux environs.

U seconde est celle des ouvriers que je

avec leurs meubles et leur ménagé. nomades,

La troisième se compose de ceux ipi on peut 1 1

HABITATIONS

<|ui s’enlassent dans les habitations communes, dans les maisons garnies, qu’ils paient à la nuit, et où ils ne possèdent pas même la paille sur laquelle ils couchent.

La condition des ouvriers de la première catégorie est généra' lement bonne.

Dans le Midi, où, il est vrai, les grandes manufactures n’existent point à proprement parler, les logements sont sains et salubres. Dans les villages comme dans les cités du Sud, dit un rapport adressé k l’Académie des sciences morales en 18/i9, l’existence des classes ouvrières est plus douce; les logements y sont plus vastes, plus sains; l’intempérance y est plus rare, la vie de famille plus habituelle. A peine, comme à Lodève, se plaint-on que beaucoup de logements soient placés dans des rez-dechaussée humides, mal éclairés et mal aérés, d’autres dans des espèces de greniers trop froids pendant l’hiver, trop chauds pendant l’été. A Tarare, les logements sont partout assez bons, ils consistent presque toujours en une chambre à coucher, un grenier et une pièce appelée boutique, située au rez-de-chaussée , parfois un peu enfoncée en terre , et dans laquelle sont les métiers à tisser.

Dans l’Est et dans le Nord, où l’on rencontre tant de misère, le mal n’existe point aux environs et hors des villes. Les tisserands de Sainte-Marie-aux-Mines ne travaillent jamais dans des pièces enfoncées en terre. Si , dans les vallons étroits de la montagne, la position de la maison et l’humidité du sol rendent fréquemment malsains les rez-de-chaussée, la famille habite d’ordinaire au premier étage. A Saint-Quentin , les tisserands k la main, qui sont aussi agriculteurs et possèdent la maison qu’ils habitent, ont presque tous un logement commode, propre et assez bon. Dans la banlieue de Lille , les logements sont généra lement sains et habitables. A Réthel, à Sédan, comme dans beaucoup de villages de la Normandie, l’habitation des ouvriers donne heu aux mêmes observations.

L est dans rintérieur des grands centres de population et d’industrie que se rencontrent les deux autres catégories.

^ L est a Mulhouse, c’est à Amiens, c’est à Reims, c’est à Rouen c est ‘“j I-ycm, c est k Lille, c’est à Paris surtout ([u’il faut les étudier. J ai vu a Mulhouse, dit M. Villermé, dans l’enquête faite au nom de^l Academie des sciences morales et politiques, i’ai vu à ornach et dans des maisons voisines, de ces misérabies loge-

nAUITA.Tl()NS.

nienls oii deux familles (•oucliaicMil diarunc dans un coin, sur de la paille jelcc sur le cari'eau et retenue par deux |)lanclies... (ies logements sont loués fort cher ; et il paraît que le j)i ix de location tente les spéculateurs, qui font hàtir cha(|ue année d(i nouvelles maisons; et ces maisons sont à peine bâties, (jiie la misère les remplit d’habitants. » A Amiens , les ouvriers logent dans la partie basse de la ville, dans des rues étroites, où Uîs maisons, fréquemment en bois, sont distribuées en chambres humides, mai éclairées, mal closes et malsaines. Le logement des ouvriers d<^ Reims est plus mauvais. Ce sont de misérables réduits que j>récèdent des cours mal pavées et couvertes d’ordures.

Tout le monde sait ce que sont les rues de Lyon ; tout le monde connaît ces impasses nondjreuses, obscures, irrégulières, traveisées par des escaliers qui conduisent de l’ime à l'autre, ces cours si petites et d’une saleté si repoussante, ces constructions d’um; hauteur excessive et d’une malpropreté insigne, où sont entassés les 25,000 métiers de cette illustre cité.

A Rouen, c’est encore peut-être plus intolérable. On n’entre dans les maisons que par des allées basses, étroites et obscures, où souvent un homme ne peut se tenir debout. Les allées servent de lit à un ruisseau fétide chargé des eaux grasses et des immondices de toute espèce qui pleuvent de tous les étages et qui séjournent dans de petites cours mal pavées, en Raques pestilentielles. On y monte par des escaliers en spirale, sans garde-lous, sans lumière, hérissés d’aspérités produites par des ordures pétrifiées, et on aborde ainsi de sinistres réduits bas, mal fermés, mal ouverts, et presque toujours dépourvus de meubles et d’ustensiles de ménage. Il n’y a presque jamais de carreaux aux fenêtres, et les rez-de-chaussée sont parfois si humides, que leurs parois sont tapissées de mousse. Dans plusieurs rues situées le long du ruisseau connu sous le nom (Veau de Rohecq, on voit jaillir de petites sources aux portes des maisons, (juand l’eau ne suinte pas le long des murs. Les propriétaires, souvent aussi pauvres que leuis loc«<taires, ne font jamais de réparations, et ces allreuses maisons deviennent ainsi de jour en jour plus insaluhres et plus meurtrières.

Quelque affreuses que soient ces retraites humaines, elles n approchent pas encore des caves de Lille.

Une portion considéi'able de la population manufactiuieie de ■ Lille habite dans des caves situées cà 2 ou 3 mètres au-dessous du

lIAim'ATlONS.

ÎS/

sol ol sans {•üiiunimicaLion avec les maisons dont elles l'ont |)arlie... C’est nn spectacle vraiment elTrayant ({ue celui de ces omhres humaines dont la UHe arrive à peine à la hauteur de nos pieds, (piand le demi-jour (pd les éclaire [)ermet de les apercevoir du haut de la rue. « J’ai, dit M. Blauffui , visité presque toutes ces caves, à |)lusieurs reprises, tantôt accompagné d’un médecin qui en connaissait tous les habitants, tantôt avec les autorités de la ville, épouvantées des découvertes déchirantes qu’elles l'aisaient en y entrant.

» Le quartier principal de la misère lilloise est celui de Saint- Sauveur. Toutes les combinaisons semblent y avoir été réunies pour l insalubrité. C’est une série d’îlots séparés par des ruelles sombres et étroites, aboutissant à de petites cours connues sous le nom de courelles, servant tout à la fois d’égouts et de dépôts (rimmondices, où règne une humidité constante en toute saison. Les fenêtres des habitations et les portes des caves s’ouvrent sur ces passages inlects. Les habitations sont distribuées tout autour de ces loyers pestilentiels. A mesure qu’on pénètre dans l’enceinte des courettes, une population étrange d’enfants étiolés, J)ossus, contrelaits, d un aspect pâle et terreux, se presse autour des visiteurs et demande l’aumône.

» Mais ceux-là, du moins, respirent à l’air libre, et c’est seulement au fond des caves que l’on peut juger du sup[)lice de ceux que leur âge ou la rigueur de la saison ne permet pas de faire soitii... Le pere de lannlle habite rarement ces tristes demeures .' il se hâte de les fuir au lever du jour et n’y revient que fort tard vers la nuit. La mère seule, par sa tendresse vigilante, brave 1 horreur d’y vivre pour assurer la vie de ses enfants. »

Lt ce n est pas seulement M. Blanqui auquel le spectacle de SI eiïroyables misères a arraché des cris de douleur et d’indignation. M. Villermé, dès 1837, l’avait signalé, et M. de Villeneuve- Largemont, (pii a administré pendant plusieurs années le département du Nord, disait; « En 1828 il se trouvait jusqu’à 3,687 personnes logées dans ces caves privées d’air et de jour, où règne la malpro|)reté la plus dégoûtante, et où reposent sur le môme grabat les [larents, les enfants, et ((uehjuefois des frères et sœurs adultes. »

Enlin, voici un passage d’un rap[iort adressé en 1832 au préfet par 1 Intendance sanitaire du département du Nord.

« Dans leurs caves obscures, dans leurs chambres ((u’on pren-

HAIMÏATIONS.

(Irnil pour (les caves, l’air n’esl jamais' reiiouvek*, il esL inlecL L(;s leiuHres Loujours closes, sont garnies d(‘ jiapiers et de verres, mais si noirs, si enrnint'S, (|iie l;i lumière n’y saurait |)(*iiétrer; et, le dirons-nons, il est certains pro|)riétaires (jui font dore les croisées pour (jn’on ne casse |)as les vitres en les ouvrant et en l(^s fermant. Le solde l’iiabitation est encore pins sale (pie tout len^ste; partout sont des las d’ordures, de cendres, de débris de légumes ramassés dans les rues, de paille pourrie, de nids pour k;s animaux de tontes sortes : aussi l’air n’est-il jilns resjiirable. »

Paris, ne présente pas, il faut le dire, des specLacb'S moins aflligeanls.

Sans doute l’autorité municipale a, depuis plusieurs années, entrepris d’immenses travaux d’assainissement. Des foyers d’infection ont disparu; des rues où la mort elle-même avait inscrit son nom comme sur son domaine réservé, ont été condamnées. Toutefois il existe encore, dans certains (juartiers, des îlots entiers de maisons, vieilles, délabrées, et mal tenues, où les chambres, mal éclairées et mal closes, renferment des agglomérations fétides d’êtres bumains.

Dans ces constructions spécialement alfectéesaux pauvres, une malpropreté horrible engendre des maladies sans nombre. Le mauvais état des cuvettes où se versent les eaux ménagères donne lieu à des exhalaisons infectes fpii vicient l’air de ces humbles demeures et altèrent la santé de leurs habitants.

Ici, ce sont des cours où le soleil ne pénètre jamais, où les détritus et les ordures s’accumulent; la, ce sont les fosses d aisances qui laissent échapper des émanations dangereuses.

« A peine, dit le Rapport sur la marche et les effets du choléra, l’air se renouvelle-t-il dans ces sombres réduits ou le jour n arrive qu’en se glissant à travers les murs dans une cour étroite, es[)èce de puits infect. Les tuyaux de descente, les cuvettes encombrées d’ordures de toute espèce, les versent sur les escaliers des différents étages. »

Enfin, le 8 juillet I8/18, un Rapport du conseil de salubrité du département de la Seine, contenant le l'ésultatdes visites faites, en I8/16, par une commission pourrassainissement, dit en propres termes : <( Le défaut d’air et de lumière, rbumidité, la stagnation des eaux ménagères, la malpropreté générale, et en particuber la mauvaise tenue des Jieux d’aisancf's et d(‘S plombs, caractérisent la pres(iue totalité des habitations. Les escaliers sont couverts

HABITATIONS

(rimnioiulicos ; les cours, les allées, eu uii mot toutes les parties (le ces maisons, sont tenues dans l’état le plus cléjilorable. »

Qui ne sait ensuite combien dans les maisons , même d’une apparence aisée, il est de réformes urgentes que commandent l’ordre et l’humanité! Combien de fois n’a-t-on pas en à gémir sur le sort des portiers, dont les habitations, dont les loges, pour se servir du mot énergique qui les peint et les condamne, sont si souvent d’une insalubrité mortelle!

Et ces logements, si insalubres, si repoussants, sont souvent loués à des prix très élevés.

Il reste encore quelques mots à dire sur la troisième catégorie des logements. Ceux-là, ces hôtels à la nuit, ces maisons meublées, ces garnis qui sont soumis aux inspections et à la surveillance de la police, offrent, sous le rapport de la salubrité intérieure et extérieure, des tableaux que la plume a peine à tracer. Non pas qu’il aille jeter un reproche égal à toutes ces maisons, et surtout à leurs habitants. 11 y a différents degrés. On a signalé l’ordre, l’esprit de concorde et de bonne conduite qui règne habituellement dans les chambrées des ouvriers du bâtiment, de ces 25 à 30,000 hommes, logeant, les maçons de préférence dans le (ILiarUer de l’Ihjtel-de-Ville, les charpentiers dans le faubourg Saint- Martin, et qui, moyennant 6 francs par mois, sont couchés, ont une soupe par jour dont ils fournissent le pain, et le blanchissage d une chemise par semaine.

« Toutefois, dirons-nous avec M. Frégier, ii’est-il pas regrettable que ces braves gens couchent ainsi agglomérés dans de petits niduits. Accoutumes à travailler au grand air, l’étroitesse < e leu^ logements ,loit leur être plus pénible ,p,’à tous autres. Aussi les bevres typboïiles sont-elles communes parmi eux et attaquent-elles quelquefois une chambrée tout entière. »

riu’euTs^^r" l""" ) garnis soit redoutable, puis-

sons garnies ,|u, recevaient des journaliers, des balayeurs des

oiit e" P’'"

si,,!!tle'du'"lt'!''" commission

smiita ne du 11 arrondissement, ces maisons sont de vieilles masures humides, peu aérées, mal tenues, renfermant des cbanibres ontenant huit ou dix lits pressés les uns contre les autres et ' plusieurs personnes coiiclieiit encore dans le même lit.

ou

ÜO IIAHITATIONS.

I)(^ c‘cs retraites sans nom l(^s pins liidenscis sont celles <jni al)ritent les cliilVonniers. On voit agglomérés dans des espèces de cages, dit le Ua|)|)ort général du conseil de salubrité de Paris en :18/i3, de mallienreux chilTonniers an crochet, (pn n’ont |)onr lit (pi’nne couche de paille sale |)onr eux et poni‘ hmrs eidants; encore est-elle j)lacée an milieu de (juehpies chilVons triés d’on émane une odeur repoussante... De ces soldes de chenils que l’on décore (lu nom d’imtel garni, impossible de les faire sortir; ils y vivent le jour, ne le quittent que la nuit, et la police seule ose y pénétrer pour exercer une surveillance souvent et trop souvent infructueuse. Les agents de police chargés de la surveillance de ces chambres en garni, ajoute M. Frégier, en lont une peinture elfroyable. Chaque locataire garde auprès de lui sa hotte, quel- ([uefois comble d’immondices, et de quelles immondices! Lorsque les agents arrivent chez les logeurs pour y faire leurs relevés ordinaires ou la recherche de quehjue individu suspect , ils éprouvent une suffocation qui tient de 1 asphyxie. Ils ordonnent l’ouverture des croisées, quand il y a moyen de les ouvrir, et les représentations sévères qu’ils adressent aux logeurs sur cet horrible mélange d’êtres humains et de matières animales en dissolution, ne les émeuvent pas. Les logeurs répondent à cela que leurs locataires y sont accoutumés aussi bien qü’eux.

L’immense majorité des individus qui composent la population llottante pauvu’e des grandes villes britanniques, est leduite à fie- (jLienter les garnis {common lodging houses), véritables b()uges, dont la déplorable situation, au point de vue moral et sanitaire, préoccupait depuis longtemps les esprits sérieux. Pour^mettre un terme à cet état de choses, le parlement rendit, en 1851, une loi qui a conféré aux autorités locales le droit de soumettre les logeurs à certains règlements, et d’en assurer 1 exécution au moyen d’une surveillance minutieuse et incessante.

Les détails suivants, extraits d’un rApport adressé au ministre de l’intérieur, M. Spencer Walpole, par l’agent charge de diriger ce service dans la capitale, et dont la chambre des communes vient d’ordonner la publication, attestent que, depuis un an seulement que la nouvelle loi est en vigueur, elle a déjà produit h's elléts les plus satisfaisants, grâce à la prudente lermele de la police, au dévouement infatigable des magistrats, et au conc(3uis rimonnaissant des malbeureux eux-nièmes (pi’elle a pour but de

protéger.

HABITATIONS

Kii ATi-tii dos pivsm’plioiis lôgislalives, toiil, logoiir (jiii a étô mis (Ml doinoure par un avortisscMiKMit {)ré;dal)le de l’admiiiistralion cüiupétonle (roj)réseiilée à Londres par les deux eoinmissaires de police), ne j)euL conlinner à prati(pier son iiidnsLrie qu’après (pi’im inspeclenr a visilé les lieux et en a approuvé l’installation, et a la condition de faire inscrire, sur un registre, spécial, son noni, sa résidence, la situation du garni et le nombre d’individus qu’il lui est permis d’y recevoir. 11 lui est enjoint de laisser pénétrer chez lui, à toute heure, l’inspecteur qui l’en requiert, et de se conformer scrupuleusement aux règlements en ce qui coiicerne le nettoyage de toutes les parties de sa maison, qn’il doit d’ailleurs fan-e blanchir à la chaux deux fois par an. Si un locataire contracte pendant son séjour la lièvre ou toute autre maladie contagieuse, il est tenu d’en donner immédiatement avis, afin que 1 autorité puisse faire prendre les précautions convenables. L’amende qui punit les diverses infractions est susceptible d’ètre augmentée projiortionnellement à la durée du délit commis.

Outre ces dispositions générales, la loi se réfère aux règlements, dont el.e reserve la rédaction aux administrations locales, mais qui, pour devenir obligatoires, doivent être revêtus de la signature du ministre de l’intérieur. Voici les principales mesures de ce genre qui ont été établies pour la capiUde :

Il est (lefendu à tout logeur de recevoir au delà du nombre < individus s|K-cil[cs dans le permis (ticte) qui lui est délivre signé du commissaire, et qu’il est tenu de montrer à toute réquisition.

I doit suspendre a la miiraille de cliaque chambre, dans un endroit apparent, un autre permis, également signé du commissaire

éiu 1"^"™"'' y ™>id't'r. Dans cette

üi ai le ' n’ «‘'-'’^'SSOUS de <lix ans comptent pour

lits et de literie en

laison d^ personnes qu, doivent y passer la nuit, savoir, pour chaque lit un matelas, deux draps et un lapis (niyi. On ne peut cunii des individus de sexe (lillércnt, si ce n’est des époux des

par nlus'’d’un e , 1”'"^ Pi "'l'nie chambre

P 11 plus d u , couple marie, a moins qu’il n’v ait entre les lits une

c oison solide ayant une hauteur déteriiiince. Les murs et les nia

S ciiius laves et balayes, les draps de lil, couvertures cl L-mis entretenus propres. La circulation de l’air doit ûtre assurée , un dés

HABITATIONS

ouverluivs de diinensioiis sullisaiiles ; la (juantitô d’eau nécessaire aux besoins du ménage doit (Mro l'ournie dans la mesure jugée convenal)le par l’inspecteur. En cas de maladie dangereuse d’un locataire, le logeur doit en jircWenir l’administration, faire évacuer la cliambre par ses autres habitants, renvoyer, s’il en est requis, quelques locataires, employer les j>rocédés de désinfection indi(piés; et faire purilier ou même détruire, après le départ du malade, les objets de literie qui ont servi à ce dernier. Chaque maison doit être pourvue d’un réceptacle assez grand pour contenir les balayures et débris, en attendant leur enlèvemcpt, (jui doit se faire au moins tous les quinze jours. La cour doit être pavée et munie de conduits pour l’écoulement des eaux ménagères; il doit y être construit un cabinet d’aisances séparé pour chaque vingtaine de locataires, entretenu dans un état de propreté convenable, et garni d’une trappe qui intercepte les émanations de la fosse, laquelle doit être vidée de temps en temps, lorsqu’il n’existe pas dans le voisinage un égout avec lequel on puisse la faire communiquer.

Le personnel placé sous les ordres du commissaire spécialement chargé de tenir la main à l’exécution des règlements précités, se compose d’un inspecteur surveillant, d’un inspecteur supérieur, d’un greffier [registrar) assisté d’un sergent et de huit sergents inspecteurs. Le premier de ces agents a pour fonctions d’examiner les maisons désignées comme garnis, d’en faire connaître la condition sous le rapport des réparations qui manquent, de l’approvisionnement et de l’écoulement de leau, de la propreté et de la ventilation ; il signale le nombre de locataires admissibles, et témoigne devant les tribunaux correctionnels des contraventions commises. Les sergents inspecteurs ont chacun son district, ils doivent visiter jour jHir jour un nombre de maisons tel qu ils l’aient parcouru en enlier une lois par semaine. Ils adiessent chaque soir au commissaire un rapport indiquant le nombre et la situation des maisons visitées, les infractions qu ils ont eu occasion de constater, les cas de maladies et les mesures de précaution qu’ils ontdû prendre en conséquence. L’inspecteur visite a son tour les maisons des divers districts et veille à ce que les seigents lass(mt observer les règlements : il se rend lui-même sur les lieux lors(|u’il devient nécessaire d'intenter des poursuites, et prépare les procès-verbaux (ju’il doit soumettre aux magistrats. Lnhn le greffier reçoit et conserve les rapports des sergents, en dresse des

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résumés, fait renregistremoiil et s’occupo en général de la correspondance avec les parties intéressées.

Quelques cliiffres donneront une idée de l’activité déployée par ce petit nombre d’agents. Du mois de septembre 1851 au 30 novembre 1852, il a été envoyé des avertissements préalables à 3,326 logeurs, soit environ à la moitié des individus qui exercent cette profession dans Londres. Sur ce nombre, 97/i ayant satisfait aux conditions imposées, ont vu approuver et enregistrer leurs maisons; les autres garnis ont été rejetés ou ne sont pas encore complètement examinés. On évalue à /i5,861 le chiflre des locataires reçus dans ces maisons, tandis que les règlements n’en autorisent que 40,558. Il y a eu 55,575 visites, 300 poursuites, 67 cas de maladies constatés. De l’eau a été amenée dans 59 maisons, des trappes ont été posées dans 79 cabinets, des communications établies entre les égouts et 84 fosses d’aisances. Le petit nombre des améliorations réalisées sous ces divers rapports tient à ce que la loi n’atteint que les logeurs et non les propriétaires. Le document que nous analysons indique d’autres lacunes de la loi et formule les clauses qu’il serait utile d’y ajouter pour la rendre plus efficace.

Les garnis de Londres sont dispersés sur une si vaste étendue, que les sergents inspecteurs parcourent par semaine environ 810 milles, sans parler des escaliers à monter et à descendre, et des courses qu’il faut souvent renouveler pour obtenir les secours des médecins. Pour un seul cas cité dans le rapport, le sergent a dû faire quatre visites et marcher pendant 25 milles. Indépendamment des fatigues d’un pareil service, on doit tenir compte des circonstances rebutantes au milieu desquelles il s’accomplit. Hormis un certain nombre d’ouvriers de passage avec leur famille, obligés d’habiter ces réduits faute d’un autre asile, la poimlation nocturne des garnis se compose généralement de vagabonds, do mendiants, de voleurs et de jirostituées du plus bas étage. Les agents qui pénètrent dans ces repaires de crime et de débauche, non sans courir le risque de subir des attaques dont les garantit à peine la crainte des châtiments qui frapperaient leurs agresseurs, sont journellement témoins des scènes les plus hideuses et les plus navrantes; ils respirent une atmosphère toujours fétide et souvent empoisonnée par des miasmes contagieux et n’en sortent ({ti’avec des vêtements souilles d’immondices et couverts devermiiu».

D’après le rapport, les poursuites intenléesont surtout eu pour

llAltITATIONS.

objet les garnis ((*ims et rrc([neMtés par les Irlandais. Par suite (I niu (onlninc (pii sc'inble parlienlierci a celte l’ace iiiiortinu'îc, et ipii rend très dillicile d’atteindre les parties r(‘S()onsal)l(js, on reiieontre dans les maisons de celte cah'goric, d’abord nri locataire pi incipal, puis init<nit de sons-locataires (jiie de chambres, l(*s(|iiels Irailent a leur tour avec [ilnsienrs individus (pii se [)art<agent la même jiièce en jiayant nn loyer assez omb-enx poni- oHi-ir un bém*- (ice à tonte cette série d’intermédiaires. On cite telle maison, dans le (juarticT de Saint-Giles, louée 25 livres sterling par anj sons-louée 58 livres 10 shillings, et dont les rnalienrenx locataires venus en troisième ordre acquittaient une somme totale de J 20 livres sterling, c’est-à-dire cinq fois la somme versée entre les mains (In propriétaire, pour habiter un cloaque on ils s’entassaient à leur mntiiel dommage.

Voici encore quelques exemples pris au hasard parmi les cas (le ce genre qui ont provoqué la juste sévérité des magistrats. En visitant, après minuit , une maison de Cburch-Lane, Saint-Giles, on trouva dans une seule chambre de quatorze pieds six pouces de longueur sur autant de largeur, 37 hommes, femmes et enfants, étendus sur le plancher, comme des animaux , et n’ayant , pour ainsi dire, d’autre couverture que les vêtements dont ils s’étaient dépouillés. Une chaleur et une puanleurinsupportahles se faisaient sentir en ouvrant la porte de ce lieu, où l’air ne pénétrait que par la cheminée. Dans Pleasant-Court, Gray’s-Inn-Lane, des maisons de huit pièces renfermaient 69, 77, 78, et jusqu’à 103 individus: gens mariés et enfants , frères et sœurs, hommes et femmes, dormaient pêle-mêle , sans égard à l’àge ni au sexe. Dans une pièce où les règlements n’autorisaient que trois locataires, on avait réuni huit adultes, hommes et lemmes; il n’y avait qu’un seul lit; ceux qui n’en pouvaient proiiter couchaient par terre. Dans une autre, au lieu de trois personnes seulement, huit adultes et deux enfants étaient étendus sur des amas de copeaux. Ailleurs , où il n’en fallait recevoir que (piatre, huit adultes et un enfant dormaient sur le plancher: un seul lit renfermait une jeune femme de vingtdeux ans, son frère, âgé de vingt et un ans, et leur beau-père, âgé de cimpiante. Les cours de ces maisons, lorsqu’il y en avait, étaient couvertes d’ordures; les cabinets d’aisances obstrués et inahordahh's. Ici, les matières débordaient jus(|ue dans les passag(is, et l’on y avait ménagé une espèce de sentier, en y jetant de la paille et dt>s copeaux; là, les fosses étaient siliuu^s dans

HABITATIONS

rétagt' souüMTaiii , et (lèbouchaieiit dii’ecteinenl dans l’égout, d’où s’élevaient des émanations pestilentielles (|ui eircnlaientdans tout l’édiliee et occasionnaient des cas de maladie dans jiresque tonies les ehambres. L’ean des citernes, placées dans le voisinage des cabinets, en absorbait les miasmes et devenait une nouvelle eause d’insalubrité. Parfois le désir d’accroître le revenu d’une maison avait fait admettre des locataires jusque dans les eaves, trous bumides et mal éclairés, dans lesquels il fallait descendre par des escaliers obscurs et dangereux , et dans lesquels l’air était infecté par les mêmes causes. D’autres fois l’étage souterrain de maisons dont la partie supérieure renfermait de nombreux babitanls servait d’abattoir à des lioucbers, ou d’étable à bétail provisoire.

Il n’est pas étonnant que de pareilles demeures soient un fover permanent de contagion. Aussi, les localités ci-dessus mention- ' nées ont-elles fourni une ample moisson aux épidémies cboléri- ({ues. En 18/i9, une seule maison de Tyndale’s-Duildings olfrit jusqu’tà J 5 ou 20 cas de cette espèce. En 1851, dans le môme lieu, 20 cas de fièvre se présentèrent pour une seule maison, en moins de deux mois. Du 18 février au 31 mai, il fallut transporter à l’bôpital 67 patients des courts de Dray’s-Inn-Lane, dont 11 babilaient le môme bâtiment, et les demandes d’admission se renouvelaient chaque jour depuis.

Les détails qui précèdent feront concevoir l’étendue et la gravité des maux aux(|uels les auteurs de la loi dont il s’agit ont voulu jiorter un remède, non sans parvenir à des résultats qui doivent encourager de nouveaux efforts. Au document que nous venons d’analyser est annexé un rajiport de l’inspecteur supérieur de la section de Greemvicb, qui est signalé comme offrant une moyenne des améliorations déjà réalisées.

Pour nous servir des expressions mômes de cet agent ; « Il serait impossible de décrire l’état d’abandon des garnis antérieurement à la mise à exécution de la mesure qui les concerne, la saleté des maisons, les lits infects et remplis de vermine, l’entassement des habitants, cause de maladies toujours renaissantes, et la dégradation des individus qui fréquentaient ces lieux, la plupart vagabonds , voleurs ou prostituées. Aujourd’hui, d’après ce que j ai pu vérifier, tant jiar moi-môme (pie par mes collaborateurs, ces imbues établissements sont nettoyés avec soin, les murs et les plafonds blanchis à la chaux, la ventilation mieux

HABITATIONS

iissuréo , le iu)ml)re des localairc^s liiiiilé conl'ormément aux règlements, la literie meilleure à la lois sous le ra[)j)ort de. la (juaritité, de la (jualite et de la propreté. Aussi les cas de maladie out-ils iiotahleinent diminué, ainsi ipie l’attestentde nond)reux certificats ci-joints des médecins et agents de secours attaidiés au service des paroisses. Les maisons, rpii , avant d’être emvgistrées , étaient sales au delà de toute idée, où hommes et iemmes , jeunes et vieux, étaient entassés indistinctement, n’ayant souvent d’autre lit que le plancher nu, oITrent aujourd’hui une installation qui dépasse les exigences de la loi. Des cloisons ont été élevées dans les cliamhres réservées aux locataires mariés; les célibataires, hommes et femmes, occupent des pièces séparées. L’eau est fournie avec plus d’abondance, et dans beaucoup de cas de nouveaux cabinets ont été construits. Quant à la population de ces maisons , je crois que les pouvoirs donnés au commissaire en ont modifié le caractère : les individus suspects et les voleurs ont été dispersés, et tous ceux qui violent habituellement les lois sentent (jue désormais un contrôle efficace s’étend sur leurs asiles les plus secrets. »

Pour ce qui est de Paris, nous résumons les résultats de l’enquête faite à ce sujet par la chambre de commerce de cette ville : Sur plus de 200,000 ouvriers qui, en bonnes circonstances, travaillent à Paris, plus d’un cinquième, et sur 106,000 ouvrières, beaucoup plus d’un vingtième, par conséquent plus de AO, 000 hommes et 6,000 femmes, logent en garni, deux tiers environ plus ou moins sédentairement, l’autre tiers momentanément et pendant la seule saison des travaux, retournant au pays pendant la morte saison. ,

Dans ces nombres , il y a beaucoup d’individus des plus déméritants , mais beaucoup aussi dignes d’intérêt : des ouvriers en bâtiment, des maçons surtout dont la conduite est généralement digne d’éloges; des ouvriers, jeunes encore et peu avancés, quelquefois peu favorablement placés chez leurs propres parents, et ([ui cependant ne sauraient encore laire les irais d’un mobilier.

Une partie de ces garnis , un tiers par exemple , sont dans d’assez bonnes conditions, un autre tiers dans des conditions passables; le surplus est dans des conditions mauvaises, et (pielquefois très mauvaises, d’ordre, de propreté, de salubrité et même lie moralité. Dans ])i*es([ue tous on entasse dans une même pièce un nombre plus ou moins considérable ou d’hommes ou de femmes,

HABITATIONS

et niOme, dans ([uelqnes uns, des femmes dans la interne chambre que les lioinmes !

C’est là , sons tons les rapports, un état de choses qu’il faut faire cesser au plus tôt; et, Dieu merci, il en a déjà été ainsi pour une notable partie, grâce aux percements si considérables qui ont eu lieu tout récemment. Mais cela même est un motif de plus pour préparer des logements convenables cà la population des anciens garnis si benreusement détruits.

Ces garnis ne doivent pas d’ailleurs être reportés tous, comme la plupart des habitations dont il a été parlé précédemment, dans les quartiers excentriques; il faut, au contraire, qu’ils soient disséminés dans les dilférentes parties de la ville, et, sinon dans les quartiers riches, au moins partout où se porte l’activité du com-

merce et des afiaires.

En ce qui concerne les étages inférieurs, et, en général, le mode de construction, de ventilation, etc., de ces maisons garnies, nous ne saurions que renvoyer à ce que nous avons diT au sujet des habitations à loyer; et, quant au mode de distribution du logis même, il n’y a rien de plus convenable sons tous les rapports que la division en cellules, chacune de la grandeur nécessaire pour le lit, un petit meuble, une chaise, etc., bien éclairée et aeree. Et, a cet effet, dans les études auxquelles je me suis livré j’ai fait en sorte que chaque cellule, chaque locataire ait la libre disposition de la partie inférieure d’une demi-croisée dont la partie supérieure éclaire et aère le surplus des dortoirs. A portée de chacun de ces dortoirs sont des lavabos, des cabinets d’aisances convenablement disposés. Bien entendu, des dortoirs (listincts sont affectés à chaque sexe, à chaque âge même, si l’on voulait; et, dans les maisons un peu considérables, le quartier des hommes jiourrait être séparé du quartier des feninies par des pièces commum^ et par l’habitation du logeur et de sa famille; toutefois, il serait bon ipie le logeur, son fils, son domestique’ SH en avait, occupassent chacun, la nuit, une cellule du dortoir ou du quartier des hommes, et sa femme, sa fille, sa domestique, une cellule, du côte des femmes. Le service de ces sortes de maisons doit, sans aucun doute, être fait le plus simplement, le plus econonnquenient possible ; mais en même temps le meilleur moyen d économie est ipie chacune soit établie sur une éclielle un peu

considérable, et elle exigera dès lors le concours de iilusienrs personnes. Imites choses égales d’ailleurs, la dépense de premier

HABITATIONS

étahlissi'HKMil d’ime maison do oo g'onro no saurait dillonM’ heauoou|) do oello dos autros lial)italioiis, saut touUdois l’addilion d’un inobilior simple, mais solide ot oonv('iiabl(‘.

Hepuis lonolomps dojà los publioislos, los cons(;ils cçénôraux, los chambros do commorco, los oonsoils de salubrité, avaient appelé l’aUention du gouvernement sur los laits que nous venons d’exposer. Ils déclaraient unanimement ([ue los règlements de police sanitaire, que le ])ouvoir municipal, quelle que lut soti étendue dans l’intérêt de la salubrité pnbli([ue, étaient paiiailement insulüsants pour pourvoir cà ces nécessités extrêmes , et que c’était au législateur qu’il appartenait d’interveuir.

« Pourquoi, s’écriait le rapporteur du conseil général de salubrité du département du Nord (18/|9), pourquoi les lois sont-elles impuissantes pour défendre à un propriétaire de louer un lieu sombre, infect, où les malbeureux vdnt puiser, eux et leurs générations, les germes de maladies qui les rendent plus malbeureux encore? On empêche l’établissement d’une fonderie de suif, d’une mégisserie, d’une fabrique de colle, d’une batterie de lils, ])arce qu’elles sont incommodes ou malsaines, et l’on ne peut empêcher que des lieux où des ouvriers doivent loger, réparer leurs lorces par le sommeil, leur soient livrés à loyer lorsqu’ils sont reconnus inhabitables! C’est là une lacune dans notre code, et le moment où la maladie nous menace, et où l’on est décidé entin à faire le plus possible dans l'intérêt de la classe ouvrière, nous semble le plus opportun pour que le législateur s’occupe sérieusement de cette question qui nous paraît capitale. »

« 11 serait à désirer, disait le Rapport du conseil général de salubrité de Paris en I8/18, que l’assemblée nationale mît à l’étude

la

a question de savoir dans quelles limites il conviendrait d’autoriser l’administration communale à intervenir dans la distribution

intérieure des maisons. »

Ces vœux furent entendus et la question fut portée devant l’assemblée législative. La commission parlementaire commença par reconnaître que l’amélioration des logements d’ouvriers dépend de trois ordres distincts de mesures (pii correspondent aux trois principales causes de leur insalubrité. Cette insalubrité en effet est le résultat ; ou de causes exlérieures et indé|)endantes de l’habitation elle-même; ou de causes intérieures, qui dépendent de la (lisi)osition des lieux, et ipii sont le fait ou du proprietaire ou du locataire lui-même; on enün d’un encombremeiil

UAmTATIONS.

n(•(Tssai^t‘ c( forer Hans un (‘spatr irslnuiit , oLde l’ahseuce de Ions aiiLirs logrnuMils à la porlée des faibles ressources de l’ou- M*ier ou du pauvre.

Quant aux causes extérieures d’iusalubrité , elles provienueiiL soit de l’iiiexécutiou des lois de police et de sùrelé, pour riiygièue |)ublique et l'assaiuissemeut des villes et communes; soit de l’inexécution des règlements relatifs à la création des établissements des villes et communes; soit de l’inexécution des règlements relatils a la création des etablissements incommodes ou dangereux. A ces deux sortes de périls pour la sauté publique, la sagesse du législateur a déjà pourvu. D’une part , il y a une législation et une jurisprudence complète qui prescrivent les précautions à prendre pour empêcher que les émanations pernicieuses de telles ou telles industries n’apportent aux habitations

et aux habitants un préjudice funeste. Il nous suOira de les avoir rappelées.

IJ’un auli-o odlo, K pour ce (jui tient à l’assainissement des cités a I hygiene pul.liqne, on sait que cette partie si importante du luen-étrc .les e.toyens est conlîée d’une manière spéciale et impérative a la vifiilance des administrations municipales

La secjmle série, .les causes d’insalubrité touchait au nœud niè|ne .le la qiiestiou. Ce qu’il fallait décider ici. c’élait le droit .le I a.limmsn-atiou ,1 mlei venir dans la manière dont la propi iété se comportait au nom, et de l’intérêt public qui soull’re d’un vois.nap insalubre, et .le l’intérêt privé compromis dans la personne c es locataires mèines .les maisons réputées insalubres. Mais celte .iteryenlioii de I admniislratioii dans l’usase même de la propriété . Clai pas a, ISS. nouvelle .pi’oii paraissait le croir.., plisqu elle

'-'-^.n"lonmbiP.t!„“s 'ne ,îou'‘''ri

ycy-oir une .bniculté sérieuse cla.is I ’ ;.es\ i n e‘ 1

ainsi .pie l’a dit «omat. l’ordre qui lie 1,J bonin le en élc è

. e soV’'LTs' r:;r ' ;

I .•..l..nnislration. Kn effet, la loi .lu t.S avril 1850. soi-tr.le

HAIUTATIONS.

lüO

ees (lélil)éi’atioiis, a r(*cn dos aj)|)liralioiis nous cluM’cliororis à fairo ooiinailro après (Mi avoir doiinô id le loxtc oxaeL

LOI sim UÎS LOr.KMKNTS INSALL’imKS (dL 13 AVIUL 1850).

Article l". Dans toute cominunc où le conseil municipal l’aura déclaré nécessaire, par une délibération spéciale, il nommera une commission chargée de rechercher et indiquer les mesures indispensables d’assainissement des logements et dépendances insalubres mis en location ou occupés par d’autres que le propriétaire , l’usufruitier ou l’usager.

Sont réputés insalubres les logements qui se trouvent dans des conditions de nature à porter atteinte à la vie ou à la santé de leurs habitants.

Art. ‘2. La commission se composera de neuf membres au plus et de cinq au moins.

En feront nécessairement partie un médecin ou un architecte ou tout autre homme de l’art, ainsi qu’un membre du bureau de bienfaisance et du conseil des prudhommes , si ces institutions existent dans la commune. La présidence appartient au maire ou à l’adjoint.

Le médecin et l’architecte pourront être choisis hors de la commune.

La commission se renouvelle tous les deux ans par tiers, les membres sortants sont indéfiniment rééligibles. A Paris , la commission se composera de douze membres.

Art. 3. La commission visitera les lieux signalés comme insalubres. Elle déterminera l’état d’insalubrité et en indiquera les causes , ainsi que les moyens d’y remédier. Elle désignera les logements qui ne sont pas susceptibles d’assainissement. ..11

Art. ù. Les rapports de la commission seront déposés au secrétariat de la

mairie, et les parties intéressées mises en demeure d’en prendre communication et de produire leurs observations dans le délai d’un mois.

Art. 5. A l’expiration de ce délai, les rapports et les observations produites seront soumis au conseil municipal, qui déterminera : 1'’ les travaux d assainissement et les lieux où ils devront être entièrement ou partiellement exécutés, ainsi que les délais de leur achèvement ; 2“ les habitations qui ne sont pas susceptibles d’assainissement.

Art 6. Un recours est ouvert aux intéressés contre ces décisions devant le conseil de préfecture , dans le délai d’un mois à dater de la notification de l’arrêté municipal. Ce recours sera suspensif.

Art. 7. En vertu de la décision du conseil municipal, ou de celle du conseï de préfecture en cas de recours, s’il a été reconnu que les causes d’insalubrité sont dépendantes du fait du propriétaire ou de l’usufruitier, l’autorité municipale lui enjoindra, par mesure d’ordre et de police , d’exécuter les travaux

iucés nécessaires. . .

Art 8 Les ouvertures pratiquées pour l’exécution des travaux d assainissement seront exemptées, pendant trois ans, de la contribution des portes et

En cas d’inexécution , dans les délais déterminés, des travaux jugés nécessaires, et si le logement continue d’être occupé par un tiers, le piopnelaire ou l'usufruitier sera passible d’une amende de 16 à 100 francs.

HABITATIONS

Si les Iravauv a’unl j)as exécutés ilnns raiméc ((iii aura suivi la coudamiialiou et si le logement insalubre a continué d’èlre habité par un tiers, le jiropriétaire ou i usufruitier sera passible d’une amende égale ci la valeur des travaux et pouvant être élevée au double.

Art. 10. S il est reconnu que le logement n’est pas susceptible d’assainissement et que les causes d'insalubrité sont dépendantes de l’habitation elle-même, l'autorité municipale pourra , dans le délai qu’elle fixera, en interdire provisoirement la location à titre d’habitation.

L’interdiction absolue ne pourra être prononcée que j)ar le conseil de i)réfeclure , et , dans ce cas, il y aura recours de sa décision devant le conseil d’Ktat.

Le propriétaire ou l’usufruitier qui aura contrevenu h l’interdiction prononcée sera condamné à une amende de 16 à 100 francs , et en cas de récidive dans 1 année a une amende égale au double de la valeur locative du logement interdit.

Art. 11. Lorsque par suite de l’exécution de la présente loi il y aura lieu à résiliation de baux, celte résiliation n’emportera en faveur du locataire aucuns dommages-intérêts.

Art. 12. L’article ù63 du Code pénal sera applicable h toutes les contraventions ci-dessus indiquées.

Alt. 13. Lorsque l’insalubrité est le résultat de causes extérieures et permanentes, ou lorsque ces causes ne peuvent être détruites que par des travaux d ensemble, la commune pourra acquérir, suivant les formes et apres l’accomplissement des formalités prescrites par la loi du 3 mai 18Zil, la totalité des propriétés comprises dans le périmètre des travaux.

Les portions de ces propriétés qui après l’assainissement opéré resteraient en ehors des alignements arrêtés pour les nouvelles constructions, pourront être revendues aux enchères publiques, sans que dans ce cas les anciens propriétaires ou leurs ayants droit puissent demander l’application des articles 60 et 61 de la loi du 3 mai 1840.

Art. 14. Le.s amendes prononcées en vertu de la présente loi seront attribuées en outre au bureau ou établissement de bienfaisance de la localité où sont situées les habitations à raison desquelles ces amendes auront été encourues.

Celte lo] (ilait de nature à moclilier iiroloiulément l’exercice et e droit de la propriété, et nous croyons utile d’eu étudier et d’eu apprécier les efl’ets. Il était impossible (pi’elle ne fiit lias diversement appréciée dans les ilillérentes localités. Aussi nous placeronsnous cl (eux points de vue principaux, en rendant compte d’une par ( U uipport général des travan.x de la coniinission des logements insalubres pour la ville de Paris pendant raiiuée ISil - et de laiitreeu citant des extraits du ISapport très rcmaripnibie de la commission de la ville de lioiirg, en 1852.

Nous ii’avoiispas besoin d’insister sur l’intérêt ipii s’attache à e te pienuere application d’une loi si iiniiortante pour l’Iiygiène publique, a cette première expérience des ell’ets qu’elle peiîf produire dans line grande cité comme Paris

Il serait superllu de rappeler combien cette loi. à la lois si

HABITATIONS

humaine dans son itiincipe et. si grave dans ses (‘onséijuenres praliijues , est (Milourée de dinienllés (;t exig(‘ de réserve (*l de eirconspeelion do la pari de ceux qui sont a[)[)olés à l’exéeuler. A tous CCS Litres il était d’une extrême im|)ortance pour l’administration supérieure, d’être exactement renseigné sur la manièiT; dont . celte loi aurait été entendue et appliijuée dans toutes les |)arties de rempire. Il est regrettable que jusiju’ici les résultats mêm<‘ partiels obtenus dans le cours dos deux dernières années soient restés pour la plupart ignorés, et que nous soyons dans l’impossibilité d’apprécier par la comparaison le Kapport de la ville de Paris dont je vais m’cllbrcer de donner nu a|)crçn. Ce Rapport, qui porte la date de février 1852 , comprend l’exposé très sommaire des travaux accomplis par la commission depuis son institution jusqu’à la fin de l’année 1851. Nous ne pouvons nous empêcher de regretter que le savant rapporteur de la commission ait cru devoir se renfermer dans de si étroites limites et s’abstenir de tous développements sur la nature des travaux de la commission, sur les causes spéciales d’insalubrité qu’elle a eu à combattre, sinon dans chaque cas particulier, du moins dans le plus grand nombre, et enfin sur les principaux moyens d’assainissement conseillés. Il y aurait eu dans ces observations émanées d’bommes si compétents et si éclairés une source précieuse d’indications et d’exemples à suivre pour l’avenir. Quoi qu’il en soit, nous trouvons dans le rapport la mention suivante des opérations principales auxquelles la commission s’est livrée.

« Cent maisons particulières ou garnies ont été visitées; Al assainies conformément aux prescriptions de la commission ; A2 dont l’insalubrité n’a pas été reconnue ; 17 dans lesquelles les mesures d’assainissement sont en voie d’exécution. Il convient d ajouter les localités pour lesipielles la commission a réclamé l’intervention de M. le préfet de police; et l’on trouve un total de 160 alfaires entièrement terminées, sur lesquelles huit seulement, par suite des refus des propriétaires, ont exigé l’application des dispositions coercitives de la loi. »

D’après cette simple énumération (jui ne permet aucune appréciation générale sur les (juarliers et les rues où sont situées les localités signalées pour leur insalubrité, on pourrait s étonnei du nombre relativement très restreint des applications ([ue la loi a l eçues à Paris dans cette première année.

Mais, à cet égard, il est bon de considérer dans quel esprit la

HABITATIONS

loi iloil Olro compriso ol particulièreineiit de quelle iiumière elle Tel été par la eomiiiission du départeineul de la Seine. Nous serons heureux de trouver dans le Rapport un exposé de principes destiné à lixer, en (piehjue sorte, la jurisprudence de la commission, et qui nous paraît en tous points digne de votre approliation.

Fidèle à la pensée du législateur, elle a compris que, suivant la belle expression du rapporteur de la loi, il s’agissait d’une loi d’ordre public et d’humanité « ([ui n’aspirait qu’à faire modestement, peu à peu, avec intelligence et charité, lui bien réel et pratique aux plus malheureux enfants de la patrie commune; » et elle a préféré avancer lentement au milieu de difficultés de toute sorte que lui suscitaient à chaque pas les mœurs, les intérêts, la législation elle-même, plutôt que de soulever dès le début, par des vexations imprudentes, des résistances qui eussent mis en péril la loi et les améliorations que l’on est' en droit d’en attendre.

Ce n’est pas ici le lieu de passer en revue les causes générales d’insalubrité que la loi du 13 avril 1850 eut surtout en vue de condjattre et qui ont été d’ailleurs rappelées avec tant d’autorité et de précision dans les instructions émanées du comité consultatif d’hygiène publique. En s’en tenant aux causes d’insalubrité inhérentes a l’habitation, et en se bornant, pour les causes extérieures, a invoijuer l’application des règlements de police, la commission de la ville de Paris a suivi la lettre de la loi. Mais peut-être y a-t-il lieu sur ce point d’étendre dans la pratique le champ de l’action pulilique, plutôt (jue de le resserrer dans de trop étroites limites. Le méphitisme ipii constitue avec l’humidité la jirincipalc cause d’insalubrité des habitations dans les quartiers pauvres des grandes villes a sa source dans des causes extérieures (ontre lesquelles il ue serait pas trop de l’action combinée des lèglements anciens et de la loi nouvelle. Quant à l’encombrement, nous ne pouvons que déjilorer, avec l’auteur du Rapport, l’impuissance à hujuelle se trouvent également condamnées les lois, l’assistance publique et la charité privée, quand il s’agit de ces logements étroits où sont entassées des familles entières. Ce n’est que dans les inaisons garnies jiiacées sous la surveillance diiecte de 1 administration (ju’il a été possilile de réaliser sur ce point les intentions bienfaisantes du législateur.

Nous ne doutons pas, quehpie incomplets, queh|ue bornés que soient encore les résultats obtenus à Paris, ipi’il n’y ait dans les

HABITATIONS

principes th*. la loi du 13 avril, si bien eoni|)ris et a|)plirjnés avec tant de mesure et de sage prudence [lar la commission, le germe d’nn immense progrès dans la salubrité des logements du pauvre. Si l’on rapproche de ces faits les gigantesijnes travaux rpii renouvellent en ce moment la face de la vieille cité, les encouragements donnés à certains établissements éminemment utiles, tels <pie les bains et lavoirs gratuits on à prix réduits, et enlin l’institution récente, à Paris, des commissions d’arrondissement qui peuvent si efficacement coopérer à l’exécntioîi de la loi sur les logements insalubres, on ne peut s’empêcher de concevoir l’espérance légitime de voir, dans un prochain avenir, la population parisienne recueillir le fruit de tant d’efforts généreusement tentés dans l’intérêt delà santé publique.

Dans les départements, la loi du 13 avril 1850 n’a pas reçu encore une exécution aussi complète ({u’on pourrait le désirer. Depuis sa promulgation jusqu’au commencement de l’année 1853, vingt-trois départements seulement ont adressé à l’administration supérieure le compte rendu des opérations auxquelles se sont livrées les commissions locales. Quelques uns de ces rapports ont, du reste, une portée plus générale et plus haute que la simple exécution de la loi. Ils présentent, en effet, un tableau saisissant des causes d’insalubrité des villes et des habitations, et peuvent à ce titre être cités ici comme fournissant les plus utiles enseignements. Nous choisissons celui de la ville de Bourg, qui peut être signalé à ce point de vue comme un modèle.

« Les maisons de la ville de Bourg, à très peu d’exceptions près, sont mal construites et intérieurement mal agencées. Il est sur-

tout difficile de trouver un logement qui présente à un degré suffisant, au point de vue du chauffage des appartements et de leur ventilation, ces aménagements intérieurs dont la science des constructions dote, à l’heure qu’il est, une partie notable des maisons

des grandes villes. Les maisons de Bourg étant jiresque toutes fort anciennes, ce fait n’a rien de bien étonnant par lui-même. Mais il est malheureusement constaté que les ([uebjues construc-

tions nouvelles qui se sont élevées depuis quinze on vingt ans sont dans des conditions plus mauvaises encore; car outre les défauts que nous venons de signaler et qn’clles présentent a nn même degré, il eût été désirable que l’air, la lumière et l’espace y eus- .sent été distribués d’une main moins avare.

» Bassani de ces considérations générales aux causes particu-

HABITATIONS

Hères qui peuvent produire rinsalulirité dans nos maisons, la commission a été unanime pour reconnaître ipie la ])reinière de toutes et la plus grave était, sans contredil, la détestable organisation des fosses d’aisances. Tantôt elles conduisent, ou direclement ou par des canaux d’embranchement, les matières qu’elles reçoivent dans les eaux du petit ruisseau que l’on appelle le Cône.

» Ce ruisseau, presque entièrement desséché une grande partie de l’année, entrant par un côté de la ville et ressortant par l’autre, doit <à lui seul avec ses eaux presque mortes, avec sa pente presque insensible, emporter loin de nous toutes les immondices delà cité : voilà sa fonction ; mais à l’odeur infecte qui s’exhale de toutes nos maisons, surtout dans les cours et les allées intérieures, il est facile de juger que cette fonction n’est que fort imparfaitement satisfaite, ce qu’expliquent facilement, du reste, le défaut de pente et la faiblesse des eaux du Cône. Aussi, chaque jour, le lit du Cône tend à s’élever par le dépôt et la solidilication des matières qui y séjournent, et ce ne serait pas de l’exagération que de prévoir le moment très rapproché où ses fonctions, déjà si mal remplies, auront cessé tout à fait pour laisser alors, sous la ville, ce foyer d’infection et d’émanations dangereuses que nous déplorons chaque jour.

» Mais ces lusses se rendant dans le Cône, soit directement, soit indirectement, sont encore les moins mal organisées, car nous avons trouvé dans certains quartiers de la ville, pour recevoir le produit des fosses , ce que par extension on a appelé des cônes ouverts. horribles réceptacles sont, la plupart du temps, un espace de 1 à 2 mètres laissé entre deux maisons et sur lequel espace se desservent tous les cabinets d’aisances des appartements, bien souvent sans qu’un tuyau de chute conduise les matières jusqu au bas. Croirait-on que, dans quelques maisons, c’est sur le cône ouvert que sont établis les jours qui amènent l’air et la lumière dans les dilférents logements (pi’elles comportent. C’est là un lait (jui a profondément emu la commission.

» Dans une autre série d’habitations, les cabinets d’aisances sont

simplement places sur des fosses, il est vrai, mais sur des fosses a ciel ouvert.

» Dans d autres maisons, les fosses se composent d’un simple tonneau fiché en terre , d une fouille de quelques décimètres à peine de profondeur.

» Enfin et comme

pour couronner l’œuvre, il est telles maisons

HABITATIONS

qui, U îiyuiil pas de. tosses (raisaiiœs, ()l)li}»eiil leurs liabitunls à opcrer sur la voiiî puhliipie toutes es[)èees de déjjots iinnioiides.

» Ajoutons a cela (ju(*, dans beaucoup de demeures que nous avons visitées, nous avons été étonnés de l’état de rnalproj)reté dans leijuel sont tenus les cabinets d’aisances, jilacés du reste dans des conditions sinon satisfaisantes, mais qui permettent du moins d’en atténuer les funestes elléts.

» Ces considérations s’appuient sur des cliilfres sérieux qui résultent de la longue enquête à laquelle nous nous sommes livrés. Ainsi nous avons consigné , dans le cours de nos opérations : 1° 70 maisons oii les fosses d’aisances sont à ciel ouvert, soit qu’elles se composent d’un cône ouvert, d’une maçonnerie non lermée ou d’une simple excavation dans le sol ; 2° 19 maisons sans latrines; 3“ enfin hh maisons dont les lieux d’aisances ont besoin des réparations les plus impérieuses.

» L’exposé d’un semblable tableau suffit, sans (ju’il soit besoin de rien ajouter, pour justifier ce que nous avancions tout à l’heure, à savoir, que la cause d’insalubrité la plus grande pour nos habitations, celles dont les effets sont les plus immédiats et les plus malfaisants, sont évidemment le mauvais établissement de nos fosses d’aisances.

» A cette première cause s’en lie une seconde qui en est presque la conséquence. Nous voulons parler de la présence, pour ne pas dire de la fa,brication de fumier dans une quantité considérable de coui’s intérieures, puisque le nombre que nous avons relevé s’élève à 75. Ces dépôts se composent non seulement des fumiers de l’écurie, mais encore de toute espèces d’immondices mélangés par couches, de matières fécales que ces fosses cà ciel ouvert procurent si facilement.

» Dans d’autres cours intérieures au nombre de 29, nous avons rencontré la |)résence d’une industrie aussi préjudiciable à la salubrité des maisons. Elles consiste dans l’élève d’animaux domestiques, comme porcs, lapins, poules, pigeons, cochons de lait, etc. Ces animaux grouillant péle-méle au milieu des cours (|ui leur servent d’étables, il en résulte des émanations félidés et malsaines (pii pénètrent dans tous les appartements dont les lenètres s ouvrent sur (’es cours.

» Nous avons aussi reconnu (|u’en dehors des dépôts de lumiers et de l’élève des animaux, un grand nombre de cours qui devraient si puissamment contribuer à l’assainissement des habila-

HABITATIONS

lions, quand elles ont une surface suüisante, devenaient la plupart du temps des foyers d’infection pour les maisons. Ces cours, étroites, profondes, obscures, mal pavées, en contre-bas du sol souvent, reçoivent toutes les eaux ménagères et pluviales, qui, restant sans écoulement, cbargenl, par leur corruption, de miasmes délétères l’air déjà vicié qui s’y trouve en stagnation.

» L’incurie des locataireseux-nièmes, il faut le constater, conti'ibue, pour une bonne part, à entretenir l’état de saleté dans lequel nous les avons trouvés. Le nombre des cours de cette dernière catégorie s’élève à 52. Nous disions tout à l’heure que ces cours reçoivent les eaux ménagères; en elTet, dans 79 maisons, nous avons vu ces éviers verser leurs eaux ou dans les cours ou sur la voie publique. Dans un grand nombre d’autres, l’absence d’éviers oblige forcément les locataires à se servir des cours comme réceptacles des eaux ménagères. Si nous avons remarqué, au contraire, que dans les maisons pourvues d’éviers placés dans de bonnes conditions, un assez grand nombre se rendaient directement dans les canaux de la ville, ce qui est évidemment un excellent mode, nous avons aussi regretté que là où il eut été facile de l’appliquer, on avait jusqu’ici autorisé la création de puisards pour recevoir les eaux ménagères. Ces puisards, légèrement construits, peu profonds, sont rapidement engorgés et refusent bientôt leurs services. En dehors de l’inlluence funeste qu’ils doivent exercer pendant les chaleurs de l’été surtout, ils deviennent une cause

permanente d’humidité, c’est-à-dire de ruine pour les fondations des bâtiments environnants. Au lieu d’ètre la règle, ils doivent devenir l’exception, là seulement où l’absence d’un égout ou le contre-bas du sol ne permettent pas d’agir autrement.

» Telles sont les grandes causes, les causes générales qui tendeni a vicier 1 air dans nos habitations et à compromettre la santé de ceux qui sont lorcés de le respirer, causes que nous aurons à combattre et dont nous espérons triompher en partie. Mais il ne suffit pas de diminuer les causes de viciation de l’air, il faut aussi, quand ce Iluide est altéré, s en débarrasser jiar le renouvellement, c’esta-dire par la ventilation. Nous le disions en commençant, peu de nos maisons sont bien ventilées. En dehors de l’absence d’agents physiques ou inécani(|ues destinés à produire une aération salutaire, un certain nombre des logements visités ne nous ont présenté que des ouvertures très limitées et souvent distribuées de manière à n’opérer, même en les ouvrant, qu’une ventilation très

HAmTATIONS.

imp{irl{iil(' ; (jiiel(jnes uns iiiOme ne se \(‘ulil(*nt (juc* par la porl(> (1 eiilrec*. Hoaueouj) (lecl)aml)r(‘s sont dépourvues de cliemiuées, nu des plus puissants ag(‘uls uatuiads de veutilution, ou Ijieti ericon» <lîHis celles (jui (ui i)oss(>d(Mit, il u’est pas raiv de voir la elieminée eoudamnée pour recevoir un poêle. Disons encore que dans certains logements nous avons trouvé les lenètres, (|uoique bien petites déjà, fixées par des clous, et tous les joints soigneusement ' calteutrés par des superpositions et des collages de toile ou de papier. Évidemment, c’est là une manière de Taire aussi funeste que possible et ipi’il sera dillicile de combattre. Cependant, à cause des préjugés et de l’ignorance cpii militent en sa faveur et qu il importerait avant tout de détruire par de sages conseils, jiar des exhortations nombreuses qu’il serait si facile de faire descendre dans ces parties de la population au moyen des associations de bienfaisance si nombreuses dans notre ville, ces classes, mieux éclairées sur les dangers et les maux redoutables qu’engendrent pour elles et leurs familles ces habitudes de négligence, de malpropreté, autant que les erreurs résultant de leur ignorance, accueilleraient avec plaisir des instructions dont l’application aurait pour résultat immédiat leur bien-être et celui de leurs enfants. Mais ce n’est pas seulement dans les maisons d’ouvriers que les imperfections de la ventilation et du chautïage se font sentir; certaines des parties des habitations occupées par les classes aisées réclament, à cet égard, des améliorations dont l’absence y est moins sensible, il est vrai, parce qu’il ne s’y trouve pas les causes aggravantes que nous avons signalées plus haut. Peu de nos appareils de cbaulfage réunissent toutes les conditions voulues pour consommer peu de cüud)ustible, donner beaucoup de chaleur et contribuer à la ventilation des appartements, el cependant toutes ces conditions ont, séparément, une action très puissante sur la salubrité des habitations. Il faut espérer que cette partie si imporlante de l’arcbitecture domestique ne sera pas si souvent abandonnée à un ouvrier mal habile (pii presque toujours ignore la théorie du métii'r (pi’il ('xerce, que les |)erfectionm'iiieuts apportés depuis (piel(]ue tenqis aux appareils de cliaulfagi* et de ventilation jiénétreront davantage dans nos habitations. Il faudrait souhaiter surtout, comme on l’a dit avant nous, (jue les bomuu's spéciaux (pii s’('ii occupent parvinssent à établir pour les logements d’ouvriers un système de ventilation et de chaulfage simple et peu dispendieux ([ui n’exigeàt aucun soin, aucune répa-

HABITATIONS

ration, qui piit fonctionner pour ainsi dire à l’insu du locataire qui l’emploierait, et (pii fût en (juelque sorte indépendant (le son action et de sa volonté. Ce serait là un immence service

rendu.

» Tels sont les faits généraux qui nous ont paru, dans nos visites, exercer une énorme iniluence sur la salubrité de nos habitaticms. Si maintenant nous fixons un moment notre attention sur des points plus spéciaux, sur des détails plus intimes, nous dirons que nous avons rencontré jieu de logements présentant des causes d’insalubrité à un assez liant degré pour pouvoir en demander la fermeture immédiate. Il en est cependant quelques uns dont nous joignons la liste à notre rapport, pour appeler par la suite un complément d’instruction qui permette de proposer, à leur égard, des mesures toutes particulières. Ainsi nous en avons rencontré qui, placés en contre-bas du sol, sont d’autant plus humides (pie riuimidité constante de leur propre sol se trouve augmentée de celle des terrains supérieurs. D’autres, à rez-decbaussée, n’ont point de carrelage et ne présentent qu’une aire de terre battue qui accuse toutes les variations atmosphériques en suant rbumidité par tous ses pores. 11 est peu de chambres louées à des locataires qui ne contiennent le cube d’air voulu pour la respiration de ceux qui l’habitent; mais dans quelques unes, il ne peut être renouvelé à cause de l’absence de fenêtres, ou par suite de fenêtres trop petites; un grand nombre, par exemple, ont besoin d’un blanchissage à la chaux complet, les parois des murs étant entièrement couverts d’une végétation cryptogamique engendrée par la moisissure et b‘s émanations graisseuses des cuisines accumulées par couches successives depuis un temjis fort long.

» Quelques logements enfin doivent être complètement interdits, car ils .se composent d’une chambre basse, mal éclairée, mal close, dans la(pielle on ne respire qu’un air infect saturé d’humidité, dans laquelle chaque locataire, en passant, a laissé les traces de sa malpropreté.

» Nous signalerons pour mémoire seulement ({uel([ues logements

dont 1 habitation devrait être aussi défendue, car ils tombent en ruines.

» Si nous résumons les cbilfres contenus dans ce rapport, nous trouvons que sur 1392 maisons qui composent la ville de Dourg, 407 maisons, c’est-à-dire près du tiers, présentent au premier

IIAHITATIONS.

(‘h(*l (l(‘s causos (I iiisaliihriu» iiomlaaMiscs cl ptiissanU's. (J’csl cvi- (Icmmcnt une silualion 011 m* |)(mi| plus rc<ir(‘Ual)lc c‘t à larpiclloil est ur^'ciil, (le mettœ im terme. >>

Il ne sudit pas de si^r„aler les eans(‘s (rinsalnl)ril(; des liahitations, il nnporte d’en indirpier 1(‘ renu'de. en parlant d(is cités ouvrières, nous nous sommes eiïorcés d<* faire eonnaîire les tentatives, très dignes d’éloge, (pii avaient été fait(*s pour donner aux ouvriers des logements salubres. Nous compléterons C(‘s données en citant ici les projets élaborés, dans ce sens, par un architecte plein de mérite dont le nom est attaché aux découvertes et aux travaux les plus utiles pour l’bygiène publifjue, M. Gourlier. Nous le laissons décrire lui-môme ce s|)écimen d’une habitation saine et bien construite destinée aux ouvriers et aux familles d’artisans.

« Je dois d’abord dire un mot au sujet de l’emplacement convenable pour ces sortes de constructions.

» Nécessairement cet emplacement devra être choisi, tant par économie que pour la convenance même des ouvriers, hors du centre de la capitale, à portée des grands établissements manufacturiers, par conséquent dans les faubourgs, et, autant que possible, sinon dans les principales voies de communication, au moins a leur portée et dans des rues suflisamment larges et bien aérées. La situation en façade, bien que désirable, ne serait pas non plus indispensable; et la partie postérieure d’un grand terrain pourrait également convenir, pourvu qu’on y parvînt largement, commodément, et que les constructions fussent accompagnées de cours en partie plantées, autant que jiossible, et de grands espaces libres. Rien n’empôcberait même que cet emplacement fût choisi hors du mur d’enceinte; et les ouvriers, sans être trop éloignés de leurs travaux habituels, v trouveraient de grands avantages quant au prix d’une partie au moins des den-

rées.

» Mais malheureusement , dans cette dernière situation même , le prix du terrain, exti-êmement hypothétique et variable en raison de l’emplacement, de la situation, ne saurait manquer, dans tous les cas, d’être assez élevé, par exemple de 50 cà 100 francs le mètre, c’est-à-dire en général bien supérieur à celui qu’ont coûté la plus grande partie des terrains employés à Lombes au même usage.

» (Juan t aux dispositions nubnes, c’est pour moi un devoir autant

HABITATIONS

(ju’un plaisir cio ck^claror qu’on un grand nomhro de points, je im* suis inspiré do ce cpii a été fait à Londres, et principalement par . M. H. Roberts, le digne architecte honoraire de la Société ([ue j’ai précédemment mon lion née.

» Ainsi, d’abord, pour le bâtiment iini(|ue que je supjiose placé en bordure sur une rue plus ou moins importante, considérant que, dans une semblable habitation, un grand nombre de caves serait peu nécessaire; que de plus, surtout dans les quartiers un peu excentriques où ces sortes de constructions devront être plus ordinairement élevées, des boutiques seraient souvent aussi peu nécessaires et peu fructueuses, il m’a semblé que ce pourrait être le cas d’emprunter aux Anglais leur étage de soubassement, en partie en contre-bas du sol de la rue entre deux petites cours basses, en partie aussi en contre-haut de ce sol, et dès lors parfaitement aéré, éclairé, asséché, et même au besoin chauffé, et où pourraient, en conséquence, être établis sans aucun inconvénients, avec tout avantage, au contraire, des ateliers, des magasins ou autres dépendances utiles et toutes d’un certain revenu.

» Du reste, qu’on adopte ou non cette disposition, si des boutiques étaient reconnues convenables, le rez-de-chaussée pourrait y être consacré, sauf quelques localités que je vais indiquer tout à l’heure; mais peut-être serait-il bon que ces boutiques et leurs logements eussent leurs entrées directes par la rue, et fussent, en en général, sans communication imhiédiate avec la maison même. Obligation pourrait être imposée, comme condition de location de ces boutiques, de traiter avec quelque faveur les locataires de la maison même; eniin aucune d’elles ne devrait être louée ni

pour métiers bruyants et incommodes, ni surtout pour cabarets ou débits de liijueurs.

» Vers le milieu de la façade serait le vestibule d’entrée, de largeur convenable. D’un côté le logement du régisseur, de l’autre celui du concierge ou surveillant, qui pourrait aussi être place au fond; chacun de ces logements, ainsi que chacun de ceux dont je parlerai ci-après, avec son évier et son cabinet d’aisances.

» Le long de la face opposée à la rue, régnerait une galerie de communication, de largeur proportionnée à sa longueur, dont la laçade serait entièrement garnie de cluàssis vitrés et ouvrant, soit au milieu, soit aux deux extrémités, selon l’importance de la maison, sur un ou deux escaliers également larges, faciles et bien

Habitations.

» Tout le liàtimeML serai L du reste distrihué par des murs et cloisons de refend (>n eomparliments ayant allernativemont à peu près 3 mètres et /i mètres J/2 de largeur; et, soit à rez-de-chaussce, soit à chacun des deux ou trois étages au-dessus (suivant la hauteur (|ue permettrait la largeur de la rue), un jietit compartiment seul formerait un petit logement pour célibataire ou ménage sans enfant, composé d’un passage d’entrée, d’un cabinet d’aisances, d’une petite pièce ou cuisine, éclairés l’un et l’autre sur la galerie, et dune piece principale sur la rue; un grand compartiment seul, un logement moyen pour un ménage plus considérable ; enfin, les deux compartiments réunis, un grand logement pour ménage avec enfants des deux sexes, etc.

» Si la maison était d’une certaine importance, et qu’il n’y eût à proximité ni école, ni salle d’asile, un grand et un petit compartiment pourraient y être consacrés, principalement cà rez-dechaussée; l’école servirait alternativement dans la journée aux garçons et aux filles, et le soir pour classe d’adultes, salle de travail, etc.

» La partie centrale de la maison pourrait, en outre, être surélevée en attique, de façon à former une petite infirmerie composée de deux salles de trois ou quatre lits, l’une pour hommes et l’autre pour femmes, avec toutes les dépendances nécessaires; et la galerie de communication, également élevée à cet étage, servirait en même temps de promenoir et d’isolement; disposition que M. le directeur de l’assistance publique et plusieurs hommes considérables de l’art médical ont approuvée comme propre à se prêter à l’extension projetée des secours tà domicile, cà éloigner le moins possible les mcalades de leurs familles, cà guérir promptement des indispositions jieu graves, et à réserver les lits de nos hospices pour les cas plus sérieux, pour les malades sans famille, etc. Le cas échéant, ces diverses localités spéciales donneraient nécessairement lieu à des rétributions indépendantes du prix du loyer ordinaire.

» Dans tous les cas, sous le comble de la partie centrale, ou en tout autre endroit, il serait établi un réservoir recevant les eaux de la ville.

» Les diverses pièces auront toutes des dimensions suffisantes pour leur parfaite salubrité , en raison du nombre de personnes qui devront y séjourner surtout la nuit.

» Les sièges d’aisances et les éviers, tous placés à l’intérieur de

IIABITATIO.NS.

chaque lofïOiiKMil, ainsi qu’il a été clil, y seraienl garnis d’appareils simples et solides, et propres à assurer egalement la saluhrité; les tuyaux de descente recevraient, en outre, toutes les eaux combles, et seraient, ainsi que les tuyaux d’arrivée et de distribution des eaux, du gaz, au besoin, d’air cbauiïé, etc., renfermés dans des caissons, en tiMe des murs et cloisons de refend, à l’abri de toute dégradation et des gelées, et à portée de toute réparation, etc.

» Dans les piles principales de la cloison de face de la galerie seraient réservées des trémies, recevant, à chaque étage, les produits du balayage de ebaque logement.

» Ces trémies, ainsi que les divers tuyaux de descente, se réuniraient dans une galerie souterraine, où seraient des appareils de fosses mobiles, etc., les liquides seraient immédiatement conduits aux égouts publics, les solides seraient enlevés, aux époques nécessaires, parles petites cours basses, et sans avoir aucunementà traverser ni escalier ni galerie, etc. Enfin , la galerie souterraine, habituellement hermétiquement fermée, pourrait être ventilée au moyen soit d’un calorifère servant à échauffer les parties communes de la maison, soit d’un foyer d’appel spécial ; et cet appel, en s’exerçant sur les tuyaux de descente mêmes, pourrait, au besoin, assurer la ventilation des logements par les parties mêmes qui les infectent ordinairement.

» Une construction simple, mais convenable et solide, assurerait également l’absence de l’bumidité et de toute autre calise d’insalubrité. Les progrès de l’industrie des fers permettraient en même

temps de la rendre entièrement incombustible sans augmentation de dépensé.

J> Ainsi dispose , ainsi exécuté et d’après des détails snnfisamment exacts, un pareil bâtiment reviendrait au prix de 250 ou

I ? '"f'''®'’'*'’'’®’'!»' est à peu près celui aiif|uel est revenue

la cite Itooliechouart, ainsi que d'autres constructions analogues I notaiiiniciit celles exécutées en 18i8, pour des maisons d’ouvriers ans e aubourg Saint-Honoré, par mon confrère et ami M. Uoliault, a ses propres frais) ; et, comme je l’ai précédemment annonce, ce prix est notablement au-dessous de celui des construclons analogues a Londres. Peut-être même poiirrait-oii espérer

.0,1 ldi!' " 'l'adjudication au rabais que je

oiiseillerais peu dans ce cas, mais du désintéressenieiit tiue de

lams entrcpreueiirs seraient disposés é y apporter, enlii, des étu-

I1AHITATI0NS.

nii

dos (lol'milivos ol de rex[H''rioiu'c (jiio jjrociiroraionL de j)r(‘mièros coiistniclioiis.

» 3Uiis, d'un îiulrc C(M,é, d’après oe cpii a été dit |)récédeinrnonl. le prix de revient ne saurait maiHpu'r d’èlre rorteiiient augmenté par celui du terrain, et pour le l)àtiiueiit même, par la cour ou ])réau à y joindre.

» Euliu, comme je l’ai précédemment annoncé aussi, ou ne peut aucunement compter à Paris sur des loyers, des revenus à beaucoup près aussi élevés qu’à Londres. A* la cité rue Uocbechouart, on retire, en réduite, 150 francs de logements à peu près correspondants aux petits et moyens logements que je viens de décrire. Je ne désespérerais pas que ces derniers, mieux disposés et plus complets, ne pussent se louer plus avantageusement, par exemple à peu près 200 francs. Mais, même dans ce cas, et en apportant en outre dans les frais de gestion toute réconomie compatible avec le bien du service, je n’oserais espérer que, somme toute, il restât un intérêt net un peu élevé. On a fait, à ce sujet, de la meilleure foi et dans les meilleures intentions possibles, sans aucun doute, des annonces, des promesses magnifiques ; mais, indépendamment des résultats tout contraires de calculs exacts et d’expériences positives, il y a à faire une réllexion bien simple : Les ouvriei-s ont trouvé jusqu’ici, à des prix modiques, il est vrai, des logements plus ou moins incommodes, plus ou moins insalubres, dans des maisons plus ou moins vieilles, pinson moins mal disposées, mal entretenues. Comment les loger à moindre prix dans des constructions, au contraire, élevées spécialement pour eux, agrandies, perfectionnées, pourvues de toutes les convenances; en un mot, foire beaucoup mieux pour beaucoup moins et en gagnant beaucoup? Ce serait bien beau, mais c’est probablement impossible; et tout ce que l’on peut espérer, surtout en commençant, c’est un intérêtmodique,mais, répétons-lc encore, indéüniment augmenté par des résultats de bien-être et de moralisation : cela peut et doit, espérons-le, décourager les spéculateurs, mais suHire a tous les gens pieux et charitables. »

Nous ne pouvons omettre la généreuse initiative prise dès les premiers jours de son règne par S. M. Napoléon III, à qui Ion devra la réalisation de ces grandes et nobles idées.

En ellct, on lit dans le Moniteur du ih mai 1853 :

gOUV(

» Après avoir soumis la question à un examen approlondi, le uvernemcnt a décidé qu’outre les améliorations imposées aux

HABITATIONS

anciennes liabita lions ouvrières , de nouvelles maisons à plusieurs (‘laîïes, avec des lojvemenls garnis et non garnis, pour les ouvriers ccMibataires comme pour les ménages, s’élèveraient à la fois dans plusieurs quartiers de Paris, sur des emplacements bien choisis, à proximité des travaux, et que ces logements seraient disposés de manière à réunir à l’économie du prix toutes les condition désirables de salubrité, de bien-être et de moralité.

» Le soin d’exécuter ee projet est confié cà des entrepreneurs qui se sont résolument assoeiés aux vues de l’empereur et qui sont parfaitement à même de les réaliser.

» Les travaux seront faits conformément aux plans et devis arrêtés par le ministre de l’intérieur, qui fixera le prix des loyers dans des proportions telles que les nouvelles constructions ne puissent être un objet de spéculations; et pour que cette mesure, si avantageuse aux classes ouvrières, ne soit onéreuse à personne, l’Étal

entrera dans la dépense au moyen d’une allocation une fois payée.

^ » Le u-aité portant exécution immédiate de ces conditions vient d’être signé par le ministre de l’intérieur. •

^ » Nous verrons donc disparaître successivement ces misérables réduits privés d’air et de lumière, ces chambrées où les ouvriers où de pauvres familles s’entassaient pêle-mêle au détriment dé

leur santé et de leur moralité, comme à la honte de notre civilisation.

» A la place de ces logements incommodes et malsains, s’élève^ ront des habitations où bon nombre d’ouvriers trouveront des logements salubres, cbaufies, éclairés, bien aérés, avec de l’eau en abondance.

^ A cette mesure si importante pour la population laborieuse le puyernement s’occupe d’en joindre une autre dans l’intérêt des labitanls peu aisés. Le ministre de l’intérieur est saisi d’une proposition de capitalistes et propriétaires qui olfrent de bâtir, dans es conditions les plus favorables, des constructions séparées pour

es pou s renUors, les employés peu rétribués ; eu uu mot . poulies modiques fortunes. ‘

. Paris ne doit pas profiter seul de ces avantages. Le gouveruement est reso u d etendre ee système au.x grandes villes^au. centres manufacturiers où les ouvriers sont agglomérés. »

rcrmmons celle longue mais incomplète étude par l’indication d un decret rece.it qui touclie à la salubrité par plus d’un point .

lIAniTATlON?;.

et notamment par les soins exigés pour l’eiilrcnicn des lial)itulions.

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