‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 18 sur 58 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

des nombres de minutes, celui de l'buile d'olive étant pris pour 10.

Huile d’olive

Vert bleuâtre.

— d’amandes douces.

Blanc sale.

— d’amandes amères.

Vert foncé.

— de noisettes ....

Vert bleuûtre.

— de noix d’acajou. .

Jaune soufre.

— de ricin

Jaune doré.

— de colza

Jaune brun.

— d’œillelle

Légèrement Jaune.

— de faîne

Rose.

— de noix

Rose.

B. Les essences ou huiles volatiles sont des corps volatils contenus dans les plantes, le plus souvent dans la fleur, le fruit ou la feuille, rarement dans la tige ou la racine, et que Ion peut extraire par distillation, ou pour quelques unes (essence de citron) par expression.

Ce sont des substances qui ont une odeur forte, en général, celle des plantes qui les ont lournies, une saveur âcre et bridante. Elles sont solides ou liquides : on appelle les essences

solides, et éiœoplènes celles qui sont liipiides. Les huiles volatiles sont tantôt plus légères, tantôt plus pesantes que l’eau. On a remarqué que leur volatilité était en raison inverse de leur pesanteur. Celles qui proviennent des plantes venues dans des climats très chauds, comme les essences de cannelle, de girofle, elc., sont denses, tandis qu’au contraire les essences indigènes sont en général plus légères que l’eau.

L’action delalumière donne delà couleur aux essences, elle les altère etluâte leur épaississement. Il faut, pour les conserver, les

HUILES

placer dans des llaeons bien l)()iicliés, Cüuverls de papier noir et mettre ceux-ci dans des lieux obscurs et acres. Il paraît même (pie lorsque les vases sont mal bouches, 1 absorption de 1 oxygène peut vicier bair et le rendre dang'ereux a respirer. Les huiles volatiles sont peu solubles dans l’eau, toutefois elles lui communifpient leur odeur. Elles sont très solubles dans l alcool, elles se dissolvent aussi très bien dans l’acide acétique et dans ([uclques acides végétaux. Toutes les essences dissolvent le soulre, les huiles fixes, les résines, le caoutchouc, la cire, etc.

Les essences sont très employées dans 1 art du paiTumeur, dans l’industrie, pour dissoudre les résines et former des vernis. En médecine on les prescrit rarement seules, on les applique pures sur les dents cariées, rjuelquelois on s’en sert en Irictions excitantes. On les emploie plutôt sous forme de pastilles et de tablettes, de sirops, d’émulsions, d’électuaires, de solutions aqueuses {eaux distillées) et de solutions alcooliques {alcoolats, esp?'its). Dans le commerce, les essences sont souvent falsifiées. Les falsifications les plus ordinaires consistent dans l’addition de Y alcool, d’une huile grasse, de résines', dans le mélange avec d’autres essences inférieures, telles que Y essence de térébenthine.

Pour reconnaître la présence de l’alcool, M. Béral a indiqué l’emploi du potassium : on met dans l’essence un fragment de ce métal, de la grosseurd’unctêted’ épingle; siellecontient25pourl00 d’alcool, le potassium s’agite, pétille, s’oxyde et disparaît promptement. Si l’essence en contient moins, ces phénomènes sont moins marqués et se manifestent plus lentement. Néanmoins il faut dire que certaines essences agissent sur le potassium lors- ([u elles sont pures; telles sont les essences d’anfs, lY aspic, de camomille, de cannelle, de girofle, de lavande, de roses, de sassafras. Lorsque les huiles volatiles contiennent des huiles grasses, ell(‘s sont moins Iluides; par l’agitation, on voit des bulles d’air adhérer à la surface du lifjuide. Pour reconnaître la présence de ces buil(‘s, on peut mêler l’essence avec huit fois son volume d’alcool à /lO degrés; si elle est pure elle se dissout entièrement; dans le cas contraire, on aperçoit deux couches. La falsification des essences par d’autres de moindre valeur ou de (jualité inférieure est très dilficile à reconnaître; par cela même, on la prati- ([ue souvent. Ce n’est que par comparaison avec des essences reconnues pures qu’on parvient à constater ces adultérations. On évaporé doucenumt un peu d’essence et on compare l’odeur à

l/»2 IIUILËS.

(liversos (‘[KH|iies, mais quand le mélange a été lait avec des essences d’odeur analogue, il laul la plus grande habitude pour découvrir la fraude. La préparation de la plupart des huiles volatiles n’oIVre rien d’intéressant au point de vue de riivgiéne des ouvriers qui relléctue. Nous aurons cepeiuhmt à indiquer quelques faits nouveaux relativement à l’inlluence de la préj)aration des oranges amères. On les obtient, à (pjelques exceptions près, toutes au moyen de la distillation avec l’eau, à laquelle on ajoute souvent quelques sels pour élever le point d’ébullition.

Néanmoins, ces huiles étant combustibles, leurs vapeurs, répandues dans l’atmosphère peuvent s’enllammer très facilement et produire même des mélanges détonants. Elles absorbent beaucoup d’oxygène et peuvent, par suite de cette propriété, rendre impropre à la respiration l’atmosphère dans laquelle elles se trouvent en certaine quantité.

Il est une espèce d’huile connue sous le nom à'huile de dégras dont la fabrication a éveillé plusieurs fois l’attention des conseils de salubrité. L’opération se fait à l’aide de marcs d’huile qu’on fait chauffer avec de l’eau; l’huile vient nager à la surface et les corps étrangers se précipitent. Ce travail laisse exhaler une odeur très fétide : l’huilequi en provientestmêlée avec de l’huile de poisson employée préalablement par les chamoiseurs ; ce mélange constitue l’huile de dégras. Le conseil de salubrité du Nord, en 1851, fut consulté pour l’établissement d’une fabrique de dégras; la réponse fut favorable, le rapporteur n’ajouta à ses conclusions que des prescriptions tendant à réserver intactes les eaux voisines et protéger les ouvriers par un renouvellement d’air suffisant. Nous croyons devoir citer textuellement les conclusions de ce rapport :

« 1" Établir dans l’intérieur de l’usine un puisard bermétique- » ment fermé, destiné à recevoir les eaux provenant de l’usine, » les résidus de toute nature et principalement ceux de l’huile » de poisson ;

» 2" Paver en matériaux de bonne qualité, bien jointoyés au » ciment hydraulique, sur un lit de même matière, les ateliers, les » magasins et ménager dans l’atelier de la fabrication de l’huile de » poisson des pentes de 2 centimètres par mètre, qui conduisent » directement, vers le puisard, les eaux de lavage;

» 3‘^ Ménager dans les différentes parties des bâtiments où se » réunissent les ouvriers, au sommet de la toiture, des pannes à

IlUÎTRÈS.

» ventouses ou tout autre moyen destiné à renouveler constarn- » nient l’air des ateliers ;

» Établir au-dessus des chaudières, où, a l aide d un géne-

rateur, s’eflèctuera la séparation des graisses, une ou plusieurs » hottes pouvant coniniuni(|uer librement avec la cheminée a » vapeur;

» 5'’ Donner à cette cheminée une élévation d’au moins 18 mè- » très au-dessus de l’usine. »

On peut dire, en général, que les établissements où se fabriquent les diverses espèces d’huiles ont été rangés parmi les établissements insalubres et incommodes, mais les inconvénients qu’ils causent sont bien légers et rendus moindres encore par la condition d'isolement qui leur est indispensable. L’odeur et le bruit paraissent bien peu de chose dans une pareille situation et le danger d’incendie paraît avoir été exagéré. Il résulte des recherches de M. Brigandatque sur ces 500 moulins à huile qui existent aux environs de Lille, on n’a observé que quatre ou cinq incendies depuis vingt-cinq ans. Lorsque le feu prend à ces usines, il est ordinairement le résultat du frottement de l’arbre tournant sur la pièce qui lui sert d’appui.

Néanmoins, le conseil de salubrité et d’hygiène du Havre a considéré un étahlissement d’épuration d’huile de baleineau moyen de l’acide sulfurique , comme un établissement insalubre de deuxième classe, et atin d’éviter les dangers de l’incendie, exigea que le tuyau de la cheminée devant recevoir les émanations de l’huile en ébullition fût élevé à 30 mètres, au moins, au-dessus du sol, et, pour éviter au voisinage rôdeur infecte des résidus, il voulut que dans aucune circonstance ils ne pussent être déposés sur la voie ])ubli<jue, et qu’ils fussent emportés par un jet d’eau courante dans un ruisseau j)avé et construit ad hoc, se terminant à peu de dislance dans un grand l’uisseau d’eau vive.

llLlTKEü^. — L’huître appartient aux mollusques acéphales testacés ; on en distingue une cinquantaine d’espèces dont quelques unes sont employées comme comestihles ; on mange en Kurope, en Asie et en Alricpie notre huître commune [oslrea edulis), dont on <listingue deux variétés. Ces animaux habitent en France deux régions principales ; l’ime est située sur la côte ouest, près de Marennes, et la j)ôche qui s’y fait produit environ deux fois autant que celle du poisson.

M\h HUÎTRES.

L’nulro rt*gion osl j)liis c'UmmIik* uL 1)'kmi plus imj)orlaiiU‘ ; elle est située ilaiis la Muuelie, et s’étend sur une grande purlie des cotes de la Norinaudie et de la lîretague. C’est dans celle région ([uc se trouve la pdclieric de Cancale. La majeure purlie des luiUres draguées dans la Laie de Cancale se consomme à Taris; mais avant de les porter dans cette ville, on les conserve plus ou moins longtemps dans les parcs de la Ilogue , de Courseulles, du Havre, etc.

L’usage de cet aliment remonte à la plus haute anti(|uité, et les Uomains en servaient toujours dans les repas les jdus somptueux. Les plus estimées alors étaient celles du lac Lucrin , de Brindes, de ïarente, etc. Actuellement ce sont celles de Hollande ou d’Angleterre ; néanmoins on recherche heaucoup celles de Marennes et de Cancale.

D’après Misson on pèche une assez grande quantité d’huîtres dans les environs de Venise, mais il s’en faut beaucoup qu’elles aient la saveur des nôtres; on dit même qu’elles sont malfaisantes et que les étrangers particulièrement doivent s’abstenir d’en manger autant qu’ailleurs.

3Ialgré les excellentes propriétés alimentaires qui sont en général et à juste titre attribuées aux huîtres, on les a vues quelquefois occasionner des accidents plus ou moins sérieux.

Depuis longtemps déjà, on s’était aperçu que, dans certains cas, les huîtres acquièrent des propriétés malfaisantes et l’on rencontre dans les auteurs des observations assez nombreuses d’accidents éprouvés après leur usage. En général ces accidents ont été comparables a ceux qui résultent habitnellement de 1 administration d’un purgatil drasti(|ue donne a tio]) foi te dose. Parfois cependant il s’est montré quelques phénomènes nerveux, tels que des vertiges, des tremblements, et, enlin , d’une façon exceptionnelle, des convulsions plus ou moins violentes. Ces accidents si singuliers, produits par un aliment recherché en partie à cause de son innocuité, ont éveillé l’attention de médecins hygiénistes, et l’autorité plus d’une fois lit faire des enquêtes à ce

sujet. .

’Ouehiues auteurs ont allrihué ces efléts nuisibles an sepuir

des'huîtres dans des eaux limoneuses et à leur emploi avant d avoir séjourné dans un parc, ou après un séjour trop court dans ces dépôts. Si des accidents jienvent avoir été produits par des huîlres pêchées dans les mauvaises conditions ordinaires, nous ne

Page 1