‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 24 sur 58 · HYGIÈNE MILITAIRE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE MILITAIRE

sans autre eertitiide de réronijiense (|uc la saLisraclioii intime de l’avoir dignement remiili. Dans l’armée, en ellet, le nombre des élus est bien inférieur à celui des appelés. C’est seulement dans les longues périodes de guerre que les chances de l’avancement, celles des récompenses, et par-dessus tout les douces illusions de la gloire servent de stimulant au zèle et au dévouement du soldat; mais alors encore que de déceptions! que d’espoirs trompés! Le guerrier ne puise donc réellement sa force et sa constance que dans ce sentiment sublime d’abnégation qui est au premier rang des vertus militaires.

Le fusilier d’infanterie , le simple soldat du centre , ne coûte annuellement à l’Etat que 320 fr., et avec cette faible somme, que tant de gens opulents prodiguent pour de simples caprices , non seulement l’homme de troupe ne manque de rien , mais il a même quelque chose de plus que le strict nécessaire. Logé dans des bâtiments dont la salubrité excite la constante sollicitude de ses chefs , couché seul dans un lit pourvu d’un sommier et d’uii matelas, dont les draps sont périodiquement changés, vêtu de bon linge et d’habits soigneusement entretenus, pourvu de bonnes et solides chaussures, sa nourriture est saine, suffisamment abondante, à tel point qu’après un an de ce régime, de cette vie de caserne si calomniée par les gens qui ne l’ont jamais connue, les habits des jeunes soldats ont généralement besoin d’être élargis.

L’homme de troupe tombe-t-il malade, à l’instant il reçoit à l’inlirmerie du quartier les premiers secours. Si son état présente quelque gravité, on le conduit dans un hôpital militaire où le traitement nécessaire lui est donné par les médecins les plus habiles, qui le visitent matin et soir, où des chirurgiens de garde et des inlirmiers, soldats comme lui , le surveillent et le soignent avec une alîectueuse attention. Telle est l’elhcacité de cette hygiène prévoyante , de cette médication expérimentée, que malgré les latigues inhérentes à la vie militaire et les accidents qu’elle entraîne, malgré les éventualités de tous genres auxquelles sont soumis des hommes qu’enqiorte souvent la fougue de l’âge et des passions, le nombre des malades, dans l’intérieur, ne dépasse pas en moyenne le vingt-troisième de l’clfectif; en sorte que, 'pour nos calculs, nous devrons supposer que notre jeune soldat est yalide, fai.'sant son service jiendant 3/i9 jours de l’année, et malade à l’hôpital pendant les 16 jours restants.

HYGIENE MILITAIUE,

Voici cominonl se réparlissent les 320 IV. dont nous venons de parler :

La solde en station, et sans accessoires, du lusilier d’infanterie (|iii reçoit le pain des magasins de l’Etat, est de AO centimes par jour; sur cette somme, on prélève de 32 à 3/i centimes pour être versés à l’ordinaire , c’est-à-dire à la masse commune qui pourvoit à la nourriture et aux menues dépenses de la compagnie et dont nous expliquerons plus tard la gestion spéciale. Les centimes restants constituent l’argent de poche remis au soldat le jour du prêt , qui a lieu tous les cinq jours.

La solde n’étant pas perçue pour les hommes malades à l’hôpital , nous ne décompterons les AO centimes de notre jeune soldat qu’à raison de ses 3A9 jours de santé , ce qui donne 139 fr. 60 c.

Pour chacun de ces 3A9 jours , le soldat reçoit une ration de pain de munition du poids de trois quarts de kilogramme (une livre et demie ancien poids). Ce pain, fabriqué avec de la farine de pur froment blutée à 15 pour 100 d’extraction de son , est supérieur au pain de seconde sorte de nos villes, car il contient les fleurs et les gruaux; sa nuance bise provient du son que le blutoir n’a pas extrait et ne lui ôte rien de ses qualités nutritives. Le prix de la ration est porté au budget, en moyenne, a 16 centimes et demi ; en y joignant les dépenses du personnel administratif du service, le prix total de revient peut être évalué à 17 centimes, ce qui donne, pour les 3A9 rations distribuées, une dépense totale de 59 fr. 33 c.

Indépendamment de ce pain , l’ordinaire achète directement, chez les boulangers de la garnison, le pain blanc nécessaiie pour tremper la soupe matin et soir, c’est-à-dire 250 grammes par jour pour chaque homme.

Le service du cbaufl'age fournit en nature et , selon les localités, en bois ou en houille, le combustible nécessaire a la cuisson des aliments et au chaulTage des chambres.

La soupe du soldat se lait dans des marmites dont la contenance moyenne est de 75 litres et qui sulïisent pour une compagnie; la ration de cbaullàge alïèctée à cette marmite est de 20 kilogrammes de bois ou de 11 kilogrammes de houille , et coûte à l’État 58 centimes; elle excède les besoins de la cuisine , car on en prélève un dixième au prolit de l’inlirmerie régimentaire ; ce prélèvement effectué, les cuisiniers intelligents trouvent encore

HYGIKNE MILITAIRE.

moyen de réaliser (|iiel(|iies économies , tandis (|iic les maladroits trouvent de rinsiinisance.

Le chaullage des chambres est alloué pour une période de trois à cinq mois , selon la région dans laquelle la garnison est |)lacée. La ration varie également, selon les régions, de 20 à 30 kilogrammes de bois, ou de 12 à 18 kilogrammes de charbon par jour. Elle coûte en moyenne 67 centimes par jour et pour une durée commune de quatre mois.

En résumé, chaque homme est l’objet d’une dépense annuelle pour le chaulîage, toujours en moyenne, de 5 fr. 7 c.

Les distributions de liquides en nature sont éventuelles et réservées pour certaines solennités Chaque homme peut recevoir pendant le cours de l’année IZi rations de vin d’un quart de litre chacune, et la ration est évaluée à 9 centimes : c’est au total 1 fr. 26 c. Il faut joindre à cette somme les distributions d’eaude-vie, ou bien la somme accordée aux corps pour acheter celle qu’on mêle dans l’eau de boisson des soldats pendant la saison des chaleurs. Cette dépense est d’environ 3 fr. par homme et par an. Les liquides entrent donc pour /i fr. 26 c. dans la dépense totale.

Les journées de traitement à l’hôpital sont portées au budget de la guerre pour une dépense de 1 fr. 25 c. chacune. En y joignant ce que coûte le personnel médical et administratif et l’entretien du matériel, la dépense totale est de 1 fr. 78 c., et, pour les 16 jours de maladie , de 28 fr. hS c.

Il faut avoir vu de près le service des hôpitaux militaires pour apprécier à toute sa valeur l’excellence du traitement qu’y reçoivent les malades. Les soins alïectueux de la famille, que la plus vive sollicitude ne peut remplacer, y manquent seuls ; mais la haute intelligence de ceux qui sont prodigués aux militaires de tout grade olïrent, a cet égard , toutes les compensations possibles.

Le service de 1 habillement n’est pas l’objet d’une moindre attention. Lorsqu un jeune soldat arrive au régiment, il reçoit immédiatement des magasins du corps tous les elïets de linge, de chaussure , d hahillement et de coilfure qui lui sont nécessaires. Les elïéts de linge et chaussure sont payés par lui :

1° En ]iremier lieu , sur le montant d’une allocation spéciale qui lui est faite [>ar 1 État a titre de première mise de petit équipement, et qui est de AO Ir. pour le soldat d’infanterie.

2® Plus tard, sur le produit d’une prime journalière d’entretien de la masse individuelle, qui, pour l’infanterie, est de 10 cen-

HYGIENE MII.ITAIIIE.

tiliios par liommo cL [)ai’ jour, c’osl-à-diro |)Our l’amiéc entière (le 36 Ir. 50 c. versc's an crédit dn compte ])arlicnlier ouvcid à la masse individuelle de clia([ue sous-ollicier ou soldat.

L’homme de troupe ne passe pus en réalité plus de six ans sous les drapeaux. La première mise de hO IV. ([ui lui est allouée en toute propriété , répartie entre ces six années , donne pour chacune d’elles 6 fr. 67 c., lesquels réunis aux 36 fr. 50 c. de la prime journalière d’entretien, font une dépense annuelle de A3 fr. 17 c. à la charge de l’Etat , pour ce service.

Chaque chemise, de honne toile de lil , coûte à peu près A fr.; le soldat en use rarement plus de deux par année.

La paire de souliers coûte 5 fr. 20 c. Ces chaussures sont confectionnées dans les ateliers du corps , au compte du maître cordonnier, qui emploie exclusivement des ouvriers militaires , et sous la surveillance du major et d’une commission composée de trois capitaines, qui procède d’ailleurs avec le plus grand soin à la réception de tous les elïèls de linge et chaussures entrant au magasin. Les souliers qui sont fournis au même prix par l’industrie privée , dans les places de passage , pour les besoins éventuels des hommes isolés, sont loin d’offrir les mêmes conditions de qualité et de durée.

Le fantassin n’use pas par an plus de deux paires de souliers provenant des ateliers régimentaires, et plus de deux ressemelages.

La paire de guêtres de cuir coûte à peu près 3 fr. 50 c.; la paire de guêtres de toile , 1 fr. 25 ; le caleçon de cretonne de coton , 1 fr. 75 c., etc.

Avec ces prix réduits , la somme allouée au soldat pour l’entretien de son petit équipement excède réellement ses dépenses. Après l’imputation qui lui est faite des dégradations survenues par sa négligence à ses effets d’habillement ou d’armement, et du montant des effets de linge et chaussure qui lui ont été distribués, on établit, à la fin du trimestre, le décompte de la masse individuelle de chaque homme , et tout ce qui excède la somme de AO fr., fixée pour le complot de cetle masse, lui est remis. Il est peu de soldats économes et soigneux de leuVs effets qui ne reçoivent 3 ou A fl’, lors du paiement de chaque décompte.

La somme qui forme l’avoir de la masse individuelle, à l’expiration du temps de service du soldat, reste sa propriété, et l’envoi lui en est fait après sa rentrée dans ses foyers.

L’habillement et la coiffure de l’homme de troupe lui sont

IIYGIÈ.NIÎ MIUTAIUK.

roiimis en naliire, ot l’oiUreticMi on csL payé au ooinple de la masse générale d’en l relien du régiment, qui reçoit à cet ell’et dos allocations spéciales.

Cctle masse supporte aussi la dépense du renouvellement des elléts d’habillement et de coilVure détériorés par des causes indépendantes de la négligence du soldat.

Sans entrer dans le détail du ])rix de chaque ellet ni dans le calcul de sa durée légale, nous dirons qu’en tenant compte de celte durée, l’habillement complet du fusilier d’infanterie coûte, par année, 29 fr. /lO c. La masse générale d’entretien paie, annuellement aussi, environ 80 c. pour les réparations ordinaires à faire à l’habillement et à la coilVure : c’est donc une somme totale de 30 fr. 20 c. à compter pour cette ])artie des dépenses.

L’admirable tenue de nos troupes s’obtient, on le voit, à bien peu de frais, et nous ne croyons pas qu'aucun tailleur civil consentît à fournir ses pratiques à pareil prix.

Parlons maintenant du logement.

L’homme de troupe occupe des batiments militaires qui resteraient vacants à son défaut; nous n’avons donc pas à en évaluer le loyer, qui ne ligure pas au budget; mais il convient de tenir compte des dépenses d’entretien qui sont spécialement applicables aux casernes d’infanterie, et, à défaut d’indications précises. à cet égard, nous ne nous écarterons pas beaucoup de la vérité en portant cette dépense à 3 fr. par bomme et par an.

Le loyer des lits militaires , payé à la compagnie propriétaire du mobilier, qui fait rebattre les matelas et blanchir les draps aux époques déterminées, monte, avec l’entretien des couchettes, à 6 fr. 89 c. par an. Le logement du soldat coûte donc annuellement 9 fr. 89 c.

Récapitulons :

La solde pour 3/|9 jours de santé est de

Le pain fourni pour le même nombre de jours

Le combustible pour cuisson des aliments et chauffage des chambres.

Les distributions des liquides

Le traitement a riiôpital pour 16 jours

La masse individuelle :

Portion annuelle de la première mise 6 67 )

Prime journalière d’entretien 36 50 )

L’habillement complet et son entretien

Le logement

Total

fr. c.

W\ llYGIKNlî MlUTAlKK,

11 nous l•('sLo à (‘\|»li(|ii(M’ r(Mii|)loi (|U(‘ r(*(;oiv(Mil lus londs de l'ordinaii‘(‘, et à résimu'r, d’une uimuèr(“ plus coiuidète, ce (jue coûte, eu délluilive, la lahle du soldat.

Dans chacpie coiupaguie, un caporal, désigné sous le litre de caporal d’ordinaire, est chargé d’adiuiuisli er l’argent alVecté à la nourriture et aux uieuues dé|)euses de la counuuuauté. Sa gestion est surveillée ])ar le lieutenant. Les achats sont laits journelleinent par lui, avec l’assistance de deux soldats changés à tour de rôle et en présence descpiels les fournisseurs sont payés.

Indépendamment des sommes ])rélevées sur la solde, l’ordinaire reçoit, sous le titre de produits additionnels, le versement des retenues faites sur le salaire des hommes qui travaillent en dehors du quartier et sur la solde des hommes punis ou absents irrégulièrement; il profite aussi du produit de la vente des os et des eaux grasses des cuisines, ou du bénéfice réalisé par l’échange des pièces d’argent contre du billon, là où cet échange est praticable.

L’ordinaire paye le prix du pain de soupe, de la viande, des légumes et des comestibles achetés; le blanchissage des chemises, à raison d’une par semaine pour chaque homme; le perruquier, qui fait la barbe aux soldats à raison de 10 centimes par homme et par mois ; plus une foule de menues dépenses.

Nous ne saurions mieux faire que de transcrire ci-après la récapitulation des recettes et des dépenses d’une compagnie de carabiniers d’infanterie légère, dont le livret d’ordinaire a été mis à notre disposition, et qui stationnait aux environs de Paris pendant le mois de juillet 1851.

Cette compagnie avait en caisse, au 1®' juillet 1851, un boni d’ordinaire de 50 fr. 53 c. provenant de ses économies. Les hommes versaient à l’ordinaire 3à centimes par jour : mais les produits additionnels étaient insignifiants. Les compagnies d’élite ont rarement des hommes punis ou en absence illégale.

Le nombre des hommes comptant à l’effectif a varié, pendant les trente et un jours du mois, de 73 à 78.

Le total des journées a été de 2,36/i, et le produit total du versement journalier de o/i centimes par homme a été de 803 96

L’indemnité de 3 centimes par homme pour l’eau-de-vie mêlée à

l’eau de boisson, qui a été versée ù l’ordinaire, a produit 70 92

Les autres versements additionnels se réduisent à h 65

Total des recettes 879 53

llYr.lÈNE MILII'AIKK.

Voici les dépenses :

715 kilogrammes de pain de soupe <i 28 ei à 29 cent, le kilogramme. 202 96

708 kilogrammes de viande à 60 cent, le kilogramme Zi2/i 80

L(5gumes verts, pour . 112 »

69 kilogrammes de sel à 20 cent 13 80

961 grammes de poivre 310

58 litres d’eau-de-vie à 80 et à 70 cent /|0 80

19 litres et demi de vin à ZiO cent, le litre 7 80

Dépense d’éclairage h l’huile 3 65

Blanchissage pour quatre semaines 32 «

Savon pour l’usage de la. compagnie 12 80

Perruquier 775

Cirage 15 25

Dépenses diverses 8 30

Total 885 01

La recette n’ayant été que de 879 53

11 a fallu prélever sur le boni précédent 5 /,8

La portion de ces dépenses qui se rapporte à la nourriture s’élève à 805 fr. 26 c., et donne, pour cliacune des 2,36/i journées, un peu plus des 3/j centimes versés sur la solde; mais la compagnie, riche d’un boni de 56 Cr. 53 c., a largement vécu et s’est même attribué, le 29 juillet, une distribution de 19 litres et demi ou 78 rations de vin. Les 3/i centimes, joints au 17 centimes que représente le pain de munition, élèvent à 51 centimes la dépense journalière de ces carabiniers pour leur nourriture; mais nous devons dire qu’il est peu de corps d’infanterie où elle monte à un j)areil taux.

La quantité de pain de soupe achetée a été de 302 grammes par jour et par homme, qui, joints aux 750 grammes de pain de munition, donnent un total de 1 kilogramme 52 grammes.

Les 708 kilogrammes de viande, divisés par le nombre des journées, qui est de 2,36Zi, donnent une consommation individuelle de 300 grammes par jour; elle n’est que de 250 grammes dans la plupart des corps.

Enfin, les 69 kilogrammes de sel, soumis au même calcul, font; par homme et par jour, 29 grammes, ce qui est prodigieux; car, a ce taux, la consommation annuelle de chaque homme serait de 10 kilogrammes 650 grammes, résultat qui dépasse toutes les évaluations.

Nous bornerons la ces appréciations et ces détails; ils démontrent à l’évidence quel judicieux emploi le département de la guerre

IlVniENR MlMTAIItE.

lait (lo rarp,'(Mil (‘onüé à son administi’alion ; oL (*n elVet, il sérail lacile (le prouver, en (lonmuit de seiid)lal)les expliealions sur eliaeuii des services, (pi’il esl impossil)le d’y aj)porler ])lus d’iiilelligence et (récouoinie.

Une conséquence, d’un très grand intérêt politique, pliilosoplii(jue et moral, résulte de tout ce que nous venons d’exposer : c’est que le soldat, libéré du service militaire, qui rentre dans la vie civile avec une instruction ac(piise sous les drajæaiix , dont l’étendue de son intelligence trace seule la limite, avec le respect des lois et de l’autorité qui les applique, avec le sentiment de sa dignité personnelle et des devoirs qu’elle lui impose (précieuses conquêtes de sa vie des camps), y rapporte aussi le besoin de la continuité d’un bien-être dont un trop grand nombre d’babitants de nos campagnes sont encore privés. Il y apporte, en outre, les habitudes d’ordre, de régularité, d’économie sans lesquelles ce bien-être n’aurait pu exister pour lui, à si peu de frais surtout, pendant sa carrière de soldat, et qui lui fourniront les moyens d’y pourvoir de nouveau.

Il y a là une cause permanente de progrès social, intellectuel et matériel, dont l’effet se produit d’une manière sensible jusque dans nos plus humbles villages, depuis l’existence du mode actuel de recrutement de nos troupes. C’est une heureuse et favorable compensation aux charges qu’entraîne le service militaire; nous croyons sincèrement que le pays y a plus gagné, en amélioration dans son état social, qu’il ne pourrait y avoir perdu, même en admettant les calculs exagérés des adversaires de l’armée.

L’hygiène des armées touche surtout à l’hygiène publique par la transmission possible de certaines maladies contagieuses au reste des populations, à la suite des grands mouvements des corps

armés.

L’histoire montre combien de fléaux pestilentiels différents ont été apportés à diverses époques par des troupes revenant de pays lointains. Et même en dehors de cette circonstance rare, on sent avec quelle déplorable facilité surviennent des épidémies meurtrières qui souvent prennent un caractère contagieux, au milieu déniasses d’hommes agglomérées sur un point circonscrit, quand les lois d’hygiène ne sont pas observées. L’encombrement est une source funeste qui a fait, dans les armées, plus de victimes que les guerres et les privations réunies ensemble.

Pendant la période de 18ZI3 àl8/i7, on a constaté cluupic annee

HYGIENE MILITAIHË,

à riiôpilal militaire (leVorsailles, une épidémie meurtrière de lièvre typlioïde sévissant vers le mois d’octobre, exclusivement ])armi les malades venant de la garnison de Saint-Cloud. Cette épidémie avait cela de remarquable, qu’elle se manifestait tous les ans,buil jours après l’arrivée du roi Louis-Philippe, et qu’elle disparaissait immédiatement après son départ de Saint-Cloud. La garnison, en temps ordinaire, se composait de h à 500 hommes et n’avait presque pas de malades. Dès que le roi arrivait, la garnison était portée à 1200. Les hommes étaient alors entassés dans des chambres étroites et mal aérées. Ce fait, ([uelque minime qu’il soit, est un exemple entre mille autres qui montre combien deviennent impérieuses les lois de l’hygiène sur une population soumise à l’inlluence délétère de l’encombrement.

INSTRUCTION DU CONSEIL DE SANTÉ DES ARMÉES, A l’eFFET DE GUIDER LES TROUPES DANS LA COMPOSITION DE LEUR RÉGIME ALIMENTAIRE (DU 5 MARS 1850).

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