‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 26 sur 58 · NAPOLÉON · texte numérisé non relu

NAPOLÉON

Par la grftce de Dieu et la volonté nationale, empereur des Français,

A tous présents et à venir, salut :

Vu l’ordonnance du fiaotlt 1819 , relative à l’embarquement des chirurgiens sur les navires du commerce et à la visite des coffres de médicaments et des caisses d’instruments de chirurgie dont ces navires doivent être pourvus ;

Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État au département de la marine et des colonies; le conseil d’amirauté entendu.

Avons décrété et décrétons ce qui suit :

Aiticlel . Les armateurs et capitaines de tout navire expédié pour des voyages de long cours, autres que ceux a destination des pèches de la baleine, du cachalot et de la morue, sont affranchis de l’obligation d’embarquer un chirurgien toutes les fois que l’équipage dudit navire ne dépassera pas trente hommes, les mousses non compris.

Art. 2. Dans aucun cas et quel que soit le nombre des hommes de l’équipage, les armateurs et capitaines des navires expédiés pour le long cours et la

pêche de la baleine et du cachalot ne seront tenus d’embarquer deux chirurgiens.

Art. 3. Sont maintenues toutes les dispositions actuellement en vigueur non contraires au présent décret, et notamment celles de l’ordonnance du à août 1819.

Pour les bâtiments du commerce qui n’embarquent pas de chirurgiens , une ordonnance royale du h août 1819 a prescrit 1 usage d inslructions rédigées par les soins éclairés des ofliciers de sanie de la marine, et qui constituent ce que l’on a appelé le chirurgien de papier, ulile et prévoyante mesure dont l’expérience a consticre les excellents résultats. Ces instructions, conçues dans un esprit éminemment pratique, sont dignes d’un véritable intérêt. INous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire, à titre d exemple , un extrait du guide le plus récent publié sous la dilection de notre savant et illustre collègue M. le docteur Quoy inspecteur general du service de santé de la marine.

Ces préceptes auront en môme temps l’avantage de compléter es details dans lesquels nous sommes entré, en posant les règles es plus sures de l hygiène navale dans l’une des stations les plus malsaines, celles de la côte occidentale d’Afrique.

recautions hygiéniques a prendre a la côte occidentale

nTGIENE NAVALE.

‘iÜ’2 nTGIÈNE NAVALE.

d’Afhiquk. — Il est (le principe (|ue, dans le,s pays malsains, on reii- ("üiilro toujours des localitc's (pii le sont à un d(‘gr('; extr('me, d’autres (pii le sont beaucoup moins. O.ci est particulièrement apjilicable à la c(^te d’Afri([ue et devra servir de règle pour le choix des lieux où l’on Icra stationner les é(juipages. L(;s cajiitaines devront faire connaître le résultat de leurs observations sur rinsalubrité dc^s divers mouillages et des rivières. 11 faut éviter, aulaut que possible, de mouiller ou de séjourner piès et sous le vent des lieux très marécageux, couverts de forêts ou de mangliers, et sur lesquels s’étendent, le soir, des brouillards (;pais et fétides. On devra se rappeler querinlluence des lieux malsains est généralement bornée et qu’il suffit bien souvent de s’éloigner de 2 ou 3 encablures d’une plage infecte pour en éviter les effets pernicieux. Souvent les navires du commerce mouillent trop près de terre et les hommes contractent, dans cette situation, de terribles maladies.

A la voile, en prolongeant la côte de très près, on ne permettra pas aux matelots de dormir en plein air, pendant la nuit; au mouillage, si la chaleur est insupportable dans les logements, on établira pour la nuit un taud bien fermé du coté de la terre et ouvert du côté du large. A l’ouverture de ce réduit, on placera, avec avantage, un réchaud dans lequel un feu sera entretenu toute la nuit. L’usage d’allumer des feux près des hahitations existe chez la plupart des peuplades noires; il a été imité par les Européens, et on le retrouve dans diverses colonies de la côte. Ces feux ont un autre hut et un autre résultat que d’attirer les noirs pendant la soirée : il faut y voir une pratique hygiéni([ue bien utile et (ju’on pourrait appliquer sur les hàtiments mouillés dans les rivières, ou près de terre, en pleine côte. Les tauds ou tentes sont souvent faits en permanence sur les navires de commerce, le jour et la nuit. Il est important, néanmoins, de profiter de la hrise du large pour relever les tentes du côté du vent et aérer le navire. Dans la matinée, on serrera, en partie au moins, les tentes, pour

que le pont sèche complètement.

On doit ne pas exposer les hommes au grand soleil et interrompre les travaux dans le gréement, de midi a quatre heures. Les corvées de chargement à terre, dans les marigots, dans les endroits insahihres, seront faites par des noirs; les hommes (le l’é([uipage seront plus particulièrement occupés aux travaux du hord. On se gardera de prolonger le travail pendant la soirée.

par suite de nécessité absolue, les lionnnes sont employés à une corvée de nuit, on aura à lutter contre la double inlluence du l'roid de la nuit et de l’air des marais si funeste alors. Pour cela, chacun sera muni de vêtements suiïisants et recevra un supplément de ration, surtout en vin , de préférence à l’eau-de-vie et au rhum. A la suite des corvées de nuit, on appliquera toujours le traitement préventif de la lièvre. Quelque agréables ou utiles que puissent être les promenades à terre, elles sont presque toujours l’occasion d’excès et de débauches ; mieux vaut ne pas laisser aller les hommes en permission.

Une sévère propreté doit être entretenue à bord. Le pont doit être lavé chaque matin et convenablement asséché, toutes les fois que l’état du ciel le permettra. On se dispensera des lavages dans les rivières bourbeuses dont les eaux introduites à bord deviendraient une cause certaine de maladies. La cale sera l’objet d’une surveillance attentive. Elle devra, au départ de France, être en parfait état de propreté : avant le chargement à la côte, elle sera débarrassée de toute impureté, les manches à vent y seront placées et on y entretiendra un feu, pendant une journée entière, afin d’en dissiper l’humidité et d’y renouveler totalement 1 air. On n’y placera pas de bois de chauffage provenant des marigots : ce bois sera arrimé dans la cbaloupe. On lavera et laissera sécher les bois de grandes dimensions, sortant des rivières et des marais, avant de les introduire dans la cale. C’est à l’embarquement fait avec négligence de bois de charpente, précédemment immergés dans les eaux de Sierra-Leone, qu’un navire anglais a dû d’être ravagé par une épidémie meurtrière. Les chargements faits pendant la mauvaise saison, et composés d’objets humides, récemment mouillés par la pluie, dévelo|)pent à bord une cause d infection équivalente et parfois supérieure à celle d’un marécage.

Le logement de l’équipage doit être d’une surveillance journalière de la part du capitaine ou du second. Avant le départ de brance, il sera parfaitement nettoyé, séché et blanchi à la chaux. Autant que possible, il sera évacué pendant le jour, pour (pi’il s’aère. Il ne sera jamais mouillé à grande eau ; des éponges ou des fiiuberts humectés sulïiront pour le nettoyage. Une manche à vent \ sera placée pendant le jour, toutes les fois que le temps le permettra. On pourra éviter l’encombrement ([ue cause la mancbe à vent en toile, en jierçant, devant ou à côté du |)anneau, une ou-

viM'luro cimilaire de 30 décimèlres de diaiiièlre. A celle ouverlurc s adapte un tuyau ou luaiicliou eu lùle, apjuiyé sur la bille ou sur le beaupré et long d’euvirou 1 mètre; l’extrémité supérieure de ce manclioii porte un pavillon évasé, coudé et moliile (pj’on oriente contre le vent de manière à en l'aciliter l’accès dans le poste. Si le logement a été mouillé, on y placera un récband allumé jusqu’à ce qu’il soit parlaitement sec Rien n’est jilus salutaire à bord des batiments, dans les climats chauds et bumides, que l’usage de ces réchauds qui ont pour effet de renouveler l’air et de le rendre plus respirable. Ne pas permettre aux hommes de se laver dans le poste, d’y introduire des vêtements mouillés, de placer ceux-ci dans les caissons. Les matelas et couvertures seront mis à l’air, au moins une fois la semaine, battus, exposés au soleil et rentrés avant la nuit. Les jours de repos, les colîres seront montés sur le pont et ouverts, afin que les effets s’aèrent et perdent la mauvaise odeur qu’ils contractent rapidement en bas.

Tous ces soins peuvent aussi bien s’appliquer aux logements de l’arrière qu’à ceux de l’avant.

Pour l’homme qui, comme le marin du commerce, se livre chaque jour aux plus rudes travaux, la propreté personnelle est, sous un climat malsain, non pas un luxe mais une nécessité absolue pour la conservation de la santé. L’homme malpropre ne nuit pas seulement à lui-même; il nuit à ceux qui l’entourent. Le capitaine se fera un devoir rigoureux d’exiger cette propreté personnelle. Chaque homme, tous les matins, se lavera le visage, le cou, les bras etles jambes, aussitôt qu’il sera monté sur le pont et avant de déjeuner. Il se rincera la bouche et tiendra cette partie dans un état de propreté recherchée; il évitera ainsi les maladies des gencives, la fétidité de l’haleine, et aidera puissamment à entretenir en bon état les fonctions digestives. Le soir, après le travail et avant le souper, surtout pendant les chargements et les déchargements , chacun se lavera les pieds et les mains et changera de linge pour passer la nuit, afin de ne pas garder sur le corps, pendant le sommeil, des vêlements imprégnés de sueur, de poussière et de malpropreté. On devra exiger que, dans les pays chauds, les marins changent de linge de corps au moins deux lofs la semaine, et l’on accordera le temps nécessaire pour les lavages du linge. Chaque homme doit être pourvu d’ell’els de toile et de laine, afin de pouvoir se vêtir selon la saison et selon la température. En général, il est nécessaire d’être vêlu de laine

pendant la nuit, dans le but de eond)atlre la lâcheuse inilueuce de riiumidité. Si les lioinnies passent la nuit sur le [)ont, ils doivent c'tre vOtus complétenient et recouverts d’une couverture de laine.

Aucun matelot ne s’embarquera sans matelas ni sans couvei- Lure de laine. Quand les hommes travaillent à terre, ils doivent Otre chaussés, surtout lorsqu’ils fréquentent les plages humides et les marais, llelativement à la tenue, celle des croiseurs à la côte d’Afrique peut servir de modèle. Le jour, gilet de llanelle exigé, chemise de toile de coton, et, par-dessus, chemise légère de laine bleue; pantalon de toile ou de drap suivant la saison. La nuit, même gilet sur la peau, chemises de coton et de laine de rechange, caban en molleton blanc très ample, permettant d’envelopper le corps, préservant du froid et résistant assez bien à la pluie.

Le régime alimentaire doit être l’objet de l’attention des armateurs et des capitaines; s’il maintient la santé, il assure le succès de 1 entreprise. L’eau de la côte est généralement mauvaise ou médiocre. Cependant, à Sierra-Leone, à l’île du Prince et dans

quelques autres points, elle est de bonne qualité. Les fûts en bois seront cbarbonnés à l’intérieur. Le charnier sera nettoyé fréquemment et débarrassé du limon qui s’y dépose. Si l’eau est fétide et contient des animaux, y plonger des tisons ou des charbons entlammés. Il faut aérer le charnier, battre l’eau et l’exposer au soleil avant de la livrer à la consommation. Elle peut être améliorée par l’addition d’une petite quantité de rhum ou d’eau-de-vie, a préférer au vinaigre. On sera sobre de boissons aqueuses, dont une grande quantité est nuisible, parce que l’eau est mauvaise par elle-même; parce qu’en arrivant tout à coup en abondance dans l’estomac, elle peut occasionner des accidents rapidement funestes, et enfin parce quelle provoque toujours des sueurs excessives sans calmer la soif. Quand on fera l’eau, rechercher les eaux qui sont exposées à l’air et au soleil, qui coulent sur un terrain ferme et caillouteux; éviter, malgré leur fraîcheur, celles qui coulent a l’ombre sur des herbages ou sur fond de vase. Autant (fue possible, régler la ration comme à bord des navires de guerre. L(^ déjeuner doit être fait au café ; cette iirescription est essentielle i a ce repas seulement, on donnera de l’eau-de-vie, aux deux autres’ du vin. Le plus souvent [lossible, on délivrera des pommes de terre on du poisson frais ]K)ur le dirier e( le soupn-. La nourriture des

20() IIVGIÈNIÎ NAVALK.

i'()Mvnlesc(Mils doil, assurée; avant le, déparl. A (*(‘l elîet, il devra être eml)ar(|ué un petit assortiment do eonservos composé de gelée de viandes (semhlahle à celle (jne l’on consomme à bord des navires de l’Ktat), de bœuf Ijonilli, de gelée de groseille, de (juel- (|ucs légumes, de lecnle de ri/, de pruneaux en boîtes.

NOMENCLATURE DES OBJETS, ALIMENTS ET MÉDICAMENTS DONT L’APPROVISIOI»- NEMENT EST NÉCESSAIRE POUR LES BATIMENTS DESTINÉS A NAVIGUER A LA CÔTE D’AFRIQUE.

Effets d’équipement. — Quelle que soit la composition du sac du matelot, les objets ci-après devront y être obligatoirement compris :

U chemises de toile de coton ; — 2 gilets de flanelle ; — 1 pantalon de drap ; — 1 paletot ; — 1 ceinture de laine ; — 1 long et ample caban en molleton ou drap épais; — 2 vareuses de laine bleue légère ; — 2 paires de bas de laine ; — 2 paires de souliers ; — 1 chapeau de paille tressée , dit de Malte ; — 1 brosse à dents.

Boissons. — L’approvisionnement, pour la campagne, se composera dans les proportions suivantes :

Vin 2/3 de rations.

Eau-de-vie 1/3 —

Café pour les déjeuners.

Aliments pour les malades. — On embarquera par homme :

Bouillons ou potages ^

Viandes préparées. — Conserves.

) Gelée de viandes 1 k. 000

Julienne au maigre 2

De mouton 6

De volaille 2

f Chocolat 0

t J’runes en boîtes 1

I Fécule de riz 1

i Tapioka 0

f Gelée de coing 0

\ Gelée de groseille 0

f Lait conservé par le procédé de

Assaisonnement M. deLignac. 1/2 lit. pouvant laiA 3 lit.

I Sucre lumps 2 k. 000

Aliments légers.

Médicaments. — Par homme :

Sulfate de quinine en paquets de 50 et de 25 centigrammes. . 0 k. 010

' ^ . 1 litro

Vin de quinquina ± imv,.

La dose est de 8 centilitres ou 80 grammes; il serait bon d’avoir un petit boujaron pour mesurer cette dose.

HYGIKNK NAYAIÆ.

N AV I l\ F

Pu 6

Il 12 liüinmc.<i. Pc l.> h 19 lioimmis,

.‘Sulfate de soude

Calomel en prises de 1 gramme et de 50 centigrammes

Poudre d’ipéca , en prises de 1 gramme et de 50 centigrammes

Dacine de ratanliia

Eau de fleurs d’oranger

1 lit. 500

Éther, en flacons de 30 grammes

Alcool de menthe

Pilules de Segond

IVo

Pilules d’aloès , calomel et savon

Bibliographie. — Traité des maladies des gens de mer, par Poissonnier Desperrières. Paris, 1780. — De morbis naviganiium , j)ar Rouppe. Lcyde, 1764. — Essai sur l'hygiène navale, par Pallois. Paris, 1801, in-8. — Précis d'hygiène navale, par Daolnii. Paris, 1827, in-8. — Médecine navale, par Forget. Paris, 1832. — Medicina nautictt, par TroUer. Londres, 1797. — Annales maritimes et coloniales; collection passim. — Essai sur les moyens de conserver la santé des gens de mer, par Lind. — Discours sur la santé des gens de mer, par Pringle. — Dictionnaire général d’administration, art. Maiiine, par F. Chassériau. Paris, 1849. — Mémoire sur les causes des maladies des marins et sur les soins à prendre pour conserver leur santé daris les ports et a la mer, par Keraudren. Paris, I82l\‘ — Dictionnaire des sciences médicales, art. Hydrographie miîdicale. Navigation, etc., par Keraudren. — De la nourriture des équipages et de l’amélioration des salaisons dans la marine française, par Keraudren {Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. I , par 303). — Le chirurgien de papier ou des soins d donner aux rnarins des navires du commerce sur lesquels il n’est pas embarqué de chirurgien, par Keraudren {Ibid., t. IX, p. 90 . — Influence de la pomme de terre sur la santé des équipages employés à la pèche de la baleine, par M. Roussel de Vauzème {Ibid., t. XI, p. 362). — Application du système des fosses inodores, au renouvellement de l’air dans la cale des vaisseaux, par Keraudren {Ibid., t. XII, p. 90). — Des propriétés du sublimé corrosif pour la conservation du bois , et des effets de cette préparation sur la santé des marins , par M. Keraudren {Mémoires de l’Académie de médecine, t. V).— De la ventilation des vaisseaux, par Anthony Meyler (Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XV, |). 265). — Observations on the diseases incident to seamen. Londres, 1799, in-8; et On the health of the navy , par Gilbert Diane {Médico-chirurgical transactions , t. VI). — De la nostalgie à bord des navires de guerre , par M. Jusiin Santi {Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XVI, p. 310). — De la distillation de l’eau de mer pour servir aux besoins des équipages, et du remplacement des caisses en fer employées d contenir l’eau sur les vaisseaux, par Keraudren {Ibid., t. XXIII, p. 135).

'Iraité de médecine légale et d’hygiène publique, par Fodéré. Paris, 1813, t. VI.

1 raité d hygiène , par Michel LOvy. — Principes d’ hygiène navale, par Delivet. Paris, 1808. — Moyens de conserver la santé aux équipages des vaisseaux, par Duhamel. Paris, 1759. — Corruption de l’air dans les vaisseaux, par Morogues {Mémoires des savants étrangers , publiés par l’Académie des sciences, 1. 1).— Enquête parlement aire sur la situation et l’ organisation des services de La marine militaire, ordonnée par la oi du .31 octobre 1849. Paris, 1851. — Statistical reports on the health of the navy. London ,1840 et 1841. — Études sur l’état sanitaire et la mortalité des armées de terre et de mer, par M. Boudin {Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XXXV, ji. 241). — Comparaison an the sickness , mort ality and prevailing diseases, among seamen and

20S IIYCIÜM' l’I’IlUOini.

souliers, par A.-M. Tullocli. I,()ikIoii, IH/i'l. — VeitliUilioii des navires, par M. l»oi- Sfuilk* (6’om7;/f.s rendus des séances de l’ Académie des sciences, l.XXI, décenibn* 1845).

— Mémoire sur la puiréfaelion des substances alimentaires et sur les eauses qui peuvent la produire, par M. Moride {Ibid-, octobre 185'J). — Chirurgie navale, par L. Saurel. Paris, 4853, iii-8. — Jlecherches d’hydrographie médicale, par Saurel. Montpellier, 1851. — Des coliques nerveuses endémiques des pays chauds , par Pou ssagrives {Archives générales de médecine, 1852). — A vis aux gens de mer, par Maiiron. Montpellier, 1786. — plan d'hygiène navale, par Berlnlns. — Maladies des Européens dans les pays chauds, par Tbévenol , 1840. — Hygiène des bâtiments sur le banc de Teri'c-Neuve , par Dauvin. — Manuel des gens de mer, par Pingrenon. 1780. — The influence of climats on lhe human constitution, by Robert Amstrongs. London, 1848.

— The sale of medicines with ivich merchant vessels are to be furnished, etc. London, 1841. — La médecine en mer, par Dutouquet. Paris, 1841.

llYGlÙBîE PEBIilÇlJE* — Si ce livre n’éttiit pas consacré tout entier à mettre en lumière l’importance de l’hygiène publique, il pourrait être utile d’en réunir ici les principaux éléments et de montrer sur quelles bases repose cette partie de la science. Mais n’ayant pas à répondre aux exigences d’un traité didactique, nous ne devons pas nous arrêter à des délinitions théoriques ou à des considérations générales qui nous éloigneraient également du but essentiellement pratique que nous poursuivons. Nous voulons seulement jeter un coup d’œil rapide sur les principes de l’hygiène publique, sur ses développements et sur sa constitution actuelle chez les peuples les plus avancés dans la civilisation.

C’est à l’origine même des sociétés que remontent, avec les premiers besoins, les premiers efforts destinés à protéger la santé publique. On comprend que ce soin devait nécessairement appartenir aux chefs, aux pasteurs des peuples, et que c’est dans les prescriptions de la loi civile ou religieuse qu’il faut chercher les préceptes tutélaires que l’expérience a consacrés. Sans vouloir reproduire ici les détails historiques tant de fois cités d’après Halle et Fodéré, nous rappellerons que l’antiquité biblique et païenne offre à cet égard les plus éclatants et les plus précieux témoignages.

M. Michel Lévy, dans la brillante introduction de son excelleiil Traité d’hygiène , a présenté sous un jour tout nouveau l’ensemble des dispositions hygiéniques qui sont consignées dans les livres de Moïse; « institutions qui, créées il y a plus de trois mille ans dans le désert de l’Arabie , ne peuvent être appréciées avec justesse sous l’optique de nos idées modernes et avec les mœurs de notre société occidentale. Une raison sublime vivilie toutes les parties de l’édifice mosaûpie ; mais toute raison n’opère

HYGIÈNE PUliLKJUE. 200

que sur le lerraiii où elle se trouve lixée et avec l’instrunieut que lui iburnil sou époque. Admirons la puissance avec laquelle le législateur hébreu embrasse tous les details de l’économie sociale et l’unité d’action qu’il y établit; tout converge vers la Divinité , tout émane d’elle : la maladie , la guérison , l’impureté ; la rédemption par le sacrifice et par l’holocauste. Au moyen de cette fabulation , le coben devient le gardien de la salubrité publique, l’bygiène a sa sanction dans la religion, et une multitude indocile sans cesse frémissante sous le joug, un peuple d’esclaves émancipés d’hier , et qui parfois se prend à regretter l’oignon d’Egypte, subit sans murmurer les rigueurs d’une discipline sanitaire qui s’étend jusque sur les détails secrets de la vie domestique. »

Rien n’est plus digne d’admiration, à coup sûr, que ces enseignements inspirés par un génie divin et imposés aux natures primitives. Mais il n’est pas moins intéressant de les voir tantôt fécondés par la civilisation, tantôt étouffés par la barbarie ou la misère, j)orter à travers les âges des fruits très différents. Les vestiges de la grandeur romaine portent la profonde empreinte d’une haute et constante sollicitude pour la santé publique. C’est surtout en ce qui toucbe la salubrité proprement dite, la voirie , la distribution et récoulement des eaux, les subsistances, que la législation sanitaire des Romains mérite d’ôtre encore aujourd’hui proposée en modèle et à bien des égards enviée par les modernes.

Nous ne nous arrêterons pas à suivre dans leurs phases diverses les institutions hygiéniques très insufïisantes et très incomplètes que l’on trouve éparses dans les recueils des édits et ordonnances de nos premiers rois, parmi lesquels il est impossible de ne pas citer les noms de Charlemagne, de Philippe-Auguste et de Jean le Bon. Il faut arriver jusqu’à la lin du xvii* siècle et jusqu’au grand roi pour trouver, dans la régénération de la police de Paris, la source d’un progrès réel de l’hygiène publique. A partir de cette époque, ainsi qu’on peut le voir dans l’histoire de l’administraUon de la police de Paris du savant M. Frégier, et dans l’intéressante notice publiée par M. ïrébuchet sur lalalubrité publique , l’iniluence salutaire que le progrès des sciences physiques exerça sur le bien-être des peuples alla toujours croissant. L administration s’entoura des lumières des savants dans les questions d’hygiène publique. La fondation de la Société

royale de médecine i>réi)arée par Turgot, mais qu’il ne lui fut nas n. ^

210 HYGIÈNE PURLIQUE.

(U)mi('! (lo roalisor, dcviiiL pour les magislrats do politauinc source abondante d’études cl de conseils (|ui l(‘s dirigèrent dans boaucou|) de circonstances dilliciles. Les médecins, jusqu’alors isolés et sans correspondant, trouvèrent un point de ralliement dans cette Société devenue depuis l’Académie de médecine, dont le grand notn do Vicq d’Azyr assura les débuts, et dont les Mémoires , publiés de 1776 à 1790, constituent encore aujourd’bui l’un des plus beaux monuments de la médecine publique. Enfin l’institution des Conseils de salubrité, dont nous avons déjà tracé l’iiistoire complète , est venue donner à l’bygiène publique la base solide qui lui manquait. Il reste, maintenant qu’elle est généralisée, à en obtenir le libre développement.

La France qui, grâce à l’impulsion libérale de son gouvernement, vient d’entrer dans cette voie féconde, y doit rencontre!des rivales parmi les grandes nations européennes- Nous ne voulons pas entreprendre ici un exposé des institutions hygiéniques que possèdent les différents peuples civilisés. Nous ne sommes pas à même de tracer ce tableau, qui aurait cependant un bien grand intérêt; mais nous ne pouvons nous empêcher de signaler la belle organisation de l’hygiène publique chez les principaux peuples de l’Europe. Il faut reconnaître que, pour quelques uns, les institutions médicales concourent beaucoup plus efficacement que chez nous à rendre facile la tutèle de la santé publique. Mais, pour les autres, c’est à l’initiative éclairée des gouvernements que sont dues les mesures qui sont destinées à protéger la vie et la santé des populations.

Nous voudrions pouvoir donner une idée de l’état actuel de. l’administration sanitaire en Angleterre. 11 n’y a pas bien longtemps que l’attention des pouvoirs publics s’est éveillée sur ces questions dans la Grande-Bretagne ; mais, comme il arrive pour tout chez ce peuple puissant, elles ont été formées avec cette activité et cette grandeur de vues qui laisse bien loin en arrière les tentatives anciennement faites ailleurs. Ainsi, depuis dix ans environ, des associations riches et puissantes, formées pour l’amélioration delà santé publique, ont étendu dans tout le royaume leur action bienfaisante. Les réformes quelles n’ont cessé de poursuivre ont abouti à ces vastes enquêtes gouvernementales qui ont fait pénétrer la lumière au plus profond des misères et des sources impures d’insalubrité que recèlent les grandes villes, les centres populeux et industriels de l’Angleterre. En même

tLMiips, une aclministralion spéciale, Regislers office, féconde en résullats importants, était fondée pour enregistrer tous les éléments d’une vaste statistique médicale. La sanction législative n’a pas fait défaut aux propositions émanées des commissions sanitaires, et l’on trouve parmi les lois anglaises un grand nombre de public heaUli act du plus haut intérêt. Mais l’institution la j)lus importante est celle du conseil général de santé. Le General hoard o[ heallh établi en 1848 présente à la fois la double autorité qui résulte d’une organisation très forte et d’une initiative presque sans limite. Le conseil a le droit d’envoyer un inspecteur dans toutes les villes où la mortalité est supérieure .à 23 sur 1000. Celui-ci annonce son arrivée un mois à l’avance et procède ensuite à une enquête à laquelle tous les citoyens sont invités à concourir. C’est d’après cette enquête que le general hoard prescrit les mesures provisoires qui sont ensuite soumises au parlement. De nombreuses et importantes publications attestent l’activité et les lumières de ce savant conseil.

La Belgique, depuis 1836 seulement, possède des conseils de salubrité qui, librement fondés d’abord parle corps médical, ont reçu dans ces derniers temps l’appui du gouvernement et se sont successivement étendus aux diverses provinces du royaume. Ces conseils ne diffèrent pas des nôtres, soit dans leurs principes, soit dans leurs attributions. On ne saurait trop louer l’initiative que la Belgique a prise en réunissant à Bruxelles, dans un Congrès général d’hygiène, les hommes qui s’occupent des questions sanitaires. L’appel de nos voisins a été entendu ; et , dans deux sessions déjà, un assez grand nombre de savants appartenant à presque toutes les contrées de l’Europe, sont venus discuter les principaux sujets qui intéressent la santé des peuples et recommander à l’attention des gouvernements d’importantes réformesqui ne peuvent manquer de produire dans l’avenir les meilleurs résultats.

Une patente royale de 18Zi7 a donné au royaume de Sardaigne de nouvelles institutions sanitaires qui comprennent l’organisation du conseil supérieur et des conseils provinciaux de santé, et règlent les attributions respectives de ces corps; elles sont presque les mêmes qu’en France. Des règlements et des instructions ont été successivement publiés par le conseil supérieur, relativement à l’exercice des dilïerentes branches de l’art de guérir et à la discipline et la surveillance du personnel sanitaire. Un projet de code sanitaire général a été rédigé dernièrement, par ce même

212 UYUtKNE mu.lyilE.

conseil, sur rinviliilion du ininislre de l’intérieur qui va le présenter au parleincnt dans la session })rocliaiti(;. Un rèf^denient pour organiser la vaccination est aussi tout prêt. L’Académie royale de médecine a présenté, depuis 1851, au ministère, un projet d’organisation pour assurer le services sanitaire communal, principalement pour les classes moins aisées, et |)onr améliorer la condition des médecins.

Sans entrer dans plus de détails, nous dirons qu’il n’est pas de ville importante, en Europe, qui nejmsscde actuellement des conseils de santé. En Orient même les progrès les plus satisfaisants se sont réalisés dans ces dernières années. L’empire turc présente, à cet égard, une organisation véritablement digne des plus grands éloges. La France, si dignement représentée, au sein du conseil supérieur de Constantinople, par notre éminent confrère M. le docteur Fauvel, peut revendiquer une grande part dans ces utiles réformes. L’initiative qu’elle a prise par l’institution des médecins sanitaires dans le Levant marque une ère nouvelle dans cette partie de l’hygiène publique. C’est tà elle, en effet, qu’il faut rapporter la gloire du grand acte qui a marqué l’année 1852 et qui ne saurait être oublié ici. .Nous voulons parler de la Conférence internationale qui, pour la première fois, a réuni dans des vues communes et au nom des intérêts sanitaires, les représentants de la science et de la diplomatie européennes. 11 y a dans ce concert si nouveau et si fécond le germe d’une véritable révolution de l’hygiène publique parmi les nations civilisées. Nous aurons occasion, en traitant du régime quarantenaire, d’exposer, d’une manière complète, cet intéressant sujet.

Nous ne devons pas omettre comme preuve de l’intérêt qui s’attache de plus en plus aux questions qui touchent à la santé des populations, un fait récent qui, dans un ordre différent, témoigne de cet intérêt. Il s’agit du prix fondé à l’Académie de médecine, par M. Nadau , pour le meilleur enseignement oral ou écrit des principes de l’hygiène à l’usage du peuple.

Mais ce qui mérite surtout d’être signalé hautement , c’est la tendance du gouvernement de notre pays à donner aux questions d’hygiène publique toute l’attention et l’appui qu’elles réclament. Des lois récentes que nous avons eu et que nous aurons encore [dus d’une occasion de citer, attestent cet esprit cà la fois si politique et si humain, et permettent de présager l’amélioration réelle des conditions de la vie du pauvre. Il nous resterait à résumer les

HYGIÈNE l’ITBLlQÜE.

principaux éléments dont se comj)ose l’iiygièiuî ]uil)li([ue, si, par les raisons que nous avons énoncées en commençant, nous ne nous étions interdit toute systématisation didaoti(|ue. Mais nous ne résistons pas au plaisir de citer, sur ce point, quelques belles paroles, dernier écho de la voix aimée et à jamais regrettable d Ibppolyte Royer-Collard. Dans le brillant programme trop incomplètement rempli de son cours en 18/18, il traçait de l’hygiène publique un admirable et saisissant tableau :

« Les lacultés spéciales qui appartiennent à rbomine, et qui jouent un si grand rôle dans son existence, établissent nécessairement entre lui et ses'semblables un double commerce d’ affection

et d’intelligence ; de là les différentes collections d’hommes, la famille, la maison, l’atelier, la ville, la nation, les institutions, enlin, dont celle-ci se compose, et qui, sous le point de vue qui nous occupe, peuvent être rapportées à trois chefs principaux : institutions industrielles, politiques et religieuses. Toute réunion ou collection d’individus forme un corps, une sorte d’unité vivante, laquelle a son hygiène, comme chaque individu a la sienne. C’est là ce qu’on est convenu de nommer ïhygiène publique.

» Dans l’histoire hygiénique des institutions industrielles viennent se ranger naturellement toutes les professions. L’hygiène s’occupe des professions sous un double rapport : 1° elle recherche quelle influence peut exercer sur la santé de ceux qui s’y livrent, leur mode d’existence tout artificiel, l’atmosphère dans laquelle ils vivent, le contact des divers objets, l’ordre, la mesure, le choix de leur alimentation, les exercices auxquels ils sont astreints, la durée de leur travail, le repos auquel ils se condamnent, etc. ; elle étudie le résultat que peut avoir pour la santé publique le développement même de leur industrie, les gaz, les poussières, les eaux qui proviennent de telle ou telle fabrique, les matériaux ou préparations qui en sortent et qui servent à la consommation générale. Dans toutes ces questions, l’hygiène publique n est véritablement qu’une extension et une application, qu une face particulière de l’hygiène privée. Une pratique quelconque est-elle inventee dans une industrie, les conditions hygiéniques changent aussitôt. Et combien ces changements ne sont-ils pas fréquents de nos jours, au milieu de ce mouvement rapide de toutes les industries, à peine nees d’hier, et déjà renouvelant la face du monde, grâce à 1 intervention des sciences physiques et chimiques dans leurs procédés!

21^1 IIYGIÉNK PUBUUIJK.

» Ime niitro division de l’Iiygiène |)ul)li(jiio se rapporte aux institutions politiques. D’nne part, tout ce cpn lient an gouvernement des nations; de l’antre, l’administration dans tons ses détails.

» Comparez entre elles les diverses formes de gouvernement : monarchie absolue ou tempérée par des lois fondamentales, aristocratie, démocratie, servage, esclavage; quelle différence dans la condition des hommes! Combien la santé publique en est modifiée! Il suffît, pour s’en convaincre, de consulter les tables de mortalité de notre pays, et de voir quels changements elles ont subis depuis 1789.

» Dans l’ordre administratif, les sujets de discussion et de recherche s’offrent aussi pour nous presque à l’infini. La police générale des villes, c’est-à-dire les soins de propreté, d’éclairage, la surveillance des halles et marchés, la vente des comestibles, les falsifications et sophistications des aliments et des boissons, les inhumations; la construction des rues, des places, des habitations, des égouts, des canaux; les établissements publics, les prisons, les hôpitaux, les hospices, les salles d’asile, les maisons d’aliénés, les secours de la charité, les dépôts de mendicité, la prostitution ; les institutions d’éducation publique, les écoles de sourds-muets, d’aveugles, etc. : tout cela est du ressort de l’hygiène publique. C’est elle qui prévient les épidémies ou réprime leurs progrès, au moyen des diverses mesures dont se compose la police sanitaire; c’est elle encore qui organise partout le service des vaccinations gratuites, et s’oppose ainsi au développement d’une affection terrible qui moissonnait les populations. Que de services ne rendelle point partout à l’humanité! Et cependant il lui reste tant à faire !

» Reste enfin la dernière section de l’hygiène publique, celle, qui s’occupe particulièrement des institutions religieuses etde leurs rapports avec la santé des hommes. Il est facile de concevoir comment l’idée religieuse, cette idée si puissante, qui saisit l’homme à son berceau, qui se mêle à sa vie entière et le suit jusqu’au tombeau, exerce par cela même un si grand empire sur son physique comme sur son moral. De même, les institutions religieuses pour les collections d’individus. Je pourrais ici accumuler les exemples; il me suffira de vous rappeler quelle a été l’influence religieuse du christianisme sur les sociétés humaines. Il faudrait fermer les yeux à l’évidence pour ne pas reconnaître que c’est la

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religion elirélieiiiie (jiii la première a aijoli l’esclavage, relevé 1 luimanilé dégradée, coiisliliié vérilalilement la famille, couvert l6 monde entier d’établissements charitables, et fondé partout, en fait comme en doctrine, ce que la politi([ue n’a jamais fondé qu’én paroles, c’est-à-dire la liberté, l’égalité et la fraternité parmi les hommes. A côté de ces bienfaits, l’hygiène étudie encore les abus qu’a môlés aux religions l’esprit humain, avec ses passions intéressées ou ses exagérations souvent dangereuses. A l’influence religieuse se rattache l’histoire hygiénique du mariage et du célibat, de la vie monastique, des jeûnes et macérations que l’homme s’est imposés dans des vues toutes spirituelles. Cette inlluence, enün, des institutions religieuses se rellète dans toutes les autpCs institutions sociales, et s’ajoute, comme cause hygiénique, à toutes celles que nous avons déjà indiquées.

» Je terminerai en vous proposant une dernière application de l’hygiène, bien digne assurément des méditations des hommes sérieux et éclairés, et qui doit aussi rentrer jusqu’à un certain point dans nos études.

» De même que chaque collection d’individus peut être considérée comme formant un corps étayant par conséquent son hygiène spéciale, de même l’humanité tout entière, envisagée dans son ensemble, représente aussi en quelque sorte un seul et même homme, qui vit, croît, avance toujours, et parcourt lentement et successivement, dans la série des siècles, les différentes phases d’un développement continuel et progressif. Cette idée, expliquée surtout vers la lin du dernier siècle par llerder, et commentée de nos jours par plusieurs écrivains, n’est cependant pas nouvelle. Voici ce que dit Pascal : « Non seulement chacun des hommes s’avance de jour en jour dans les sciences, mais tous les hommes ensemble y font un continuel progrès, à mesure que l’univers vieillit, parce que la même chose arrive dans la succession des hommes que dans les âges dilférenls d’un particulier; de sorte que toute la suite des hommes, dans le cours de tant de siècles, iloit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement. » L’humanité, c’est-àdire 1 espèce humaine, le genre humain, a donc, comme chaque homme en jiarliculier, ses âges divers, ses besoins divers, ses conditions d existence diverses. Elle ])asse graduellement de la vie sauvage, nomade, pastorale, à la vie commune et l'églée des sociétés anciennes et modernes. Dans chacun de ces états, son

HYGIENE lUJRAI-b,

liygiÎMio vîirio d’iiiio maiiièro nolabk;. Partie il’aliord d’uii point central, l’espèce liumaine se répand, connne les lleuves des montagnes, dans tontes les parties du globe, s’emparant peu à peu des trois règnes de la nature, changeant partout la face de la terre, et changeant ainsi en môme temps son genre de vie. »

Bibliographie. — On comprendra que nous ne puissions dresser ici une table détaillée des livres et publications diverses relatifs à l’iiygiéne publique, qui formeraient cependant le complément nécessaire de cet article. Sur chacune des questions traitées dans cet ouvrage, nous nous sommes clforcé de donner une indication bibliographique spéciale que nous ne pouvons reproduire. Mais nous ne devons pas nous dispenser de signaler ici les collections et les ouvrages généraux qui constituent en quelque sorte le fondement de toute étude concernant l’hygiène publique et la salubrité. Nous avons déjà, dans notre avant-propos, cité la collection des Annales d'hygiène publique et de médecine légale, fondée en 1829, et les Rapports imprimés des conseils de salubrité des départements de la Seine, du Nord, de la Gironde, des Bouches-du-Rhône, de la Loire- Inférieure , de la Seine-Inférieure, du Rhône , de l’Aube, de la Aleurthe, delà Nièvre, du Finistère, du Pas-de-Calais, etc. ; le Compte rendu des travaux du conseil central de salubrité de Bruxelles; la Collection ofjîcielle des ordonnances de police du département de la Seine. Ajoutons le Dictionnaire de l’administration. — Collection des admirables mémoires cZe Parent-Duchûtelet et de A' krcel.— Histoire de l’ administration de la police de Paris, par M. Frégier. Paris , 1850. — Traité de médecine légale de Fodéré. — Traité de la salubrité dans les grandes villes, par Montfalcon et de Polinière.

— Traité d'hygiène publique, par le docteur Chapel. Paris, 1852. — Hygiène publique, par Hallé (Dictionnaire des sciences médicales). — Police médicale, par Fodéré (Ibid.) — Dictionnaire de l’industrie. — Études sur l’hygiène publique en Belgique, par M. Bussy, — Traité d’hygiène, par Michel Lévy. Paris, 1850. — Traité d’hygiène générale, par Motard. Paris, 1841. — Annuaire de l’économie politique et de la statistique, par MM. Joseph Garnier et Guillaumin. — De la santé du peuple, par M. Lélut.

— Traité des travaux publics, par M, Husson. — Études d’hijyiène publique sur

l’Angleterre , par M. A. Ostrowski (Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XXXVII, p. 1). •

Annual report of the registrar general of births , deaihs and marriages in England. London. — Report of the commissioners for inquiring into the stat of large towns and populeuses districts. London, IShli.—Return General board of health. London, juillet 1851. — System einer vollstœndigen medicinischen Polizei, par J. -P. Franck. Manheim, 1779-1819, 12 vol. in-8. — Dictionnaire de médecine publique en Prusse, par Valentin»

— Annales de médecine publique en Allemagne ; diverses collections de Kopp, de Henke, de Scherf, de Schneider. — Répertoria de hygiene publica y medicina legal , publié à Madrid par le docteur Alvarez Chamoiro, 1853. — Island undersogl fra et begevidens kabeligt Inspunkt (Enquête sur la condition sanitaire de l’Islande), par le docteur Schleisner. Copenhague, 1849.

HITOIÈIVE RURAliE. — La population agricole, qui constitue à elle seule les deux tiers du peuple français, était encore, jusqu’à ces temps derniers, complètement soustraite à l’action bienfaisante des lois de l’hygiène publique ; et tandis que, depuis nombre d’années, le sort des habitants des villes s’améliore chaque jour, la situation du peuple des campagnes était restée stationnaire, sous le rapport de l’hygiène. Chez cette classe d’hommes,

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