‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 28 sur 58 · IDIOTS · texte numérisé non relu

IDIOTS

Iridiés. (iO fnit déplorable dans ses conséquences médiates, au point de vue de la richesse et de Taveinr dn pays, ne peut être combattu qn’en s’occupant davantage et avec pins de sollicitude des ])opnlations agricoles, alin de les retenir par tons les moyens possibles an service de ragricnltnre, d’où découle tonte la richesse et la force d’une nation.

Voij. Acclimatement, Conseils d’hygiène et de salubrité. Défrichement, Engrais, Goître et Crétinisme, Marais, etc.

Bihiiographie. — Dictionnaire de l’iiidiislric ^ t. IV, p. 331; t. VI, p. 418; l VII, p. 528; t. IX, p. 691. — Observations sur la situation hygiénique de l’arrondissement de Civray, par M. le doclcur Ma'apert. Civray, 1850. — Hygiène rurede, par M. Lcprévût, vd'lérinairc. — Hygiène rurale, lettre de M. Leblond fds ù M. de Bois-Lévfiqiie sur les dangers de l’amoncellement dans les habitations rurales. — De l'assistance publique et médicale dans les campagnes , par Reveillé-Parise. Paris, 1850. — De la nécessité d’améliorer le sort des indigents des campagnes , par le docteur Cliarpentirr, de Valenciennes. —Des progrès alarmants de lu mortalité dans le département de Lotet-Garonne, par le docteur Bourbousse de Laffoic. Agen, 1847. — Influence du morcellement de la propriété sur l’agriculture , parM. Bouebardat , 1847. — Catéchisme d’ hygiène ù l’usage des enfants, par les docteurs Pilât et Gosselet. Lille, 1850. — Conseils hygiéniques aux cultivateurs , par un maire de campagne (M. Couvercliel). Paris , 1849. Quelques considérations sur l’hygiène du peuple des campagnes , par Amussal. — Conseils hygiéniques aux cultivateurs , par Bomy (Ibèses de Paris). 1849.

De l hygiene des campagnes , par Louis Laurent Cbenenaille (thèses de Paris). 1850. — Rapport sur les travaux du conseil central de salubrité du département du Nord, 1851. Rapport général des travaux des conseils d’hygiène et de salubrité des trois arrondissements des Rouehes-du-Rliônc , de 1848r< 1851. — Rapport général sur les travaux du conseil d’hygiène et de salubrité du département de la Meurt he, de 1850 « 1851. Recueil des principaux travau.v du con.<<eil de salubrité du département de

l Aube , 1835. — Hygiene des villes et des campagnes , par E. Tborel. Paris, 1853.

Hygiène du corps et de l’âme, ou Conseils sur ladirection physique et morale de la vie, adressés aux ouvriers des villes et des campagnes, pur Max. Simon. Paris, 1853. — Les paysans français eonsidérés sous le rapport historicfuc, économique, agricole médical et administratif, par A. et IL Combes. Paris, 1853, in-8. ’

IITGlî:i\ F. TÉTFKi:VAlK K

Votj. Vétérinaire.

iDlOTii». La question de l’éducabilité des idiots est résolue aujourd Imi au point de vue de la possibilité. Quant à la méthode elle pourra sans doute être perfectionnée encore : cependant nous devons exposer ici quelque chose des jiremières tentatives faites par M. Seguin a Hicôtre, et qui ont été l’origine de l’école actuelle

instituée dans cet hospice, au bénéfice de ces êtres déshérités de la nature.

Grâce à ces tentatives, les idiots cesseront d’être une charce repoussante et dangereuse pour la société : la faiblesse de leur intelligence et la dépravation de leurs instincts, développées ou

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(liligoos, pt'nnuüroiiL môme fjiielqiiolois de lesralliicher au monde. A cet égard, 1 éducalioM des idiots intéresse l’iivgicne nublinue et la police médicale.

Par la gymiiastiipie proprement dite, et dirigée convenablement, on lorlilie le système mnscnlairo; par une excitation mécanique, on exerce les muscles volontaires des rncmlires, du tronc et (b- la face, pai les dum—hclls et le balancier, on régularise les forces des deux moitiés du corps, d’où naît l’équilibre dans la station , la mai elle , etc.) par la gymnasticjuc des sens, on met le sujet en communication précise et rapide avec lui-rnôme et avec les pbénomènes extérieurs; on fait plus : on le prédispose à la vie intellectuelle par l’étude des notions, et les notions conduisent aux idées concrètes; par la parole, l’écriture et la lecture, on fait entrer le sujet dans le champ des abstractions, où les nombres lui donnent le sentiment des rapports qu’il devra établir avec ses semblables.

Beaucoup d’enfants abandonnés comme idiots peuvent être conduits jusque-hà; mais nul doute aussi qu’un certain nombre d’entre eux ne puisse jamais franchir la distance qui sépare les notions des idées, ou les idées concrètes des idées abstraites. Il en est même un petit nombre sur lesquels l’éducation ne pourra guère ! modifier que les habitudes les plus repoussantes, puisque ce sont ceux dont l’idiotisme est compliqué d’épilepsie, de paralysie, de rachitisme, de scrofules, et de toutes les maladies chroniques sur lesquelles la médecine elle-même a peu d’açtion.

Nous devons nous contenter ici de ce court aperçu, en renvoyant, pour les généralités qui se rapportent à ce sujet, à notre article Aliénés.

Bibliographie. — Des maladies mentales, par E. Esqiiirol. Paris, 1838, t. II, p. 283 à 397. — De l’idiotie chez, les enfants, par F. Voisin. Paris, 18i3, in-8. — Essai sur l’idiotie, par Belhomme. Paris, 1843. — Traitement moral, hygiénique et éducation des idiots. Paris, 1840, in-12.

liniTlOtlMlCES. — Voy. BouES , Nettoiement, Voiries.

IBtCEKMIE. — L’incendie est une des calamités les plus terribles qui puissent menacer les agglomérations d’hommes; aussi l’a-t-on rangé par les lois au nombre des lléaux calamiteux, et, comme tel, il se trouve, pour les mesures dont il est l’objet, en j dehors du droit commun. En elîet, dans le cas d’incendie, il n’y j a pas de règle générale préétablie que l’on puisse appliquer : ou

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ne peut tracer à rnutorité les mesures qu’elle doit prendre, soit pour prévenir ces désastres, soit pour les arrêter; elle a, à cet égard, un pouvoir discrétionnaire qu’elle exerce , comme bon lui semble, sous sa responsabilité personnelle; c’est à elle à jirendre conseil des circonstances , de l’intensité du mal, et à prescrire toutes les mesures qu’elle juge utiles dans VinlérH de tous. Aussi les lois de 1790 et de 1791 cbargent-elles d’une manière spéciale les corps municipaux du soin de prendre les mesures nécessaires pour prévenir les incendies, et ces principes se trouvent reproduits dans l’arrêté du gouvernement du 12 messidor an VIII, qui lixe les attributions du préfet de police. Ce texte est le seul qui ait parlé des incendies en termes généraux, et c’est sur lui que l’autorité municipale appuie les réglements qu’elle juge utile de publier dans l’intérêt des administrés.

Ces réglements varient suivant les lieux et suivant les industries pour lesquels ils sont promulgués. Sous ee rapport, les conseils de salubrité, et particulièrement celui de Paris, ont rendu de grands services à l’industrie par l’indication de nouveaux procédés propres à rendre les chances d’incendie moins fréquentes dans quelques usines.

Voici la statistique des incendies et des feux de cbeminces qui , dans le premier semestre de 1853 , ont eu lieu à Paris et ont nécessité l’intervention des sapeurs-pompiers ; en janvier, 31 incendies, 125 feux de cheminée; février, /i3 incendies, 172 feux; mars, 2à incendies, 199 feux; avril, 10 incendies, 120 feux; mai, 10 incendies, 6h feux; juin, 16 incendies, 31 feux. — Total, l/i5 incendies, 711 feux. En tout, 856 incendies et feux de cheminée.

Les elfets désastreux des incendies sont trop connus pour que nous ayons à en faire le tableau ; nous nous appliquerons à réunir dans cet article : 1« un exposé des causes des incendies spontanés ; 2° les moyens à employer pour combattre les progrès de ce terrible fléau; 3° enlin les secours utiles à ceux qui s’y trouvent exposés.

Les leux les plus fréquents, observés dans les grandes villes, sont ceux qui se développent dans les tuyaux de cheminée par 1 accumulation de la suie, provenant de l’absence de ramonage. Nous n insisterons pas sur ces incendies; nous nous bornerons à renvoyer, à propos de la construction des cheminées, comme moyen , de prévenir ces accidents, aux articles Cheminées et Habitations.

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A. On sait (jiic le Irolleiiiciit osL une cause [luissanle du développeiHonl. du calori(pie. Hue suite il’expéidences ont été faites à ce sujet. Ou a vu (pie celte jiroductiou de clialeur |)Ouvait douuer lieu a des incendies spontanés, mais (jue l’inllainination dépendait liarticulièrement des corjis ipii subissaient le frottement. En elfet, si le Irottement a lieu entre des corps combustibles, du bois par exemple, la chaleur produite jiourra être sidlisante pour déterminer la combustion de ces corps; mais si ceux-ci ne sont pas combustibles, ils peuvent s’écbaunér et communifpier aux corps voisins une température sullisante pour déterminer rincendic. Aussi, dans les grandes et puissantes machines industrielles où il y a beaucoup de Irottements, on prévient l’écbaulïement en dirigeant continuellement un courant d’eau froide sur les surfaces (|ui subissent ces frottements. Dans les maidiines ordinaires, dans les voitures, on détruit une partie de la chaleur en enduisant les parties frottantes avec des matières grasses, en même temps qu’on atténue la rudesse des frottements. Néanmoins, on a de fréquents exemples d’inflammations spontanées, résultant d’une rotation trop rapide des roues sur les essieux des voitures. La plupart des incendies déterminés par les allumettes chimiques sont dûs au frottement.

Les rayons solaires peuvent, dans certaines circonstances données, provoquer des incendies. On cite l’exemple d’un incendie développé par un morceau de bouteille, qui fit l’effet d’un verre grossissant sur un tas de paille. Parfois, dans les vitres des croisées, il se rencontre des défauts qui sont suflisants pour dévier les rayons solaires et déterminer la combustion des corps qui se trouvent au lieu de leur foyer. En juillet 18ZI0, la salle d’artifice de la direction d’artillerie de Grenoble, située sous le rocher de la Porte de France, sauta à cinq heures et demie du soir. On n’expliqua cet événement que par l’eflét du soleil qui, agissant sur une vitre de croisée comme sur un verre lenticulaire, avait enflammé une des pièces d’artifice chargées de poudre. Enfin , il existe (Passez nombreux exemples d’incendies provoqués par faction analogue d’un globe de verre contenant de l’eau, et qui remplit également l’oflice d’une lentille dans les mêmes conditions. La destruction du palais de la duchesse d’Abrantès est un des exemples remarquables de ce genre d’incendie spontané.

Certains corps non combustibles, rapprochés d’autres matériau.x, peuvent provoquer la combustion.

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La cliaiix vive est siiscepUblo, par exemple, de (lélermiiier des inllammalions spontanées : ainsi on a constaté (|ii’iin incendie avait pris naissance, parce que l’on avait déposé des tonneaux de chaux vive dans une grange au-dessus de laquelle était une écurie; de l’urine provenant des chevaux avait humecté la chaux, qui avait acquis une telle chaleur, qu’elle avait donné lieu à l’inccndie qu s’était communiqué à des feuilles sèches qui se trouvaient dans la grange. Des copeaux de fer réunis en grande quantité peuvent donner lieu à une inflammation spontanée; sans doute, comme le pense M. Chevallier, par suite de l’oxydation du fer. L’arsenic métallique, mêlé à des substances étrangères, et connu dans le commerce sous les noms de cobalt, de mort-aux-mouches , est également capable de s’enflammer lorsqu’il est réduit à l’étatpulvérulenf. Le charbon de bois en morceaux a été cause d’un grand nombre d incendies spontanés; il en est de môme pour le charbon pulvérisé et celui connu sous le nom de noir de fumée, qui n’est qu’une poussière de charbon très ténue. Cette combustion paraît résulter de 1 absorption plus ou moins lente des gaz par le charbon, qui, en les solidifiant, fait abandonner leur grande quantité de calorique dont le charbon est mauvais conducteur. Les charbons de terre et de tourbe peuvent également donner lieu par le môme phénomène à des incendies spontanés, surtout lorsque ces combustibles sont entassés et exposés ù. la continuité des pluies. On a signalé les pyrites ou sulfures métalliques qui se trouvent abondamment dans la nature, comme pouvant dégager une grande quantité de calorique lorsqu’elles sont réunies en masse considérable.

Les matières végétales et animales entassées et humides sont fréquemment la cause d’incendies spontanés.

On sait, en effet, que le foin, la paille, l’avoine, les regains humides , entassés dans les granges ou mis en meules , sont souvent dévorés par l’incendie. Ce fléau dévaste des communes, ruine un grand nombre d’agriculteurs, et fait supposer facilement des cas d’incendies allumés par la malveillance. Des savants et des agronomes habiles ont signalé la cause de ces inflammations spontanées et les précautions qui doivent ôtre prises poulies prévenir; mais la négligence ou l’insouciance des cultivateurs donnent encore lieu a un grand nombre d’incendies dus à ces causes. La négligence et la routine paralysent les effets qui résu teraient de la mise en pratique des conseils donnés aux ao-ricu teins. Nous ne pouvons que renouveler ici le vœu que l’admi-

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nislralioii, i)our faiio cesser un U^l élal de choses, conseille on ordonne nu"^inc au besoin des mesures de précaulions ])roj)res à empôclicr que de pareils accidents puissent se renouvelci’. Peutôtre CCS tentatives auraient-elles un bon résultat, er» cinpôcbant, non seulement la ruine de ragriculteur ignorant, mais encore celle . de ses voisins. Quand bien niûnic ces mesures n’auraient d’autre avantage que de prévenir les soupçons ([ui souvent frappent des innocents, elles auraient déjà rendu un service signalé.

La larine est susceptible, lors({u’elle est entassée humide, de s’enllammer. Il en est de même du fumier amoncelé en plein champ. Les feuilles tombées des arbres et amassées en grands tas ont pu assez souvent éprouver une fermentation capable de devenir l’occasion d’un incendie. Pareil t-Ducbàtelet a fait remarquer l’énorme élévation de température qui se produit dans les amas de poudrette.

Différents tissus de laine, de coton, lorsqu’ils sont enduits d’huile et entassés, peuvent déterminer des incendies spontanés. En 1780 et 1781 on en observa, en Piussic, sur du chanvre imbibé d’huile de chènevis ; à cette époque, des expériences, très importantes par les résultats qu’on obtint, furent entreprises. Dans ces expériences , il fut démontré qu’un mélange à diverses doses d’huile et de noir de fumée pouvait prendre feu spontanément avec la plus grande facilité. On sait d’ailleurs que les laines, quel que soit leur état de fabrication, si elles sont graissées et mises en tas, sont susceptibles de s’entlammer d’une manière spontanée. M. Carette, pharmacien à Lille, a rapporté que des enfants avaient fait une balle de vieille laine filée, qu’ils avaient huilée dans le but de la rendre plus élastique ; ils l’avaient ensuite fortement ficelée, puis recouverte d’une peau. Cette balle, très dure d’abord, perdit de sa dureté en peu de temps, si bien qu’on aurait pu penser qu’elle était pleine de cendre ou de son ; jetée sur la pierre elle se brisa, et ne fournit qu’une poussière noire et charbonneuse, dans laquelle on ne retrouva pas le moindre indice de laine et de ficelle ; il y avait eu une carbonisation, mais non inilamination. En général, les tissus de laine appelés serges ont besoin de subir le dégraissage pour prévenir leur facile combustion spontanée. M. Montel, de l’Académie de Montpellier, qui étudia cette question, apprit de manufacturiers eux-mémes : (|ue les accidents d’inflammation spontanée ne se manifestent (|uc pendant l’été, et jamais l’biver; qu’ils ne se manifestent que par l’entassement et l’échaufiémenl

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desétoiïüs; (jiie ccs iullamnialions no se inanifeslciiL plus lorsque les laines sont dégraissées.

Les toiles imprégnées d’huile, dites loiles à prélart, et qui sont faites de très gros lîl d’étoupes mouillées, puis imprimées d’un coté seulement avec de l’ocre rouge hroyée à l’huile, peuvent s’enflammer spontanément.

L’incendie qui se déclara à Rochefort en 1756, en commençant par la voilerie, a été attriJ)ué à l’inflammation spontanée de prélarls nouvellement peints qu’on avait serrés dans cet endroit quelque temps avant que le feu s’y déclarât.

Rartholdi dit que les gaz hydrogènes phosphorés et sulfurés peuvent occasionner des inflammations spontanées. Il est probable que le gaz hydrogène phosphoré , qui s’enflamme au contact de 1 air, peut donner lieu, dans quelques cas, à des incendies; mais d après M. Chevallier, l’hydrogène sulfuré et l’hydrogène carboné ont besoin d’étre mis en contact avec un corps en ignition pour s enflammer et brûler. Quant au gaz hydrogène phosphoré qui se dégage dans certaines circonstances des lieux où l’on a enfoui des matières animales, qui s’échappe par des fissures et se répand dans 1 atmosphère en brûlant et formant les feux dits fexix follets, on est en droit de se demander s’il oflrc toujours la même composition. Cela est diflicile à admettre d’après l’auteur que nous venons de citer, et qui fit des expériences nombreuses sur la composition et les effets de ce gaz. Toujours est-il qu’on rencontre dans les auteurs un nombre considérable d’incendies provoqués par des gaz qui s ecbappaient du sol, et cela sur des points très différents du globe.

Les gaz qui sont susceptibles de s’enflammer par le contact d’un corps en ignition, comme le gaz hydrogène sulfuré et carboné, sont fréquemment rencontrés dans une foule de lieux; ils peuvent, de même que le gaz hydrogène phosphoré, se former dans le sol et s’échapper par les fissures. L’iiydrogène sulfuré se produit en grande quantité dans les latrines, où il a souvent donné lieu à des accidents tels que l’asphyxie et des détonations, etc. Ce gaz des latrines peut donner lieu à des explosions terribles, comme il en existe des exemples, lorsque par imprudence on vient à projeter quelque corps enflammé au milieu de la couche d’air où il se trouve en sulïisante quantité.

Après avoir^ donné, d’une façon bien incomplète, sans doute, cette espèce d énumération des causes les plus connues des incen-

INCIîNDIK.

(lies sponlnnos, nous (‘poyoïis dovoir ajouter une liste des suhstanees l)remières suseeptibles de ces sortes d(‘ eoml)ustions, <|ue nous eiu|)i unteioiis, avec, la ])Iupart des details ([uc contient cet article au mcinoire de IM. Chevallier. ’

Les malicrcs diverses qui peuvent s’enflammer spontanément sont : 1° le ])lé mis en las humide; 2» le calé moulu ; 3o le malt; l\° la chicorée torrétiéc; 5o le seigle torréfié; 0° les cendres de tourhe mises en tas; 7« les os recouverts de noir animal ohtenu par revivification; 8° le cacao torréfié et mis en tas; 9° le linge repassé, serré chaud en grande quantité; 10'’ la sciure de hois humide; 11« les farines de graminées et de légumineuses; 12° les vieux cordages entassés; 13° les tourteaux de lin; l/|o les mélanges d’herhes qui ont bouilli avec des matières grasses et qui retiennent de ces matières; 15o le tabac en tonneaux; 16« le bois pourri ; 17° les acides sulfurique et nitrique en contact avec des matières combustibles, de la paille, de la laine, des huiles essentielles; 18» les briquets phosplioriques préparés avec le phosphore et la magnésie; 19° les diverses espèces de pyrophores.

B, Lorsque le feu se manifeste dans une cheminée, si elle est munie intérieurement d une trappe, on doit s’empresser de la baisser pour intercepter la communication de l’air : ce moyen suffit, dans beaucoup de cas, pour arrêter l’incendie ; mais si l’ouverture antérieure ne peut être close de cette manière, il faut pourvoir au moyen d’y parvenir. Pour cela, on retire de l’àtre tout le feu qui s y trouve. On étalé sur l’ouverture un drap mouillé, que 1 on maintient sur la tablette à l’aide de corps pesants, et I on assure la fermeture en y appliquant une planche, une table ou tout autre corps de forme analogue et d’une grandeur convenable ; sans cette précaution les ouvertures que laisse le drap permettent a Pair de passer et d’activer l’incendie, et le courant produit est si violent, que le drap peut être entraîné dans l’intérieur de la cheminée. La combustion ne peut se produire sans air : en empêchant le courant ascensionnel , l’acide carbonique formé et l’azote provenant de la portion d’air décomposé remplissent sufïisamment la capacité de la cheminée pour ne pas permettre aux matières enflammées de continuer à brider. Ce fait explique très bien ce qui se passe dans l’emploi du soufre ; si, au lieu d’enlever le feu de l’àtre, on l’y étale, et qu’on projette dessus 1 kilogramme de soufre, en fermant aussitôt la partie antérieure, le soufre brûle,

l.NCtNDllî.

absorbe l’oxygène, en formant du gaz sulfureux qui éteint les corps en combustion. Ce moyen, essayé un grand nombre de fois, a fourni de très bons résultats, mais il faut f[u’il soit, comme le premier, appliqué dès l’origine de l’incendie ; plus tard il ne produit presque plus d’elïet. Dans tous les cas il est important de clore le plus exactement possible toutes les ouvertures qui peuvent donner lieu à un courant d’air. Quand l’incendie est très intense et qu’il est urgent de détacher toute la suie enllammée, on place un drap mouillé sur l’ouverture de la cheminée, de manière qu’il pende tout autour; on l’assujettit sur la tablette, et le saisissant au milieu avec la main, on l’enfonce profondément, et on le retire avec vivacité : cette espèce de pompe aspirante fait tomber une grande quantité de matières en combustion, que l’on extrait du foyer, et l’on recommence ainsi autant de fois qu’il en est besoin.

L’introduction de l’eau par la partie supérieure devient souvent nécessaire; on la pratique sur l’orifice même ou par une ouverture que l’on pratique sur l’une des parois.

Lorsque l’importance de l’incendie exige l’emploi des pompes, les hommes exercés au genre de manœuvres qu’elles nécessitent sont devenus presque indispensables; cependant, lorsque, dans une fabrique, parexemj)le, on est pourvu de moyens convenables, des secours suffisants peuvent être administrés par le moyen do petites pompes. Nous pensons qu’il sera utile de faire connaître brièvement ici les divers appareils et moyens nécessaires pour les secours à porter dans les incendies, en nous bornant à ceux dont l’expérience a sanctionné l’emploi.

Les moyens de transport de l’eau sont un des objets les plus importants. Les tonneaux employés tà Paris renferment 3 hectolitres ; ils sont montés de manière que leur centre de gravité soit placé au-dessous de la ligne des brancards : par ce moyen, les liommes qui les traînent, très souvent à grande vitesse, n’ont autre chose à faire que d’exercer une traction, sans supporter aucune charge. Sur les brancards, on place une quantité considérable de seaux pour le transport de l’eau, dont la nécessité se fait presque toujours sentir dans tous les lieux où se développe un incendie. Les seaux lormes d un tissu de cordes de chanvi'e sont les meilleurs, a cause de leur légèreté et parce (pi’ils |)euvent se plier en les allaissant sur eux-mêmes ; on on place facileiiKMit un grand nombre sur un tonneau. La llexion de leurs anses permet de dé-

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verser une. moindre quiinlité de l’euu que 1 on transporte en faisant la cliaîne.

Lorsqu il est nécessaire de faire parvenir de l’eau sur des parties élevées d’un édilice, ou d’inonder des murs ou d’autres portions de constructions, pour éviter la propagation de l’incendie, il est nécessaire de faire usage d’une pompe d’une manœuvre Licile et sujette a peu d’avaries. On ne peut mieux faire ([ue de conseiller de se munir de pompes exécutées sur le modèle de celles que l’administration de Paris emploie depuis longtemps.

Leurs boyaux de cuir sont munis, à leurs extrémités, d’un j)as de vis extérieur, et à l’autre d’un pas intérieur qui s’ajuste facilement et avee rapidité. Tous ces pas de vis sont semblables, et, dans la capitale, ils sont les mêmes que ceux des bornes-fontaines dont on peut tirer un prompt résultat quand il s’en trouve à proximité du lieu où l’on doit porter du secours. En outre, cîiaque pompe à incendie est munie de la clef de bornes-fontaines et de celle du robinet d’eau , moyen très important pour accélérer la distribution des secours.

On a proposé à plusieurs reprises de se servir, pour éteindre les incendies, d’eau tenant en suspension ou en dissolution diverses substances destinées à diminuer ou à anéantir la combustion, en s’appliquant à la surface des corps incendiés ou exposés à s’enflammer. Malgré quelques résultats qui ont semblé présenter des chances de succès, on n’a réellement obtenu aucun résultat positif, et ces moyens, en les supposant bons, n’auraient jamais qu’une application extrêmement restreinte, parce que, au moment d’un incendie, il serait presque toujours difficile, et souvent même impossible, de s’en procurer des quantités suffisantes. Cependant si, dans une localité où se développerait un incendie, on avait également à sa disposition de l’eau de rivière ou d’autres sources et de l’eau salée , la dernière devrait être employée de préfé-

rence.

Dans quelques circonstances, chez des pharmaciens, des droguistes, dans des magasins ou entrepôts, des substances, soit par leur très grande combustibilité, soit par les produits auxquels elles donnent naissance, soit enlin par la possibilité d’en arrêter la combustion par le moyen de l’eau, exigent quelques moyens particuliers. Le phosphore, le soufre, la résine, fournissent des vapeurs (pii empêchent de pénétrer dans le lieu incendié. Dans le cas où l’on n’aurait jias à sa disposition l’appareil du colonel Paulin, on

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n’aurait autre cliose à faire alors que d’inonder le local incendié, enm(>me temps que l’on en fermerait toutes les ouvertures aussi exactement (|ue possible”, mais les huiles ne sont pas eteintes par l’eau ; elles peuvent même transporter l’incendie en flottant à la surface : on les éteint en projetant dessus de la terre, du sable ou d’autres matières analogues qui s’y mêlent et empêchent le contact de l’air avec elles.

C. Un grand nombre de moyens de sauvetage pour les incendies ont été proposés ou employés ; des échelles plus ou moins ingénieusement disposées et souvent décrites, comme celles de Regnier, de Kermarec, etc., ont pu rendre des services dans quelques cas; mais leur complication, les diflicultés de leur transport et de leur mise en activité, leur prix, devaient nécessairement en limiter l’emploi et surtout le nombre. Les moyens actuellement adoptés à Paris semblent laisser à peine quelque chose à désirer pour toutes les conditions les plus dilïîciles et les plus contraires. Des échelles de frêne, de h mètres de longueur, portent douze échelons, se repliant par moitié, et portant à la partie supérieure un demicercle de fer de 38 centimètres de développement , afin qu’il puisse se fixer solidement. Quand il s’agit de porter des secours à des individus placés à la partie supérieure d’un édifice, ou d’en enlever des ob jets quelconques, le pompier fixe son échelle sur la pierre d’appui de la baie du premier étage, en brisant les vitres au moyen de l’arc de fer, si la croisée n’est pas ouverte, et, par son moyen, il parvient à cette hauteur; il recommence de la même manière pour les étages supérieurs. Arrivé au point où le sauvetage doit être exercé, il élève l’appareil de sauvetage proprement dit, dont la simplicité est aussi parfaite qu’il est possible de le désirer. Un sac de toile de 16 mètres, longueur suffisante pour que, fixé à l’étage le plus élevé d’un édifice, l’extrémité inférieure soit à peu [)i'ès à la hauteur du sol, et d’un diamètre de 50 centimètres environ, porte à la partie supérieure un châssis formé de (juatre fortes barres de bois qui servent à en tenir l’entrée ouverte : deux sont plus longues que les autres; elles se rapprochent quand l’ouverture n est pas beanle. La j)arlie inférieure du sac est fermée par une coulisse, et jæut s’ouvrir à volonté; un petit cordage est fixé au châssis. L un des sapeurs en tient l’extrémité ; et quand il est arrivé a la baie où doit s’exécuter le sauvetage, il attire à lui le manche, 1 introduit dans la baie en le déployarit, j)ose les deux grandes barres en travers du tableau de la baie, et n’a besoin,

incendik.

pwn- I('S lixcr, ir„m'(ci- la cmii-roic nui y osl alcdiéo- I... «’-io-li ’i '““'^‘■'^'"■“supcnciirc, on inli'odnit les individus nu’il

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^ une dans le sac sont conduits à la partie inférieure de la

intme Jiiamere. En cimi minutes, an moyen de l’écljelle deux

sapeurs arrivent à l’étage supérieur d’un édifice, ont établi le sac

et im individu peut descendre jusqu’au sol.

On jugera lacilement, par ce fait, qu’il est difficile d’employer nn inocede préférable. Dans quelques circonstances, il peut^delenir indispensable de traverser les llammes pour pénétrer dans un lieu (|uelconque, ou en sortir pour échapper à l’incendie. Les dan-

f.Ûlili,n!rrû‘n‘''"^“‘‘''f’‘ auise trouvent dans cette

position ont lait rechereber les moyens de les en préserver be professeur Aldini a fait l’application des tissus métalliques et de ceux d amiante à ce genre de préservation ; les résultats qu’il avait obtenus en Italie ont été complétés à Paris dans plusieurs e.xperiences. L’appareil dont on se sert est un vêtement d’amiante OU de drap, rendu incombustible par le moyen de divers sels. Ce dernier procédé est préférable, à cause de son poids moindre; il est forme d’un pantalon à pieds, d’une veste, d’un capuchon, qui n ollre d ouvertures que pour la respiration et la vision. Par-dessus 011 place une armure de toile métallique, dont la partie supérieure

porte un casque, et qui garantit entièrement toutes les parties du corps.

Lorsqu’un incendie se développe dans une cave ou un autre lieu profond, la quantité d’acide carbonique qui se forme peut devenir telle, qu’un homme qui y descendrait serait asphyxié; d’ailleurs, la masse de fumée dans laquelle il se trouverait placé rendrait bientôt la respiration presque impossible; il est donc d’une haute importance de trouver des moyens d’éviter ces dangers. Après diverses tentatives plus ou moins heureuses, le chevalier Paulin, colonel des sapeurs-pominers de Paris, a modifié très ingénieusement les diverses tentai ives laites jusqu’alors par son apjiareil, dont nous ne donnerons qu’une description sommaire. Il se compose d une casaque de cuir porlant un capuchon qui cnvelojipe complètement la tête, avec des oculaires qui permettent au sapeur

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de voir tout ce (jui se passe auloiir de lui. Des courroies, serrées aiiLour des poignets, retiennent les iminclies ; une ceinture assujettit la casaque autour des reins ; des sous-cuisses, que le Conseil de salubrité a engagé M. Paulin à ajouter à son appareil, empêchent qu’il ne se soulève. Sur la partie latérale gauche, se trouve un ajutage sur lequel on visse un hoyau de la pompe à incendie, par le moyen duquel, en laissant cette pompe vide, on injecte dans Je vêtement de l’air qui enveloppe le corps du sapeur, et lui perjuet, quelle que soit la nature de l’atmosphère dans laquelle il se trouve placé, de respirer toujours de l’air neuf, et qui en outre, gonllant la casaque, rafraîchit continuellement le corps, et permet au sapeur de rester longtemps au milieu du foyer de l’incendie sans en être incommodé.

Le sapeur, revêtu de cet appareil, a tous ses mouvements libres, la vision facile; armé d’une lance à eau qu’il conduit avec lui, il peut attaquer facilement les points incendiés; et si une chute ou quelque autre cause l’oblige à solliciter des secours, le tuyau qui lui fournit de l’air sert de cordage pour le retirer. La facilité du transport de cet appareil sur les voitures, la rapidité avec laquelle le sapeur peut en être revêtu, ne sont pas les moindres avantages que présente son emploi.

. M. Paulin a imaginé d’y adapter une lanterne que le sapeur attache a sa blouse, et qui lui permet de se diriger dans des lieux obscurs et remplis de gaz impropres à la combustion ; cette lampe est alimentée par un petit hoyau qui donne accès à l’air libre.

Nous croyons devoir emprunter les documents suivants à un Mémoire sur l emploi de la vapeur pour éteuidre les incendies, par 111. le docteur Dujardin, de Lille :

« On peut éteindre les incendies de deux manières différentes, ou bien en refroidissant les matières enllammées de telle sorte que la combinaison chimique de l’oxygène de l’air avec l’hydrogène et le carbone de ces matières ne puisse plus avoir lieu , ou bien en chassant 1 air almos[)hei’ique du foyer de l’incendie, et en le remplaçant par des gaz impropres à entretenir la combustion.

A loi s le leu, privé du contact de l’oxygène, s’éteint nécessairement.

» L eau éteint les incendies par le refroidissement qu’elle opère sur les surlaces enflammées. Jetée sur des corps en ignition, elle absorbe une très grande quantité de chaleur pour se Iransformcr en fluide aériforme; si l’eau eidève de cette manière au foyer de

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1 incendie pins de clialenr que celui-ci n’en développe, il y cirelVoidissement; si ce relVoidisseinenL continue, s’il jiénètre profondcincnt les matières enllammées, l’incendie s’éteint.

» Les feux de cheminées sont les seuls contre lesipiels on mette en usage le second procédé, c’est-à-dire l’expulsion de l’air atmosphérique du foyer de l’incendie, et son remplacement par des gaz impropres à entretenir la combustion. On remplit l’indication en brûlant, dans l’àtre de la cheminée, dn soufre, de la paille humide, etc. L acide sulfureux ou la fumée épaisse ([ui se développent chassent l’air du tuyau de la cheminée et occupent su place. Alors le feu s’éteint en un instant.

» Nous proposons, pour chasser l’air du foyer d’un incendie, un agent nouveau : la vapeur.

» Supposons d’abord le cas d’un feu de cheminée : s’il sufïit do faire monter dans cette cheminée une colonne de gaz acide sulfureux ou de fumée épaisse pour en éteindre les flammes, il est plus que probable qu’on obtiendra le même résultat en v lançant une colonne de vapeur capable de remplir toute sa capacité. La vapeur d. eau, tout aussi impropre à entretenir la combustion que l’acide sulfureux et les gaz qui composent la fumée, aura l’avantage, selon nous, de balayer plus complètement l’air qui se trouvera en contact avec la suie enflammée, et d’éteindre, par conséquent, plus promptement l’incendie.

» Supposons maintenant le cas d’un incendie renfermé dans un atelier, dans quelques chambres , etc., etc. Nous pensons que, dans ce cas, on pourra encore retirer de très grands avantages de l’emploi de la vapeur; en effet, en lançant dans les locaux incendiés une quantité de vapeur sufiisante pour chasser toul ou presque tout l’air qui se trouvera en contact avec la suie enflammée, on parviendra à éteindre rincendie comme par enchantement : telle est du moins notre conviction. En un mot, voici notre pensée : toutes les fois qu’un incendie sera renfermé dans une. enceinte, en ratta(|uant avec une quantité sudisantc de vapeur, on l’éteindra infailliblement et instantanément.

» Dans ce siècle où tout se fait par la vapeur, il serait très curieux de voir cet agent universel servir encore à protéger nos habitations, nos manufactures, etc., etc.

» Nous venons de poser les bases d’un grand problème, que nous regrettons vivement de ne pas pouvoir résoudre nous-même. Nous invitons le gouvernement à vouloir bien faire examiner cette

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(jueslion par une coinniission spéciale. Si en résultats utiles, comme nous le croyons,

notre idée est leconde il importe de la vulga-

riser le plus promptement possible; car cbaque année de retard, sera peut-être signalée par des accidents terribles, que son admis-

sion dans la pratique pourrait faire éviter. »

M. Fourneyron a fait sur le même sujet les observations intéressantes (ju’on va lire :

« On a parlé de la vapeur d’eau comme ayant la propriété d’éteindre les incendies; mais les cas dans lesquels on a pu constater cette propriété sont encore trop rares et trop peu connus pour que la communication que j’ai riionneur de faire à l’Académie ne présente pas l’intérêt d’un fait véritié.

» Le 2/i octobre dernier, je me trouvais dans une grande fdature, à Amiens, lorsque le feu prit tout à coup dans le bâtiment même, au-dessous duquel étaient trois grandes chaudières à vapeur en pleine activité.

» Les ateliers furent aussitôt abandonnés, tous les ouvriers étant accourus, au nombre de quelques centaines, pour porter des secours à l’endroit où des matières très combustibles étaient déjà la proie des tlammes. Les machines furent arrêtées et la vapeur lâchée dans l’air extérieur. Le bruit avec lequel elle s’échappait me suggéra l’idée de tirer parti de cet agent et d’essayer d’en remplir tout l’espace occupé par le feu. Je pensai que la vapeur, lancée avec abondance, remplacerait en grande partie l’air de la salle, refroidirait les surfaces en ignition et ralentirait au moins la combustion , si elle ne l’empêchait tout à fait.

» Il y avait d’autant plus d’urgence à tenter cet essai, qu’une seule pompe à incendie avait pu être mise en jeu, et que, malgré l’activité avec laquelle elle était manœuvrée, elle restait impuissante contre les llammes qui sortaient menaçantes par toutes les fenêtres, et s’étendaient au dehors des murs.

» Les soupapes lurent à 1 instant même ouvertes comme il convenait; la vapeur, lancée dans l’intérieur du bâtiment, eut bientôt empli tout 1 espace envahi par le leu, et en quelques minutes l’incendie fut éteint.

» Il est bon de dire que chacune des trois chaudières est capable de lournir la vapeur nécessaire a la production de trente chevaux de lorce,^ et que 1 on a employé pendant quelques instants toute la Viipeui d un appareil de quatre-vingt-dix chevaux. »

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