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INSTRUCTION CONCERNANT LES INCENDIES

Le poste des sapeurs pompiers qui aura eu connaissance d’un incendie se rendra immédiatement sur le lieu, avec la pompe.

Le chef du poste en fera donner immédiatement avis à la caserne la plus rapprochée, et en informera le commissaire de police du quartier, qui se transportera aussi sur le lieu de l’incendie.

Si 1 incendie piésente un caractère alarmant, le commissaire de police fera prévenir le préfet de police, le commandant de place et le colonel de la garde municipale.

Le commandant des sapeurs-pompiers dirigera, sur le théâtre de l’incendie, tous les moyens de secours nécessaires.

Le commissaire de police fera transporter en nombre suffisant les seaux à incendie qui se trouveront dans les dépôts publics, et au besoin ceux des établissements particuliers.

Il prendra, de concert avec le commandant des sapeurs-pompiers, les dispositions convenables pour éclairer les travailleurs.

Il désigneia, d accord avec cet officier, un point central de réunion où les divers agents de 1 autorité et toutes autres personnes appelées à concourir à l’extinction du feu pourront recevoir les ordres et les instructions nécessaires.

Ce lieu de réunion sera indiqué par un drapeau et, pendant la nuit, par un fanal.

Le commandant des sapeurs-pompiers prendra la direction des moyens de secours.

Le commissaire de police s’occupera plus spécialement des diverses mesures à prendre dans l’intérêt de l’ordre, de la conservation des propriétés et de la sûreté publique.

Il veillera aussi ù ce que les diverses fournitures, et particulièrement celles de l’eau, soient exactement constatées.

.Si plusieurs commissaires de police sont présents à l’incendie, ils se partageront le service ; mais la direction principale appartiendra toujours au commissaire du quartier.

Les troupes appelées sur le théâtre de l’incendie ne doivent être généralement employées qu’au maintien du bon ordre, à former les chaînes, ou à manœuvrer les halanciois des pompes, la direction des secours et de toutes mesures prises pour combattre les incendies devant être laissée au corps des sapeurs-pompiers.

INlKIMATIUiV.

Afin d’cviicr les accidoiils, el pour ne j)as porlei- le, feu dans les parties de l)àlimenl qu’il n’a j)as encore atteintes, le public qui se rend sur le lliéiitre de l’incendie ne doit , en anenne façon, ouvrir les portes, les croisées, et antres issues des lieux incendiés, avant l’arrivée des sapeurs-pompiers, à moins que ce ne soit pour sauver des personnes en danger. Ce sauvetage doit se faire, autant que possible, par les escaliers.

Le déménagement des gros meubles et des gros effets ne doit avoir lieu qu’à l’arrivée des sapeurs-pompiers, qui jugent si ce déménagement est nécessaire.

C’est ainsi qu’on pourra reconnaître à l’état des lieux comment le feu a pris, empêcher les vols et les dégradations, et maîtriser 1e feu plus facilement, en évitant les encombrements dans les escaliers et autour du point incendié.

Le conseiller d’État, 'préfet de police, G. Delessert.

Bibliographie. — Rapport sur l’emploi des tissus métalliques et d’amiante dans les cas d’incendie (Ann. d’Iiyg. et de méd. Icg., t. II , p. 277). — Art de se préserver de la flamme applique aux pompiers et à la conservation des personnes exposées au l'eu, par Aldiiii. Paris, 1830. — Mémoire sur les incendies et inflammations spontanées, par A. Chevallier (Ibid., t. XXV, p. 309). — Notes sur le même sujet, par le môme (Ibid., t. XXVII, p. 211, et t. XXIX, p. 99). — Dictionnaire de l’industrie , t. VI. — De l'emploi de la vapeur pour éteindre les incendies, par le docteur Dujardin, de Lille. Lille, 1852. — Comptes retidus de l’Académie des sciences, I. XI, XXXIV, XXXV. Paris, 18Ü0 et 1852.

llVCOIflIflODlTE (ÉTABLISSE WEi¥TS IxVCOIfOlOUES).

— Voij. Établissemexts , Ins.alubrité.

H^fHlUIflATlOIV. — Dans tous les temps, clans tous les pays, on a placé au premier rang des cjuestions de salubrité les soins que l’on donne aux morts. La constatation des décès, l’ensevelissement , le transport et la sépulture des cadavres , tels sont actuellement chez tous les peuples civilisés les règles qui président à ces soins, les seules qui doivent nous occuper; car nous ne pouvons songer à passer en revue , dans un exposé historique complet, les rites funéraires des diverses nations, soit de l’antiejuité, soit des temps modernes. Déjà, du reste, nous avons traité quelques points qui s y rapportent en parlant des Cimetières, de la véritication des Décès et des Embaumements, lleprenant ici la cjuesLion clans sa généralité, nous nous attacherons particulièrement à laire connaître ce qui touche au mode d’inhumation et aux prescriptions suivant lesquelles elles doivent être faites dans le doiihle intcM’êt de 1 ordre et de la santé jtublics.

Nous avons dit la garantie dont doit être entourée la constatation de la mort, les délais et les prc^cautions qui doivent précéder ensevelissement et 1 inhumation des corps. Nous compléterons cette indication en reproduisant quelques nouvelles pièces olli-

INHUMATION

oielles. Nous voulons, (lo IraiisporL des cada lion.

ijiianl a présent, l’aire connaître les modes vres, les lieux et les procédés d’inliuina-

e principe (jui domine cette grave ({uestion de salubrité, c’est ( c neutraliser autant que possible les inconvénients et le danger oes émanations qui proviennent de la décomposition putride; et c est dans ce sens que doit être dirigée cette étude.

Des cercueils. — Les corps ensevelis dans un linceul sont jilacés dans des cercueils ou bières, soit de simples voliges, soit de sapin, de chêne ou de plomb. Il n’est pas sans intérêt de remarquer qu’à Paris l’usage des cercueils de chêne et de sapin s’est beaucoup étendu, et que celui des bières de voliges est presque entièrement restreint aux morts pour lesquels on ne peut faire aucune ou presque aucune dépense. En effet , la marche de la décomposition des corps peut être modifiée sensiblement par la nature des cercueils dans lesquels ils sont inhumés.

Orfila s est assuré, au moyen d’expériences répétées, que plus les corps sont immédiatement en contact avec la terre, plus ils pouiiissent facilement, tout étant égal d’ailleurs. Comparant 1 influence de l’enveloppe extérieure du cadavre , linceul et cer-

cueil, à celle de la peau , eu égard aux viscères dont elle retarde la destruction, il a vu qu’un cadavre enterré nu se pourrit plus promptement que s’il était enveloppé d’un drap ou d’une serpillière; que la putréfaction suit une marche plus ou moins rapide, suivant la nature de l’épaisseur du cercueil , suivant que celui-ci élait de plomb, de chêne ou de sapin. L’exhumation du corps de 1 empereur Napoléon , à Sainte-Hélène , a fourni un exemple remarquable du degré de conservation qui pourrait s’opérer sous 1 influence d’une séparation absolue entre le cadavre et le milieu où il est enseveli. La présence des vêtements, en empêchant le contact entre les différentes parties du corps, n’est peut-être pas étrangère au retard de la putréfaction. Les ensevelisseuses ont l’habitude de faire pénétrer les replis du drap qui enveloppe les morts aussi avant que possible dans l’intervalle des membres.

On lit dans le Courrier des Etats-Unis , que les Américains, après avoir inventé des cercueils métalli(jues , suivant des systèmes assez divers, font quelquefois usage aujourd’hui de cercueils de verie.

Quant à l’influence que la nature même du cercueil, indépendamment de son action isolante et protectrice, peut exercer sur

INFlÜMAÏlUN. 26iJ

les pliéiiüinènes de piilrèfacLion , nous eilcroiis les ol)servations du docteur Waller Lewis sur les cercueils de plouih.

RelalivemeuL à la (jualité et à la ([nanti té des gaz produits par la décomposition des corps dans les cercueils de plomb, je suis persuadé, dit le docteur AValler Lewis , ([u il existe beaucoup d’idées fausses. C’est ainsi que l’on a assuré (jue le résultat de cette action était des sulfures , carbures et phospliures hydrogénés et cyanogénés. Sans assurer positivement (ju’on ne puisse rencontrer de semblables gaz dans certaines conditions , nous nous sommes assuré que dans plus de soixante cercueils contenant des restes de nouveaux-nés , d’adultes et de vieillards, enterrés depuis une semaine jusqu’à ([ualre-vingt-dix ans , il n’a pas été une seule fois possible de découvrir aucune trace de ces gaz , soit à l’aide de réactifs , soit au moven de l’olfaction.

Dans tous les cas, ces gaz éteignaient la llamme et étaient euxmèmes incombustibles. Ils paraissaient dans tous les cas formés d’azote et d’acide carbonique, tenant en suspension des matières animales putréfiées. Quelquefois il s’y joignait de grandes (juantités d’ammoniaque. Celle-ci se reconnaissait aussitôt à son odeur piquante et aux vapeurs blanchâtres et épaisses (pi’elle formait au contact de l’acide hydrochlorique. Une autre preuve de la rareté de la présence des gaz sulfurés, c’est que le plomb était dans tous les cas converti en carbonate, et n’olîrait jamais de traces de sulfure. Excepté dans les cas où l’on distinguait Codeur de l’ammoniaque, l’odeur dominante était celle de la putréfaction.

M. Waller Lewis a trouvé les iiKimes gaz dans les cercueils de plomb, soit peu d’heures après la mort, soit après soixante-dix ans, et même dans un cas après cent ans. La présence de l’ammoniaque y était encore très manifeste; la putréfaction est donc fortement retardée par le séjour des corps dans les cercueils de plomb.

Il est très rare que les gaz restent enfermés dans ces cercueils; la porosité du métal leur permet de s’échapper par transsudalion ; mais, dans des cas très exceptionnels, 1 sur 1000 environ , suivant M. Lewis, les cercueils sont distendus par l’expansion des’ gaz et souillés, suivant l expression des lossoyeurs ; mais même, dans cet état, ils ne se rompent pas brusrjuement. L’auteur n’a trouvé aucune preuve aulhentifpie de ce fait. Du reste , c’est une prati([ue habituelle [)Our les gai’diens des caveaux de percer avec une vrille les cercueils souillés.

Nous (loAoiis ajoulor limiiiloiiüiiL ([ik* , indôpciKlaiimioiil, de la naluro ou do la oonlio-unUiou du sol , do la i)ror()iid<>iir dos Ibssos* do la naluro dos ceroueils, olo., il osl oucorc; d’autros condilions auxquolles la inardio do la |)ulidraoLion so Ij-ouvo ôlroitoïriont soumise : ainsi rélat de consorvalion ou au conlrairo do putréiaclion comnionçanle du cadavre au moinonl do riidiumalion , la saison el le temps écoulé entre le décès et rinliumation , la nat’uré de la maladie, l’àoe du sujet, enfin la ])résoncc d’œufs qui, on été, sont souvent, en très peu d lieures , déposés par certaincîs mouches à la surface des cadavres , et qui deviennent un agent très actif de putréfaction.

Du TIIANSPORT UES CORPS ET DES POMPES FUNÈBRES. — Le transport des corps des décédés au lieu de l’inhumation s’opère en général suivant des usages locaux qu'il serait hors de propos de rechercher, et s’accompagne de cérémonies funèbres qui, suivant les termes de l arrêté de 1 an IX, sont un des premiers besoins de la civilisation et qui ne sont pas toutes indifférentes au point de vue de l’hygiène publique. A une époque voisine de nous pourtant, pendant la première révolution , ces cérémonies étaient presque complètement abandonnées. Les corps pris à domicile étaient quelquefois transportés par des voitures communes disposées pour recevoir cinq ou six cercueils; le plus souvent ils étaient poi tes a bras, et les individus décédés dans l’indigence étaient renfermés , pour le temps du transport seulement, dans des cercueils banaux en usage depuis l’an IV, puis versés nus ou presque nus dans la fosse commune. Enfin il n’y avait alors ni personnel d’agents communaux, ni règlements de police pour fixer la marche des convois ; aussi voyait-on souvent les pratiques les plus blessantes employées dans les inhumations, et les cercueils banaux confiés à des mercenaires sans surveillance, abandonnés à la porte des cabarets. On comprendra en outre quels inconvénients présentait pour la salubrité un tel état de choses, si l’on songe que des cercueils mal joints s’écoulent souvent des liquides corrompus et s’exhalent toujours des émanations fétides.

hans entrer dans les détails des améliorations introduites dans le service des inhumations , nous rappellerons que l’arrêté du 21 ventôse an IX mit fin à cet état de choses : cet arrêté proscrivit les transports a bras. Les corps furent désormais transportés isolément dans un char attelé de deux chevaux marchant au pas, et accompagné d’un ordoimateur et de trois porteurs en costume.

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