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et d’ailleurs le battage de la laine se faisant en plein air, on permettant dn moins l’ouverture des lenètres, il y a peu d absorption par les poumons des molécules de poussière, et à part la fatigue considérable des bras qui en résulte, le travail n’a pas une influence défavorable sur la santé des ouvriers. Le peignage se pratique avec des peignes d’acier cbauflés , dans certains ateliers , sur des fourneaux de charbon de bois situés au milieu des salles de travail , sans cheminée d’appel ou tuyaux de tôle , communiquant à l’extérieur. Cette pratique peut exister sans trop d’inconvénient pendant l’été, parce que les fenêtres sont constamment ouvertes; mais pendant l’hiver, comme on a soin de fermer les fenêtres, elle peut produire les accidents les plus graves. On voit assez souvent, en elfet , des ouvriers tomber asphyxiés , et sans les secours de leurs camarades, ils courraient le risque de perdre la vie. On les porte en plein air et on leur fait des affusions d’eau froide pure ou vinaigrée.
Nul doute que si plusieurs accidents analogues arrivaient au même individu, ils ne portassent une atteinte profonde à son organisation. Il serait facile d’éviter ces dangers, soit en plaçant des fourneaux dans les cours voisines, soit, ce qui vaudrait beaucoup mieux pour éviter la perte du temps et le refroidissement des fers, en faisant construire, au milieu des ateliers et au-dessus des fourneaux, des cheminées d’appel qui garantiraient les ouvriers de tout accident. Cette opération du peignage laisse à la main gauche des ouvriers une trace caractéristique qui peut avoir quelque valeur dans des questions d’identité. Ils portent presque tous, tà la partie externe du doigt indicateur gauche des durillons très épais, qui ont quelquefois 3 ou h centimètres de longueur sur 2 ou trois de largeur. Ce développement de l’épiderme provient de la forte pression qu’ils exercent sur la laine placée entre le pouce et le doigt indicateur; ces durillons qui, du reste, ne gênent nullement les ouvriers et augmentent même la force du doigt, peuvent être coupés impunément lorsqu’ils prennent un développement trop considérable. Un peut voir que le peignage n’olfre rien de contraire à la santé, car l’asphyxie qui résulte du grand dégagement de la vapeur de charbon dans les ateliers peut être évitée avec la plus grande facilité.
La laine qui a été battue, que l’on appelle aussi courte ou grasse , est envoyée dans les filatures pour être cardée. On commence par l’irnbiijer d’huile, puis on la fait passer successivement
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diiiis cinq ou six méüors àcardorqui enlrciTu^leiiL les (ilamonts dans Imites les directions et Ifri rendent la flexibilité (|ue le dégraissjige lui a\ ait lait perdi-e ; la laine cardée sert à la fabrication des drajis. La laine peignée ou longue passe dans dix ou douze métiers successivement avant d’étre filée.
Ces travaux, très peu fatigants, sont faits d’ordinaire par de jeunes ouvrières appelées soigneuses. Le fileur a ordinairement avec lui deux rattacbeurs, généralement plus forts que les rattacbeuis de coton, parce que la laine, étant plus cassante que le coton, exige un travail plus actif et plus pénible. Les ateliers des fdaUires de laine sont aussi vastes que ceux des filatures de coton, moins cbauds que ces derniers , parce que la laine n’exige pas de chaleur pour être filée et que trop de chaleur en détériore la qualité et y lait naître des mites ; l’air y est plus pur, moins chargé de poussièie , les fenêtres pouvant rester ouvertes sans nuire a la qualité du travail. On peut donc ajouter, en terminant, qu’à part les terribles accidents qui peuvent résulter pour les ouvriers du voisinage de certaines machines dangereuses dont on fait usage dans les filatures de laine, ce n’est point l’industrie lainière, en général , qu’on peut accuser d’être insalubre.— Foy. Cotonnière (industrie).
Bibliographie. — Rapport fait au conseil de salubrité de Troyes sur les accidents des fdalures de laine et de coton, par MM. Lhoste, Gréau et Pigeolte {Ann. d’hyg. et de méd. lég., {. XII, p. 1). — Tableau de l’état physique et moral des ouvriers dans
les manufactures de coton, de lame et de soie , par Villermé. Paris, 1840. De l’in-
fluence que l'industrie exerce sur la santé des populations dans les grands centres manufacturiers, par le docteur Thouvenin, de Lille {Ann. d’hyg. et de méd. lég.,
t. XXXVI , p. 16). Rapport des travaux du conseil de salubrité des Louches-du- Rhône. Marseille, 1840.
mit. — Le lait de vache est pour toutes les classes de la société, pour tous les âges et sous des formes diverses, un aliment de première nécessité , et entre dans la consommation des villes et des campagnes pour une part considérable. A Paris, il ne se débite pas moins de 300,000 litres de lait par jour. Mais par cela même, les nécessités de la production, les exigences du consommateur qui agissent à la lois sur les dilïicultés du commerce et sur la valeur vénale du lait, rendent presque inévitables l’altération et la falsification de cet aliment, surtout dans les grands centres de population. Sans doute 1 existe, à cet égard, bien des préjugés, bien des erreurs répandues et accréditées ; niais, s’il y a eu de l’exagération, il n’en est pas moins vrai que c est là un sujet digne de toute l’attention des
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hvgiéiiistes. Du reste, nous ne voulons aborder rélude du lait qu’à ce seul point de vue, laissant de côté les questions d’ailleurs si intéressantes qui se rattachent, soit à la composition intime du lait, soit au rôle qu’il joue dans l’alimentation de l’homme. Il est bien entendu aussi que nous bornerons ces considérations pratiques au lait de vache, bien que le lait d’ânesse, de chèvre, et dans quelques pays le lait d’autres mammifères, soient employés aux mômes usages. Par les mêmes raisons, nous nous abstiendrons de parler du lait de femme qui n’intéresse d’une manière directe, ni l’hygiène publique, ni la salubrité, et dont il sera seulement question à l’occasion de la surveillance des nourrices.
Les conditions du commerce du lait touchent de trop près à l’hygiène pour qu’il ne soit pas indispensable d’en donner un aperçu. Nous empruntons à M. Chevallier quelques détails relatifs à cet important objet. Le lait passe dans trois mains avant d’arriver au consommateur ; les fermiers qui le produisent , les marchands en gros, les crémiers ou les laitiers débitants. Le lait qui se consomme chaque jour, notamment à Paris, peut se diviser en trois classes ou qualités : 1° Le lait des nourrisseurs vendu à àO centimes le litre ; il est fourni par les nourrisseurs qui ont des vaches dans Paris même, et qui le débitent sur place au moment de chaque traite. On peut le regarder comme formant la première ([ualité du lait consommé à Paris. 2“ Le lait à 30 centimes le litre, venant des environs de Paris ou des campagnes plus éloignées, à hS ou 60 kilomètres. Le lait de ces grandes distances arrive en
poste dans des voitures suspendues et disposées exprès, ou par les chemins de fer. Il est fourni par des vaches placées à peu près dans les mômes conditions que celles de Paris, c’est-à-dire qu’elles sont nouri les a 1 etahle et ne sortent pas ou a peine, genre de vie qui paidit plus favorable a la production du lait, quant à sa quantité et à sa richesse, mais non quant à sa qualité. Ce lait peut être considéré comme formant la deuxième qualité du lait de Pans, qualité qui se rapproche beaucoup de la première, 3° Le lait à 20 centimes le litre, ipii n’est jamais pur, contient toujours de 20 à hO pour 100 d’eau, quelquefois, mais rarement, 50 pour 100; de plus ce lait est privé de la moitié ou des deux tiers de sa crème; c est la qualité du lait ordinaire qui se vend dans les rues. Outre ces diveis prix, il y en a d intermédiaires qui varient plutôt selon es maicbands et les quartiers ([ue suivant la qualité réelle du lait. Knfin le lait vendu par adjudication à certains établissements est