‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 5 sur 58 · FER · texte numérisé non relu

FER

beaucoup de largeur au foyer, pour que la fonte ne devienne pas trop liquide et qu’elle offre à l’air une grande surface.

Quand on traite des minerais faciles à fondre, en rétrécissant le foyer et élevant le point où se produit la fusion, le fer passe à l’état de fonte ; celle-ci se trouvant à l’abri de l’action de l’air, par les laitiers qui la recouvrent, peut être alors réunie dans une cavité appropriée pour être expulsée ensuite par des ouvertures convenables.

C’est à l’élévation du point où s’opère la fusion du minerai qu’est due la transformation des sluckosen en hauts-fourneaux, qui ne diffèrent réellement que par le rétrécissement du foyer, l’élévation encore plus grande du point où s’opère la fusion, et l’adoption d’une cavité appelée creuset^ destinée à recevoir la lonte en s’avançant à la partie antérieure au dehors du fourneau. Les hauts-fourneaux étant destinés à supporter une très haute température, il est indispensable qu’ils offrent une masse considérable, et que, a cause de leur voisinage, on veille sévèrement à prévenir toutes les causes d’incendie.

Les inconvénients inhérents cà ces établissements sont l’odeur désagréable et incommode de la fumée de charbon de terre, odeur qui varie d’ailleurs suivant la nature du combustible employé ; et enfin la possibilité du dégagement d’une certaine quantité d’acide sulfureux résultant de la combustion des sulfures qui existent dans les houilles.

Quant au fer galvanisé, sur la fabrication duquel nous ne dirons rien, ayant donné la description des procédés usuels à l article Dorure , nous nous bornerons à dire que le conseil de salubrité du Havre , assimilant l’industrie de la galvanoplastie aux forges, a considéré la création de ce genre d’établissements comme devant être facilement autorisée. Mais néanmoins, à cause des vapeurs de zinc et d’arsenic qui se produisent pendant le travail, et qui ont pour effet de provoquer des courbatures, de la œnstipation et de l’amaigrissement chez les personnes exposées a ces émanations, le conseil a imposé les obligations suivantes:

“ construire un large manteau en maçonnerie au-dessus du fourneau a réverbéré pour recueillir les produits gazeux ; 2« élever la cbeimnee du fourneau de 3 mètres au moins au-dessus de celles

|cs maisons voisines; 3- aérer convenablement et suffisamment les ateliers.

yo\j. les articles Chaux, Fonderies.

KEK-HLANC.

La ral)ric!iti()u du l'er-blaiic HLMÜvisc eu deux oj)éraLioiis principales et distiiicles , (pii sont le décapage parfait des feuilles de t()le et l’étainage- des tiMes bien dérocbé((S.

Le décapage des feuilles de b'ile se prati([ue en les laisant d’abord treni|)er dans de l’acide sulfuriipie faillie ou dans de l’acide cblorbydri(|ue étendu d’eau ; b;s feuilles , retirées du bain d’eau acidulée, sont ensuite ployées en deux, par le milieu et en travers de leur longueur, jusipi’au point de leur donner la forme d’un toit; et ces feuilles sont alors portées, toutes mouillées d acide, dans un four assez cbaulfé pour vaporiser promptement l’ean, pour faire réagir l’acide sur le fer et pour détacber et laire tomber les écailles d’oxyde de fer lormées sur les surlaces de la tôle. En cet état les feuilles sont remises dans un bain d eau acidulée et le décapage s’achève par de simples moyens mécanicpies. L étamage se fait en plongeant la tôle ainsi decapée successivement dans divers bains composés de suif seul, d’étain couvert de suif et d’étain pur, ces bains sont chautfes presf[ue jusrpi au degre de chaleur où le suif peut s’enflammer.

On voit d’après ce qui précède, qu’il ne peut y avoir insalubrité dans la fabrication du fer-blanc que par suite de la dispersion dans les ateliers du gaz souvent très infect (pii sepioduit lors de l’action des acides faibles sur les tôles , et surtout par les vapeurs fétides et insalubres que dégage le suif rance, continuellement mis en contact avec des oxydes métalliques etchaulle presque jusqu’au point de se vaporiser et de prendre feu. La sont les deux causes d’insalubrité. Pour assainir l’opération du décapage, il SLilUt de la prati([uer sous une hotte dont l’ouverture antérieure sera aussi étroite que possible et commuiiiipiant avec une cheminée ayant au moins 10 à 12 mètres de hauteui .

L’étamage des tôles dérochées est sans contredit l’operation la plus insalubre de celles qui se pratiquent dans les habriiiues ( e fer-blanc. Aussi üarcet a-t-il donné la description detaillee d un appareil ventilateur (pii a fonctionné avec le plus grand siu'ces dans la fabrique de fer-blanc de M. Mertian , a 3lontaUnre (departement de l’Oise). Cet appareil se compose d un grand lonrneau adossé à l’un des gros murs de l’atelier, couvert a une .auteur convenable par une grande botte conduisant au debors et a u.u élévation sullisante les produits gazeux pyrogenes auxipiels l. travail de l'étamage donne lieu. Lorsque les eondit.ons hjetnques (les ateliers de labrication du ler-blauc ne sont pas s.dl.sam-

FKRHUNIKUS.

iiieiil boimi's, les ouvriers de ees établisseiiieiils sont exposés à (les malaises aeeompagnés de céphalalgie , de nausées et parfois im'me de vomissenienls. Ces accidents, généralement légers, sont par consé(pient très faciles cà prévenir en apportant quelque attention dans la construction des ateliers. Disons en terminant (|u’il existe en Allemagne depuis longtemps nn produit industriel, le fer émaillé, qui est destiné dans une foule d’applications usuelles à remplacer le fer-blanc. Ce nouveau genre de produit peut otfrir une véritable importance au point de vue de l’hygiène publique, en substituant aux vases de tôle étamée, souvent attaquables par certains agents, des vases, soit en fonte, soit en métaux divers, recouverts d’une couche vitreuse exempte de toute espèce d’altération au contact de presque toutes les substances.

Bibliographie. — Ann. d’hyg. et de méd. Icg., t. XXVIII et LXIII.

Fi'.ifiKOlViviEitfÿ. — Les ferronniers sont des ouvriers occu-! pés a labriquer des objets dits de ferronnerie, tels que pelles et pincettes, boulons, vis, etc., etc.

C est à 31. le docteur Masson que nous devons les détails si intéressants sur les diverses affections (pii peuvent frapper ces ouM’iers et sur la possibilité dy remédier par l’hygiène. Nous avons du reste déjà eu occasion de signaler ce travail dans un de nos précédents articles. {Voy. Cloutiers.)

L (xivrier ferronnier n’étant pas astreint comme le cloutier à un travail assidu et monotone nécessitant une attention soutenue et une attitude toujours la même, est en général plus fort et plus vigouieux. Pendant ses heures de travail, il a encore des moments d inaction, des instants de repos salutaire.

I/iUcliei' est le plus souvent vaste et aéré. La fatigue de sou ti-avail lait.pie l’on n’emploie guère que des jeunes gens , tandis que nous avons vu des enfants de dix ans occupés déjà à la forge du clmitier. Eidin, le salaire plus élevé lui permet un régime plus su stanlit! . autant de causes qui rendent le ferronnier robuste et Ineu portant. Comme l’ouvrier cloutier, le ferrounier est sujet à ddlerentes alleetions inhérentes puur ainsi dire à sa profession. I. est ainsi que l’expusition au foyer de la forge dévelopiie chez lui 1 es uphthalmies et des coryzas qui peuvent prendre un caractère lie gravite assez intense pour amener des accidents sérieux.

CS P 1 egmons de 1 aisselle, les panaris sont très communs chez ces ouvriers. Ils ont le plus souvent pour causes des brûlures, des

HEVUK JAUNK.

j)i<|rir(;s, ou de peliles l’uirelles de 1er inlroduiles dans le d (]erlalnes intirinités viennent encore atteindre l’ouvrier T

UUl lU\y»

ferron-

nier. Les plus fréquentes sont l’amaurose, la surdité, l’astlnne et aussi les varices produites par la station continuellement debout.

Les établissements destinés à la fabrication du

feutre ont été rangés par ordonnance en date du 5 novembre 1826 dans la première classe des établissements insalubres. Outre, en effet, les mauvaises odeurs que répandent les substances employées, telles que l’huile rousse, l’essence de térébentbine et la résine, l’emploi de ces mêmes substances éminemment combustibles expose sans cesse aux incendies les propriétés voisines.

Aussi voyons-nous le conseil de salubrité du Havre exiger certaines précautions qui malgré tout restèrent sans résultat, puisque peu de temps après l’installation de la fabrique les bâtiments devinrent la proie des flammes.

Il sera pourtant nécessaire que les fourneaux soient bâtis en briques très solides, que les cheminées aient au moins 2 mètres au-dessus du toit, que l’étuve soit bâtie en maçonnerie et chauffée à l’aide d’un calorifère.

Les chaudières à huile et à enduit seront réunies dans un

même local et garnies d’un couvercle muni d un tube pouvant conduire au dehors les odeurs nuisibles dégagées par les matières en ébullition.

FIEVRES ÉRUPTIVES. — Voy. CoNTAGiox et Maladies ÉPIDÉMIQUES.

FIÈVRE IWTERîriITTEafTE. — Voy. MaraiS.

FIÈVRE JAUîIE. — La lièvre jaune est une maladie pestilentielle endémique et épidémique, s observant principalement dans les îles et sur les côtes de l’Amérique centrale et caractérisée par des vomissements de matières noires, des hemoribagies et mit coloration jaune plus ou moins constante de la peau.

L’origine de la lièvre jaune est dans des causes locales propres à certaines latitudes. Bien qu’elle ait pu être observée dans d’autres contrées, elle ne s’est développée en général (ju aux Antilles, aux États-Unis, et plus rarement en Espagne, en Italie et !*• côte occidentale de l’Afrique. C’est presque uniipiement sur le littoral et au-dessous d’un certain niveau d’altitude que la maladie

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