‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 6 sur 58 · FILATURES · texte numérisé non relu

FILATURES

exerce ses ravages. K!le peut prendre nnissance égaleinenl sur les navires (|iii Iréquentent ces parages et qui deviennent alors un loyer où la lièvre sévit épidéini([uenient. On l’attribue aux miasmes qui se dégagent des végétaux ou des matières ligneuses en décomposition sous riniluence de la chaleur, causes insuffisantes et trop restreintes môme en les supposant bien établies. La fièvre jaune est presque endémique entre les tropiques, et bielle attaque principalement les étrangers non acclimatés avec d’autant plus de violence, que le climat des lieux qu’ils ont quittés était plus dilTérent de celui où ils séjournent. Dans les zones tempérées, la fièvre jaune se montre au printemps et à rautomne sous forme d’épidémie. Elle attaque plutôt les blancs que les noirs, les hommes que les femmes, les adultes ({ue les enfants et les vieillards, les sujets robustes que les sujets faibles. Enfin , l’exposition cà une chaleur trop ardente ou à un froid humide, les latigues, les excès, sont autant de causes occasionnelles qui facilitent le développement de la maladie. La fièvre jaune ne se transmet pas par con tagion .

La mortalité varie dans les dilférentes épidémies. Elle a pu s’élever jusqu’aux trois quarts des individus alîectés. En général, la fièvre jaune enlève un tiers à un sixième des malades. Il paraît certain que la mortalité est moins considérable pour les femmes et bien moins encore pour les enfants.

La fièvre jaune avec la peste se place au premier rang des maladies pour lesquelles les mesures sanitaires sont reconnues indispensables. La conférence sanitaire internationale a proposé pour ces deux maladies des mesures générales et permanentes, et spécialement les quarantaines et tout ce qu’elles comportent. Pour la fièvre jaune, conformément à la pratique généralement suivie, la quarantaine serait restreinte à l’état épidémique. La cessation des mesures aurait lieu après un délai de quinze jours, à dater de la cessation déclarée de l’épidémie. La durée des quarantaines serait au minimum de cinq jours, au maximum de sept, dans le cas de traversée heureuse, et de dix k douze dans le cas d’accidents ayant eu heu postérieurement au dixième jour du départ. (Voy. Contac.iox. Maladies épidémiques. Sanitaire (régime).)

FI^ATUKES.— La fabrication des tissus occupe aujourd’hui une telle place a la tôle de notre industrie, qu’il est impossible ùc ne pas se préoccuper des conditions liygiéniipies des établisse-

1/j K1I,ATIIIŒS,

iiKMils (|iii lui sont (‘oiistcivs. Il (‘sl, (•(îrUiiii, <mi Hlot, (|U(‘, la saiil<‘ (lt‘s ouvriers licMil, (mi iiraii(l(‘ |)arli(' à la iiiauièr(‘ doiil, les lllaturcs soûl organisées. Ou ne peut s’empêcher de Taire n'iuarcjiK'r dès le j)riiicipe que hieu des porTeclionriements oui été aj)portés dans toutes les parties de la Tahrication , et (pie les conditions hvgiéni(|ues ont nécessairement suivi ces progrès et ont subi de grandes modiücations. C’est à ce litre que l’état des lilatures peut intéresser l’hygiène publique, et c’est à ce point de vue (pie nous l’étudierons sans nous attacher aux détails sjiéciaux qui seraient uniquement du domaine de la technologie ou de l’hygiène privée. Nous rappellerons à cette occasion que les principaux points de cette étude ont été déjà touchés ou le seront bien UH dans d’autres articles. Nous parlerons donc ici exclusivement des conditions de salubrité des filatures.

Ces établissements destinés à la Tabrication des tissus de coton, de lin, de laine, de soie, présentent en général un gnmd développement et sont situés soit dans les grands centres manuTacturiers, soit dans les campagnes. Ils ne constituent pas en général de fovers d’insalubrité, et comme ils ne sont réputés ni dangereux, ni très incommodes par leur voisinage, ils ne sont pas classés. Ce n’est que dans le cas où ils sont destinés à la filature des cocons de vers à soie, qu’ils sont soumis à la surveillance dcfaiitorité municipale à cause de Codeur fétide que produit la décomposition des matières animales. On le voit, a part ce cas tout spécial, les filatures n’olTrent pas un grand intérêt au point de vue de la salubrité extérieure; mais pour ceux qui y vivent et pour les nombreux ouvriers qui se pressent dans ces ateliers presque sans distinction d’àge et de sexe, elles présentent des conditions communes de salubrité intérieure, qui importent au plus haut point a l’état sanitaire et à la durée de la vie d’une grande jiartie de la classe ouvrière. Nous les résumerons en peu de mots.

On doit considérer dans les lilatures, abstraction laite des procédés spéciaux de fabrication, de la durée du travail et des habitudes hygiéni(jues des ouvriers, 1'^ la tenqiérature, 2“ les émanations (jui peuvent vicier l’atmosplière, 3" 1 aération, h° les machines et appareils mécaniques.

Les nécessités de la fabrication entretiennent dans les lilatures une tempéralurc généralement élevée, et d’autant plus haute que l’on fabrique des lils plus lins. Dans les salles du filage proprt‘uient dit la chahmr est portée de 16 à 25'» et nuhne 30° eentigrad(‘s.

FILATUKKS.

Dans los aleli(‘rs de lissage, les salles où l’on |)ratiqiie rencollag<‘ deselmines, la tempéraUire s’élève eomnuménuMit à 3/i, 3?o, el, même j)lus. Les aj)préleiirs doivenl également travailler dans des lieux très chauds. Les ouvrières employées à l’apprêt des écossais sont habituellement soumises à une température habituelle de 35 à ZiO°. « 11 faut, dit M. Villermé, s’être arrêté dans les salles où régnent ces températures excessives pour savoir ce qu’o?i v éprouve : les ouvriers, bras, jambes et pieds nus et à peine vêtus du reste, y sont continuellement dans un état d’abondante transpiration. » Les apprêteuses ont paru à cet illustre observateur plus pâles que les autres ouvrières des filatures. Quelques unes, les plus grasses surtout, sont parfois atteintes d’érysipèle. On peut craindre en outre l’effet des refroidissements subits qui résultent des changements brusques de température. Nous ne voulons pas lerminer ce qui a trait à la température des filatures, sans parler des séchoirs où l’on employait des brasiers portatifs généralement abandonnés aujourd’hui et dont il est inutile de signaler les funestes effets. 11 en est de même des fourneaux des peigneurs de laine, qui actuellement ont presque partout fait place au principe à la mécanique.

Outre l’élévation de la température l’atmosphère des filatures est viciée cà la fois comme tous les ateliers des grandes usines par les émanations du grand nombre d’individus qui y sont rassembles et par les poussières qui se dégagent en abondance des matières employées dans les manufactures. Nous avons déjà signalé les effets attribués au dévidage, au battage et au cardage du coton et de la laine. Nous n’avons pas à v revenir.

On comprend que cette double cause d’insalubrité des filatures exige d’une manière impérieuse des conditions d’aération et de ventilation toutes spéciales. La dimension des ateliers offre en premier lieu une très réelle importance. M. Villermé a fait à cet <‘gtud des observations curieuses dans trois filatui’es de laine Irès bien tenues, mais où les ouvriers ne hiiont|)as paru plus au large (pie dans d’autres. Kecherchant quelle était la quantité d’air (jue terme moyen chacun avait iiourhii seul, noire vénérable collèo-

ue

a trouvé 1° dans les cinq principaux ateliers de la plus grande hlature de lame cardée, àO mètres cuIk's sans distinction d’atelier, 01 dans celui où les ouvriers ont le plus d’espace, et 27 1/2 dans celui où ils en ont le moins; 2° dans les salles d’une filature de lames peignées et card(‘e.s , 39 mèires cub(‘s ; 3« et dans une

FILATUUES,

liliiliire (le laiiu^s peigruMS depuis 30 2/îi jiis(prà 35 1/2, — Le mc^me calcul aj)pli([iu‘ aux. ülaLiires de colon a domié dans les salles du lilage et du cardage dejaiis 20 mèlres cuhes jusipi’à 00 et m(iuie 68 ; dans les salles du lilage rareiuent moins de 35 et ordinairement de /|0 à hl ; dans les ateliers de tissage à la rru'canique de 17 à 28 mètres cubes. On le voit, ce n’est pas par défaut de capacité que peuvent être réputés insalubres les ateliers d(i filature; mais en raison des émanations et des poussières qui v sont répandues, il serait nécessaire que l’air y lut fréquemment et suffisamment renouvelé. Ce n’est pas ce qui a lieu en général, car on tient les salles de filatures soigneusement closes, afin de prévenir les courants qui ne manqueraient pas de soulever des nuages de colon, ou de sécher et de briser les fils. 11 en résulte que l’air vicié par la poussière fine qui s’échappe des cardes, des batteurs et autres machines , par l’odeur des huiles rances des métiers, par les produits de la respiration et delà transpiration des ouvriers, doit être artificiellement renouvelé. Il n’est pas hors de propos de faire connaître l’ingénieuse disposition d’un ventilateur à force centrifuge , établi avec un plein succès dans une filature de coton par M. Pouyer. « La filature est établie dans un bâtiment de trois étages et d’un rez-de-chaussée : celui-ci a 5“,5ü de hauteur; elle n’est que de 3“,50 à chacun des étages; la largeur est de 15 mètres et la longueur de 27 mètres. Le ventilateur est placé au rez-de-chaussée; il se compose d’un tambour, a ouverture centrale de 0”,60 de hauteur sur 0^,/iG de largeur. Un axe y met en mouvement quatre ailes en bois, dont le diamètre est de 1"’,13; ces ailes font de 360 à 380 tours à la minute; le tambour est mis en communication avec l’extérieur de l’atelier.

au moyen d’un large conduit en bois dont l’orifice extérieur a 0”,30 de haut sur 0"*,70 de large. Cette machine attire hO à 50 mètres cubes d’air par minute; la force nécessaire pour la mettre en mouvement est d’environ un dixième de cheval. »

Enfin nous avons à signaler seulement pour mémoire les accidents c[ui surviennent fréquemment dans les filatures par suite du jeu des machines. En effet, ces accidents n ont rien de spécialement propre à ces sortes de manufactures, et nous aurons à en

parler d’une manière ])lus générale.

Il en est de môme des conditions hygiéniques dans lesquelles vivent les ouvriers des filatures. Nous nous bornerons à dire qu ils sont de ceux à qui s’apidiquent, entre tous, les observations si sou-

KILTKAiiE , ni.T(lli.î,

vtMil r(‘|)i‘l(‘(‘s sur h's ruiieslos elVols des liabiludes vicieuses el de la dépravaliou précoce, (jui [)lus encore (pie l’insalubrité des lieu\ de Iravail, altèrenl la santé, détruisent les forces et abrépfent la vie de tant d’hommes, de femmes et d’enfants employés dans les manufactures. {Voy. Battage, Cardeür, Cotonnière (industrie), Laines, Î^Iachines, vSoie, Travail des enfants.)

Bibliographie. — Rapport fait au conseil de salubrité établi prés de l'administration municipale de la ville de Troyes sur les accidents auxquels sont exposés les ouvriers employés dans les filatures de laine et de coton , par MM. Llioste, Gréan et Pigeolte d’hyg. et de médec. lég., t. XII , p. 1). — De la santé des ouvriers employés dans les fabriques de soie, de coton et de laine, par M. Villernié (Ann. d’hyg. el deméd. lég., t. XXI, p. 338). — Considérations sur l’influence des filatures et des tissages sur la santé des ouvriers, par le docteur J. Gerspacli (Thèses de Paris, 1827). — De l’in fluence des pi'o fessions sur la phthisie pulmonaire , par le docteur Lombard de Genève (Ann. d'hyg. et de méd. lég., f. XI, p. 58). — Souffrances des enfants employés dans les filatures et fabriques d’Angleterre, par M. Sadler (Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XII, p. 272). — The philosophy of manufactures , or an e.vposition of the scienlific, moral and commercial economy of the fart or y System of Créât - Rritannia, par M. lire. London , 1835, trad. franç. — De l’influence que l’industrie exerce sur la santé des populations dans les grands centres manufacturiers , par M. le docteur Thouvenin (Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. XXXVl , p. 16 et 277). — Note sur la ventilation des manufactures, par M. A. Guérard d’hyg. et de méd. lég.,

t. XXX, p. 112). — De l’influence de certaines professions sur le développement de la phthisie pulmonaire , par M. Renoislon de Chùteauneuf (Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. VI, p. 1). — Détails sur la santé des enfants dans les manufactures , par M. Villenné Ann. d’hyg. et de méd. lég., t. XIII, p. 344; t. XXX, p. 28).— Du travail des enfants dans les mines et houillères de la Grande-Bretagne, par Ducpétiaux (Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. XXIX, p. 241). — Rapport sur les travaux du conseil de salubrité du département du Nord. Lille, 1850 ell851. — Rapport général des travaux des conseils d'hygiène et de salubrité du département des Bouches-du-Rhône (filature des cocons). Marseille, 1851.

Fir/ru.%fui:, FiTvrKFN. — Qn désigne par le nom de filtrage I operation par laquelle on rend potables et propres aux usages domestiques, en leur faisant traverser certains appareils appelés filtres , les eaux que la présence de matières organiques ou inorgTiniipies en suspension rendrait désagréables aux sens ou nuisibles à la santé.

Il ne sera question dans cet article que des modes de ültrage arliliciels ; nous laisserons de côté les filtres naturels ; nous ne ferons aussi que signaler le filtrage a l’aide du papier, moyen employé seulement dans les laboratoires, lorsqu’on exnérimente sur de lietites quantités de liquide.

L’operation du filtrage consiste donc, comme nous l’avons dit précédemment, à faire traverser à des liquides impurs certains ( 01 ps qui doiurit r(*tenir b‘s mati(*res tenues en suspension dans

18 FILTUAGE, FILTRES,

ces ru|ui(les. Pour arriver à ce; liul plusieurs inoveiis soûl mis en usage.

1" Bassins fillrants. — Ce moyeu est employé à Londres par la compagnie de Clielsea. 11 consisle dans la consiruclion de (rois grands bassins communi([uanl entre (mix.. Dans les deux premiers l’eau par le repos se dépouille des matières les [ilus grossières. Dans le troisième seulement se trouve une couche éjiaisse de sable et de gravier que l’eau doit traverser. L’opération terminée, des ouvriers avec des raleaux eidèvent la couche la plus superücielle du sable souillée par la présence des matières ({ue l’eau tenait en suspension.

2» Filtres Fonvielle. — Le fdtre Fonvielle, celui du moins qui est en activité à l’Hôtel-Dieu, consiste en un cylindre de bois de /i centimètres d’épaisseur, cerclé en fer, de 2™, 20 de hauteur sur 1 mètre de diamètre intérieur. Ce cylindre est hermétiquement fermé. La capacité en est divisée en neuf compartiments, qui sont remplis des substances destinées à opérer la filtration. Ces substances sont disposées dans l’ordre que nous allons indiquer en comptant de haut en bas : 1° et 2“ Éponges divisées en fragments de volume variable, 3“ gravier, U” grès pilé, 5“ gravier, 6“ grès pilé, 7“ gravier, 8“ grès pilé, 9“ gravier. Èntre toutes ces couches, à partir du premier gravier se trouvent des diaphragmes en bois et en zinc laminé et ci'iblé de trous. L’eau peut être dirigée sur le filtre à l’aide de robinets de haut en bas, ou de bas en haut, et même dans les deux sens à la fois. Ce mode de filtrage est mi^ en usage à Paris sur un assez grand nombre de points.

3'’ Filtres Souchon. — M. Souchon emploie comme matière filtrante la laine tontisse , c’est-à-dire la laine qui provient de la tonte des étoffes, et à laquelle il enlève la matière grasse qui la souille à l’aide de différentes préparations. L’appareil lui-même se compose de deux parties essentielles; le degrossisseui et le liltie proprement dit. Le système Souchon est aussi appliqué à plusieurs fontaines de Paris.

ll° Filtres au charbon. — Dans cette espece de filtres le liijuidi* traverse une couche de charbon réduit en fragments très petits. Le charbon agit non seulement comme matière filtrante, mais aussi comme matière désinfectante. Ce moyen est employé àl établissement du ([Liai des Celestins.

Outre cesdilférents modes de filtrage que nous venons d’indiquer et qui sont enqiloyés pour purifier des masses d’eau consi-

FILTRAGE, FILTRES. 19

dérables, il est encore d’autres moyens mis en usage ; je veux parler des lillres domestiques. — Les plus simples consistent en vases de grès, dont le fond est garni d’une couche de sabje. On emploie aussi des fontaines de pierre, dans l’intérieur desquelles on circonscrit un espace plus ou moins étendu au moyen de deux plaques de grès poreux, iixées à l’aide de mastic. Un tube ouvert aux deux extrémités fait communiquer la partie supérieure de cet espace avec ratmosphère.

Engorgement des filtres. — Quel que soit le mode de filtrage que l’on emploie, au bout d’un certain temps le filtre devient impropre à un service régulier par l’engorgement des conduits capillaires ([lie l’eau a traversés en se dépouillant de ses principes impurs. Alors il faut avoir recours à dilférents moyens pour nettoyer le liltre. Nous avons dit déjà à propos des bassins liltrants comment on nettoyait le filtre du troisième bassin. Nous ne ferons qu’indiquer rapidement, en revenant sur chaque espèce de filtres, les moyens proposés jiour le nettoyage.

Le liltre Fonvielle, dans lequel l’eau peut arriver de haut en bas et de bas en haut tout à la fois, sera rapidement nettoyé parle conilit des deux courants, qui entraîneront toutes les matières étrangères que l’eau y avait déposées. Le nettoyage des filtres Souchon et au charbon ne peut se faire que par le renouvellement des matières filtrantes. C’est ainsi que les filtres de l’établissement du quai des Célestins sont lavés six ou sept fois par mois et qu’on est obligé après ce lavage de soumettre à l’aération pendant quel- ({Lies jours le charbon employé ; encore ce moyen paraît-il insufllisant. four les filtres domestiijues il sera nécessaire de gratter la couche superficielle du grès et de les débarrasser ainsi des matières terreuses qui en obstruent les pores. Voy. Eau.

Bibliographie. — Note relnlwe a ht clarification de l’eau du Nil et en général des eaux contenant des substances terreuses en suspension, par Félix Darcpt (Ann. d’/iua. etdemed. leg., l, IV, p. 375). — llapport fait d l’Académie des sciences sur les appareils de filtrage de M. H. (le Fonvielle, par M. Arago, el /{apport de M. GauUier de Claubry sur l’emploi du charbon pour le filtrage en grand {Ann. d'hyg et de méd. téa. t. XXI , p. 224 , el I. XXVI , p. 38 1). — Rapport à l’Académie de médecine sur le filtre a lame de M. Souchon, par M. Souhedran {Bulletin de l’Académie de médecine, t. VI p. 438). -- /{apport sur les travaux du conseil de salubrité de /\iris (Ann. d’hva et de med leg., [. XXXVIII, p. 114). - //u choix et de la distribution des eaux dans une ville, par A. Guérard ; thèse de concours. Paris , 1852. — //isioire de l’établissement des fontaines à Toulouse, \tar d'Aubuhson (Ann. des ponts-el-chaussées 1838)

— Approvisionnement d'eau de Greenock , traduit de l’anglais par Ch. Mallèl (Ann des ponts-et-chaussées, 1831). - Des eaux de sources et des eaux de rivières nar I)upa.s(|uier. Lyon, 1840. — Des eaux potables , par J. Terme. ’

FONDKUIKS , FONDI'ÜHS.

— L(‘S lItturisK's sont, l(‘s ouvriêros oc'ciipécs à l'ahriciiiPr los Heurs arliliciclles. (^es reimnes sont, à cause de leur prolessioii, soumises à un repos absolu, loul en ayant les l)ras sans cesse en mouvement et le corps dans um^ attitude gênante. \l. le docteur lîenoiston de Cliàteauneui', dans son Mémoire sur rinlluence des professions sur le dévelopjjernent de la plitliisie, a rangé les fleuristes, de môme que les gantières, les couturières, etc. , dans la classe des professions qui soumettent les muscles de la poitrine et des bras à un mouvement continuel, le corps étant dans une position courbée. Dans son relevé statistique de 1817 a 1827, cet auteur donne pour les lleuristes 81 décès |)ar la phthisie sur 357 malades.

Au reste cette profession ne paraît pas entraîner d’autres inconvénients que la plupart de celles qui condamnent au travail eu commun, dans l’immobilité, le tronc penche en avant, 1 attention fixée, sans grands mouvements et sans aucun exercice.

FOIVIIEKIES, FI>1VDEIJRS. — Le nom de fonderies est en général réservé aux établissements dans lesquels on procède à la fonte des métaux et plus spécialement du fer. Il existe cependant aussi des fonderies de graisse et de suif; mais nous ne nous occuperons ici que des fonderies de métaux, sur lesquelles nous allons donner quelques détails généraux.

La fonte des métaux, considérée au point de vue de l’hygiène publique, offre une double cause d’insalubrité : d’une part une très haute température et le danger du feu, de l’autre des émanations plus ou moins nuisibles ou incommodes. Les procédés et les appareils divers employés dans les fonderies rendent ces inconvénients plus ou moins sensibles et justifient les différences qui existent dans le classement des usines.

En eflèt, les fonderies où l’on se sert de fourneau à la Wilkinson, ou de grands fourneaux cà réverbère, sont rangées dans la deuxième classe des établissements insalubres, en raison de la fumée et des vapeurs qui s’en dégagent et que l'on considère comme nuisibles surtout ({uand on opère le traitement du plomb, du zinc ou du cuivre. Les hauts-fourneaux, au contraire, ne sont autorises (|u a des conditions jilus sévères, suivant les formes usitées jiour les établissements de première classe, et de plus conformément a la loi spéciale sur les usines du 21 avril 1810.

liCS conseils de salubrité se monlnml en général dispost's a ac-

FOSSES d’aIS.VNCKS, LATRINES. *21

cueillir ravorablement les cleinancles en autorisalion pour les Ibnderies de métaux, ((ui en réalité ne présentent pas d’inconvénients poLii- la santé publique. Il est seulement nécessaire de prescrire toutes les précautions convenables pour que la fumée et les émanations arsenicales , cuivreuses ou sulfureuses, qui proviennent des minerais, soient entraînées par des cheminées suffisamment élevées et d’un appel énergicjue. Le choix des localités n’est pas non plus indilïérent au point de vue des dangers de l’incendie. La surveillance n’est pas moins nécessaire, on le comprend, pour les petits ateliers de fonderie au creuset, qui sont le plus souvent établis dans les grandes villes au centre même des quartiers les plus populeux.

Les troubles qui peuvent survenir dans la santé des ouvriers fondeurs tiennent, ainsi que nous l’avons déjà dit, moins aux émanations métalliques qu’à la haute température à laquelle ils sont exposés. {Voij. Cuivre, Fer, Fourneaux, etc.)

FOXUOlRS (Fonderies de suif). — Voy. Abattoirs, Suif.

FO^^TAi:^ES. — Les fontaines sont de deux sortes : elles sont des objets d’ornementation ou d’utilité publique, les fontaines monumentales, les bornes-fontaines. Ces 'dernières seulement offrent quelque intérêt au point de vue de l’hygiène ; car elles sont destinées à l’assainissement des villes et aux usages domestiques.

Les bornes-fontaines sont distribuées en très grand nombre dans toutes les rues de Paris; elles lavent 300 mètres de ruisseau. On les ouvre trois fois par jour ; le matin , dans le milieu de la journée et le soir.

Les fontaines et les bornes-fontaines sont considérées comme des monuments d’utilité publique. La dégradation est passible de peines correctiom>elles dont nous avons déjà parlé antérieurement. (Foy. Eau, Filtrage.)

fortuits. ~ Voy. Pagnes, Pénitentiaire (régimeL FOKf4FHOA$$. — Voy. Cloutiers et Ferronniers. FRiJli. — Voy. Chaux.

fofra’eafx. — Voy. Chauffage.

FOSSES U'AISAXCES, EATKl AACS.— Au moment d’aborder l expose des questions de salubrité si graves qui se rapportent

2!> FOSSKS d’aisances, latiunks.

aux. roiiclions exci'cmcnliliollos de riiomiuc, et a ririllueiice hygiénique que peuv(Mil ('xercer dans les grands rentres de population les amas de résidus organiijues (jui en jiroviennent, il nous est impossible de nous défendre d’un extrême embarras (pii tient moins à la nature du sujet qu’à l’élat aetuel des (piestions <pii s y rattaebent. En elTet, quelque nombreux et (juelque inqiortants que soient les perler tionnements qui aient été réalisés de[)uis vingt-cinq ou trente ans dans cette partie des habitations de la plupart des grandes villes, tout porte à croire qu avant jieu le système général des vidanges doit subir de nouveaux changements, peut-être même une complète révolution. Les intérêts mieux compris de l’agriculture, la valeur croissante des engrais, sont venus s’ajouter aux préoccupations de l’hygiène publique et ont fixé d’une manière toute particulière l’attention des savants et des industriels sur les moyens de combiner l’assainissement des habitations avec l’utilisation complète et immédiate des matières excrém en titi elles. On ne peut nier que tel soit le but à atteindre, et les tentatives récemment faites en Angleterre permettent de penser que les efibrts dont nous parlons ne demeureront pp stériles. Ces quelques mots suffisent pour faire pressentir 1 importance et la gravité du sujet qui nous occupe. On conqu’end que la construction des fosses d’aisances soitconqdétement subordonnée au système d’ensemble des vidanges. Il serait donc aujourd hui sans intérêt de rechercher dans le passé les principes qui doivent présider à la disposition des fosses et des latrines. Cette quesUon appartient surtout à l’avenir, et nous aurons 1 occasion de exposer dans tous ses détails. Mais en ce moment nous ii’avons rien autre chose à faire que de résumer les règles prescrites a ce sujel

et actuellement suivies. i c . -

Il s’en faut de beaucoup que l’usage des latrines ^ ossts d’aisances soit aussi répandu qu’il devrait l être. 1 su it ® courir les rapports des conseils d’hygiène des departements et particulièrement de ceux du midi de la France, poui leconnai k dans combien de cités de premier ordre les babitations son c epourvues de latrines. Et d’un autre cbté nous n hésitons pas a du c que l’une des principales causes d insalubrité ces ogemen s eu pauvre consiste dans le mépbilisme des latrines mal disposées e

indignement tenues. Alors même ipie l’on ''' rtSUnnee^

tenir d’une manière générale la suppression des fosses d a sa . ,

il y aurait toujours à se préoccuper de l’amenagemen e p us

FOSSES d’aisani'>ks, latkines. .13

venahlt* des lalrines. Le congrès d’hygiène (|ni s’esl terni a lh*uxelles en 1852 a donné une attention tonte particulière à cette (pieslion et a posé des principes qui peuvent servir déréglés dans rétablissement des latrines et des fosses d’aisance.

Le système à suivre |)Our la construction des latrines doit réunir, autant ipie faire se peut, les conditions suivantes ;

Absence de miasmes ou d’odeurs nuisibles ou désagréables ;

Solidité, simplicité et économie des appareils;

Conservation des matières ii l’état naturel et enlèvement, aussi prompt ([ue possible, de ces mômes matières à l’aide de procédés propres à écarter tout danger et tout inconvénient.

Les moyens de réaliser ces conditions varient selon les circonstances et les localités; ils peuvent néanmoins être ramenés à quelques principes généraux.

Les tuyaux de décharge ou d’évacaiation doivent communiquer aussi directement que possible avec la fosse permanente ou mobile, on l’aqueduc destiné à recevoir les matières; leur surface doit être complètement lisse et polie et la matière dont ils sont composes, non susceptible d’être pénétrée, corrodée ou oxydée par le contact des déjections et l’action des gaz qui se dégagent de celles-ci, ils doivent enfin être combines avec un système d’aérage et de ventilation qui donne issue au gaz, entraîne les odeurs et les empêche ainsi de se dégager par la lunette du siège d’aisancè.

Les tuyaux de raccordement des sièges aux tuyaux d’évacuation doivent être établis à chute directe, à coupe-air ou à siphon, selon les circonstances; dans ce dernier cas, il convient de pouvoir les laver, de temjis à autre, au moyen d’un jet d’eau modéré.

Les sièges d’aisances doivent être munis d’un couvercle fermant hermétiqiKMnent; cette fermeture hermétique peut être assurée au moyen d’un rebord de quelques millimètres en métal, plongeant dans une rainure qui entoure la lunette et que l’on remplit d’eau, ou de préférence de sable.

Comme surcroît de précautions, il convient de maintenir un courant d air entre l’habitation et le cabinet, ou tout au moins d’établir dans celui-ci un ventilateur d’une certaine activité.

Les matières ptu\(*nt s ecouler, soit dans une fosse permanente soit dans une fosse mobile, soit dans un égout commun. Dans là première hypothèse, la fosse doit être construite selon h‘s règles ( e art et les prescriptions des règlements locaux ; dans la deuxième hypothèse, on peut adopter, pour les fosses mobiles, les arrange-

‘2'l lOSSKS d’aISANCUS, I.ATIUNES.

inenLs eL les préeiuilions (iii iisag(*, à Paris oL à Lyon; eiilin, la troisième hypothèse n’est admissihh* (pie dans les localités et jionr les hahitations on rétahlissenient d(3s l'oss(*s permanent<3s ou mohiles est ahsohiment iinpi'aticahle ; il convient, en tout cas, de eomhiner cet expédient avcic un système d’égouts et de réservoirs cpii empf^che la perte absolue des matières, mais (jui ne pernnîL pas malheureusement de leur (îonserver toute leur utilité et leur valeur.

Il n’est pas sans intérêt, pour compléter cet aperçu, de rappeler les préceptes ingénieux ([ueDarcet a donnés sur la manière d’établir des latrines dans les camps et dans les grandes agglomérations d’hommes, pour éviter le danger de la dyssenterie épidénii(|ue. On doit commencer par choisir un endroit non sujet à l’inhltration de l’eau, exposé à ce (jue le vent régnant n’y arrive rpi’après avoir passé sur la ligne des travaux. On y trace le [ilan d’un fossé ayant 1 mètre ou 1"’,30 de large et une longueur telle qu’il puisse suffire au nombre des hommes qui doivent en laire usage. On enfonce dans le sol un système de charpente ([ui doit servir de siège et de dossier. On creuse ensuite le fossé a la profondeur de 3 à A mètres , sans précautions si le sol est compacte et en contenant les terres avec quelques planches s’il en est besoin. Les déblais sont jetés et disposés en talus. Chaque soir on a le soin de faire ébouler assez de terre du tas de déblais pour bien couvrir et dessécher l urine , les excrements, etc., jetés dans le fossé pendant le cours de la journée. Quand il est rempli , on le p, ouvre complètement et l’on enlève le système de planches poui aller le placer ailleurs.

Il est indispensable poui' résumer ces détails de tlonner ici le texte des règlements de police ([ui président a Paris à la construction et à la surveillance des fosses et latrines, et le service des fosses mobiles.

OUDOINNANCE DE DOUCE COJiCERXAK'l' LES FOSSES d’aISAXCES

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