RURALE
mercuke.
BibHographJe. - Mcmoire 1\iL'slance publique médicale
pour les indigents et ; ‘ ^ Organisation du service médical
dans les campagnes, par Rcvullt-I ai . . ^/g^yprrrier. Paris, 1850.— J5c
pour les indigents des campagnes par es ^
la médecineen Francect en Jffl/ie, par Cou bcs 1 1852.
-Plan d’organisation de Co.nbes et Hippolyte Combes. Paris.
18i6. — Les paysans T' ^ ‘ ^g^g Pinsuffisanre à domicile
— Actes du congres medical de Fl anc . -, n ninviu Arras 1853.
du secours médical et de la nécessité d’hôpitaux cantonaux„p.i B. Danvm. Arras. 185
."héiucamki^ts. — Votj. riiAUMAciE.
]?IÉGISSEKIE, MÉGISSIE»».— V’ot/.TANNERIES, TaîJNEURS.
I»IE1V1>ICIXÉ (DÉPÔTS DE). — Jo»/- AsiLE , HÔPITAUX ET HOSPICES, Pénitentiaire (Système).
MÉPH1TISI»IE.— Poj/- Asphyxie, Fosses d’aisances, \oiries.
iTIEKCEKE. — Le mercure est un métal Iréquemment employé dans la médecine, les arts et l’industrie; il se trouve sous quatre états dans la nature : savoir, à l’état natif, amalgame a V argent, combiné avec le chlore, mais surtout, à l'état de sulfure.
On l’extrait dans le Frioul , au Mexique , au Pérou , mais principalement à Almaden , en Espagne. C’est de ces mines que se tire la plus grande quantité de mercure employé dans le monde entier. Les mines d’ Almaden sont, en eilet , non seulement les plus importantes de l’Espagne par la richesse de leur produit, mais on peut presque atlirmer qu’il n’y a pas un gîte métallifère connu qui commande au même degré l’attention, soit à cause du petit nombre ou de la pauvreté des autres mines de mercure, soit en raison des applications de ce corps à la métallurgie et à des opérations nombreuses des sciences et des arts, soit à cause de son importance médicale et thérapeutique, ou enlin à cause des graves questions sanitaires qui s’attachent à l’exploitation môme du minerai mercuriel. Les mines de mercure de l’Amérique sont aujourd’hui abandonnées. Dans le Mexique même, dont le sol si riche a olïért à de Humboldt des indices de filons mercurifères, tout le vifargent nécessaire à l’exploitation des mines d’or se tire encore d’Almaden. Au Pérou on n’extrait plus rien des mines de Huencavelica dont parle Acosta et que les sauvages indiens exploitaient à la façon romaine, dans le but de se procurer du vermillon pour se teindre le visage et le corps.
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cuie natil fpii par moment se raniassc en assez grande nuantité i Ju sSiirlace de noire sol. luamut a
II importe beaucoup de coiimiUre la volatilisation du mercure a la température ordinaire, car les elïets de ce métal se font sentir non seulement quand il est appliqué sur nos tissus, mais encore quand , volatilisé à la température ordinaire , il est respiré et quil imprégné les vêtements. Cette volatilisation du mercure a a température ordinaire a été démontrée par Faraday etColson qui, plaçant une lame d’or ou de cuivre au-dessus d’une couche ce mercure, virent un amalgame se former promptement.
M Colson invoque le témoignage de M. Duméril, qui assure que 1 on a recueilli du mercure métallique par le grattage des imms d une salle de vénériens soumis au traitement mercuriel.
3L Colson rapporte que lui-même et cinq autres élèves en médecine attachés au service des vénériens furent attaqués de gonflement mercuriel des gencives, bien qu’ils n’eussent touché aucune préparation hydrargyrique, mais seulement en séjournant dans les infirmeries où leur service les retenait. Mais le fait le plus giave et le plus probant est celui c|ui s’est passé en 1810 sur le vaisseau anglais de 7à canons, lhe Triumph. Ce navire reçut à son boid une grande quantité de mercure. Le métal s’échappa des vessies et cles barils qui le contenaient, et de là se répandit dans tout le bâtiment. Dans l’espace de trois semaines, deux cents hommes furent allectés de salivation, d’ulcérations à la bouche et à la langue , accompagnées de paralysies partielles et de dérangement d intestins. Les effets se firent également sentir sur les animaux que Ion avait a bord. Les moutons, les cochons, les volailles , les chèvres, les souris, les chats et même un chien et lin serin , périrent victimes de la même inlluence. Le fait de 1 absorption du mercure volatilisé ne peut être raisonnablement contesté, il est grossièrement évident, quelque opinion qu’on se forme sur le mode d action ultérieure de cet agent. On peut même dire que cette voie d’introduction est une des plus funestes. Ce résultat est dù probablement à ce qu’en général les ouvriers s’v
MLUCUUE.
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hOuinelU'iiL d’imo ('.ujou plus proloiigéo; car, eu cllcL , ou a constaté que chez ceux ([ui restent lüngtein[)s soumis a l action du meicure , tels que les doreurs sur métaux , les ouvriers ([ui exploitent les mines de mercure , les malades (]ue l on tient longtemps a un traitement mercuriel, on Unissait par apercevoir une ceitaino hébétude et moins d’aptitude intellectuelle. Puis bientôt surviennent des tremblements qui , d’abord analogues au tremblement sénile , finissent par simuler presque complètement ceux qui accompagnent le delirium tremens , et a certaines périodes de 1 infection les troubles de l’intelligence sont tels , quelquefois , qu il V a line véritable manie. Cette manie , qui a d ailleurs tant de rapports avec celle des ivrognes , ofl’rc encore cette ressemblance de plus , qu’elle est caractérisée le plus ordinairement par des hallucinations et par des terreurs extraordinaires. Il ne nous appartient pas de décrire ce qu’on peut appeler la cachexie mercurielle , nous devons nous borner à signaler les maladies principales observées chez les ouvriers qui sont obligés, par leur profession, de manier le mercure ou ses composés.
Les ouvriers mineurs d’Almaden sont , entre tous ceux qui subissent les émanations mercurielles, les hommes qui sont soumis le plus énergiquement à cette influence délétère. Aussi étudieronsnous plus spécialement l’hygiène de ces mineurs. De toutes les opérations qui se font à l’air libre pour l’exploitation du minerai mercuriel, la principale est la dislillalion ; elle a pour but d’isoler le mercure des substances qui sont en mélange ou en combinaison avec lui. La distillation ne s’opère qu’une fois par mois et seulement pendant les six mois les plus longs de l’année. On a voulu éviter par là des pertes qui seraient inévitaldes pendant la saison chaude, lorsque la température élevée de l’atmosphère permettrait au mercure d’ôtre entraîné en grande quantité avec la fumée des fours. Cette mesure a aussi de grands avantages sous le rapport de la salubrité.
Il existe à Almaden deux sortes de fours de distillation. Les uns, qu’on appelle les nouveaux fours, ont été établis depuis 1805; ils sont une imitation des fours dont les Allemands se servent aux mines d’idria. Les autres (anciens fours) , ont été construits au xvn® siècle. Ces derniers sont employés encore, le plus souvent; voici comment ils fonctiomieiit '
Chaque lour est composé de deux étages ou chambres superposées et séparées par une cloison perforée ou gril à travers le-
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tion. Au-dessus ou claie par coiiclics suj)erpüséês, d’abord le milierai riche, puis le médiocre, puis le pauvre. On ferme eiisuile toutes les ouvertures, cxceplé celle de conduits dont je vais pai 1er, et 1 ou met b' feu au combustible amassé dans l’étage iuerieur. Ji existe à la partie supérieure du four, sur l’uue des imrois, un cerlaiu nombre d’ouvertures correspoudaiites à autant fe conduits laits avec une série d’aludels de briijues cuites adaptées les unes aux autres et bien lutées. Ces conduits sont disposes non sur un ])lau horizontal, mais sur un double plan incliné, e telle sorte ipie la partie moyenne est en môme temps la partie a [) us déclive. L’extrémité des conduits s’ouvre dans des chambres de condensation. Lorsque l’action du feu a |iénétré le minerai, la distillation commence. Le mercure et le soufre du cinabre sont entraînés sous lorme de vapeur; le mercure ayant pénétré dans les canaux, se relroidissant de plus en ])lus , se liquéfie et coule de manière a ôlre conduit dans des réservoirs où il est incessamment recueilli a 1 aide de vases de fer à mesure qu’il arrive, puis enfermé dans des peaux de chamois, il est déposé dans les entrepôts. Le mercure, toujours eu petite quantité, qui traverse les conduits de brique sans se liquéfier, va dans les chambres de condensation oii il se dépose. Lorsque le cinabre a subi le degré de cuisson convenable, ou cesse le feu, on brise et l’on enlève les canaux , puis on ramasse tous les détrtius , la poussière et les cendres mêlées de mercure, et l’on pétrit le tout de manière à former des gâteaux qui sont portés au four pour la distillation suivante. Le minerai, réduit ji l’état de scories, est porté hors de l’enceinte des mines, et ces scories amoncelées forment aujourd’hui une véritable colline auprès d’Almaden. Enlin, la distillation terminée, le mercure est tiré des cuves de pierre et enfermé dans des vases de fer cylindriques et fermés liermétiquement à l’aide de bouchons de môme métal. C’est ainsi qu’il est expédié à dos d’àne ou de mulet à Séville, d’où il est exporté en Amérique et dans les autres pays qui en font consommation.
A cette double série de travaux qui mettent les ouvriers en contact avec les émanations mercurielles, les uns dans la mine,
MEUCUllE.
les autres au dehors , il faut ajouter ceux des divers ateliers auiiexés à l’exploilation cl ceux tics camèrcs. Les ouvriers chaiges de ces derniers travaux sont en général les mineurs eux-méni'iS qui viennent jouir pendant queliiucs jours des liienlaits du travail
au grand air.
Il y a enlin ([uelques travaux qui exigent peu de lorces , ([ui sont réservés aux infortunés dont la mine a déjà enlevé la vigueur et compromis la santé. Ainsi on occupe à préparer l’étoupe necessaire pour confectionner les câbles indispensables a l exploitation un assez grand nombre de malades atteints de tremblement
mercuriel.
La répugnance qu’inspirent ces travaux, particuliérement les travaux souterrains, était jadis plus grande encore qu aujouid’bui ; en sorte qu’on les a vus à diverses reprises interrompus faute de bras , et que l’un des grands embarras de 1 autorité a été jusqu’à nos jours de s’assurer un nombre sullisant de travailleuis. C’est dans ce but qu’un presidio fut établi a Almaden , au temps des comtes F ucarès , afin de réserver aux galériens la tache la plus rude et la plus malsaine, mais les galériens donnaient un si faible travail qu’il fallut recourir à d’autres moyens; d’ailleurs on a toujours accusé les forçats des incendies terribles qui ont eu lieu à Almaden. On supprima complètement \e presidio vers 1801. On chercha alors à attirer des ouvriers , tantôt par la violence , tantôt par l’appàt de privilèges. En 1783, par exemple, il manquait environ un millier de bras ; le gouvernement fut obligé d’en aller chercher jusqu’en Aragon, il ne put enrôler que 116 ouvriers qui, à peine arrivés dans la mine, désertèrent. La série des décrets royaux en faveur des mineurs prouve mieux qu aucun autre argument la dilTiculté d’assurer le travail, et il est a noter que par le don de certains privilèges , tels que l’exemption d’impôts et l’exemption de la conscription , on a obtenu ce que les moyens violents n’avaient jamais pu obtenir. On peut dire qu’il n’y a pas un père de famille à Almaden qui n’envoie son lils , dès l’àge de quatorze ans , faire quelques journées dans les mines , afin de le faire immatriculer parmi les mineurs et l’exempter ainsi de la conscription. Si l’on cherche maintenant les causes de l’insalubrité de ces travaux qui inspirent une telle répugnance , il faut laisser d’abord de côté les accidents nombreux qui surviennent par suite des éboulements, des explosions , attendu que sous ce rapport les ouvriers d’ Almaden sont dans le môme cas
MliUCliUE.
([Iio lii |)hi|)iu-L (les miiunics. Les iiecidei.ts iKirticiilicrs àccs mines liydrai’oyn.jues sont eeiix (jiie produit hi meceure avec Icmuel les üuvners sont on contact et r,n’ils absorbent, soit en parlicubis
ires tenues par la peau , soit en vapeurs par les voies resniraloi res. ^
Lu ])rêscnce du mercure dans l’air des mines est incontestable, l)ien (fue l’analyse chimique ne l’ait pas démontrée. L’expérience ([ui consiste à l'aire blanchir une ])ièce d’or en la plaçant dans la poche d’un gilet et allant passer quebjues heures dans la mine a été répétée mille fois avec un résultat d’autant plus prompt, que l’on descend ])lus profondément dans les souterrains. En faisant disparaître par un système convenable de ventilation les elfets dus à la stagnation de l’air dans les galeries , on n’a pas détruit la cause principale des accidents. De Jussieu pensait que les phénomènes dont on est frappé en entrant dans les souterrains d’Almaden n’ont rien de particulier au mercure , et cela, ajoutait-il, parce qu’étant entré dans les carrières de Saint-Leu de Céran , près Chantilly, creusées dans la terre, j’ai été surpris de fort loin par une odeur aigre qui ne provenait que de la sueur des hommes
qui y travaillaient, et j’ai éprouvé une difficulté de respirer, des douleurs dans les membres à peu près semblables à celles que j’éprouvai à Ahnaden.
De Jussieu avait raison ; la combustion, l’odeur aigre et la difficulté de respirer ne doivent pas figurer parmi les elfets particuliers aux mines de mercure. Lorsqu’on divise les elfets des mines de mercure sur la santé des ouvriers en effets physiologiques et en elfets pathologiques , on constate que les premiers phénomènes physiologiques assez tranchés après la première journée de travail dans les mines sont ; 1“ une fatigue très grande, en général; 2“ une courbature de tous les membres; 3° souvent une dyspnée assez intense ; presque toujours du malaise dans la région épigastrique; 5° une grande propension au sommeil; 6» enfin un mouvement fébrile , en général très passager, mais constant. La plupart des ouvriers déclarent que, d’après leur expérience, la ])ropension au sommeil doit être surmontée sous peine de le voir bientôt accompagné de nouveaux accidents. Il faut , disent-ils, au lieu de céder au sommeil, commencer en sortant de la mine par
se laver le corps avec de l’eau tiède et se livrer à un exercice violent , afin de provoquer une transpiration abondante et ne se permettre de dormir qu’après avoir ]u’is cette ])récaulion. Lorsque
MEUCIIRK.
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ces mesures prévonLivos ne sont pas prises, ol qu’après avoir lim son travail, l’ouvrier a riinprmlencc de se livrer au sommeil sans s’iHre lavé et sans avoir l’ait de l’exercice, loin de se trouver remis et bien portant à son réveil, il éprouve une augmentation de fièvre et de courbature et tous les symptômes de stomatite mercurielle, de salivation , les apbtbes , les ulcérations buccales , etc.
On a vu parfois une stomatite mercurielle intense survenir à la suite d’une seule journée passée dans le souterrain. Lorsqu’au contraire les précautions voulues sont bien prises , il arrive le plus souvent que la courbature et la fièvre ne reparaissent plus, mais les ouvriers continuent à éprouver en sortant des galeries une tendance au sommeil très marquée qui n’est pas sufiisamment expliquée par le travail de la journée et les efforts d’ascension. Outre ces effets primitifs résultant du séjour et du travail dans les mines, il v a des effets consécutifs qui se présentent au bout d’un certain temps et qui se traduisent par des dérangements plus ou moins marqués dans les diverses fonctions. La digestion est une des premières fonctions qui se dérangent, en général, avec le plus de rapidité sous l’iidluence de la mine. Ainsi chez la plupart des ouvriers, après un nombre variable de journées de travail, l’appétit se perd, la bouche devient mauvaise et il se produit en môme temps un sentiment d’ardeur à l’arrière-gorge et souvent même à l’estomac. Ce dégoût des aliments n’est pas universel, il est surtout prononcé pour la viande, et au contraire presque tous les mineurs éprouvent un goût prononcé pour les végétaux et en particulier pour la salade, les fruits et môme les acides , quoique ces derniers soient généralement reconnus pour leur ôtre très nuisibles.
Les plus sages d’entre eux, ceux qui ont soin de profiter de l’expérience des anciens, s’attachent à surmonter leur aversion pour la nourriture et pour la viande en particulier. Le lait, dans de telles conditions , est une de leurs plus précieuses ressources. On a dit souvent que les mineurs d’Almaden étaient fréquemment atteints d’affections vermineuses, mais ce fait semble loin d’ôtre prouvé, au moins d’après les remarques du docteur Théophile lloussel. De môme on a répété, d’après l’assertion de don Lopez de Arebado, (ju’il était commun de voir les ouvriers qui sont occupés aux fontes, rendre parmi les matières fécales beaucoup de mercure en petits globules très visibles. On conçoit combien une pareille affirmation entraîne de doute après elle, et qu’il n’v a
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MEHCUIUi.
(Jiie l’an{iIys(Mliimi(iu(^ (|iii piiissc juger ceUe <iuesLion. Il exisie une aulre allii-maLion (|ui mérite plus de croyance cpje la précédente. C’est celle (pii prétend que la plupart des mineurs (liirouvent une excitation vénérienm' très prononc(*e. Ce lait pourrait être rnis siii- le compte de la vie souvent oisive et d(*sordormée de ces ouvriers, mais toujours est-il que chez ceux (pii sont atteints du tremblement mercuriel , d’après l’auteur que nous venons de citer, les faeultés génésiques seraient encore persistantes , même à un degré 1res avancé de la maladie.
^ Parmi les maladies des mineurs d’Almaden, celles qui résultent d’une manière spéciale de la nature du minerai qu’on exploite, et peuvent être nommées maladies mercurielles, sont des aiïecliiDns plus ou moins graves de la bouche et du système nerveux. Une description exacte de ces alïéctions manquait à la science. Ce n’est pas que nous ne possédions de nombreux écrits sur la salivation et la stomatite, qui s’observent si fréquemment par suite de l’administration thérapeutique des mercuriaux. Mais les altérations qui se produisent dans la cavité buccale chez les mineurs des mines de mercure offrent, dans un grand nombre de cas, d’autres caractères, une autre marche , une autre terminaison. Le docteur Roussel a comblé cette lacune en reproduisant le résultat de ses recherches pendant son voyage d’Espagne en 1848. Il a remarqué, pour les affections huccales , qu’elles devaient être séparées en stomatite aiguë et en stomatite chronique. La stomatite aiguë se déclaré ordinairement chez les ouvriers étrangers nouveau venus qui entrent sans précaution dans la mine et se livrent d’emblée aux travaux les plus malsains. Les phénomènes pathologiques qui surviennent dans ces conditions ont, en général, la plus exacte ressemblance avec ceux que provoque l’emploi du calomel. Ils sont parfois d’une violence extrême; la muqueuse de la bouche et du pharynx s’enflamme et s’ulcère dans toute son étendue; toutes les glandes salivaires s’engorgent ; la langue ne peut plus être contenue dans les arcades dentaires, et les malheureux malades, ne pouvant plus ni avaler, ni dormir, ni parler, ni entendre, succombent quelquefois au milieu de tourments affreux. La stomatite , telle que nous venons de l’indiquer, ne diffère pas notablement quant à sa marche , sa durée et sa terminaison, de la stomatite produite par le traitement mercuriel. Aussi ce n’est point dans les cas aigus et présentant la maladie pour la première fois qu’il faut chercher ce qu’il y a de particulier chez les mineurs.
MEUr.URE.
Les altérations de la bouche vraiment propi’cs aux ouvi-iers ({ui exploitent le cinabre sont celles rpii dépendent de la répétition de la stomatite, et plus encore celles qui résultent d’une action lente, graduelle, du mercure sans aucun des principaux phénomènes indiqués plus haut. Ce sont les cas de beaucoup les plus nombreux qui constituent la stomatite chronique. Les accidents qui caractérisent cette dernière forme , de beaucoup la plus Iréquente, succèdent tantôt à une stomatite aiguë , tantôt au contraire ils sont primitifs. Dans le premier cas , lorsque les phénomènes inflammatoires ont disparu , lorsque les ulcères sont cicalrisés et que la salivation a cessé , voici ce qu’on observe : les gencives restent fongueuses, détachées du collet et les dents se déchaussent, s’ébranlent, s’altèrent, et les malades finissent par les perdre l’une après l’autre ; aussi voit-on à Almaden des jeunes gens de vinst à trente ans avec des fiaures vieillies et sans dents dans la bouche, répandant une odeur insupportable. Mais beaucoup d’individus arrivent à la perte de leurs dents d’une manière plus lente et pour ainsi dire plus douce. La maladie ne débute pas violemment; il n’y a jamais ni douleur vive, ni fièvre, ni gonflement notable des glandes salivaires ; c’est à peine s’il existe dans certains cas un léger ptyalisme. Au commencement, c’est un peu de tuméfaction aux gencives , principalement vers la partie libre , qui devient plus rouge que le reste et forme une sorte de bourrelet autour des dents, il se sécrète plus ou moins abondamment une matière grisâtre; en serrant les dents ou en mâchant, on éprouve une sensation incommode ; parfois il se produit des ulcérations sur le bord gengival , soit sur la portion de muqueuse buccale qui correspond à ce bord, quelquefois sur les côtés de la langue ; mais jamais ces accidents ne sont assez forts pour arrêter le travail : les ouvriers chez lesquels ils existent ne font en général de traitement que lorsqu’il y a des ulcérations, et dans ce cas ils traitent euxrnëmes l’ulcère avec de l’alun ou avec le sulfate de cuivre. Chez certains individus on voit les gencives s’altérer, devenir fongueuses et facilement saignantes , sans présenter le moindre phénomène inflammatoire. Il est même à noter que les mineurs considèrent en général ces particularités comme de bon augure ; ils sont persuadés que le mercure absorbé est rejeté avec le sang provenant des gencives. Au reste , quelle ([ue soit la marche des altérations, leur terme définitif est le même , c’est-à-dire la chute des dents : lorsque ce terme est atteint , les ouvriers cessent complètement
MERCUllE.
<l(i snullnr, ol, jls coniiiussoiiL si l)icn n; ivsiillaL, nu’ils disPiil (Mix-im'inos (|iio, lorsciirmi niiiiciir a jænlii toiitos sas donts gu sou lomoMt loulcs les tuolairos, il est désormais à l’aljri de tout aeci dont mcreuriel du eôté de la Louclie. l‘armi les ouvriers (iui'd(*s ceiideiit dans les mines de mereure, ou voit Jjeaucou|) d’individus de trenle-cirKj à quarante ans, complétementédentés, eireonstance qui se reeonnaît on general aisément au cachet particulier que cela donne a la physionomie. Mais de tous les ellets morhides produits chez les mineurs par l’ahsorption du mercure, les plus intéressants a connaître sont les désordres nerveux qui ont été décrits collectivement sous le nom de fremhlement mercuriel. En réalité, l’intoxication mercurielle se traduit chez ces ouvriers' jiar plusieurs groupes de phénomènes qui correspondent à des dem-és diffeients dans 1 intoxication. Ces troubles nerveux sont identiques avec ceux qu’a décrits M. Mérat, et qui se montrent chez les ouvriers doreurs, chez les metteurs au tain et chez les miroitiers; mais on peut dire que les troubles morhides qui se montrent chez les mineurs sont remarquables par leurs formes et leurs degrés si bien caractérisés, que la distinction en a été faite en langue vulgaire par les ouvriers eux-mêmes. '
Nous allons donner aussi brièvement que possible les traits principaux de ces trois formes distinctes. Tremblement mercuriel proprement dit. Au bout d’un temps plus ou moins long, suivant la natuie du travail, le genre de vie des individus , etc. , un tremblement léger se manifeste d’abord aux extrémités supérieures. A ces degrés, le tremblement est un phénomène si commun que personne n’y échappe, et non seulement on le voit se concilier avec la continuation du travail, mais encore avec les apparences de la parfaite santé, au moins chez le plus grand nombre. Cet état peut persister longtemps, sans s’accompagner d’autres accidents, chez les individus qui mènent une vie régulière et s’astreignent aux mesures hygiéniques nécessaires aux mineurs. Le tremblement n’est pas continuel et varie beaucoup d intensité. Ainsi, il cesse a peu près complètement dans l’intérieur des mines, au lit, pendant le repos complet de corps et d’esprit; il augmente sous l’inlluence des émotions morales, de certains états de l’atmosphère; il s’aggrave très sensiblement sous rinlluence de boissons alcooliques. De tous les phénomènes météorologiques, celui qui exerce rintluence la plus marquée est, dans la mine d’Almaden, lovent d’est, run des venis dominants